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hollande - Page 10

  • Existe-t-il un hollandisme ?

    N'est-il pas un peu tôt pour le dire ?

    François Hollande à l’Élysée le 26 novembre document pure people.

    Support Wikipedia En tout cas c'est très loin de ce qu'avait été le sakozysme. Rien d'étonnant, François Hollande fut principalement élu pour battre Sarkozy plutôt que pour la politique qu'il pouvait engager. D'ailleurs, il n'a vaincu Sarkozy que de moins de deux points. Il est donc loin d'avoir la même aura, la gauche ne fait aucun culte de la personnalité, elle ne glorifie pas François Mitterrand, seule personnalité qui la porta au pouvoir depuis 1981, pas comme la droite qui glorifie le général de Gaulle. La droite est fière de ce qu'elle fait, la gauche, toujours divisée, critique par dogmatisme. Démocrate socialiste de gauche, il se trouve dans le même milieu politique que celui de Bayrou qui est à droite, c'est à dire dans un centre dont on ne connait pas précisément la politique qui sera appliquée.

    C'est toute l'ambiguïté d'un centre démocrate qu'il soit de droite ou de gauche, par rapport à la droite ou à la gauche. L'exemple d'Arcelor Mittal est révélateur. Une partie de la gauche était pour la nationalisation ainsi qu'une partie de la droite, François Bayrou ne l'était pas tout comme François Hollande. Cette opposition à ne pas vouloir nationaliser, indépendamment du bien fondé ou pas, montre la cassure de François Hollande avec son électorat. Même plus, avec son propre parti, Arnaud Montebourg en est le parfait exemple, avec Marie-Noëlle Lienemann qui critiqua ouvertement l'orientation prise balayant les emplois préservés.

    Les attaques qu'il reçut des syndicalistes d'Arcelor Mittal, des accusations de ne pas respecter sa parole, bien qu'il ne se soit jamais engagé à préserver la filière chaude, mais seulement à préserver les emplois, accusations qui n'ont jamais été prononcées aussi intensément contre un président de la république, sans même provoquer la moindre réaction de la direction du parti socialiste.

    On voit bien l'isolement de François Hollande, il n'y a pas d'hollandisme dans son parti. L'aversion de Martine Aubry, secrétaire nationale du parti socialiste, que l'on constata lors des primaires socialistes, témoigne de l'anti-hollandisme de certains mammouths du PS.

    Que représente-t-il en potentialité électorale ? La droite du centre au FN est contre lui, la gauche du milieu des socialistes à l'extrême gauche ne lui apportent pas de soutien. Sa cote de popularité est de l'ordre de 40 % selon un sondage BVA réalisé les 13 et 14 décembre, donc après sept mois d'exercice. On voit bien que le hollandisme n'est qu'un mot. Les écologistes au gouvernement ont un pied dedans et l'autre dehors, ce qui fait désordre. L'argumentaire qui consiste à dire que l'appartenance à une majorité n'engage pas à toujours être de son avis ne fait que le nid de l'opposition. N'est-ce pas, avant de s'engager qu'il faut savoir ce que l'on veut, après c'est trop tard. Le parti de gauche de Mélenchon et les communistes n'hésitent pas à voter contre, même le budget, et le pacte de compétitivité qui sont pourtant loin d'être de droite.

    Dans notre 5ème république, qui n'est plus un régime de partis, crées des tensions qui n'existeraient pas si l'hollandisme était la culture des politiques de cette majorité.

    Ce que l'on peut dire c'est qu'il fut pris à la gorge dès son arrivée. L'Europe et Angela Merkel ne l'ont pas appréciés. Sa prise de position en forme d'ingérence pour Sarkozy pendant la campagne présidentielle, et les propos de François Hollande sur une renégociation du traité par l'introduction d'un volet croissance avec la mutualisation des dettes, n'ont rien arrangé.

    François Hollande est le fruit de Jacques Delors, et de François Mitterrand, donc un Européen, il ne pouvait être question pour lui de provoquer un conflit, il négocia donc au mieux pour ce volet croissance en s'appuyant sur l'Italie et l'Espagne, de la stratégie intelligente. Cela mit Angela Merkel en difficultés. Il n'obtient que 120 milliards pour ce volet qui furent jugés ridicules par la gauche, mais probablement durs à négocier. À la suite de cela, il adopta la règle d'or, puis le TSCG qui fit éclater, à gauche, une partie de sa majorité. Mais, il ne fut pas arrêté par ce chantage à gauche.

    Là dessus, il veut restituer une gouvernance respectueuse des institutions, ce qui tranche avec celle de Sarkozy. Il réduit son salaire et celui des ministres, et prend le train, fait respecter les feux rouges à son chauffeur ce qui fait la risée d'une bonne partie de la droite sans pour autant que son parti le soutienne, et que l'opinion approuve, cela fait petit pour un président de la république. Autant d'actions qui n'activent que des critiques journalistiques, attendant le moindre changement de comportement par nécessité de temps et de distance, pour enfoncer un clou sur la présidence normale. Si ces faits apparaissent futiles, par rapport à Arclor Mittal, ils n'en n'ont pas moins un impact, qui, à force, démoralise sont électorat.

    Ce qui frappe dans sa méthode c'est la recherche permanente du compromis, de l'équilibre. Cela manifestement ne plait pas. On n'arrête pas d'entendre qu'il ne sait pas ou il va. Mais c'est la seule politique raisonnable et la plus démocratique.

    Elle tranche avec celle du bulldozer Sarkozy, qui a fait beaucoup de vent, sans résultat.

    Sera-t-elle plus incisive sur les transformations en profondeur ? Il apparaît souvent indécis, l'équilibre des choses l'impose, peser d'un coté ou d'un autre demande de la réflexion, du temps. Est-ce de l'indécision, ou de l'intelligence, la peur de faire, on peut trouver toutes sortes d'hypothèses, mais une chose apparaît certaine, il veut être ferme tout en paraissant souple. Il est insaisissable. L'expérience d'Arcelor Mittal montre son calme devant cette tempête, combien seraient révoltés devant les accusations.

    Les trois élections partielles du 09/12/12, sont un premier avertissement pour la majorité, elles montrent bien la défection de son électorat ainsi que le manque d'enthousiasme à son parti de soutenir ses candidats. Cette morosité d'ensemble montre que pour le moment le hollandisme n'existe pas.

    L’état dans lequel se trouve la France, fit qu'il fut contraint à s'éloigner de son discours du Bourget, il dut agir dans la rapidité. Les emplois tombent comme de la grave-lotte, le chômage vient encore de s'aggraver au troisième trimestre de près de 41.700 emplois principalement dans l'emploi marchand et l'intérim, portant sur un an la perte de 56.000 emplois. Bien que ce chiffre soit très inférieur au 165.000 emplois perdus au seul premier trimestre 2009, il fut important de donner des gages aux industriels pour marquer que ce sont eux qui embauchent et qui font l'économie, d'autant que les impôts ont été notoirement augmentés, et que la taxe à 75 % fait un grand nombre de mécontents.

    Cette période transitoire est un calvaire pour la majorité, ses réformes demandent du temps entre le passage du sarkozysme au hollandisme. La réforme de la fiscalité, la mise en place de la banque d'investissement, le volet de compétitivité aux entreprises ne peuvent se faire immédiatement. Le budget vient d'être voté les sénateurs l'avaient rejeté. Là dessus il faut soutenir les plus fragiles. Les augmentations de l'énergie, essence, gaz électricité, (elle augmentera de 2,5 % début 2013), minent le moral des Français, et perdent confiance dans la possibilité pour François Hollande de remettre le pays en croissance, donc d'inverser la courbe du chômage.

    Il vient d'annoncer une année 2013 extrêmement difficile, la croissance prévue de 0,8 % ne sera pas maintenue d'après le FMI et les experts économiques, l'INSEE prévoit 0,1 % pour les deux premiers trimestres de 2013, mais ne prévoit pas de récession.

    Le gouvernement vient aussi d'annoncer une augmentation du RSA de 10 % sur cinq ans, en plus sur l'indexation annuelle sur l'inflation, ainsi que la création de 8.000 places d'hébergement supplémentaires, ainsi qu'un crédit aux particuliers afin de lutter contre le surendettement, et un relèvement du plafond de la CMU-complémentaire pour couvrir 500.000 personnes. Le RSA est de 474, 93 € pour une personne seule sans abattement logement, 10 % en cinq ans une misère, 9,5 euros par mois. Cette indexation prise en charge par les départements sera compensée intégralement par le gouvernement. Une dépense qui serait de l'ordre de 2,5 milliards sur la mandature. Serait-ce du hollandisme, oui si le hollandisme est aussi de penser aux plus fragiles.

    Mais alors ou peut-on trouver du hollandisme ?

    Emmanuel Todd en trouve un de révolutionnaire quand il déclare à Marianne le 16 octobre 2012 «dans cinq ans François Hollande sera un géant ou un nain».

    Le moral du pays est au plus bas et nous sommes en plein «Hollande blues».

    «Je suis historien et toujours dans le bonheur d'être débarrassé de Sarkozy. C'est quand même quelque chose qu'on peut déguster, non ? Si le président sorti avait été réélu, nous ne pourrions pas aujourd'hui débattre des problèmes économiques de la France. Nous serions encore en train de piapiater sur l'identité nationale, les Roms, les musulmans, les enseignants, les chômeurs et autres boucs émissaires, oubliant la débâcle industrielle et le déficit commercial. Vous vous rendez compte qu'Hollande a gagné la présidentielle malgré l'affaire Merah, malgré l'affaire du droit de vote des étrangers aux élections locales ? Comment être pessimiste dans ce pays qui a compris que les ultra-riches, plutôt que les pauvres, les fonctionnaires ou les étrangers, étaient responsables de la crise, dans cette nation qui a rejeté, il y a cinq mois, le côté obscur de la force. S'il le veut, quand il le voudra, Hollande pourra s'appuyer sur des forces sociales profondes et positives.

    Je voudrais rappeler comment mon hypothèse d'un «hollandisme révolutionnaire» avait été formulée pour maintenir sa validité : j'avais évoqué un mitterrandisme à l'envers. En 1981, Mitterrand arrive au pouvoir avec un programme très à gauche, de nationalisations, d'augmentations des salaires et des avantages sociaux. En 1983, tournant de la rigueur, adhésion du socialisme français au néolibéralisme, probablement inévitable dans le contexte mondial......».

    Mais encore, ou peut-on trouver du hollandisme ?

    Dans la mise en valeur des diplômés de l'ENA, ceux de sa promotion Voltaire. Pas un ministre du privé, mais des conseillers. À ceux qui ont reçu le savoir de l'état, et qui ont aguerris leurs connaissances pendant ces longues années dans l'opposition, de l'exercer. Toute cette logistique tranche avec celle de Sarkozy, le retour aux valeurs de la république. On entend parler de réformisme de gauche, balayé l'idéologie pour le pragmatisme devant les difficultés du moment. Si le hollandisme n'est pas encore instauré, cette gouvernance marquera un tournant politique, elle aura vu une gauche responsable, volontaire, faire face à une situation qu'aucun gouvernement n'eut à subir.

  • François Hollande réformateur dans les habits de la 5ème république,

    à la fois professeur et parfois gaullien, clair, précis, au dessus des autres, mais simple.

    Cliquez sur l'image.

    Support Wikipedia Cette conférence de presse met le microcosme journalistique devant ses contradictions, d'ailleurs ils ont été bien pâles à ce raout journalistique. 400 journalistes, peu enclins à poser des questions, dont certains n'avaient pas été avares de critiques sur sa normalité, sur son soi-disant virage, sur son flou politique. Je m'attendais à ce que ceux là mêmes soient incisifs mettant le président en contradiction avec lui même. Il n'en a rien été, bien au contraire, le président dû se poser des questions à lui même. Il n'a pas chargé Louis Gallois d'un rapport sur la compétitivité pour le mettre au panier comme d'aucuns le clamaient. Il ne considère pas qu'il a pris un virage, quel virage ? Mais qu'il a seulement ajusté la TVA de 19,6 % à 20 % et les 0,4 % et il les prend à son compte, et puis ces hausses n'interviendront qu'en 2014. Alors sont-elles de la TVA sociale ?

    Mais il a baissé à 5% celle qui était à 5,5 %. Quand aux intermédiaires c'est devenu 10 % avec toutefois deux regrets. Le premier concerne celle ou l'on bouffe sur un coin de table, celle qui fait grossir, celle qui coûte cher pour ce qu'elle est, celle qui reçut un cadeau de plusieurs milliards de Sarkozy, celle qui est une honte pour la France pays ou l'on mange le mieux, celle qui n'a pas respecté ses engagements, ne soit pas à 20 %. L'autre, celle des artisans qui donnent du travail qui ont des difficultés pourquoi ne pas l'avoir baissée à 5 % ?

    D'Hollande basching, il répond, je ne suis pas ébranlé,

    «je parle anglais couramment ou presque, je peux traduire cette expression, punchingball peut-être... J'ai une conception de la liberté de la presse qui fait que je ne suis touché par rien, et je la respecte. Il y a des excès, mon prédécesseur en a connus, des modes, des humeurs, des justifications. Il y a une méthode qui serait de ne pas la lire» mais elle vous arrive toujours, a-t-il plaisanté. «Je ne pense pas que les Français se déterminent simplement par rapport à ces impressions. J'ai la volonté d'être jugé sur ma constance, sur mes résultats», a-t-il poursuivi. «Mon trait de caractère, c'est ensuite de penser que cela se retourne. Je ne suis pas à l'âge où on écrit ses mémoires mais j'ai connu des situations tellement plus difficiles. Être président de la République me paraît être la meilleure réponse à mes détracteurs», a-t-il ajouté.

    En fait, il a fait une démonstration sur sa capacité à maîtriser les situations politiques, parfois professeur, même gaullien. On l'attendait, et c'est lui qui les a attendus. Il est président alors que l'on doutait qu'il le soit. Vous pensez il prend le train, il a toujours sa cravate de travers, et il est simple et gentil alors il ne peut réussir ? Médusés, ils l'ont été, maniant avec élégance son verbe, cherchant et maîtrisant les mots qui marquent, faisant des poses au bon moment, évitant de faire des erreurs qui vous suivent toute votre vie, et parlant un Français correct ce qui tranche avec son prédécesseur.

    Cette conférence de presse débuta par un rappel de ce qui avait été fait, il fallait bien le faire beaucoup n'impriment pas. Je livre le début de cette présentation que j'ai enregistrée.

    «Au début du mois de juillet le parlement à commencé son travail en relevant de 30 % l'allocation de la rentrée scolaire, le relèvement du SMIC, et le droit à la retraite à 60 pour ceux qui avaient commencés tôt leur vie professionnelle. Le parlement a déjà adopté des textes importants notamment le rétablissement progressif des comptes publics à travers le projet de loi de financement pour 2012, mais aussi la préparation de la loi de finance pour 2013, la lutte contre la vie chère en Outre-mer, le renforcement des dispositions contre le terrorisme, les emplois d'avenir, et le calcul budgétaire européen».

    «Mais est-ce une politique ? Ce n'est pas une accumulation de propositions de mesures aussi fortes soient-elles, ce n'est pas une addition de l'effort aussi utile soit-il, ce n'est même pas une comptabilité de promesses aussi respectueuses soient-elles. Une politique c'est une réponse cohérente et forte à la situation du pays. Or, qu'elle est-elle cette situation, elle est grave, mais je ne veux pas forcer le trait. J'avais dit d'ailleurs pendant la campagne qu'elles étaient les difficultés qui pouvaient nous atteindre, elles étaient grandes, et je n'ai pas hésité de revenir sur les responsabilités du passé, je constate ici, il est implacable. Le déficit dépasse 90 % de la richesse nationale, la dette publique a grossit de 600 milliards en cinq ans, le chômage est en hausse continue depuis 17 mois, la croissance est à la l'arrêt depuis près de deux ans, de décrochage productif est incontestable dès lors que la France figure au 17ème rang de la zone euro, il y a aussi quelques pertes continuent de compétitivité depuis 10 ans, une alternance change le pouvoir mais elle ne change pas la réalité».

    Peut-on dire que sur ces 2 heures et quelques 40 minutes, il a donné l'espoir qu'attendent les Français ? En fait non, par ce qu'il n'a pas voulu vanter sa politique, seulement montrer ce que beaucoup ne veulent pas entendre. Il n'a pas non plus donné de faux espoirs, mais simplement la faire comprendre, en répétant plusieurs fois qu'il en était le responsable puisque le président. «Je suis un président aujourd'hui responsable, pleinement responsable, responsable de tout mais qui ne décide pas de tout». « Je veux respecter nos institutions», a-t-il poursuivi, affirmant sa volonté de ne «pas se substituer» aux ministres. «La présidence de la République exige de la hauteur, de l’élévation» et «en même temps je veux garder de la simplicité autant qu'il est possible », a-t-il déclaré.

    «J'ai fait le choix du redressement. Je ne prépare pas le sort d'une prochaine élection, mais le sort d'une prochaine génération». Il veut être jugé à la fin de son mandat de cinq ans sur le chômage est sur la dette, il a donc demandé aux Français d'attendre malgré leur impatience.

    Je suis un président, il avait le besoin de le répéter, mais c'est vrai qu'il est simple pour un président. Nombreux sont ceux qui ne l'ont pas encore admis, rêvant d'un quelconque retour de Sarkozy. Tranquille il l'a été, comme la force de François Mitterrand. On l'attendait sur le virage de sa politique, répondant qu'il n'avait pris aucun virage notamment sur la compétitivité. «Depuis six mois, j’ai fait mes choix et je m’y tiens sans avoir besoin de prendre je ne sais quel tournant, je ne sais quel virage car les choix sont conformes à mes engagements, à mes principes et aux intérêts de la France». En fait il n'a rien promis, et dit de ce qu'il ferait, sinon que le prolongement de ce qu'il a engagé, la réduction du chômage et de notre dette.

    Sur le vote des étrangers non communautaires, il a prit une position pragmatique n'ayant pas la majorité des 3/5 des deux chambres. Quant à un référendum, pas dans la situation actuelle, peut être si elle venait à se dégager en décidant des voix d'opposition à voter pour. Ce n'est pas enterré, mais au placard pour de longs mois.

    François Hollande a insisté sur son bilan Européen.

    «Nous sommes la France, un pays majeur en Europe. Une France affaiblie serait une Europe impuissante. Le premier de mes choix est la réorientation de l'Europe. J'y ai consacré tous mes jours depuis que je suis ici à l’Élysée. J'ai demandé au gouvernement de traiter au Parlement du traité budgétaire européen. C'était l'intérêt de la France et de l'Europe. Une deuxième étape, plus discrète, s'est jouée le 18 octobre, avec l'union bancaire. Nous y sommes parvenus. J'ai pu enfin faire introduire la taxe sur les transactions financières. L'idée courait depuis longtemps. Reste la question de la Grèce. La Grèce attend de recevoir le soutien de l'Europe et du FMI, un soutien qui lui a été promis et qui lui est dû, pour terminer aussi avec ce qui a été un doute pour l'intégrité de la zone euro». C'est par la solidarité et non pas l'austérité sans fin que seront atteint les objectifs de déficits publics par ailleurs impérieux.

    Sur l'Europe, il est pour une Europe a plusieurs vitesses, il est pour que la zone euro se structure davantage, il est pour que même au sein de la zone euro des pays puissent aller plus vite que d'autres, c'est le sens de la taxe sur les transactions financières 11 pays sur les 17 dit-il.

    La réduction des déficits et les impôts.

    Il assume les 20 milliards de prélèvements supplémentaires, et les 10 milliards d'économie du budget 2013. Comment faire autrement pour réduire notre dette quand on voit que les politiques d'austérité appliquées, sans augmentation d'impôt, par les autres pays du sud de la zone euro, ne conduisent qu'à plus de misère en accroissant leur déficit. Notre dette nous coûte chaque année plus que ce que coûte notre éducation nationale, il faut en avoir conscience. La question est de savoir ce que Nicolas Sarkozy aurait fait s'il avait été réélu ? Continuer la même politique qu'il avait faite, on a vu le désastre. Il était contraint d'augmenter les impôts d'ailleurs «les riches» ne se sont pas trompés, ils sont partis bien avant même l'élection de François Hollande. Il a donc demandé au premier ministre de «mener à marche forcée le rétablissement des comptes publics cet effort est compensé par deux principes, la justice, en demandant aux plus favorisés de faire l'essentiel du sacrifice. Et l'emploi, tous les dispositifs en faveur des PME ont été préservés». Il a justifié la réforme de l'ISF, la taxe à 75 % pour deux années, et une réforme de notre système social.

    La loi bancaire.

    Plusieurs fois pendant la campagne il a mis en avant la nécessité de séparer les activités de dépôt de crédit de celles liées à la spéculation. «Cette réforme interdira aussi les produits toxiques et mettra de l'ordre dans les rémunérations comme dans les bonus a-t-il déclaré».

    Le cumul des mandats.

    Il a justifié le rapport Jospin affirmant qu'il allait le traduire rapidement en consultant les forces politiques. «Ses conclusions, pour l'essentiel, je les fais miennes». «Le non-cumul des mandats, nous le ferons, et l'introduction d'une part de proportionnelle», nous en discuterons avec les forces politiques. «La fin de l'immunité du chef de l’État tant en matière pénale que civile, et la création d'une Haute Autorité de déontologie pour prévenir les conflits d'intérêts», ce qui est devenu une obligation. «Dès le début de l'année prochaine, un texte sera préparé par le gouvernement». Ce projet de loi, pour une part, «se retrouvera dans une révision de la Constitution et intégrera aussi la réforme du Conseil supérieur de la magistrature, indépendance de la justice oblige».

    Le pacte de compétitivité.

    «Le décrochage productif est le mal français. Y répondre, c'est la meilleure façon de montrer aux ouvriers de ce pays que nous sommes à leurs côtés. Un rapport a donc été demandé à monsieur Gallois, devenu depuis une référence nationale, et j'en suis heureux. Nous avons demandé un rapport, c'est pour qu'il soit appliqué. Aussitôt remis, aussitôt traduit, 24 heures pour décider. Un pacte pour rassembler le pays».

    Sentant que sur ce sujet il a été accusé de virage, beaucoup d'interrogations se faisaient. Il a montré sa méthode pour que les choses se fassent dans l'ordre, d'abord un rapport commandé à Monsieur Gallois pour qu'ensuite il soit appliqué. Ce pacte, dit-il, vise à produire mieux, tourné vers les PME pour les aider à se développer. «C'est un exercice de vérité sur le coût du travail qui n'est pas tout, mais qui est tout sauf rien».

    «Ce que je voulais, c'est donner de la visibilité aux chefs d'entreprises, de la sécurité pour les salariés, de la stabilité aux investisseurs et de la confiance aux consommateurs comme aux épargnants. Faire un choc, cela faisait chic paraît-il. Mais l'économie n'aime pas les chocs. Les acteurs réclament au contraire de la visibilité, de la stabilité, et pas de l'improvisation. Ce pacte s'étalera sur trois ans».

    Et puis, il se mit à professer sur le crédit d'impôt. «Il sera simple, sans aucune formalité administrative, rapide et efficace. Ce n'est pas un cadeau, c'est un levier».

    Puis ce fut le coup politique, la Syrie.

    La reconnaissance du gouvernement de l'opposition syrienne comme unique incarnation de la légitimité politique de la Syrie. «La France reconnaît la Coalition nationale syrienne comme la seule représentante du peuple syrien et donc comme le futur gouvernement de la Syrie démocratique, permettant d'en terminer avec le régime de Bachar Al-Assad», Et puis, «dès lors qu'il y aura un gouvernement légitime de la Syrie», la question des livraisons d'armes «sera reposée à tous les gouvernements, pas seulement la France, qui reconnaissent ce gouvernement syrien».

    Vidéo conférence de presse du 13 novembre 2012

    Conférence de presse de François Hollande - 13... par publicsenat

  • Hollande, je ne peux pas faire en quatre mois ce que Sarkozy n'a pas fait en cinq ans,

    pour répondre à l'hypocrisie de ceux qui voulaient tirer immédiatement le résultat de leur vote.

    Support Wikipedia Tout d'abord, l'hypocrisie de Claire Chazal lorsque d'emblée elle lui dit que c'est sur sa demande que cette interview à lieu. Or, j'avais bien noté que c'était à la demande de TF1 qu'il l'accordait, nuance. Vérifications faites c'est bien à la demande de TF1. François Hollande n'a pas relevé cette fausse annonce, laissant Claire Chazal à ses contradictions. Comment pourrait-il demander à TF1 une interview alors que cette chaîne d'obédience droitière ne cesse de critiquer les socialistes ! En fait, le changement c'est maintenant, slogan de campagne, et jouer sur les mots par Mélenchon et les communistes, accusant ce gouvernement de ne pas en avoir fait assez en quatre mois, montre bien l'irréalisme de cette gauche politique. Les Français savent bien que c'était le changement de politique de droite à gauche et que pour le changement dans le détail c'était sur cinq ans. En outre, les engagements que vient d'annoncer François Hollande ne sont pas un revirement comme l'opposition le clame hypocritement, n'ayant jamais caché qu'il voulait réduire notre déficit et engager plus de justice dans l'impôt. Elle sait bien que remettre la France sur de bons rails, vivre avec une dette de 1.700 milliards d'euros, demande plus de quatre mois, et même plus de cinq ans ! Le passé compte, il pèse mais je dois engager l'avenir clame-t-il !

    100 jours pour rien clamait Mélenchon faisant ainsi le jeu de la droite.

    Le changement c'est l'alternance que des Français attendaient depuis dix ans. L'inquiétude, il y en a, le chômage, la précarité, l'injustice, et il se donne deux années pour la situation s'améliore. C'est tout à fait réaliste, entre une loi votée et son application ressentie il faut au minimum 15 mois et là il joue franc jeu.

    «Il y a de l'attente, il y a de l'inquiétude avec le chômage qui augmente, la croissance en berne. Le gouvernement n'a pas perdu son temps, il a agi rapidement sur le pouvoir d'achat, la rentrée scolaire, le Smig, l'encadrement des loyers, le prix de l'essence, même si c'est certes insuffisant». Et d'ajouter les emplois d'avenir et les contrats de génération. Ce qu'il veut c'est que les Français vivent mieux dans cinq ans. Mais aussi que les Français soient des patriotes, et responsables qu'ils croient en l'avenir et qu'ils acceptent le sacrifice demandé. Et de citer le sacrifice de nos soldats devant l'évasion fiscale des plus fortunés. Un chef de l’État se doit d'exiger la cohésion nationale et la fierté d'être Français. Et sur ce point de citer la polémique de la demande de la nationalité Belge par Bernard Arnault. Que doivent penser ceux qui nous regardent, la France est un grand pays. Il aurait dû mesurer ce que c'est d'être Français, et là l'opposition, sans la citer, qui déploie à tout vent le drapeau Français, en prend plein la figure.

    Sur le sacrifice il n'a pas caché ses intentions avec l'effort budgétaire à réaliser. Deux ans pour à la fois mettre en œuvre une politique pour l'emploi, la compétitivité et le redressement des comptes publics.

    Il veut fixer le cap, le rythme, l'agenda face à un chômage élevé, une compétitivité dégradée, des déficits considérables et un endettement historique. Et bien souvent, il n'hésita pas à mettre en cause l'action du précédent gouvernement quand il déclara que les 15.000 Roms étaient là quand il est arrivé malgré le discours de Grenoble de Sarkozy. De même sur la sécurité citant les 15 assassinats à Marseille depuis le début de l'année. Justifiant ainsi l'action du ministre de l'intérieur Manuel Valls dans le respect de la loi. Informant en outre, que Manuel Valls se rendrait en Roumanie pour traiter le problème dès sa source.

    Il s'engage à parler de façon périodique aux Français pour faire le point sur la situation, sentant la nécessité de rassurer. Il sait très bien que rien ne sera facile et que les critiques deviendront de plus en plus violentes. Le plan de 33 milliards d'euros d'économie budgétaire et de hausses d'impôts pour 2013 encore jamais réalisés en 30 ans feront qu'il sera accusé d'austérité, mais montrant au fur et à mesure de l'interview sa ferme volonté, il est apparut très incitatif. Cela devrait satisfaire ceux qui critiquaient sa mollesse.

    Globalement il n'a fait que confirmer ce que nous avions déjà et que beaucoup voulaient ignorer. Sa politique, donner au corps intermédiaires toutes leurs responsabilités. Cela se remarque sur la réforme du marché du travail ou il attend le résultat des négociations engagées ou les partenaires sociaux peuvent trouver un compromis historique. Il engage une position de combat sur l'emploi. Protéger mieux les salariés et permettre aux entreprises la souplesse d'emploi, du donnant donnant. Il évoque la possibilité du travail partiel en cas de période difficile mais dans le cas d'un dialogue social. Michel Sapin à transmis vendredi 07 aux syndicats et au patronat le document cadrant les discussions. Dans ce document sont évoquées quatre pistes de travail, «réduire la précarité sur le marché du travail», «progresser dans l'anticipation des évolutions de l'activité», «améliorer les dispositifs de maintien de l'emploi face aux aléas conjoncturels, «et améliorer les procédures de licenciements collectifs». Michel Sapin a souhaité que ces négociations mènent à un accord, au plus tard en 2013. «Il ne règlera pas bien sûr par magie toutes les difficultés de notre marché du travail, mais il permettra de refonder en profondeur une sécurisation de l'emploi pour les salariés et les entreprises». Les salaires ne doivent pas être seuls la base du prélèvement pour notre avenir. Il attend les conclusions de la commission Gallois sur le sujet. Il n'a pas exclu une hausse de la CSG et il a envisagé une contribution écologique qui pourrait être mise en œuvre en 2013. S'il n'y a pas d'accord l’État prendra ses responsabilités a-t-il clamé.

    Toujours sur les salaires, il justifia la fin des heures supplémentaires défiscalisées. Quand il y a 3 millions de chômeurs, «comment admettre que leur heure de travail coûte plus chère qu'une heure supplémentaire ?», c'est une bataille contre le chômage. Mais elles seraient maintenues pour les entreprises de moins de 20 salariés.

    Le gros morceau fut bien sur les 33 milliards que le gouvernement doit trouver pour ramener le déficit sous la barre des 3 % du PIB en 2013. Comme il l'avait annoncé, le plan comporte trois volets. 10 milliards seront demandés aux ménages, aux plus favorisées notamment. 10 milliards pour les entreprises qui ont bénéficié des avantages fiscaux ces dernières années. Cependant, il veut protéger les PME et PMI en ponctionnant davantage les grands groupes sur les niches fiscales. Et 10 milliards d'économies sur les ministères, hors Éducation, Sécurité et Justice. Pas un centime de plus qu'en 2012 ne sera dépensé outre les trois priorités évoquées.

    Cette hausse d'impôts, «c'est l'effort pour tous», a-t-il ajouté, précisant toutefois sur le gel du barème de l'impôt déjà introduit par le précédent gouvernement que, «pour les deux première tranches, il y aurait un système de décote», ce que n'avait pas fait Sarkozy. Cela permet d'éviter que les ménages non-imposables le deviennent uniquement en raison du gel du barème. Ce gel ferait que 16 millions de personnes sur 36 millions verraient leur impôt augmenter de 2 % environ.

    Sur la croissance le gouvernement doit établir le projet de loi de Finances 2013 en fonction d'une prévision de croissance «réaliste», à savoir «sans doute 0,8%». «Je ne veux pas que l'on puisse imaginer que l’État prépare son budget avec des hypothèses qui se révéleraient fausses». Quand au déficit, Pourquoi le réduire ? Il s'agit de notre souveraineté, de notre indépendance par rapport aux marchés. Il faut faire le sérieux budgétaire et la croissance, c'est ce que je propose pour l'Europe.

    Sur la tranche d'imposition à 75 % pour des revenus supérieurs à un million d'euros, cette proposition pendant la campagne était symbolique. Il s'est montré ferme pour que cette taxe s'applique à tous sportifs, écrivains, et artistes pendant deux années le temps du redressement, alors que des bruits couraient sur des aménagements en introduisant le nombre de parts dans le calcul de l'impôt. Seuls les revenus du travail sont concernés. François Hollande n'a pas précisé ses modalités laissant au gouvernement et aux parlementaires le soin de les fixer, cela entre dans le cadre du partage des responsabilités, à chacun sa fonction, préservant ainsi l'équilibre des institutions. Néanmoins, cette taxe serait affectée des autres impôts déjà versés, tels que l'impôt sur le revenu, jusqu'à 45% pour la nouvelle tranche d'imposition marginale au delà de 150.000 euros, la CSG 7,5% et la CRDS 0,5%, probablement afin d'éviter une censure du Conseil constitutionnel estimant que cette taxe est confiscatoire, voir, Jamais depuis des décennies, un gouvernement n’a été confronté....

    Quant à Bernard Arnault, il juge que sa décision de prendre la nationalité Belge n'avait rien à voir avec cette taxe puisqu'il décide de continuer à payer ses impôts en France. Un bon exemple pour ceux qui veulent partir et pour l'opposition qui soutien une politique d'évasion fiscale.

    PSA Aulnay, les partenaires sociaux «doivent trouver des compromis pour qu'il y ait moins d'emplois supprimés et plus de reconversions et l’État accompagnera ce mouvement de reconversions». Il applique ainsi sa politique laissant aux syndicats le dialogue social qui est leur fonction. L’État ne doit pas se mêler de tout et s'il intervient ce n'est qu'en dernier recours.

    Restait le cas Jean-Marc Ayrault c'est «un homme sérieux» avec qui «j'ai toujours travaillé en bonne intelligence». «Je ne me défausse pas sur le Premier ministre. Je suis en première ligne».

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