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  • De restrictions en pauvretés, comment réduire les dépenses de l'Etat pour les 3 %

    quand il ne reste plus rien à grignoter ?

    Support Wikipedia Sarkozy est déjà passé, et le gras qu'il a laissé dans les services de l’État, vient d'être mangé par les contraintes budgétaires. Nous en serions à ne plus payer l'essence des voitures de police au ministère de l'intérieur. Cela devient inquiétant, les factures payées aux entreprises le sont avec plus de trois mois de retard, la gendarmerie est privée pour la seconde année consécutive d'achats de véhicules. Bientôt on ne pourra plus acheter de crayons. Les services de l’État sont exsangues, hôpitaux en déroute au point qu'il n'y a plus assez de médecins et qu'il faut avoir recours aux intérimaires qui coûtent plus cher, la police exsangue et sous équipée, éducation nationale défaillante, prisons d'un autre temps, inhumaines, .....etc..

    Services administratifs décharnés, lancée sous le quinquennat Sarkozy, la Révision Générale des Politiques Publiques, RGPP, qui prévoyait de ne remplacer qu'un départ à la retraite sur deux dans la fonction publique, les a profondément déstabilisés. Il y a cinq ans, 26 personnes qui travaillaient dans une trésorerie d'Ile-de-France, ne sont plus aujourd'hui que 21, encadrement compris. Mais sa charge de travail, est restée toujours aussi lourde, accueillir les contribuables qui veulent régler leurs impôts, assurer le paiement des dépenses engagées par des collectivités locales provoque du stress. Il arrive que parfois les bureaux soient fermés. Cela permet de respirer et de travailler sans avoir à gérer le public.

    Les restaurateurs des Landes ne se plaignent plus, ils reçoivent de moins en moins souvent la visite des fonctionnaires de la répression des fraudes. Dans le département, le service a perdu près de la moitié de ses effectifs depuis début 2010.....

    L’État n'assure plus son rôle. La France n'est plus qu'un pays «ordinaire» vestige d'une gloire que les Français ont minée. Cette dette nous prend à la gorge, nous étouffe, on ne respire plus. Pourrons-nous la réduire, c'est peu probable, l'effort est trop important, et elle augmente tous les jours. 3 % de déficit à la fin de l'année c'est de la méthode Coué, personne n'y croit. Mais, il faut tenir, ne pas lâcher, tout n'est jamais perdu. Bruxelles nous a accordé deux années de plus, pour atteindre ces 3 % de déficit, mais est-ce possible chaque année la dette plombe tous nos efforts.

    On en est à regarder du coté de la garde républicaine pour quelques économies, c'est triste. Et ce qui paraît le plus sidérant c'est d'entendre de l'opposition clamer qu'il faut réduire les dépenses de l’État, mais qu'elles dépenses ? Les retraites sont prévues puisqu'il faut palier au déficit de 21 milliards en 2017, ainsi que les allocations familiales en déficits, quoi d'autre ? La formation des chômeurs dont le coût atteint 30 milliards d'euros a besoin d'être revue. C'est un échec gouvernemental et patronal qui profite aux entreprises de formation, pas aux chômeurs.

    Nous ne pouvons plus augmenter les impôts, nous sommes à 46,5 % du PIB de prélèvements obligatoires en 2013. La France n'étant plus devancée que par le Danemark à 48,2 %. Notre dépense publique se montre à 56, 9 % du PIB, nous avons donc un différentiel de - 10, 4 % du PIB. Nous dépensons donc trop ! En 2011 les dépenses publiques étaient par rapport au PIB de 56 % et les prélèvements obligatoires de 43, 9 %, soit un différentiel de - 12, 1 %.

    Nous avons gagné 1, 7 points en un peu plus d'une année, ce n'est pas suffisant pour réduire ce différentiel. Notre charge de la dette en 2012 dans la loi de finances rectificatives était de 48, 7 Md€, et cette charge diminuera peu en 2013 d'autant plus que notre dette fin 2012 augmenta à 90,4 % du PIB. L'équation est simple, les dépenses de l’État hors charge de la dette augmentent spontanément de 6 milliards par an selon la Cour des comptes, et de 7 milliards selon le ministre du budget Bernard Cazeneuve. En 2014 il faudra trouver 7,5 milliards d'euros pour une baisse de 1,5 milliards sans que le différentiel se réduise de beaucoup.

    Le rapport de la Cour des comptes, Le rapport situation perspectives finances publiques_2012, dans les perspectives pour 2013 et au delà, décrit l'ampleur de l'effort à réaliser. L'analyse porte sur l'effort structurel à faire en 2013 pour passer le déficit de 4,4 % à 3 % en 2013, avec un PIB brut de 2. 033,7 milliards d'euros fin 2012, l'économie faire est de 28,5 milliards d'euros. On sait que cela ne sera pas possible on mesure donc qu'il faudra faire plus que ce qui est prévu, d'autant que notre dette pourrait atteindre 100 % du PIB en 2017 et à 108 % en 2020 si aucune mesure de redressement n'est prise. Sans augmentation des primes de risque, donc des taux d'intérêts, la charge des intérêts passerait à 3,5 % du PIB soit, 80 milliards d'euros en 2016 pour un PIB de 2.285,7 milliards d'euros.

    Le rapport dit que la composante conjoncturelle ne peut être diminuée que si la croissance du PIB est supérieure à son rythme potentiel, c'est évident. Or la composante conjoncturelle dépend de la croissance de nos partenaires, et dans la zone euro elle est principalement négative. Comme par ailleurs, la croissance sera nulle, voir négative en 2013, le solde conjoncturel se dégrade de 0,7 points. L'effort structurel équivaut à 1,1 point de PIB et pour une croissance nulle, il représente 44 Md€ en 2013. Le graphique ci dessous donne les économies nécessaires à faire pour ramener le déficit à 3 % du PIB en 2103 en fonction de la répartition des dépenses et des prélèvements obligatoires.

    Si par exemple l'effort est réparti 1/3 en recettes et 2/3 en dépenses, soit courbe verte pour une croissance nulle en 2013 les économies nécessaires s’élèveraient à 28,5 Md€ comme précédemment calculées.

    Bruxelles nous accorde deux années pour l'objectif de 3 % du PIB, et comme chaque année les dépenses incompressibles de l’État augmentent de 6 à 7 milliards d'euros, l'économie à réaliser serait fin 2015 de 40, 5 à 42, 5 milliards d'euros dans l'hypothèse d'une croissance nulle. Or les courbes du graphique nous montrent une linéarité de l'économie à réaliser en fonction de la croissance du PIB. Pour une croissance du PIB de 2 % dans les deux années 2014 et 2015 ce qui est une hypothèse hasardeuse compte tenu du chômage, le gain d'économie s'établirait à 13 milliards d'euros, ce qui compenserait juste l'augmentation systématique des dépenses de l’État. Il nous faudrait donc faire 28,5 milliards d'euros d'économie à fin 2015. Cela paraît irréalisable, il faudrait plus de 2 % de croissance.

    Nous n'atteindront pas 3 % de déficit en fin 2015.

    Que peut faire le gouvernement ?

    François Hollande avait promit l'équilibre en fin de mandat en 2017. Or les conditions de la Commission de Bruxelles, par suite de nos engagements pris sous la précédente gouvernance nous obligent à 3 % de déficit fin 2015. Faire infléchir ces conditions avec l'aide de nos partenaires portugais, espagnols et italiens qui ne peuvent continuer dans cette rigueur austère est une possibilité.

    Pour Martin Wolf éditorialiste et économiste au Financial Times, le modèle allemand n'est pas exportable; voir Le Monde.fr. Pour lui les énormes déficits enregistrés par les pays, Grèce, Portugal, Espagne, Irlande étaient constitués en termes de demande intérieure sur essentiellement des dépenses privées alimentées par le crédit. Puis survint la crise financière mondiale. Les apports de capitaux se tarirent et la dépense privée s'effondra, générant d'énormes déficits budgétaires. Émergea alors, notamment à Berlin, un consensus fondé sur l'idée erronée qu'il s'agissait d'une crise budgétaire..... Il n'en reste pas moins que cette chute des crédits privés s'est traduite par une crise budgétaire.

    Dans l'immédiat que faire d'autre que de rééquilibrer les retraites, les allocations familiales, et la formation des chômeurs, il faut tailler partout sans aggraver la compétitivité, c'est à dire agir sur des économies non productives. Tout d'abord se défaire autant que faire se peut de nos participations dans les entreprises d’État, EDF et autres. Supprimer tous les logements de fonction, préfets compris, et autres avantages des fonctionnaires. Dans les prisons réduire le nombre de détenus pour éviter d'investir, développer le bracelet électronique. Agir sur la TVA de la restauration rapide qui ne donne pas le rendement prévu. Revoir le financement de la formation professionnelle afin de donner plus de marge aux entreprises, 1,9 milliards en 2009, et sur les exonérations d'impôt sur le revenu du salaire de l'apprenti ainsi que sur le crédit d'impôt des sociétés pour les employeurs d'apprentis, 2 milliards en 2009.

    Quant à réduire le coût du travail comme le réclame Bruxelles, ce ne sont pas les quelques euros de moins sur le tarif horaire qui feront retrouver à nos entreprises leur manque de dynamisme chronique comparé à celui des allemands. Sur le premier trimestre 2013, la production de Renault et de PSA chuta de 32 % pour tomber à 350.000 unités, voitures particulières et véhicules utilitaires, Les Echos.fr.

    Réduire le financement des collectivités locales en favorisant le groupement des communes afin d'éviter des doublures d'emplois et des services communaux, et combattre la fraude plus efficacement pour faire rentrer de l'argent. Parallèlement , il faut créer des emplois par la banque d'investissement PME, PMI, activer les emplois jeunes et de génération par une meilleure information en combattant l'offensive de la droite qui étouffe ce qui est fait par le gouvernement.

  • Des tableaux à 500.000 € aux fonds d'enquête et de surveillance, l'affaire Claude Guéant,

    montre un visage de la Sarkozie.

    Support Wikipedia On sait que la droite aime récompenser ceux qu'elle juge bons serviteurs de ses intérêts. Elle manie à la perfection le bâton et la carotte surtout dans la police au point que la réduction des effectifs n'aurait pas réduit le coût de ce ministère. Comme on veut faire des réformes structurelles on réduit les effectifs, cela fait plaisir à Bruxelles, mais comme il faut quand même des résultats on arrose de primes ceux qui restent, c'est la récompense au mérite. On connait la suite, les attaques aux personnes augmentent, moins de policiers, et l'encouragement au zèle conduit à des excès fâcheux sur une certaine population qui se trouvent ainsi marginalisée par des contrôles permanents, il ne fut pas bon, un temps, de s'appeler Ben ou Mohamed, maintenant c'est silence complet ?

    L'affaire Guéant c'est autre chose tellement elle s'apparente à un innocent vaudeville sous couverture de la sarkozie. Tout d'abord une métastase de l'affaire du tribunal arbitral de Bernard Tapie Adidas Crédit Lyonnais, Christine Lagarde, aujourd'hui devant la Cour de justice de la république pour une mise en examen. Il s'agit du tribunal arbitral qui octroya 403 millions avec les intérêts en réparation du préjudice moral que Bernard Tapie subit dans cette affaire, donc payés par le contribuable, ainsi que des suites du financement de la campagne de 2007 de Sarkozy.

    Le 27 février toujours très tôt le matin la brigade financière est allée au domicile de Claude Guéant perquisitionner sur des traces de cette affaire, comme s'il avait à y voir quelque chose.

    L'après midi même, ce sont d'autres magistrats qui se pointent chez lui. Il s'agit de la division nationale des investigations financières qui, dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte en janvier, enquête sur des éventuels versements libyens en décembre 2006 et janvier 2007 de 50 millions pour la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Elle permit de mettre à jour, de façon impromptue, grâce à la saisie de relevés de comptes bancaires, la trace d'un virement de 500. 000 euros depuis un compte à l'étranger. Il s'agissait seulement de trouver des documents qui accréditaient le financement de la campagne de Sarkozy comme l'affirma Ziad Takiéddine, intermédiaire dans les négociations des contrats d'armement, mais pas un virement de 500.000 € à un compte à l'étranger. Takiéddine ne fut pas seul à révéler ce financement. Le site Mediapart révèla, le 03 mai via l'avocat de Maître Béchir Essid de l'ancien chef du gouvernement libyen, Baghdadi Ali al-Mahmoudi, l’existence de la note que Mediapart publia, ainsi que le déblocage d'une somme de 50 millions d’euros en 2007, par le régime Kadhafi, pour Nicolas Sarkozy.

    Le 30 avril, le Canard enchaîné révéla également que les investigateurs découvrirent, en épluchant les comptes bancaires, que les 500.000 euros avaient pour provenance un compte à l'étranger. Ils trouvèrent trace de nombreux et conséquents paiements de factures en liquide. Claude Guéant aurait pour habitude de payer en cash. Interrogé par Le Monde, il confirma l'existence de ce virement, à partir d'un compte ouvert en Malaisie par un confrère avocat.

    Selon lui, les 500 000 euros proviendraient de la vente en 2008 de deux tableaux du peintre hollandais Andries van Eertvelt à un confrère avocat. «Cela n'a rien à voir avec la Libye», c'est une affaire privée déclara-t-il. Le problème est qu'il fut Directeur général de la police nationale puis secrétaire général de l’Élysée, puis ministre de l'intérieur de quoi se poser des questions. Avant ce ministère, Claude Guéant homme de confiance de Sarkozy, fit des missions secrètes en Libye, en Arabie Saoudite, ou en Afrique noire, devenant l'homme «Afrique». De là, à imaginer, des transferts d'argent, il n'y a qu'un pas.

    En cédant ces deux œuvres, dont l'une est intitulée «Bateaux dans la tempête», il ne se cacha pas d'avoir fait une bonne affaire. Ce peintre flamand du XVIIème siècle est coté sur le marché de l'art, mais, selon le site spécialisé Artprice, le prix de ses tableaux en ventes publiques oscilla ces dix dernières années entre 12. 000 et 140. 000 euros. Cette découverte conduisit le parquet de Paris à ouvrir une information judiciaire confiée à trois juges d'instruction.

    Mis en cause sur la vente de ses deux tableaux pour un total de 20.000 à 25.000 €, il n'aurait jamais demandé de certificat d'exportation pour ses deux tableaux, indiqua jeudi 2 mai le ministère de la culture à l'AFP. Comme le rappelle le site spécialisé La Tribune de l'art, Guéant a-t-il obtenu un certificat d'exportation pour ses deux tableaux ?

    Tout tableau d'une valeur supérieure à 150. 000 euros doit obtenir un certificat du ministère de la culture pour être autorisé à sortir de France. Interrogé par le site Mediapart Guéant affirma posséder ce certificat, mais refusa de donner des explications détaillées. Pour le président du syndicat national des antiquaires, «il peut toutefois arriver qu'un particulier, à la différence d'un professionnel, ne connaisse pas la nécessité d'obtenir ce certificat». Il risque alors une amende pour infraction douanière. En revanche si les tableaux sont restés en France aucun certificat n'est nécessaire.

    Pour Libération.fr, Claude Guéant déclara détenir les pièces justificatives de la vente de ces deux tableaux à la disposition de la justice, estimant qu'il est «anormal que le secret de l'instruction ait été bafoué et que des fuites aient été organisées dans la presse pour me nuire avant que j'ai pu apporter des explications au juge qui n'allait pas manquer de me convoquer».

    Sur la valeur des tableaux il y a polémique. La «valeur type» d'une huile sur bois de 30 cm sur 60 cm du peintre représentant des bateaux en mer, comparable aux tableaux évoqués par Claude Guéant, «est de 15. 127 euros», assura le jeudi 2 mai à l'AFP Artprice, en fonction des ventes passées en enchères publiques depuis 1989. Pour Christian Deydier, le président du syndicat national des antiquaires, un prix de 500. 000 euros ne le surprennent pas pour deux tableaux flamands ! Or la vente d’œuvres d'art est règlementée de taxes sur les plus values.

    Si Claude Guéant a bien acquis ces deux tableaux «il y a une vingtaine d'années» avant leur vente en 2008, et s'il est en mesure de prouver leur date d'achat, il est normal qu'il n'ait pas payé de taxe sur cette vente. S'il peut prouver la durée de détention, après la deuxième année, un mécanisme d'abattement de 10 % par année de détention aboutit à une exonération au bout de douze ans. Mais «les œuvres d'art sont aussi un moyen fantastique pour transférer de l'argent de manière masquée», dans la mesure où «il est difficile d'établir qu'il est fictif de faire une très forte plus-value dans un laps de temps exceptionnellement court».

    Ou l'affaire se complique c'est pour les factures payées en liquide. Pour se défendre des soupçons qui pèsent sur les versements de 20.000 à 25.000 €, Claude Guéant expliqua qu'il aurait perçu des primes en liquide à l'époque où il dirigeait le cabinet de M. Sarkozy à l'intérieur. Ses explications furent confuses mélangeant deux choses, les sommes en liquide que peuvent toucher certains policiers pour leurs investigations, Frais d'Enquête et de Surveillance FES, et qui perdurent....? Et les versements de primes aux membres de cabinets, ces fameuses Indemnités de Sujétions Particulières ISP déclarées qui en sont issues. Mais, ce n'est pas tout, Le Monde.fr publie le 14/05/13 que Claude Guéant aurait reçu un virement suspect 25.000 € de la Jordanie.

    Concernant ces factures payées en liquide, Claude Guéant explique qu'il a bénéficié jusqu'en 2006 d'un système de primes en espèces instauré de manière occulte au ministère de l'intérieur. Au cours de cette période explique-t-il, je vivais chichement et ne dépensais presque rien, et j'ai amassé des espèces. En particulier de 2002 à 2004 lorsqu'il dirigeait le cabinet de Sarkozy à l'intérieur. Puis de 2005 à 2006 période durant laquelle il occupait les mêmes fonctions. Le problème est que ces versements en liquide furent supprimés par Lionel Jospin en 2002, et furent remplacés par des virements bancaires. Ces sommes n'ont donc jamais été déclarées au fisc, Guéant en convient, mais il se défend de toute malhonnêteté.

    Daniel Vaillant prédécesseur de Sarkozy à l'intérieur, de déclarer, «il existait depuis 1946 des primes de cabinet, gérées par les chefs de cabinet, qui recevaient de l'argent venant de Matignon, qui le prenait à la Banque de France. Ces primes étaient distribuées dans chaque ministère». Ce système des fonds spéciaux gouvernementaux a perduré jusqu'à la fin 2001, date à laquelle Lionel Jospin, alors premier ministre, décida de le supprimer. Il estime que M. Guéant entretient une confusion entre les fameux «fonds secrets» ou «fonds spéciaux» et les «frais d'enquête et de renseignement».

    Plusieurs de ses anciens collaborateurs au ministère de l'intérieur sous Sarkozy affirment ne jamais avoir reçu d'argent en liquide. Pour l'ancienne ministre Chantal Jouanno, membre du cabinet de 2002 à 2004, «je ne touchais que des primes sur mon compte bancaire, rien en liquide», assura-t-elle au Monde. Rachida Dati, qui fut, elle aussi, membre du cabinet de Nicolas Sarkozy, a démenti, au Monde, tout versement en liquide. Christophe Crépin, du syndicat UNSA-Police, est dans le premier cas. «C'est un fantasme depuis 2002, nous n'avons plus ce genre de pratique. Les primes sont versées sur le compte des fonctionnaires, chaque centime dépensé au ministère est tracé». Quant à Roselyne Bachelot, «soit c'est un menteur, soit c'est un voleur».

    La dessus le Canard enchaîné du 7 mai titre, «la note de Guéant qui piège Guéant».

    L'introduction de l'article est fort, «c'est un affreux coup de poignard dans le dos de Claude Guéant !». L'article reproduit un extrait de la note dans laquelle, «il interdit l'utilisation des frais d'enquête et de surveillance pour verser des compléments de rémunération», cette note est datée du 3 février 1998, signé, Claude Guéant Directeur de la Police nationale.

    Cette lettre fut adressée à tous les chefs de la police. Les modalités d'application y sont soigneusement détaillées. «Ces fonds peuvent être utilisés pour le recueil de renseignements, la rémunération d'informateurs, l'acquisition de matériels, ou la mise à disposition de moyens d'investigation», selon le patron de la police. Mais, attention, écrit-il, «en aucun cas ces crédits ne doivent être considérés comme permettant d'alimenter un régime indemnitaire !», c'est le coup de massue. En clair, Claude Guéant interdisait que ce fonds serve à financer des primes occultes non déclarées. Claude Guéant a réagi, «le Canard dit ce qu'il veut, par contre la date m'intrigue un peu car j'ai quitté mes fonctions de directeur général de la police nationale au lendemain de l'assassinat de Claude Erignac ?».

    Manuel Valls a diligenté une enquête administrative sur ces primes, confiée à l'inspection générale de l'administration et à l'inspection générale de la police nationale. Plusieurs syndicats ont réagi après les déclarations de Claude Guéant, l'un d'eux, FO-Centrale des personnels du ministère de l'intérieur lui demandant de «rendre l'argent», la CGT-Police évoquant elle un «détournement de fonds publics».

    Le Monde.fr publie un article sur ces indemnités de sujétion particulière, ISP qui sont issues des FES. Ces ISP sont désormais déclarées et fiscalisées. Ces primes sont versées aux membres des cabinets ministériels, mais aussi aux personnels dits de, fonction support, chauffeurs, gardes du corps... qui travaillent avec les ministres. Elles ont atteint, en août 2012, un montant de 24,8 millions d'euros, lire la suite sur Le Monde.fr.

    Pendant des années, ces FES furent illégaux, cachés aux impôts, sans contrôle, une véritable anarchie tendant à diviser entre les bons et les mauvais flics suivant celui qui avait le pouvoir de les distribuer. On voit qu'elles subsistent sous une autre forme, mais légales avec un autre nom ISP. Pour en dire plus, il faut attendre les conclusions de l'enquête administrative, pour le moment Claude Guéant n'a rien fait d'illégal.

     

  • La France est-elle germanophobe ?

    Oui et non.

    Copie d'écran. Pour évoquer la germanophobie actuelle, alors que se célèbrent les cinquante ans de l'amitié franco-allemande, Frédéric Taddeï reçoit de nombreux intellectuels

    Support Wikipedia Sur France 2 eu lieu en fin de soirée un débat de fond sur la relation Allemagne-France comme moteur de l'Europe. Ce doit être la première fois qu'un tel débat sur un seul sujet est organisé par l'animateur Frédéric Taddeï, dans sa célèbre émission «Ce soir ou jamais». Il y fut question de germanophobie, en d'autres termes les Français auraient une attitude hostile envers l'Allemagne, un sentiment qui prend tout son sens dans le bras de fer engagé, par les peuples des pays du Sud de l'Europe, contre la politique de la chancelière Angela Merkel.

    Tout se résume à cette question, les Allemands veulent-ils dominer l'Europe ou bien ce ne serait qu'une conséquence due à leur puissance industrielle, ce qui les mettraient en situation de culpabilité ?

    Le débat soulevé par les différents participants porta sur la relation du couple Franco-allemand. Après la guerre de 1945 l'Allemagne coupée en deux, fit que la France marqua sa suprématie politique et industrielle sur une Allemagne diminuée. Mais dès qu'elle fut réunifiée, après la chute du mur de Berlin, c'est à dire intégrant sa partie Est, elle redevint la grande puissance qu'elle est actuellement, c'est à dire celle d'avant la seconde guerre mondiale et bien entendu supérieure économiquement à nous. Elle absorba les différences sociales entre ses deux parties pour n'en faire qu'une, ce qui montra sa capacité économique en intégrant plus de 16 millions d'habitants. Mais cela lui fournit une main d’œuvre à bas prix qui équilibra en même temps l'effort engagé. Actuellement la RFA, République Fédérale d'Allemagne, c'est plus de 81 millions d'habitants. C'est une réalité qui fait d'elle une des plus grandes puissances économique mondiale mais avec un taux de naissance faible, qui modifiera son économie quand il faudra faire des enfants, donc développer des revenus et des structures sociaux. L'Allemagne n'est pas un pays jeune, le taux de natalité en 2011 est de 8,1/1000 habitants avec et un solde migratoire de 369.000 personnes. Pour le moment cela lui profite par de la main d’œuvre étrangère payée beaucoup moins chère, d'où des prix compétitifs.

    Pour Emmanuel Todd les règles ont changées, l'Allemagne est revenue elle-même, et les Français dans ce schéma d'après guerre, surestimeraient la puissance de la France ? Dans ce problème de germanophobie, qui en fait n'en serait pas un, c'est le fait que l'Allemagne contrôle économiquement l'Europe par l'euro, comme elle l'a contrôlait auparavant par la puissance du Mark, qui y a-t-il de nouveau ? N'est-ce pas tout simplement un problème pour la France, parce que plus petite, mais aussi par son industrie plus faible, et sa forte natalité, 12,6 /1000 qu'il faut soutenir, ce qui introduit des contraintes en notre défaveur. Est-on pour autant germanophobe ? Nos échanges culturels avec l'Allemagne sont importants, les français ont depuis longtemps considérés les Allemands comme des partenaires. Par contre, ce que nous sommes, c'est contre cette politique qui ne voit de solution à la crise que par le serrage de ceinture des pays du Sud, qui, depuis deux années, n'a fait que de les enfoncer un peu plus dans la déchéance.

    La germanophobie serait plutôt en Grèce, en Espagne, en Italie par ce que ces pays souffrent plus qu'en France. Cette différence économique culpabilise les allemands puisqu'ils tirent profit de la faiblesse des autres, au point que l'Allemagne se place en dehors de l'Europe qu'elle construisit avec nous. C'est un peu comme le surdoué qui se trouve à l'écart des autres en classe. Les Français ne sont pas germanophobes, mais contre la politique qui ne voit de solution que par un seul bout.

    En fait, les Allemandes seraient coupables d'avoir adapté leur pays à la mondialisation et à la crise financière, alors que les pays du Sud, bien dans leurs pantoufles, n'auraient rien fait ? Ce n'est pas si simple que ça, les cultures sont différentes, et en regardant l'émission j'ai souvent eu le désir d'intervenir. Il est vrai que les Français ont toujours eu, indépendamment des guerres entre nos deux pays, un complexe d'infériorité par ce que l'Allemagne, réussit mieux que nous dans ce qu'elle entreprend.

    C'est simple à reconnaître, si l'on veut acheter un appareil électro-ménager, on achète allemand par ce que c'est fiable, bien que ce soit plus cher que les appareils français. De même, dans le domaine de la mécanique si l'on veut un produit, engrenages spéciaux, ils n'y a qu'eux qui en fabriquent, leurs machines outils se vendent dans le monde entier, outillages, optiques domestiques et autres, quand on veut de la fiabilité on achète allemand. Dans le bâtiment c'est la même chose, les meilleurs produits sont allemands. C'est également vrai pour l'automobile, la moto, qui sont chers mais, mais qui tiennent la route.

    Les Allemands ont su montrer au monde la qualité et la fiabilité de leurs production, le sérieux, alors que nous, qui fabriquons des voitures de qualité que d'aucuns vont même jusqu'à prétendre qu'elles sont plus fiables que les allemandes, nous n'en vendons que peu ! Notre point faible est aussi notre dynamisme commercial à l'exportation. Dépassés sur le domestique et l'industriel, nous nous sommes attachés aux grandes productions techniques, centrales nucléaires, aviation, transports, spatial, armement, le luxe, nos vins, qui ne font vivre qu'une faible partie de notre population.

    On ne peut quand même pas reprocher aux Allemands de mieux vendre que nous !

    Notre faiblesse réside aussi dans notre prétention à nous considérer les meilleurs, c'est nous qui avons la plus belle avenue du monde, la plus belle capitale du monde, le plus beau pays, et j'en passe, cela nous fit perdre de nombreux marchés, puisque nous sommes les meilleurs. Mais nous n'avons pas la plus forte industrie d'Europe notre Franc a toujours été inférieur au Mark.

    Notre faiblesse réside également dans nos relations patronat syndicats qui se neutralisent, alors que les Allemands coopèrent en faisant chacun un pas vers l'autre.. Les Allemands ont plus de 8 millions de syndiqués, soit 26 % de salariés qui adhèrent à un syndicat. Trois confédérations syndicales regroupent divers syndicats. La confédération comptant le plus grand nombre d’adhérents est le Deutsche Gewerkschaftsbund, DGB, confédération allemande des syndicats, plus de 6 millions d'adhérents, qui comprend les deux syndicats allemands ayant le plus grand nombre d’adhérents, IG Metall et le Dienstleistungsgewerkschaft Ver.di. IG Metall, est le syndicat de la métallurgie, du bois, du textile du plastique 2,4 millions d'adhérents et Ver.di le syndicat des services, 2,3 millions d'adhérents. On mesure la puissance de ces syndicats, d'autant que les Allemands sont disciplinés, et quand ils parlent au patronat, ils sont écoutés. Le rapport de force syndicat patronat est souvent en leur faveur.

    Avec un dynamisme patronal à l'exportation qui est un exemple, les Allemands font du forcing, et les 35 heures introduites en Allemagne dès 1995 dans le secteur de la métallurgie, l'automobile, l'électromécanique contraignirent à l'Allemagne de rentabiliser sa production, d'où le succès de son industrie. Nous, nous, avons tout rejeté alors que les 35 heures imposaient l'amélioration de la rentabilité des entreprises !

    Ce fut par un combat permanent du syndicat IG Metall qui s'y repris trois fois depuis 1978. Le chancelier Kohl estima que c'était une sottise, mais ces 35 heures constituèrent le pivot autour duquel s'effectua la flexibilité du travail qui fut à la base de la création d'emplois.

    IG Metall, avec la crise, admit cette flexibilité puisque qu'en moyenne les durées de travail négociées entre les différents Länder font que globalement dans tous les secteurs la durée moyenne est de 37, 7 heures/semaine. La grande différence avec nous, c'est la souplesse, chaque secteur adapte sa durée de travail en fonction de ses possibilités.

    Si l'on compare ce syndicat avec les nôtres, il n'y a pas photo quand on pense que la loi sur la flexibilité et la sécurisation de l'emploi adaptée le 9 avril dernier fut rejetée par la CGT et F.O. La politique patronale allemande privilégie le maintien d'une compétence salariale à celui des heures, qui peuvent être récupérées quand les commandes le permettent, alors que les salariés licenciés sont perdus. De ces deux approchent, syndicat-patronat, celle de l'Allemagne montre sa pertinence.

    Ce n'est donc pas une domination voulue de l'Allemagne sur l'Europe, mais seulement une volonté de s'adapter au commerce international par un markéting offensif et par des produits de qualité et fiables.

    A cela, si vous ajoutez les réformes Hartz de Gerhard Schröder, socialiste, qui sont une catastrophe sociale dans les services on comprend, que l'Allemagne s'en sorte, actuellement, mieux que nous, mais avec une misère plus grande. En fait, l'Allemagne qui ne fonctionne pas comme nous, ne reconnait pas le salaire minimal, le SMIG, c'est économiquement un avantage, mais un handicap quand elle sera contrainte de lâcher du social.

    Globalement nous sommes mieux armés sur l'avenir que les Allemands !

    Dans une Europe qui se veut être unie, il faut un minimum de règles pas seulement ne voir que le facteur financier.

    A ce débat étaient présents,

    • Jean Quatremer journaliste correspondant à Bruxelles pour le quotidien «Libération». Il est spécialiste des questions européennes et est, depuis 2008, président de la section française de l’Association des journalistes européens.
    • Benoît Duteurtre écrivain, critique musicale, essayiste, animateur et producteur de l’émission «Etonnez-moi Benoît», le samedi de 11h à 12h30 sur France Musique.
    • André Wilms est comédien et metteur en scène.
    • Marie-France Garaud Présidente de l’Institut International de Géopolitique, elle fonda et dirige l’Institut International de Géopolitique, qui publie la revue trimestrielle «Géopolitique». Elle fut conseillère de Georges Pompidou lorsqu'il était Premier ministre puis Président de la République.
    • Guillaume Klossa Président d’EuropaNova est le président de l’ONG «EuropaNova», un think tank qui défend une Europe plus intégrée et démocratique. Il a été le conseiller spécial du secrétaire d’état aux affaires européennes.
    • Emmanuel Todd Anthropologue, démographe et historien et politologue, et chercheur à l’INED, l’Institut National d’Études Démographiques.
    • Hélène Miard-Delacroix est historienne, professeur d’histoire et civilisation de l’Allemagne contemporaine à l’université Paris-Sorbonne.
    • Joachim Bitterlich Diplomate fut conseillé de l’ancien chancelier allemand Helmut Kohl pour la politique européenne de 1987 à 1993 puis pour la politique étrangère, de sécurité extérieure et de développement de 1993 à 1998.
    • Ulrike Guérot Politologue elle dirige le bureau de Berlin du laboratoire d’idées European Council on Foreign Relations où elle travaille sur l’intégration européenne, les institutions européennes et les relations franco-allemandes.
    • Guillaume Duval est journaliste, ingénieur de formation, il travailla de nombreuses années dans l’industrie allemande. Il est aujourd’hui rédacteur en chef du mensuel Alternatives économiques et est l'auteur de «sommes-nous des paresseux ?».

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