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alain juppé

  • Alain Juppé, je ne sais pas si

    je dois y aller.

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    © AFP/Archives - Patrick Kovarik, les Échos.fr

    Support Wikipedia Il aimerait quand même bien y aller pour sauver son camp, et c'est vrai qu'il en à toutes les compétences. Jacques Chirac ne disait-il pas de lui que «c'est le meilleur d'entre nous» Or, pour un homme politique de cette envergure, laisser passer une pareille occasion serait impardonnable, mais il faudrait que Sarkozy comprenne qu'il devrait ne pas se présenter dans trois mois. Pour remonter dans les sondages Sarkozy l'envoie défendre sa politique ainsi que pour François Fillon. Juppé, assure qu'il est le candidat naturel de la droite ! Mais si, en alternative, il décidait de ne pas se représenter, alors il serait là pour sauver cette droite d'une catastrophe pire que celles des régionales et du sénat. Imaginez un instant que Sarkozy se présente, Juppé regardant de sa mairie de Bordeaux l'élection de François Hollande, le trou pour ce parti, et on lui en voudra de ne pas avoir essayé sachant que Sarkozy ne pouvait pas gagner. A ce niveau, et dans cette situation on ne peut faire de sentiment. Si Juppé pense que la France a besoin de lui, il doit y aller. Mais en a-t-il encore l'envergure ?

    Son débat avec François Hollande nous a montré que non. Il est apparu braqué, rigide se laissant déborder, il faudra qu'il travaille cet exercice. On avait l'impression qu'il ne maîtrisait pas le sujet répétant sans cesse les mêmes arguments. Pourtant il avait préparé son argumentaire devant deux mille militants le mercredi 25 janvier, «je vais vous faire une confidence, demain soir, vers 21 heures, je penserai à vous, cela me donnera de la force de vaincre» avait-il lancé.

    Alors, il critique, la rupture Sarkozyenne devant le pessimisme des Français, tout en proclamant qu'il ne faut pas abandonner les réformes, question, la rupture sans les réformes qu'est-ce que c'est ?

    Il appelle au rassemblement défendant l'idée d'une grande réforme fiscale qui serait l'héritage «gaullo-chiraquien !» Mais de quel héritage fait-il allusion ? Le Chiraquisme n'a rien à voir avec le gaullisme !

    Pour lui, c'est la crise que Sarkozy aurait bien gérée, «jamais autant l'on a modernisé la France que sous ce quinquennat». Mais alors c'est de la faute des Français qui n'ont rien compris ? D’où vient l'erreur ? Du rythme des réformes, et de leur injustice ? Sarkozy a été très vulgaire, incorrect, inconscient au Fouquet's montrant trop son penchant pour l'argent, trop brutal en bousculant les habitudes et coalisant ainsi les mécontentements ? C'est vrai que pour être bousculés les Français l'ont été et le sont encore, il n'y qu'à voir la misère et la richesse résultantes, le fossé se creuse, voir mon article «Les deux boucliers». En fait, il n'a jamais cru à la rupture. Son gaullisme une pensée politique qui allie patriotisme et humanisme, alors là il ne fait pas dans la demi-mesure. Sarkozy n'aurait pas de pensée patriotique ? Quand à l'humanisme, je veux bien croire que notre président n'a pas bien compris ce que ce terme pouvait signifier ? L'humanisme n'est-il pas une doctrine ayant pour finalité la personne humaine et son épanouissement, mais pour qui ? On comprend qu'Alain Juppé veuille corriger l'humanisme de Sarkozy ! Dans l'article du Figaro politique Alain Juppé fait référence à Chirac pour son pragmatisme, sa connaissance de la France profonde, du terroir, de sa ruralité, il y a des tendances profondes qu'il faut sentir, sous entendant que notre président ne les sent pas !

    Il faut bien qu'il se différencie pour exister, mais ce que nous avons besoin c'est d'une politique qui associe tous les Français et pas seulement le monde rural, le terroir. Personne n'est dupe de cette allusion aux agriculteurs, base de soutien du Chiraquisme. En fait Alain Juppé serait tout simplement la continuité de cette politique, n'en est-il pas l'héritier ? Cela étant, il n'est pas anti-sarkozyste et il lui accorde d'avoir bien géré la crise, mais il ne l'a pas vu venir ayant vanté les mérites du libéralisme. Ce qui est extraordinaire chez ces hommes politiques c'est qu'ils apparaissent incapables de considérer tous les paramètres qui gèrent une situation. Serait-ce trop difficile, alors on fait des choix et on attend de voir. Il est vrai, s'il fallait tenir compte de tous les paramètres, ils ne pourraient pas.

    Sarkozy ne fait plus l'unanimité des Français, sa cote de popularité ne cesse de rester au potentiel électoral de son parti soit 24 %, mais est-ce une raison pour qu'il prenne sa retraite ? Alors prendre sa place après avoir soutenu sa politique n'est pas très honorifique, mais quand on n'est plus en mesure de l'emporter, il faut la laisser.

    Et voila, Alain Juppé écologiste, c'est à la mode. Il critique la position de Sarkozy sur la taxe carbone en disant que l'on ne peut pas se contenter de dire que l'on va attendre que les Européens se mettent d'accord sur une taxe carbone aux frontières. Mais problème, il ne se souvient plus que cette taxe appliquée injustement a été condamnée par le Conseil Constitutionnel, et qu'en outre, elle n'est pas souhaitée par plus de 70 % des Français ! Décidément, il a vieilli. Alors pendant qu'on y est, il ne se gène pas de critiquer le bouclier fiscal c'est devenu la mode à droite, mais il va plus loin encore en critiquant le débat sur l'identité nationale, ainsi que sur la loi contre le voile intégral qui risque de stigmatiser l'Islam. Pour lui, une loi générale n'est pas adaptée déclarant que c'est plutôt une habitude qu'une prescription religieuse.

    Mais la plus grande critique porte sur la loi qui condamne la négation du génocide Arménien, disant que c'est une faute politique.

    Alors quand on lui demande quelles réformes pourrait-il préconiser contre le mal être des Français, il répond,

    «un paradoxe me frappe nous avons le système de protection sociale le plus sophistiqué du monde, et pourtant la pauvreté et la précarité augmentent, ainsi que le sentiment d'injustice. Cela nous oblige à prendre à bras-le-corps la question du logement, notamment pour les travailleurs pauvres, et à remettre à plat tout notre système fiscal, pour le rendre efficace et plus juste. Il faut s'interroger sur le rapprochement entre l'impôt sur le revenu et la CSG, la retenue à la source, la modulation de l'impôt sur les sociétés, des propositions de gauche ? La TVA n'est pas l'impôt abominable décrit par certains. Elle est neutre sur le plan de l'investissement, taxe les textiles chinois que nous importons, mais épargne les Airbus que nous vendons à l'étranger. TVA sociale, TVA verte, il ne faut rien s'interdire dans la réflexion», voir ici, Alain Juppé n'y a jamais cru à la rupture.

    A la question, si Sarkozy ne se présente pas, vous risquez de vous trouver en compétition avec François Fillon, Jean-François Copé, Dominique de Villepin. D'après lui son avantage serait qu'il est dix ans plus âgé qu'eux une telle expérience peut servir. Nicolas Sarkozy avait été élu par effet de contraste face à un président que l'on disait roupillant et en bout de course.

    Alors, pour l'aider à réfléchir à son programme, M. Juppé a d'ores et déjà annoncé la création d'un «think tank» encore un et transcendant si possible «les étiquettes politiques». «Il faut rechercher le consensus, j'en parle en connaissance de cause», dit-il. Il aurait mûri ? L’Élysée laisse le bruit que si Sarkozy serait élu, il serait le premier ministre.

    Un sondage exclusif IFOP, JDD fait du bruit. Paru dans le journal du dimanche dans l'hypothèse ou Marine Le Pen n'obtiendrait pas les 500 signatures bouleverse tous les pronostics actuels. Un scénario ne tient pas compte de Nicolas Dupont-Aignan ni de l'extrême gauche. Y figurent Marine Le Pen 350, Dominique de Villepin 300, Christine Boutin 250, Hervé Morin 300 ou encore Corinne Lepage. C'est l'élimination de ces petits candidats du débat politique. Le résultat au premier tour est très inattendu, François Hollande avec 33 % + 3,5 % resterait en tête, à égalité avec Sarkozy + 8,5 %, François Bayrou 17 % + 4,5 %, Mélenchon 9 % +1 % Eva Joly gagnerait un demi-point 3 % à égalité avec le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, qui multiplierait par trois son score. Sarkozy et Bayrou seraient les deux importants bénéficiaires. Le second tour n'est pas abordé. De la politique fiction oui, car si Marine Le Pen n'obtient pas ses parrainages le retour de bâton risque d'être dévastateur.

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