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  • Indécis François Hollande tiens, mon œil,

    et pourtant le risque politique est grand.

    Des combattants d'Ansar Eddine, près de Tombouctou, en avril 2012. AP PHOTO, document Le Monde.fr, données protégées.

    Support Wikipedia Pour une information, c'en fut une ce samedi 12 janvier, François Hollande avait engagé nos soldats au Mali en soutien aux forces Maliennes en déroute face aux Islamistes d'Ansar Eddine, (ou Ansar Dine suivant les orthographes), du Mujao et d'Aqmi implantés dans le désert du Sahel en toute impunité, voir, «Pendant que nos otages au Mali attendent», mais aussi, une opération commando en Somalie pour tenter de libérer notre otage, Denis Alex de la DGSE, détenu depuis le 14 juillet 2009 dans des conditions inhumaines par les Islamistes somaliens Al-Shabbaab.

    Nous découvrions un autre président que je ne saurais qualifier de chef de guerre comme nous commençons à l'entendre sur les médias. Entre un chef de guerre tel un général qui ne voit que par et pour la guerre, nous en avons connus, notre président, à qui le président du Mali Dioncounda Traoré demanda l'intervention de la France pour arrêter l'avance de ces Islamistes aux portes de Savaré, après avoir pris Konna, ouvrant la route de Mopti vers celle de Bamako, il y a une différence de taille que je ne me risquerais pas à faire. C'est tout simplement la responsabilité d'un président qui veut marquer son engagement contre le terrorisme et préserver nos 6.000 ressortissants à Bamako.

    Quand au commando de Somalie, qui n'a pas réussi sa mission, deux de nos soldats furent tués, un autre blessé serait aux mains des ravisseurs, quant à l'otage, tué par ses geôliers selon les informations Françaises, mais selon ravisseurs, vivant, montre bien, qu'à un moment donné, il faut agir, lorsque les exigences des ravisseurs qui ont refusés pendant trois années et demies toute négociation, plutôt que de laisser se poursuivre une telle situation. Le pari engagé était donc très risqué eu égard à l'otage mais aussi à sa famille et à ses amis, mais aussi à nos soldats qui ont rencontré une très vive résistance, faisant penser que l'effet de surprise n'y était pas.

    C'est bien la raison d’État qui prima face à une situation qui ne pouvait qu'empirer rendant bien plus difficile toute intervention future.

    Nous savons tous que ces otages, aux mains des Islamistes, sont des moyens de pression pour perpétrer leurs méfaits sachant, qu'ainsi, une action militaire verrait leur mort. Mais aussi, payer ce qu'ils demandent ce qui fut fait plusieurs fois, bien que ce fût toujours démenti, en échange de leur libération ne conduit qu'à aller dans leur sens, c'est à dire leur permettre de s'armer encore plus. C'est un terrorisme international qui s'attaque aux pays de même type que la mafia Italienne qui, par la peur, rançonne les habitants du sud de l'Italie. Bien sûr, les portées ne sont pas de même nature, et dans le cas du terrorisme Islamique, c'est une déclaration de guerre.

    Les sept otages retenus dans le désert du Mali sont-ils ainsi abandonnés à leur sort ? Quelles ont été les négociations ? Et si négociation il y eu, pourquoi n'ont-elles pas abouti ? Autant de questions qui viennent à l'esprit lorsque l'on engage nos soldats et la vie des otages. Comment espérer les libérer, dans un désert de cette immensité ? Ces questions ont dû tarauder François Hollande, qui ne laissa percer aucun signe sur ses intentions, tant sur la politique intérieure que sur le sort de ces otages.

    Combien sont ceux qui lui reprochent le manque de visibilité dans ce qu'il veut faire ne donnant pas d'espoir aux Français devant les difficultés qui les attendent en 2013, et qui sont étonnés de constater les réformes qu'il entreprend. En fait, il apparait très ferme dans une figure indécise, ce qui l'expose à des critiques, mais le préserve d'attaques qui viendraient contrarier sa politique. En fait, il montre une sorte de mépris, dites ce que vous voulez, je fais ce que je veux.

    C'est la première fois que nous avons un président franchement social démocrate, et nous n'en avons pas l'habitude. Il n'est pas le général de Gaulle à qui l'on faisait confiance malgré qu'il ne se dévoilait pas. Cela déroute ses opposants, et même son camp. Mais aussi l'opinion internationale qui découvre un président qui agit alors qu'on l'avait présenté comme un mou. En fait, il tient fermement la barre, et ces engagements, malgré sa mauvaise cote de popularité ne le font pas dévier d'un iota.

    Nous en avons eu plusieurs exemples, tout d'abord sa manière de gouverner aux antipodes de celle de son prédécesseur, laissant à ses ministres la lumière de l'actualité, respectant ainsi la Constitution. Sur cet engagement militaire, il laissa à son ministre des armées le soin de le présenter dans le détail, ce que Sarkozy n'aurait fait. L'autre exemple fut l'affaire Arcelor Mittal, pour laquelle on ne cessa d'entendre qu'il manquait de courage en ne nationalisant pas provisoirement l'usine. Outre le fait qu'il a bien fait, il laissa s'enferrer Arnaud Montebourg dans une voie qu'il n'approuvait pas, quitte à en supporter médiatiquement les conséquences. Mais oh! Combien bénéfique puisqu'elle place ceux qui s'engagent dans une incertitude qui lui laisse la maîtrise des faits sans qu'il ait à intervenir. C'est très subtil pour mettre au pas ses ministres, mais encore plus, sa majorité à l'Assemblée idéologiquement difficile à maîtriser, il lui faut donc lui donner peu afin qu'elle soit devant le fait accompli, par sa décision définitive.

    Autre exemple de fermeté, il fera ce qu'il à promis sur le mariage Gay et ce quelque soit la masse des manifestants à Paris contre ce mariage le 13 janvier. 13 pays l'ont adopté dont l'Espagne plus catho que nous.

    Ce n'est pas Mitterrand qui recula sur l'école privée, François Hollande ne cherche pas une quelconque adhésion à sa politique, il la fait, sachant qu'il est aux commandes pour encore plus de quatre années. Ce ne sont pas non plus les vociférations d'une opposition en pleine décomposition qui lui feront changer sa politique, la laissant dans ses contradictions sur cette manifestation qui va au contre courant de la liberté, ce que l'église a toujours fait, chercher l'erreur.

    Cette logistique vient de prouver son efficacité par l'accord obtenu dans la négociation syndicale sur la flexisécurité, ou tous nous pensions qu'elle serait un échec. Pourquoi, elle n'en fut pas un, et bien simplement par ce qu'il y avait le couperait du gouvernement qui imposerait ses vues, et ce quelques soient les critiques, en fait, il gouverne et atteint ses objectifs.

    Cet engagement militaire ne peut que marquer encore plus sa domination politique, son courage devant le risque politique est reconnu, mais oh ! Combien bénéfique dans l'Union européenne, se plaçant dans une position de force.

    Au niveau des formations politiques Françaises c'est l'unanimité de la droite à la gauche non communiste. Jean-Louis Borlloo salua «l'esprit de responsabilité du président de la République et du premier ministre», tandis que Marine Le Pen, «jugeait légitime, quoique avec certaines réserves», l'engagement Français au Mali. Seul Jean-Luc Mélenchon trouva à y redire s'enfonçant encore plus dans un isolement qui fait de lui, un électron qui est de moins en moins écouté.

    Le président prit tout le monde à revers devant l'urgence des faits. «Il fallait prendre une décision tout de suite, le président a décidé. Voici comment l'un de ses principaux conseillers présente la réaction du chef de l’État face au risque de voir chuter la ville de Mopti, dernier verrou sur la route de Bamako selon un conseiller ministériel, et s'écrouler du même coup ce qu'il reste d’État malien».

    C'est à la suite de la proposition du ministre de la défense qu'il aurait décidé de cet engagement pour l'essentiel aérien. Auparavant, vendredi 11 janvier au cours d'une brève allocution télévisée, «j'ai, donc, au nom de la France, répondu à la demande d'aide du président du Mali, appuyée par les pays Africains de l'Ouest». Deux lettres du président Traoré reçues mercredi par le chef de l’État, dont une demande pressante d'intervention, et un vote du Conseil de sécurité de l'ONU dans la nuit ont fini de le persuader d'intervenir.

    De plus, il a promis d'informer régulièrement les Français et de saisir le Parlement dès lundi 14 janvier, bouclant le bec des impatients qui commençaient à gémir. Le premier ministre, qui avait prévenu les principaux dirigeants de parti, va ainsi saisir les commissions de la défense des affaires étrangères, du Sénat et de l'Assemblée nationale.

  • Mario Monti, "E' nata una nuova formazione politica"

    Mario Monti se lance dans l'arène politique à la tête d'une coalition centriste, la républica.it.

    Document la Republica.it.

    Support Wikipedia Ce n'est pas encore certain dit-il, je verrais. J'ai eu un large consensus centriste. Ce sont ses ultimes paroles pour éviter qu'elles soient reprises. C'est au terme d'une réunion de plus de quatre heures avec les représentants de «l'Italie future», entre l'Union Démocratique du Centre, et FLI, le sigle du parti politique «Futur et Liberté pour l'Italie» fondé en 2010, avec l'Alliance Pour l'Italie, API, dont les représentants étaient, Pier Ferdinando Casini ancien président de la chambre des députés, il est actuellement président honoraire de l'Union Interparlementaire, UIP, et co-président de l'Internationale Démocrate Chrétienne, Andrea Riccardi un religieux politique membre de la fondation Chirac et ministre de la Coopération internationale sans portefeuille dans le cabinet Monti, Corrado Passera banquier et manager et depuis 2011 ministre du développement économique des infrastructures et des transports dans le gouvernement Monti, les représentants de l'Italie Future, Gianfranco Fini ancien président du parti néo fasciste Italien, MSI, et depuis 2010 le président de la Chambre des députés FLI, Benedetto Della Vedova ancien président des radicaux Italiens et chef de file des réformateurs libéraux, et Linda Lanzillotta ancien ministre des affaires régionales dans le second gouvernement Prodi. Comme on le voit, une belle brochette de catholiques conservateurs.

    Il est difficile de s'y retrouver, ces personnalités passent d'un parti politique à l'autre suivant les circonstances politiques.

    C'est à la suite d'une forte pression que Mario Monti décida de faire le saut et de jouer le premier round aux prochaines législatives. Mario Monti a donc changé d'avis ou tout au moins il envisage de le faire, c'est contraire à ce qu'il prétendait le 07/12/12 voir l'article L’Italie, Monti, d’Alfano no vogliamo mandare il Paese a scatafascio. Il faut comprendre que sénateur à vie s'il venait à ne pas être élu, cela pourrait remettre en cause son statut privilégié.

    Or en Italie, Monti est loin d'avoir fait des heureux. La misère n'a jamais été aussi importante, 1/3 des Italiens sont sous le seuil de pauvreté. Bien sûr les marchés le soutienne ainsi que l'UE mais cela ne signifie pas que sa coalition puisse l'emporter. Vu le désastre qu'il a fait, la gauche Italienne pourrait se ressouder et envoyer Monti et ses amis à leurs réflexions. Avec les Italiens tout est possible. J'ai toujours écrit qu'il y avait deux Italies, celle du Nord prospère et celle du Sud pauvre. Or, celle du Nord finance celle du Sud ce qui fait qu'il est quasiment impossible que l'Italie résorbe son déficit. Seule une dévaluation de l'euro lui permettrait de respirer. Monti le sait bien, mais, il ne veut l'admettre. Il court à la catastrophe, s'il n'y a pas une réorientation vers une croissance par l'investissement.

    Le premier pas était comment présenter la disposition Montiano, nouvelle attraction au centre de l'échiquier politique centriste catholique de la confindustria, le choix s'est porté sur la liste unique du Sénat, appelé provisoirement «Monti ordre du jour pour l'Italie», voir également, nous avons besoin d'un réformateur Européen donc Montiano. La référence n'est pas tellement pour moi, «mais engagée par le programme que nous avons travaillé»", a déclaré M. Monti. «Dans la maison, il y aura plus d'une liste». L'ordre du jour, de Mario Monti était «de nouvelles adhésions arrivent en ce moment ce qui a conduit à une nouvelle formation politique».

    2Document La Stampa.it. Monti durant la conférence au Sénat.

    «L’emergenza non è finita, adesso crescita e occupazione. Ho accettato di guidare la coalizione, ampio consenso ma non mi candido».

    «L'émergence n'est pas terminée, maintenant elle occupe et croît, j'ai accepté de guider une ample coalition, mais je ne me porte pas candidat».

    Comme on le voit Mario Monti joue avec les nerfs de ses amis, il ne se porte pas candidat. Il manipule l'opposition qui ne sait pas qu'elle sera sa dernière décision, être ou ne pas être candidat. Son mandat de sénateur à vie lui donne le droit d'être le président du Conseil, mais sans être élu par le peuple. C'est donc une candidature biaisée par l'intermédiaire d'un succès de la coalition centriste à la législative. Il se tient en réserve comme le sauveur de l'Italie, une sorte de général de Gaulle sans en avoir l'aura.

    Pour lui l'urgence des réformes des réformes financières serait terminée, mais, il reste à résoudre une urgence encore plus importante celle du chômage surtout chez les jeunes liée au manque de croissance. Il ne veut pas promouvoir un parti, mais seulement de présenter une liste unique au Sénat qui s'appellera «le programme Monti pour l'Italie». A la chambre des députés par contre, on y verra plusieurs listes qui malgré tout feront référence à l'UDC, la première formation à avoir dépassé la bipolarisation politique. De nombreuses forces politiques ont déjà exprimé leur adhésion et d'autres sont sur le point de le faire.

    On voit que l'analyse de deux grands quotidien centristes se rejoint, mais aucun ne parle qu'il sera candidat, contrairement à ce que l'on entend dans les médias Français.

  • A Alger, François Hollande au nom de la France pas de repentance sur les massacres,

    mais l'histoire quand elle est douloureuse, doit être dite....

    Rappelant les massacres du 04 mai 1945 des nationalistes Algériens à Sétif, à Guelma et à Kherrata qui demeurent ancrés dans la mémoire et dans la conscience des Algériens, sans évoquer les massacres des jours suivants ou des Européens furent assassinés et des Algériens massacrés.

    Support Wikipedia On n'en finirait pas s'il fallait retracer l'histoire de nos deux pays, ou tant de sang fut versé de part et d'autre. Mais avec une nuance de taille tout de même, nous avons frappé fort pour combattre la naissance d'un mouvement indépendantiste incarné par Messali Hadj dès 1927. Il fut le fondateur du Parti du Peuple Algérien, PPA, créant le Mouvement Nationaliste Algérien pour le triomphe des libertés démocratiques, dans une lutte fratricide contre le Front de Libération Nationale, FLN. On pourrait presque dire comme certains historiens, que la guerre d'indépendance de l'Algérie commença le 08 mai 1945.

    Le 08 mai 1945, j'avais 16 ans, nous fêtions avec des copains, la victoire des Alliés sur l'Allemagne nazie en Europe. La première reddition fut signée le 07 mai 1945 à Reims à 2 h 41, et fut suivie par la seconde à Berlin le 08 mai 1945 avec l'URSS à 23 h 01 heure de Berlin. Paris avait été libéré le 24 août 1944 par l'entrée à la porte d'Orléans de la 2ème division de Général Leclerc, et le 26 août 1944 le général de Gaulle descendit triomphalement les Champs-Élysées de l'arc de triomphe jusqu'à Notre-Dame. On peut se rapporter à mon archive Philippe Pétain qui retrace sa vie de la guerre de 14-18 à sa condamnation pour trahison, une partie de l'histoire de France.

    Vous pensez si nous étions préoccupés par ce qui se passait de l'autre coté de la Méditerranée, d'autant que c'était obscur.

    N'étant pas historien, c'est à partir de recherches sur la toile que je vais évoquer les massacres des nationalistes à Sétif, Guelma et Kherrata.

    Le contexte fut le suivant, la révolution nationale Pétainiste d'une droite dure, avait renforcé entre 1940 et 1941 les partisans d'une colonisation brutale. L'opération Torch, du débarquement des Alliés en Afrique du nord changea la donne politique. L'Afrique du Nord entra en guerre au coté des alliés, et pour la première fois, des musulmans furent appelés sous les drapeaux, ce qui changea profondément leur façon de voir la colonisation Française. Ils réclamèrent les mêmes droits que les Français. Le Parti du Peuple Algérien, interdit en 1939 subsista dans la clandestinité.

    2Document, La voix de Sidi-Bel-Abbes.

    Le 23 avril 1945 Messali Hadj fut arrêté et déporté à Brazzaville. Cette arrestation créa parmi les nationalistes, une réaction, et le 01 mai 1945 le PPA, bien qu'interdit, il fit une manifestation à Alger ou 20.000 personnes qui se voulurent pacifiques appelèrent à la libération de Messali Hadj, et pour la première fois, fut brandit le drapeau Algérien. Des affrontements avec la police eurent lieu à Alger et à Oran faisant plusieurs morts. A l'annonce de la fin de la guerre des manifestations furent prévues un peu partout pour le 08 mai.

    À Sétif.

    La manifestation séparée des manifestations officielles, rassemblée devant la mosquée de la gare fut autorisée à condition qu'elle n'eut pas de caractère politique, «aucune bannière ou autre symbole revendicatifs, aucun drapeau autre que celui de la France ne devait être déployé». Les slogans anti Français ne devaient pas être scandés. «Aucune arme, ni bâtons, ni couteaux ne furent admis». Les organisateurs avaient donc rappelé aux paysans venus des villages de déposer tout ce qui pouvait être une arme.

    La manifestation commença à envahir les rues dès 8 heures, estimée à plus de 20 000 personnes, chantant l’hymne nationaliste Min Djibalina, défila avec des drapeaux des pays alliés vainqueurs et des pancartes «libérez Messali», «nous voulons être vos égaux» ou «à bas le colonialisme». Vers 8 h 45 surgirent des pancartes, «vive l'Algérie libre et indépendante», et en tête de la manifestation Aïssa Cheraga, chef d'une patrouille de scouts musulmans, arbora le drapeau Algérien vert et blanc.

    Aïssa Cheraga, à la tête d’une patrouille de scouts musulmans, brandit un drapeau lors de cette manifestation, il allait devenir plus tard le drapeau Algérien, document Cellule Jacques Duclos, PCF.

    Tout dérapa, devant le café de France, avenue Georges Clemenceau, le commissaire Olivieri tenta de s’emparer du drapeau, mais fut jeté à terre. Selon un témoignage, des Européens en marge de la manifestation assistant à la scène se précipitèrent dans la foule. Les porteurs de banderoles et du drapeau refusèrent de céder aux injonctions des policiers. Des tirs furent échangés entre policiers et manifestants. La riposte fut sanglante.

    Un jeune homme de 26 ans, Bouzid Saâl, s'empara du drapeau Algérien et fut abattu par un policier, ce fut le premier martyr. Immédiatement, des tirs provenant de policiers provoquèrent la panique. Les manifestants en colère s'en prirent aux Français, au cri de «n'katlou ennessara», «tuons des Européens», qui firent en quelques heures 28 morts parmi eux, dont le maire qui chercha à s'interposer, et 48 blessés. Il y eu de 20 à 40 morts chez les manifestants, et de 40 à 80 blessés. L'armée fit défiler les tirailleurs Algériens, qui ne tirèrent pas, mais, alors que l'émeute se calmait à Sétif, dans le même temps, des émeutes éclatèrent aux cris du «Djihad» dans la région montagneuse de petite Kabylie, dans les petits villages entre Bougie et Djidjelli. Des fermes Européennes isolées et des maisons forestières furent attaquées et leurs occupants assassinés. Le mythe des 45.000 Musulmans victimes de la répression, selon le Colonel Adolphe Goutard.

    Le soir même le mouvement s'étendit à Guelma.

    À Guelma, à 16 heures, un ras­sem­ble­ment fut orga­nisé hors de la ville. Les mili­tants des Amis du Manifeste et de la Liberté, AML, atten­dirent, les ins­truc­tions venant de Annaba. A 17 heures, le cor­tège s’ébranla avec les pan­car­tes célé­brant la vic­toire des alliés ainsi que leurs dra­peaux entou­rant un dra­peau Algé­rien. Arrivé à l’actuelle rue du 8 mai, le cor­tège fut arrêté par le sous préfet Achiary. Pour Boucif Mekhaled, il ne res­tait plus que 500 mètres pour attein­dre le monu­ment aux morts.

    Le sous préfet, André Achiary, personnage trouble, conduisit les massacres et organisa entre autres les attentats des ultras, OAS, de l'Algérie française en 1955-1956 gaulliste de la première heure, résistant authentique et anti communiste. Il obtint son poste sur l'intervention de Jacques Soustelle qui avait été le chef des services spéciaux gaullistes BCRA. Il fut expulsé par le ministre président Robert Lacoste.

    André Achiari, hors de lui, accompagné de Champ, un conseillé municipal socialiste, donna l’ordre de jeter les pan­car­tes, dra­peaux et ban­de­ro­les. Un nommé Fauqueux râla auprès du sous préfet, «Monsieur le sous préfet, ce qu’il y a ici est la France ou pas ?». C’est alors, qu'Achiary saisit le revol­ver dont il s’était armé, et entra dans la foule sur le porte dra­peau et tira. Son escorte ouvrit le feu sur le cor­tège qui s’enfuisait, décou­vrant dans son reflux le corps du jeune Boumaza.

    Arrestations de civils menés vers leur propre exécution avant de finir brûlés dans des fours à chaux de Guelma, document Rebellyon.info.

    Combien de morts à Guelma on ne saura pas précisément. D'après la référence les massacres de Guelma en mai-juin 1945, par Jean-Pierre Peyroulou, docteur en histoire, seraient compris entre 576 et 2.000 entre le 08 mai et le 25 juin 1945. Du côté Européen, on compte douze personnes mortes et deux jeunes filles violées. En somme, dans un contexte de poussée nationaliste et d’affaiblissement de l’État consécutif à la guerre, il y eut bien une insurrection à Guelma en mai 1945, mais peut-être pas celle que l’on croit.

    À Kherrata.

    C'était aussi le jour du marché, et aucun défilé ne fut prévu pour le 8 mai, dans ce vil­lage, situé au pied d’une chaîne mon­ta­gneuse, à quel­ques dizai­nes de kilo­mè­tres de la Méditerranée. En fin de mati­née on apprit les tueries poli­ciè­res de Sétif. La nou­vel­le se répan­dit vite parmi la popu­la­tion. Les Européens prient peur, et l’admi­nis­tra­teur colo­nial leur dis­tri­bua des armes pour se protéger dans une for­te­resse. Tandis que l’on donna l’ordre au crieur public d’annon­cer le couvre-feu, celui-ci, au contraire, par­courut tous les vil­la­ges à l’entour en appe­lant la popu­la­tion musul­mane à se rassembler à Kherrata.

    Ce furent 10.000 per­son­nes qui arri­vèrent durant la nuit à Kherrata. Dès l’aube du 9 mai, une grande agi­ta­tion régna au centre ville couverte de monde. Les Musulmans qui surent que les Européens étaient armés, se ras­sem­blèrent pour se défen­dre. Certains coupèrent les lignes télé­pho­ni­ques, et d’autres cher­chèrent des armes au tri­bu­nal et dans trois mai­sons, qui furent ensuite incen­diées. L’admi­nis­tra­teur colo­nial et le juge de paix furent tués. Les 500 Européens qui étaient dans la for­te­resse tirè­rent alors sur la foule déchaî­née qui tra­ver­sait le vil­lage avec des dra­peaux Algé­riens, tandis qu’on enten­dait les «you-you» des femmes. Même s’ils eurent une grande cons­cience révo­lu­tion­naire, beau­coup, parmi, les insur­gés ne surent que faire. Pour en discuter, ils se ras­sem­blèrent dans la mon­ta­gne à Bouhoukal, mais l’armée Fran­çaise était en marche. Le peu de manifestants qui avaient des fusils se mirent par grou­pes dans les gorges à l’entrée de Kherrata pour retar­der l’arri­vée des gen­dar­mes et des trou­pes. Cette révolte, fut rapidement étouffée par l’armée, il n’y eu en tout et pour tout sur ce sec­teur que 10 morts et 4 bles­sés parmi les mili­tai­res et les Européens.

    Par un télégramme daté du 11 mai 1945, le général de Gaulle, ordonna l'intervention de l'armée sous le commandement du général Duval, qui mena une répression violente contre la population indigène. La marine y participa grâce à son artillerie, ainsi que l'aviation. Le général Duval rassembla toutes les troupes disponibles, soit deux mille hommes. Ces troupes virent de la Légion étrangère, des tabors Marocains qui se trouvaient à Oran en passe d'être démobilisés et qui protestèrent contre cette augmentation de service imprévue, d'une compagnie de réserve de tirailleurs Sénégalais d'Oran, des spahis de Tunis, et les tirailleurs Algériens en garnison à Sétif, Kherrata et à Guelma.

    Vers midi, les auto­mi­trailleu­ses de l’armée Fran­çaise se mirent à tirer sur la popu­la­tion de Kherrata et des vil­la­ges avoi­si­nants, suivi de près par les tirs impres­sion­nants du bateau-croi­seur Duguay-Trouin et du contre torpilleur Le Triomphant. Plus de 800 coups de canon furent tirés depuis la rade de Bougie sur les crêtes des monts de Babor, et l’après-midi ce fut l’avia­tion qui bom­bar­da et rasa plus ou moins complètement plusieurs agglomérations Kabyles, une centaine de Metchas furent incendiées, et dans les envi­rons, plu­sieurs mil­liers d’Algériens furent mas­sa­crés. Vers 10 heures du soir, la légion étrangère fran­chit les gorges et arri­va au vil­lage com­plè­te­ment vidé de ses habi­tants.

    Propagande coloniale, on distribua des armes sans munitions aux civils pour un besoin de propagande, «les insurgés déposent les armes». Ils feront partie des victimes assassinées, jetées vivantes du haut de la falaise de Kherrata, voir les gorges de Kherrata au fond de la photo, et enfin ramassées et brulées dans des fours à chaux.

    Saci Benhamla, qui habitait à quelques centaines de mètres du four à chaux d’Héliopolis, décrivit l’insupportable odeur de chair brûlée et l’incessant va-et-vient des camions venant décharger les cadavres, qui brûlaient ensuite en dégageant une fumée bleuâtre.

    La répression prend fin officiellement le 22 mai. L’armée organisa des cérémonies de soumission où tous les hommes durent se prosterner devant le drapeau Français et répéter en chœur, «nous sommes des chiens et Ferhat Abbas est un chien».

    Ferhat Abbas fut le fondateur du parti Union Démocratique du Manifeste Algérien, UDMA, membre du Front de Libération Nationale, FLN, durant la guerre d'indépendance de l'Algérie et premier président du gouvernement provisoire de la République algérienne GPRA, de 1958 à 1961.

    Des officiers exigèrent la soumission publique des derniers insurgés sur la plage des Falaises, non loin de Kherrata. Certains, après ces cérémonies, furent embarqués et assassinés. Pendant de longs mois, les Algériens musulmans qui, dans les campagnes, se déplaçaient le long des routes continuèrent à fuir pour se mettre à l'abri, au bruit de chaque voiture. L'historien algérien Boucif Mekhaled, raconta, «à Kef-El-Boumba, j’ai vu des Français faire descendre d’un camion cinq personnes les mains ligotées, les mettre sur la route, les arroser d’essence avant de les brûler vivantes».

    L’État algérien évoqua le chiffre officiel de 45 000 morts. Les sources officielles Françaises de l’époque parlèrent de 10 000 morts. Des historiens pour leur part, évaluèrent le bilan entre 25 000 et 40 000 morts sans compter les blessés et les disparus. Un bilan pour le moins effroyable dans un petit pays de moins de 7 millions d’habitants. L’insurrection mettra six semaines à s’éteindre. Non sans d’autres tueries.

    Quoi qu’il en fût, ces massacres radicaliseront pour toujours les factions modérées des milieux indépendantistes Algériens, et firent basculer les plus réticents dans l’action clandestine. Ces massacres préludèrent la guerre d’Algérie qui éclatera moins d’une décennie après. Les jeux furent faits. Ce drame sanglant enclenchera une série d’autres drames affectant durablement les populations et la mémoire collective Algérienne et Française.

    L'évocation de ces massacres doit faire réfléchir, n'avons nous pas commis un crime contre l'humanité ?

    François Hollande a-t-il pris connaissance de ces massacres quand il déclare, «Rien ne se construit dans la dissimulation, l'oubli ou le déni». «Nous avons ce devoir de vérité sur la violence, les injustices, les massacres, la torture». La paix des mémoires «faire repentance ou excuses». «Je viens dire ce qu'est la vérité, ce qu'est l'histoire».

    On ne peut vivre dans la haine de l'autre, et il faut savoir oublier, le temps aide à cette purification de la mémoire.

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