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2012 suite 6

  • Présidentielles 2012 suite 6,

    François Bayrou.

     

    Un peu avant les élections présidentielles de 2007, il a entendu une voix, tu seras président François ! Il est vrai que le prénom François est l'un des prénoms favoris des Français, il se rattache à l'ethnie Franque fondatrice de la France, ce n'est donc pas un prénom banal qui est souvent attaché à un personnage célèbre, François 1er, Saint-François d'Assise, Saint-François de Salle, François 1erd'Autriche, François 1erde Hambourg-Lorraine, et d'autres, voire François Mitterrand, il y a donc de quoi perdre la tête.

    Alors il s'est décidé de former son propre parti le Modem se détachant de la majorité de droite en coupant en deux l'UDF pour faire des centristes de droite attachée à l'UMP et pour d'autres, bien seuls, ses compagnons d'infortune navigants entre socialistes, écologistes et UMP. Il aurait presque réussit son pari en passant devant les socialistes au premier tour de l'élection présidentielle 2007, il s'en est fallu de peu. Les socialistes étant dans la panade et qualifiant leur candidate de bonne à rien on ne peut trouver meilleure condition pour leur prendre des voix, que la politique est cruelle. Et au second tour, malgré l'appel de Ségolène Royal devant la fenêtre de son appartement, il ne s'est pas engagé à ses cotés préférant laisser ses partisans libres de leur choix, sans déclarer pour qui il réservait son vote, se contentant d'annoncer qu'il ne voterait pas pour Sarkozy laissant ainsi le doute sur son vote mais ne pouvant pas prononcer «Ségolène Royal», il aurait vomi, et ses partisans se sont répartis équitablement sur chacun des candidats.

    Le Modem montrant ainsi une fois de plus ce qu'est le centre c'est à dire une formation qui ne correspond à rien en terme d'orientation politique, c'est ce qui a toujours fait défaut aux centristes et qu'ils n'ont jamais compris, comment voter pour un parti dont on ne sait ce que ses adhérents vont faire ? Son argumentaire est de combattre les deux blocs droite gauche, par le refus de la bipolilarisation l'idée est séduisante, mais quand la droite est au pouvoir, seule la gauche peut prendre le pouvoir et non le centre, cela tient à la 5ème république pour laquelle le MRP à voté, parti centriste ancêtre de l'UDF, et qui oblige l'affrontement entre deux blocs. Son argumentaire n'est donc pas possible, c'est une tromperie, il y aura toujours deux blocs critiquant ce fait sans préciser qu'il voudrait en faire parti à la place des socialistes, logique non, un malin ce Béarnais !

    Il s'est donc trouvé esseulé avec quatre députés à la place 70 à Assemblée nationale n'appartenant à aucun groupe mais étant membre de la commission des lois. Depuis ce malheur le Modem que l'on peut qualifier d'autonomie du centre ou alliance à droite a obtenu 3,7 % au premier tour des municipales 2008 de suffrages exprimés dans les communes de plus de 3500 habitants et aux élections Européennes de juin 2009, 8,46 % subissant ainsi un revers électoral important. Aux élections régionales il n'est crédité que de 4 % derrière le Front de gauche. Cela montre la volatilité de son électorat qui préfère tenir que courir en s'alliant avec les socialistes, l'UMP voire Europe-écologie. Corinne Lepage l'une des vice-présidentes qui a cru au père Noël avec le Modem ne grince plus, elle flingue. Élue au parlement Européen sous l'étiquète Modem, elle dénonce aujourd'hui l'effondrement du parti centriste en déclarant, «si le Modem veut être un vrai parti politique et non pas une simple écurie présidentielle, il faut qu'il change», elle résume en ces quelques mots l'attitude de François Bayrou. Dans ces conditions que peut-il espérer comme potentialité présidentielle voyant ses compagnons le lâcher et comprenant finalement que le Modem n'est que pour sa propre personne, ce qui a fait qu'au départ, du lancement de sa formation, nombre de ses partisans l'avaient déjà compris et l'ont quittés.

    Dans le programme de François Bayrou de 2007 un ensemble de thèmes sont présentés de sorte que l'on ne distingue pas la ligne directrice de ce que serait sa politique, une façon de noyer le lecteur. J'ai cherché comment il souhaitait relancer la croissance, je n'ai rien trouvé. Quand au pouvoir d'achat il propose de libérer les heures supplémentaires c'est à dire de permettre au salarié qui veut faire une heure supplémentaire de bénéficier d'une prime de 35 %, sans préciser ce que serait la base de cette prime mais qui serait défalquée des charges sociales pour que cela ne coûte aux entreprises, en d'autres termes il aurait la même politique que celle de Sarkozy. Sur les impôts faire la guerre aux déficits et à la dette investir dans l'avenir, ce qui ne veut rien dire tous veulent la même chose. Plus précisément il écrit, «l'impôt sur la fortune tel qu'il est conçu a fait beaucoup de dégâts. Une nation qui accepte l’exil de ses citoyens les plus riches, accepte de s’appauvrir. Je suis partisan d’une imposition sur le patrimoine à base large, sans aucune niche défiscalisée, sans exemptions, mais à taux léger : un prélèvement de seulement 1 pour 1000 sur les patrimoines au-dessus de 750 000 euros, rapporterait 3 milliards, à peu près l’équivalent de l’ISF aujourd’hui !» Mais rien sur le bouclier fiscal et sur la loi Tepa. Sur la dette et les déficits il écrit,

    «depuis vingt-cinq ans, tous les gouvernements ont été coupables de ce laisser-aller. Tous les jours, l'État dépense 20 % de plus que ce qui rentre dans ses caisses. Malgré ce constat, que tout le monde fait, les candidats du PS et de l'UMP promettent plus de soixante milliards d’euros de dépenses nouvelles. Cette attitude est irresponsable, et puis, c'est pourquoi je ne prendrai aucun engagement qui ne soit financé par une économie correspondante !»

    On voit qu'il n'a jamais eu de responsabilités gouvernementales économiques, en fait, l'UMP et les socialistes sont des imbéciles, ils ne savent pas gérer, et si les Français sont dans la misère il ne fera rien pour les en sortir sans une économie de quelque chose qui forcement ne pourrait qu'accroître leur misère, il faut l'écrire ! Sur l'environnement c'est un florilège de bonnes intentions mais rien de concret. Sur les retraites, il propose une refonte universelle qui englobe les régimes spéciaux par l'instauration d'une retraite par points, ce qui verrait la fin de la retraite par répartition la seule assurant une retraite si chère aux salariées du privé.

    En fait, je ne vois rien de positif dans ce programme de droite et qui noie le poisson. On peut se demander la raison qui à fait que Ségolène Royal voulait s'attacher cette personne, si ce n'est ses électeurs.

    François Bayrou est âgé de 58 ans, c'est un littéraire, hypokhâgne et khâgne et à l'Université Bordeaux III, il obtient l'agrégation de lettres classiques à 23 ans, ce n'est donc pas un homme politique de formation. Ces fonctions ministérielles sont celles de l'éducation nationale sous les gouvernements Balladur et Jupé pour lesquelles il n'aurait pas laissé le sentiment d'une bonne gouvernance. Il est intelligent, avec beaucoup de répartie, sait trouver le mot juste, mais il n'a pas la valeur politique des personnes qui ont fait l'ENA.

    La suite portera sur Nicolas Sarkozy et sur la conclusion.

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