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santé - Page 2

  • Les médecins payés au mérite,

    pas tous, mais ceux qui rempliront les conditions.

    Support Wikipedia Le conservatisme médical va-t-il changer dans sa forme par une volonté plus affirmée de soigner mieux, c'est à dire par une approche plus moderne, ce qui, selon la sécu serait de soigner mieux ? Soigner mieux suppose que l'on ne soigne pas bien ? Bien sur que non, quel est le médecin qui vous dira qu'il soigne mal ? Ils soignent tous bien sauf dans le critère du gouvernement ! Mais alors pourquoi les payer au mérite sinon pour qu'ils gagnent plus en échange de quelque chose de difficile à apprécier. Soigner mieux comment cela peut-il se mesurer ? Comment reconnaître un médecin qui soigne mieux qu'un autre, il faudrait pour cela changer de médecin ce qui n'est guère aisé eu égard aux contraintes actuelles. Mais, n'avons-nous pas déjà un médecin référent auquel nous devons être rattaché et qui normalement nous connait, alors comment pourra-t-il nous soigner mieux ?

    Mais en fait, quand on analyse le projet d'accord, voir ci-après, on constate que nos médecins satisfont pleinement à ce projet. C'est donc un trompe l’œil qui consiste à nous faire croire que les avantages qui leurs sont offerts le sont sous conditions.

    Non, pour le gouvernement soigner mieux c'est dépenser moins. Il n'y a qu'à voir la réduction de personnel dans les hôpitaux et la dispersion des services avec un déficit en médecins inquiétant. L'hôpital n'est plus ce qu'il était, les médecins Français sont petit à petit remplacés par des médecins étrangers qui coutent moins chers.

    Dans cette convention, il s'agit des médecins libéraux ceux que vous consultez quand vous avez une grippe ceux qui facturent leur acte médical à 23 euros, ainsi que ceux qui facturent 23 € à la sécu et qui vous demandent 30 €. Pour les spécialistes à 80 ou 100 euros la consultation, et les spécialistes des cabinets médicaux et cliniques chirurgicales médecins anesthésistes, cardiologues, radiologistes, gastro-entérologues et chirurgiens qui marchent aux sur-honoraires pourraient être dans un nouveau secteur tarifaire optionnel réservé au plateau technique lourd. Un médecin sur 4, et 4 spécialistes sur 10, exercent en secteur libre, secteur 2, donc à honoraires libres, soit un total de 29.000 praticiens. Les dépassements d'honoraires dépasseraient en 2010 2,5 milliards d'euros ! L'objectif serait de mieux encadrer les importants dépassements d'honoraires pratiqués dans ces spécialités. Les médecins qui choisiraient le «secteur optionnel» s'engageraient à plafonner leurs dépassements, dans une limite de 50% au-dessus du tarif opposable qui sert de base de remboursement à la Sécu et à réaliser un minimum de 30% d'actes sans dépassements. La contrepartie serait une prise en charge partielle de leurs cotisations sociales, voir les pages 57 à 62 du projet d'accord du 21 juillet version 2. Pas sur qu'ils y souscrivent. Il n'est donc pas certain que ce protocole soit rentable pour la sécu. S'il le devenait ce ne pourrait être qu'au terme d'une période de plusieurs années permettant la mise au point du protocole. Dans l'immédiat cela ne peut que nous coûter de l'argent.

    Mais qu'importe à 8 mois de l'élection présidentielle il faut soigner le corps médical des généralistes secteur 1 par un contrat pour qui veut, bien sûr, y souscrire. La carotte est alléchante, on parle de 9.100 € annuel pour celui qui satisferait les conditions. Mais alors que devient notre déficit de l'assurance maladie, on ne comprend plus d'autant que l'on supprime des remboursements à 100 % en longues maladies, quand aux médicaments qui, devenus génériques et presque plus remboursés se raréfient, posent un sérieux problème, les grossistes préférant les vendre à l'étranger.

    Cela fait plus de trois mois que ces discussions sont engagées entre la CNAM et les syndicats, mais maintenant c'est signé avec les trois plus grands syndicats libéraux, la CSMF, le SML et MG-France. C'est dans la nuit de mercredi à jeudi 21 juillet qu'un protocole d'accord sur une convention qui régirait leurs relations pendant cinq ans qu'il a été signé. Pour le patient rien de changé, c'est l'assurance maladie qui versera les primes à la fin de l'année.

    C'est un accord historique avec trois signatures qui va permettre de faire un pas de géant vers la modernisation de la médecine libérale. Il réunit les généralistes et les spécialistes et fera référence pendant longtemps indique aux Échos le ministre de la Santé, Xavier Bertrand. Son coût sera limité à 90 millions d'euros en 2012, sur la hausse des tarifs de spécialistes, selon la CNAM. Nettement moins que les 250 millions déboursés cette année pour l'augmentation de 1 euro du tarif de la consultation. En revanche, la dépense supplémentaire atteindrait 360 à 380 millions en 2013, avec le versement des primes de performance et les incitations à s'installer dans les déserts médicaux. Une aide à l'investissement de 5.000 euros par an est notamment proposée par la Sécu pour les médecins exerçant dans un cabinet de groupe d'une zone sous-dotée, ne pratiquant pas de dépassements d'honoraires. Les médecins des zones sur-dotées seraient également incités à aller prêter main forte ponctuellement à leurs collègues des zones sous-dotées voisines avec une rémunération revalorisée de 10% pour cette activité, dans la limite de 20 000 euros.

    Les réactions des principaux syndicats médicaux.

    -Le CSMF qui s'est réuni le 23 juillet a procédé à une analyse et constate que cette Convention répond globalement aux 13 priorités qu'il s'était fixés, lire la suite ici.
    -Le SML réuni le 22 juillet a validé à l'unanimité le texte et a autorisé son président à le signer, lire la suite ici.
    -Pour MG-France la Convention est une étape, elle engage les médecins libéraux et l'assurance maladie pour cinq ans dans un contexte économique contraignant, lire la suite ici.

    Xavier Bertrand reste persuadé qu'il y aura un retour sur investissement comme ce fut le cas avec le médecin traitant. «Les médecins ne sont pas des chasseurs de prime. Tout cela va permettre d'améliorer la qualité des soins», voir le projet d'accord du 21 juillet version 2, et ses annexes .

    Jusqu'à 9.100 euros de prime annuelle. C'est ce qui est finalement annoncé. Initialement il était prévu 8.400 €. Les médecins devront remplir les objectifs pour l'organisation de leur cabinet c'est à dire la vaccination, le dépistage des cancers, la prescription des génériques etc...En d'autres termes s'équiper comme de cabinets spécialisés s'il s'agit de dépistage des cancers. Pour toucher 9.100 € il leur faudra satisfaire à 100 % les 29 objectifs pour les quelques 800 patients qui composent la clientèle moyenne d'un généraliste, soit un retour de prime de 11,4 euro par patient. Il est fort probable que beaucoup n'adhèreront pas à cette Convention et que ceux qui adhèreront ne tiendront pas les objectifs. La prime sera versée à partir de 2013.

    Pour le blog du recrutement médical c'est une modernisation de la rémunération. «La base restera le paiement à l’acte mais les forfaits seront développés ainsi qu’une prime à la performance. Réservé aux médecins traitants mais appelé à s’étendre aux autres spécialités et en premier lieu aux cardiologues, aux endocrinologues, aux gastro-entérologues et aux pédiatres, ce nouveau système repose sur un barème de 1 300 points. S’ils atteignent tous les objectifs qui leur sont proposés».

    Le tableau des points attribués est donné dans l'article 26-3 pages 41 et 42 du projet d'accord du 21 juillet version 2. On y voit par exemple que la vaccination antigrippale des plus de 65 ans apporte 20 points. Le  dépistage du cancer du sein comme celui de l'utérus donnent 35 points. La surveillance ophtalmologique fond de l’œil comme la prévention cardiovasculaire pour les patients à hauts risques donne 35 points. Les résultats de la mesure de la pression artérielle donnent 40 points. En fait, rien de bien nouveau, c'est ce que font actuellement les médecins. Ce que l'on peut prévoir pour atteindre les 1.300 points, c'est une généralisation des actes porteurs de points, qui sont chers, ce qui accroît la dépense du patient et celle de l'assurance maladie si un contrôle rigoureux n'est pas instauré.

  • Une journée aux urgences de l'hôpital Tenon à Paris XXème.

    Ou la valse des lits.

    Réflexions et témoignage.

     

    L'hôpital vaste question ou tout intervient. C'est un des problèmes majeur conditionnant notre santé dont nous avons à nous préoccuper par suite de l'augmentation de la misère génératrice de maladies, notre air est imprégné de virus, de bactéries, il devient de moins en moins respirable. Qui ne tousse pas ? Qui n'a pas une bronchite ? Qui n'a pas de la fièvre ? Qui n'a pas la grippe ? Même la coqueluche refait son apparition avec la tuberculose bien entendu. On peut affirmer que tout ce que nous constatons est sans nul doute la conséquence de l'austérité que nous subissons. On ne peut réduire les effectifs et les moyens des hôpitaux ainsi que les ressources des Français pour vivre et se soigner sans que des répercutions surviennent, mais il n'y a pas que cela. Il y a aussi la conséquence que se soigner devient de plus en plus cher et de plus en plus difficile. Les pathologies respiratoires sont devenues majeures, les virus et bactéries sont de plus en plus résistants aux antibiotiques, et de plus en plus, un médecin généraliste qui, malgré son savoir et sa bonne volonté, fait ce qu'il peu avec des moyens limités, ne peut répondre dans l'urgence à l'évolution de ces maladies ou il faut faire vite pour qu'elles n'aggravent la santé des patients.

    Alors, si vous avez au cours d'une nuit un problème respiratoire, votre médecin référant n'étant jamais joignable, il faut s'en persuader, il ne vous reste donc que le Samu qui débordé vous enverra un médecin tard dans la journée, car eux aussi sont débordés. Entre temps vous attendez si vous pouvez. Dans le cas contraire il vous reste les urgences de l'hôpital ou au moins vous aurez à votre disposition une structure et des moyens. C'est là que l'on commence à comprendre l'importance de l'hôpital dans notre système de santé.

    Ce n'est pas le généraliste ni le spécialiste qui vous soigne pépère, ils sont fait pour des patients qui ont le temps de se soigner et qui ont de l'argent. Combien sont-ils encore qui facturent une consultation généraliste à 22 €, une minorité quand aux spécialistes c'est 50 € et je n'évoque pas certaines consultations orthopédiques ou cardiologiques à 100 € et plus, remboursées une misère. Quand aux sur-honoraires si vous avez à subir une intervention en clinique, se sont des centaines d'euros pour être parfois moins bien soigné qu'à l'hôpital.

    Les urgences sont la figure de l'hôpital, là ou la misère est visible puisque par définition on n'y reçoit tout le monde, du SDF crasseux aux malades aisés qui n'ont plus qu'elles pour se soigner. C'est donc un lieu microbien par excellence on y tousse, on n'y crache et on côtoie tout le monde du jeune au vieillard allongés dans un lit à roulettes, c'est plus facile pour transporter le patient.

    Alors commence la valse des lits dans les couloirs qui n'ont jamais été fait pour recevoir autant de monde, ils sont étroits et les salles petites ou l'on ne peut y mettre que 6 à 7 lits, le reste dans les couloirs ou ailleurs. Ce qui se passe ressemble ensuite à du guignol lorsqu'il faut sortir un patient de la salle, même avec les larges portes qu'elles ont, et qui ne servent à rien puisque constamment ouvertes, il faut déplacer plusieurs lits du couloir pour permettre à celui que l'on veut extraire de la salle de tourner. C'est un vrai travail qui demande de la dextérité ou tout au moins de l'expérience. Il faut au minimum deux personnes et parfois trois, infirmiers, personnel de salle tout le monde s'y met, il y a une telle cohésion dans ce gymkhana des lits que l'on est émerveillé.

    Le matin à 6 heures, c'est calme peu de monde, la ville est endormie, et ceux qui sont aux urgences sur leur lit venus probablement au cours de la nuit sont peu nombreux, mais ensuite les voitures de police ou les ambulances arrivent avec leur lot de malades ou supposés tels, que peut faire la police d'autre que d'emmener ces personnes aux urgences ? Quand aux ambulances le rendez-vous à été pris par téléphone, mais cela ne change rien, ces patients sont traités comme les autres, ils attendent. Il faut bien voir que dans ces urgences la moyenne des patients qui y transitent est de 150 par jour.

    La logistique du travail commence par l'inscription, il faut bien vérifier l'état civil du patient et sa carte vitale sésame indispensable pour que l'on vous prenne en compte à votre assurance maladie, sans carte vitale ce n'est pas le même prix je suppose. Alors, si plusieurs personnes sont arrivées avant vous, vous attendez que l'on vous prenne en mains. Une fois cette formalité accomplie, des infirmiers vous posent des questions sur votre problème et commencent à faire un petit diagnostic sur votre état. C'est la première étape de votre intégration dans ce qui va suivre.

    Le temps s'écoule jusqu'à l'arrivée des médecins vers 8 heures. Les dossiers des patients sont informatisés, et ils peuvent les consulter. Vers 10 heures un médecin vient vous voir pour vous ausculter, poser des questions, vous expliquer ce que l'on va vous faire en commençant par une radio pulmonaire. Seulement, il y a un seul appareil pour cette investigation, il faut donc attendre son tour. Arrive l'heure de midi, vous n'avez toujours rien pris depuis le matin, vous passez la radio et l'on vous intègre dans une salle après une autre danse de lits. Une agitation se fait sentir, infirmiers, personnel de salles, médecins courent dans tous les sens la relève va arriver remplacer ceux du matin, les entrées seront nombreuses l'après midi.

    La seconde partie des examens peut commencer. Le médecin qui s'occupe de votre dossier vient vous voir pour vous informer de votre état ou pour vous donner la suite des examens. On vous annonce que votre radio n'est pas claire qu'il va falloir approfondir par un scanner, que l'on vous fera une perfusion pour vous hydrater et une analyse de sang, et l'on vous place dans le couloir pour être prêt. Le moment arrive perfusion et prise de sang sont faits dans un box au terme d'une valse de lits. Il ne reste plus que le scanner pour être fixé sur son sort et vous attendez dans le couloir. Les heures passent, il y a une seule machine pour tout ce monde, il est donc inutile de s'énerver. Arrive 16 heures, et on vous emmène au scanner ou d'autres attendent soit pour le passer soit pour remonter aux urgences. Cette machine n'arrête pas du matin au soir. Le scanner fait, vous êtes en attente comme les précédents dans le couloir que l'on vienne vous chercher.

    Le préposé au transport arrive et vous voilà de retour aux urgences dans l'attente du verdict, soit de l'hospitalisation, soit la sortie avec un traitement. Pour ce qui me concerne le médecin est venu pour me dire que je n'avais ni cancer, ni tuberculose et qu'en fait j'avais écopé d'un virus qui infectait mes poumons et que probablement j'avais la coqueluche à mon âge ! Avec le traitement en poche je suis rentré chez-moi avec un dossier et heureux de n'avoir que cela. Il était 17 h30, j'avais donc passé 11h30 aux urgences.

    Aurais-je pu avoir ce résultat autrement en si peu de temps non bien sur, l'hôpital à tout sous la main, il est donc indispensable pour notre santé, c'est pour cela qu'il faut l'aider et non le dégrader en lui supprimant du personnel, mais aussi en lui donnant du matériel car en fait c'est bien lui qui manque le plus. Ai-je été bien soigné, en fait je n'ai pas été soigné mais j'ai eu un diagnostic que je n'aurais pu avoir avec mon généraliste et là, c'est déjà important.

    Les urgences de Tenon je ne peux qu'en dire du bien, du médecin aux transporteurs de lits tous ont été agréables et serviables, je tenais à l'écrire.  

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