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liban - Page 2

  • Le Liban, suite 6,

    un petit territoire mais une grande histoire.


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    Les cèdres du Mont Liban.

    Le cèdre du Liban est plus qu'un arbre, il est tout un symbole et une œuvre de la nature.


    Le Cèdre du Liban est mentionné dans la Bible comme utilisé par Salomon pour construire la charpente du temple de Jérusalem. Il est également mentionné dans le Psaume 104.16 , «les cèdres qu'il a plantés». Le cèdre, symbole du Liban, est considéré comme un arbre sacré car il est mentionné dans les trois grandes religions monothéistes, voir les précents articles. Alphonse de Lamartine (1790-1869), émerveillé par les cèdres du Liban lors de son voyage en Orient en compagnie de sa fille Julia, eut ces paroles,

    «les cèdres du Liban sont les reliques des siècles et de la nature, les monuments naturels les plus célèbres de l'univers. Ils savent l'histoire de la terre, mieux que l'histoire elle-même».

    Il est originaire du Moyen-Orient, Liban, Turquie, Syrie. Sa présence sur les pentes du Mont Liban est devenue exceptionnelle. Il ne reste au Liban que quelques forêts,

    • la première se trouve dans la région de Bcharré, au nord. Il s'agit de la réserve dites «des Cèdres de Dieu» (Arz er Rab). Cette forêt compterait aujourd'hui 2 arbres trimillénaires, 10 millénaires et 363 plusieurs fois centenaires. On accède à cette réserve naturelle en passant par Bcharré. Pour y aller depuis Beyrouth, prendre l'autoroute du nord en direction de Tripoli et sortir à Chakka. Un domaine skiable se trouve à proximité de cette forêt.
    • la seconde se trouve dans le Chouf, dans la région du Barouk. Il s'agit d'une forêt plus grande et plus difficile d'accès, elle est aussi moins célèbre.
    • la troisième se trouve à Tanourine, Liban-Nord.
    • la quatrième se trouve à Jeij, au niveau de Byblos.

    Le Mont Liban désigne avant tout une chaîne de montagnes du Liban se trouvant proche de la rive Méditerranéenne et culminant au Qornet es Saouda à 3083 mètres d'altitude. Il s'agit des plus hauts sommets du Proche-Orient. Sur son flanc ouest se trouve le littoral Libanais et sur son flanc est, le plateau de la Bekaa. La situation géographique de la région fut un atout pour les premières communautés Maronites qui y prirent refuge. Ce massif montagneux a donné son nom à une subdivision administrative du pays, le Gouvernorat de Mont-Liban.


    La plaine de la Bekaa est un plateau situé dans la partie orientale du Liban, entre les chaînes du Mont-Liban et de l'anti-Liban, à une altitude moyenne d'environ 900 mètres. Elle couvre 4 000 kilomètres carrés, soit plus du tiers de la surface du Liban.

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    280px-baalbek8.1283060047.jpgLe temple de Bacchus, Wikipédia .

    Baalbek ancienne héliopolis des Romains, aujourd'hui, ville moderne comptant 80.000 habitants. La ville antique, située dans le nord de la plaine de la Bekaa, est composée de ruines de l’époque gréco-romaine, avec des traces plus anciennes de l’époque sémitique. Le site figure sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, elle  marque la séparation entre, au nord, le bassin de l'Oronte (Nahr al-Assi en arabe), et au sud le bassin du Litani. Le complexe de trois temples géants laissé par les Romains comprend,

    • Le temple de Bacchus, un des temples les mieux conservés du monde gréco-romain,
    • Le temple de Jupiter dont il reste six colonnes de granite,
    • Le temple de Vénus.

    Le nord la vallée de l'Oronte est une région semi-aride à aride menacée de désertification. Le centre et le sud bénéficient de ressources en eau plus abondantes. La plaine s'étend sur 120 km sur une largeur de 8 à 14 km.

    Les montagnes du Chouf.

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    Géopolitique du Moyen-Orient , suite,

    Le Liban, banc d’essai de la théorie de la désorientation informative et de la dissension sociale, par René Naba du blog renenaba.com.

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    Le Tribunal spécial sur le Liban à l’épreuve de la guerre de l’ombre (Partie 2/3), fin


    L'appartenance à Al-Qaïda du Saoudien Faysal Akbar.

    Le saoudien Faysal Akbar, par sa revendication de son appartenance à «Al Qaïda» et sa connexion Syrienne, représentait, quant à lui, un parfait alibi pour l’administration Bush en vue de la mise en cause de la Syrie, et de la justification de l’invasion de l’Irak et de la poursuite de la «Guerre contre le terrorisme». L’homme a avoué sa participation à l’assassinat de Rafic Hariri, annonçant au passage aux enquêteurs, tel un appât, sa proximité avec Aboul Moussab Al Zarkaoui, le commandant opérationnel d’Al Qaïda en Irak….de quoi faire rêver le renseignement Américain sur une possible capture de Oussama Ben Laden, leur ennemi public n° 1. Il se rétractera par la suite accusant des «étrangers» de lui avoir soufflé le nom d’Assaf Chawkat , beau frère du président Syrien Bachar al Assad, en tant que commanditaire de l’assassinat de Rafic Hariri.

    Un troisième faux témoin, Ahmad Merhi, au palmarès à faire pâlir Illich Ramirez Sanchez, le fameux Carlos, le croquemitaine de l’Occident de la décennie 1970-1980, a prétendu, lui, avoir trempé dans tous les complots tramés depuis le 11 septembre 2001, attentat de New York, au 14 Février 2005, assassinat Hariri. Il s’arrangera pour entrer dans les bonnes grâces des services de renseignements du Danemark. En échange de la protection Danoise, il leur offrira sa collaboration dans la dénonciation des meneurs des manifestations anti-danoises dans le Monde arabe, organisées à la suite de la publication des caricatures du prophète dans un journal Danois. Cet indic multicarte se révélera être surtout impliqué dans l’assassinat du ministre Libanais de l’industrie, Pierre Gemayel, le fils de l’ancien président de la république Amine Gemayel, et mêlé aux troubles du camp Palestinien de Nahr el Bared (Nord-Liban).

    Un quatrième, un syrien trafiquant de drogue, Akram Chakib Mourad, extralucide, aurait repéré la Mitsubishi, la camionnette qui a déclenché l’explosion, six mois avant son vol et son affectation à la mission suicide au Liban, alors qu’elle était encore au Japon. Il aurait même avoué l’avoir aperçu dans la banlieue sud de Beyrouth, le fief du Hezbollah alors qu’elle se trouvait encore au Japon.

    Un cinquième, un Palestinien agent du Mossad, condamné par la justice militaire et expulsé du Liban, en 2003, y reviendra, en 2005, sous une nouvelle identité, à l’aide d’un passeport suédois pour déposer contre la Syrie et ses alliés Libanais. Expulsé du Liban sous le nom de Abdel Basset Bani Awdah, il reviendra sous le nom de Antonius Bani Awdah estampillé sur un passeport Suédois. L’Allemand Detliv Mehlis, qui lui avait promis le financement d’une opération de chirurgie esthétique pour le rendre méconnaissable, lui conférera la protection découlant du statut de «témoin privilégié. Il cloisonnera l’affaire et conservera par devers lui son témoignage, dont il s’en servira comme d’un fil conducteur dans son enquête, jaloux de son butin, ne partageant ses informations avec aucun autre de ses collègues jusqu’à la découverte du pot aux roses.

    Curieusement, la piste de l’unique personne qui a revendiqué publiquement l’assassinat, Ahmad Abou Addas, le jour de l’attentat depuis la chaîne transfrontière «Al Jazira» a été négligée. L’homme habitant du secteur ouest de Beyrouth, avait disparu de son domicile trois semaines avant l’attentat et sa disparition signalée par son père aux services de police. «Salafiste Jihadiste», selon la désignation dont il se revendiquait, il vouait aux gémonies «tous les dirigeants arabes qui gouvernaient d’une manière contraire à la volonté de Dieu » et tenait des propos hostiles à Rafic Hariri.

    Les connexions sulfureuses de Gébrane Tuéni.

    Pis, dernière et non la moindre des anomalies, le «héros martyr» de la presse Libanaise, Gébrane Tuéni, pour stupéfiante que cela puisse paraître, entretenait des relations d’affaires avec la Mafia. Le symbole du printemps de la liberté du Liban et fer de lance du combat anti-syrien louait sa voiture blindée aux fins de rentabilisation de son coût à un chef de gang Libanais opérant au sein de la Mafia en Bulgarie. Le véhicule blindé, acquis à 350.000 dollars, était loué à raison de mille dollars par jour, durant les nombreux déplacements à l’étranger du directeur du journal «An-Nahar». Les deux derniers locataires de cette voiture étaient un mafieux Libanais opérant en Bulgarie et un ancien garde de corps du chef d’une formation milicienne de la droite Libanaise, recyclé par les affaires mafieuses en Europe orientale. La voiture a été rendue à son propriétaire la veille du retour de M. Tuéni de Paris. Les enquêteurs internationaux et la presse occidentale ont toujours incriminé la Syrie, sans jamais soulever l’hypothèse d’un règlement de comptes mafieux visant le locataire et non le propriétaire de la voiture, ou l’hypothèse d’une connexion entre l’attentat et les activités de l’ancien garde du corps milicien, un attentat par défaut en somme. Le préposé au louage, en fait le rabatteur de cette clientèle glauque, était lui-même en relations d’affaires avec le syrien Hassam Taher Hassam, un autre grand faux témoin, faisant de cette enquête internationale un véritable nœud de vipère par son déroulement et ses effets dévastateurs sur la paix civile Libanaise.

    Un «prix Gébrane Tuéni» est décerné chaque année à un journaliste arabe qui s’est distingué dans le domaine de la Liberté de la presse, sans que le bénéficiaire ou le public, voire même le jury, ne soient avertis des connexions sulfureuses du journaliste, passé à la postérité en tant comme symbole du combat démocratique au Liban et dans le monde arabe, alors qu’il était généralement décrié au sein de l’opinion Libanaise comme le parfait représentant des alliances rotatives du Liban de l’après guerre avec le pouvoir et le pouvoir de l’argent, tout comme d’ailleurs son oncle Marwane Hamadé et son beau frère Elias el Murr, trois politiciens qui auront sinistré l’engagement politique par leur contorsionnement permanent. Sauf à entretenir la confusion mentale et la perdition morale, quelles vertus pédagogiques recèle l’exaltation des êtres de grande versatilité et de moindre moralité pour l’édification civique des générations futures ?

    Un véritable capharnaüm.

    Le journal Al-Akhbar qui a consacré, fin juillet 2010, un dossier complet sur le dysfonctionnement du Tribunal spécial, a énuméré le nom d’une dizaine de faux témoins (Zouheir Siddiq, Faysal Akbar, Ahmad Merhi, Hassam Taher Hassam, Abdel Basset Bani Awdah, Ibrahim Jarjoura, Akram Chakib Mourad, Iman Ali, Lou’ay as Saka), sans qu’il ait été possible de déterminer, avec certitude, au terme de quatre ans d’audition, si cette somme documentaire répondait aux diktats de leurs commanditaires, ou, résultait, au contraire, d’une imagination fertile, de la mystification, d’une tentative d’intoxication ou d’extorsion de fonds ou plus simplement d’entrisme et de contre manipulation en vue de discréditer les opérateurs occidentaux. Un morceau d’anthologie, à l’allure d’une conjuration de colportes, en tout état de cause, révélatrice des phobies occidentales et de leurs présupposés idéologiques sur les motivations profondes de «la guerre contre le terrorisme».

    En contrechamps, la Syrie aura eu un comportement nettement plus expéditif et martial. Répondant à la requête internationale, elle avait pris la précaution de filmer l’interrogatoire de son principal témoin, le général Ghazi Kanaan, son ancien pro-consul au Liban, non pas tant pour sa participation au complot, mais pour se servir de ses propres aveux comme d’une pièce à conviction contre sa propre personne. Le général Kanaan sera «suicidé» dans la foulée de son interrogatoire, sanction de sa connivence avec le clan Hariri dans la réforme de la carte électorale Libanaise qui a eu pour effet de faciliter le retour au pouvoir de l’ancien premier ministre, et de son enrichissement fabuleux, de l’ordre de 800 millions de dollars, selon les estimations les plus généralement admises.

    Fin du banc d'essai de la théorie de la désorientation informative et de la dissension sociale partie 2/3

     

  • Le Liban, suite 5,

    un petit territoire mais une grande histoire.

    Beyrouth traces de guerre.

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    Le Liban en photos, du site http://elhajj.fr


    Les Druzes.

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    Le drapeau druze


    Ils représentent la troisième ethnie au Liban ils seraient entre 280.000 et 350.000. La communauté Druze est un groupe islamique qui est né des Chiites ismaélites, c'est un courant minoritaire de l'islam Chiite du premier quart du XIème siècle, dans les débuts du Vème siècle de l'hégire, (l'hégire désigne la journée du 09 septembre 622 jour du départ des premiers colons de Mahomet de la Mecque vers l'oasis de Yatrib ancien nom de Medine) au Caire sous le patronage de l'Imam, gouverneur par l'ordre de Dieu, 6ème calife fatimide Al-Hakim bi-Amr Allah , 996-1021, mort assassiné et qui gouverna à l'âge de 11 ans suite au décès de son père. Les adeptes de cette troupe le considèrent comme le dernier Imam qui interpréta la parole divine, descendue du prophète Mahomet, le dernier des inspirés. Selon Manar Khattar et Xiofeng Hou la communauté Druze doit au calife Al Hakim trois décisions fondamentales de la loi druze,

    • l'abolition de l'esclavage,
    • l'interdiction de la polygamie,
    • la séparation entre les affaires de l'État et celles de la loi.

     

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    Cour de la Mosquée de Al-Hakim au Caire, auteur Michel Benoist Mbenoist à fr.wikipedia


    Le terme druze a été faussement attribué à cette communauté par référence à l'un de ses promoteurs Neehtkin Druze, (pas de références explicatives), qui a été renvoyé de la communauté au début de son existence, (l'origine du terme druze est expliquée ci-après). Mais le nom que les adeptes de cette communauté s'attribue à eux-mêmes, c'est celui de «Mouwahadoun, ou Mouwahidoun» qui croient en un seul Dieu, ou uniates, c'est-à-dire qui suivent le courant monothéiste sur l'unité absolue de Dieu. Ils qualifient leur communauté de disciples parce qu'ils croient que la religion musulmane se compose de trois disciplines dont la première aboutit à la seconde et la seconde à la troisième. C'est pourquoi la seconde discipline ne se réalise que par la première et la troisième par la seconde et ainsi la discipline uniate ne se réalise qu'en suivant les deux autres disciplines. Quant aux disciplines de l'Islam, elles sont trois, lire la suite ici .

    Il n’y a ni liturgie, ni lieux de culte dans la religion druze. La doctrine des Druzes est secrète et n’est révélée aux fidèles qu’après divers degrés d’initiation, elle s’appuie sur la croyance en la métempsycose. La métempsycose est le passage, le transvasement d'une âme dans un autre corps. En effet, certains versets du Coran sont parfois interprétés comme allant dans le sens de la métempsycose. Par exemple au verset 28 de la deuxième sourate, «La Vache» (Al-Baqarah), il est dit,

    «Comment pouvez-vous renier Dieu alors qu'il vous a donné la vie, alors que vous en étiez privé, puis il vous a fait mourir, puis il vous a fait revivre et enfin vous retournerez à Lui».

    Les Druzes rejettent la charia et les obligations rituelles qui en découlent. Au Liban, la communauté a été dirigée en partie par les familles Joumblatt et Hamadé.

    La famille Joumblatt est une famille qui a joué un grand rôle dans l'histoire du Liban. Les cheikhs Hamadé sont connus notamment grâce aux Cheikhs Akl Druze Rachid , Hussein et Mohammed, ce sont des cheikhs Akl Druze Yazbakis qui s’opposaient aux Joumblattis. Le Cheikh Farid Hamadé, 1925-1999, avocat, est né à Baakline le 14 mai 1925, il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise. Ils sont descendants de l'imamat depuis maître Hamza ben Ali, ou Ali ibn Amhad ibn Hamza qui était un ismaélien persan au XIème siécle et qui affirmait être l'intelligence universelle, et un Turc nommé Ad-Darazî, ou Muhammad bin Ismail Nashtakin ad-Darazi prédicateur ismaélien du XIe siècle, chef de file de la religion Druze, dont le nom est à l’origine du terme «Druzes», qui était l’un des vizirs du calife fatimide Al-Hakim bi-Amr Allah (996-1021). Hamza et Ad-Darazî fondèrent donc la secte des Druzes. La plus haute autorité religieuse et spirituelle est la Machyakhat al Akl, le cheikh Akl Druze. La Machyakhat al Aki est devenue une institution dont le rôle est prépondérant au Liban.


    Le cheikh Akl Druze est l’équivalent «du pape» pour les Druzes.


    Il y a toujours eu un cheikh Akl Druze Yazbaki et un autre Joumblatti, aucune famille ne pouvant prétendre au monopole de la direction des affaires de la communauté druze. Aujourd'hui, la politique impose un seul Cheikh, Akl Hamadé a perdu son autorité. Le pouvoir que détenaient les Cheikhs Akl Hamadé était d'ordre initiatique, basé sur «La Sagesse». À cause de la pression des hommes politiques, particulièrement les Joumblatti, la communauté perd en quelque sorte son ressort proprement religieux. La cause principale en est l'orientation de la communauté pour des raisons essentiellement d'ordre politique.


    Géopolitique du Moyen Orient , suite,

    Le Liban, banc d’essai de la théorie de la désorientation informative et de la dissension sociale par René Naba du blog renenaba.com.

    Le Tribunal spécial sur le Liban à l’épreuve de la guerre de l’ombre (Partie 2/3), suite.


    Un magma absolu. Un capharnaüm. Décryptage.


    L’incarcération des généraux Jamil Sayyed et Ali al Hajj avait pour objectif déguisé d’écarter des postes sensibles des services de sécurité des responsables de confession Chiite, particulièrement avertis de l’affairisme Syro-haririen, pour leur substituer des Sunnites, le général Achraf Riffi et le colonel Wissam al Hassan, en phase avec les desiderata des revanchards, Jacques Chirac et Saad Hariri, le tandem à l’origine de la mise en œuvre du Tribunal international. Achraf Riffi a été promu général, en avril 2005, deux mois après l’assassinat de Rafic Hariri et propulsé à la tête des forces de sécurité. La désignation à la vindicte publique des quatre officiers supérieurs hâtivement impliqués et arbitrairement incarcérés pour leur rôle présumé dans l’attentat anti-Hariri répondait au souci des dirigeants pro-occidentaux de neutraliser des «témoins gênants». L’instrumentalisation de magistrats Libanais pour une besogne contraire à la souveraineté de la justice Libanaise en vue de valider la piste Syrienne dans l’assassinat de Rafic Hariri, a desservi la cause de la justice internationale et de la magistrature Libanaise, dont l’épilogue a fait l’effet d’un coup de massue, sur le plan psychologique, sur le camp occidental. Les généraux Jamil Sayyed, directeur de la sûreté nationale, Ali Hajj, directeur des renseignements généraux, Raymond Azar, directeur du renseignement militaire, et Moustapha Hamdane , chef de la garde présidentielle, étaient détenus depuis le 30 août 2005. Le juge a jugé leur dossier trop léger pour les maintenir en détention. Aucun d’eux, curieusement, n’a fait l’objet d’une inculpation. Aucun d’eux, non moins curieusement, n’a été réintégré dans ses fonctions, ni fait l‘objet d’aucune réparation morale ou matérielle. Leur Libération, le 29 avril 2009, a retenti comme un camouflet pour leurs détracteurs.

    Marwane Hamadé , un vibrionnaire pourfendeur du Hezbollah à la tête d’un ministère noyauté par les Israéliens

    L’antenne pirate Israélienne du relais hertzien du Mont Barouk est située dans la région montagneuse du Chouf, fief de Walid Joumblatt, partenaire de Saad Hariri dans la révolte anti-syrienne. Son installation s’est faite sous le mandat du lieutenant de Walid Joumblatt du temps de son passage au ministère des télécommunications, Marwane Hamadé, à une période charnière allant de 2005 à 2008, c’est-à-dire du début de l’enquête internationale sur l’assassinat de Rafic Hariri, principalement fondée sur le décryptage de communications biaisées par les services Israéliens, à son épreuve de force avec le Hezbollah en mai 2008, en passant à la guerre de juillet 2006 où il s’était placé à l’avant-garde de la dénonciation du mouvement Chiite. Le plus ferme partisan du démantèlement du réseau de transmission autonome du Hezbollah s’est trouvé être, curieusement, à la tête d’une administration noyautée par les taupes Israéliennes, Un des grands experts de l’OGERO, Milad Eid, l’organisme gestionnaire du câble sous marin reliant Beyrouth au Sud Liban, la zone de déploiement du Hezbollah, s’est révélé être un grand espion d’Israël et le régulateur des transmissions filaires de l’État libanais équipé d’un logiciel de conception Israélienne. Habituellement prolixe particulièrement dans les médias Français, Marwane Hamadé, vibrionnaire pourfendeur de l’omnipotence du Hezbollah, est mutique depuis la révélation du noyautage de son ancienne administration. L’interlocuteur privilégié du proconsul Américain Jeremy Feltman, le chouchou de Bernard Kouchner, ministre Français des affaires étrangères qu’il avait mis dans la confidence au sujet de l’assaut contre le système des communications du mouvement Chiite ne s’est jamais expliqué sur le fait d’attribuer à une société Israélienne KAPIRA, sous couvert d’une société écran Française, la gestion des communications transitant par l’organisme gouvernemental OGERO, ni sur son comportement à tout le moins désinvolte sur l’ensemble du dossier. En plein naufrage politique, le flamboyant stratège de «la révolution des Cèdres» n’est maintenu au seuil de la ligne de flottaison que par la volonté de son mentor Joumblatt. L’homme le plus détesté de la banlieue sud de Beyrouth a dû se faufiler, sous forte escorte, dans le cortège funéraire lors des obsèques de Cheikh Mohamad Fadlallah, guide spirituel du Hezbollah de la communauté Chiite libanaise, en juillet 2010, en vue de la présentation de ses condoléances, dans une démarche interprétée comme une forme de repentance, signe indiscutable de la disgrâce d’un homme au halo de «martyr vivant» écorné.

    Se pose alors la question du bien fondé de sa requête. N’aurait elle gagné en crédibilité si elle avait été précédée d’une épuration de son ministère des espions Israéliens ? Par extension, se pose la question de savoir si l’attentat dont il a été victime, en 2004, dans la foulée de la résolution 1559 de l’ONU enjoignant la Syrie à retirer ses forces du Liban, constituait un coup de semonce de ses adversaires contre son trop grand tropisme occidental? Ou bien s’agissait-il d’une tentative de camouflage pour le crédibiliser dans sa démarche qui s’est révélée a posteriori criminelle en ce qu’elle aurait débouché, si elle avait abouti, à la paralysie complète du Hezbollah, voire à son anéantissement, dans son combat contre Israël ? La même question se pose en ce qui concerne Elias el Murr, autre girouette de la vie politique Libanaise, beau frère de Gébrane Tuéni, et, surtout gendre du président Emile Lahoud, victime lui aussi d’un attentat en 2005 dans la mesure ou l’antenne pirate Israélienne a été greffée sur l’antenne pilote de Murr TV (MTV), la propre chaîne de la famille du ministre Libanais de la défense. La question mérite d’être posée à l’égard de cibles nullement anodines sur cette coïncidence curieuse et troublante.

    La profusion des faux témoins, une dizaine au total, record mondial absolu de tous les temps, fera du tribunal spécial un véritable capharnaüm. Telle une curée sur un magot, appâtée à coups de dépositions monnayées, la profusion ne relevait certainement pas du hasard. Elle résultait des calculs des divers protagonistes de la coalition occidentale dans la satisfaction de leurs objectifs, complémentaires dans leur finalité mais contradictoires dans leurs priorités.

    Le faux transfuge des services de renseignement Syriens, Zouheir Siddiq, présentait une aubaine pour le tandem Hariri-Chirac pour l’implication de la Syrie. Théâtrale en diable, c’est lui qui a pris l’initiative de convier à sa résidence de Marbella, Espagne, Detliv Mehlis pour lui narrer son témoignage, aux mépris des règles élémentaires de la procédure. Et l’inspecteur Allemand, sans crainte du ridicule, de s’empresser d’opiner, sans le moindre recoupement de précaution. Ténébreux personnage, c’est lui qui a désigné, en premier, les quatre officiers supérieurs Libanais dans l’attentat anti-Hariri, de même que le beau frère du président Bachar al Assad, le colonel Assaf Chawkat, chargé de la sécurité du régime Syrien. Témoin clé, il sera traité avec tous les égards dus à son rang de Témoin Roi. Un roi vénal. Son témoignage aurait été monnayé pour la coquette somme de cinq millions de dollars, un fait qu’il aurait lui-même clamé sur le réseau hertzien au cours d’une communication cellulaire avec un membre de sa famille. Siddiq aurait avoué à son frère être devenu «millionnaire» en récitant ce qu’il lui avait été demandé de dire, notamment les noms de sept officiers du renseignement Syrien et de quatre généraux Libanais prétendument impliqués dans l’assassinat. Durant son séjour en France, il résidait dans la localité cossue de Chatou, dans la région parisienne, gracieusement, aux frais du contribuable Français. Devenu témoin encombrant pour Jacques Chirac, le pensionnaire posthume de son ami assassiné, Siddiq sera expulsé vers les pétromonarchies du Golfe, alors que le Liban réclamait son extradition, exfiltré à l’aide d’un faux passeport délivré par Nicolas Sarkozy à l’époque ministre de l’intérieur. Convoyé par deux officiers Français, il sera remis à Abou Dhabi aux services de sécurité Égyptiens et maintenu depuis lors sous bonne garde.

    La suite sera «l'appartenance à «Al-Qaïda» du Saoudien Faysal Akbar».

  • Le Liban, suite 4,

    un petit territoire mais une grande histoire.

    Beyrouth vue panoramique

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    Le Chiisme.


    Il n'est pas question de développer l'histoire compliquée du Chiisme qui est l'une des trois principales branches de l'islam, mais seulement d'en donner les prémices. Le Chiisme, avec le Sunnisme, voir la suite 3, et le Karadijisme, regroupe 15 % des musulmans, mais 90 % des Iraniens, 64 % d'Irakiens, 85 % d'Azerdajïans, et 75 % de Bahreïniens. Les chiites sont souvent appelés péjorativement râfidhites, dans les textes du Moyen Âge, (râfihites membres du courant majoritaire chez les Chiites).

    L’islam a connu quelques problèmes de succession suite à la mort de son prophète Mahomet. Le quatrième calife de l’Islam, Ali, le neveu de Mahomet, fut le plus contesté. Après plusieurs guerres, il décida donc de se retirer et, avec ses partisans, il allait donner naissance à une nouvelle interprétation de l’islam, le Chiisme, par opposition à l’autre grande tendance existante, le Sunnisme.

    Le Chiisme est primitivement l'expression d'un mouvement politique, d'un parti. Quand Mahomet meurt en 632, dix ans après l'Hégire, son émigration de La Mecque à Médine marque la naissance officielle de la religion qu'il a prêchée, l'islam, et inaugure l'ère musulmane, rien n'est prévu pour sa succession. Certes, la révélation est terminée et nulle autre n'aura lieu après elle, ce que contestent certains Chiites. Mais Mahomet n'est pas seulement prophète. Il est chef d'une communauté et d'un État, devenu en un siècle un immense empire, qui doit être dirigé. Il importe donc de désigner comme successeur, le calife, celui qui en aura la responsabilité, à la fois le plus digne ou le plus capable, et l'un de ceux qui furent les plus proches et les plus attachés à Mahomet. On élit successivement Abou Bakr, Omar, Othman, puis, seulement en 656, après trois candidatures malheureuses, après vingt-cinq ans d'attente, Ali. Aurait-il dû être choisi plus tôt, comme le pensent les Chiites ? En effet, il ne manque pas de titres. Il est cousin du Prophète, son père a élevé Mahomet quand celui-ci est devenu orphelin, il est l'un des premiers convertis, il a épousé Fatima, fille de Mahomet et, par elle, à lui qui n'avait pas de fils, il a donné ses deux seuls petits-enfants mâles, Hassan et Hussein, d'après,
    Jean Paul Roux Directeur de recherche honoraire au CNRS Ancien professeur titulaire de la section d'art islamique à l'École du Louvre.

    Le Chiisme est souvent perçu comme une version extrême de l'islam, alors que sa lecture du Coran est à la fois plus souple et pluraliste que l'interprétation Sunnite, laquelle a engendré la plupart des dérives totalitaires, comme le régime Saoudien, et terroristes comme Al-Quaïda.

    Contrairement aux Chrétiens et aux Sunnites, les Chiites du Liban, jusqu’à l’avènement de la république islamique d’Iran en 1979, n’avaient pas de soutien régional. D’où la nécessité d’être rattaché à un ensemble afin de bénéficier du développement et d’une protection. A partir de la fondation par la France mandataire de l’État du Grand Liban, voir le premier article le Liban, en 1920, la communauté Chiite de Jabal’Amil qui est région montagneuse au sud Liban a été traversée par différentes aspirations. Alors que certains estimaient qu’il fallait soutenir le rêve panarabe, d’autres ont rallié les positions Françaises pour la création du Grand Liban. Ce sont d’ailleurs les Français qui, pour contrecarrer l’influence des nationalistes arabes Sunnites, ont octroyé aux Chiites le statut de secte à part entière en 1926. «De 1926 à 1943, les Chiites ont observé l’expérience Libanaise prendre forme. Puis jusqu’aux années 80, ils ont tenté l’expérience d’un ralliement à l’idée du Liban indépendant», souligne Riad el Assaad. Durant ces années, de nombreux leaders et lettrés Chiites, qu’ils soient religieux ou non, ont écrit sur la nature des relations entre les Chiites de Jabal’Amil, sous l'influence de l'Imam d'origine Iranienne Moussa Al-Sadr créateur du mouvement Amal en 1974 branche armée des «déshérités» qui perdra de son influence au profit du Hezbollah fondé en 1982, et l’État Libanais, infos-Palestine .

    Les Chiites sont concentrés dans le Sud au Nord Est de la Bekaa alors que les Sunnites sont à Beyrouth et au Nord.

    Historiquement oppressés, marginalisés, cibles de nombreux préjugés, les Chiites sont fortement attachés à la résistance, incarnée aujourd’hui par le Hezbollah, en ce qu’elle représente le cœur de leur conscience politique. Après le retrait des forces militaires Syriennes du Liban confirmé par l'ONU le 26 avril 2005, le 19 juillet le gouvernement de Fouad Siniora, (sunniste), du 19 juillet 2005 au 09 novembre 2009, l'ensemble des courants politiques issus des élections de mai-juin 2005 sont représentés au gouvernement, et notamment, et pour la première fois le Hezbollah, à l'exception du bloc parlementaire du général Michel Aoun, (chrétien maronite). Le 11 novembre 2006 les 6 ministres Chiites du gouvernement démissionnent, le cabinet s'est trouvé composé exclusivement de sunnites, de chrétiens et de druzes.

    L’opposition Libanaise, en décembre 2007, menée par le Hezbollah chiite, a lancé un sit-in dans le centre ville de Beyrouth pour faire plier le gouvernement de Fouad Siniora, les Chiites sont au cours de la plupart des débats au Liban. Leur revendication est claire, alors qu’ils représentent un tiers de la population Libanaise, ils veulent, leur part du pouvoir, une place à leur mesure dans l’État. Si certains, au Liban, estiment que cette revendication tient du coup de force, pour les Chiites, elle relève d’enjeux essentiels qui touchent à la survie même de la communauté au pays du Cèdre.

    Le tribunal spécial pour le Liban introduit des tensions entre Chiites et Sunnistes comme suite aux rumeurs sur l'implication du Hezbollah, Chiite, dans l'assassinat du premier ministre Rafic Hariri. Le TSL doit publier ses actes d'accusation avant la fin de l'année. Pour analyser ce problème se sont réunis dans un sommet le 30 juillet 2010 le roi d'Arabie Saoudite et le président Syrien qui ont rencontré le président Libanais Michel Sleiman au palais présidentiel de Baabda. L'Émir du Qatar s’est également rendu dans la capitale. A cela vient s'ajouter l'importance croissante des Chiites dans les quartiers Sunnites de Beyrouth. A Beyrouth plus qu'ailleurs au Liban, les musulmans Sunnites vivent de plus en plus mal l'afflux de Chiites du sud du pays dans leurs quartiers, alors que les deux communautés traversent leur pire crise depuis des années, à l'image des violents affrontements de janvier 2007. Ces dernières années, les accrochages à répétition opposant les Israéliens aux Palestiniens et aux milices Chiites ont provoqué le départ de nombreux Chiites du Liban-Sud. L'évolution démographique des quartiers reflète la perte d'influence des Sunnites, communauté de tradition marchande. Nombre de Libanais sunnites s'inquiètent de l'arrivée massive des Chiites, longtemps privés de droits civils, et de leur influence grandissante, lire la suite ici .


    Géopolitique du Moyen Orient , suite,

    Le Liban, banc d’essai de la théorie de la désorientation informative et de la dissension sociale par René Naba du blog renenaba.com

    Le Tribunal spécial sur le Liban à l’épreuve de la guerre de l’ombre (Partie 2/3), suite.


    La révolution des cassettes.


    Tout au long d’une séquence d’un demi-siècle, les pays occidentaux en général, les États-Unis en particulier, auront exercé le monopole du récit médiatique, particulièrement en ce qui concerne le Moyen Orient, un monopole considérablement propice aux manipulations de l’esprit, qui sera toutefois brisé, avant la percée médiatique de la chaîne transfrontière «Al-Jazira», à deux reprises avec fracas, avec des conséquences dommageables pour la politique occidentale, la première fois en Iran, en 1978-79, lors de la «Révolution des cassettes» du nom de ces bandes enregistrées des sermons de l’Imam Ruhollah Khomeiny du temps de son exil en France et commercialisées depuis l’Allemagne pour soulever la population Iranienne contre le Chah d’Iran. La deuxième fois à l’occasion de l’Irangate en 1986, le scandale des ventes d’armes Américaines à l’Iran pour le financement de la subversion contre le Nicaragua. Un scandale, est-il besoin de le rappeler, qui a éclaté au grand jour par suite d’une fuite dans un quotidien de Beyrouth «As-Shirah», mettant sérieusement à mal l’administration républicaine du président Ronald Reagan.

    Hormis ces deux cas, les États-Unis et Israël auront constamment cherché à rendre leurs ennemis inaudibles, au besoin en les discréditant avec des puissants relais locaux ou internationaux, tout en amplifiant leur offensive médiatique, noyant les auditeurs sous un flot d’informations, pratiquant la désinformation par une perte de repères due à la surinformation en vue de faire des auditeurs lecteurs de parfaits «analphabètes secondaires». Non des illettrés, ou des incultes, mais des êtres étymologiquement en phase de processus de «désorientation», psychologiquement conditionnés et réorientés dans le sens souhaité, dont l’ignorance constitue, paradoxalement, une marque de supériorité. «Pur produit de la phase de l’industrialisation, de l’hégémonie culturelle du Nord sur le Sud, de l’imposition culturelle comme un préalable à l’envahissement et à l’enrichissement des marchés, l’analphabète secondaire n’est pas à plaindre. La perte de mémoire dont il est affligé ne le fait point souffrir. Son manque d’obstination lui rend les choses faciles. Il apprécie de ne pouvoir jamais se concentrer et tient pour avantages son ignorance et son incompréhension de tout ce qui lui arrive», soutient l’auteur de l’expression, l’Allemand Hans Magnus Einsensberger, dans un ouvrage au titre prémonitoire «Médiocrité et folie».

    La frénésie diplomatique occidentale au Liban, sans pareille partout ailleurs dans le monde, a conduit un intellectuel Libanais, l’économiste Georges Corm, ancien ministre des finances, a asséné un vigoureux rappel à l’ordre aux «chers ambassadeurs des grandes puissances». «Vous vous fondez si bien dans le paysage politique que l’on en vient à oublier que vous êtes des ambassadeurs et l’on vous compte le plus souvent comme faisant partie des plus hautes autorités responsables du pays. (…) Dans les périodes de crise, votre passion pour le Liban est telle que vous n’hésitez pas à vous adresser publiquement et directement à nous, en faisant fi des conventions de Vienne», écrira-t-il dans une lettre ouverte publiée le 16 juillet 2010 dans la revue Libanaise «Magazine»».

    A des moments cruciaux de son histoire, le Liban a constitué une passoire, mais le plus petit pays arabe a quelque peu compensé cette faille en enregistrant deux faits d’armes glorieux contre Israël, en 2000 et en 2006, unique pays arabe à revendiquer un tel palmarès, unique pays arabe à avoir provoqué un dégagement militaire Israélien de son territoire, sans négociations, ni traité de paix. A sa décharge, toutefois, comparaison n’est pas raison, le Liban ne détient pas le monopole de la connivence Israélienne.

    Des instructeurs Israéliens sont présents en Irak, particulièrement dans la zone Kurdophone, pour l’encadrement et la formation des soldats Kurdes, les anciens Peshmergas, sollicités pour des opérations de maintien de l’ordre à Bagdad au cours du premier semestre de 2007. Le magazine «News night» du 19 septembre 2006 avait présenté des images exclusives de vastes installations et de ces entraînements. Interop et Colosseum, deux sociétés Israéliennes de mercenariat serviraient de couverture à cette activité de l’armée Israélienne. Les officiers transiteraient par Djibouti pour masquer leur origine. Les Israéliens auraient pris la succession de sociétés Américaines de mercenariat, déjà présentes au Kurdistan Irakien depuis la création de la zone de non survol, à l’issue de l’opération Tempête du désert, en 1991. Ces deux sociétés agissent de concert avec le Shin Beth, les services de renseignements Israéliens, et s’agissant du Moyen-Orient, en coordination avec le bureau des «minorités périphériques», le vocable par lequel les services Israéliens désignent les ressortissants des pays arabes qu’ils croient susceptibles de collaborer avec eux, comme ce fut le cas lors de la guerre du Liban avec les Forces Libanaises, 1975-2000, et comme c’est le cas dans la nouvelle guerre d’Irak.

    Sous couvert de double nationalité, des Israéliens sont présents sous uniforme de l’armée Américaine, depuis 2003, comme spécialistes de la guérilla urbaine à Fort Bragg. C’est dans ce centre des forces spéciales Américaines, en Caroline du Nord, que fut mise sur pied la fameuse Task Force 121 qui, avec des Peshmergas de l’UPK du président Irakien Jalal Talabani, procéda à l’arrestation de l’ancien président Irakien Saddam Hussein. La coopération Israélo-américaine se développa en outre sur le terrain extrajudiciaire avec la liquidation de 310 scientifiques Irakiens entre avril 2003 et octobre 2004. Des hommes d’affaires Israéliens interviennent en outre comme sous-traitants de sociétés Jordaniennes ou Turques sur le marché Irakien. En 2008, le site Internet Roads to Iraq décomptait 210 entreprises Israéliennes intervenant masquées sur le marché Irakien, véritable aubaine pour les agents recruteurs du Mossad. Le Roi Hussein de Jordanie passe pour avoir été un «indic» de la CIA et la dynastie Marocaine bride mal son tropisme Israélien exacerbé, comme en témoignent le concours du Mossad à l’élimination du chef de l’opposition marocaine Mehdi Ben Barka et le déploiement de l’Institut Amadeus, sous traitant officieux de la diplomatie marocaine. Sans compter l’Arabie saoudite, principal bénéficiaire des coups de butoir d’Israël contre le noyau dur du Monde arabe.

    Une parodie de justice.

    Un vaudeville tragique, ni le cinéaste américain Mel Brooks, ni Eddy Murphy, ni aucun autre facétieux d’Hollywood n’aurait imaginé pareil vaudeville tragique. En cinq ans de fonctionnement, le tribunal aura accumulé les faux pas, comme en un comique de répétition, privilégiant, sans craindre la subornation de témoins, une enquête à charge, exclusivement à charge contre la Syrie d’abord, ses alliés au Liban ensuite, incarcérant arbitrairement quatre officiers supérieurs Libanais, qu’il sera contraint de relâcher, quatre ans plus tard, faute de preuve. Une désinvolture qui a entraîné une cascade de démission, cinq en deux ans, deux procureurs et deux greffiers en chef et une porte parole, faisant du Tribunal spécial sur le Liban, unique tribunal ad hoc en la matière, la risée universelle.

    La suite portera sur «un magma absolu. Un capharnaüm. Décryptage».

     

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