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  • Les élections législatives Italiennes dans un contexte d'austérité,

    ne peuvent nous être indifférentes.

    Support Wikipedia Cette année 2013 peut voir la Commission européenne des 27, subir quelques changements. Deux élections sont prévues, les législatives Italiennes du 24 et 25 février et Allemandes du 27 septembre. Mais aussi beaucoup plus tard le référendum Anglais sur l'appartenance du Royaume-Uni dans l'U.E. si David Cameron gagne les législatives prévues en 2015. Et, compte tenu qu'il sort le grand gagnant avec le soutien Allemand du sommet des 27 les 7 et 8 janvier sur un refroidissement du budget de l'Union de - 3 % le portant 908,4 milliards d'euros, il a toutes les chances d'emporter les législatives avec un pays qui a toujours rejeté cette Union, si ce n'est pas que pour son profit. Les élections Allemandes risquent de voir la reconduction de la CDU en s'associant avec le FDP des libéraux démocrates, malgré que cette coalition a subi un revers en Basse Saxe. L'alliance des sociaux démocrates SPD et des Verts à fait tomber de justesse le gouvernement régional de la coalition conservatrice. Cette courte victoire n'affecte pas pour le moment la victoire potentielle de la coalition CDU, FDP, qui conserve une large avance.

    Pour l'Italie c'est autre chose, Mario Monti à mis l'Italie à genoux, voir Mario Monti, «E’ nata una nuova formazione politica», d'autant que sa dette de 1.900 milliards d'euros, 120 % du PIB ne se résorbe pas. Une année à la tête du gouvernement à vu l'augmentation des impôts, des réformes impopulaires, une récession économique accrue, et un taux de chômage élevé à plus de 11 % et surtout chez les jeunes qui atteint 36,5 %. Toutefois sa crédibilité dans l'Union ne fait aucun doute, il a la confiance puisque les taux d'emprunts sont descendu à 4,5 % alors qu'ils étaient à 7 % il y a un an.

    Les élections législatives Italiennes renouvelleront pour cinq ans les mandats de 315 sénateurs et de 630 députés. Cette élection signe le retour du processus démocratique comme suite à l'incrédibilité de Berlusconi à redresser son pays après des Européens qui ont soutenu l’avènement d’un gouvernement de «professeurs», sous la gouvernance Monti, voir Mario Monti, le sauveur de l'Italie. Ces élections sont importantes pour la place de l'Italie sur la scène Européenne, soit, elles confirment démocratiquement Mario Monti, soit l'Italie entre dans une période incertaine celle des partis. On pourrait dire que Mario Monti tient le spread dans ses mains.

    Les dernières informations données par la Républica.it, sur le parti de centre gauche social démocrate Pd de Pier Luigi Bersani, formation qui comprend différentes formations de gauche et d'extrême gauche, donnent ce parti en tête autour de 24 %, avec une avance de cinq points sur le PDL, le Parti de la Liberté de Silvio Berlusconi qui comprend la Ligue du Nord, droite populiste, et différents partis de droite et d'extrême droite autour de 19 points.

    En troisième position on trouve le parti 5 étoiles de l'humoriste Peppe Grillo mouvement populiste de gauche qui préconise un référendum sur le maintien de l'Italie dans la zone euro et qui a remporté des victoires municipales en particulier celle de la ville de Parme. Actuellement il est crédité de 18 % des suffrages.

    En quatrième position vient le parti qui soutient Mario Monti formé par l'UDC, Union du centre Démocrate Chrétien, et le parti conservateur Futur et Liberté de Gianfranco Fini et un autre parti fondé en janvier 2013 par Mario Monti, le Choix civique. Actuellement Mario Monti est crédité de 15 % des suffrages. Pour compléments, voir les partis politiques Italiens et le système électoral Italien. On voit que tous les partis se tiennent dans 15 % des votants.

    L'article de di Ilvo Diamanti de la Républica.it, nous apprend que la distance entre les principales formations politique se rétrécie. Le centre gauche est toujours devant depuis des mois, mais la marge qui sépare les différentes factions est réduite alors qu'il y a un mois, elle était du double. À deux semaines du vote, le sondage dell'Atlante Politico di Demos présentait une compétition plus ouverte de ce qu'elle était en janvier. Cette approche est l'effet de deux tendances symétriques. Le déclin du centre gauche et en particulier celui du parti démocrate Pd, avec la monté du centre droit et du PDL, par suite d'une perte de pour le Pd qui le place vers 25 % réduisant l'écart entre les coalitions principales autour de 4 points.

    Ces tendances reflètent des raisons difficiles à apprécier séparément. Le scandale de la banque Monte dei Paschi troisième groupe bancaire, a conduit à un climat défavorable pour le centre gauche Pd en lui associant le symbole de l'échec. Dans la conjoncture ou les banques donnent des images négatives, eu égard aux difficultés rencontrées par les citoyens et les entreprises, la contrepartie va vers le leadership de Berlusconi. Bien que ses propositions chocs ne soient pas crédibles, paradoxalement, elles sont prises sérieusement par certaines parties de l'électorat.

    Il est difficile de ne pas voir l'ombre de 2006 sur la remontée de Berlusconi dans la dernière semaine avant le vote, pourtant les différences sont éclatantes. En 2006 se confrontaient deux coalitions totalisant presque tous les partis. Les deux candidats disposaient d'un bon niveau de consensus. Prodi autour de 40 % et Berlusconi 36 %. Actuellement, Bersani est à 24 %, en retrait par rapport au sondage précédent, tandis que Berlusconi est juste à 19 %.

    Berlusconi gagne donc des points de sondages en sondages juste assez pour déséquilibrer le centre gauche, et il revient comme un boulet de canon.

    Le parti de Bersani n'obtiendra pas la majorité, mais il se peut, compte tenu qu'à la chambre des députés la prime nationale revient à la coalition obtenant le plus de votes, qu'il obtienne la chambre des députés.

    Au sénat, il est peut probable que le centre gauche obtienne la majorité, il faudrait qu'il remporte les régions clés. Or, la politique d'alliance de Silvio Berlusconi avec la Ligue du Nord composée de profession libérales et de patrons de milliers d'entreprises pourraient lui permettre de remporter quelques régions clés comme la Lombardie, la Vénétie, voire la Sicile, et obliger le centre gauche à faire alliance avec Monti. Mario Monti est très affaibli par une année à la tête du gouvernement et n'est plus dans le jeu, quant à Berlusconi avec ses déclarations à l'emporte pièce, il sème le trouble et pourrait se poser en arbitre en obligeant une alliance Bersani Monti, ce qui équilibrerait la politique Italienne dans un centre social démocrate formé par le centre droit et le centre gauche. C'est peut être la meilleure formule pour l'Italie.

    La démission du pape est venue troubler la campagne électorale Italienne. Les premières réactions politiques, ont été pour dire que maintenant, nous ne seront plus à la Une des actualités et des journaux, a ironisé Ugo Magri de la Stampa.it. Cette démission contre-carie la montée de Berlusconi dans les sondages, bénéficiant d'une omniprésence dans les médias. «Il est clair que nous aurons moins l'attention des médias, et il est juste qu'il en soit ainsi», a relativisé Berlusconi». A 8 jours du vote il a regagné une grande partie de son retard sur la coalition de gauche menée par Pier Luigi Bersani qui ne le distance désormais plus que de 4 points environ au 14 février. Les données des sondages ont été mises à jour ce matin 16 /02/13

  • Entre les promesses du candidat Hollande, et leurs applications,

    les moyens ne sont pas forcément ceux qu'il espérait.

    Support Wikipedia La taxe à 75 % des très hauts revenus au delà de un million d'euros qui fut «balancée» un beau soir sur TF1 au journal de 20 heures le 27 février 2012 est un exemple, parmi d'autres, de l'importance des moyens législatifs obtenus aux élections législatives pour application des promesses du président élu, sachant qu'il y aura une opposition d'autant plus forte que les moyens à sa disposition seront faibles, et qu'en outre, il faut que les promesses soient compatibles avec la Constitution, mais aussi avec les accords Européens, sans oublier les difficultés économiques et sociales qui peuvent survenir. Tout cela contraint fortement leurs champs d'applications. Les promesses sont donc à double tranchant, si elles sont votées et qu'elles répondent aux contraintes elles sont tenues, si l'une des conditions majeure n'est pas tenue, elles deviennent un cauchemar, et c'est pire que tout. Il convient donc de faire attention avant de légiférer sur une promesse afin de ne pas faire d'erreurs et de s'exposer à un rejet. C'est par exemple le cas de la promesse sur le vote aux élections municipales pour les immigrés non communautaires, qui ne pourra être tenue faute de majorité suffisante.

    Les promesses sont donc des bouteilles à la mer, si elles arrivent au rivage, elles pourront être satisfaites, les autres seront perdues.

    Un candidat, de gauche, peut-il éviter de faire des promesses pour être élu, sachant que la droite gouverna pendant 12 années dont une cohabitation socialiste de 5 années ?

    Les classes sociales qui estiment avoir souffert, et voté pour le candidat, en attendent une récompense puisqu'il est élu, elles auront une déception d'autant plus grande si elles ne peuvent obtenir l'application des promesses qu'elles attendaient.

    La mesure emblématique de la gauche touchant les très hauts revenus, est l'exemple d'une prétention visant à faire appliquer cette taxation. La gauche au pouvoir ne pouvait ne pas taxer les plus riches, modifier la règlementation de l'imposition, pour réduire notre dette, et dans une campagne électorale majeure pour le pays, il lui faut définir sa politique. Mais pas que ça, pour être élu il faut combattre les adversaires, cette taxe à 75 % dont quelques privilégies étaient au parfum, fut de contrer le candidat Mélenchon qui avait un certain succès de foule dans ses meetings, il commençait à faire peur. On connait la suite la loi fut censurée par le Conseil constitutionnel par le fait qu'elle s'appliquait à la personne et non au foyer. Gros couac selon l'opposition qui en rit encore, des amateurs les socialistes furent qualifiés. En fait, cette décision fut éminemment politique le Conseil constitutionnel avait déjà exprimé qu'elle était confiscatoire avant même que la loi fut votée. Il est vrai que définir cette taxation sur la tête d'un membre du foyer alors que ses membres ont une imposition commune est un non sens, et là, le Conseil constitutionnel a raison, même si politiquement il était contre.

    Les socialistes ont donc eu deux handicaps, la prétention de faire accepter une loi dont ils connaissaient le défaut, et la censure du Conseil constitutionnel. Des amateurs, non, des téméraires !

    Un candidat à l'élection présidentielle ne peut prévoir avant d'être élu que ces ministres et députés puissent faire une telle faute, et dans ce cas, les socialistes ont joué à la roulette Russe.

    La taxe de 75 % censurée par les sages.

    L'autre difficulté qui surgit concerne les licenciements boursiers. On sait que cette promesse vient du fait que des entreprises qui licencient ne le font pas pour raison économique mais seulement pour accroître leurs profits, et qui, le plus souvent sont déjà élevés. Quelques scandales ont défiés la chronique. Des entreprises florissantes, qui cherchaient à l'être encore plus, comme, par exemple à délocaliser leur production en Chine ou ailleurs. On rejoint là la philosophie de l'évasion fiscale, ou le souci d'être Français ne tient pas devant l’appât de l'argent.

    En outre, le terme de licenciement boursier est impropre, il y a des PME, PMI qui ne sont pas cotées en bourse et même des grandes entreprises qui pratiquent cette politique. Les cas emblématiques de Peugeot, Goodyear, et d'autres masquent ce qui se passe en province. Il est évident que le terme boursier introduit l'idéologie capitaliste ce qui est somme toute exact, plus on gagne plus on veut gagner. Cela se conçoit, et il n'y a rien d’offensant à cela, mais dans la situation actuelle c'est catastrophique.

    Un gouvernement qui doit gérer la charge des personnes licenciées, ne peut réagir autrement que de légiférer pour inhiber cette politique patronale préjudiciable au pays, tout en aidant les entreprises à innover et à se développer.

    Dans un contexte économique normal, il n'y aurait rien à redire si une entreprise chercherait à faire des profits par ce biais, ils ne pourraient que profiter aux salariés, et licencier n'aurait aucune conséquence dans la mesure où les salariés retrouveraient immédiatement du travail, mais c'est très loin d'être le cas. En outre, cela ne serait valable que dans la mesure ou les compétences et l'outil de travail n'en souffriraient pas, c'est encore loin d'être le cas.

    La manifestation du mardi 29 janvier de plus de 500 salariés qui défilaient avec des pancartes réclamaient le vote d'une loi contre les licenciements boursiers.

    Licenciements boursiers : "On se sent comme de... par lemondefr

    Le cas de Goodyear est caractéristique, voilà une entreprise qui fait de larges bénéfices et qui veut licencier en fermant l'usine menaçant ainsi 1173 emplois directs. Cette situation rappelle, pour François Hollande les conditions de son engagement n° 35 qui visait à surenchérir le coût des licenciements afin que l'entreprise y réfléchisse à deux fois, mais aussi qu'elle soit contrainte, puisqu'elle fait des bénéfices, de trouver un repreneur.

    C'était sur le parking de l'usine Goodyear que François Hollande avait avancé, il y a plus d’un an, cette proposition pour contrer les licenciements dits boursiers. De plus, un autre engagement sur l’obligation pour une entreprise qui veut fermer un établissement fut de trouver un repreneur, afin de compléter celui des licenciements boursiers.

    Michel Sapin, le ministre du travail, le 04 juillet 2012 déclarait, il faut «durcir le droit du licenciement économique pour les entreprises dont le seul objectif est de gagner encore plus d'argent» Et ce sujet devait être abordé dans la négociation entre partenaires sociaux sur «la flexibilité et la sécurisation de l'emploi». Donc, pour le gouvernement le sujet serait traité par cet accord du 11 janvier, ce qui paraît in-crédible, étant donné qu'il ne fut signé que par trois organisations syndicales, certes légal, mais pas admis par les plus importantes, puisque la CGT, et FO ne l'ont pas signé.

    Cet accord n'évoque pas le terme de licenciement boursier, à moins que je me trompe, il dit simplement, «de donner aux entreprises les moyens de s’adapter aux problèmes conjoncturels et de préserver l’emploi, par le biais notamment des accords de maintien dans l’emploi. Il s’agit en effet de négocier des baisses de salaires et/ou une augmentation du temps de travail en échange d’un maintien de l’emploi durant la durée de l’accord, soit au maximum deux ans».

    Cela n'a donc rien à voir avec la punition qu'il faudrait infliger aux entreprises qui licencient pour accroître leurs bénéfices !

    Michel Sapin lors de l'émission mots croisées sur France 2 le 04/02/13 à 22 h 45, déclara, qu'il était à l'élaboration d'un texte de loi qui devrait rendre plus durs les licenciements boursiers, ce n'est donc pas bouclé.

    Cette politique est néanmoins contre productive, car elle dissuade les entreprises étrangères à venir en France puisqu'elles seraient pénalisées si elles licenciaient en fermant leur usine pour regrouper l'activité dans leur pays.

    On voit la difficulté pour un président de faire appliquer ses promesses électorales. Et même, si elles sont appliquées, elles ne le sont pas forcément comme les Français les ont comprises quand elles furent annoncées.

    Le lundi 11 février, François Hollande confirma qu'une loi sur les entreprises rentables allait être inscrite dans l'agenda, «il y a un un engagement qui a été pris sur les sites rentables, et il trouvera sa place dans le calendrier parlementaire», a-t-il déclaré, en marge de l'inauguration d'un nouveau bâtiment des Archives nationales en banlieue parisienne. «Chacun le sait, il y a des difficultés d'emploi donc des entreprises menacées, les salariés se mobilisent et l’État doit être à leur coté pour trouver des repreneurs». On ne parle pas du licenciement boursier qui est une notion qui se retrouve assez rarement dans la réalité. «Sanofi ne licencie pas, elle supprime des emplois»", ajoutait l'entourage du chef de l’État.

  • Savons-nous ce que nous voulons ?

    Dans notre démocratie ou la majorité n'est que de quelques voix, on ne peut rien affirmer.

    Support Wikipedia Les dernières élections présidentielles nous ont apporté des surprises. À part celle de 2007 ou Sarkozy devança Ségolène Royal d'une large marge, préparant depuis 2005, en tant que ministre de l'intérieur, sa montée en puissance, il était fort probable qu'il serait le représentant de la droite conventionnelle. Sa campagne électorale fut pour lui un étalage de sa puissance avec un parti entier à sa botte, face à une gauche divisée, d'autant plus que les coups bas des ténors socialistes contre Ségolène Royal, alors qu'elle avait correctement été élue par les sympathisants socialistes n'arrangèrent rien, Sarkozy à l’Élysée ne faisait plus aucun doute, et son avance fut de 6 points. La droite se frottait les mains et pensait, à juste raison, qu'elle tenait la France pour longtemps puisqu'elle eut 12 années de majorité, les socialistes et la gauche étaient toujours empêtrés dans leurs divisions. La France était à droite entendait-on, tout comme l'UE, cette droite prenant le pas en Europe sur la sociale démocratie.

    Pour l'élection présidentielle de 2002, par contre, ce fut une surprise de taille l'élimination de Jospin au premier tour, battu par le front national. On sentait bien qu'il n'était pas au mieux dans les sondages, mais battu par Jean-Marie Le Pen, on ne pensait pas, bien qu'il pratiqua une politique entre les deux, mais plus à droite qu'à gauche, le monde est à droite. Les ouvriers avaient lâché la gauche pour les propos démagogiques du FN. On assista donc, pendant 12 années, à une France à droite tenue par le FN, l'UMP, les centristes et indépendants, face à une gauche divisée comme jamais.

    En 2007 Sarkozy ne se sentait plus, tout lui était permis avec une large majorité à l'Assemblée nationale mais avec des pieds d'argile dans les régions et les départements. Ce déséquilibre s'accentuant d'années en années le conduisit à une droitisation de moins en moins acceptée par les centristes et même par ceux de son camp. Sa cote de popularité faiblissait pour être au plus bas à sa campagne électorale à cause de sa prétention orgueilleuse, de son bilan catastrophique et des injustices sociales qu'il avait mises en œuvre.

    La montée du FN avec un rejet tout aussi fort des Chiraqueins complétèrent ses difficultés. Sa réélection ne se présentait pas au mieux. La politique qu'il prit pendant la campagne présidentielle fut vers les électeurs du FN, le réservoir qui pouvait le sauver. De plus, partant bien après les socialistes, qui avec intelligence, firent des primaires nationales, et qui, dans un large succès national, placèrent François Hollande largement en tête, ce qui lui donna une crédibilité ainsi, qu'une large avance sur Sarkozy.

    De meetings en meetings, Sarkozy par sa fougue grignota petit à petit le retard qu'il avait sur François Hollande, et heureusement que la fin de la campagne arrivait, il serait passé devant. Le débat Hollande Sarkozy entre les deux tours confirma la suprématie de François Hollande, et il devint président, mais de justesse, moins de 2 points, au point qu'il fut contesté par les ténors de l'UMP. Sarkozy avait accumulé trop de fautes politiques et les Français voulaient souffler.

    Cela montre que l'on ne peut jamais rien affirmer dans une société démocratique comme la notre, d'autant que la puissance de conviction et la force du combat peuvent faire beaucoup de choses. Sarkozy prétendit qu'il pouvait l'emporter, il avait raison.

    Avec l'élection de François Hollande nous obtenons l'opposé de Sarkozy. Nous retrouvons une gouvernance apaisée, respectueuse des institutions, et ça, c'est déjà beaucoup. Des ministres avec une large bride au point qu'ils mettent le président en difficulté, tout le contraire de ce que nous avons eu pendant cinq ans.

    Mais nombreux sont les Français à penser que François Hollande manque de fermeté, qu'il n'est pas assez un chef à poigne, qu'il ne sait pas ou il va. En fait, il sait très bien ce qu'il fait mais, masque son action pour mieux avoir de liberté politique. Sous cette cuirasse une volonté existe, mais elle mettra du temps pour que les Français l'admettent. Sarkozy a trop marqué son empreinte sur la société.

    Cet état fait que les Français sont pessimistes d'autant plus que les plans sociaux se succèdent les uns aux autres, que des manifestations de droite et de gauche donnent un climat exécrablement. Ils ne voient pas leur président en pointe dans le combat, laissant par exemple, son ministre du redressement productif mener la charge contre les licenciements, se contentant de quelques déclarations sans éclats, tout le contraire de Sarkozy qui montrait ses muscles. Michel Sapin, Marisol Touraine, Stéphane Le Foll, Christiane Taubira excellente, ...ont menés et mènent des combats difficiles, et c'est tout à leur honneur. On peut aimer ou pas, mais montrer sur ses muscles n'apporte rien. Je me souviens des paroles du général de Gaulle à propos de l'Europe lors d'une conférence de presse montrant que fanfaronner ne menait à rien.

    Charles de Gaulle, Cabri l'Europe ! L'Europe !

    Le monde a changé, les affrontements sont plus durs, la situation est comme jamais elle ne fut, mais ne vaut-il pas conserver son calme plutôt que s'exciter ? Le problème est que les Français se méfient de la politique prétendant en fait qu'ils ne s'occupent pas d'eux mais beaucoup plus de leur carrière.

    Une enquête Ipsos/CGI consulting pour Le Monde, Fondation Jean Jaurès et le Cevipof, Centre de recherches politiques de Sciences Po publiée le 15 janvier, nous apprend que l'on a besoin d'un vrai chef en France pour mettre de l'ordre à 87 % contre 13 %, et que l'autorité est une valeur qui est trop critiquée 86 % contre 14 %.

    Baromètre nouvelles fractures_def.pdf by Ipsos France

    Sur la vie politique, les femmes et les hommes politiques qui agissent dans l'intérêt des Français, les Français ne sont que 18 % à le penser, tandis qu'ils sont 82 % à penser que ce ne sont que pour leurs intérêts personnels. Quand au système démocratique, il fonctionnerait plutôt bien et les Français ont l'impression à 28 % que leurs idées sont bien représentées. Mais ils sont donc 72 % à penser le contraire. On voit que l'écart de pensée entre les partis politiques et les Français est grand, c'est dire pourquoi ils sont rejetés. Quand au déclin de la France les avis sont partagés, 51 % le juge inéluctable contre 49 %, cela confirme la chute de notre puissance économique de 90 % selon cette enquête. Il faut noter que le maintien de la France dans l'euro recueille 72 % d'adhésion, de quoi tordre le coup à ceux qui préconisent que nous devrions s'en défaire.

    La préoccupation majeure des Français est bien évidemment confirmée par le chômage à 56 % et par le pouvoir d'achat à 41 %, loin devant les autres préoccupations, retraites 27 %, impôts et taxes 27 %, santé 24 %, et sécurité 20......Quant à l'argent, on trouve ce que l'on sait qu'il corrompt à 82 %, mais c'est bien aussi de gagner plus, à 71 %.

    Sur la tolérance à l'égard de l'intégrisme religieux, 77 % estiment qu'il est préoccupant pour 23 % qui prétendent que ce problème est exagéré.

    Au moment ou nous combattons l'homophobie, nous débattons du mariage pour tous, de la place de la religion catholique dans notre société, du droit à la procréation, des mères porteuses, que le pape vient de démissionner, il est bon de remarquer que c'est elle qui est la plus tolérante des autres religions, nous le savions déjà. 89 % la jugent compatible avec les valeurs de la société, pour 75 % à la religion juive et 26 % à la musulmane, ce qui revient à dire que 74 % jugent l'Islam intolérant.

    Il est évident que politiquement, ces données font le lit du FN surtout si l'on se rapporte à celles de la page 61 de l'enquête.

    70 % estiment qu'il y a trop d'étrangers en France, 73 % que l'on peut trouver de la main d’œuvre sans avoir recours à l'immigration, 72 % qu'il n'est pas normal que les cantines servent des plats différents selon les obédiences religieuses des élèves, et 62 % prétendent que l'on ne se sent plus chez soi comme avant.

    Ces éléments sont censés représenter l'opinion de l'ensemble des Français, suivant un échantillon de 1016 personnes de 18 ans et plus. Mais il est évident qu'il ne tient nullement compte de la situation géographique des Français. Les habitants de la Seine-Saint-Denis soumis à une immigration massive n'ont pas la même opinion que ceux d'une région bien tranquille vivant sans problème d'insécurité et de racisme.

    Il convient donc de relativiser, les Français veulent de l'ordre mais défilent dans les rues contre les politiques et leurs décisions. Les fonctionnaires demandent de l'augmentation et font de la pression sur le gouvernement, alors qu'il y à des plans sociaux comme jamais dans le privé. Les salariés de Peugeot, Renault, Arclor Mittal attaquent le gouvernement par ce qu'ils ont un levier alors que beaucoup d'autres qui n'ont rien ou peu sont laissés à eux mêmes. Qui pense aux retraités qui ne peuvent défiler et qui vont avoir leur retraite gelée, et quand ils ont une augmentation, ce n'est que du chagrin. Ou est l'unité nationale quand de riches fortunés partent à l'étranger pour payer moins d'impôts alors qu'ils ont fait leur fortune par leur culture dans la république Française. Les Français sont égoïstes avant tout, ne pensent qu'à eux mêmes, et pris dans leur totalité, ils ne peuvent définir ce qu'ils veulent.

    En fait, ils ne sont jamais satisfaits.

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