Avertir le modérateur

liban - Page 3

  • Le Liban, suite 3,

    un petit territoire mais une grande histoire.


    636px-churchmosque.1281805171.jpg

    Beyrouth, Église Saint Georges st Mosquée Mohammad Al Amine.


    Quelques éléments sur les croyances Islamiques.

     

    Mahomet

    mohammed_receiving_revelation_from_the_angel_gabriel.1281887036.jpgMahomet recevant le Coran de Gabriel Tiré du Jami' al-Tawarikh (Histoire du Monde) de Rashid al-Din , Tabriz, Perse, 1307.

    Mahomet le fondateur de l'islam, est un chef religieux, politique et militaire arabe, né à La Mecque en 570 et mort à Médine en 632. Les musulmans le considèrent comme le dernier des prophètes du monothéisme , seul et unique Dieu, au sens où il termine et scelle le cycle de la révélation monothéique abrahamique. Ses biographies rapportent qu'il récitait à ses premiers compagnons (sahabas) les versets du Coran qu'il présentait comme la parole même de Dieu (Allah en arabe), transmise à lui par l'archange Gabriel. Le Coran aurait été compilé après la mort de Mahomet, à partir de transcriptions sur des supports divers, par ses disciples, il est la première source de législation de l'Islam. Par ailleurs, certaines de ses actions et de ses paroles forment la sunna qui est la seconde source à la base du droit musulman. La troisième source de législation est l'unanimité, «al ijmaa». Cela en se référant à une citation de Mahomet qui dit que les musulmans ne font pas l'unanimité sur quelque chose de faux. La quatrième source est l'analogie, «al-qiyâs» (القياس, littéralement « la mesure ») qui permet de tirer le jugement d'une chose pour laquelle il n'y a pas de législation à partir du jugement d'une chose analogue. Il est à noter que certaines de ces sources de législation ont été mises en œuvre après la mort de Mahomet et sont considérées comme illicites (haram) par d'autres groupes de l'islam organisés en rite ou madhhab. La fondation de l'islam et de la culture islamique en font un personnage historique de première importance.


    Le Sunnisme ,

    Il n'y a pas de clergé dans le Sunnisme. L'Imam n'est pas un prêtre mais bien un membre de la communauté musulmane qui conduit la prière, il est «celui qui se met devant pour guider la prière» et n'est pas forcément un théologien, en arabe l'Imam veut dire «chef» ou «guide», et dans le Sunnisme, il suffit que le chef soit musulman, sage, connaissant les piliers de l'islam et ait appris une grande partie du Coran par cœur pour être à la tête d'une communauté, d'un État. Le muezzin, celui qui fait l'appel à la prière, n'est pas un prêtre non plus.

    Le Sunnisme est le courant religieux majoritaire de l'Islam, il représente 75 à 80 % des musulmans. Il fait parti des communautés musulmanes avec les Chiites et les Druzes. Le Sunnisme se définit en particulier par la reconnaissance de la légitimité des quatre premiers califes élu ou nommés par leurs partisans, Abou-Bakr , Omar , Othman , et Ali .

    Ce qui distingue les courants de l'islam ce sont principalement les sources utilisées pour écrire le droit musulman. Les Sunnites s'accordent sur quatre sources de référence principales, le Coran, livre révélé au prophète de l'islam Mahomet. Puis, pour les cas non directement évoqués dans le Coran, les Sunnites utilisent en priorité ses actes, puis le consensus des jurisconsultes musulmans, puis finalement la déduction juridique, «al-qiyâs», du jurisconsulte à condition qu'elle ne contredise pas les trois références précédentes.

    Le mot sunnite dérive de sunna qui représente la ligne de conduite de Mahomet. Ses actes ont donc valeur de loi.

    Le Sunnisme se subdivise ensuite en écoles de droit ou madhhab, ayant toutes les mêmes croyances. Les quatre principales écoles étant le malékisme , le hanafisme , le chaféisme et le hanbalisme , dont une manifestation récente est le wahhabisme et le salafisme. Au Liban, c'est le rite hanafite qui est appliqué par les Sunnites.

    Le hanafisme est la plus ancienne des quatre écoles sunnites. Elle est basée sur l'enseignement de Abû Hanîfa Al-Nu'man Ibn Thabit, 699-767, (et de ses suivants), théologien et législateur qui vécut à Koufa en Irak. Le madhhab hanafi est assez représentatif des musulmans non arabophones. L'école hanafite est la principale école de l'islam depuis l'époque de la dynastie des Omeyyades (661-750). Elle est particulièrement répandue en Turquie, où l’Empire ottoman l'officialisa, la majorité des Turcs sont hanafis, dans les régions asiatiques à l'est de l'Iran, Chine, Afghanistan, Tadjikistan, Pakistan, Inde, Bengale, Bangladesh, mais aussi en Jordanie, en Syrie, en Irak en Égypte. Elle conserve un reste d'influence dans des régions dominées par l'Empire ottoman, comme la Bosnie, et dans une moindre mesure en Tunisie et en Algérie.

    L'islam gagna ainsi le Liban, à l'époque Jabal Loubnan (pas de référence), au VIIIe siècle. Ce furent alors surtout des chiites qui dominèrent après plusieurs guerres religieuses à cette époque, alors que les Sunnites n'arrivèrent qu'avec la conquête Ottomane au XVIe siècle, et s'installèrent dans certaines villes de la côte Libanaise en amenant avec eux les habitudes Ottomanes comme la Shisha, les douceurs et le café turc.

    C'est donc l'invasion Ottomane qui apporta le rite hanafite qui est appliqué aux Sunnites au Liban.

    À noter qu'il n'y a jamais eu de changement au sein de la religion chrétienne au Liban, les chrétiens gardant leurs prérogatives jusqu'à nos jours.

    L'hanafisme est l'école la plus ouverte au niveau des déductions, car elle insiste sur la liberté d'opinion, le jugement personnel, et la recherche de la meilleure solution, au cas par cas, en fonction des convenances du moment et de l'équité. Il existe donc, du moins à l'origine, une certaine marge de manœuvre interprétative. Le rite insiste sur l'importance des textes et de la tradition.


    Le tribunal spécial pour le Liban.

    Le 13 décembre 2005, le Gouvernement de la République Libanaise a demandé à l’Organisation des Nations Unies de créer un tribunal à caractère international chargé de juger les auteurs de l’attentat à la bombe qui, le 14 février 2005, a coûté la vie à de l'ancien premier ministre Rafic Hariri et à 22 autres personnes. Conformément aux dispositions de la résolution 1664, 2006, du Conseil de sécurité, l’Organisation des Nations Unies et la République Libanaise ont négocié un accord visant la création d'un Tribunal spécial pour le Liban. Comme suite à la résolution 1757 , 2007, du Conseil de sécurité du 30 mai, les dispositions du document figurant en annexe à celle-ci, y compris sa pièce jointe, relatives à la création et au Statut du Tribunal spécial pour le Liban, sont entrées en vigueur le 10 juin 2007.

    Le mandat du Tribunal spécial pour le Liban est de poursuivre les personnes responsables de l’attentat du 14 février 2005 qui a entraîné la mort et fait des blessés lors de l'attentat de l’ancien Premier Ministre Libanais Rafic Hariri. La compétence du Tribunal pourrait s’élargir au-delà de l’attentat du 14 février 2005 s’il estime que d’autres attentats terroristes survenus au Liban entre le 1er octobre 2004 et le 12 décembre 2005 ont, conformément aux principes de la justice pénale, un lien avec l’attentat du 14 février 2005 et sont de nature et de gravité similaires. Ce lien peut être, sans s’y limiter, une combinaison des éléments suivants, le mobile de l’intention criminelle, le but recherché, la qualité des personnes visées, le mode opératoire et les auteurs. Les crimes qui se sont produits après le 12 décembre 2005 peuvent relever de la compétence du Tribunal en application des mêmes critères si le Gouvernement de la République Libanaise et l’Organisation des Nations Unies en décident ainsi, avec l’assentiment du Conseil de sécurité. Le Liban suite 8 précise les statuts et les règles d'impartialité, d'indépendance et d'équité et la politique de ce tribunal.


    Géopolitique du Moyen Orient , suite,

    Le Liban, banc d’essai de la théorie de la désorientation informative et de la dissension sociale par réné Naba du blog renenaba.com.

    Le Tribunal spécial sur le Liban à l’épreuve de la guerre de l’ombre (Partie 2/3).

    detlev-mehlis.1281883622.jpg

    Le Tribunal spécial sur le Liban, une parodie de justice, un vaudeville tragique.


    Les Libanais «des analphabètes secondaires».

    La neutralisation de cet important lot d’agents pro-israéliens, dont un officier supérieur en charge de la lutte antiterroriste au sein du renseignement militaire Libanais, le général Fayez Karam, fait gravissime, proche collaborateur du général Michel Aoun, principal allié chrétien du Hezbollah, témoigne du degré d’infiltration d’Israël dans l’appareil Libanais. Il révèle, par contre coup, la porosité de la société Libanaise et sa vulnérabilité.

    Une société pourtant l’une des plus rebelles du monde arabe, mais, paradoxalement, la plus affligée par le phénomène de désorientation informative, la plus affectée par la théorie de la dissension sociale.

    Théâtre de la première et de la plus longue guerre civile urbaine de l’époque contemporaine, le terrain y est davantage propice aux manipulations du fait de la division ethnico communautaire du pays, l’institutionnalisation du confessionnalisme en tant que mode de gouvernement, et du communautarisme en tant qu’horizon indépassable de la société. Ce phénomène s’est amplifié du fait de la guerre intestine par l’effondrement des structures familiales et la recomposition des alliances claniques, donnant lieu à une prolifération de groupuscules se proposant de développer des solidarités parallèles en marge des réseaux habituels. Un phénomène accentué par un vigoureux prosélytisme religieux d’origine anglo-saxonne, particulièrement au sein des couches paupérisées de la population, ainsi que par la cupidité à tout crin d’une fraction du patronat Libanais mû par un capitalisme cosmopolite apatride.

    Pionnier d’un journalisme pluraliste, voire quasi anarchique, le Liban comptait déjà, à son indépendance en 1943, 132 publications dont 17 quotidiens et 15 revues hebdomadaires pour une population de 1,5 millions d’habitants et une superficie de 10.400 km2, record mondial absolu pour la densité démographique per capita, alors que la presse du Golfe était encore à ses premiers balbutiements et que l’analphabétisme était le lot général d’une grande fraction de l’ensemble arabe. Vingt ans plus tard, à la faveur de la guerre civile (1975-1990), sous l’impulsion des factions combattantes, le Liban se flattait de disposer d’une cinquantaine de télévisons privées et de plus de cent cinquante stations radio, faisant du pays par rapport à sa population de quatre millions d’habitants, la plus forte concentration médiatique du Moyen orient et sans doute du tiers monde.

    Véritables rhéteurs de la géostratégie mondiale, non sans quelque prétention parfois, davantage portés sur la casuistique que sur la dialectique, Byzance et sa querelle sur le sexe des anges est à portée de vol de Beyrouth, les Libanais, sont en fait, dans le domaine de l’information, au-delà des apparences, les victimes privilégiées d’un processus de désinformation par la surinformation, de véritables «analphabètes secondaires», un phénomène qui se traduit par une perte de repères, un état propice à toutes les manipulations, propices à tous les emballements qui expliquerait cette disponibilité Libanaise à la sous traitance des guerres pour le compte d’autrui.

    images.1281884953.jpgPeter Galbraith.

    Plus connue dans le langage journalistique sous le nom de «théorie du combat des chiens», la théorie de la dissension sociale, corollaire de la désinformation, consiste à exacerber les antagonismes sociaux et à susciter la guerre civile entre communautés en vue de faire diversion sur un conflit majeur ou de préparer la partition du pays. Expérimentée au Liban, lieu de préfiguration des guerres d’épuration ethnique de l’ère post soviétique, cette théorie a été mise en œuvre avec succès dans l’ancienne Fédération de Yougoslavie, en Irak et en Afghanistan par Peter Galbraith, fils de l’économiste John Kenneth Galbraith, ancien interface pour le compte de la CIA de Benazir Bhutto, ancien premier ministre du Pakistan, assassinée en 2007.

    La suite portera sur la «révolution des cassettes»

  • Le Liban, suite 2,

    un petit territoire mais une grande histoire.


    beyrouth-le-centre-ville-800px-p4270031.1281768056.JPG

    Beyrouth, le centre ville.


    Les Maronites au Liban.


    saint-maron-150px-maroun04.1281770846.jpgLa communauté s'est probablement formée au Vème siècle dans la région d'Antioche, autour de l'anachorète Maron, qui deviendra son saint patron (l'anachorète est celui qui appartient à un peuple chrétien oriental catholique de rite Syrien constituant une des églises uniates implantées en Syrie et au Liban). Les fidèles de Maron fondent leurs premiers monastères dans la vallée de l'Oronte, dont le plus connu est le couvent de Saint Maron (Dayr Maroun). Les historiens admettent aujourd'hui que l'origine de la communauté «est liée à la tentative de l'empereur Héraclius (610-641) de rassembler les Chrétiens autour de la doctrine du monothélisme» en soulignant que les grandes Églises du Proche-Orient sont nées des querelles christologiques du Vème siècle. Ce serait à la fin du VIIème siècle que la communauté maronite se constitue en Église indépendante de Byzance. Le premier patriarche, Saint Jean Maron mort en 707, est installé dans la vallée de l'Oronte où il construisit un sanctuaire et un couvent dédiés à l'ermite Saint-Maron et il y déposa le crâne du Saint artisan miraculeux de guérison de malades.

    Saint-Maron est né au IVème siècle et est mort en 410, il était prêtre. Devenu ermite, il se retira près de la ville de Cyr sur le mont Taurus, dans la région d'Antioche. Le couvent de Saint-Maron devint rapidement un centre spirituel pour les chrétiens locaux. Saint Jean Maron est considéré comme le père du mouvement spirituel et monastique appelé maintenant Église maronite, une église chrétienne importante en Syrie et au Liban. Il a passé toute sa vie sur une montagne dans la région de Cyrrhus en Syrie. Cet endroit pourrait être celui du village avoisinant connu sous le nom de Kefar-Nabo au mont Al-Yambos.

    Le mouvement maronite a atteint le Liban quand Abraham de Cyrrhus, le premier disciple de Saint Jean Maron, s'est rendu au Liban où il a établi une mission pour convertir les païens d'origine phénicienne. Les disciples de Saint Jean Maron, les moines et les laïques, sont toujours restés fidèles aux enseignements catholiques. Ils forment une communauté chrétienne appartenant au rite oriental de Syrie et du Liban. Cette communauté a conservé la liturgie syriaque et elle fait partie de l’une des Églises uniates, elle reconnaît toutefois le pape de l’Église catholique romaine. Les Maronites vivent surtout au Liban et en Syrie, mais il existe d'autres petits groupes Maronites à Chypre, en Palestine, en Australie et aux États-Unis. Leur population est estimée à environ 3.500.000 dans le monde en 2005 dont 1.250.000 au Liban.

    L'église maronite est une des Églises catholiques orientales. Le chef de l'Église porte le titre de Patriarche maronite d'Antioche et de tout l'Orient. Il a sa résidence à Bkerké au Liban. Le titulaire actuel est le cardinal Mar Nasrallah Boutros Sfeir. Le titre «Mar» veut dire «Monsieur» en araméen. Dans la tradition Maronite ce titre est également donné aux saints. Les patriarches Maronites portent toujours le nom «Boutros» en second prénom, en référence à Pierre, fondateur de l'Église d'Antioche.

    L’Église maronite accepta le concile de Chalcédoine qui a eu lieu en 451, et fut même persécutée pour cela au VIème siècle. Elle n’est donc pas une Église monophysite. Monophysique est une doctrine christologique apparue au Vème siécle dans l'empire Byzantin en réaction au nestorianisme et ardemment défendue par Eutychès et Dioscore 1er d'Alexandrie. Elle relève de la tradition antiochienne d’expression syriaque. Au VIIe siècle, l’invasion musulmane contraignit les patriarches chalcédoniens d’Antioche à l’exil. De 702 à 742, il n’y eut plus de patriarche du tout. C’est au cours de cette période troublée que l’Église maronite se constitue en patriarcat par le premier d'entre eux Saint Jean Maron. Chassés de Syrie par les persécutions au IXème siècle, les Maronites s’installèrent principalement au Liban où ils vécurent en Église autonome. Au temps des croisades, les relations de l’Église maronite avec Rome s’intensifièrent. Elle professa ouvertement sa soumission au pape au XIIème siècle.

    Aujourd’hui l’Église maronite compte 23 diocèses et deux vicariats au Liban, en Syrie mais aussi dans le monde entier comme en Argentine ou en Australie.


    Géopolitique du Moyen Orient , Le Liban une passoire par René Nabla du blog renenaba.com.

    Le Tribunal spécial sur le Liban à l’épreuve de la guerre de l’ombre (partie 1/3), fin.


    Le paradis Libanais, une fournaise.

    Mais le paradis Libanais tant vanté par les maquettes publicitaires de luxe s’est révélé être une fournaise. A l’ombre de la dolce vita et du farniente de la riviera Libanaise, longtemps à la botte des États arabes, toujours à la remorque des occidentaux, constamment en quête de reconnaissance internationale, les Palestiniens paieront un lourd tribut à leur débordement de type mafieux, à leur laxisme contre révolutionnaire. Un maillon important de la chaîne de commandement en fera les frais, dont les principaux responsables politiques et militaires, que cela soit au Liban même ou à Tunis, leur troisième lieu d’exil. Au Liban avec l’assassinat de Kamal Nasser poète et homme politique palestinien, porte parole officiel de l’OLP, Mohamed Abou Youssef al-Najjar, le ministre de l’intérieur de la centrale Palestinienne, Kamal Adouane, le responsable des formations de jeunesse, tué lors d’un raid Israélien en avril 1973, et le play boy Ali Hassan Salameh tué en 1948, chargé de la protection rapprochée de Yasser Arafat. A Tunis, avec l’assassinat des successeurs présumés du chef Palestinien, Khalil al-Wazir, alias Abou Jihad al-Masri , commandant en chef adjoint et ordonnateur de l’Intifada en Cisjordanie, et, Salah Khalaf, l'un des fondateurs du Fatah, alias Abou Iyad , responsable de l’appareil de sécurité. La décapitation des chefs charismatiques de la guérilla Palestinienne privera le combat Palestinien d’une direction révolutionnaire, déblayant la voie à la promotion de bureaucrates aux postes de commandement dont Mahmoud Abbas en constitue le parfait représentant, de la même manière que l‘incarcération des deux figures emblématiques de la résistance de l’intérieur, Marwane Barghouti, Fatah, en prison en haute sécurité Israélienne et condamné à perpétuité, et Ahmad Saadate, FPLP, dégagera le terrain à la propulsion de deux cerbères affectés à la sécurité d’Israël, Mohammed Dahlan et Djibril Rajoub, dont le goût prononcé pour le luxe leur sera fatal.

    La donne changera avec la relève chiite, et, en dépit de la disproportion des forces, le combat parait moins inégal. Certes le Hezbollah a dû pâtir de sérieux coups de butoir tant des Israéliens que des occidentaux, mais le décompte au terme de trois décennies ne lui apparaît pas totalement aussi défavorable que la supériorité technologique du camp adverse et son impunité n’auraient pu le suggérer. Deux des prestigieux chefs du Hezbollah, Abbas Moussawi, premier chef du Hezbollah, et surtout Imad Moughnyah, le bâtisseur de sa branche militaire, ont certes été éliminés par assassinat, et le chef dignitaire religieux chiite, Cheikh Mohamad Hassein Fadlallah, objet d’un attentant manqué ourdi par la CIA avec des fonds pétromonarchiques. Mais, stoïc dans l’adversité, sa riposte a été à la hauteur de ses pertes.

    Véritable prise de guerre, l’occupation de l’ambassade Américaine à Téhéran, en 1980, a permis la mainmise sur un important lot de documents confidentiels, détaillant l’architecture du réseau du renseignement Américain au Moyen orient et la liste des émargements. La décapitation de l’Etat major de la CIA pour le Moyen-Orient, une trentaine de personnes, lors de l’attentat contre le siège de l’ambassade Américaine à Beyrouth, en 1983, de même que le dynamitage du PC des marines, 214 tués, en même temps que le PC Français, le Drakkar, en octobre 1983, constitueront de sérieux revers pour le renseignement occidental, accentué par la prise en otage, le 16 mars 1984, de William Buckley officiellement diplomate Américain à Beyrouth, en fait un des animateurs de l’antenne de la CIA au Moyen-Orient, mort en 1985 en captivité, après avoir, semble-t-il, fourni des précieuses indications à ses tortionnaires. Sans compter le retentissant scandale de l’Irangate, la vente prohibée d’armes Américaines à l’Iran, le scandale de la décennie 1980, allumé par une mèche à lente combustion depuis Beyrouth, pour finir par carboniser l’administration républicaine du président Ronald Reagan.

    En trente ans, la guerre de l’ombre a été ponctuée de raids de commandos héliportés Israélien sur Beyrouth et sur le Sud Liban et de spectaculaires opérations. L’enlèvement de deux responsables chiites, Cheikh Karim Obeid, 1989, et Moustapha Dirani, 1994, et le contre enlèvement d’un colonel Israélien du cadre de réserve Hannane Tannebaum, 2000, en témoignent. De non moins spectaculaires échanges de prisonniers aussi, une dizaine au total, permettant la libération de près de sept mille prisonniers Palestiniens et Arabes, en contrepartie de la restitution de dépouilles de militaires Israéliens et d’espions, sans toutefois que ces gestes de conciliation n’affectent l’intensité du combat.

    Beyrouth est un vaste cimetière de traîtres, mais ce bilan macabre n’a apparemment pas découragé les vocations tant cette activité périlleuse s’est révélée lucrative, à en juger par le récent coup de filet anti Israélien réalisé par les services de sécurité Libanais. Du gros gibier, un général, deux colonels, trois cadres supérieurs occupant des fonctions névralgiques au sein d‘une entreprise stratégique de communications, un président sunnite d’un conseil municipal, proche du premier ministre Saad Hariri, le frère d’un garde de corps d’un dirigeant du mouvement chiite Amal. Tous à des postes sensibles. Soixante dix arrestations, 25 inculpations pour espionnage au profit d’Israël, un chiffre sans précédent, infligeant au renseignement Israélien l’un des plus importants revers de son histoire.

    L’élément déclencheur de cette contre offensive Libanaise aura été l’assassinat en février 2008 à Damas d’Imad Moughnyah, le cauchemar de l’Occident pendant un quart de siècle, qui conduisit cette organisation clandestine et opaque à opérer un travail de contre espionnage en profondeur pour finir par démasquer les pisteurs, deux frères sunnites, originaires de la bourgade d’al-Marj, dans la vallée de la Bekaa, Ali et Youssouf Jarrah, en possession du matériel photographique et vidéo, d’un système GPS dissimulé dans leur véhicule fréquemment garé au poste frontière de Masnaa, sur la route entre Beyrouth et Damas, en vue de pointer les responsables du Hezbollah empruntant le passage vers la Syrie. Opérant depuis vingt ans pour le compte des Israéliens, Ali al-Jarrah était même muni d’un passeport Israélien, pour ses déplacements, via Chypre, en Israël.

    Au niveau chrétien, six acteurs majeurs ont été arrêtés, le général Adib Semaan al-Alam, un ancien de la sûreté nationale, un poste où il avait aussi accès au département des passeports, source d’information capitale. Recruté par les services Israéliens en 1994, il aurait loué pour le compte des Israéliens des abonnements à lignes de téléphonie cellulaire. Ses employeurs l’auraient convaincu de prendre sa retraite pour monter une agence de recrutement de domestiques asiatiques «Douglas office», qu’il utilisait comme taupes auprès de leurs employeurs, membres de la bourgeoisie Libanaise. Grâce à cette couverture, Adib al-Alam aurait fourni des informations sur le Hezbollah et sur les mouvements internes de l’armée Libanaise. Un deuxième officier chrétien inculpé est un beau frère d’un officier de l’armée dissidente Libanaise du général Antoine Lahad, les supplétifs de l’armée Israélienne au sud Liban. Convaincu de collaboration avec Israël, le colonel Mansour Diab, était directeur de l’Ecole des forces spéciales des commandos de marine, un poste qui lui a permis de superviser les opérations d’exfiltration d’agents et de transbordement de matériels d’espionnage. L’un des héros de la prise d’assaut du camp de réfugiés Palestiniens de Nahr el-Bared, l’été 2007, blessé à l’épaule lors de l’attaque, il aurait été recruté par le Mossad pendant ses stages aux États-Unis.

    Trois autres Libanais employés d’une société de téléphonie cellulaire, la société Alpha, exerçant des fonctions sensibles au sein d‘une entreprise stratégique de communications, ont été inculpés pour «intelligence avec l’ennemi». Précisément pour avoir connecté le réseau de la téléphonie mobile de leur firme au réseau des services de renseignement Israéliens, leur répercutant l’ensemble du répertoire de leurs abonnés, de leurs coordonnées personnelles et professionnelles y compris les coordonnées bancaires. Tareq Raba, ingénieur des télécommunications, et son subordonné hiérarchique, Charbel Qazzi, auraient fourni à leur commanditaires le code d’accès des abonnés avec possibilité de permuter les numéros de téléphone en vue de brouiller l’origine d’un appel et son destinataire. Le chef du réseau, Tareq Raba, en poste depuis 1996, a été recruté par le Mossad en 2001 et percevait pour prix de sa trahison 10 000 dollars par mois. Le 5ème chrétien, Joseph Sader, est un employé à l’aéroport de Beyrouth, qui a admis être en charge du repérage des émissaires et diplomates du Moyen-Orient transitant par l’aéroport de la capitale libanaise.

    Au niveau sunnite, un officier supérieur a été inculpé, originaire du Akkar, district montagneux au nord du Liban, le colonel Shahid Toumiyeh, frère de cinq officiers en service dans l’armée et la gendarmerie Libanaise. Il a été arrêté en sa possession de plusieurs centaines de documents ultra secrets de l’armée Libanaise. Toujours au niveau sunnite, un proche de Saad Hariri, Zyad Ahmad Hosni, président du Conseil municipal d’une localité de la Bekaa, était chargé de pister les déplacements des dignitaires du Hezbollah dans la zone frontalière Libano-syrienne et d’obtenir un rendez vous avec Hassan Nasrallah, voire à la suite 7, le chef du mouvement chiite, en vue de son assassinat à distance.

    Au niveau chiite, quatre prises consistantes, Ali Hussein Mintash, frère d’un garde de corps d’un dirigeant du mouvement chiite Amal, chargé du repérage des sites de lancement des missiles, le deuxième, un représentant en pharmacie, Jaoudat Salmane al Hakim, revendique un bilan particulièrement lourd puis qu’il a participé à l’assassinat de trois responsables du Hezbollah, Ghaleb Awad, dans la banlieue sud de Beyrouth, en 2004, et les frères Majzoub, à Saida, en 2006. Toujours au niveau chiite, un garagiste de Nabatiyeh, ville chiite du Sud Liban, Marwan Fakir, un concessionnaire automobile du Hezbollah, aurait utilisé ses talents pour installer des dispositifs de localisation sur des voitures du parti. Un quatrième chiite, Nasser Nader, est suspecté d’avoir organisé la surveillance du quartier de Dahieh, le bastion du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth, dévasté par des bombardements Israélien d’une grande précision en 2006.

    La découverte de ce réseau serait le fruit d’un événement fortuit, un puissant logiciel confié par les Occidentaux à la sécurité Libanaise pour détecter les anomalies des communications cellulaires dans l’enquête sur l’assassinat de Rafic Hariri, un logiciel capable d’analyser des dizaines de milliers d’appels téléphoniques et d’en déceler les anomalies. Comme, par exemple, des téléphones portables qui ne s’activent qu’à certains moments. Ou qui ne communiquent qu’avec un ou deux numéros. Le responsable de ce programme, un brillant officier spécialiste des systèmes informatiques, le capitaine Wissam Eid , devenu sans doute encombrant par ses découvertes, a été pulvérisé, le 25 janvier 2008, par un attentat à la voiture piégée.

    Plus grave, un des fournisseurs d’accès internet au Liban était alimenté par une société Israélienne, la branche régionale de la société anglo Italienne Tiscali, via son relais de Chypre, relié par une antenne pirate sur le Mont Barouk au Liban, une antenne pirate greffée sur l’antenne de la chaîne de télévision MTV, propriété de Gabriel Murr, frère du ministre de la défense Elias el Murr. Pis encore, une des antennes placées au Sud Liban, dans la bourgade de Safarieh, proche de Saida, était dirigée vers la zone frontalière Libano-israélienne, zone de déploiement de la Finul, avec un réseau disposant d’une capacité de captation de la totalité de la messagerie électronique des «Casques bleus» de l’ONU.

    Toutes les communautés Libanaises sont représentées, chrétiens, sunnites, chiites, originaires du Sud Liban, de la Bekaa ou de Beyrouth. Toutes ont fourni des agents, soit pour glaner des informations, soit pour préparer des dossiers d’objectif ou organiser la filature des dirigeants du Hezbollah. Certains travaillaient pour Israël depuis les années 1980, recrutés pour des motifs variés, financiers, idéologiques ou psychologiques, voire même pour des cas de chantages sexuels ou d’addiction à la drogue. Une quarantaine de suspects ont été placés en détention, une trentaine d’autres sont toujours recherchés par les autorités Libanaises. Certains ont réussi à fuir, prenant l’avion vers une destination inconnue, d’autres ont franchi la frontière entre les deux pays, toujours techniquement en guerre depuis 1949.

    Ce bilan ne tient pas compte des avatars tel celui de l’agent Franco-afghan Karim Pakzad , représentant du Parti socialiste Français à l’Internationale socialiste, arrêté le 26 avril 2007 par le Hezbollah, dans la banlieue Sud de Beyrouth, alors qu’il prenait des photos du bunker d’Hassan Nasrallah, porteur d’un appareil d’interception des communications téléphoniques, ni de la mystérieuse évaporation d’une non moins mystérieuse Néerlandaise, Inneke Botter, ancien cadre supérieur de la succursale Hollandaise de la firme Française Orange, partenaire de la société Libanaise, proche de la Mafia Israélienne opérant en Europe centrale notamment en Géorgie et en Ukraine, démasquée par les services de renseignements Russes.

    Fin de la première partie de la guerre de l'ombre.

  • Le Liban, suite 1,

    un petit territoire mais une grande histoire

    beyrouth-port2.1281713891.jpg

    Le port de Beyrouth
    ( photo SOLIDERE , Société Libanaise pour le Développement et la Reconstruction du Centre-Ville de Beyrouth )


     

    Le Liban pays des cèdres

    Beyrouth (بيروت) capitale du Liban et la ville la plus importante du pays. Elle compte environ 1 200 000 habitants et l'agglomération urbaine plus de 2 millions d’habitants (2007). La ville est un centre financier, un port de commerce et un centre culturel d'une importance majeure à l'est de la Méditerranée et au Proche-Orient. La ville forme avec sa banlieue, le district de Beyrouth, le seul gouvernorat Libanais à ne pas être subdivisé en district. Elle abrite le siège du Gouvernement et joue un rôle central dans l'économie du pays, du fait de la présence de nombreuses firmes et grandes banques internationales. Beyrouth est également le poumon culturel de la région, renommée pour ses publications ainsi que pour ses activités culturelles sans égal. La ville a été nommée capitale mondiale du livre 2009 par l'UNESCO. Beyrouth a également été citée dans le New York Times comme première destination à visiter en 2009.

    Un peu d'histoire.

    Petit port phénicien, puis une cité moyennement importante de l'Empire romain, renommée pour son école de droit à partir du IIIème siècle qui subsista jusqu'au IVème siécle. Béryte, Bérytus, pour Beyrouth est une ancienne ville de Phénicie sur la cote au Nord de Sidon (Saïda). Sous Auguste elle reçut le nom de Julia Augusta Félix. Elle fût détruite par un violent séisme accompagné d'un tsunami en 354 puis en 554. Elle ne retrouvera sa place qu'à l'époque moderne. Elle redevient une ville à proprement parler au milieu du XIXe siècle avec notamment l'afflux de réfugiés fuyant les affrontements de 1860 dans la montagne entre Druzes et Maronites.


    Le territoire de la Phénicie correspond au Liban actuel auquel il faudrait ajouter certaines portions de la Syrie et d'Israël.


    L’Empire romain est la période post-républicaine de la civilisation de la Rome antique, caractérisée par une forme autocratique du gouvernement et une grande exploitation territoriale en Europe et tout autour de la Méditerranée. Beyrouth a survécu à une esquisse de l'histoire, relevant de l'occupation d'un empire après l'autre.


    D'abord nommée Bêrūt, «Le puits» par les Phéniciens. Les fouilles dans le centre-ville ont mis à jour des couches de vestiges phéniciens, hellénistiques, romains, arabes et ottomans. Après la Seconde Guerre mondiale, le Liban accède à son indépendance, voir l'article précédent, et Beyrouth est devenue la capitale. Beyrouth a prospéré comme un important centre commercial et touristique du Moyen-Orient. Elle a été l'une des principales destinations des riches Arabes et des touristes Européens, en raison de son unique géographie, de son climat, de sa diversité de cultures, et de sa liberté. Beyrouth a été considérée comme le «portail européen pour le Moyen-Orient», et vice-versa, et a souvent été appelée le «Paris du Moyen-Orient». Beyrouth est et était la maison de plus de 10 sectes religieuses reconnues.

    Les tensions religieuses entre les communautés chrétienne et musulmane ont provoqué une brutale guerre civile en 1975, voir l'article précédent. Le conflit a duré près d'une décennie et demie, ravageant la ville. La zone centrale de la ville, déjà au centre de toutes les activités commerciales et culturelles, devînt un no man's land. Tout au long de la guerre, la ville fut divisée entre la partie Ouest essentiellement musulmane et l'Est chrétien. Depuis la fin de la guerre en 1989, Beyrouth est en reconstruction. La ville a mené une politique massive de reconstruction, dont une grande partie a été encouragée par les dirigeants, dont l'ancien Premier ministre Libanais, Rafic Hariri. Depuis, la ville a retrouvé son statut de centre touristique, culturel et intellectuel du Moyen-Orient, ainsi que centre de commerce, de la mode et des médias.


    Geéopolitique du Moyen-Orient , Le Liban une passoire par René Nabla du blog renernaba.com.

    Le Tribunal spécial sur le Liban à l’épreuve de la guerre de l’ombre (partie 1/3), suite,


    État tampon, théâtre de deux guerres civiles, (1958; 1975-1990).

    Le Liban a longtemps fait office de soupape de sûreté à l’ordre régional, le point de dérivation des conflits inter régionaux, le lieu de dénouement des psychodrames des actes de piraterie aérienne, assumant une fonction tribunicienne, (dans l'antiquité, à Rome, relative au tribun, officier ou magistrat), pour le compte des pays arabes, dont il en constituait une caisse de résonance, et les mouvements de libération qui leur étaient affiliés. Une des plateformes opérationnelles majeures de la guerre clandestine à l’apogée de la rivalité Soviéto-américaine, Beyrouth a tenu la dragée haute en matière d’espionnage aux grandes capitales situées sur la ligne de démarcation du front de la guerre froide. A l’égale de Berlin, immortalisée par les romans d’espionnage John Le Carré, ou de Vienne, passée à la postérité avec son «Troisième Homme» d’Hollywood, le film du cinéaste Orson Wells.

    C’est depuis Beyrouth que la guerre culturelle souterraine de la CIA contre l’idéologie marxiste a été menée, dans les années 1950-1980, sur l’ensemble du monde Arabe, à travers la presse pétromonarchique, (s'applique aux monarchies des pétro-dollars), à coups d’opérations obliques, de presse périphérique, d’informations annexes et de renseignements connexes. C’est depuis la capitale Libanaise que se sont ourdies les opérations de déstabilisation des régimes arabes. C’est à Beyrouth enfin que la conférence régionale de la WACL, World Anti-Communist League, s’est tenue au début de la guerre civile, en 1975, sous la présidence de Camille Chamoun, ancien président de la République du temps de la première guerre civile Libanaise, pour convenir à la réplique Américaine à la perte de Saïgon et de Pnom Penh, les deux bastions Américains en Asie, signe de l’importance stratégique de la capitale Libanaise et de l’implication occidentale dans le conflit Libanais. Fondée à Taïwan par Tchang Kaï-Chek, la Ligue anti-communiste mondiale, une Internationale fasciste regroupant d’anciens criminels de guerre nazis et nippons, a constitué la matrice de la contre insurrection dans les zones de confrontation avec la guérilla marxiste. Elle passe pour avoir recruté des mercenaires en vue de leur intégration au sein des milices chrétiennes Libanaises, préludant à l’alliance militaire des phalangistes avec Israël, l’ennemi officiel du Monde arabe.

    L’irruption des querelles du Monde arabe propulsée au paroxysme de la guerre froide Soviéto-américaine sur la scène Libanaise transformera le Liban en arène idéologique, où s’opérera un phénomène de cristallisation de la presse Libanaise du fait de la rivalité Égypto-saoudienne. Dans un pays qui se targue d’être un chantre de la liberté de la presse, pas moins d’une dizaine de journaux Libanais se trouvaient sous perfusion Égyptienne et autant sous fusion Saoudienne. Tandis que le proconsul Égyptien, le Général Abdel Hamid Ghaleb et son attaché de presse Anouar Jammal faisaient office de Rédacteur en chef occulte de sept quotidiens (Al-Moharrer, Al-Liwa, As-Siyassa, Al-Kifah, Al-Hourriya, Al-Anouar et Al-Hawdess), son équivalent Saoudien, le Général, Ali Chaer, régnait en maître sur cinq quotidiens (Al-Hayat, Az-Zamane, Ad-Dyar, Al Joumhouriya et Ar Rouad).

    Un chiffre suffit à illustrer l’importance de Beyrouth en tant que plaque tournante de la guerre de l’ombre. Entre 1945 et 1995, c’est à dire au cours des trente premières années de leur indépendance, dix huit coups d’état sanglants ont secoué le monde Arabe, la plupart fomentés depuis la capitale Libanaise, dont huit en Syrie et trois, rien que dans l’année qui a suivi la défaite en 1949, avec les coups de force du Colonel Hosni Zaim, le 29 mars 1949, du Général Sami Hennaoui, 14 Août 1949, et du général Adib Chichakli, 19 décembre 1949.

    Les visées hégémoniques de la Syrie sur le Liban s’expliquent partiellement par la volonté de Damas de sanctuariser le territoire Libanais, dont elle a eu à pâtir de ses opérations de déstabilisation. Celles des Américains par le souci constant de «conserver le port de Beyrouth dans le giron de l’Occident», selon l’expression du général Alexander Haig, ancien commandant en chef de l’Otan et secrétaire d’état Américain lors du siège de Beyrouth, en juin 1982. Un euphémisme qui masque mal le souci des occidentaux de garder par devers eux cette incomparable banque de données des pulsions du tiers monde militant.

    Haut lieu de la contestation panarabe, (relatif à l'ensemble des pays arabes), Beyrouth représente, en effet, pour les Occidentaux, un observatoire permanent de la lumpen humanité, (dans le langage marxiste, le concept Lumpen désigne une pépinière de voleurs et de criminels de toute espèce, individus sans métier, rôdeurs), permettant aux cinq cents correspondants de la presse étrangère accrédités à l’époque au Liban, et à la multitude d’honorables correspondants se plaçant dans leur sillage, d’observer le déroulement de la guerre inter-yéménite entre Républicains et Monarchiques du temps de la rivalité Saoud-Nasser, (voir les relations saoudo-égyptiennes ) dans la décennie 1960, les soubresauts du septembre noir Jordanien, le massacre des Fedayins Palestiniens par les Bédouins du Roi Hachémite, en 1970, les convulsions de la monarchie Iranienne et sa chute, en 1979, dans la foulée du triomphe de la révolution islamique ou encore la riposte balistique du Hezbollah à la guerre de destruction Israélienne du Liban, en juillet 2006.

    La suite sera sur «Le paradis Libanais, une fournaise».

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu