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gaza - Page 2

  • Bernard Henri Levy,

    romancié, cinéaste, éditorialiste, et tête de file des nouveaux philosophes.

    Personnage mondialement connu, présent sur tous les sujets politiques français et mondiaux, un homme important dont on rapporte les propos, un penseur jugé utile en quelque sorte. Une présence médiatique à faire pâlir plus d'un politique, lorsqu'il bat d'un sourcil, lorsqu'il parle aussitôt la presse en parle, un homme qui a un mot sur tout, tout ce qu'il écrit est publié, il fait parti de ce fait de notre quotidien en quelque sorte.

    Il est des personnages qui occupent la scène, qui donnent un avis qui, lorsqu'ils ne sont pas content l'expriment, c'est ce qu'il vient de faire dans un éditorial écrit dans Israël Valley ou il «J'accuse comme Zola» Libération en l'assommant.

    On connait tous son penchant marqué pour Israël, ce n'est pas une tare, c'est son droit d'autant que nombre d'Israéliens sont cultivés, intelligents, courageux. J'en ai connu des sympas des humains qui avaient souffert du fascisme et même près de chez moi certains ne sont jamais revenus de leur voyage pour le camp de Drancy. Or ceux qui dirigent ce pays, sont très différents de ceux que j'ai fréquentés au point qu'ils ne me paraissent pas dignes de leurs ancêtres ne connaissant que la force pour imposer leur hégémonie.

    Bernard Henri Levy s'est élevé contre le titre de Libération qualifiant Israël «d'État pirate», comment est-ce possible que d'un coup d'un seul il ne soit plus intelligent ? Comment qualifier l'arraisonnement d'un navire par un groupe armé dans des eaux internationales autrement que le terme de piraterie ? N'est-ce pas ce que faisaient les Corsaires pour piller les navires et en prendre le contrôle. Ce qu'a fait Israël est du même ordre, il attaque le navire Turc amiral Mavi Marmara d'une flottille de 6 bateaux, en prend le contrôle au terme d'un bain de sang et emmène l'ensemble dans le port Israélien d'Ashdod ou il débarque les 10.000 tonnes de l'aide humanitaire. Comment qualifier autrement cet acte de guerre ?

    Or, Israël n’a aucune autorité dans les eaux internationales,

    L’agression est intervenue dans les eaux internationales. La Convention des Nations-Unies sur le droit en haute mer résulte des accords de Montego Bay (1982) n’ont pas été ratifiés par Israël, mais les dispositions garantissant en haute mer la liberté de circulation et l’interdiction pour tout État d’y exercer des actes militaires ont incontestablement valeur coutumières, et sont donc opposables à Israël. Voir aussi le droit de la mer sur Wikipédia et ses connexes.

    Article 87
    La haute mer est ouverte à tous les États qu'ils soient côtiers ou sans littoral. La liberté de la haute mer s'exerce dans les conditions prévues par les dispositions de la Convention et les autres règles du droit international. Elle comporte notamment pour les États, qu'ils soient côtiers ou sans littoral. Elle comporte :

    a)la liberté de navigation.

    b) la liberté de survol,

    c) la liberté de poser des câbles et des pipelines sous-marins, sous réserve de la partie VI,

    d) la liberté de construire des îles artificielles et autres installations autorisées par le droit international, sous réserve de la partie VI,

    e) la liberté de la pêche, sous réserve des conditions énoncées à la section 2,

    f) la liberté de la recherche scientifique, sous réserve des parties VI et XIII.

    2. Chaque État exerce ces libertés en tenant dûment compte de l'intérêt que présente l'exercice de la liberté de la haute mer pour les autres États, ainsi que des droits reconnus par la Convention concernant les activités menées dans la Zone.

    Article 88
    La haute mer est affectée à des fins pacifiques.

    Article 89
    Aucun État ne peut légitimement prétendre soumettre une partie quelconque de la haute mer à sa souveraineté.

    Article 90
    Tout État, qu'il soit côtier ou sans littoral, a le droit de faire naviguer en haute mer des navires battant son pavillon, voir la suite sur la Convention des Nations-Unies.

    Or, Monsieur Bernard Henri Levy, l'impunité dont jouit Israël l'encourage à de nouveaux crimes, je regrette ce terme, mais je n'en ai pas trouvé d'autre pour qualifier cet acte de piraterie. C'est sur cette impunité que vous devriez vous élever et vous feriez en faisant cela un acte réfléchit.

    Bien entendu vous avez jugé stupide l'assaut mené au large de Gaza contre le Mavi Marmara. Mais seulement stupide et non criminel, ce n'est pas de la même importance. Mais le terme assaut que représente-t-il ? Il s'applique à des troupes, a des chars, à une forteresse ...C'est donc bien un acte de guerre qui forcement est stupide comme toutes guerres d'ailleurs.

    Vous ne pouvez accepter le flot d'hypocrisie de mauvaise foi et, à la fin des fins, de désinformation qui semblait n’attendre que ce prétexte pour, comme chaque fois que l’État juif commet une erreur et trébuche, s’engouffrer dans la brèche et déferler dans les médias du monde entier. Mais, avez-vous réfléchit le pourquoi ? N'est-ce pas le comportement d'Israël qui veut cela ? Mais si voyons, quand il fait un blocus de Gaza depuis juin 2007 ou sont enfermés plus de 1,6 millions de personnes dans 360 km² dans un état de pauvreté maintenu à la limite de la famine que voulez-vous que les hypocrites pensent d'autre ? Et tout cela pour le malheureux soldat Gilad Shalit prisonnier du Hamas on prive de liberté un peuple entier, mais de qui est le crime ? Par contre, je vous suis lorsque vous écrivez,

    «la plus élémentaire honnêteté voudrait déjà que l’on précise : par Israël et par l'Égypte ; conjointement, des deux côtés, par les deux pays identiquement frontaliers de Gaza ; et ce, avec la bénédiction à peine déguisée de tous les régimes arabes modérés», cela est exact nombres d' Arabes sont lâches. Mais,

    «trop heureux de voir autrui endiguer, pour le compte et la satisfaction de tous, l’influence de ce bras armé, de cette base avancée, un jour, peut-être, de ce porte-avions de l’Iran dans la région», là je ne peux être de votre avis.

    Je ne veux pas refaire l'histoire de ce conflit que vous connaissez surement mieux que moi, mais seulement, comment voulez-vous qu'il en soit autrement ? Israël ne tient compte d'aucune résolution des Nations-Unies, il colonise à tout va en Cisjordanie territoire Palestinien depuis 1967 et ce malgré que le Fatah à reconnu à l'existence d'Israël. De plus, il expulse de leur maison les Palestiniens de Jérusalem sous le prétexte qu'ils n'avaient pas de permis de construire alors qu'ils habitent cette ville depuis toujours. Quand aux Palestiniens de Gaza, comment voulez-vous qu'ils reconnaissent Israël quand ce pays se comporte de la sorte avec le Fatah ! En outre, Israël déclare le Hamas d'organisation terroriste comment admettre d'être écrasé par les bombes de Plomb Durci, quand Israël détient plus de 10.000 Palestiniens dans ses prisons et tue sans le moindre égard ces hommes du Hamas. Les Palestiniens de Gaza ne font que se défendre et si le Hamas a pris le pouvoir sur cette bande de terre c'est bien la conséquence de l'hégémonie du gouvernement Israélien.

    En fait Bernard, je deviens familier excusez-moi, ce que cherche Israël n'est-il pas d'annexer la Palestine et d'envoyer les Palestiniens ailleurs dans les pays arabes, en particulier dans le désert du Sinaï. Combien sont-ils en Jordanie ? Nombreux n'est-ce pas ! Alors je trouve logique que le Hamas se défende que ferait la France dans de pareilles conditions ? Israël ne veut pas la paix, il ne veut pas que le peuple Palestinien ait un territoire c'est à dire qu'il devienne un État.

    L'origine de l'État d'Israël vient des suites de l'Holocauste ou des millions de juifs ont été criminellement tués par le régime fasciste Hitlérien. L'occident pour laver cette tâche indélébile à fondé Israël sur un territoire partagé à l'époque par les Palestiniens et les juifs, obligeant par la force les Palestiniens à accepter alors qu'ils n'avaient rien fait contre ces malheureux. Pourquoi un territoire n'a-t-il pas aussi été donné à ce peuple de la Palestine. C'est donc une profonde injustice qui se perpétue depuis plus de 48 années.

    Quand vous écrivez, «il n’empêche pas que passent, tous les jours, depuis Israël, entre 100 et 120 camions chargés de vivres, de médicaments, de matériel humanitaire en tout genre ; l’humanité n’est pas «en danger» à Gaza ; c’est mentir que de dire que l’on «meurt de faim» dans les rues de Gaza-City», c'est vrai on ne meurt pas de faim à Gaza parce qu'il y a ces fameux tunnels, le blocus ne laisse passer que le minimorum de ce qui serait nécessaire, voir mon article «les chemises noires de Gaza» .

    Dans votre texte il y a quelque chose qui ne passe pas,

    «les enfants Gazaouis n’ayant jamais rien été d’autre, pour le gang d’islamistes qui a pris le pouvoir par la force il y a trois ans, que des boucliers humains, de la chair à canon ou des vignettes médiatiques, leurs jeux ou leurs désirs sont la dernière chose dont on ait, là-bas, le souci, mais qui le dit ? qui s’en indigne ? qui se risque à expliquer que s’il y a, à Gaza, un preneur d’otages, un profiteur sans scrupule et froid de la souffrance des gens et, en particulier, des enfants, bref, un pirate, ce n’est pas Israël mais le Hamas ?»

    Alors expliquez pourquoi que pendant la guerre Plomb Durci aucun journaliste n'a été autorisé à voir ce qui se passait sous le prétexte qu'ils pouvaient y perdre leur vie ! Prétexte fallacieux, puisque c'est leur métier de rendre compte au monde les atrocités qui y sont commises. Expliquez aussi pourquoi Israël s'est opposé au rapport Glodstone, comme il s'oppose à toute enquête pouvant justifier tel ou tel fait.

    «En fait vous convenez dans le reste de votre article qu'Israël refuse l’enquête demandée par un conseil des droits de l’homme des Nations unies où règnent ces grands démocrates que sont les Cubains, les Pakistanais et autres Iraniens, ce dont Israël ne veut pas c’est d’une démarche du type de celle qui aboutit au fameux rapport Goldstone commandé, après la guerre de Gaza, par la même sympathique commission et où l’on vit cinq juges, dont quatre n’avaient jamais fait mystère de leur antisionisme militant, boucler en quelques jours 575 pages d’interviews de combattants et de civils Palestiniens menées (hérésie absolue, sans précédent, dans ce type de travail !) sous l’œil des commissaires politiques du Hamas, ce à quoi Israël a prévenu (et comment le lui reprocher ?) qu’il n’apporterait pas sa caution à la mascarade de justice internationale que serait une enquête bâclée, aux conclusions connues d’avance et ne visant qu’à traîner, comme d’habitude, de façon parfaitement unilatérale, la seule et unique démocratie de la région au banc des accusés».

    Ce que vous écrivez est accusatoire et sans preuves contre l'honnêteté des personnes que vous citez et tout cela n'est pour vous qu'une mascarade de justice, c'est là que vous n'êtes pas à la hauteur de ce que vous prétendez.

    Ne vous étonnez donc pas qu'Israël ne soit pas aimé. Ce n'est pas de l'antisionisme c'est tout simplement une réponse aux dirigeants de ce pays qui ont oubliés les souffrances de leurs anciens et qui donnent le sentiment d'être parfois aussi fascistes que ceux qui voulaient les exterminer.

  • Les chemises noircies de Gaza,

    c'est un reportage du Monde du 30 mai 2010.

     

    Vous connaissez ma sensibilité pour ces Palestiniens enfermés par terre et mer le long de la Méditerranée sur une bande de terre de ≠ 360 km² avec une densité ≠ 3800 hab/km² pour une population de 1.500.202 habitants en 2008. L'image suivante montre ce qu'est Gaza, territoire non reconnu internationalement comme faisant parti d'aucuns pays, mais qui néanmoins existe. Conséquence de ignominie occidentale qui a tout fait pour qu'Israël existe en laissant les Palestiniens à leur triste sort agglutinés sur cette terre rejetés puis oubliés des puissances occidentales par ce que le Hamas, mouvement de résistance Islamique, classé terroriste par de nombreux États Européens, mais non par l'ONU, dont le programme politique est l'instauration d'un État Palestinien sur toute l'ancienne Palestine.

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    Tiré de Wikipédia.

    On sait que Gaza a été occupé par les Égyptiens à la fin du conflit israélo-arabe de 1948 puis à la guerre des six jours en juin 1967 par les Israéliens. Ils installèrent à leur tour une administration militaire qui durera de 1967 à l'avènement de l'Autorité Palestinienne en 1994, puis au démantèlement de l'intégralité des blocs de colonies Israéliennes en 2005.

    En octobre 2004, le plan de désengagement Israélien est validé par la Knesset et les opérations de retrait commencent officiellement le 15 août 2005.

    Le 16 septembre 2005, l'ONU reconnaît officiellement l'application par Israël du retrait de la bande de Gaza mais pas la fin de l'occupation militaire suite au contrôle frontalier du territoire par Israël. Le poste-frontière de Rafah est confié à une mission Européenne en novembre 2005. Israël décrète unilatéralement le statut de frontière internationale fin 2005.

    Le 25 janvier 2006, le Hamas remporte les élections législatives Palestiniennes de 2006 avec la majorité des suffrages, 42,9 % sur l'ensemble du corps électoral.

    Le 25 juin 2006, la capture d'un soldat Israélien, Gilad Shalit, à la frontière entre la bande de Gaza et Israël, marque la perte du contrôle de ce territoire par le Président Mahmoud Abbas. Il parvient difficilement en février 2007 à la signature d'un accord sur un gouvernement d'union nationale Palestinien. Toutefois, après plusieurs mois de combats intermittents avec le Fatah.

    Le Hamas prend le pouvoir à Gaza en juin 2007.

    Les événements qui conduisent à la prise de contrôle complète de la bande de Gaza par le Hamas sont qualifiés de guerre civile Palestinienne par les médias internationaux.

    Le 19 septembre 2007, la bande de Gaza est déclarée «entité hostile» par Israël. Cette bande de Gaza est donc depuis 1948 soumise à des occupations Égyptienne et Israélienne jusqu'en 2005.

    Depuis juin 2007 Gaza est sous blocus Israélien.

    Le 27 décembre 2008 une opération militaire dans la bande de Gaza est déclenchée par des raids et bombardements aériens suivis par une offensive terrestre lancée le 3 janvier 2009. L'objectif déclaré des Israéliens était de mettre fin aux tirs de roquettes Qassam du Hamas sur le territoire Israélien, en particulier sur la ville voisine de Sderot, et à son réapprovisionnement en armement, en s'en prenant aux militants du Hamas et en détruisant des infrastructures qu'il utilise, en particulier les centaines de tunnels creusés sous la frontière entre la Bande de Gaza et le Sinaï Égyptien. Cette opération militaire jugée très disproportionnée par la communauté internationale a reçu le nom plomb durci, elle a fait plus 1400 morts de coté Palestinien et 13 coté Israélien quand aux dégâts ils sont immenses, voir mes 17 articles sur Gaza le conflit israélo-palestinien. Depuis cette guerre la situation ne s'est pas améliorée et l'économie souterraine par les tunnels est florissante puisque étant quasiment la seule source d'approvisionnement en biens matériels, en nourriture, et en armement. Le reportage présenté par Le Monde.fr me donne l'occasion de rappeler la misère de ces populations maintenue au seuil d'un désastre humanitaire par Israël.

    Une flottille humanitaire internationale de six bateaux fait actuellement route vers Gaza, elle est chargée d'aide pour les Gazaouis avec 10.000 tonnes de matériel médical, de construction, et d'autres fournitures. Son but est de rompre le blocus Israélien et Égyptien.

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    Dix-neuf parlementaires européens et un rescapé de l'Holocauste, actuellement sur l'île, souhaitent gagner les navires qui seront ancrés dans les eaux internationales et qui transportent déjà des centaines de militants pro-palestiniens. Dénonçant une provocation, l'Etat hébreu a déjà promis d'intercepter les bateaux qui s'approcheraient de la Bande de Gaza.«Nous ne laisserons pas passer cette flottille, cela nuit à la sécurité d'Israël», a déclaré samedi sur Channel 10 le vice-ministre des Affaires étrangères Danny Ayalon. Après avoir été bloquée près de Chypre elle a repris sa route vers Gaza ou elle devrait arriver au large dans l'après-midi du 30 mai.

    Les chemises noires de Gaza

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    L'armée israélienne n'autorise l'importation que de 81 produits. La cannelle est permise, mais pas les fruits au sirop. FRÉDÉRIC SAUTEREAU, Le Monde.

    Ce devait être la livraison miraculeuse, comme une bouffée d'air frais en plein désert. A la mi-avril, quand Hamza Abou Helal, importateur de textile à Gaza, a vu arriver ses premiers conteneurs en l'espace de trois ans, il s'est précipité sur la cargaison, a déchiré les cartons, ouvert l'emballage plastique et... manqué défaillir.

    Les chemises made in China, avec son patronyme brodé sur l'étiquette, exhalaient une odeur pestilentielle. Plus de la moitié du chargement était maculée de moisissure. Huit mille articles bons à jeter, victimes du blocus israélien. «De la Chine à Ashdod, le grand port israélien, au nord de Gaza, les conteneurs ont mis vingt-cinq jours, raconte le malheureux, face à un tas de vêtements en état de putréfaction avancée. Mais d'Ashdod à Gaza, il a fallu trois ans durant lesquels ma commande a pourri à petit feu».

    Les déboires d'Hamza Abou Helal en disent long sur la mécanique du bouclage Israélien de Gaza, où se mêlent hantise sécuritaire, bureaucratie ubuesque et calculs politiques, le tout empaqueté dans un feuilleton interminable aux accents tragi-comiques. A la faveur de la trêve de l'été-automne 2008 et de l'allégement du blocus qui avait suivi, le marchand Gazaoui avait dédouané une partie de ses commandes, entreposées sur les docks d'Ashdod depuis juin 2007, date de la prise du pouvoir du Hamas à Gaza et du verrouillage des points de passage avec Israël.

    Les camions avaient pris la route de Kerem Shalom, l'unique canal de ravitaillement de l'enclave, par où transitent les rares produits autorisés par le ministère israélien de la défense. Mais au mois de décembre 2008, avec le démarrage de la guerre de Gaza, le terminal s'était refermé devant le convoi. Dans l'incapacité de renvoyer la cargaison sous les hangars d'Ashdod, Hamza Abou Helal s'était résolu à la stocker dans le jardin de son chauffeur, exposée à l'humidité.

    Un premier mois, un deuxième, un troisième, et ainsi de suite jusqu'à ce que, en avril 2010, confronté à une pétition des importateurs de textile gazaouis devant la Cour suprême, le général Israélien Eitan Dangot, grand ordonnateur de la mise en quarantaine de Gaza, ne consente à faire un geste. A trois conditions : que les commandes aient été passées avant juin 2007, qu'elles aient été destinées à Gaza et que le type d'article soit spécifié, suggérant par là que certains vêtements pourraient être plus dangereux que d'autres... C'est ainsi que, après d'interminables procédures, Hamza Abou Helal a réceptionné sa pile de cartons empoisonnés.

    A l'énoncé de cette histoire, Ali Al-Hayek, le vice-président de l'Association des hommes d'affaires de Gaza, lâche un long soupir et saisit le revers de sa veste. «Regardez ce costume, dit-il. C'est un Pierre Cardin. Je l'ai reçu vingt-quatre heures après avoir passé commande. Il est arrivé par les tunnels creusés à Rafah sous la frontière avec l'Egypte. C'est une évidence : le blocus ne marche pas. Mieux : le Hamas en profite. Il s'enrichit grâce aux multiples taxes qu'il lève sur la contrebande». Pour Ali Al-Hayek, «les seuls qui trinquent sont les marchands traditionnels», et «si Israël voulait véritablement affaiblir le Hamas, il lèverait le blocus. Le marché noir s'effondrerait aussitôt et l'Autorité palestinienne récupérerait à son profit les taxes sur les importations».

    Un simple détour par une épicerie de Gaza corrobore l'analyse : les rayonnages débordent de produits à l'emballage bosselé ou poussiéreux, signe imparable de leur séjour souterrain. D'après l'ONG Israélienne Gisha, qui tient la comptabilité du blocus, près de 4 300 types de marchandises empruntent les tunnels de Rafah.

    Même le ciment, introuvable il y a encore quelques mois, parvient désormais sur le marché local, tirant les entreprises de la torpeur où elles étaient plongées depuis 2007. «Environ un tiers des établissements industriels ont repris leur activité et un quart des compagnies de construction ont recommencé à travailler, assure un économiste gazaoui. L'économie parallèle fonctionne à plein régime».

    L'économie «officielle», en revanche, est sinistrée. L'armée israélienne n'autorise l'importation que de 81 articles différents, sélectionnés selon une logique qui laisse perplexe. La cannelle est permise, mais la sauge et la coriandre sont prohibées, les conserves peuvent rentrer à l'exception des fruits au sirop, les désodorisants pour toilettes ont le feu vert, mais pas la confiture...

    A quoi rime cet inventaire militaire à la Prévert ? Silence radio. Justifier ces choix «pourrait affecter la sécurité nationale et les relations diplomatiques», affirme le Cogat (Coordinator of the Government Activities in the Territories), le département de l'armée dirigé par le général Dangot, qui dose l'approvisionnement de Gaza et qui n'a pas donné suite à la liste de questions transmise par Le Monde.

    Dans ces circonstances, le travail d'Ayman Hamada ressemble à une partie de poker. Importateur de produits alimentaires, il ne sait jamais à l'avance si sa commande franchira les grilles de Gaza. «J'ai 300 tonnes de halwa, un dessert à base de pâte de sésame, entreposées à Ashdod depuis septembre 2008, dit-il. J'ai payé 75 000 dollars de frais de stockage pour rien car la date de péremption vient de passer. Au total, c'est 1 million de dollars foutu en l'air !» «Avec l'usine de production de concentré de tomate qu'il possède, la frustration est similaire. L'armée l'empêche d'importer les boîtes de conserve vides qui lui permettraient de relancer son activité, mais laisse en revanche passer vers Gaza des tubes de concentré produit en Israël...»

    Le principe du blocus, c'est «pas de développement, pas de prospérité, mais pas de crise humanitaire», affirme un responsable humanitaire Français, familier de ce dossier. Il convient que le blocus a été un peu desserré et que les convois de médicaments et de nourriture, dont dépendent près d'un million d'habitants, ne rencontrent jamais de problèmes pour rentrer dans Gaza.

    Le COGAT possède d'ailleurs un document, dont l'existence a été révélée par le quotidien israélien Ha'aretz, qui définit des lignes rouges nutritives. «Le problème, c'est qu'Israël voudrait réduire l'humanitaire aux questions de soins et d'alimentation, poursuit le responsable Français. C'est vrai, on ne meurt pas de faim à Gaza, mais on vit dans des conditions insupportables. On vit parfois sans accès à l'eau courante, sous une toile de tente, avec l'égout qui se déverse à côté, en dessous du taux de pauvreté le plus bas qui soit. Dans le domaine sanitaire, dans celui du logement, les besoins sont criants, mais le Cogat fait comme s'il n'entendait pas».

    Il y a pourtant un plan sur le bureau du général Dangot, du nom de Robert Serry, l'envoyé spécial des Nations unies à Jérusalem. Il prévoit de relancer la mise en œuvre des projets d'infrastructure de la communauté internationale dans la bande de Gaza, au point mort depuis 2007, blocus oblige. Des chantiers comme un réseau d'égouts, un complexe de logements, des écoles ou une station de pompage, dont le coût se chiffre à plusieurs centaines de millions de dollars.

    Pour bien faire, les Nations unies ont peaufiné les systèmes de suivi du matériel importé, de façon à vérifier que les sacs de ciment ne parviennent pas dans les mains du Hamas, l'angoisse numéro un des militaires Israéliens, qui redoutent que les islamistes n'aménagent des «bunkers» le long de la frontière.

    L'effort n'a guère impressionné les agents du Cogat. «Ils multiplient les obstacles, les procédures et les délais de façon injustifiable, dit un bon connaisseur du plan Serry. Ils demandent des renseignements abracadabrants, du style de la taille des boulons utilisés pour fixer des fenêtres. Ils font tourner en bourrique les Nations unies».

    A deux reprises, Robert Serry envisagea de dénoncer haut et fort la politique d'obstruction de l'armée israélienne. A chaque fois, à quelques heures de l'intervention prévue, un coup de téléphone ou une lettre du Cogat lui parvint, promettant, avec un à-propos remarquable, un déblocage imminent des projets. Ce fut notamment le cas en mars, à la veille de la réunion du Quartet (Nations unies, Etats-Unis, Russie, Union européenne) à Moscou, où Serry devait taper du poing sur la table. Et, à chaque fois, lesdites promesses tardent à se matérialiser. A la mi-mai, seule une demi-dizaine de camions chargés de matériaux de construction avaient pu rentrer sur les centaines requis par les chantiers des Nations unies...

    Début mai, dans les colonnes du quotidien belge Le Soir, Filippo Grandi, le patron de l'UNRWA, l'agence des Nations unies chargée des réfugiés palestiniens, rompit avec la pondération de rigueur dans les cercles diplomatiques. «Cela devient une blague», lâcha-t-il, en écho à l'agacement de tous ses collègues. «Que veut Israël ?, questionne un expert étranger. Favoriser une reconstruction transparente, sous le contrôle de l'ONU, ou bien favoriser le marché noir, qui profite au Hamas ?»

    La réponse, jusqu'à présent, est univoque. Elle se trouve sur les docks encombrés du port d'Ashdod, dans les salles de classe surpeuplées de l'UNRWA, ou sous les serres des producteurs de fraises, dont Israël a accepté l'exportation... un mois après le début de la saison ! Elle se trouve aussi, et c'est moins visible, dans la plate-forme officielle d'Israël Beitenou, le parti du ministre Israélien des affaires étrangères, Avigdor Lieberman.

    Ce texte appelle ouvertement à isoler la bande de Gaza du reste des territoires occupés et à empêcher tout mouvement de biens ou de personnes en direction de ce bout de terre. «Pour le statut final de Gaza, le modèle doit être Hongkong», peut-on lire sur le site du parti, qui milite pour une cité-Etat durablement isolée. Un territoire sous cloche transformé en dragon asiatique ? Pas sûr que cette nouvelle «blague» fasse rire les Gazaouis.

    Benjamin Barthe © Le Monde.

    Il serait temps que cesse ce blocus qui ne sert à rien, sinon qu'à la guerre et qu'un Etat Palestinien viable soit créé réunissant la partie Cisjordanienne et Gaza, avant qu'Israël perdre ce qui, tôt ou tard, arrivera.

    Dernières informations,

    la flottille humanitaire en route vers Gaza à été arraisonnée par une attaque d'hélicoptères de l'armée Israélienne. Les militants pro-palestiniens qui étaient à bord ont tentés d'attaquer les soldats Israéliens à coups de couteaux et de barre de fer. une douzaine d'entre eux auraient été abattus et une cinquantaine d'autres blessés, selon des chiffres toujours non-confirmés qui nous parviennent de sources militaires. A noter que Tsahal a demandé à plusieurs reprises cette nuit aux organisateurs de la Flotte de la liberté de rebrousser chemin, mais ces derniers n'ont pas obtempéré, forçant la marine Israélienne à passer à l'action, d'après Guysen News.

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    Des activites pro-palestiniens sur l'un des navires avant l'attaque des commandos israéliens. REUTERS/HO

    La Turquie a prévenu Israël de «conséquences irréparables» sur les relations bilatérales après le raid Israélien, annonce le ministère des affaires étrangères. «Nous condamnons fortement ces pratiques inhumaines d'Israël», a déclaré le ministère dans un communiqué. «Cet incident déplorable, qui a eu lieu en pleine mer et constitue une violation claire de la loi internationale, peut entraîner des conséquences irréparables sur nos relations bilatérales», ajoute le communiqué.


  • Gaza, le conflit israélo-palestinien, suite 8,

    ils souffrent comme nous par ce que nous ne pouvons voir.

    Quand on lit les écris des cris de douleur des Israéliens qui sont sous le feu permanent des roquettes Palestiniennes, on ne peut être que touché, cela fait 8 années que ceux, à proximité de Gaza, vivent avec cette angoisse qu'un jour une roquette détruira leur vie, cette peur permanente, traumatisante, doit être difficile à supporter. On pourrait aussi dire que pour les Palestiniens de Gaza, cela fait 40 années qu'ils sont occupés par les Israéliens et qu'ils vivent un calvaire autrement plus important que celui des Israéliens.

    A quelle échelle de souffrance pourrait-on se référencer pour exprimer que le Palestinien ou l'Israélien souffre plus l'un que l'autre, y a t-il une référence ?

    Non, par ce que ce chaque être ressent sa souffrance, à lui, dans son être, qui est différente de celle de l'autre. La résistance aux agressions de toutes sortes que nous subissons dépend de notre capacité mentale qui nous permet de leurs résister. Les Palestiniens sont prêts d'aller tous à la mort, quand on n'a rien on ne perd que la vie, mais pas les Israéliens qui ont tout ce qu'il faut pour bien vivre.

    Si les conditions de vie des Israéliens sous le feu des roquettes sont stressantes, le reste d'Israël ne vit pas dans la terreur de ces roquettes, c'est donc sans commune mesure par rapport au déferlement de bombes et obus sur les Palestiniens dans cette bande misérable de Gaza. Alors un jugement, une appréciation ne peuvent être objectivement faits que par des personnes étrangères au conflit qui, malheureusement, ne voient que peu de choses puisque le blocus est total, mais analysent sans influence en fonction des faits qu'ils perçoivent, du nombre de morts, des destructions, et de l'histoire de cette rivalité que l'on ne peut effacer d'un coup de gomme.

    C'est pour cela que l'on se réfère à l'histoire de l'occupation Israélienne de Gaza et à son hégémonie qui a décidé de faire de cette bande sablonneuse une terre de colonies. La première, Kfar Darom, s'établit en 1970, bientôt suivie, deux ans plus tard, par celle de Netzarim. En trente ans, il y en aura 17, qui prendront possession des meilleures terres d'une partie de la bande côtière. Ces installations au milieu d'une population très dense posent à Israël des problèmes de sécurité énormes et accroissent le sentiment d'occupation et d'oppression des Palestiniens.

    La résistance à cette occupation prend de l'ampleur. Les attentats se multiplient, Gaza devient une zone d'insécurité sous domination Israélienne qui se voit contrainte de subvenir aux conditions de vie de ce peuple puisqu'il l'occupe. Israël maîtrise tout électricité, l'eau, les approvisionnements en nourriture en énergie, enfin tout ce qui est nécessaire à la vie puisqu'il encercle la bande de Gaza sauf dans la partie Egyptienne. Quel peuple supporterait cela pendant 40 ans ? Ce sont donc des attentats suicides, ceux de la dernière possibilité, avec leurs lots de souffrance de part et d'autre, et puis maintenant les roquettes et cette guerre atroce.

    Alors on voit des photos montrant les mutilations que subissent les enfants Palestiniens, ceux qui sont morts enveloppés dans des plastiques saucissonnés avec du scotch pour être enterrés. On voit le trognon d'une main coupée, des jambes qui ne sont plus que des trognons brulés ou sanglignotants par ce qu'il faut monter l'horreur de cette guerre que rien ne peut justifier d'autre que d'écraser ce peuple, le faire souffrir un peu plus. Comment justifier cette haine que cette guerre traduit et conduise à de tels actes. Les animaux commencent à dévorer les cadavres qui jonchent le sol.

    Alors, comment ne pas concevoir que le Conseil des Droits de l'homme des Nations-Unies (UNHRC) adopte une résolution condamnant l'offensive Israélienne à Gaza pour des violations massives des droits de l'homme. Les 47 membres de l'UNHRC ont adopté cette résolution par une majorité de 33 votes favorables. Les pays de l'Union Européenne se sont abstenus et le Canada à voté contre. Cette résolution a été soutenue par Cuba, l'Egypte et le Pakistan. Elle accuse également l'Etat hébreu de «détruire systématiquement les infrastructures palestiniennes» et de viser des civils et des installations médicales.

    Il y a là une escalade intolérable qui ne peut que révolter le monde devant tant de haine envers ce peuple, occupé, privé de tout, qui demande de vivre dans sa terre et faire une Nation.

    Les Israéliens, en fonction de leurs souffrances passées, exterminés par les Nazis, se comportent comme des criminels et on ne peut leur trouver aucune circonstance atténuante, eux qui ont tant souffert.

    Il est très aisé de dire que la condamnation des droits de l'homme est une mascarade ou que se sont des pays hostiles qui ont votés lorsque la presse indépendante n'est pas autorisée à voir et laissant le monde aveugle. Alors ces Israéliens souffrent par ce qu'ils considèrent qu'ils ont raison d'occuper ces territoires et qu'ils ne veulent pas quitter. Mais, pourquoi ne se posent-ils pas la question, pourquoi ces bombes humaines, pourquoi ces roquettes, pourquoi ces palestiniens dont tous sont prêt à mourir.

    Comment peut-on être si aveugle en pensant que leur armée suffira à faire admettre, par les morts qu'elle fait, que finalement les Palestiniens de Gaza accepteront l'occupation de leur terre et renonceront à faire une nation comme celle d'Israël ?

    A Gaza les occupants israéliens prennent en cible tout le monde, les journalistes en particulier, cliquez la voix de la Palestine .

    (Une adresse qui m'a été envoyée par un reporter journaliste du Websine C4N )

    Extraits,

    Dans leur atroce guerre menée contre la bande de Gaza, les occupants israéliens commettent toutes sortes de crimes. Cependant, ils font tout pour que leurs affreuses actions ne soient connues par le monde extérieur. De ce fait, les journalistes se trouvant sur place, notamment les Palestiniens, deviennent des cibles à abattre.

    Le journalisme,

    Celui qui choisit le métier de journaliste sait qu’il partira chercher les informations. Le journaliste palestinien s’engage de son côté à transmettre les informations avec beaucoup de professionnalisme et de façon véridique. Il a pour devoir de mettre sous la lumière du jour les crimes pratiqués par les occupants israéliens contre le peuple palestinien.

    Les journalistes palestiniens savent bien qu’ils ont choisi un métier de problèmes, un métier très dangereux. Les journalistes palestiniens aiment pourtant leur métier à risques. Ils le considèrent comme un devoir. Ils le pratiquent avec beaucoup de passion, en ce temps où tout le monde prend ce métier de sa majesté, la presse.

    Cacher la réalité,

    Devant les caméras de presse, il y a un an, les forces israéliennes d'occupation ont tiré avec leurs mitraillettes sur le journaliste palestinien Imad Ghanem, photographe de la chaîne satellitaire Al-Aqsa. Il a pu échapper à la mort. Cependant, il a perdu ses jambes. Lorsque les occupants israéliens l’ont touché, il est tombé à terre. Pourtant, il a levé le doigt à plusieurs reprises et a prononcé la double attestation de foi. Sa main empoignait toujours sa caméra. C’était avec la main gauche qu’il faisait signe pour demander de l’aide. Lire la suite à l'adresse indiquée.

    Témoignages,

    La guerre est dans toute nos discussions par Dora Solna, cliquez ici.

    Je vis dans un kibboutz sur la frontière avec le Liban. Je suis installée en Israël depuis 4 ans et c'est déjà ma 2ème guerre ! Depuis que cette guerre a commencé, mon fils de 3 ans, apprend à la maternelle, a descendre dans l'abri en faisant attention aux marches. La guerre est dans toutes nos discussions. Mes sentiments sont partagés, comme beaucoup ici. D'un coté je trouve qu'un pays à le droit et le devoir de protéger ses citoyens. Depuis 8 ans que le Hamas est au pouvoir à Gaza, les roquettes n'ont pas cessé de pleuvoir sur Sdérot et sa région. 8 ans c'est long pour ceux qui vivent sur la frontière. Alors oui la riposte est forte, car nous sommes forts et ils le savent. A cela s'ajoute les réactions anti-israéliennes partout à travers le monde. Avec ce sentiment que quoique nous fassions les opinions publiques sont toujours contre nous, et souvent teintées d'antisémitisme. Alors oui nous devons être forts, très forts pour exister. Mais voir nos fils, nos maris, nos pères partir à la guerre est insupportable. Et puis les Palestiniens de Gaza, comment ne pas penser à eux, quand nous sommes bien au chaud dans nos maisons suréquipées, le ventre plein. Comment ne pas penser à ceux là qui vivent dans la terreur à 3h de chez moi ! Eux non plus n'ont pas mérité ça ! Est ce que ce cercle infernal de la peur et de la haine pourra-t-il s'arrêter enfin un jour ?

    Le Hamas est le seul qui fait quelque chose, cliquez ici.

    PROCHE-ORIENT, En Cisjordanie, le mouvement islamiste est de plus en plus populaire. Car l’amertume est grande face à l’offensive sur Gaza et au silence de l’Autorité palestinienne. KARIM LEBHOUR RAMALLAH | 12.01.2009 | 00:03.

    Sous une tente érigée sur un parking du centre-ville, Walid Yassin collecte de la nourriture et des vêtements destinés aux habitants de Gaza. «Je me sens coupable de ne rien pouvoir faire pour eux, confie le jeune homme évoquant les images mortifères en provenance de Gaza. C’est juste un symbole, nous ne sommes même pas certains que les Israéliens laisseront passer cette aide», ajoute Hannah, une étudiante, convaincue que «Mahmoud Abbas ne fait pas suffisamment pour arrêter ce bain de sang».

    Rivés aux écrans de télévision, nombre de Palestiniens de Cisjordanie blâment le silence embarrassé de l’Autorité palestinienne face à l’offensive israélienne, débutée le 27 décembre dernier contre ses rivaux du Hamas. Mobilisation tardive. L’Autorité ne commence à se mobiliser que très tardivement sous la pression populaire, relève Jamal Salem, vice-président du centre culturel qui organise la collecte. Pour eux, soutenir Gaza c’est soutenir le Hamas.

    Ils ne font pas de différence entre les besoins humanitaires et les partis pris politiques, regrette-t-il. A mesure que le décompte des victimes augmente à Gaza, le président palestinien, Mahmoud Abbas, paraît perdre ce qui lui restait de crédit politique. A l’Université, de plus en plus d’étudiants soutiennent le Hamas dans cette crise, même ceux qui ne sont pas religieux, assure Mohammed Khatib, un étudiant d’Hébron, venu prêter main-forte pour la collecte.

    Tout le monde a tourné le dos à Gaza et le Hamas est le seul qui fait quelque chose, poursuit-il. La tension est réelle. Dans la plupart des villes de Cisjordanie, les manifestations de solidarité avec Gaza ont été émaillées d’incidents avec la police. Vendredi, à Ramallah, des jeunes policiers en civil, armés de bâtons et portant les couleurs du Fatah ont violemment pris à partie quiconque scandait des slogans contre l’Autorité ou en faveur du Hamas. Les services de sécurité sont paniqués. Ils ont peur d’une Intifada contre l’Autorité, analyse le journaliste Hassan Balawi. En dépit de ses erreurs, le Hamas apparaît comme la victime et celui qui brandit le flambeau de la résistance, tandis que les dirigeants de l’Autorité sont vus au mieux comme impuissants et au pire comme des collaborateurs.

    Si loin du champ de bataille, si proche des roquettes, par Philippe Vitaller, cliquez ici .

    Si Gaza est un «aquarium» pour les journalistes qui ne peuvent y pénétrer, Tel Aviv est une bulle d'ou il est difficile de sortir. Tout le monde, ici, sait qu'un jour la capitale sera à portée de missiles. Les derniers tirs tombés à 30 km devraient avoir crée un sentiment de panique à Tel Aviv. Et pourtant, rien n'a changé sur les boulevards fleuris et ensoleillés du cœur de TLV : terrasses bondées ou y flânent de belles et élégantes créatures des deux sexes, boulistes concentrés, promeneurs de chiens et d'enfants en bas âge, sans oublier les mendiants, nouveau symptôme de la modernité Israélienne. Et pourtant, le bouliste était artilleur, la flâneuse attachée au service de presse de l'armée et le mendiant, un fantassin au Liban. Chacun a une tante à portée de missile, un petit copain mobilisé ou le souvenir d'un frère abîmé par trois ans de service militaire pendant l'Intifada. Un autre monde, une autre histoire. Dans un café, un buveur d'expresso tiens un journal dans la main, Tsahal bombarde une école de l'ONU à Gaza : plus de 40 morts. Entre analyse et autojustifcation il lâche, à la fin, c'est mon peuple contre leur peuple, avant de passer aux pages sportives. Un autre encart nous révèle, 25% des pertes militaires Israéliennes sont dues à des erreurs de Tsahal. Mais déjà, c'est l'heure d'aller à sa leçon de yoga ou de musculation. Jusqu'ici tout va bien comme dit le film, sauf qu'à Tel Aviv c'est sans La Haine, juste une apparente indifférence, voila tout.

    A deux mètres le corps est coupé en deux, à 8 mètres les jambes sont coupées brulées, cliquez ici .

    «A l'hôpital Al-Chifa, de Gaza, nous n'avons pas vu de brûlures au phosphore, ni de blessés par bombes à sous-munitions. Mais nous avons vu des victimes de ce que nous avons toutes les raisons de penser être le nouveau type d'armes, expérimenté par les militaires américains, connu sous l'acronyme DIME – pour Dense Inert Metal Explosive», ont déclaré les médecins.

    Petites boules de carbone contenant un alliage de tungstène, cobalt, nickel ou fer, elles ont un énorme pouvoir d'explosion, mais qui se dissipe à 10 mètres.

    «A 2 mètres, le corps est coupé en deux, à 8 mètres, les jambes sont coupées, brûlées comme par des milliers de piqûres d'aiguilles».

    Nous n'avons pas vu les corps disséqués, mais nous avons vu beaucoup d'amputés. Il y a eu des cas semblables au Liban sud en 2006 et nous en avons vu à Gaza la même année, durant l'opération Israélienne Pluie d'été. Des expériences sur des rats ont montré que ces particules qui restent dans le corps sont cancérigènes, ont-ils expliqué. Un médecin palestinien interrogé, dimanche, par Al-Jazira, a parlé de son impuissance dans ces cas. Ils n'ont aucune trace de métal dans le corps, mais des hémorragies internes étranges. Une matière brûle leurs vaisseaux et provoque la mort, nous ne pouvons rien faire. Selon la première équipe de médecins arabes autorisée à entrer dans le territoire, arrivée vendredi par le sud à l'hôpital de Khan Younès, celui-ci a accueilli «des dizaines» de cas de ce type. Les médecins norvégiens, eux, se sont trouvés obligés, ont-ils dit, de témoigner de ce qu'ils ont vu, en l'absence à Gaza de tout autre représentant du «monde occidental», médecin ou journaliste.

    Se peut-il que cette guerre soit le laboratoire des fabricants de mort ?

    Se peut-il qu'au XXIe siècle on puisse enfermer 1,5 million de personnes et en faire tout ce qu'on veut en les appelant terroristes ?

    Arrivés au quatrième jour de la guerre à l'hôpital Al-Chifa qu'ils ont connu avant et après le blocus, ils ont trouvé un bâtiment et de l'équipement «au bout du rouleau», un personnel déjà épuisé, des mourants partout. Le matériel qu'ils avaient préparé est resté bloqué au passage d'Erez. «Quand cinquante blessés arrivent d'un coup aux urgences, le meilleur hôpital d'Oslo serait à la peine, racontent-ils. Ici, les bombes pouvaient tomber dix par minutes. Des vitres de l'hôpital ont été soufflées par la destruction de la mosquée voisine. Lors de certaines alertes, le personnel doit se réfugier dans les corridors. Leur courage est incroyable. Ils peuvent dormir deux à trois heures par jour. La plupart ont des victimes parmi leurs proches, ils entendent à la radio interne la litanie des nouveaux lieux attaqués, parfois là où se trouve leur famille, mais doivent rester travailler… Le matin de notre départ, en arrivant aux urgences, j ai demandé comment s'était passé la nuit. Une infirmière a souri. Et puis a fondu en larmes. «A ce moment de son récit, la voix du docteur Gilbert vacille. Vous voyez, se reprend-il en souriant calmement, moi aussi…».


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