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18ème

  • Les biffins.

    Ces chiffonniers du 18ème arrondissement.

    L'émission de M6 du dimanche 07 décembre à 22 h 50 sur le marché aux puces de Saint-Ouen, l'envers du décor a montré un aspect de Paris que j'avais perdu de vue c'est le microcosme de chiffonniers que l'on nomme les biffins. C'est un marché aux puces sauvage comme il existait il y a encore quelque temps à la porte de Montreuil qui d'ailleurs a quasiment disparu, le quartier s'est modifié par l'installation d'entreprises et il ne reste qu'une partie des «puces» autour de cette porte de Paris. Ces chiffonniers, les Biffins héritiers des chiffonniers qui ont fait les puces, constituent un marché parallèle pour petites personnes pauvres, ils vendent de tout, sous le périphérique de la porte Montmartre dans le 18ème et ailleurs aux portes de Paris, tout ce qu'ils trouvent dans les poubelles des beaux quartiers de Paris. La nuit ils les parcourent, ils y piochent sans gants, pour mieux sentir la matière, disait ce Biffin, et au petit matin après quelques heures de repos, avec leur sac sur le dos, ils l'étalent sur le sol non sans avoir vérifié, au préalable, la présence de la police et ainsi chaque jour ils vendent pour quelques euros ou centimes d'euros ce qu'ils ont trouvé. Leur clientèle c'est un peu tout le monde, et la crise aidant, on y voit des retraités qui aussi font les poubelles, il faut bien vivre, et avec 600 € par mois ce n'est pas suffisant. C'est un vrai bric à brac sur le sol, et quand la police vient, le car accompagnant la benne à ordures, c'est le sauve qui peut. Ceux ou celles qui n'ont pas le eu temps de fuir voient leur maigre butin de la nuit confisqué et mis dans la benne, avec une amende qu'ils ne pourront payer. Le plus extraordinaire, c'est que le coût de cette intervention est de 10.000 € par mois, en d'autres termes pour répondre au maintien de l'ordre public, les riverains se plaignent de cette proximité, nous dépensons en pure pertes 10.000 €, invraisemblable pour chasser ces malheureux. Alors ces Biffins ont constitué une association et ils ont accusé le maire de l'arrondissement de vouloir les chasser, la misère dérange.

    En fait on a vu une autre catégorie d’errants, celle des vendeurs à la sauvette comme on dit, ceux qui font concurrence aux stands établis, risquant en permanence l'affrontement avec leurs exposants. Ceux la, vendent des produits de contre façon portefeuilles, ceintures, montres portés à la main et jouissent d'une certaine liberté, la police ne pouvant faire face à tous les problèmes.

    Mais c'est autre chose eu égard à ces malheureux Biffins qui eux, ne demandent rien à personne, ils prennent ce qu'ils trouvent et sous un certain aspect de leur comportement, ils offrent à des malheureux comme eux des objets et vêtements récoltés qu'ils rafistolent et vendent pour des prix dérisoires. C'est donc le marché de la dernière classe celle qui vit en marge des gens établis et que l'on rencontre partout autour des grandes villes. Ils ne mendient pas et forment une communauté de non assistés. Ils ne touchent pas le RMI, et sont fiers dans leur misère, on le remarque, de ne rien devoir à personne. Ils vivent dans une grande précarité mais ne se plaignent pas. Entre eux on perçoit une solidarité, une forme de reconnaissance au fait qu'ils sont tous pareils et une chaleur fraternelle les unis.

    img629.1229194672.jpgLes biffins se battent pour leur marché, cliquez ici, soutenus par une trentaine de manifestants une dizaine de biffins ont installé bouquins, vêtements d'occasion, agrafeuses usagées devant la mairie de leur arrondissement pour la création d'un marché de biffins de 150 places explique Mohamed Zouari président de «l'Association Sauve qui peut» qui fédère les chiffonniers.

    Dans notre société si l'on veut faire avancer une action, reconnaitre une revendication il faut manifester. Le bon sens ne suffit pas, on ne comprend que la force, la puissance de la masse. Ces biffins bien sur qu'ils dérangent comme beaucoup de malheureux, mais ils nous interpellent, doit-on les empêcher de faire leur petit commerce par ce qu'ils nous font voir ce qu'ils sont ? Non bien sur, ils vivent sur eux mêmes avec ce que d'autres jettent, ce sont les épurateurs des poubelles des riches, laissons les vivre, faire leur marché car il y en aura encore beaucoup d'autres.

    L'Association sauve qui peut à publié un tract voire ici qui demande à Messieurs Vaillant et Delanoë de tenir leurs engagements pour le marché de 150 places.

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