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  • Libye et Côte d'Ivoire,

    les limites des interventions de la coalition et des Français.

     

    Support Wikipedia En Côte d'Ivoire c'est maintenant que tout commence, le président Gbagbo vient d'être arrêté le 11 avril dans sa résidence par l'action des forces Françaises, plus de 200 hommes, plus de 30 véhicules blindés et des missiles ont été tirés, conjointement à celles de l'ONU et des forces républicaines d'Alassane Ouattara et c'est à son quartier général de la résidence du golfe qu'il fut emmené. C'est au terme de 11 jours de guérilla voire de guerre à l'arme lourde que Laurent Gbagbo a rendu les armes. Son palais présidentiel n'est plus qu'un tas de ruines. Est-ce fini pour autant, certainement pas, la gouvernance d'Alassane Ouattara commence et elle devra panser les plaies, elle devra montrer sa capacité à maintenir la cohésion du pays entre le Nord et le Sud, ce que faisait Laurent Gbagbo. Allons-nous assister à un autre Irak en plus petit ou les partisans de Laurent Gbagbo ne vont pas baisser les bras facilement, malgré un appel de Guillaume Soro premier ministre d'Alassane Ouattara les invitant à déposer les armes, ne représentent-ils pas 46 % des Ivoiriens, une vue de l'esprit dans ces pays ou la démocratie n'est qu'un mot. Alassane Ouattara houphouëtiste saura-t-il redresser le pays comme le lui avait confié son mentor le président Félix Houphouëte-Boigny le père de la nation Ivoirienne ?

    La Côte d'Ivoire pendant ces journées sanglantes a mobilisé toute notre attention, n'avons nous pas des ressortissants regroupés dans des camps sous la protection de la force de la Licorne. Notre engagement auprès d'Alassane Ouattara sous la couverture des Nations-Unies de la résolution 1975 du 30 mars 2011 exigeant clairement que «la volonté du peuple Ivoirien soit respectée» soumettant Laurent Gbagbo et ses proches à des sanctions. Résolution adoptée face à la gravité de la crise qui frappe ce pays. La commission électorale indépendante qui représente une autorité administrative dotée de valeur morale et d'autonomie financière donnait le 02 décembre 2010, 54,1 % des voix à Alassane Ouattara pour 45,9 % à Laurent Gbagbo. Le Conseil constitutionnel Ivoirien dont les membres sont nommés par le président de la république proclamait l'inverse, après annulation des résultats dans 7 circonscriptions du Nord. Il donnait 48,55 % à Alassane Ouattara et 51,45 % à Laurent Gbagbo. L'opposition Ivoirienne ne pouvait que dénoncer ce fait prétextant une manipulation électorale, et clamait un «push» tandis que la représentation internationale considérait comme vainqueur Alassane Ouattara.

    Cela a pour similitude les élections législatives Palestiniennes ou le Hamas obtint 56 % des suffrages lui donnant la majorité parlementaire contre celle du Fatha. Ce fut le début d'une longue confrontation entre le Fatha et le Hamas, et sous l'impulsion des États-Unis et de la communauté internationale et le Hamas fut rejeté dans la bande de Gaza.

    Cette situation nous contraignit, compte tenu de notre passé en Côte d'Ivoire, à intervenir après un engagement bien frileux au départ laissant Alassane Ouattara seul à affronter Laurent Gbagbo et ses troupes qui refusaient de quitter le pouvoir. Après plusieurs mois d'incertitudes soutenu par la communauté internationale Alassane Ouattara constitua une force militaire lui permettant d'engager la prise du territoire dont la capitale Yamoussoukro jusqu'à Abidjan centre économique du pays ou restèrent concentrés autour du palais présidentiel les forces pro-Gbagbo équipées de chars et d'armes lourdes. Devant son impuissance à vaincre la résistance du camp Gbagbo nous avons été amenés à prendre une part militaire plus importante mettant en œuvre à la fois nos hélicoptères de la Licorne et ceux de la mission de l'ONU pour tirer sur des blindés dans l'enceinte présidentielle et pour détruire un véhicule des forces blindées des pro-Gbagbo dans la zone des résidences diplomatiques. Laurent Gbagbo accuserait la France de vouloir l'éliminer. La situation essentiellement mouvante d'attaques et de contre attaques, les informations souvent ponctuelles et sans lien, nous montraient un état de guérilla qu'il était difficile de situer dans un état précis des combats.

    Le 09 avril l'opération des forces de la Licorne n'auraient pu empêcher les forces de Laurent Gbagbo de reprendre du terrain à Abidjan a indiqué le chef Alain Le Roy des opérations de l'ONU de maintien de la «paix». Les forces de Laurent Gbagbo ne seraient plus qu'à un kilomètre de l'hôtel international ou serait installé Alassane Ouattara. Elles contrôleraient la totalité du Plateau de Cocody. La citée lagunaire serait une ville fantôme, quelques rares habitants se risqueraient encore dans les rues à la recherche de nourriture, d'eau ou voulant fuir. Cette situation posa d'énormes problèmes devant l'impuissance des forces d'Alassane Ouattara, d'autant que la résidence de l'ambassade de France qui jouxte celle de Laurent Gbagbo aurait été visée par des tirs de mortier et de roquettes tirés de positions tenues par les pro-Gbagbo, information formellement  démentie par le camp Gbagbo. Ce regain de poussée des forces de Gbagbo serait la conséquence d'un relâchement consécutif à des pourparlers de paix qui n'auraient été qu'une ruse de plus de Gbagbo pour reprendre la main. Cette situation créa des difficultés aux missions diplomatiques qui craignirent des représailles du camp Gbagbo. La présence de forces loyalistes à Gbagbo sillonnant les rues empêcheraient l'évacuation des personnels des missions diplomatiques. 23 pays auraient fait une demande pour que leurs ressortissants soient évacués, et les missions diplomatiques Américaines, Brésiliennes, Allemande seraient en attente d'aide.

    A cela, le Haut commissariat de l'ONU aux droits de l'homme aurait découvert plus de 100 corps hommes femmes et enfants originaires de la Côte d'Ivoire et de pays voisins ces dernières 24 heures à l'Ouest de la Côte d'Ivoire, il s'agirait dépurations ethniques dont seraient coupables les forces de Laurent Gbagbo. L'accusation est tout aussi accablante pour les forces loyales à Alassane Ouattara qui auraient tué et violé des centaines de personnes et brulé des villages fin mars toujours à l'Ouest de la Côte d'Ivoire.

    Des sauvages, dans quel guêpier nous nous sommes engagés !

    L'organisation Human Rights Watch accuse aussi les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI), contrôlées par Guillaume Soro, d'avoir tué des opposants entre le 6 et le 30 mars, lors de leur progression dans l'Ouest. Beaucoup de victimes étaient de l'ethnie Guéré, qui soutenait Gbagbo lors de la présidentielle. Beaucoup de vieillards, qui n'avaient pu fuir au Liberia voisin, ont été tués. Des dizaines de femmes ont été violées, affirme HRW dans son rapport. Une femme de Bakoubli, près de Toulepleu, a affirmé avoir été violée en présence de ses enfants, ajoutant que son mari qui tentait d'intervenir a été exécuté par les combattants pro-Ouattara. Le rapport de HRW cite également une femme de 47 ans qui dit avoir été contrainte d'assister à l'exécution de son père, de son mari et de son fils de 10 ans près de l'exploitation familiale de cacao à Doke. Un homme de 32 ans a décrit l'entrée des pro-Ouattara dans la ville de Diboke et affirmé qu'ils avaient ouvert le feu sur les civils qui couraient dans les rues.

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    Selon HRW, des centaines de personnes ont été tuées à Duékoué lors de la prise de la ville le 29 mars. Document Le Figaro.fr, Crédits photo : ZOOM DOSSO/AFP

    Situations terrifiantes sans solution autre que la disparition d'un clan pour l'autre par le massacre d'innocents.

    La chute de Gbagbo ne règlera rien et nous serons de plus en plus critiqués, pour notre intervention, par les forces républicaines de Côte d'Ivoire, qui admettront difficilement que ce sont les forces Françaises par les bombardements sur le palais présidentiel qui ont permit la capture Laurent Gbagbo. Sans cet apport logistique il est évident que Laurent Gbagbo ne serait pas capturé. D'ores et déjà, pour éviter toute controverse l'ambassadeur de France à Abidjan, Jean-Marc Simon, assure que Laurent Gbagbo aurait été arrêté par les forces républicaines de Côte d'Ivoire. Même sont de cloche à Paris d'un porte-parole de son camp affirmant que ce sont bien les forces d'Alassane Ouattara qui sont à l'origine de l'arrestation. Selon Le Monde «à aucun moment les forces Françaises n'ont pénétrées dans le périmètre de la résidence». Pourquoi ces prises de position, que signifient-elles ?

    Quand à la Libye, les rebelles reculent. Les diplomates se mobilisent. Les forces de Kadhafi ont repoussé le 09 avril une offensive des rebelles dans la région de Breda. La situation est très inquiétante dans la région située entre le site pétrolier et la ville d'Ajdabiya à 80 km à plus à l'Est ou se concentrent l'essentiel des combats depuis une semaine, l'Orient Le Jour.com . D'après Al-Oufock, huit insurgés auraient été tués lors des combats à Misrata, malgré que les forces de l'OTAN aient mené plusieurs raids pour venir en aide aux rebelles assiégés par les forces de Kadhafi. 15 chars auraient été détruits pas les forces de l'OTAN dans ces attaques près de Misrata et deux autres au Sud de Breda. A Misrata un navire d'aide humanitaire affrété par le Comité international de la croix rouge transportant du matériel médical et des médicaments pouvant soigner 300 blessés par balles a accosté le 9 avril dans le port de Misrata.

    Le vendredi 8 avril on célébrait pendant la prière publique à Benghazi les derniers martyrs de la révolution Libyenne. Des cercueils avaient été amenés en véhicules sur la place remplie de fidèles devant l’hôtel de ville, sur le front de mer, de nouveaux noms sont venus s’ajouter à ceux dont les portraits décorent les murs du tribunal sur cette place symbolique de la révolution Libyenne. Mais ces dernières victimes n’étaient cette fois pas celles de la répression des troupes de Kadhafi, mais des combattants tués jeudi dans un bombardement de l’OTAN. Un avion de l'OTAN, avait pris pour cible les chars déployés pour la première fois par les révolutionnaires qui tiennent toujours le terminal pétrolier de Brega, sur la route du golfe de Syrte, faisant entre quatre et six morts, selon des bilans difficiles à vérifier. Ce serait la troisième erreur depuis le début des bombardements Al-Oufock. Cela montre les limites de l'action de l'OTAN qui montre son incapacité à freiner l'avance des forces de Kadhafi. La désillusion s'installe dans le camp des insurgés ne voyant pas d'issue à leur rébellion. L'impuissance des rebelles à s'organiser, leur manque de relation entre eux et avec les forces de l'OTAN, sèment la confusion, et montre leur limite à s'emparer de Tripoli. Les nouvelles désordonnées que l'on reçoit montrent le désarroi des rebelles obligés de reculer devant la poussée des forces de Kadhafi qui seraient entrées a Ajdabiya le 10 avril.

    En Libye comme ailleurs, il n'y a pas de guerre sans bavures, il est bien évident que sans intervention au sol, l'affrontement ne peut que tourner l'avantage de Kadhafi qui possède une armée même si elle à perdu de sa puissance. Nous avons engagé cette guerre sans trop en voir les conséquences pensant probablement que la révolte Libyenne gagnerait la capitale, il n'en fût rien. Les partisans de Kadhafi verrouillant la ville et empêchant toute manifestation contre le régime.

    On parle de médiation par l'Union africaine,l'Union européenne et la Ligue arabe à quelques jours d'une réunion du Groupe de contact sur la Libye mercredi 13 avril au Qatar. La Ligue arabe accueillera le lendemain au Caire une conférence en présence notamment du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et de la chef de la diplomatie Européenne Catherine Ashton. D'après le Figaro.fr un groupe de dirigeants Africains, médiateurs de l'UA, est attendu en Libye pour tenter de rencontrer Mouammar Kadhafi puis des responsables de l'insurrection dans leur fief de Benghazi et obtenir un cessez-le-feu. Comment peut-on négocier quand on a le dos au mur ? Il est bien évident que Kadhafi est en position de force, en outre, la rébellion a rejeté toute idée d'un cessé le feu conditionnant le maintien au pouvoir de Kadhafi, c'est l'impasse.

    Les dernières infos signalent une réunion des médiateurs samedi 09 à Nouakchott affirmant les objectifs de la mission, cessation des combats et acheminement de l'aide humanitaire, et ouverture du dialogue avec Tripoli. Les médiateurs de l'UA ont prévu de se rendre de 10 au soir à Benghazy pour convaincre les rebelles d'un cessé le feu, mais sans le départ de Kadhafi cette médiation est vouée à l'échec. Entre temps Kadhafi aurait accepté la feuille de route de l'UA pour un cessé le feu immédiat. Cette délégation était venue plaider en particulier pour un arrêt des combats, qui ont fait au moins 23 morts depuis samedi à Ajdabiya et à Misrata, selon des sources médicales.

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    Comme à son habitude, le colonel Kadhafi a reçu sous sa tente, dans sa résidence de Bab al-Aziziya, la délégation de l'UA. Ici les présidents Jacob Zuma (Afrique du Sud) et Denis Sassou Nguesso (Congo).Document Le Monde.fr , REUTERS/NTSWE MOKOENA

    Nous avons actuellement 20.000 hommes qui interviennent sur différents fronts. Cette situation est une escalade dont nous ne sommes pas habitués même si sur certains points, elle se justifie. Pouvons-nous tenir encore bien longtemps dans cette posture ?

    Elle nous montre la difficulté d'intervention en Afrique et au Moyen-Orient en tant que redresseurs de tords et de justicier de la démocratie. Elle nous montre aussi la difficulté de vaincre un régime sans appui militaire au sol. Dans ces pays l'intérêt pour le pouvoir n'a pas pour but l'amélioration les conditions sociales de leur citoyens, mais seulement d'être une source de revenus pour les dirigeants qui s'enrichissent au détriment de leur peuple. Les exemples de Ben Ali en Tunisie et d'Hosni Moubarack le montrent. Leur résistance avec les armes que nous leur avons vendues nous implique de revoir notre politique, vendre des armes pour notre profit est donc lourd de conséquence si demain nous sommes amenés à combattre ces régimes. L'argument de dire que si ce n'est pas nous qui en vendons ce sera les autres, probablement, mais ils n'interviennent pas dans ce genre de conflit. C'est toute notre politique internationale qu'il faut revoir, ces armes servent à tuer, non pas les ennemis de ces pays, mais leurs ressortissants. Combien nous coûtent ces guerres, le profit de ces ventes d'armes couvre-t-il les dépenses de ces engagements, sans prendre en compte les pertes humaines ?

    Alassane Ouattara à une dette envers la France, saura-t-il en tenir compte dans le futur, rien n'est moins sur, ne sera-t-il pas aussi un dictateur par obligation d'assurer, entre les différentes factions, un équilibre dans son pays qui devra surmonter ses difficultés politiques et économiques ?

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