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europe - Page 2

  • Pourquoi renflouer les dettes souveraines des pays de la zone euro,

    alors que c'est tout le système qui dérape ?

    Support Wikipedia Grèce, Portugal, Espagne, voire prochainement Italie et la France, après ? L'effet domino, du renflouement à coups de milliards d'euros de la dette de ces pays au bord du gouffre, se confirme. Ils n'ont plus assez d'argent pour payer leurs charges de fonctionnement, soutenir leur économie et cela nous mène à la question faut-il qu'ils sortent de l'euro, ou pourront-ils rembourser ? Bien sûr que non dans un délai acceptable pour l'Espagne ? Voire même pour certains, dont la Grèce, pas du tout ! C'est donc que le système Européen construit ne tient pas la route, et qu'il faut le changer. Continuer avec une Commission européenne à droite serait la pire des solutions. Sans pour autant sortir de l'Europe qui présente des avantages il faut modifier sa politique, c'est à dire contraindre l'Allemagne et l'Autriche et les autres à accepter de promouvoir de la croissance autrement que par des réformes structurelles qui, dans des pays très affectés par l'austérité, ne sert à rien. Comme ils s'y opposent, il faut les contourner, avec l'aide des pays en difficulté.

    Déjà on voit un axe Hollande Monti se dessiner. Le 14 juin avant un mini sommet des chefs d’État du 22 juin des quatre principales économies de la zone euro, dont le but est de préparer le sommet semestriel de l’Union européenne prévu les 28 et 29 juin. Ils se retrouvent à Rome dans le cadre des rapports d'amitié et de proximité de vues entre les deux pays. Des rencontres sont également prévues avec le président de la république Giorgio Napolitano. Cette rencontre bi-latérale avait été préparée par la visite de Laurent Fabius. Mario Monti estime pouvoir faciliter une synthèse entre les positions Allemande et Française sur la croissance. François Hollande devrait présenter son plan pour l'Europe pour tenter de stabiliser l'euro. Mais aussi l'occasion d'envoyer aux autres son projet de «pacte de croissance».

    Pendant que nous nous battons avec nos élections, le désastre de la valeur de l'euro continue sa marche. Impossible de tenir cette monnaie trop chère pour ces pays à l'économie moribonde. Un par un comme les attaches d'une bulle qui enfle et qui explose, ces pays croulent sous leur taux d'emprunt au point qu'ils ne peuvent plus emprunter. Les taux d'emprunts à 10 ans de l'Italie s'envolent à plus de 6 % et sa dette atteint 1946 milliards d'euros en mars, soit 120 % de son PIB. Quant à l'Espagne l'emprunt à dix ans atteint son plus haut niveau à 6,85 % et jeudi il atteint dépasse le seuil critique de 7 % avec une dette des banques de 287,8 milliards d'euros. Quant à sa dette souveraine elle serait de 740 milliards d'euros.

    Évolution des taux d'emprunts à 10 ans de la zone euro, en avril 2012.

    Document le blog d'Olivier Berruyer, Les-Crises.fr. Cliquez sur l'image

    Mais l'économie Italienne n'est pas celle de l'Espagne, elle offre plus de potentialités industrielles et artisanales, et sur bien des domaines, elle est supérieure à la France. Son déficit est aussi le fait que le sud de la péninsule est sous équipé par rapport au Nord plus industriel, et l’État italien le soutien dans le cadre d'une aide.

    Pour l'Espagne c'est le blocage de son économie due à la faillite de ses banques. C'est bien simple l'argent ne rentrant pas, l’État emprunte pour assurer ses obligations. Il s'adresse à ses banques qui elles n'ont plus assez d'argent par ce qu'elles ont financé des marchés qui deviennent rapidement des gouffres. Les spéculateurs ne peuvent rembourser leurs banques par ce qu'ils ne tirent plus de profits. L'exemple des constructions abandonnées au soleil, d'appartements d'immeubles qui ne se vendent pas sont le signe de la faillite de cette politique. La crise immobilière précipite un million de logements invendus. Une personne sur cinq est sans emploi. Les gens n’achètent plus, trop cher, et ceux qui ont investi ne peuvent plus payer leurs mensualités de prêt. 12 millions de personnes sous le seuil de pauvreté sur 46,7 millions d'habitants. Les industries et autres activités du pays ont de grandes difficultés pour obtenir de l'argent frais de leur banque et se trouvent en défaut de paiement. L'économie s'étouffe et ne peut plus fonctionner. Le peuple se trouve pris à la gorge, il ne consomme plus. S'il ne consomme plus, l'argent ne rentre plus dans les caisses de l’État, et le pays passe en récession.

    Alors le gouvernement de Mariano Rajoy se tourne vers l'Europe de la zone euro, et lui demande une aide pouvant aller jusqu'à 100 milliards. Mais les investisseurs et les politiques ont exprimé leur scepticisme face à un prêt jugé encore en gestation dans ses modalités techniques, «taux, montant de l'aide, contreparties, mécanismes de financement». Il y a eu une grande annonce sur le plan, mais rien sur les détails concrets. «Il reste énormément de points techniques à régler», note Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel BGC. «Les responsables européens n'ont pas encore compris que ces grandes annonces pas encore finalisées passaient très mal sur les marchés. Il y a un problème de communication avec les marchés, et ces malentendus se révèlent dévastateurs». Il y a donc entre l'annonce d'un prêt et son versement un délai de gestation.

    Les pays de la zone euro sont donc pris au piège, ils ne peuvent laisser l'Espagne à la dérive. Et pour eux, la question est faut-il payer et sous quelle condition ? Pour cela, ils ont à leur disposition le Fond Européen de Stabilité Financière FESF qui dispose de 44o milliards, voir aussi la Grèce sera-t-elle la clé qui fera admettre les euros obligations.

    L'argent déposé dans ce fond n'est que virtuel, c'est un engagement au cas où. Il n'est donc pas dépensé, il n'augmente pas dans l'immédiat la dette des pays participants. Or pour prêter, il faut s'assurer que les pays emprunteurs peuvent rembourser, c'est à dire faire des économies. D’où cette fameuse règle d'or qui ne peut fonctionner que dans la mesure où il y a à économiser. La Grèce a signé la règle d'or, et l'on voit, que cela n'empêche pas le désastre de son économie. Devant l'ampleur des aides aux pays en difficultés on a créé le MES, Mécanisme Européen de Stabilité qui est pour la gestion des crises financières de la zone euro, et qui doit remplacer en juillet 2012 les FESF, avec un capital autorisé de 700 milliards d'euros, et le MESF pour l'Union européenne.

    Conjointement au MES qui se termine fin 2012, on a créé de TSCG, Traité sur la Stabilité la Coordination et la Gouvernance qui est un traité intergouvernemental, c'est à dire une gouvernance qui passe au dessus des États. Ce traité n'est en outre appelé à être signé que par 25 des 27 États membres de l’UE, mais il pourra entrer en vigueur dès que 12 des 17 États de la zone euro l’auront ratifié. Il pourra être rejoint ensuite par les autres États, mais sans le Royaume-Uni et la République tchèque qui ont refusé. C'est donc un traité qui nous sera imposé dès lors que nous sommes dans la zone euro, c'est la perte de notre souveraineté.

    Tous ces mécanismes de financement des dettes n'ont d'autres buts que d'intégrer un peu plus chaque jour les pays dans une fédération supra nationale

    C'est simple Sarkosy nous a vendu à l'Allemagne puisque c'est elle la principale instigatrice et contributrice dans le financement du MES et qui imposa sa politique.

    Le TSCG, apparaît économiquement déséquilibré d'après Antonio Vitorino Ministre de la Défense et ancien Commissaire européen. Stabilité et austérité sont nécessaires mais insuffisantes. On voit bien qu'il faut une relance de la consommation, et donc la provoquer. Comment le faire, par des emprunts Européens. Notre Europe du 19 novembre 2011 titre rigueur mais aussi croissance.

    Aux États la rigueur à l'Europe la croissance.

    Les États membres de l'Europe doivent faire face «à un dilemme redoutable, il leur faut à la fois engager des programmes d’ajustement budgétaire et de réformes structurelles, mais aussi veiller à préserver leurs perspectives de croissance, afin d’offrir un horizon d’espoir à leurs citoyens».

    On voit que la politique de l'Europe est encore à définir. Elle a été construite sur des bases fausses considérant que seule une politique droitière négligeant la volonté des peuples est applicable. Dans ces conditions, sans référendum approbatif obligatoire, toute politique est vouée à l'échec dans le cas d'un changement de couleur politique d'un pays, d'autant qu'il n'est prévu aucun mécanisme de sortie de la zone euro.

    Dans son voyage du 14 juin en Italie, François Hollande a dit avoir adressé au président du Conseil européen, Herman Von Rompuy, un document de préparation du sommet européen des 28 et 29 juin, avec trois principes : croissance, stabilité et approfondissement de l'union économique et monétaire.

    Il aussi évoqué les obligations, euro-bons, et l'établissement d'une taxe sur les transactions financières. «L'Europe a besoin d'instruments, de mécanismes, qui permettent de soutenir banques, États qui peuvent se trouver à un moment et injustement dans une tourmente de façon à ce que la spéculation soit découragée». «Je partage aussi l'idée que nous avons besoin de financement pour les investissements d'avenir et que là encore, l'Europe devrait regarder ce qu'apportent les différents États pour avoir une classification plus souple que ça n'est le cas aujourd'hui en termes de classification de ces dépenses».

    Angela Merkel se trouve squeezée, et Jean-Marc Ayrault l'a invitée à ne pas aller à des formules simplistes, «ajoutant la situation de l'Europe est suffisamment critique pour ne pas se laisser aller à des formules simplistes. Il faut prendre les choses avec sérieux et courage».

  • Le parlement Européen quel pouvoir de sanction a-t-il

    sur la politique du Conseil de l'Europe des chefs d’État et de gouvernement ?

    Support Wikipedia Aucun autre pouvoir que ceux législatif et budgétaire avec des fonctions de contrôle et consultative sur la politique définie par le Conseil conformément aux traités Art 14 TUE. En d'autres termes, il n'influe pas sur l'orientation politique définie par les chefs d’États et de gouvernement. Depuis l'entrée en vigueur en 2009 du Traité de Lisbonne, la Commission européenne est responsable devant le Parlement et non plus devant le Conseil de l'Europe, art. 9D8 TUE que je n'ai pu trouver. Depuis des décennies cette politique est impulsée par le couple Franco-allemand qui se traduit actuellement par le Merkozy. Ces chefs d’État et de gouvernement siègent au Conseil composé actuellement de 27 États. Il est l'autorité suprême qui décide de la politique générale, mais aussi par voie de conséquence de celle de la politique intérieure des États. Nous le constatons depuis ces dernières années dès lors que la gestion de ces États est déficiente risquant de compromettre le fonctionnement de l'Union. C'est une dérive qui n'avait pas été envisagée lors de sa création. C'est comme cela que je le ressens, et c'est comme cela que petit à petit cette ingérence s'est imposée sans une modification des traités. Le parlement n'a jamais soulevé la moindre objection. Le Conseil de l'Europe à ne pas confondre avec le Conseil européen qui est celui des premiers ministres, on fait souvent la confusion. Il est maître de toutes les décisions dans lesquelles intervient la politique internationale du FMI en matière économique nous le constatons à chacune de ses réunions. Il faut bien mesurer que ce fait conduit notre indépendance à être largement mise en cause. Il n'a pas de fonction législative Art 15 TUE.

    Si initialement sa fonction était la politique étrangère l'Acte unique européen et les Traités de Maastricht et de Lisbonne ont profondément modifiés ses missions. La création de la zone euro et l'élargissement à 27 ont fait que cette politique qui au départ qu'étrangère est devenue une politique hégémonique s’immisçant dans la politique interne des États membres sans qu'un quelconque fédéralisme des États n'ait été proclamé.

    Cette dérive droitière est inacceptable.

    Les pays de la zone euros eu égard aux difficultés économiques consécutives à la crise financière mondiale et à la mondialisation des marchés mettant l'économie Européenne à genou, ont fait que ces pays se sont endettés au delà de ce qui était permit par le traité de Maastricht provoquant une grave crise sociale par un chômage abyssal, avec un accroissement de la misère dont on ne voit pas comment s'en sortir. Dans ce contexte, eu égard à un possible changement du couple Merkozy par la victoire de François Hollande, la question se pose d'une modification de la politique du Conseil, mais aussi sur la fonction du Parlement qui est nulle sur le pouvoir de sanctionner la politique définie par le Conseil ce qui, pour un parlement, est invraisemblable.

    Les députés élus par les Citoyens européens au suffrage direct n’apparaissent donc que des députés de façade d'autant que, pour le Citoyen européen, leurs travaux dans les commissions, les débats parlementaires et les votes de l'assemblée ne sont jamais divulgués. En d'autres termes, tout est fait pour que nous soyons à la merci de la politique du Conseil. Il en résulte que ce Parlement ne sert à rien vu par les Citoyens européens. La situation que l'on ressent est celle de députés à qui on offre une planque en or aux frais des États pendant leur mandature d'autant plus qu'ils ne sont pas assujettis à une présence obligatoire, invraisemblable.

    Pendant cette campagne présidentielle aucun candidat n'évoque cette situation qui montre en fait que les traités de cette Union donnent au Conseil les pouvoirs de la politique générale sans sanction possible du Parlement, avec en plus, de ses pouvoirs, une intrusion dans la politique intérieur des États. Rien d'étonnant que ces députés Européens auxquels les traités offrent un job en or n'interviennent pas dans cette campagne pour montrer la faiblesse des institutions Européennes !

    Tout est fait pour que l'Europe soit à la merci d'une poignée de dirigeants certes élus, sans que le Peuple européen ait son mot à dire. La situation actuelle est la conséquence de cette politique.

    Le Conseil a été créé en 1974 lors du sommet de Paris du 08 et 09 décembre à l'initiative du président Valéry Giscard d'Estaing. L'Acte unique européen de 1986 signé par 12 États en 1986, est en fait la base de l'Europe actuelle. Il entra en vigueur le 1er juillet 1987. Il se nomma ainsi car c'est la première fois que l'on retrouve dans un traité des dispositions communautaires, supranationales et des dispositions intergouvernementales, internationales. Il est dû en grande partie à Jacques Delors qui souhaita relancer le processus d'Intégration européenne après la période d'euroscepticisme qui avait suivi les chocs pétroliers des années 1970, mais resta muet sur les compétences du Conseil. Il fallut attendre le traité de Maastricht pour consacrer officiellement le rôle politique du Conseil de l'Europe, voir l'Article 15, présenté ci-dessus. Autrefois, un simple organe communautaire, le Conseil devint une véritable institution de l'Union européenne que postérieurement au traité de Lisbonne, c'est ce que j'ai démontré.

    Au début les États agissaient de manière désordonnée suivant leur propre politique. En 1979 Margaret Thacher prenait une orientation libérale économique. Helmut Kohl s'orientait en 1982 vers une tradition chrétienne démocrate. François Mitterrand en 1983 s'orientait vers la rigueur par la réduction des dépenses, la fuite des capitaux oblige. Il avait engagé les nationalisations prévues dans le programme commun avec indemnisation des secteurs industriels et bancaires, loi du 13 février 1982 pour un coût de 39 milliards. La contrainte du contexte international poussa Helmut Kohl et François Mitterrand à chercher un moyen de faire redémarrer le couple Franco-allemand. Mitterrand soutint Kohl avec un discours au Bundestag sur la question des fusées Pershing, tandis que Kohl accepta de réévaluer le Deutsche Mark de 5 % pour accompagner la dévaluation de 4 % du Franc français. L'Acte unique fixa quatre libertés,

    • la libre circulation des marchandises et des services. Cependant, malgré la suppression des droits de douane en 1968, le marché ne fonctionna pas en raison de l'importance de nombreuses barrières non tarifaires. Quatre séries de mesures furent alors prévues,
      • la suppression des entraves techniques par le biais de l'harmonisation européenne et de la reconnaissance mutuelle, selon laquelle un État membre ne peut refuser un bien d'un autre État, sauf des raisons basées sur le principe de précaution, (par exemple, la crise de la vache folle dès 1996),
      • la suppression des obstacles douaniers, abandon des formalités douanières fiscales et sanitaires à la frontière,
      • l'ouverture des marchés publics.
    • la libre prestation, banques assurances, finances, transports du pays d'accueil, et la liberté pour une entreprise de s'installer dans le pays de son choix.
    • la libre circulation des personnes. Les personnes pouvaient circuler librement dans l'UE depuis le 1er janvier 1993, même si cette liberté exista pour les travailleurs depuis 1968.
    • la libre circulation des capitaux, effective depuis le 1er juillet 1990, elle s'inséra dans la préparation de l'union monétaire.

     

  • Jacques Delors l'Europe est au bord du gouffre,

    ainsi analysait-il l'Europe le 18 août 2011.

    Support Wikipedia Le premier janvier 2002 la monnaie unique, l'euro, entre en application pièces et billets. Elle fut créée le 04 janvier 1999 ainsi que la Banque Centrale Européenne par ses pères François Mitterrand, Helmut Khol, et Jacques Delors. Ils n'avaient pas prévus la crise et les attaques qu'elle susciterait. Les gouvernements successifs de l'Europe en ont fait autre chose que ce qui fut leur motivation. Bien que la relation Franco-allemande fût au centre de la politique Européenne de la France comme l'histoire le prouve dans les soixante dernières années, elle ne permit pas de concrétiser la volonté Mitterrandienne d'une Europe rejetant la dimension économique des marchés, et d'un espace économique sans frontières. Les gouvernements successifs de droite et son élargissement à 27 dans un but essentiellement marchand ont minés ce qu'avaient construits les pères de l'Europe et ceux de la monnaie unique.

    François Mitterrand, l'Européen, a toujours vu dans l'Europe une opportunité pour que la France soit une grande Nation. L'Europe n'était pas pour lui une utopie mais une nécessité imposée par son histoire. Il est né sous la première guerre mondiale et avait participé à la seconde. Pour lui, il ne fallait plus que de tels cataclysmes se reproduisent. L'horreur des camps d'extermination nazie l'avait meurtrit. Dès 1948 il avait ressenti la nécessité de rapprocher les peuples Allemand et Français. Il rendit hommage aux hommes qui furent les pères de l'Europe Robert Schuman, Konrad Adénauer, Jean Monnet, Johan Willem Beyen, Paul-Henri Spaak, Alcide De Gaspéri, et qui refusèrent la haine et la guerre. Ses motivations dans la recherche d'une alliance stratégique avec l'Allemagne se portèrent vers une relation avec Helmut Khol du fait que le couple Franco-allemand était le moteur de la construction Européenne dans les années 80 et 90. Pour lui, les Nations qui la composaient avaient une culture et des valeurs communes ce qui constituait une motivation supplémentaire. Le destin de la France, il le voyait dans la construction Européenne.

    «J’estime complémentaire l’indépendance de la France et la construction de l’Europe», écrivait-il en 1986. Pour De Gaulle, l’Europe fut une option, pour Mitterrand, une nécessité. Là où, en mettant en avant «l'Europe des patries», il récusait en fait tout partage de souveraineté, le second balayait la contradiction et lançait la formule,«la France est notre patrie, l’Europe est notre avenir», référence Institut François Mitterrand.

    Cette phrase François Mitterrand la prononça lors de la campagne sur le référendum de Maastricht, il y a 20 ans. Pour lui la structure de base de l'Europe restait intergouvernementale. Il n'était pas hostile au fédéralisme, mais il craignait que l'affichage prématuré que cette visée ne provoqua une levée de bouliers, et en premier, ceux du Royaume-Uni. Il faut aller vers un partage de plus en plus étendu des souverainetés mais sans bruler les étapes pensait-il. En d'autres termes, il était dans la finalité de la construction Européenne pour un fédéralisme.

    Seulement il était contre des conceptions libérales, contre un espace économique sans barrières, un marché sans régulation, contre finalement ce que l'Europe est aujourd'hui. Pour lui le politique devait conserver sa légitimité, convaincu que l'Europe pouvait lutter contre le chômage, bien que cette responsabilité fut avant tout nationale. «L'Union n'est pas une dimension économique et marchande, ce n'est pas une manufacture, ce n'est pas un marché avait-il déclaré devant le parlement Européen le 25 octobre 1989». C'est devenu tout sauf cela.

    Le 04 janvier 1999 au journal de 20 heures l'euro fut officiellement annoncé comme monnaie unique des 11 pays de l'Union européenne après diverses tergiversations sur l'écu préconisé par Valéry Giscard d'Estaing, il fut l’ancêtre de l'euro. Le reportage sur cette journée mémorable relate de la festivité sur les marchés financiers. Selon un responsable de la bourse de Paris, «l'euro est une révolution, une révolution bénéfique». Jean-Claude Trichet gouverneur de la Banque de France ne cacha pas sa joie en voyant ce qui ce passait.

    Jean-Claude Sérillon le présentateur du 20 heures interrogea Jacques Delors ancien président de la commission Européenne. «Les financiers sont comptants, les hommes politiques pro-européens aussi, mais vous hommes de gauche cela ne vous gène pas que ce soit l'Europe de l'argent que l'on fête aujourd'hui ?» Il répondit, la monnaie unique c'est plus de liberté pour la France plus de marge de manœuvre en matière monétaire. À condition que l'Europe réussisse. Tout est dans le mot réussisse dès lors que l'on ne définit pas ce qu'il représente. La réussite d'une Europe à droite est-elle différente de celle d'une à gauche ?

    L'Europe de droite nous savons ce qu'elle est, cela fait dix ans qu'elle y est dirigée. Manifestement cela ne convient pas à Jacques Delors puisqu'il déclare qu'elle est au bord du gouffre. Le problème vient du traité de Maastricht signé le 07 février 1992 entre douze pays dont la Grèce, le Portugal, et l'Espagne, pour ne prendre que les pays en grande difficulté, il instaura l'Union économique et monétaire conduisant à la création de l'euro. Il fixa alors trois conditions majeures le taux d'inflation qui ne doit pas dépasser 1,5 %, le déficit budgétaire qui ne doit pas dépasser 3 % du PIB, et un endettement public inférieur à 60 % du PIB. Mais également dans ses institutions, il créa la Banque centrale européenne BCE, indépendante située en Allemagne et dont le but essentiel était et est encore de maintenir au sein de la zone euro un taux d'inflation inférieur à 2 %.

    Ce qui a été, probablement volontairement masqué au public, c'est le fameux article 104 dont il est difficile de trouver un texte officiel. Ce que l'on peut savoir, c'est que la loi du 3 janvier 1973 sur la Banque de France qui régi de 1973 à 1993 l'organisation de cette Banque a été à l'initiative conjointe du gouverneur de la Banque de France, Olivier Wormser, et du ministre de l’Économie et des finances, Valéry Giscard d'Estaing.

    Depuis 1958 la comptabilité de la Banque de France distinguait deux types d'action de l’État. Des actions intervenues avant la proclamation de la cinquième république sous un intitulé «Prêts» et des actions après 1958 à caractère provisoire assimilable à des autorisations de découvert. La réforme de ses statuts introduisait l'article 25 qui interdisait au Trésor «d'être présentateur de ses propres effets à l'escompte de la Banque de France». En conséquence, la Banque de France ne peut acheter des titres directement à l'État, mais «rien ne lui interdit d'intervenir sur le marché secondaire, et c'est d'ailleurs la méthode classique d'appui au Trésor dans la tradition bancaire anglo-saxonne». Dans la nécessité d'uniformisation avec le traité de Maastricht, la loi a été abrogée par l'article 35 de la loi n°93-980 du 4 août 1993 relative au statut de la Banque de France et à l'activité et au contrôle des établissements de crédit. Le principe de l'article 25 de cette loi a été reprit dans l'article 104 du traité de Maastricht et dans l'article 123 du traité de Lisbonne.

    Article 123,

    «il est interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées «banques centrales nationales», d’accorder des découverts ou tout autre type de crédits aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres. L’acquisition directe, auprès d’eux, par la Banque centrale européenne ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite». L'article 123 est identique à l’article 181 du traité Constitutionnel européen, refusé par le peuple Français en 2005 par référendum.

    Cet article contraint donc les États a emprunter aux banques privées, à les enrichir et à appauvrir les pays. Il est évident que si les hommes politiques de l'époque connaissaient les conséquences futures, ils n'auraient probablement pas intégré l'article 25 dans le traité de Maastricht, et qu'il n'aurait également pas été reprit dans le traité de Lisbonne, bien que l'Allemagne en fut une fervente partisane, puisque l'Union économique et monétaire a été faite aux conditions fixées par Bonn, la capitale fédérale d'Allemagne de l'époque. Il est bien évident que le manque de souplesse du traité de Maastricht sur le fonctionnement des États qui ont adhérés à la zone euro, et par voie de conséquence à l'article 123 du traité de Lisbonne, les condamnent dans la mesure ou ils ne respectent leurs engagements.

    Pour beaucoup c'est la crise mondiale, mais c'est aussi pour d'autres dont la Grèce et dans une moindre mesure la France une mauvaise gestion des finances publiques. La Grèce a été peu touchée par la crise, cela tient à son économie principalement agraire et au tourisme. L'importance des fraudes fiscales en Grèce, les conditions salariales faites à une certaine classe de la société, et le dogmatisme de la droite actuelle en France ont privés les finances d'argent. Le gouvernement Français n'a rien vu venir, s'il avait fait une bonne comptabilité entre les recettes et les dépenses, nous n'aurions pas l'endettement actuel. Au début de son quinquennat Sarkozy exprimait peu de considération sur la dette, elle ne représentait pas un problème pour lui, et pourtant en 2005 nombreux seront les politiques qui mettaient en garde contre les promesses électorales démagogiques.

    On voit d'ailleurs quand 2012 cinq années plus tard ils n'ont pas comprit. Mais, il faut séduire pour être élu. Alors pas de scrupules sachant ensuite que l'on pourra manœuvrer les Français comme des citrouilles, on leur dira, c'est la crise.

    Sarkozy fit l'inverse. Il favorisa par ses réductions d'impôts, les classes les plus aisées et fit porter sur la masse, par des impôts, le manque à gagner pour les finances, tout en réduisant d'une façon drastique les dépenses, en y associant un blocage des salaires. Une vraie politique de droite. Cela conduisit à une baisse de la consommation, qui mit dans le rouge nombre d'entreprises vendant insuffisamment en France et ne pouvant vendre à l'exportation par suite de coûts trop élevés. C'est ce schéma politique simplifié qui est la cause de nos difficultés.

    Si vous associez le fait qu'ayant un endettement représentant 90 % de notre PIB, et que tout ce que nous faisons ou presque comme sacrifices ne sert qu'à rembourser notre dette puisque nous ne pouvons emprunter qu'à des banques privées, on voit nos difficultés. Or, pour ne pas accroître notre dette, et pour ne pas être pénalisé par les banques sur les taux d'emprunts, la solution Sarkozienne consiste à pousser un peu plus dans l'austérité, ce qui forcément au lieu de redresser nos comptes les faits divergers.

    Jacques Delors a raison quand il clame que l'Europe est au bord du gouffre par ce que cette politique est celle de l'Europe actuelle.

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