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barroso

  • Le double jeu de François Hollande au sommet européen,

    ne condamnant pas les attaques contre Barroso.

    Support Wikipedia François Hollande c'est tout une éducation il faut le prendre tel qu'il est, il ne changera pas. La fonction présidentielle l'a peu modifié restant dans la continuité de ses années de secrétaire général du PS. Attendant l'ultime limite pour prendre une décision, est-ce de l'indécision, est-ce un manque d'autorité, en tout cas, ce n'est pas de l'incompétence plutôt de la patience ? Ne serait-ce pas aussi tout simplement laisser faire ce qu'il ne peut faire? Il faut reconnaître qu'il trouble, qu'il manipule ses partenaires en semant la confusion sur ses intentions. Il ne veut être lié à rien, c'est un peu comme le fit le général de Gaulle s'octroyant le droit, quand cela lui plaisait de faire le contraire de ce qu'il disait, et puis quand le fruit était mûr il m'était tout le monde devant le fait accompli. Pourquoi sanctionnerait-il Arnaud Montebourg lorsqu'il accusa Barrosso de faire le lit du FN, d'autant qu'il a raison. «Barroso est le carburant du Front national, c'est une évidence quand il critiqua la position de la France sur l'exception culturelle qui fut acceptée par les commissaires européens. La porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, enfonça un peu plus le clou lorsqu'elle déclara qu'«il» partageait «sur le fond» les propos du ministre Arnaud Montebourg.

    Après plusieurs jours de chocs d'épée, Barroso déclara que ces propos furent déformés. «Nous avions une différence de stratégie avec la France. Nous proposions de fixer des lignes rouges, clairement définies, garantissant le maintien de subventions et des quotas pour les biens culturels et d'ouvrir parallèlement une négociation plus large sur les services audiovisuels», explique-t-il et ajouta, «il y a des questions qui méritent une discussion, par exemple l'imposition fiscale sur le numérique. Les responsables français souhaitaient tout exclure, en bloc. Mais nous allons, bien sûr, respecter le mandat». C'est ce qu'on demande, il est payé pour cela ! Les lignes rouges se passent que si l'exception culturelle est écartée, c'est plus sûr. En fait, il savait bien ce qu'il faisait en ouvrant le feu, et d'ailleurs reprenant ce qui se passa le 21 avril 2002, «certains souverainistes de gauche avaient le même discours que l'extrême droite». «C'est une erreur complète d'analyse de penser cela. Lorsque le Front national s'est retrouvé au deuxième tour de la présidentielle française en 2002, était-ce la faute de la Commission que je ne présidais pas encore ?».

    Cette attaque contre la gauche française n'est que le fruit de sa gouvernance avec l'appui bien sûr des autres membres de la commission. La gauche française ne fait que d'exprimer le sentiment d'une majorité de français déclarant que cette Europe n'a fait que son malheur. Il est évident que la zone euro n'est pas ce que l'on en attendait, mais encore elle n'est plus ce qu'elle fut, Sarkozy évacué, tout change, si Angela Merkel part c'est une autre zone euro qui s'annonce, il faut savoir tirer un trait sur ces 10 années de droite !

    Puis ce fut Nicole Bricq ministre du commerce extérieur quant elle déclara que «Barroso n'a rien fait de son mandat !». Je n'ai pas les informations pour juger, et s'il n'y a pas d'information c'est aussi par ce que, peut être il n'y en a pas, et s'il n'y en a pas, n'est-ce pas tout simplement qu'il n'a fait rien qui soit reconnu ?

    J'ai toujours eu le sentiment, que la fonction qu'il occupe, très obscure, ne servait à pas grand chose, et de plus, le personnage ne plait pas. Alors quand on regarde la photo de François Hollande à son arrivée au sommet du 26 et 28 juin, on ne peut s'empêcher de se dire qu'il approuve tout, et qu'il se marre pour être poli.

    Crédit photo/Laurent Dubrule/Reuters, document Le Figaro.fr.

    Il les aime, ça se voit et quand il déclara que «les questions de personnes sont secondaires», et si elles le sont, en réalité elles ne peuvent être gommées lorsqu'elles dépassent le pouvoir de celui qui les formule. S'il admet, que la commission donne son avis sur les objectifs que doivent atteindre les pays membres, ne faut-il pas une cohésion dès lors que tous les pays doivent aller dans le même sens en faisant chacun des efforts dans le respect des autres. Mais de là, à dicter à François Hollande comme il le fit sur les moyens pour y parvenir, sur les retraites et le reste, c'est un pas qu'il n'aurait jamais dû franchir.

    Cette irresponsabilité déclencha une volée de bois verts, elle montra qu'il dépassa les pouvoirs qui lui furent accordés. Qu'il soit libéral, on le sait, qu'il représente la politique du temps de Sarkozy, on le sait, mais c'est terminé, fini, tout est changé. Nul ne peut, ne pas croire, que la politique de la commission sous l'ère du Merkozy, fut néfaste pour l'Europe et bien sûr pour les pays du sud.

    Alors les donneurs de leçon commencent à avoir peur, si le FN ferait un tabac aux élections européennes ? Vous imaginez le FN en masse au parlement européen, ce serait une révolution, et cela ferait plaisir de virer cette glu droitière qui depuis des années n'a rien voulu voir de la misère des peuples du Sud de l'Europe. Mais cela ne plairait pas non plus par ce qu'avec ceux qui surfent sur la misère des autres pour s'imposer, ce ne peut être cohérent et porteur. Ce serait remplacer le choléra par la peste, suivant la formule habituelle. Et quand j'entends que la femme la plus puissante du monde est Angela Merkel, alors qu'elle paie des ouvriers à 4 et 5 euros de l'heure sans couverture sociale, qu'il n'y a pas de SMIC en Allemagne, ne faut-il pas mettre un coup de pied dans cette fourmilière ?

    Nous venons d'assister à un haut numéro de voltige, le déblocage de 6 milliards d'euros pour lutter contre le chômage des jeunes, et faire passer l'enveloppe consacrée à ce plan à 8 milliards d'euros au total. Ils ont attendus que 62,5 % de jeunes grecs, 54,6 % d’espagnols, 51,8 % de croates qui viennent d'intégrer à l'Union, 42,5 % de portugais, 40,5 % d'italiens, 32,7 % de chypriotes pour se rendre compte de la menace que pèse ces jeunes ! De la lenteur inertielle coupable d'incompétence.

    La menace d'un 21 avril 2012 va jusqu'à modifier la politique de fermeté de la commission, et c'est tant mieux. Ces jeunes représentent 5,627 millions, une bombe, mais pourra-t-on la désamorcer à temps ?

    Il faut que l'aide doit soit ciblée pour être efficace, à condition que les gouvernements mettent en œuvre un programme de relance des investissements industriels, et de formations, ce dont souffrent de nombreux pays, dont la France. Comment donner du travail autrement ? En France ce plan bénéficiera à 300.000 jeunes pour un montant de 600 millions d'euros sur deux ans. Seules les régions françaises les plus touchées par le chômage en seront bénéficiaires.

    Daniel Cohn Bendit s'insurge contre le Barroso bashing, «les difficultés du gouvernement ne sont pas de sa faute», certes, mais je crois qu'il n'a pas bien comprit, ce ne sont pas sur ces difficultés qu'il est attaqué mais sur son comportement. Pour lui le gouvernement et l'Europe se partagent les torts c'est exact, mais la commission est là pour apporter justement ce qui manque aux pays, et non, ne rien vouloir voir de l'état des pays en difficulté. Les membres de la commission sont dans leur bulle, et jamais Barroso n'y est sorti pour voir ce qui se passe dans les pays dont il a la charge par délégation.

  • Hypocrisie,

    et indignation.

    Cette affaire des Roms ne cesse de s'enflammer au point que le parlement Européen a voté jeudi 09 septembre une résolution qui demande à la France de suspendre immédiatement l'expulsion des Roms. Viviane Reding vice-présidente de la Commission européenne et commissaire européenne à la justice, aux droits fondamentaux et à la citoyenneté c'est indignée du sort des Roms en Europe expulsés vers leur pays d'origine. On peut lire sa déclaration ici. Pour elle il importe que les Roms soient intégrés dans les sociétés de nos États membres. Elle attend de la part de tous les États membres qu'ils respectent

    «les règles de l'UE issues d'un commun accord sur la libre circulation et sur la non-discrimination, ainsi que les valeurs communes de l'Union européenne, en particulier le respect des droits fondamentaux, y compris les droits des personnes appartenant à des minorités».

    Il va s'en dire que ceux qui enfreignent la loi «doivent en subir les conséquences». Il est également clair que personne ne devrait être confronté à une expulsion juste parce qu'il appartient à la minorité Rom. «J'ai donc demandé à mes services d'examiner la situation en France dans son ensemble, et d'analyser en particulier si toutes les mesures prises respectent pleinement le droit de l'UE». Je me réjouis donc de la lettre à la Commission européenne à ce sujet annoncée par le Premier ministre Français, François Fillon. Les points abordés dans cette lettre seront bien évidemment pris en compte dans notre analyse.

    De cela, il apparaît, curieusement, que Madame la commissaire ne connait pas bien la loi Européenne qui n'autorise la circulation des membres des pays de l'UE dans l'espace de Schengen que les pays qui sont intégrés à cet espace, or la Roumanie et la Bulgarie ne sont pas encore membre de cet espace, ils sont en période transitoire qui pourrait durer jusqu'en 2013, voir mon article «Les 64 millions de Français ou presque se sentiraient-ils mieux».

    La circulaire datée du 05 août 2010 adressée aux préfets est signée par le directeur du cabinet du ministre de l'intérieur, Brice Hortefeux, demande explicitement le démantèlement des campements illégaux de Roms, avec cette précision à quatre reprises, «en particulier ceux des Roms». Le courrier stipule également que les préfets de zone devront réaliser une opération importante par semaine concernant en priorité les populations Roms.

    Il est évident que cette circulaire stigmatise cette population misérable et que nous, qui se prévalons d'être le pays des droits de l'homme, ne sommes pas sans reproche sur notre conduite qui ne peut nous être que néfaste, et qui nous place internationalement dans une situation déplorable.

    Aussi bien que Brice Hortefeux ministre de l'intérieur qu'Eric Besson ministre de l'immigration ont prétendu qu'il n'y avait jamais eu de mesures spécifiques contre cette communauté, et Eric Besson a affirmé sur France2 et ensuite en conférence de presse que, n'étant pas destinataire, il n'était pas au courant de cette circulaire aux préfets. Or cette circulaire a été pondue lors d'une cellule interministérielle ou à la fois des membres du cabinet de Brice Hortefeux et de celui d'Eric Besson étaient présents puisqu'ils l'avaient avalisée, Le Canard enchaîné page 3.

    Avec la bénédiction de Sarkozy cette circulaire n'a choqué personne, sauf bien entendu Viviane Reding. Depuis une seconde circulaire a été pondue dans laquelle toute référence aux Roms a été supprimée. Qu'importe c'est bien sûr la première qui compte puisque c'est elle qui a enclenché les expulsions, la seconde n'est que pour calmer le jeu. Bien entendu l'électorat UMP est satisfait c'était l'essentiel, mais si en plus celui du FN venait à voter pour Sarko comme il le souhaite, ce serait bien joué, c'est ce que pense Claude Guéant secrétaire général de l'Elysée.

    L'affaire Viviane Reding n'arrête pas de faire des vagues ses propos assimilant lors d'une conférence de presse la politique de la France à celle de l'Allemagne durant la seconde guerre mondiale ont provoqués une riposte cinglante de Sarkozy priant la vice-présidente aux droits fondamentaux d'accueillir les Roms au Luxembourg. Or, cette réponse est indigne d'un président, elle montre un mépris intolérable, cette personne a parlé en tant que commissaire Européen, et non en tant que chef de l'État du Luxembourg, elle était dans son rôle et elle n'a fait que dire ce qui s'était passé lors de la seconde guerre mondiale, à une nuance près, notre politique n'est pas celle de l'Allemagne de 1940. C'est aux autorités du Luxembourg que Sarkozy aurait dû s'adresser, il a donc eu un comportement hypocrite. Depuis, Viviane Reding a affirmé jeudi 16/09/10 que ses propos ont été détournés du contexte, et qu'elle n'a jamais assimilé la politique de la France à celle de l'Allemagne lors de la seconde guerre mondiale. L'Élysée note donc ses excuses, alors que ce n'en sont pas, mais seulement une mise au point  sur des propos volontairement détournés. La propagande gouvernementale joue à fond pour tromper nos concitoyens.

    Le vice premier ministre du Luxembourg a immédiatement répondu que Sarkozy c'était montré «malveillant».

    «Ce n'est pas Viviane Reding en tant que Luxembourgeoise qui a parlé. Elle est luxembourgeoise d'origine, mais elle est commissaire et responsable pour le domaine de la justice», a déclaré Jean Asselborn. «Faire cet amalgame-là de la part de Nicolas Sarkozy entre la nationalité de la commissaire et le Luxembourg est quelque chose de malveillant», a-t-il ajouté. «Je sais que Nicolas Sarkozy a des problèmes avec les Luxembourgeois, mais il ne faut quand même pas exagérer», a-t-il estimé, ajoutant, «quant au fond, moi personnellement je suis entièrement sur la ligne qui est conduite par la Commission».

    Bien sûr la Commission essaye de gommer la comparaison pour calmer le jeu à quelques heures du sommet Européen qui s'est tenu jeudi 16/09/10 sur l'Europe pour parler d'une seule voix sur ses valeurs et ses intérêts dans le monde. En fait tous vont mettre en sourdine leurs divergences sur la politique Française à l'égard des Roms, un sommet d'hypocrisie.

    Une procédure honteuse pour la France, oui et non.

    Honteuse oui, par ce que nous avons accepté que la Roumanie et la Bulgarie soient membres de la Communauté Européenne et que nous ne pouvions ne pas savoir que des Roms vivaient dans notre pays depuis longtemps dans des conditions déplorables avec des enfants aux lisères de bois ou forêts sans travail et sans eau ni aucune hygiène. La Commission Européenne ainsi que les États membres n'ont rien fait pour cette communauté marginale, cette condamnation générale, sauf l'Italie qui soutient la France, est donc hypocrite bien qu'elle se comprenne.

    L'Italie et la France sont en pointe pour les expulsions. L'Allemagne a décidé de renvoyer chez eux près de 12 000 Roms du Kosovo, et qui avaient fui leur pays au moment de la guerre. Le Kossovo reconnu indépendant par 70 Nations est considéré par la Serbie comme l'une de ses provinces autonomes, il n'est pas membre de l'espace Schengen. Berlin a rétabli dans sa liste des pays sûrs dont le Kosovo et demande maintenant aux Roms de rentrer. Un accord entre les deux pays a été signé en avril pour faciliter les retours. En d'autres termes l'Allemagne accepte des Roms non communautaires.

    La Suisse a signé un accord de retour similaire avec le Kosovo. En juin 2009, plusieurs dizaines de Roms qui avaient été victimes de violences racistes à Belfast en Irlande du Nord avaient choisi de rentrer chez eux. La Suède, l'Autriche et la Belgique pratiquent aussi des expulsions mais en nombre bien plus faibles qu'en France et elles se concentrent surtout sur des Roms qui ne sont pas issus de l'Union Européenne, mais de Serbie ou de Macédoine. L'Espagne est le pays qui accueille de nombreux Roms de Roumanie. Madrid a choisi d'inclure les Roms étrangers dans son programme d'aides destiné aux gens du voyage nationaux, Le Monde.fr. On voit bien que nous ne sommes les seuls avec l'Italie qui renvoyons des Roms de pays membres de l'UE.

    Le problème réside dans la manière employée plus que dans le fait d'expulser, le faire de la façon que nous l'avons fait est intolérable, et cette manière n'en déplaise à certains me rappelle celle du gouvernement de 1940 dans ses rafles mais pas dans leurs finalités.

    Honteuse non, par ce que ces Roms nous gênent quand nous les regardons non pas par ce qu'ils sont Roms mais par ce qu'ils sont misérables et que cela nous est intolérable. Alors oui, il est préférable de les renvoyer dans leur pays d'autant plus qu'ils sont illégaux chez nous, mais cela ne devrait être la raison principale qui leur misérabilisme pour lequel leur pays est responsable.

    Dernière minute, Sarkozy et Barroso ayant soutenu Viviane Reding dans sa démarche auraient eu un «échange très violent», Nicolas Sarkozy aurait menacé de quitter le sommet.



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