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  • La rigueur gauche-droite de François Hollande qui désaffectionne les socialistes,

    va-t-elle la faire perdre la majorité au PS à l'assemblée nationale ?

    Support Wikipedia C'est un scénario tout à fait vraisemblable, sa politique de réformes menée depuis une année exaspère ses partenaires écologistes sans parler du Front de gauche et des communistes. Ce qui revient à considérer que s'il perdait sa propre majorité à l'assemblée nationale au cours des élections législatives partielles, il deviendrait impuissant pour faire les réformes retraites, allocations familiales et combien d'autres encore qui sont nécessaires pour équilibrer nos comptes et qui sont souhaitées par la Commission de Bruxelles. Petit à petit la faible majorité absolue du PS s'est effritée lors des élections partielles qui eurent eu lieu depuis le second tour du 17 juin 2012. Le parti socialiste et apparentés, Socialiste, Républicain et Citoyen, SRC, représentait 297 députés pour une majorité absolue de 289 députés. Au cours de l'année écoulée, les trois législatives partielles de l'Hérault, des Hauts-de-Seine et du Val-de-Marne, le PS perdit trois députés.

    Dans la 6ème circonscription de l'Hérault Elie Aboud UMP redevient député le 16 décembre 2012. Dans la 13ème circonscription des Hauts-de-Seine Patrick Devedjian UMP redevient député le 16 décembre 2012. Dans le Val-de-Marne, Silvain Berrios UMP prend le siège au centriste Henri Pagnol. Dans l'Oise, l'UMP Jean-François Mancel est réélu député dans la 2ème circonscription de l'Oise le 24 mars 2013. Cela fait donc trois sièges de perdus pour le SRC, il ne lui reste plus que 294 députés pour une majorité de 289. Mais, il y a le président de l'assemblée nationale Claude Bartelone qui ne prend jamais part au vote, ce qui porte le nombre de députés votant SRC à 293.

    Mais coup politique, ou pas, Napole Polutélé élu dans la circonscription de Wallis et Futuna sur décision du Conseil constitutionnel, devient député avec le soutien de l'UMP, le 24 mars 2013, et il rejoint le groupe socialiste mardi 28 mai, ce que personne ne comprend. Cela portait le groupe SRC à 294 députés avant les législatives partielles du 09 juin, soit 5 de plus que la majorité requise.

    Or, les législatives partielles des Français de l’Étranger ont déjà mis hors course au premier tour deux députés socialistes, pour cause de désaffection des votants. La 8ème circonscription, celle des pays d’Europe du Sud plus Israël, la candidate socialiste Marie-Rose Koro, 14,61%, fut éliminée dès le 1er tour.

    Le 09 juin la candidate de l’UMP Valérie Hoffenberg, affrontait Meyer Habib, soutenu par l’UDI centriste, c'est Meyer Habib qui l'emporta contre l'UMP Valérie Hoffenberg avec 53,5 % des voix contre 46,5 %, selon des résultats quasi définitifs.

    De même le 9 juin, dans la 1ère circonscription, celle du Canada et des États-Unis, c'est l'UMP Frédérique Lefebvre, ancien secrétaire d’État de Nicolas Sarkozy qui est élu avec 53,72 % des voix contre 46,28 % pour le socialiste Franck Scemama, selon des résultats définitifs, ce qui fait encore un député PS de moins. Dans les deux cas les scrutins étaient organisés pour remplacer des députées socialistes élues en mai 2012 et dont les comptes de campagne furent invalidés, entraînant leur inéligibilité pour un an.

    La participation fut extrêmement faible due à une désaffection des socialistes, ce fait la joie de l'opposition. Pour Jean-François Copé, le PS a perdu 7 élections partielles depuis un an, le président doit en tirer les conséquences. Quant à Jean-Louis Borloo, il s'est dit heureux d'accueillir un 31ème député pour son groupe à l'assemblée nationale.

    Quant au siège de Jérôme Cahusac à Villeneuve-sur-Lot remis en cause dans la 3ème circonscription par sa démission de l'assemblée nationale, ce siège socialiste aurait été à coup sûr perdu par les socialistes, si Jérôme Cahusac aurait maintenu sa candidature. Ayant décidé de ne pas le faire, la situation devient plus engageante pour le représentant du PS Bernard Barral qui emporta la primaire du PS par 127 voix, face à l’avocate Catherine Joffroy, 72, voix lors d’une consultation à laquelle ont participé 204 militants. Pour le PS, le risque majeur est la dispersion des voix de gauche. Se présente contre lui, la candidate EELV Lionel Feuillas, et le Front de gauche la candidate, Marie-Hélène Loiseau. Au pire pour le PS, c'est encore un député de moins.

    Quant à la droite, le FN présente Étienne Bousquet-Cassagne, étudiant de 23 ans choisi comme candidat «jeune génération». Quant au maire et conseillé général de Fumel, Jean-Louis Costes soutenu par l'UMP et le centre, et qui avait perdu en 2012 face à Jérôme Cahuzac par, 38,52% contre 61,48 %, il a devant lui le FN qui peut très bien au second tour fusionner avec l'UMP. Rien n'est donc sûr pour le socialiste.

    Reste la situation de Sylvie Andrieux qui impliquée dans une affaire de détournements de subventions du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur, plus de 740 000 euros auraient ainsi été détournés via le financement d'associations entre 2005 et 2009. Elle s'en défend en prétendant être étrangère aux subventions suspectes, dont l'attribution dépendait selon elle des «responsables administratifs de la région». Mais suite à ces révélations, le président de la région PACA, Michel Vauzelle, lui retire la délégation à la politique de la ville qu'elle occupait en tant que vice-présidente du conseil régional. Le 7 avril 2010, le bureau de l'Assemblée nationale lève son immunité parlementaire.

    Elle fut mise en examen le 8 juillet 2010 «pour complicité de tentative d'escroquerie et de détournement de fonds publics». Le 10 février 2012, le procureur de la République Jacques Dallest considéra qu'elle est intervenue «très concrètement» pour attribuer des subventions à des associations inexistantes et qu'elle est au centre d'un clientélisme politique destiné à une fidélisation de l'électorat et d'intérêts politiques. Le 29 mai 2012, elle est renvoyée devant le tribunal correctionnel pour détournement de fonds publics. Elle est réélue en juin 2012 face à Stéphane Ravier, FN, avec 50,99 % des voix ce qui lui fit déposer un recours pour demander l'annulation de l'élection. Le 13 juillet 2012, Sylvie Andrieux est maintenue députée apparentée au groupe PS à l'Assemblée nationale. Le 4 mars 2013 commença pour trois semaines le procès de Sylvie Andrieux et de vingt et un autres prévenus. Le 22 mai 2013, elle fut déclarée coupable de détournement de fonds publics par le tribunal correctionnel de Marseille, et condamnée à trois ans de prison dont deux avec sursis, dont 100 000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité. Ses avocats annoncèrent son intention d'interjeter appel du jugement, ce qui suspendra l'exécution de celui-ci.

    Le PS lui retira son investiture le 31 mai 2012, mais Sylvie Andrieux annonça néanmoins le maintien de sa candidature. Le 31 mai, Manuel Valls virait d'une réunion consacrée à la sécurité trois élus PS qu'il jugeait visiblement indésirables, dont Sylvie Andrieux, avait demandé aux trois élus de quitter la salle une première fois. Ne voyant aucun des trois esquisser le moindre mouvement vers la sortie, Valls a réitéré et Sylvie Andrieux prit la porte. Cette situation dans les Bouches-du-Rhône ajoute à la pression sur le groupe socialiste à l’Assemblée nationale, encore un député PS de moins.

    Le groupe SRC perd donc trois sièges dans les législatives partielles de l'étranger, reste l'élection de Villeneuve-sur-Lot qui auront lieu du 16 et 23 juin et le cas de Sylvie Andrieux en attente de la décision de la Cour d'appel.

    Les socialistes n'auraient plus au pire que 290 sièges pour une majorité de 289 sièges. On mesure les difficultés qui attendent François Hollande avec une majorité si faible ?

    Que peut-il se passer, la majorité perdue ?

    Lorsque Michel Rocard fut Premier ministre, en 1988, la majorité socialiste n’était pas absolue à l’Assemblée, et ce fut les compromis de Guy Carcassonne responsable de minorités de conséquence, conseillé des relations avec le parlement qui permit de gouverner, il vient d'ailleurs de décéder. Dans cette situation difficile Jean-Marc Ayrault aurait à discuter avec l’UDI, laissant les Verts et le Front de gauche dont les exigences sont incompatibles avec la rigueur instaurée. On se rend bien compte que les écologistes affichent ouvertement leur mauvaise humeur.

    Pour la première fois depuis le début de la mandature, ses dix-sept députés ont votés le mardi 28 mai, à l'unanimité contre un projet de loi du gouvernement, celui sur l'enseignement supérieur, mais néanmoins adopté dans la foulée. Ils critiquèrent la méthode de la ministre, Geneviève Fioraso, et un texte dans le prolongement de la loi LRU, relative aux libertés et responsabilités des universités, adoptée sous Nicolas Sarkozy. Les écologistes ne veulent s'en tenir qu'à l'accord passé entre eux et le PS, ce qui exclu toutes perspectives d'avancer avec eux. Pour eux, «la seule obligation, c'est de voter les budgets et de se tenir à l'accord Verts-PS», souligna la députée de la Somme Barbara Pompili, coprésidente du groupe écologiste.

    Cette position est dans la ligne d'une motion de synthèse adoptée samedi 31 mai par la quasi-totalité du conseil fédéral d'Europe Écologie-Les Verts. «L'orientation économique du gouvernement et son refus d'écouter toutes les composantes de sa majorité ne peuvent que nous inquiéter», expliquent les écologistes. Néanmoins ils se félicitent de quelques avancées, mariage gay, création de la Banque publique d'investissement ou encore progrès dans la lutte contre l'évasion fiscale, mais ils dénoncent les politiques d'austérité et réclament un «changement de cap rapide et significatif" afin de sortir de la politique gestionnaire à courte vue qui nous affaiblit et n'est nullement à la hauteur des enjeux».

    Que reste-t-il d'autre au PS que d'un accord avec l'UDI, ce qui minerait par voie de conséquence toute collaboration possible avec les Verts, autre que la dissolution de l'assemblée nationale, comme le fit Jacques Chirac qui le conduisit à une cohabitation avec les socialistes. La situation est donc critique, l'opposition n'attend que cela ! Toute la gauche y perdrait, sans que pour autant que les Verts verraient leurs exigences satisfaites. La situation politique serait bloquée une fois de plus, ce n'est vraiment pas le moment.

  • La guerre froide entre la Commission européenne et François Hollande

    fit qu'il remit le diktat de Bruxelles à son juste niveau.

    L'entente cordiale ! Les Echos.fr.

    Support Wikipedia Il ne faut pas trop chatouiller notre président, s'il admit que des réformes sont nécessaires, et s'il admit le Traité de stabilité et de Coordination et de Gouvernance, le TSCG, avec les 3 % de déficit pour 2013, reportés à fin 2015 par la Commission, il ne faut pas lui en demander de trop. C'est bien plus qu'une guerre froide qui s'est instaurée entre Bruxelles et Paris c'est un bras de fer qui devra plier un jour. Les prétentions de la Commission deviennent insupportables, ce n'est pas parce qu'elle fut validée depuis vingt ans par les chefs d’État et de gouvernement qui réclamèrent un gouvernement économique qu'elle doit se permettre de donner des conseils de droite à un gouvernement socialiste qui récolte une gestion catastrophique. Ce n'est pas non plus par ce qu'elle représente 27 États membres et que ces recommandations sont approuvées au Conseil européen de juin qu'il faille exécuter ses demandes à la lettre. D'ailleurs, eu égard aux succès de ses conseils dans les autres pays du Sud de l'Europe elle ferait bien d'y regarder à deux fois avant de parler. Le Figaro tire à boulets rouges sur le gouvernement quand il écrit que la Commission de Bruxelles adresse 6 cartons rouges à la France. Vous pensez que du Figaro il n'y a rien à attendre, mais, si François Hollande acceptait d'emblée ces 6 recommandations, il crierait au scandale que François Hollande serait un mou aux ordres de Bruxelles. La politique politicienne n'en est que plus néfaste pour le pays.

    La Commission de Bruxelles recommande à Paris de simplifier son système fiscal, d'abaisser le coût du travail et de réformer ses retraites. Rien de bien nouveau puisque c'est ce que la droite ne fit pas. Elle demande une réduction du déficit à 3,6% dès 2014.

    Moins d'austérité, plus de réformes, mais c'est antagonique, les réformes sont de l'austérité. Il n'y a pas de réflexion. Abaisser le coût du travail, c'est réduire les charges sociales, c'est à dire, à terme, plus d'austérité puisque ce sont elles qui pallient aux difficultés des salariés de bas niveau. Quand aura-t-on à faire à des dirigeants qui se rendront compte que le social est également utile à l'équilibre entre les citoyens ? Quant au 3,6 % de déficit en 2014 impossible, voire De restrictions en pauvretés, comment réduire les dépenses de l’État pour les 3 %.

    Ce que demande la Commission n'est autre que la contre patrie de ce qu'elle accorda en donnant deux années de plus à la France pour atteindre les 3 % fin 2015.

    Le commissaire finlandais Olli Rehn du parti du centre, veut aller beaucoup plus vite et plus loin que Pierre Moscovici, en abordant la question du salaire minimum, l'un des plus élevés d'Europe, et des règles de licenciement, parmi les plus contraignantes. À-t-on déjà entendu qu'un salaire minimum soit trop élevé ? Voudrait-il que les salariés soient payés comme en Allemagne un euro de l'heure ? La question serait de lui demander quel est son salaire ? Quant à modifier les règles de licenciement, il oublie que l'accord sur la flexibilité et la sécurisation de l'emploi apportent déjà une réponse. Décidément, il n'y a rien de compatible avec des commissaires de droite et notre conception sociale.

    Bien sûr nous avons des incohérences avec les retraites des régimes spéciaux EDF, GDF, SNCF, RATP, mais c'est oublier que ces agents sont sous statut et que leur retraite fut revue en 2008 et 2010. Les agents de conduite de la SNCF peuvent encore partir dès 50 ans, même si une importante décote s’applique alors à leur pension en général. D’autres catégories peuvent partir à 55 ans. Le relèvement des bornes d’âge de deux ans s’applique à eux comme pour le reste de la population, mais à un horizon plus lointain, à partir de 2017.

    Pour les fonctionnaires, les règles de calcul restent beaucoup plus avantageuses que dans le privé pour certaines catégories de salariés. Le calcul de leur pension est basé sur les 6 derniers mois d'activité, alors que pour le privé c'est sur les 20 dernières années, ce qui constitue une injustice intolérable, c'est 20 % de plus sur leur pension d'autant qu'ils sont augmentés à la fin de leur carrière.

    Quant à la retraite à 6o ans elle devrait être portée à 62 ans et plus par un allongement de la durée de cotisation, sauf pour les salariés ayant commencé très jeunes. Quand aux professions fermées médecins, pharmaciens, notaires, taxis, il certain qu'elles mériteraient d'être revues, mais en fait, elles sont en dehors du régime général de la sécurité sociale. Revoir ces pensions spécifiques conduirait à des difficultés qu'il est préférable d'éviter puisque ne présentant pas un intérêt majeur. S'attaquer de front à ces corporations qui font marcher l'économie serait suicidaire quand on sait que c'est du privé que l’État tire ses recettes. Il reste les pensions des parlementaires qui sont encore très choyés.

    Plus d'équité dans nos retraites s'impose, si l'on veut un meilleur climat entre nous.

    Il fut évident que devant de telles exigences François Hollande répliqua que la Commission n'a pas à se mêler du contenu des réformes, que sa mission est de faire le point sur les déficits, ni plus ni moins. C’est une vraie divergence politique puisqu'elle reviendrait à une ingérence intolérable. Prenons une image, «quand vous allez chez le garagiste, vous pouvez lui demander simplement de réparer votre voiture en panne en lui faisant totalement confiance, ou vous pouvez lui donner des instructions pour réparer ce qui ne marche plus, c'est donc le contraindre ...», mais dans ce cas il ne peut être responsable, ce qui ne serait pas le cas, si François Hollande exécuterait les recommandations de la commission.

    Pour Bernard Guetta sur France inter, c'est une impardonnable faute de la commission

    «Mais de quoi se mêlent-ils, de quel droit, au nom de quel mandat et de quoi, délivrent-ils cette ordonnance», se disait-on en entendant les commissaires expliquer doctement qu’il fallait faire ceci et pas cela sur les retraites, ouvrir les professions fermées, «rendre plus attirant le retour au travail des chômeurs», autrement dit baisser leurs indemnités, et l’on ne sait plus quoi d’autre encore. On se le disait à juste titre car ces commissaires désignés par les gouvernements, et non pas élus, par qui que ce soit ont pour fonction de veiller au respect des traités et de proposer, simplement proposer, des politiques aux pays membres et certainement pas d’enjoindre leurs gouvernements d’appliquer celles qui semblent bonnes à la Commission», lire la suite ici.

    François Hollande en visite officielle à Rodez, Aveyron, nous, nous avons à respecter les engagements européens par rapport à la réduction des déficits. En ce qui concerne les réformes structurelles, c'est à nous, et à nous seuls, de dire quel sera le bon chemin pour atteindre l'objectif. «Ce qu'il ne veux pas, c'est que l'on puisse dire que nous faisons la réforme des retraites parce que la Commission nous le demande», expliqua son entourage, soucieux que le président n'apparaisse aux ordres de Bruxelles bisant ainsi la souveraineté française. Et ce, alors que doit se tenir, les 20 et 21 juin, une conférence sociale, avec les partenaires sociaux, en vue de présenter un projet de loi en septembre.

    En visite à Rodez le mercredi 29 avril/ Jean-Claude Coutausse/french-politics pour le Monde.fr.

    François Hollande sait très bien qu'il a à faire cette réforme, mais il fut agacé par la façon dont la Commission s'est exprimée, comme si c'est elle qui aurait le pouvoir d'agir sur la France. L'équilibre des retraites est à faire pour un équilibre en 2020, il n'y a donc aucune précipitation seulement à comment poursuivre ce qui ne fut fait par le gouvernement précédent. Pour le gouvernement les recommandations ne sont pas des injonctions. «La France va respecter ses engagements, ce qui implique un certain nombre de réformes que nous ferons à notre manière».

    Pour l'opposition, «c'est une mise sous tutelle, et c'est une humiliation». Quant à Marielle de Sarnez du Modem, elle déplora cette intrusion de la Commission sur les compétences nationales. «Les réformes doivent être faites car nous en avons besoin pour nous-mêmes, pas parce que Bruxelles le demande, a-t-elle réagit. C'est à nous de décider des modalités à mettre en œuvre, la Commission n'a pas à donner le détail». Pour l'autre opposition de gauche, la potion délivrée par la Commission doit être impérativement rejetée. Jean-Luc Mélenchon y voit «une déclaration de guerre sociale contre le peuple français. La France doit refuser d'appliquer ces recommandations et désobéir» a-t-il ajouté.

    Il n'en fallait pas tant pour déclencher une guerre sociale et compliquer un peu plus les réformes à engager.

  • Daniel Cordier des royalistes maurassiens au socialisme humamisme,

    en passant par Jean Moulin.

    Pour la liberté il faut risquer la mort.

    Daniel Cordier allias Caracalla dans on habit de parachutiste à 19 ans déjà décidé à combattre dans les Forces française libres du général de Gaulle.

    Support Wikipedia Un résistant de l'ombre que l'on vient de d'honorer pour les 70 ans de l'arrestation de Jean Moulin, nous montre un résistant de la première heure qui presque en culottes courtes parti dès le 21 juin 1940 rejoindre le général de Gaulle. Son grand regret fut de dire, «je n'ai pas combattu, je voulais tuer des boches, je n'en ai pas tué un seul», c'est le drame de ma vie.

    La leçon qu'il tira de son expérience de résistant fut de dire que seule compte la liberté dans la vie, et si l'on vous menace de vous en priver, il faut risquer la mort. Daniel Cordier 93 ans que nous avons vu à la télévision doit se souvenir qu'à 17 ans, il milita à l'action française et fonda à Bordeaux, le Cercle de Charles Maurras, il était facho. Sa vie de résistant commença au discours du Maréchal Pétain le 17 juin 1940, voir l'allocution prononcée à la radio française le 17 juin 1940, mais aussi l'appel du 18 juin du général de Gaulle et le discours du Maréchal Pétain aux Français le 25 juin 1940. Des Camelots du roi, voir Philippe Pétain la révolution nationale, sous l'obédience de Charles Maurras et de l'influence des collèges catholiques il est, au début de la guerre, fascisant, antisémite, antisocialiste, anticommuniste, antidémocrate et ultranationaliste, souhaitant même, après son ralliement à la France libre, que Léon Blum soit fusillé après un jugement sommaire à la fin de la guerre. Il écrira dans son autobiographie qu'il ne serait jamais entré dans la Résistance sans les articles du théoricien Charles Maurras du «nationalisme intégral». Mais, contrairement à son maître à penser, il refusa d'emblée l'armistice par patriotisme. C'est ce qui le poussa à 19 ans à l'embarquement à Bayonne le 21 juin sur le Léopold II qui devait aller un Algérie. Le Leopold II un vieux cargo battant pavillon belge qui finalement fit route vers Londres, pour suivre le gouvernement belge qui venait de s'exiler en Angleterre, pour atteindre Falsmouth le 25 juin.

    «On a une grande réunion, à la mairie de Pau. La préfecture avait interdit la réunion dans le local que nous avions prévu à cet effet. Après, nous sommes allés au monument aux morts. Nous étions environ une centaine de jeunes, avec des sacs. Je les ai emmenés au garage de mon beau-père, propriétaire des Transport palois réunis, où il y avait des autocars. Il m’avait donné son accord, et quatre autocars se sont remplis. Et quand le premier est sorti du garage, il n’était pas loin de 10 heures du soir. Les militaires, français, une dizaine, étaient sur la route, braquant leurs fusils-mitrailleurs sur nous. Ils nous ont donné l’ordre de rentrer, parce qu’il y avait eu un décret municipal, ce jour-là, interdisant de quitter Pau de 10 heures du soir à, je crois 5 heures du matin. Nous étions désespérés. Mon beau-père nous a alors dit, «je vais vous préparer autant d’autobus dont vous aurez besoin, pour demain matin, à 7 heures, horaire du car Pau-Bayonne». Et le lendemain matin, nous étions 17, extrait de Daniel raconte.

    Dès son arrivée, il s'engage dans les premières Forces françaises libres de la légion de Gaulle, appelée légion française le 28 juin 1940.

    «Nous étions très peu, vraiment des fous qui voulions que la France s'oppose à l'Allemagne, j'étais l'un des plus âgé. Mon meilleur ami avait dix-sept ans. Nous étions des enfants. Il y en a qui sont venus en culottes courtes, qui sont montés à bord de bateaux sans valises. Ils ont suivi, souvent à partir de Brest, leurs grands frères, et avaient à peine quatorze-quinze ans», extrait de Daniel Cordier, seule la vérité compte dans la vie.

    «Une légion de 600 enfants et de collégiens, avec 750 marins et 900 légionnaires, soit l'ensemble de la France Libre», selon Daniel Cordier.

    En transit pendant quelques jours à l'hôtel Olympia, il fut affecté au bataillon de chasseurs alors en formation et arriva début juillet à Delville Camp, pour y suivre un entraînement jusqu'à la fin du mois de juillet. Le bataillon fut ensuite installé à Camberley, puis au camp d'Old Dean, où Daniel Cordier complète sa formation militaire.

    Le bataillon étant dissous, il fut affecté à un peloton d'élèves officier ou il deviendra aspirant en août 1941. Brulant d'action, il obtint d'être affecté à l'été 1941 au service action au Bureau Central de Renseignements et d'Action BCRA, les services secrets de la France libre. Pendant un an, il suit un entrainement spécial dans les écoles de l'Intelligence service, sur le sabotage, la radio, le parachutage, les atterrissages, Daniel Cordier prit le nom de bip W, et il fut parachuté en France près de Montluçon le 26 juillet 1942, comme secrétaire radio de Georges Bidault, chef du bureau de presse Bip, l'agence clandestine.

    C'est à Lyon, le 1er août 1942, qu'il rencontra pour la première fois Rex alias Jean Moulin délégué du général de Gaulle au Comité national français officieusement seul représentant de ce comité en métropole. Pendant onze mois, il est au quotidien l'un de ses plus proches collaborateurs. Il gère son courrier et ses liaisons radio avec Londres. Il l'aide à créer divers organes et services de la Résistance, et assiste aux patients efforts de celui-ci pour unifier la Résistance intérieure française et la placer sous l'égide de Londres. Il mit sur pieds un état major clandestin sans moyen ni personnel avant d'être assisté au mi août 1942 par Laure Diebold, alias Mona- Mado, puis par Hugues Limonti, alias Germain, qui en 1943 dirigea et organisa à Paris selon les directives de Jean Moulin la région nord. Après l'arrestation de Jean Moulin à Caluire-et-Cuire, il poursuivit sa mission dans la zone nord comme secrétaire de la délégation générale en France auprès de Claude-Bouchinet- Serreulles, nom de code Sophie Scapin Clovis successeur par intérim de Jean Moulin. A son poste jusqu'au 21 mars 1944, pourchassé par la Gestapo, il s'évada par les Pyrénées. Interné en Espagne à Pamplune puis à Miranda, il rejoignit l'Angleterre fin mai 1944 ou il fut nommé chef de la section des parachutistes du BCRA.

    «Ce long travail aboutit à la fondation du Conseil national de la Résistance le 27 mai 1943. Il fallut pour cela passer par bien des frictions et des divergences avec beaucoup de chefs de la Résistance, ainsi qu'avec Pierre Brossolette, autre envoyé de de Gaulle et concurrent de Jean Moulin. Certes, mais ce fut un très long chemin. Il y eu beaucoup de drames et de tensions dans cette histoire de la Résistance. Début 1942, les chefs de la Résistance, comme Henri Frenay, Emmanuel d’Astier de La Vigerie, Henri Giraud… estimèrent que, contrairement au général de Gaulle, ils n’avaient pas quitté la France, et que, par conséquent, les futurs chefs de la France, c’étaient eux».

    Jean Moulin était d’une famille républicaine, et il se méfiait énormément du général de Gaulle, parti en Angleterre, ou il avait créé un pouvoir politique. La première question qu’il posa à de Gaulle, fut, «rétablirez-vous la République ?», de Gaulle lui répondit, «mais bien sûr !», ce qui était moins qu’évident, «je suis bien placé pour savoir que, parmi les soldats présents à Londres, aucun ne voulait de retour à la République ! Bien sûr, je n’ai jamais tenu ce discours à Jean Moulin !».

    Après la guerre, Cordier choisit de tourner la page et d'oublier radicalement cette période de sa vie, il ne parla plus de la Résistance en public pendant plus de trente ans. Il ne se consacra plus au militantisme politique et renonça à ses opinions d'extrême droite au contact de Jean Moulin. Il adhère désormais à un socialisme humaniste et non marxiste, aidant discrètement à la fondation du Club Jean Moulin au début des années 1960. Daniel Cordier est membre du Conseil de l'Ordre de la Libération depuis septembre 2005.

    Le 27 mai, le président de la république fit un discours à l'occasion du 70ème anniversaire Conseil national de la résistance au lycée Buffon à Paris, que l'on peut lire ici.

    Pour Daniel Cordier, Jean Moulin m'a fait confiance, le téléfilm Alias Caracalla sur France trois révéla l'héroïsme quotidien des jeunes résistants.

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