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obama - Page 2

  • L'Irak sept années après,

    un pays délabré, meurtri !


     

    Barack Obama annonce la fin de la mission Américaine en Irack pour la fin du mois. C'est le message qu'il a fait passer le 02/08/10 lors d'un congrès d'anciens combattants handicapés à Atlanta.

    «Lorsque j'étais candidat à la présidence, j'ai juré de mettre fin à la guerre en Irak de façon responsable. Peu après avoir pris mes fonctions, j'ai annoncé notre nouvelle stratégie pour l'Irak et une transition totale du contrôle du pays aux Irakiens. Et j'ai été clair sur le fait que, d'ici à la fin du mois d'août 2010, la mission de combat américaine en Irak serait terminée. Et c'est exactement ce que nous faisons, comme promis, conformément aux prévisions».

    «Aujourd'hui, alors même que les terroristes tentent d'enrayer les progrès de l'Irak, grâce au sacrifice de nos soldats et de leurs partenaires Irakiens, la violence continue à y être presque aussi basse que depuis des années, a assuré M. Obama. Le mois prochain, notre mission militaire va évoluer du combat au soutien et à l'entraînement des forces irakiennes de sécurité». «Mais, a-t-il reconnu, «ces tâches sont dangereuses». «La vérité, même si elle est difficile, est que le sacrifice américain en Irak n'est pas terminé», a-t-il concédé, Le Monde.fr .


    Ou en est l'Irak ?

    Le 20 mars 2003, l'opération «Iraki Freedom» est lancée, l’Irak était attaqué pour le «motif» de la lutte contre le terrorisme par une coalition alliée des États-Unis et du Royaume-Uni, sous mandat de l'ONU et soutenue par plusieurs dizaines de pays dont le Japon, la Corée du Sud, la Pologne, l’Espagne et l’Italie. Le régime de Saddam Hussein étaitt renversé 3 semaines après l’entrée des troupes de la coalition dans le pays. Cette troisième guerre du Golfe s’acheva officiellement le 1er mai 2003. Le pays était ensuite occupé par la coalition.

    Le clan Bush s'est ainsi vengé poussé par le lobbying sioniste mondial de m'avoir pas été au terme de la guerre du golfe en envahissant le pays en 1991 ce que beaucoup espéraient, et c'est sous un motif fallacieux que l'Irak posséderait des armes de destruction massives que les États-Unis l'ont envahi en 2003 alors qu'il n'avait rien été trouvé par l'AIEA, et que l'on n'a effectivement rien trouvé. Ces accusations ont depuis été démontrées non fondées. Après leur victoire les troupes de la coalition ont cherché à pacifier l'Irak, mais c'était sans compter sur la situation difficile du pays conséquence des trois guerres qu'il avait eu à faire face en 23 ans, Iran-Irak en septembre 1980, Golfe en août 1990, et «Iraki Freedom» en mars 2003 dont le coût global serait de 3.000 milliards de dollars.

    La menace actuelle sur l'Iran d'une intervention conjointe sioniste États-Unis-Israël, semble être la copie conforme de la mise en scène de la guerre «Iraki Freedom».

    La guerre du golfe commence lorsque l'Irak envahit le Koweït le 08 août 1990 et les premières sanctions de l'ONU tombent par un embargo de plus de 30 pays. Le 17 janvier 1991, «Tempête du désert» est mise en œuvre par la coalition internationale. En 6 semaines, le territoire Irakien reçoit environ 80 000 tonnes de bombes, quantitativement autant que l'Allemagne pendant toute la seconde guerre mondiale. Plus de 100 000 soldats Irakiens sont tués et 35 000 victimes civiles ont péri sous les bombardements. Le 26 février 1991, Saddam Hussein annonce son retrait du Koweït. Les combats cessent le 28 février. Au grand désespoir du clan Bush qui n'est pas allé jusqu'à Bagdad.


    saddamms2909_468x328.1280502132.jpgCette image est copiée de Mea news.net .

    A la fin de cette seconde guerre d'Irak en mai 2003, après la chute de Saddam Hussein il existe encore beaucoup d'incertitude à la formation d'un État démocratique stable, les attentats minent ce pays qui était maintenu par une main de fer non sans raison par Saddam Hussein. Pour assoir son pouvoir en 35 années sans partage, il a fait des milliers de morts. Il sera jugé pour par un tribunal spécial pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre, et sera pendu le 30 décembre 2006, voir ici.

    Ce n'était pas un saint, mais un dictateur qui ne s'embarrassait pas de détails, mais il faisait de l'Irak un pays qui avançait ou la manne pétrolière était distribuée. Le parti Baas de Saddam Hussein a manipulé la société Irakienne, détruisant certaines classes, en n'en créant d’autres, plaçant tout le monde sous un système d’espionnite généralisé, nationalisant les entreprises et la terre, puis les dénationalisant, détribalisant la société puis la retribalisant, la laïcisant puis l’islamisant, en fonction des évènements et des vicissitudes d’un régime qui dépendait de la rente pétrolière. Le chaos actuel n’est pas le fruit d’une «nature» particulière de l’Irak, mais bien le résultat de la volonté expansionniste de Saddam Husseein en 35 ans de dictature et de trois guerres qui n'ont servit à rien sinon à faire des morts. Il n'est pas certain que depuis la chute de Saddam Hussein le pays soit dans un meilleur état.

    L'Irak est un pays multiethnique composé d'arabes 75 à 80 % ,(Sunnites 18 %, Chiites 50-55 %, Chrétiens le reste), Kurdes 22-25 %,(Sunnites en majorité, minorité Yésidie), et Turcomans Sunnites en majorité. En outre ces ethnies qui ne sont pas cultivées dans un esprit de démocratie, sont sous gouvernances de clivages culturels, politiques, religieux, et claniques d'une grande complexité qu'il faut maîtriser pour pouvoir gouverner le pays. De plus, l'Irak possède une grande frontière commune avec l'Iran qui permet l'introduction de bandes armées frontalières gouvernées par Al Qaeda qui sèment la terreur par des attentats cultivés par les ethnies pour la prise du pouvoir, c'est à qui dominera l'autre.

    Selon le département de la Défense des États-Unis 26 000 Irakiens auraient été tués ou blessés dans les attentats depuis janvier 2004, dont une grande partie d'attentats-suicides. Une étude publié par la revue britannique The Lancet en octobre 2004 lance un chiffre de 100 000 victimes de surmortalité due aux violences, une autre étude publié par le même magazine, effectuée par des universitaires Américains en collaboration avec l'université de Bagdad, annonce en octobre 2006, plus de 650 000 Irakiens victime de la surmortalité. Le gouvernement Américain refuse cette étude, le gouvernement Irakien dément le chiffre ainsi que Iraq Body Count. En fait nul ne sait exactement combien de morts sont la conséquence de ces attentats d'autant que plus de deux millions d'Irakiens ont fuient leur pays victimes d'insécurité, et de nettoyage ethnique pour échapper à la violence et à la mort.

    C'est aussi sans évoquer les dégâts occasionnés par le programme pétrole contre nourriture, plus de 500.000 enfants seraient morts de maladie et de malnutrition. Les dommages aux infrastructures civiles sont immenses, les services de santé sont pillés. Il y a eu une détérioration des canalisations d’eau et la dégradation des bassins hydrographiques du Tigre, de l’Euphrate. Il y a de plus, augmentation de l’insécurité générale, pillages, incendies et prises d’otage, suite à la désorganisation totale des différents services publics tels que les forces de l’ordre. De nombreux centres historiques ont été détruits. Le Musée national d’Irak a été pillé. Dans ces conditions, rien d'étonnant que ce pays soit en morceaux.

    Récemment en juillet 535 morts dont 396 civils dans les violences, il faut remonter en mai 2008 pour trouver un mois plus sanglant. En outre, 1043 personnes ont été blessées dont 680 civils 198 policiers et 165 soldats.

    Ce pays berceau de la civilisation sumérienne, IIIème millénaire avant Jésus-Christ, chez laquelle on retrouve les prémices de l’écriture et un haut degré d’aménagement hydraulique, n'a cessé de subir des guerres. L’histoire de l’Irak commence avec les cités-États de Mésopotamie, en particulier Suse et Babylone. La région est ensuite dominée par les Hittites, puis par les Assyriens, et par les Mèdes. En 586 avant l'ère commune, Nabuchodonosor II, souverain de Babylone, y déporte, après la prise de Jérusalem, 20 000 Juifs qui forment le noyau de la plus vieille communauté juive de Diaspora. Ce fût ensuite une succession d'empires, la folie des hommes ne respecte rien.

    Le vice-président Américain Joseph Robinette Biden dit «Joe» Biden s'est rendu le 04/07/10 auprès des troupes Américaines en Irak, jour de la fête nationale aux États-Unis. Il devait rencontrer séparément le Premier ministre Nouri al-Maliki et son rival Iyad Allaoui qui se disputent la direction du pays depuis les élections législatives du 07 mars 2010, secondes élections depuis la guerre de 2003. Contrairement aux élections de 2005, la minorité sunnite n'a pas annoncé de boycottage du scrutin. Mais, une série d'attentats a fait environ 40 morts dès l'ouverture du scrutin. Le chiffre officiel de la participation s'établit à 62,4 %, dont environ 60 % au sein de la minorité sunnite.

    Mais l'Irak reste plongé dans une grande instabilité politique dont profite l'insurrection depuis le scrutin du 07 mars, aucun parti n'ayant remporté les 163 sièges requis pour détenir la majorité au Parlement. Le Premier ministre sortant, Nouri al-Maliki et son rival Iyad Allaoui, se sont rencontrés pour la première fois depuis ce scrutin sans vainqueur net. Le Bloc Irakien (Iraqiya) de l'ancien Premier ministre chiite laïque Allaoui, soutenu par la minorité sunnite, a obtenu 91 sièges, soit deux seulement de plus que l'Alliance pour l'État de Droit (AED) de M. Maliki, dont les efforts pour former une sorte de super-coalition chiite avec l'Alliance nationale Irakienne soutenue par l'Iran achoppent sur le choix du Premier ministre.


    nm_iraq_flag_051215_ssh.1280423935.jpgCette image est copiée de Mea news.net .

    Cette «super-coalition» rassemblant l’AED de M. Maliki et l’Alliance nationale Irakienne, est destinée à priver le Bloc Irakien du pouvoir avec une majorité parlementaire relative de 159 sièges. Dans une tribune publiée dans le Washington Post, Iyad Allaoui a accusé Nouri al-Maliki de défier «la volonté du peuple» en créant la nouvelle alliance pour s’emparer du pouvoir. M.Maliki «refuse de reconnaître sa défaite et le clair désir de changement et de progrès des Irakiens», écrivait-il. Selon une source proche des négociations, Iyad Allaoui pourrait aussi être disposé à accepter la présidence, un poste essentiellement protocolaire, ce qui permettrait à Nouri al-Maliki de conserver la tête du gouvernement. Les partis non majoritaires ont toujours besoin d'alliance pour former une majorité qui au cours du temps s'effrite surtout si elle est ethnique.

    L'apprentissage de la démocratie est donc difficile dans un pays dominés par des rivalités séculaires qui étaient maîtrisées par Saddam Hussein, mais qui ont été avivées par les États-Unis libérant ainsi les passions hégémonique des clans. Dans ce contexte le spectre de la partition refait surface selon géopolitique de l'Irak.

    En réaction aux revers des tactiques «bottom-up», «approche ascendante» et aux blocages politiques au niveau central, des responsables politiques, des chercheurs et des journalistes Américains ont relancé le débat autour du fédéralisme et de la «partition» en Irak. Ces questions avaient été laissées en suspens au moment de la rédaction de la Constitution, en raison des désaccords entre sunnites, Kurdes et chiites.

    Toute perspective de partition fut vivement rejetée par le gouvernement Irakien et la Maison Blanche, qui a toujours soutenu un modèle fédéral conférant des pouvoirs importants à l’appareil d’État central, plutôt qu’aux provinces. Il ne s’agit pas d’un nouveau débat.

     

    Diviser pour mieux régner.

    Au début de l’intervention Américaine en Irak en novembre 2003, Leslie Gelb, ancien expert de l’administration Carter et ancien directeur du Council on Foreign Relations, préconisait la création de trois États en Irak. Il proposait notamment aux chiites du centre du pays d’émigrer en masse vers le sud sous la protection des forces Américaines. Fervent partisan de ce plan, quatre années plus tard, le sénateur démocrate, Joseph Biden, avec Leslie Gelb, ont été à l’initiative d’une résolution non contraignante qui suggérait la création de trois régions distinctes kurde au nord, chiite au sud et sunnite au centre, dans le cadre d’un État fédéral Irakien.

    Cette résolution fut votée par le Sénat Américain, le 26 septembre 2007. Cette option a été présentée aussi par les Kurdes qui bénéficiaient déjà d’une large autonomie par rapport à Bagdad comme l’unique solution politique viable sur le long terme pour mettre fin aux violences intercommunautaires et permettre un retrait des troupes Américaines, sans laisser un trop grand chaos derrière elles.

    Cette option dite de la «partition douce» ou «partition souple» consistait en une fédération ou une confédération, dotée d’un État fédéral réduit à ses fonctions régaliennes minimales, défense nationale, répartition des ressources pétrolières entre les trois régions, et des régions compétentes dans tous les autres domaines afférents à la gestion des affaires intérieures de l’Irak. Comme le souligne à juste titre Joseph Yacoub, politologue spécialiste des religions et des minorités, «ce fédéralisme confine plutôt à une confédération avec des pouvoirs locaux forts dans tous les domaines, qui seraient comme des États dans l’État».

    Or, le fédéralisme, pour qu’il fonctionne, nécessite un niveau de culture démocratique et de capacité de gestion des questions sociales, politiques, économiques, sécuritaires au niveau des gouvernements locaux, qui font aujourd’hui défaut en Irak.

    Le plan fédéral tel qu’il était présenté par Joseph Biden et Leslie Gelb, remettait en cause les principes inscrits dans la Constitution Irakienne qui prévoyaient déjà des mécanismes de décentralisation de responsabilités et de pouvoirs politiques vers les régions d’Irak, fruits des revendications Chiites et Kurdes. Il avalisait le dangereux glissement de la notion de «fédéralisme géographique» selon le modèle des dix-huit gouvernorats, une structure censée garantir qu’aucune des unités composant la fédération ne soit dominée par un groupe ethnique, à celle de «fédéralisme confessionnel» soutenu par les Kurdes qui préconisaient un modèle fédéral hautement décentralisé.

    Face à la déliquescence du pouvoir politique à Bagdad, rongé par la corruption et les luttes d’influence internes, une décentralisation de l’autorité centrale en faveur des régions est déjà en marche, en accord avec les principes de la Constitution Irakienne. Elle prend la forme d’un fédéralisme plus ou moins souple, avec une autonomie grandissante au niveau de la gestion des affaires locales. Sur le terrain, cela se traduit par le contournement de plus en plus systématique de Bagdad par les gouvernements locaux et les provinces qui cherchent à s’autonomiser des lourdeurs bureaucratiques et qui investissent des millions de dollars reçus par le gouvernement central, pour financer des projets de reconstruction régionaux.

    Mais, il existe encore beaucoup d’incertitudes quant à la forme d’organisation de l’État Irakien. En réalité, l’Irak est aujourd’hui confronté à un dilemme hamlétien, (voir le théâtre Irakien ou le dilemme de Hamlet en fin d'article) difficilement surmontable. D’une part, il s’avère impossible de maintenir un Irak stable sous l’autorité d’un État unitaire et centralisé, constitué sur une base communautaire, qui renvoie au régime de Saddam Hussein et fait craindre le retour de la domination d’une communauté sur les autres, c’est le cas actuellement.

    D’autre part, la transition du centralisme du régime de Saddam Hussein à une décentralisation poussée à l’extrême, conduirait à la territorialisation du confessionnalisme et à la partition de facto de l’Irak. Sur le plan interne, les heurts intercommunautaires se perpétueraient, sur le plan régional, la perspective d’une éventuelle partition de l’Irak inquièterait les pays voisins qui y verraient une source permanente d’instabilité qui déborderait largement les frontières Irakiennes. Face à ces incertitudes, les États-Unis «testent» des stratégies de sortie, dont une des clés est le soutien logistique, financier et armé aux tribus sunnites et leurs milices.

    Cette tactique a été progressivement étendue aux villes, dont Bagdad. Certains quartiers connaissent une très légère diminution des violences ces derniers mois, mais parfois au prix de l’érection de hauts murs antibombes entre les quartiers sunnites et chiites, qui défigurent la capitale. Une question très importante reste toutefois en suspens et inquiète au plus haut degré les dirigeants chiites : que vont devenir et surtout, que vont faire ces milliers de sunnites armés et salariés par les Américains, une fois la présence militaire Américaine en Irak diminuée, avec notamment le retrait annoncé de 30.000 hommes au printemps 2008 ?

    Alexandra de Hoop Scheffer, politologue, Sciences Po Paris.


    Quel avenir pour l'Irak ?

    La solution serait un État laïc comme l'avait fait Saddam Hussein mais est-ce encore possible ? La partition ne fonctionnerait pas pour les raisons qui ont été invoquées. Le centralisme non plus puisqu'il ne permettrait pas d'instaurer un modus vivendi entre Chiites, Sunnites et Kurdes. Il est prévisible que le départ des Américains plongera une fois de plus le pays dans le chaos jusqu'à ce qu'une ethnie prenne le pas sur les deux autres.

    Les Américains par cette invasion ont tué ce pays qui restera une plaie pour le monde et un refuge du terrorisme mondial pour encore longtemps.

    On pourrait faire l'analogie entre la disparition de Saddam Hussein avec celle de Josip Broz Tito qui était le dirigeant de l'État socialiste yougoslave avec les titres officiels de premier ministre, puis de président, de la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu'à sa mort en 1980. On comprend aisément eu égard à l'ancienne Yougoslavie que les populations expriment leur désir d'indépendance. Cette Yougoslavie qui était maintenue unitaire par Tito, malgré les difficultés de cohabitation entre les différentes populations, a éclaté, à la suite des guerres en Slovénie, en Croatie, en Bosnie, au Kosovo, en Macédoine et au sud de la Serbie en pays indépendants pour devenir, la Bosnie-Herzégovine, la Croatie, la Macédoine, le Monténégro, la Slovénie, et la Serbie. Or chacun de ces pays avait les capacités de se gouverner, ce qui n'est pas le cas des différentes ethnies composant l'Irak.

    On ne voit donc pas bien l'avenir de ce pays une fois que les Américains seront partis ? Obama en vient à critiquer ouvertement Georges Bush ayant sur les bras aussi l'Afghanistan. Fin août il ne restera plus que 50.000 soldats Américains contre 144.000 lorsqu'Obama a pris ses fonctions. «Un débat vigoureux sur la guerre en Irak s'est produit dans notre pays. Il y a des patriotes qui ont soutenu l'invasion de l'Irak«, «et des patriotes qui s'y sont opposés», a reconnu, en outre, le président Obama. «Mais il n'y a jamais eu de différends entre nous pour soutenir le million d'Américains portant l'uniforme qui ont servi en Irak», a-t-il assuré.

    Ce patriotisme si beau soit-il ne résout aucun problème dès lors qu'il agit contre la volonté des peuples.


    img019.1280520159.jpgPrésentation de l'ouvrage.

    Le théâtre Irakien ou le dilemme de Hamlet.

    Au-delà d'une analogie rapprochant les indécisions du président G.W. Bush de celles du personnage éponyme de Shakespeare, comment expliquer les revirements de la stratégie Américaine en Irak, malgré une réflexion rigoureuse autour du «régime change» depuis les années 1990 ? De Washington à Bagdad, de la doctrine Américaine à sa projection sur le terrain, Alexandra de Hoop Scheffer nous amène au cœur des débats politiques, des contradictions idéologiques et stratégiques de la gestion de l’après-guerre Irakien. Quatre années après le renversement de Saddam Hussein, cet ouvrage de science politique s’impose comme une analyse essentielle sur l’un des plus grands enjeux de la politique étrangère Américaine, lire la suite sur Hamlet en Irak, CNRS Editions, 2007 .

  • Obama et le Proche et Moyen Orient.

    L'ère Bush est terminée, c'est l'ouverture aux pays Arabo-Musulmans.

     

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    Le regard de Plantu.

    Barack Obama était au Caire, en Egypte, ce jeudi 4 juin. Revenant d’Arabie Saoudite, il a discuté avec son homologue Egyptien, Hosni Moubarak, puis s’est adressé au monde arabo-musulman dans un discours très attendu. Véritable appel à tourner la page après la décennie Bush, ce discours revêt une importance capitale pour la région. Le président américain s’est engagé définitivement pour la création d’un État Palestinien et l’arrêt de la «colonisation». Concernant le dossier iranien, sa position d’ouverture risque de tendre un peu plus les relations de son administration avec le gouvernement Netanyahou.

    Obama a parlé aux 1,5 milliards d'Arabos-musulmans, il met ainsi fin à l'ère de 10 années d'hégémonie et de connivence Bush-Israël qui a négligé, voire méprisé une bonne partie de ces peuples dont les Palestiniens. On comprenait que Bush combatte le terrorisme à la suite des attentats du 11 septembre 2001 commis par le réseau terroriste Al-Qaida, mais ne pas comprendre la souffrance des Palestiniens qui ne sont en aucune mesure responsables de ces attentats n'est pas digne d'un président de la plus grande puissance mondiale. Mais Barack Obama a reconnu que la peur et la colère nous ont parfois conduits à agir contre nos principes en précisant qu'il avait pris des mesures pour mettre fin à la torture et fermer le camp Américain de Guantanamo.

    Obama jette les bases de sa politique proche-orientale,

    Au Caire, Obama jette les bases de sa politique proche-orientale
    LEMONDE.FR | 04.06.09

    © Le Monde.fr

    Barack Obama est allé proposer un nouveau départ basé sur un intérêt commun et de respect mutuel. «L'Amérique et l'Islam ne doivent pas s'exclure, ne doivent pas être en compétition» Il a salué d'un «Salaam Alikoum» son auditoire dans la première partie de son discours mettant en exergue ses origines. Il a déclaré «beaucoup a été fait lorsqu’un Afro-américain portant le nom de Barack Hussein Obama a été élu président. Cependant, mon histoire personnelle n’est pas si extraordinaire».

    Les liens forts de l'Amérique avec Israël sont bien connus, ils sont inébranlables, mais il a proposé une solution à deux États et demandé à Israël l'arrêt des colonisations en déclarant que les États-Unis n'acceptaient pas la légitimité de la poursuite de cette colonisation notamment en évoquant la crise humanitaire et les humiliations quotidiennes qui sévissent à Gaza qui sont une source de conflits permanent. «Beaucoup attendent dans des camps de réfugiés en Cisjordanie, à Gaza et dans les pays voisins pour une vie de paix et de sécurité qu'ils n'ont jamais pu mener».

    Comment ne pas comprendre qu'un peuple oppressé qui a son territoire occupé, morcelé, puisse accepter longtemps encore ce fait sans mener des actions de résistance que d'aucuns qualifient de terrorisme alors que ce n'est que la guerre du pauvre pour son existence. Demander en outre que les Palestiniens reconnaisse l'État d'Israël dans sa conduite hégémonique, serait reconnaître la légitimité de l'injustice. Les Palestiniens ne sont en rien coupables de l'irresponsabilité du monde occidental sur la Shoah qui leur a imposé cet Etat et l'a armé pour la domination de ce peuple, impossible.

    La tranquillité d'Israël passe évidemment par la paix avec la création d'un État Palestinien entier sur la terre de leurs ancêtres la Palestine.

    Le discours d'Obama à l'université du Caire a été reçu 5/5 par le président de l'autorité Palestinienne Mahmoud Abbas. «Son appel à l'arrêt de la colonisation et à la création d'un État Palestinien ainsi que les propos sur les souffrances des Palestiniens avec Jérusalem pour capitale est le fondement d'une paix juste», a-t-il déclaré. Mais il n'a proposé aucune solution nouvelle pour résoudre ce conflit qui à terme ne peut que conduire à une guerre quand les Palestiniens seront assez puissants pour reprendre à Israël les terres colonisées injustement.

    En Israël le gouvernement n'a pas réagit aussitôt, le Premier ministre Benyamin Netanyahou convoquant au préalable ses ministres pour analyser collectivement le discours du président américain. A l’issue de la réunion, un communiqué officiel est venu exprimer le vœu que «l'important discours du président Barack Obama au Caire [ouvre] une nouvelle ère de réconciliation entre le monde arabo-musulman et l'Etat hébreu», ajoutant toutefois «Israël est engagé dans le processus de paix et il contribuera à l'élargissement du cercle des pays qui voudront vivre en paix avec lui, tout en prenant en considération ses intérêts, notamment dans le domaine de la sécurité». Israël rappelle au président américain que la main tendue au monde musulman ne doit pas être fermée à l’Etat hébreu, soucieux de sa sécurité.

    En fait c'est une fin de non recevoir comment les Palestiniens peuvent vivre en paix avec un pays qui occupe son territoire ?

    Le Hamas n’a pas réagi immédiatement après le discours de Barack Obama. Finalement, le gouvernement du Hamas dans la bande de Gaza a reconnu «un changement tangible» dans le discours du président Américain, en prenant le soin de déplorer également «des contradictions». Le porte-parole du Hamas a ainsi déclaré, «une des contradictions réside dans le fait que le président a affirmé que le Hamas était soutenu par le peuple Palestinien mais il n'a pas appelé au respect de la légitimité du Hamas qui a été démocratiquement élu».Le député Hamas Mahmoud Ramahi a de même déclaré trouver «beaucoup de points positifs» dans le discours de Barack Obama, ajoutant «il y a une différence entre la Barack Obama politique et celle de George W. Bush». Toutefois, «le problème est toujours sur le terrain», a-t-il indiqué.

    Sans surprise, Al-Qaïda, directement visée par cette tentative de réconcilier le monde Occidental et l’Islam, a tenu les propos les plus durs à l’encontre de Barack Obama. Le dirigeant de l’organisation djihadiste Oussama Ben Laden a pour l’occasion refait surface, par un enregistrement audio, dans lequel il appelle les musulmans à se «préparer pour une longue guerre contre les infidèles du monde entier et leurs agents». Oussama Ben Laden a par ailleurs estimé que Barack Obama marchait dans les pas de son prédécesseur George W. Bush.

    Le Hezbollah chiite libanais a de son côté critiqué un discours qui ne présente «aucun changement réel» dans la politique régionale des Etats-Unis.

    La République Islamique d’Iran a quant à elle rapidement minimisé l’importance de ce discours, dans une allocution du premier dirigeant du régime, le Guide Suprême de la révolution islamique, Ali Khamenei. «C’est par la pratique que des changements devraient être faits, et non pas en faisant de jolis discours à l’adresse du monde musulman», a ainsi déclaré l’ayatollah Khamenei.

    Parmi les réactions les plus enthousiastes, l’Union européenne a rendu hommage à «un discours remarquable, qui va sans doute ouvrir une nouvelle page dans les relations avec le monde arabo-musulman», par la bouche de son Haut représentant pour la politique extérieure, Javier Solana. Le Secrétaire général de l’Onu Ban Ki-moon a salué de son côté dans le discours du président américain «l’occasion d’écrire un nouveau chapitre» dans les relations entre les Etats-Unis et le monde musulman.

    De fait, les réserves au discours de Barack Obama émanent précisément des acteurs des conflits entre le monde musulman et «l’Occident». A défaut de pouvoir explicitement rejeter un discours de paix et de réconciliation, ces acteurs soulignent leurs craintes, face à une politique américaine aux contours encore incertains. Il est évident que Barack Obama est pris entre plusieurs feux, d'une part dans son propre pays ou la communauté Juive est forte et influente soutenant sans restriction l'action d'Israël, d'autres part l'hostilité de certains pays Arabes aux Palestiniens surtout de tendance Islamiste, et puis au refus Israélien de deux États n'ayant pas de leviers suffisants pour faire infléchir cette politique, et son désir d'éviter une course aux armements nucléaires au Proche-Orient conduisant cette région sur une voie dangereuse. Si l'on ajoute à cela son désir de désengagement en Irak en laissant les mains libres aux Irakiens, ainsi que celui de ne pas perdre la face en Afghanistan ou l'aviation Américaine reconnait les erreurs des bombardements de son armée et de déclarer,

    «ne vous y trompez pas, nous ne voulons pas maintenir nos troupes en Afghanistan. Nous cherchons à n'y avoir aucune base militaire», a-t-il déclaré.

    C'est donc de la corde raide qu'il doit faire pour ne pas envenimer les conflits potentiels entre les États. Il est évident qu'il est plus aisé de faire la guerre que la paix car elle implique le consentement mutuel et la reconnaissance par les peuples de vouloir vivre ensembles

    Le discours d'Obama au monde musulman du Caire :

    "A New Beginning" The President gives a speech in Cairo, Egypt, outlining his personal commitment to engagement with the Muslim world, based upon mutual interests and mutual respect, and discusses.


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