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athènes

  • Les émeutes à Athènes

    Serait-ce un mai 68 à la grèque ?

    Il y a des ressemblances, un mouvement étudiant anarchique très gauchisant, un raz le bol général, des études pour les jeunes mais pas de travail malgré les diplômes donc des jeunes sans espérance qui restent à l'université jusqu'à 30 ans pour ne pas se retrouver sur le marché de l'emploi avec des salaires très bas. La mort par balles d'un émeutier sans sommation paraît-il, des batailles de rue avec la police, le feu aux bâtiments représentant l'autorité, les banques, les magasins détruits, des voitures qui brulent, l'école polytechnique occupée, un véritable mouvement insurrectionnel qui s'étend jusqu'aux Îles. Un gouvernement de centre droit qui n'apporte rien autre que la police, en d'autres termes un gouvernement impuissant miné par la corruption, le favoritisme qui de plus est égoïste et qui n'a aucun regard pour ceux d'en bas et qui est déliquescent. Un tableau qui ressemble un peu à notre mai 68 d'autant plus que la grève générale est proclamée, partis politiques et syndicats entrent en lice.

    Le raisonnement d'un émeutier :

    On n'à pas de job
    pas d'argent
    un Etat en faillite avec la crise
    et ce qu'il a comme réponse
    c'est donner des armes aux policiers.

    Les policiers courent dans les rues d'Athènes près d'une barricade hérigée par les manifestants dans la nuit de dimanche à lundi.

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    REUTERS/John Kolesidis

    grece_alexandros-andreas-grigoropoulos483.1228842537.jpgC'est la mort d'un jeune de 15 ans Alexandros Andreas Grigoropoulos tué lors d'une manifestation dans la nuit du samedi qui est, d'après la presse, à l'origine des troubles. Mais tout le monde sait bien maintenant, eu égard à l'ampleur des manifestations que c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. La crise financière ébranle la Grèce et chez les jeunes le taux de chômage est le plus élevé l'Europe, avec le mal à vivre et les scandales de corruption qui, depuis plusieurs jours, sont révélés au sujet des milliards volés par l'église orthodoxe, tout est réunit pour une démission du gouvernement qui ne sait plus comment en sortir. L'opposition demande sa démission le même scénario que chez nous en 68. En novembre 1985 déjà la mort d'un manifestant lors des commémorations de la chute de la Junte militaire avait provoqué une vague de manifestations, faut-il s'attendre en France à retrouver, par suite des mêmes causes, le chômage des jeunes augmente, a de nouvelles manifestations sur une bavure policière ?

    Aujourd'hui le jour des obsèques du jeune Alexandos Andréas Grigoropoulos ce ne sont pas seulement des anarchistes gauchistes qui défilent c'est tous les jeunes lycéens et professeurs compris qui participent, ainsi que le lycée Français d'Athènes et la fonction publique, et même des représentants de la droite c'est donc l'embrasement général, même à Salonique seconde ville dans le nord du pays ou 300 étudiants et lycéens ont détruit des voitures et des vitrines de magasin. La plupart des villes du pays sont aussi touchées à La Canée en Crète, à Lesvos dans l’est, en Macédoine, en Thrace, en Thessalie et sur les grandes îles de la mer Egée.

    Des manifestants jetant des pierres sur la police anti émeutes à Athènes le 07 décembre

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    REUTERS/John Kolesidis

    Pour LCI,fr ce sont des émeutes de l'inégalité sociale, c'est le désespoir de la jeunesse qui est à l'origine des émeutes. Pour Michalis Spourdalakis professeur en sciences politiques à l'Université nationale et capo d'Istria d'Athènes, ces émeutes sont évidemment très émotionnelles. Toute la mobilisation est liée à la colère contre la police grecque. Elle est généralement très brutale, notamment contre les jeunes et les immigrés. Les incidents se multiplient depuis quelque temps. La mort du jeune homme, samedi soir, n'a été qu'un déclencheur.

    D'après le Monde.fr le gouvernement de Costas Caramanlis qui se préparait à affronter des élections générales, avait été prompt à annoncer le déblocage de millions d'euros en faveur des sinistrés. Le scrutin passé, les victimes n'ont rien vu venir. Ce n'est pas une question de parti politique, le parti socialiste, le PASOK, souffre des mêmes maux que la droite. Les grandes familles - les Caramanlis, Mitsotakis, Papandréou - qui se succèdent au pouvoir depuis des décennies et leurs affidés profitent d'un système dont les retombées arrosaient une large partie de la population. L'Europe, puis la mondialisation ont ébranlé ces rapports archaïques. En vingt ans, le pays s'est rapidement modernisé, sans pour autant échapper à ses mauvaises habitudes. La crise économique le frappe de plein fouet.

    Le bilan qui risque d'augmenter est de 150 arrestations, 49 immeubles et bureaux incendiés, plus de 565 boutiques et magasins endommagés ou détruits à Athènes , 20 véhicules, et dix bâtiments abritant des services ministériels au terme de trois jours d'émeutes, 200 millions d'euros de dégâts.

    Les émeutes de l'inégalité sociale.


    Grèce : les émeutes de l'inégalité sociale
    envoyé par lecanardrepublicain

     

    Ce vendredi de nouveaux heurts ont éclatés après une première nuit de calme relatifs après six jours de violence Vers midi, des jeunes ont jeté des cocktails Molotov et divers projectiles sur des forces de l'ordre, qui ont répondu en tirant des gaz lacrymogènes, au cours d'une manifestation d'élèves et d'étudiants à Athènes. Des fonctionnaires de police ont tenté d'arrêter les jeunes avant que des parents et des professeurs n'interviennent en les insultant. Plusieurs professeurs, élèves et étudiants ont scandé des slogans hostiles, précédés par une banderole portant l'inscription «État assassin». «Le sang coule et appelle vengeance, un à terre, des milliers dans la rue», ont martelé les manifestants.

    Les risques de contagion sont réels, des mouvements de soutien aux étudiants ont également été organisés à Paris, Berlin, Londres, Rome, La Haye, Moscou, New York, ainsi qu'à Chypre. À Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, deux voitures ont été incendiées mercredi devant le consulat de Grèce. À Madrid 200 personnes ont pris pour cible un commissariat, des magasins et des banques ont été attaqués, faisant craindre un effet de contagion, neuf personnes ont été arrêtées par la police. A Barcelone une ressortissante grecque et un autre étranger dont la nationalité n'a pas été précisée ont été arrêtés lors d'une manifestation similaire. Deux policiers ont été légèrement blessés. A Rome et à Bologne cinq policiers et un soldat ont été blessés. Faut-il craindre un embrasement général par solidarité avec ces jeunes Grecs, tout est possible si le mouvement de protestation continue, et si la police commet d'autres actes de violence. Les dirigeants Européens regardent la situation évoluer avec inquiétude de voir les manifestations s'étendre à l'Europe.

    Dans la nuit de vendredi à samedi une série d'attentats ont secoué Athènes mais aucun affrontement n'a été signalé contre les forces de l'ordre. L'opposition réclame des élections mais le gouvernement Caramanlis tient bon malgré une voie de majorité, il est évident que le mouvement ne peut que s'essouffler, c'est à dire s'évanouir petit à petit de lui même se réduisant à quelques groupes irréductibles.

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