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  • De l'hypocrisie UMP aux accords locaux avec le FN,

    à la formation d'une droite intégrée, qui peut le croire ?

    Support Wikipedia La droitisation dans la campagne présidentielle opérée par Sarkozy, l'affirmation par Marine Le Pen de constituer un parti au même titre que l'UMP et le PS, la reprise des slogans proférés sur les immigrés par Sarkozy, bien qu'il eut déclaré qu'il envisageait qu'ils votent aux municipales sous condition, la remise en cause des frontières de Schengen, bouleverse la droite conventionnelle et la politique de l'UMP qui ne sait plus ou elle se trouve. La droite centriste n'a pas toujours apprécié cette hyper droitisation au point que Hervé Morin et Jean-Louis Borloo, des seconds couteaux, ont tentés de faire cavalier seuls à cette présidentielle, sans succès bien sûr. Quand au Modem de Bayrou son choix politique vers François Hollande met en cause son existence politique. Bien que l'UMP ait toujours gagné les élections sans pencher si ouvertement vers le FN, se pose pour ce parti une recomposition politique claire sur laquelle les républicains peuvent se retrouver. Les propos de Nadine Morano sur ses mêmes valeurs que celles du FN, pour être seulement élue, le soutien apporté par François Fillon à Tulle, accentue encore la déchirure de ce parti. Mais l'UMP qu'est-ce c'est ?

    J'ai eu bien des difficultés pour définir ce parti. Sous le sigle UMP on trouve de tout, je dirais que c'est un ramasse tout à droite. Ses composantes vont du RPR, aux néo-gaullistes de Jacques Chirac, Dominique de Villepin, aux gaullistes légitimes de Jean-Louis Debré, Alain Juppé, Jean-François Copé, aux conservateurs libéraux de Sarkozy, Balladur, aux Gaullistes sociaux de Philippe Seguin, François Fillon, à l'ancienne UDF issue du MRP d'inspiration démocrate-chrétienne telle la branche libérale-giscardienne, Jean-Pierre Raffarin, Pierre Méhaignerie mais aussi barriste, au parti Chrétien démocrate de Christine Boutin, au Centre national des indépendants et paysans, au Centre droit de Hervé Morin, et aux Radicaux valoisiens de Jean-Louis Borloo, cette multi-droite ne suffit plus pour obtenir une majorité de gouvernement, ses électeurs modérés traditionnels ne s'y retrouvent plus. Alors pourquoi ne pas donner l'illusion d'une convergence de vues électoraliste avec le FN juste le temps de cette élection législative ? Et comme l'écrit Le Monde.fr «cela fait bientôt trente ans que la droite Française est confrontée aux poisons que le parti d'extrême droite distille dans la société Française !».

    Comme pour les socialistes, du centre gauche social démocrate au Front de gauche-communistes, elle s'étend du centre droit Borloo à l'extrême droite de Christian Estrozi, Nadine Morano, de même pour Gérard Longuet quand il clame, pour leurs suffrages, que les électeurs du FN ne sont pas des pestiférés, ce qui est exact. Les appels des personnalités de l'UMP en difficulté vers les voix du FN, malgré le verrou hypocrite du secrétaire général Jean-François Copé repris par François Fillon font penser qu'il pourrait sauter plus rapidement que l'on puisse l'espérer. Pure illusion !

    L'arrivée possible à l'Assemblée de représentants du FN tels Marine Le Pen, Gilbert Collard, Marion Maréchal-Le Pen ... le dédouanerait, le rendant normal, donc fréquentable par l'UMP, d'autant plus qu'ils siègeraient sur les mêmes bancs. La reprise des slogans FN pour masquer la faillite de la politique menée par Sarkozy en est l'essence. Quoi proclamer d'autre qui soit porteur, la dette qu'ils ont accrue de 90 milliards ? Non bien sûr ! C'est donc le vide absolu autre le fait de clamer que les socialistes ne feraient que ruiner la France alors qu'ils commencent tout juste à gouverner en appliquant, par décrets, le programme d'élection de François Hollande. La droitisation extrême de Sarkozy pendant la campagne à donnée le feu vert. L'insistance de Jean-François Copé à s'opposer ouvertement à l'alliance avec le FN sous le prétexte implicite de ménager la droite centriste n'a plus de raison d'être, elle n'existe plus.

    Nadine Morano n'a pas caché que ses valeurs rejoignaient celles du FN. Dans l'hebdomadaire d'extrême droite minute du 13 juin, elle plaide pour un rassemblement le plus large possible pour faire barrage à la gauche.

    «Les électeurs du Front national n'ont pas à être rejetés de la République», «Nos électeurs sont souvent étonnés qu'on tolère des alliances entre le PS, l'extrême gauche et Les Verts qui prônent la légalisation du cannabis». Nous ne parlons pas d'alliance, mais de respect des électeurs du Front national, «méprisés, rejetés par la gauche dans le camp des anti-républicains», continue telle. Elle se définit «gaulliste et patriote». Elle précise «il y a de nombreux désaccords avec le Front national, notamment sur les questions économiques, voire de société», mais elle précise qu'elle est «opposée au droit de vote des étrangers» et qu'il y a «encore une convergence de points de vue» concernant «le renforcement des accords de Schengen».

    Le propos de Nadine Morano est d'une fausseté absolue, le PS n'a fait aucune alliance avec l'extrême gauche qui est représentée par le NPA et Lutte ouvrière ! Comme elle ne peut clamer, sous le vocable d'extrême gauche, le Front de gauche, elle veut donner le change. Mélenchon ancien socialiste représente la gauche d'un parti républicain, quant aux communistes ils ont déjà été au gouvernement, même sous Charles de Gaulle ! Un grossier amalgame dont la droite est coutumier. Mais ça marche dans le rural !

    Il est bien évident que l'UMP ne veut surtout pas être amené à composer avec le FN, il ne veut simplement que le vote de ses sympathisants. On voit mal Jean-François Copé, François Fillon, Alain Juppé composer avec Marine Le Pen ! Le FN sera-t-il dupe de ces appels du pied ? Son anti socialisme suffira-t-il pour donner ses voix à l'UMP. Honnêtement les socialistes sont bien plus respectables que l'UMP. Au moins, ils acceptent de discuter avec les verts, même si cela leur coûte. De plus, ils préconisent l'introduction d'une part de proportionnelle, permettant aux petits partis de s'exprimer à l'Assemblée nationale, ce que réfute l'UMP, la démocratie parlementaire n'est pas son idéologie qui est de ne faire aucun partage du pouvoir.

    La dessus vient pour aiguiser le tout, le canular de Gérald Dahan l'humoriste qui s'est fait passer au téléphone pour Louis Aliot le numéro deux du FN. Au cours de cet échange téléphonique elle aurait déclaré que Marine Le Pen avait beaucoup de talent, ce qui est exact, mais aucun qui puisse redresser la France.

    Ecoutez Dahan Morano sur francetvinfo

    Mais le comble est que François Fillon se voit obliger de recadrer son ancienne ministre sur twiter, «Nadine Morano aurait dû raccrocher tout de suite car on ne parle pas aux dirigeants du FN». Alors Nadine Morano porte plainte contre Gérald Dahan c'est tout ce qu'elle a trouvé de mieux à faire. Cela montre bien le personnage par comparaison avec tous ceux qui ont été piégés par lui, Hollande, Royal, et Mélenchon qui ont ri et n'ont pas porté plainte.

    Donc deux langages et deux attitudes aux voix du FN pour ces législatives. Cela montre bien le désarroi de la droite qui devra lever son ambiguïté politique.

  • Pourquoi renflouer les dettes souveraines des pays de la zone euro,

    alors que c'est tout le système qui dérape ?

    Support Wikipedia Grèce, Portugal, Espagne, voire prochainement Italie et la France, après ? L'effet domino, du renflouement à coups de milliards d'euros de la dette de ces pays au bord du gouffre, se confirme. Ils n'ont plus assez d'argent pour payer leurs charges de fonctionnement, soutenir leur économie et cela nous mène à la question faut-il qu'ils sortent de l'euro, ou pourront-ils rembourser ? Bien sûr que non dans un délai acceptable pour l'Espagne ? Voire même pour certains, dont la Grèce, pas du tout ! C'est donc que le système Européen construit ne tient pas la route, et qu'il faut le changer. Continuer avec une Commission européenne à droite serait la pire des solutions. Sans pour autant sortir de l'Europe qui présente des avantages il faut modifier sa politique, c'est à dire contraindre l'Allemagne et l'Autriche et les autres à accepter de promouvoir de la croissance autrement que par des réformes structurelles qui, dans des pays très affectés par l'austérité, ne sert à rien. Comme ils s'y opposent, il faut les contourner, avec l'aide des pays en difficulté.

    Déjà on voit un axe Hollande Monti se dessiner. Le 14 juin avant un mini sommet des chefs d’État du 22 juin des quatre principales économies de la zone euro, dont le but est de préparer le sommet semestriel de l’Union européenne prévu les 28 et 29 juin. Ils se retrouvent à Rome dans le cadre des rapports d'amitié et de proximité de vues entre les deux pays. Des rencontres sont également prévues avec le président de la république Giorgio Napolitano. Cette rencontre bi-latérale avait été préparée par la visite de Laurent Fabius. Mario Monti estime pouvoir faciliter une synthèse entre les positions Allemande et Française sur la croissance. François Hollande devrait présenter son plan pour l'Europe pour tenter de stabiliser l'euro. Mais aussi l'occasion d'envoyer aux autres son projet de «pacte de croissance».

    Pendant que nous nous battons avec nos élections, le désastre de la valeur de l'euro continue sa marche. Impossible de tenir cette monnaie trop chère pour ces pays à l'économie moribonde. Un par un comme les attaches d'une bulle qui enfle et qui explose, ces pays croulent sous leur taux d'emprunt au point qu'ils ne peuvent plus emprunter. Les taux d'emprunts à 10 ans de l'Italie s'envolent à plus de 6 % et sa dette atteint 1946 milliards d'euros en mars, soit 120 % de son PIB. Quant à l'Espagne l'emprunt à dix ans atteint son plus haut niveau à 6,85 % et jeudi il atteint dépasse le seuil critique de 7 % avec une dette des banques de 287,8 milliards d'euros. Quant à sa dette souveraine elle serait de 740 milliards d'euros.

    Évolution des taux d'emprunts à 10 ans de la zone euro, en avril 2012.

    Document le blog d'Olivier Berruyer, Les-Crises.fr. Cliquez sur l'image

    Mais l'économie Italienne n'est pas celle de l'Espagne, elle offre plus de potentialités industrielles et artisanales, et sur bien des domaines, elle est supérieure à la France. Son déficit est aussi le fait que le sud de la péninsule est sous équipé par rapport au Nord plus industriel, et l’État italien le soutien dans le cadre d'une aide.

    Pour l'Espagne c'est le blocage de son économie due à la faillite de ses banques. C'est bien simple l'argent ne rentrant pas, l’État emprunte pour assurer ses obligations. Il s'adresse à ses banques qui elles n'ont plus assez d'argent par ce qu'elles ont financé des marchés qui deviennent rapidement des gouffres. Les spéculateurs ne peuvent rembourser leurs banques par ce qu'ils ne tirent plus de profits. L'exemple des constructions abandonnées au soleil, d'appartements d'immeubles qui ne se vendent pas sont le signe de la faillite de cette politique. La crise immobilière précipite un million de logements invendus. Une personne sur cinq est sans emploi. Les gens n’achètent plus, trop cher, et ceux qui ont investi ne peuvent plus payer leurs mensualités de prêt. 12 millions de personnes sous le seuil de pauvreté sur 46,7 millions d'habitants. Les industries et autres activités du pays ont de grandes difficultés pour obtenir de l'argent frais de leur banque et se trouvent en défaut de paiement. L'économie s'étouffe et ne peut plus fonctionner. Le peuple se trouve pris à la gorge, il ne consomme plus. S'il ne consomme plus, l'argent ne rentre plus dans les caisses de l’État, et le pays passe en récession.

    Alors le gouvernement de Mariano Rajoy se tourne vers l'Europe de la zone euro, et lui demande une aide pouvant aller jusqu'à 100 milliards. Mais les investisseurs et les politiques ont exprimé leur scepticisme face à un prêt jugé encore en gestation dans ses modalités techniques, «taux, montant de l'aide, contreparties, mécanismes de financement». Il y a eu une grande annonce sur le plan, mais rien sur les détails concrets. «Il reste énormément de points techniques à régler», note Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel BGC. «Les responsables européens n'ont pas encore compris que ces grandes annonces pas encore finalisées passaient très mal sur les marchés. Il y a un problème de communication avec les marchés, et ces malentendus se révèlent dévastateurs». Il y a donc entre l'annonce d'un prêt et son versement un délai de gestation.

    Les pays de la zone euro sont donc pris au piège, ils ne peuvent laisser l'Espagne à la dérive. Et pour eux, la question est faut-il payer et sous quelle condition ? Pour cela, ils ont à leur disposition le Fond Européen de Stabilité Financière FESF qui dispose de 44o milliards, voir aussi la Grèce sera-t-elle la clé qui fera admettre les euros obligations.

    L'argent déposé dans ce fond n'est que virtuel, c'est un engagement au cas où. Il n'est donc pas dépensé, il n'augmente pas dans l'immédiat la dette des pays participants. Or pour prêter, il faut s'assurer que les pays emprunteurs peuvent rembourser, c'est à dire faire des économies. D’où cette fameuse règle d'or qui ne peut fonctionner que dans la mesure où il y a à économiser. La Grèce a signé la règle d'or, et l'on voit, que cela n'empêche pas le désastre de son économie. Devant l'ampleur des aides aux pays en difficultés on a créé le MES, Mécanisme Européen de Stabilité qui est pour la gestion des crises financières de la zone euro, et qui doit remplacer en juillet 2012 les FESF, avec un capital autorisé de 700 milliards d'euros, et le MESF pour l'Union européenne.

    Conjointement au MES qui se termine fin 2012, on a créé de TSCG, Traité sur la Stabilité la Coordination et la Gouvernance qui est un traité intergouvernemental, c'est à dire une gouvernance qui passe au dessus des États. Ce traité n'est en outre appelé à être signé que par 25 des 27 États membres de l’UE, mais il pourra entrer en vigueur dès que 12 des 17 États de la zone euro l’auront ratifié. Il pourra être rejoint ensuite par les autres États, mais sans le Royaume-Uni et la République tchèque qui ont refusé. C'est donc un traité qui nous sera imposé dès lors que nous sommes dans la zone euro, c'est la perte de notre souveraineté.

    Tous ces mécanismes de financement des dettes n'ont d'autres buts que d'intégrer un peu plus chaque jour les pays dans une fédération supra nationale

    C'est simple Sarkosy nous a vendu à l'Allemagne puisque c'est elle la principale instigatrice et contributrice dans le financement du MES et qui imposa sa politique.

    Le TSCG, apparaît économiquement déséquilibré d'après Antonio Vitorino Ministre de la Défense et ancien Commissaire européen. Stabilité et austérité sont nécessaires mais insuffisantes. On voit bien qu'il faut une relance de la consommation, et donc la provoquer. Comment le faire, par des emprunts Européens. Notre Europe du 19 novembre 2011 titre rigueur mais aussi croissance.

    Aux États la rigueur à l'Europe la croissance.

    Les États membres de l'Europe doivent faire face «à un dilemme redoutable, il leur faut à la fois engager des programmes d’ajustement budgétaire et de réformes structurelles, mais aussi veiller à préserver leurs perspectives de croissance, afin d’offrir un horizon d’espoir à leurs citoyens».

    On voit que la politique de l'Europe est encore à définir. Elle a été construite sur des bases fausses considérant que seule une politique droitière négligeant la volonté des peuples est applicable. Dans ces conditions, sans référendum approbatif obligatoire, toute politique est vouée à l'échec dans le cas d'un changement de couleur politique d'un pays, d'autant qu'il n'est prévu aucun mécanisme de sortie de la zone euro.

    Dans son voyage du 14 juin en Italie, François Hollande a dit avoir adressé au président du Conseil européen, Herman Von Rompuy, un document de préparation du sommet européen des 28 et 29 juin, avec trois principes : croissance, stabilité et approfondissement de l'union économique et monétaire.

    Il aussi évoqué les obligations, euro-bons, et l'établissement d'une taxe sur les transactions financières. «L'Europe a besoin d'instruments, de mécanismes, qui permettent de soutenir banques, États qui peuvent se trouver à un moment et injustement dans une tourmente de façon à ce que la spéculation soit découragée». «Je partage aussi l'idée que nous avons besoin de financement pour les investissements d'avenir et que là encore, l'Europe devrait regarder ce qu'apportent les différents États pour avoir une classification plus souple que ça n'est le cas aujourd'hui en termes de classification de ces dépenses».

    Angela Merkel se trouve squeezée, et Jean-Marc Ayrault l'a invitée à ne pas aller à des formules simplistes, «ajoutant la situation de l'Europe est suffisamment critique pour ne pas se laisser aller à des formules simplistes. Il faut prendre les choses avec sérieux et courage».

  • Législatives 2012, le PS vers une majorité absolue entre 293 et 323 sièges ?

    Deux grands perdants, le devoir civique et Mélenchon.

    Abstentions 42,77 %

    Mélenchon 21,48 % des voix derrière Phlippe Kemel 23,5 % et Marine Le Pen 42,36 %.

    Mais aussi deux en grande difficulté, Ségolène Royal et François Bayrou.

    Support Wikipedia Ce ne sera pas une vague rose comme le clament les responsables UMP, mais François Hollande a-t-il besoin d'une vague rose pour applique sa politique, non ! Seule la majorité absolue plus une voix lui suffit. Que la droite se console ainsi, c'est de bonne guerre, mais Sarkozy aura tout perdu municipales, régionales, le Sénat, la présidentielle et les législatives, et si le PS obtient la majorité absolue ce sera un triomphe qui n'a jamais été obtenu, mais rien n'est encore fait !

    Pour Jean-Luc Mélenchon le tribun qui a boosté la pub de Marine Le Pen qui n'en demandait pas tant, c'est une seconde claque après la première de la présidentielle. Perdre n'est pas déshonorant c'est la démocratie, c'est le jeu, et comme il le dit le plus dur est de l'accepter. Il n'a pas réussi à mobiliser l'électorat populaire, il n'est pas crédible dans ses propos. Il ne suffit plus de clamer des orientations communistes pour mobiliser cette partie de la population, qui les a rejetées depuis des années. C'était donc de sa part une analyse hors du temps, bien qu'il ait gagné 8 points. En outre, il combattait implicitement le PS son ancien parti bien qu'il ne le clamait ouvertement. Dans cette circonscription les votes xénophobe et populiste sont particulièrement appréciés, ce que l'on peut condamner, nos difficultés économiques n'en sont pas la cause. Combattre sur ce plan, même si l'on estime que les propos de Marine Le Pen sont à rejeter, c'était accepter de perdre à l'avance. Ce que l'on peut lui reprocher, c'est d'avoir placé cette circonscription dans le cadre d'un test national pour le FN, et même s'il a fait un score honorable, c'est une grave faute pour un homme politique de cette envergure.

    Pour Ségolène Royal bien qu'elle soit en tête avec 32, 03 % des voix devant le dissident PS Olivier Falorni 28, 91 %, rien n'est gagné puisque la candidate UMP Sally Chadjaa obtient 19, 47 %. Il est bien évident que le tout contre Ségolène Royal va jouer une nouvelle fois puisque Olivier Falorni se maintient au second tour, il faudrait un miracle pour qu'elle soit élue. Le comble pour elle, c'est qu'elle a laissé sa circonscription des Deux-Sèvres à Delphine Batho qui lui a succédé en 2007 comme députée et qui, porte parole de François Hollande, est élue au premier tour avec 53, 18 %. Devant cette hécatombe pour elle, tout le PS appelle le dissident à se retirer, Martine Aubry et Cécile Duflot iront la soutenir. Ce n'est plus de la politique, mais de la haine qui régit cette élection. Elle paie ainsi, si elle n'est pas élue, son comportement politique qui fut autoritaire. Elle a beaucoup dérangé ses opposants ainsi que les siens.

    Pour François Bayrou, c'est son coté instable qui change de couleur politique au gré de son humeur et qui déroute ses partisans. Il paie son soutien à François Hollande à la présidentielle, le courage ne paie pas en politique. Il arrive second dans la 2ème circonscription des Pyrénées-Atlantiques avec 23 63 % des voix derrière la socialiste Nathalie Chabanne 34, 9 %. Le candidat UMP Eric Saubatte arrive troisième avec 21, 72 %. C'est un cas douloureux, les socialistes ne peuvent retirer leur candidat, pour deux raisons. La première, est qu'il n'a jamais approuvé l'orientation politique de François Hollande la combattant sévèrement. La seconde, c'est le socialiste qui arrive en tête. Tout se joue pour lui sur le désistement de l'UMP Eric Saubatte ? Il joue donc son avenir politique, bien qu'il soit élu depuis 1986 dans cette circonscription. Il faut noter que la participation dans cette circonscription fut plus forte que celle sur le plan national avec plus de 65 %. Il a beau clamer qu'il y faut des hommes libres à l'Assemblée, et pas seulement des députés inféodés aux deux grands partis, cela suffit pas pour être élu. C'est sans effet dans une constitution bipolaire pour laquelle son ancien parti l'UDF fut un féroce partisan. Eric Saubatte s'est félicité de son résultat, «avec seulement trois semaines de campagne, c'est une véritable réussite !» a-t-il déclaré. Et de redire sa profonde détermination à faire tomber le patron du Modem, «c'est véritablement une page qui se tourne en Béarn. François Bayrou a trahi ses électeurs en votant François Hollande au deuxième tour de la présidentielle, il a trahi les valeurs humanistes du centre et de la droite. Et les Béarnais l'ont bien compris». Il s'estime actuellement le seul à incarner les valeurs de la droite. Les dirigeants socialistes locaux appellent, en sous main, leurs sympathisants à voter pour lui en reconnaissance de son soutien présidentiel.

    Quant à l'abstention, elle fut la plus élevée de toutes les élections législatives. Elle est inférieure de trois points de celle de 2007. C'est très inquiétant pour la démocratie si chère à la stabilité du pays. Les partis majoritaires devraient s'en inquiéter, conséquence de la polarisation, qui ne porte l'intérêt que sur l'élection présidentielle. Les législatives comportent deux tours ce qui pour certains ont un tour de trop. Et puis aussi le mensonge politique, la calomnie qui ne sont jamais punis. Nombreux sont ceux qui jugent que le premier tour est fait pour connaître une orientation et attendent le second pour leur choix. L'autre point est qu'elle ne fut pas porteuse de débats nationaux, qui motive les électeurs. Elle fut trop plate. L'autre raison, est que pour beaucoup, le résultat ne faisait aucun doute, la gauche aurait une majorité à l'Assemblée nationale d'autant que les sondages le prévoyait. Pourquoi donc aller voter ? D'aucun avancent qu'elle devrait être groupée avec celle de la présidentielle, dans ce cas elle ne pourrait la corriger. Ce serait faire une élection rattachée au président, un peu comme aux États-Unis dont le président élu l'est avec son staff.

    Les ministres se sont bien comportés, certains élus dès ce premier tour, Jean-Marc Ayrault très confortablement, Laurent Fabius, Victorin Lurel, Frédéric Cuvillier, Delphine Batho, et Bernard Cazeneuve. Tous les autres sont en position favorable voire très favorable dont Manuel Valls 48, 6 % devant l'UMP Cristela De Oliveira 19, 59 %. Deux ministres qui ont eu le courage d'affronter une circonscription acquise à la droite, sont récompensés. Aurellie Philippetti 43, 51 % qui affrontera au second tour l’UMP Julien Freyburger, 25,78 %, et Marie-Arlette Carlotti en ballotage difficile avec 34,43 % des suffrages devant le député UMP Renaud Muselier, 32,45 %, le FN étant éliminé. Michel Sapin ministre du travail en mai est suppléant dans la 1ère circonscription de l'Indre. Si le résultat des législatives est bon pour lui, ce sera donc directement Jean-Paul Chanteguet qui siègera à l'Assemblée. Jean-Paul Chanteguet, remporte 46,95 % des suffrages dans la 1ère circonscription, Châteauroux, et affrontera au second tour le candidat UMP François Jolivet, 30,20 %. Kader Arif, 30,84 %, a dominé deux dissidents socialistes en Haute-Garonne pour espérer battre l'UMP Dominique Faure, 24,41 %, au second tour.

    A Paris la couleur politique reste inchangée et confirme celle des deux tours de la présidentielle. Claude Goasguen, 14ème circonscription, député sortant, est le seul a avoir été réélu au premier tour avec 58,11 % des voix, ce qui est d'ailleurs le meilleur score métropolitain pour un candidat de droite. Pierre Lelouche 1ère circonscription fait 41, 32 % et devance la socialiste Claire Morel qui fait 34, 07 %. Bernard Debré, 4ème circonscription, fait 45,07 %, il aurait pu être élu au premier tour, s'il n'y avait pas eu la candidature dissidente de Brigitte Kuster, 23,01 %. Dans la 2ème circonscription, François Fillon, échappe de peu à la victoire avec 48,62 %. Il bat Axel Kahn le généticien socialiste avec 33, 88 % des voix. Cécile Duflot obtient 48, 74 % et se trouve opposée à l'UMP Jack-Yves Bohbot qui obtient 18, 3 %. Dans la 8ème circonscription, la députée PS Sandrine Mazetier arrive loin devant Charles Beigbeder, UMP, qui obtient 25,75 %. Dans la 13ème circonscription, l'ex-ministre et président du groupe UMP du Conseil de Paris Jean-François Lamour totalise 43,9 %, pour 34,3 % au PRG Gilles Alayrac.

    «Des candidats sortants ont connu des progressions de dix points par rapport à 2007, malgré le découpage très favorable à la droite», s'est réjoui le maire de Paris, Bertrand Delanoë, félicitant Annick Lepetit qui obtient 44,7 % dans la 3ème circonscription. «Nous nous fixons pour le deuxième tour de remporter deux tiers des circonscriptions à Paris», alors qu'actuellement la gauche en détient 13 sur 21, a-t-il déclaré, appelant pour la semaine à venir à «une mobilisation exceptionnelle».

    Les autres candidats socialistes ou écologistes se placent en tête, s'assurant une bonne position pour le second tour. Ils font mieux que le score de François Hollande au premier tour de la présidentielle.

    Quelques personnalités Jean-François Copé 45, 14 % devance nettement Caroline Pinet EELV 28, 98 %. Valérie Pecresse 46, 3 % devant le socialiste Jacques Lollioz 30, 54 %. Nadine Morano 34, 23 % derrière le socialiste Dominique Potier 39, 29 % en appelle aux voix du FN. Laurent Wauquiez avec 49, 74 % rate son élection de peu. Nathalie Kosciusko-Morizet qui est sur la liste noire du FN, donc à battre, fait 39,46 % devant Olivier Thomas PS 36, 29 %. Éric Woerth est arrivé en tête, avec 40, 17 %. Jean-Louis Borloo avec 43 % est en ballotage favorable. Stéphane Le Foll 46, 01 % devant l'UMP Marc Joulaud 31, 67 %. Xavier Bertrand, l'ancien ministre du travail sert les dents avec 38, 89 % devant Anne Ferreira, vice-présidente socialiste du conseil régional. Je suis plutôt satisfaite du score, affirme néanmoins cette dernière, qui, avec 35,47 % des voix, améliore nettement le score de François Hollande au premier tour de la présidentielle. Claude Guéant 30,41 %, qui a devancé le DVD Thierry Solère 26, 89 %, est en ballottage favorable dans les Hauts-de-Seine. Rama Yade est éliminée.

    Le parti socialiste qui profite du vote utile a étouffé les écologistes qui par ailleurs font de mauvais scores étant battus dans la plupart des circonscriptions. De plus, le groupe socialiste passe devant celui de l'UMP avec 34, 43 % pour 34, 10 %. Le front de gauche fait 6,94 % soit plus de 4 points de moins qu'à la présidentielle, et les écologistes 5, 57 % font beaucoup mieux qu'à la présidentielle avec Eva Joly. Le résultat le plus spectaculaire est celui de Philippe Meirieu, devancé à Lyon par un candidat radical de gauche, Thierry Braillard, qui soutenait le socialiste Gérard Collomb, maire de la ville. Des groupes écologique et Front de gauche sont compromis à l'Assemblée nationale. Quant au FN crédité de 13, 77 % perd 4 points par rapport à la présidentielle, mais il progresse par rapport à 2007 et 2002 et peut espérer deux députés.

    Le PS seul fait 29, 21 % et l'UMP 26, 62 %.

    Ce vote utile à provoqué la chute du Front de gauche puisque Mélenchon n'obtient même pas le niveau requis des 12, 5 % des inscrits. Mais, ce mauvais score est aussi lié à celui des communistes dont beaucoup ont des résultats médiocres qui pourrait les priver d'un groupe à l'Assemblée nationale. A droite le vote utile a aussi provoqué un regroupement autour de l'UMP, effaçant le centre droit.

    Le PS s'est prononcé pour un vote «républicain», d'ailleurs des candidats arrivés en troisième position se sont déjà retirés au profit de l'UMP pour faire barrage au FN qui maintien tous ses candidats en position favorable. Par contre, malgré la consigne de retrait donnée par Martine Aubry, la candidate socialiste Catherine Arkilovitch annonce son maintien au second tour dans la 3ème circonscription du Vaucluse, contre Marion Maréchal-Le Pen arrivée en tête avec 34, 63 % des suffrages devant l'UMP Jean-Michel Ferrand 30, 03 %. Quant à l'UMP, c'est ni ni pas de votes pour les socialistes, et pas de votes pour le FN.

    Sur 353 circonscriptions ou le FN dépasse 12, 5 %, il arrive en tête dans 23 d'entre elles, et en seconde position 93. Il est impliqué dans 32 triangulaires dont 29 duels. Dans certains départements, le Front national devient pratiquement la deuxième force politique.

    François Hollande ne peut que se réjouir, ses décrets d'avant les législatives ont soudés la gauche avec l'anti-Sarkozysme, mais il n'a pas désuni la droite qui reste dans un bloc soudé. Mais rien joué, et pas de triomphalisme. Les Français ont confirmé leur choix du 06 mai, c'est tout.

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