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  • Au Brésil entre le foot, le foot, le foot, et à manger il n'y a pas photo,

    les brésiliens mettent les choses à leur vraie valeur.

    Au Brésil le social plus fort de football.

    Manifestation devant le stade de Brasilia, le 15 juin 2013 (cc Flickr / Rafael Holanda Barroso). Document blog Le Monde.fr.

    La contestation sociale qui secoue le pays organisateur de la Coupe des confédérations offre à celle-ci une publicité inattendue. Mais c'est à l'extérieur des stades que l'action se déroule.

    Support Wikipedia Ils ont cru que l'amour du foot, ou il est roi dans ce pays, pouvait suffire à compenser ce qui manque dans la santé, l'éducation, la sécurité, les services publics..... ? Un gouvernement de centre gauche qui oublie ce qu'il apprit de l'expérience du président Lula en augmentant le coût des transports, qui sont obsolètes donc loin de répondre au service pour lequel ils sont destinés. Il n'en fallait pas plus pour déclencher une révolte du style réseaux sociaux Facebook ou Twitter comme ce fut la cas pour la révolution de jasmin en Tunisie organisée par des jeunes femmes diplômées, et là, au Brésil, se sont aussi des jeunes qui n'ont aucun problème pour mobiliser sur ces mêmes réseaux, dans la continuité des manifestations turques place Taksin et d'ailleurs, les partis politiques, le gouvernement sont dépassés.

    Ces réseaux sociaux sont devenus le contre pouvoir de ceux qui n'ont jamais la parole.

    Le monde change, chacun participe, l'internet modifie tout, une autre forme de vie qui s'impose et qu'il convient de prendre en compte, mais comment ? Elle ne fait pas de bruit, et puis, d'un coup, la revendication éclate aux yeux du monde.

    Des étudiants des couches aisées qui ne devraient pas être à quelques centimes et qui n'ont peut être jamais mis les pieds dans un bus réussirent à faire lever toute cette jeunesse qui leur ressemble. Paradoxal non, mais qu'y a-t-il d'autres ? Des indignés, oui comme ceux de Wall Street, de Turquie et de la jeunesse du monde qui en n'ont assez et qui veulent se faire entendre comme poussés par la force invisible d'un phénomène en cascade ? Il fallait qu'ils aient leur printemps à eux. Qui fera croire qu'une poussière de centime d'euro, sur un ticket de bus suffit à mettre tant de monde dans la rue s'il n'y a pas autre chose ? Mais les pauvres, les pas instruits des favélas sont restés chez eux.

    Ce que l'on veut nous faire croire c'est qu'un tel soulèvement, même spontané, n'a que pour raison que le coût du transport, n'y aurait-il pas un mécontentement plus général lorsque l'on pousse le bouchon trop loin ? Finalement des manifestations contre tout et contre tous c'est quoi ? Le mondial de foot bien sûr ! Et cela tombe bien puisque en ce moment se déroule la coupe des fédérations l'anti chambre du mondial, la vitrine est excellente.

    Donc, après Istanbul, Rio, et qui ensuite ? Une vraie marée humaine, 230.000 personnes dans 12 grandes villes protestèrent contre la vie chère, les prix des bus et métro, ce qui fit déborder le vase eu égard aux dépenses colossales de 11 milliards engagées pour le mondial, celui que tout le monde rêve d'organiser, et qui fut le catalyseur.

    Ils n'en reviennent pas à la FIFA et Sepp Blatter son président au Brésil pour la coupe des fédérations déclara, «que le foot est plus fort que l'insatisfaction des gens», bien sûr ne vit-il pas sur la crétinité de tous ces pauvres qui se saignent aux veines pour voir leurs idoles taper dans un ballon ? Alors, pour se dédouaner, il réplique que ce fut le Brésil qui demanda à organiser le Mondial 2014, en réponse aux manifestants critiquant le coût de l'événement. «Le Brésil nous a demandé d'organiser le Mondial. Nous ne leur avons pas imposé le Mondial. Il y a des routes, des hôtels, des aéroports et beaucoup d'autres choses qui resteront». Mais on sait bien que le retour sur investissements est sujet à critiques, et que ce sont d'abord les finances de l’État, puis les collectivités locales avec les commerces qui en profitent, et il ne reste jamais assez de sous pour les pauvres qui ont eu le spectacle qu'ils demandaient.

    L'expérience nous apprend que l'on surenchérit toujours le prix des places c'est l'occasion, même si les pauvres ne peuvent payer. Pour eux c'est toujours trop cher, mais qu'importe, ils feront des sacrifices pour le sport des sports, Sepp Blatter le sait bien. Qu'importe la corruption, que les vedettes gagnent des sommes fabuleuses qui font rêver les enfants des classes sociales les plus pauvres. Le foot, ce sport qui rassemble tous les paumés de la terre hooliganes et Skineds compris, les gens ne veulent plus payer pour cela. Les stades lieux de bagarres entre bandes, de défoulements de masses l'opium des pauvres. D'ailleurs, les plus pauvres ne sont pas dans ces manifestations, le foot c'est ce qui leur reste, ils sont donc restés dans leur favélas. D'ailleurs ont-elles été associées par ces bourgeois bien instruits ? On peut ne pas le croire.

    A Rio, ils étaient 100. 000, à São Paulo, la plus grande ville et la capitale économique, 65. 000. À Belo Horizonte au moins 20 .000 et à Brasilia, la capitale, entre 5.000 et 10 .000. Du jamais-vu depuis la mobilisation de 1992, qui réclama le départ du président Fernando Collor, pour corruption. Dix ans après l’arrivée du Parti des Travailleurs PT, gauche au pouvoir, avec Lula puis Dilma Rousseff, «le Brésil se réveille», comme disent les slogans. Et il a la gueule de bois. «Ce n’est pas la Turquie! C’est le Brésil qui sort de l’inertie !» scandèrent les manifestants. Le mouvement a commencé à São Paulo, il y a une semaine, avant de gagner le reste du pays, tiré du site Le Temps.ch.

    Un mouvement social en marge des partis. Comment le maîtriser, des jeunes liés à aucun parti politique ? Un fossé sépare la population de la présidente Dilma Rousseff du parti des travailleurs qui devrait être à l'écoute ayant été à l'école comme chef de cabinet du président Lula da Silva. Une gauche gouvernementale débordée par la classe la moins pauvre du jamais vu. Pourtant la politique sociale du président Lula fut de réduire la pauvreté et les conflits sociaux. Il sait ce qu'est la misère, son père qui fut agriculteur eut 22 enfants avec deux femmes. Un adepte de la démocratie participative qu'il appliqua à la prise de décisions municipales. L'un des défis majeurs qu'il eut à affronter fut celui de la réduction des inégalités qui sont parmi les plus élevées au monde. Les 50 % des plus pauvres recevaient 14,5 % du revenu total en 2000, alors que les 10 % les plus riches bénéficiaient de 46 % du revenu total. Plus du tiers de la population vivait sous le seuil de pauvreté et la classe moyenne, 25 % de la population était très vulnérable. Malgré que le salaire minimum qui fut augmenté par Dilma Roussef de 8,5 % en début d'année le portant à 674, 96 réals soit 244 €, la misère reste profonde dans ce pays à forte composante rurale, ou même l'esclavage s'est fortement développé en Amazonie.

    Mais ce ne sont pas ces brésiliens qui descendent dans les rues, mais ceux qui peuvent le faire pour précisément montrer que les milliards du foot c'est trop ! Ce mouvement de protestation ne faiblit pas, le pli est pris, le 20 juin au moins un million de manifestants sont descendus dans les rues une dizaine de jours après les premières manifestations.

    Les manifestants à Rio de Janeiro le 20 juin 2013. (TASSO MARCELO / AFP). Document francetvinfo.

    Ces manifestations dans 80 villes firent des dizaines de blessés et un mort accidentel, un manifestant renversé par une voiture dans la ville de Ribeirao Preto, à 330 km de Sao Paulo. Un véhicule renversa un groupe de trois personnes dont l'une d'elles décéda, déclara la police militaire. Indifférents après la décision de plusieurs municipalités d'abroger la hausse des tarifs des transports en commun, les manifestants ne lâchèrent rien. «20 cents, ce n'était que le début» inscrit sur les pancartes, et vous devriez-vous demander pourquoi nous voulons plus clama Savina Santos, 29 ans fonctionnaire à Sao Paulo. «Nous avons besoin de meilleurs écoles, de meilleurs transports, de mettre fin à la corruption, nous ne sommes pas en mesure d'accueillir la coupe du monde !», selon l'Agence Reuters.

    300.000manifestants à Rio, 110.00 à Sao Paulo, 100.000 à Vitoria, 52.000 à Recif, 30.000 à Manaus, 30.000 à Cuiaba, 20.000 à Salvador et Bahia, 20.000 à Acaraje. A Vitoria, au sud-est, un groupe de manifestants a détruit les cabines de péage d’un pont qui relie la ville à la ville voisine. Devant le tribunal de Justice, un bataillon d’élite de la police a dû intervenir avec des gaz lacrymogènes pour disperser un groupe radical. Des manifestants ont incendié un bus de la FIFA, un manifestant a été blessé par une balle en caoutchouc.

    A Salvador de Bahia, nord-est, théâtre de la première manifestation dans l’après-midi, des affrontements violents ont également éclaté. Les manifestants ont incendié un bus et lancé des pierres sur des minibus de la FIFA. «J’ai voté Dilma et je revoterai Dilma. Mais c’est un moment unique, on en a besoin pour accélérer les réformes du pays», confia Ney, un ingénieur de 64 ans, à une journaliste de l’AFP, tiré des Échos.fr.

    Au Brésil comme ailleurs, ces mouvements de masse ne s'arrêtent pas sans qu'ils deviennent des mouvements revendicatifs plus importants qui mettent les gouvernements en péril n'ayant pas anticipés l'explosion du mécontentement général.

    À Rio de Janeiro, des balles de caoutchouc contre les manifestants, mais de vraies balles contre les favelas ! Ça tire de partout entre les troupes de choc et certains jeunes armés par des gangs. A Nova Holanda, une des treize favelas faisant parties du Complexo da Maré et ses 130 000 habitants, le nombre de tués s'élève à huit, plus un policier du Bataillon d'Opérations de Police Spéciales, BOPE. «Personne n'arrive à donner un chiffre exact, puisque les corps ont été évacués», souligna Eliana Sousa Silva, directrice de l'influente ONG locale Redes. «Combien sont morts et combien vont encore mourir ?». Les unités spéciales seraient ensuite intervenues directement dans les maisons des suspects. Plusieurs seraient morts sur place. Il y a beaucoup de sang dans les maisons, mais les corps n'y sont plus affirma devant les médias Jailson Silva, directeur de l'Observatoire des favelas, une ONG très active à Rio et installée à l'entrée de Nova Holanda. Il ajouta, «la situation est comme un état de guerre. Nous devons arrêter ces massacres», tiré de l'article de Nicolas Bourcier du Monde.fr.

    La présidente Dilma Rousseff a proposé un référendum pour créer une assemblée constituante en faveur d'une réforme politique, mais cela n'empêcha pas des manifestations à Fortaleza au nord-est de quelques 5.000 personnes lors de la demi finale de la coupe de la confédération Espagne-Italie le 27 juin.

    La coupe du monde c'était trop pour eux.

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