Avertir le modérateur

- Page 4

  • Un homme officiel est un ventriloque qui parle au nom de l'Etat,

    de Pierre Bourdieu dans la fabrique des débats publics.

    3

    Pierre Bourdieu, AFP, document Le nouvel Obs.

    Support Wikipedia C'est dans Le Monde diplomatique, édition électronique, de janvier 2012 qu'en première page est présenté un texte inédit de Pierre Bourdieu. Cette phrase «l'officiel est un ventriloque qui parle au nom de l’État», ne représente-t-elle pas un homme qui parle du ventre sans ouvrir les lèvres, du latin venter qui fait du vent. Mais c'est surement une représentation du populisme, «le peuple a besoin d'un ventriloque pour parler d'une seule voix», de Marco Tarchi, professeur de sciences politiques à Florence et auteur en 2003 d’un ouvrage intitulé «L’Italia populista». Une image bien réelle qui ne s'applique pas qu'aux hommes officiels mais à tous journalistes et autres philosophes, qui diffusent sur l'écran télévisuel familial leur politique, s'érigeant de fait en portevoix de leur tendance. C'est aussi la gestion d'un peuple multiethnique et multiculturel qui rend difficile l'échange et la compréhension. Gauche droite, comment parler pour être comprit, c'est bien là la conséquence «Le Pen» qui séduit avec une désaffectation au devoir civique, «c'est tous les mêmes». L'une comme l'autre ces deux tendances majoritaires n'apportent rien au peuple d'en bas, alors «Le Pen peut être ?» C'est aussi vrai pour ceux du milieu politique qui croient par ce qu'ils se disent entre les deux, qu'ils pourront faire mieux. En fait le milieu politique sait-on vraiment ce que c'est ?

    C'est le fondement même de la société qui conduit à l'expression d'une forme de grogne par ce que pour les pauvres gens rien ne change, que peuvent faire les politiques si les usines n'embauchent pas dans ces banlieues laissées à l'abandon ? Alors le langage populiste devient le seul qui est comprit. Le rejet de leur misère sur l'immigré qui vient manger le pain des pauvres, a toujours existé. Le fascisme Italien porté par un nationalisme d'après guerre sur la misère conduisit à l'exode de nombreux Italiens vers le Nord de l'Europe. Tout comme le national socialisme qui fit porter sur les Juifs la misère de la classe ouvrière Allemande. Mussolini et Hitler furent les deux grands ventriloques de notre histoire.

    Pierre Bourdieu 1930-2002 est un sociologue représentant dans sa vie publique la pensée intellectuelle Française d'une gauche radicale sur les sciences humaines et sociales.

    2C'est en son honneur que les Éditions du Seuil avec celles des Raisons d'Agir ont publiées, à partir du 5 janvier, plusieurs ouvrages de cet intellectuel décédé à 71 ans.

    Transversale à l’œuvre de Pierre Bourdieu, la question de l’État n’a pu faire l’objet du livre qui devait en unifier la théorie. Or celle-ci, à laquelle il consacra trois années de son enseignement au Collège de France, fournit à bien des égards, la clé d’intégration de l’ensemble de ses recherches, cette «fiction collective» aux effets bien réels est à la fois le produit, l’enjeu et le fondement de toutes les luttes d’intérêts, de l’Éditeur.

    Le Monde diplo reproduit un extrait de «Sur L’État», Cours au Collège de France 1989-1992. Pierre Bourdieu a postulé et réfléchi sur la nécessité de l'indignation qui est une exclamation de ce que l'on ne peut plus tolérer, et sur laquelle Stéphane Hessel écrivit «indignez-vous» qui fut un essai publié en 2010 dont le succès fut mondial. Le titre de son petit livre relatant le passage à l'écrit d'un entretien télévisé en 1990. «Si le monde social m’est supportable c’est parce que je peux m’indigner», éditions de l’Aube, parution 2 avril 2004, est tout au fait de l'actualité. L’indignation, forme contemporaine de la contestation, s’incarne, en effet, dans des figures d’intellectuels, devenus des emblèmes de la gauche radicale, Le nouvel Obs. Mais pas seulement, qui ne peut être indigné devant les non logés qui dorment dans leur voiture ou dans la rue par cette température ? Ce n'est pas qu'une affaire d'intellectuels, mais de tous. La crise actuelle touche tout le monde, surtout les plus faibles, ceux qui n'ont pas de réserves.

    «D'un coté une situation sociale inouïe, de l'autre un débat public mutilé, réduit à une alternative austérité de droite et rigueur de gauche. C'est tout à fait d'actualité. Comment se délimite l'espace des discours officiels, par quel prodige l'opinion d'une minorité se transforme-t-elle en opinion publique ? C'est ce qu'explique le sociologue Pierre Bourdieu».

    Analyse et réflexions

    L'homme officiel qu'est-ce que c'est selon Pierre Bourdieu. Il serait, selon ce qu'il écrit, celui qui est digne d'avoir une opinion qui serait publique, et il définit cette opinion publique comme un droit seigneurial par le mot «censitaire» au sens noble. Le censitaire était celui qui tenait le fond à cens c'est à dire la censive, terre payée perpétuellement d'un cens. En somme pour Pierre Bourdieu, l'homme officiel jouirait d'un droit seigneurial au nom duquel il exprime l'opinion qui est celle du public, celle de tous, comme étant de la majorité de ceux qui comptent, et qui sont dignes d'avoir une opinion. En fait, l'opinion publique ne serait autre que celle de ceux qui gouvernent pas forcément celle de la majorité de l'instant. Or, rien n'est plus fluctuant qu'une majorité, qui en droit Constitutionnel est celle d'un vote que l'on définit comme celle qui serait effective le temps d'une mandature dans des pays démocratiques.

    L'homme officiel parle donc pour tous puisque investit en tant que tel. Il a ainsi le droit de persuader l'opinion, c'est à dire nous, de la politique qu'il entend mener. Bourdieu écrit, qu'il parle en tant que représentant de l'universel. Ici, «l'Universel est un homme européen de culture européenne». En métaphysique le problème des Universels concerne l'utilisation du langage et la complexité entre le langage et la théorie ontologique, représentant la branche de la philosophie de l'étude de l'Être. L'Universel, s'oppose à celui d'Individu.

    Un homme officiel n'est pas un individu, puisque nanti d'une compétence, et qui parle à différents niveaux de l’État. L’État étant représenté par un ensemble hiérarchique de compétences qui nous gouvernent. Chaque Être officiel parle donc au nom de l'opinion du domaine qu'il représente. Mais qu'est-ce que l'opinion, la personnelle ou la publique ? Si elle est publique, tout dépend de ce que l'on attribue potentiellement à «publique». Combien ce domaine représente-t-il de personnes ? Il ne peut être officiel que s'il représente un pourcentage majoritaire de cette opinion.

    Pour Pierre Bourdieu, l'opinion publique est toujours une espèce de réalité double, en effet, il y a au minimum deux réalités qui s'affrontent, l'officiel et le public. Il écrit, c'est ce que l'homme officiel ne peut invoquer quand il veut légiférer sur des thèmes non encore constitués, puisque l'opinion publique ne s'est pas manifestée. Et il prend l'exemple du vide juridique dans les cas de l'euthanasie et des bébés éprouvette. Dans ces cas, selon lui, on crée des comités d’éthique formé de gens informés pour réfléchir afin de donner des positions qui seraient officielles c'est à dire universelles. Mais pour l'individu, elles ne seraient que publiques, c'est à dire sujettes à des conditions d'opinions majoritaires, qui placent l'homme officiel devant ses responsabilités s'il doit légiférer. Les comités d'éthique n'ont que des pouvoirs consultatifs, ils ne sont pas responsable en dernier ressort. Prenant l'exemple des mères porteuses Pierre Bourdieu dit, on doit invoquer l'opinion publique c'est à dire les sondages qui seraient l'équivalent de «Dieu est avec nous», dans un autre contexte.

    Dans ce cas, la question qui se pose, est-ce que l'opinion publique est la bonne réponse ? En tant qu'universelle oui, mais en tant que valeur pas forcément, si l'on pense qu'elle est facilement manipulable.

    Il prend l'exemple de la peine de mort, l'opinion publique était contre la peine de mort tandis que les sondages étaient pour, c'est embêtant, que faire ? En 1969 l'opinion publique était contre la peine de mort, mais la tendance s'inversa devant la recrudescence des crimes. L'officiel Georges Pompidou se voyait mal faire exécuter un condamné n'étant pas sanguinaire. Le cas se posa pour Roger Bontemps qui fut guillotiné alors qu'il n'avait pas tué, étant seulement complice. L'opinion publique avait changé. L'opinion publique varie donc en fonction de l'actualité. Pierre Bourdieu évoque la commission dont le but est d'apporter une information éclairée par la réflexion «d'experts» qui donneront une opinion publique légitime puisque investie de cette qualité. Les derniers exemples nous ont d'ailleurs montrés que les commissions sont aussi des moyens pour enterrer les projets, dès lors que la tendance sondagique est contre. Seulement la commission est la voie officielle par laquelle on cerne le mieux l'opinion publique, ce qui pour l’État constitue un moyen de faire passer une loi recueillant le maximum d'adhésion à une période donnée. Le problème est donc difficilement soluble.

    La réflexion de Pierre Bourdieu sur les sondages montre la duperie qu'ils représentent. «Une des propriétés des sondages consiste à poser aux gens des problèmes qu'ils ne se posent pas, à faire glisser des réponses à des problèmes qu'ils n'ont pas posés, donc à imposer des réponses». «Par ce fait, de produire des réponses de tout sur les problèmes qui se posent à quelques-uns, donc à donner des réponses par la question. On a fait exister pour les gens des questions qui n'existaient pas pour eux, alors que ce qui faisait la question, c'est la question !»

    L'officiel ou la mauvaise foi collective.

    Pierre Bourdieu évoque la théâtralisation de l'intérêt pour l'intérêt général comme étant la conviction de l'intérêt pour l'universel, du désintéressement de l'homme politique, à la théâtralisation de la croyance du prêtre de la conviction de l'homme politique, de sa foi dans ce qu'il fait . C'est, selon moi, le problème du cas spécifique étendu au cas général par la théâtralisation. La politique actuelle, politique des cas en est l'exemple. On l'instrumentalise pour en faire un cas général. Le désintéressement serait une dimension importante de l'homme politique, et de citer la croyance du prêtre à celle de la conviction de l'homme politique qui n'est jamais désintéressé. Pour lui le désintéressement n'est pas une vertu secondaire, c'est la vertu politique de tous les mandataires ?

    Les exemples nous montrent que non, tant s'écharnent les politiques pour conserver leur pouvoir et leur moyen d'existence. Dès lors que la politique est devenue un métier, elle n'a plus à voir avec l'analogie du désintéressement du prêtre.

    Il associe les scandales politiques à l'effondrement de cette sorte de croyance politique dans laquelle tout le monde est de mauvaise foi. C'est vrai les scandales politiques marquent l'effondrement de la valeur politique qui entraine la mauvais foi collective. L'affaire Karachi en est un exemple.

    La croyance, celle du citoyen d'abord quelle est-elle ? Elle est multiforme et variable au cours du temps. Elle dépend de sa culture. Plus l'individu est ignorant plus il est croyant, ne pouvant analyser ce que le monde extérieur lui présente. En politique c'est très caractéristique, sans analyse on croit celui que l'on voit le plus souvent. Mais aussi on croit celle de sa famille qu'elle soit religieuse ou politique. D'ailleurs l'une ne va pas sans l'autre. Elle se traduit ensuite dans des cercles de pensée comme les sectes ou des groupes de pensée comme la Franc-maçonnerie d'obédiences religieuse ou laïque. Ils deviennent des moyens de pression. Les hommes politique dont nombreux sont issus de ces groupes se trouvent, dès lors qu'il prennent du pouvoir, confrontés à des politiques contraires à leur idéal par la nécessité de former une cohésion majoritaire entrainant une mauvaise foi collective, contraignants ainsi leur conscience. La prise du pouvoir implique bien souvent une mauvaise foi collective, l'intérêt prime sur l'idéologie politique. Par exemple le slogan «travailler plus pour gagner plus» est une forme de mauvaise foi de le faire croire quand on sait qu'il n'y a pas assez de travail pour tous. Transporté à l'ensemble des citoyens, ce slogan devient une sorte de foi collective au sens sartien, c'est à dire un mensonge à soi-même guidé par l'égoïsme. «La mauvaise foi et l’esprit de sérieux menacent sans cesse la conscience. Si la mauvaise foi désigne, en effet, ce mensonge à soi-même, par lequel la conscience s’efforce de fuir sa liberté et son angoisse, l’esprit de sérieux peut, lui aussi, nous pétrifier», Sartre dans l'existence et la liberté. Autre exemple, nous critiquons nos hommes politiques bien qu'ils soient notre reflet, ils sont issus du peuple et par conséquent ils ont le même défaut, le mensonge, l'égoïsme. Il faut bien mentir pour faire passer une loi dogmatique vantant ses mérites à l'opinion dès lors que l'on sait qu'elle orientée, donc contraire au bien de tous.

    La mauvaise foi collective est un jeu dans lequel tout le monde ment et ment à d'autres en sachant qu'ils se mentent, Pierre Bourdieu. En fait la mauvaise foi est une forme de vie de mensonges par la négation. La mauvaise foi en communication, en négociation, en processus de décision, la mauvaise foi comme forme de vie et de survie des individus. C'est que j'interprète de la pensée de Pierre Bourdieu sur ce qui serait l'officiel dont les représentants de notre histoire furent les deux grands ventriloques de l'après guerre 14-18.

     

  • Lejaby mon coeur,

    dans la rivalité droite gauche.

    Support Wikipedia L'élection présidentielle a du bon, le cas des 93 ouvrières de la fabrique de sous vêtements Lejaby auront une chance de ne pas être au chômage. La rivalité Hollande Sarkozy s'est exprimée, c'est à celui qui trouvera un repreneur avant l'autre. La dernière usine d'assemblages de la marque à Yssingeaux, Haute-Loire, est devenue en quelques jours le souci principal de ces deux personnes dans la symbolique plaisanterie de produisons Français. Comment laisser ces ouvrières si expérimentées avec ce savoir faire, impensable se sont-ils dit. Alors ce fut en premier François Hollande qui décrocha son téléphone et chargea Arnaud Montebourg le chantre du combat contre la mondialisation et la finance, de trouver un repreneur. Aussitôt l’Élysée se met en mouvement et décoche Laurent Vauquier auprès des ouvrières, qui toutes étonnées se méfient de la récupération politique dont elles sont l'objet.

    On le serait à moins quand on sait que Guillaume Sarkozy le frère ainé de notre président et Président de l'UIT, Union des Industries Textiles, Vice-président du MEDEF et dont Nicolas Sarkozy occupait alors, le poste de Ministre de l’Économie, déclarait «je suis fier d'être un patron industriel qui délocalise, assez de faux semblants, la perte d'emploi, la déstabilisation industrielle, c'est normal, c'est l'évolution», d'après le blog de Bernard Gensame et l'Expansion du 28/11/02. Le conflit d'intérêt entre les deux frères est dénoncé dans ce blog. Guillaume Sarkozy est accusé d'avoir «coulé l'industrie textile Française», et après avoir déposé le bilan de son Entreprise en 2006 devenait Président du conseil d’administration ainsi que Directeur général du groupe Malakoff-Médéric fusionné en juin 2008. Il a bénéficié, 6 mois plus tard, à la faveur de la mise en place du dispositif «mutuelle obligatoire employeur», des souscriptions de contrats d’assurance des 50 000 employés de Pôle emploi et de 120 000 employés de la Sécurité sociale. Une bonne affaire familiale, la présidence de ce groupe Malakoff-Médéric. La réduction du régime de répartition ne peut que conduire à l'éclosion de retraites sur des fonds de pension dont les mutuelles privées sont les principales gestionnaires, une parenthèse.

    L'industrie de l'habillement avec celle du textile fut l'une des premières industries à délocaliser à partir des années soixante. Cela fait donc plus de 50 années que ce domaine industriel souffre des coûts de la main d’œuvre des pays comme le Maroc et la Tunisie. En 2002 un article du Monde.fr soulignait que «les entreprises Françaises de confection ont, dès les années 1960, fait coudre leurs vêtements en Tunisie et au Maroc principalement». Actuellement, elles replaceraient leur système de production en Chine, en Europe centrale, en Turquie. Sans pour autant renoncer au Maghreb, qui réagit à cette nouvelle concurrence en affinant son offre, non seulement pour l'assemblage des pièces de tissu, mais aussi pour les découpes, l'étiquetage, l'emballage et même le dessin des modèles. Les principaux fournisseurs de la confection en France sont la Roumanie, la Bulgarie, le Maroc et la Tunisie, affirme-t-on à l'Union des industries textiles, UIT.

    Il n'existe plus de pantalons, de chemises ou même de soutien-gorge qui soient de fabrication 100 % Française, à l'exception des produits de luxe. On le sait maintenant, la Tunisie excelle dans la lingerie, le Maroc dans la fabrication des pantalons et des vestes, le Pakistan dans le linge de lit, la Chine dans les tissus de coton, et la Corée du Nord, comme le Vietnam, dans les vêtements de travail.

    En avril 2004 à Shanghai, au moment ou l’industrie du textile s’apprêtait à perdre encore 17 000 emplois lors de la fin des quotas textiles de janvier 2005, Jean Pierre Raffarin, alors Premier ministre estimait que la Chine était «un acteur responsable de l’économie mondiale», laissant ainsi entendre qu’elle pourrait auto limiter ses exportations textiles en pleine expansion, TF1 news 24 avril 2005. Déjà à l'époque l'industrie textile qui employait environ 100.000 personnes perdait 10 % d'emplois par an. Une étude de l'Institut Français de la mode, exprimait à l'époque, qu'au moins 7% d'emplois soit 7.000 pouvaient être perdus.

    Il est évident qu'il fut impossible de lutter contre les coûts de main d’œuvre pratiqués. L'écart du coût du travail horaire, en dollars Américains, charges sociales incluses, en 2000, pour les salariés travaillant dans l'habillement, était de 1 à 87 entre le moins cher, Pakistan, et le plus cher, Japon, selon les données de Werner International, citées par l'Union Française de l'Habillement, UFIH.

    • Japon : 26,1 dollars,
    • Union européenne : 14, dollars, 13,8 dollars en France contre 4,3 dollars au Portugal,
    • Amérique latine : 3 dollars,
    • Turquie : 2,6 dollars,
    • Mexique : 2,2 dollars,
    • Europe centrale : 1,9 dollar, 1,6 dollar en Slovaquie,
    • Maghreb : 1,7 dollar, 1,8 dollar au Maroc, 1,6 dollar en Tunisie,
    • Asie : 0,6 dollar, 0,6 dollar en Chine, 0,5 dollar en Inde et 0,3 dollar au Pakistan.

    On ne voit pas ce que pouvait faire Arnaud Montebourg dans ce contexte, la poursuite de cette activité dans ce domaine textile si concurrentiel est une hérésie, il n'avait aucune chance. Seul un domaine d'activité sur du luxe protégé peut encore tenir la route quelque temps.

    Heureusement que les socialistes ont tirés les premiers, ce qui décida, il faut le reconnaître, l’Élysée a entrer en jeu. L'annonce du tribunal de commerce de Lyon le 18 janvier concernant la fermeture de l'usine n'avait pas fait sourcilier un œil au président, ni à Laurent Vauquier maire du Puy en Velay voisin, il s'était résigné. «Nous allons faire le maximum dans les prochains jours pour que l'on accompagne, au mieux, chaque salariée pour retrouver un emploi le plus vite possible» avait-il déclaré. Quant à Xavier Bertrand ministre du travail, «il y a un contrat de sécurisation professionnelle qui a été mis en place qui va garantir aux salariés pendant un an, d'avoir 98 % de leur salaire», il est le dispositif légal sans plus. Même le président a clamé qu'il ne laisserait pas faire, «moi je n'accepte pas la fatalité, je ne serai pas Monsieur Jospin face à Vilvorde», l'usine de Renault qui a fermé en 1997 a-t-il assuré !

    Alors tout se précipite, Laurent Vauquier qui avait promis une bonne nouvelle sur son compte twiter, s'est rendu mercredi 01/02/12 à l'usine Lejaby pour annoncer qu'il y avait un repreneur, Le parisien.fr.

    C'est un maroquinier originaire d'Yssingeaux, qui dirige une entreprise en Auvergne. il reprendra l'intégralité du personnel de Lejaby, soit les 93 salariées. Elles changeront de secteur d'activité, quittant celui de la lingerie pour la maroquinerie de luxe. Vincent Rabérin est «quelqu'un de chez nous», a ajouté le ministre. «Il travaille pour Louis Vuitton, qui s'est engagé à un carnet de commandes sur la durée ?», a-t-il déclaré au côté de l'intéressé. «Aujourd'hui, vous êtes toutes sauvées, c'est une réussite collective», a conclu Laurent Wauquiez à l'adresse des salariées.

    «Il faudra vous remettre en question»

    Cette entreprise implantée dans l'Allier, compte 200 salariés. Il a averti les salariées, «ce n'est pas de la corsetterie, il faudra vous remettre en question». Il a été applaudi et a insisté sur le fait qu'il était «un industriel, pas un financier». Puis ce fut la visite au président.

    3

    Cliquez sur l'image.

    Sept représentantes de Lejaby ont été reçues par Nicolas Sarkozy le 04/02/12, Photo AFP, document Le Progrès.fr

    «On n’est pas venu faire du tourisme à Paris, ni visiter l’Élysée, même si c’est un très beau bâtiment. On est là pour défendre l’emploi en France» a déclaré Bernadette Pessemesse, déléguée syndicale, CGT. «Si M. Sarkozy nous fait venir pour qu’on le remercie, il fait erreur. Fallait pas qu’il se dérange ! Cette victoire c’est le résultat de notre lutte à nous».

    Il reste encore 350 postes à sauver.

    Ne mâchant pas leurs mots, «a l'avenir il faudra vous préoccuper plus de l'emploi en France», ont-elles déclaré.

  • Alain Juppé, je ne sais pas si

    je dois y aller.

    photo_1270922102931-1-0.1271089129.jpg

    © AFP/Archives - Patrick Kovarik, les Échos.fr

    Support Wikipedia Il aimerait quand même bien y aller pour sauver son camp, et c'est vrai qu'il en à toutes les compétences. Jacques Chirac ne disait-il pas de lui que «c'est le meilleur d'entre nous» Or, pour un homme politique de cette envergure, laisser passer une pareille occasion serait impardonnable, mais il faudrait que Sarkozy comprenne qu'il devrait ne pas se présenter dans trois mois. Pour remonter dans les sondages Sarkozy l'envoie défendre sa politique ainsi que pour François Fillon. Juppé, assure qu'il est le candidat naturel de la droite ! Mais si, en alternative, il décidait de ne pas se représenter, alors il serait là pour sauver cette droite d'une catastrophe pire que celles des régionales et du sénat. Imaginez un instant que Sarkozy se présente, Juppé regardant de sa mairie de Bordeaux l'élection de François Hollande, le trou pour ce parti, et on lui en voudra de ne pas avoir essayé sachant que Sarkozy ne pouvait pas gagner. A ce niveau, et dans cette situation on ne peut faire de sentiment. Si Juppé pense que la France a besoin de lui, il doit y aller. Mais en a-t-il encore l'envergure ?

    Son débat avec François Hollande nous a montré que non. Il est apparu braqué, rigide se laissant déborder, il faudra qu'il travaille cet exercice. On avait l'impression qu'il ne maîtrisait pas le sujet répétant sans cesse les mêmes arguments. Pourtant il avait préparé son argumentaire devant deux mille militants le mercredi 25 janvier, «je vais vous faire une confidence, demain soir, vers 21 heures, je penserai à vous, cela me donnera de la force de vaincre» avait-il lancé.

    Alors, il critique, la rupture Sarkozyenne devant le pessimisme des Français, tout en proclamant qu'il ne faut pas abandonner les réformes, question, la rupture sans les réformes qu'est-ce que c'est ?

    Il appelle au rassemblement défendant l'idée d'une grande réforme fiscale qui serait l'héritage «gaullo-chiraquien !» Mais de quel héritage fait-il allusion ? Le Chiraquisme n'a rien à voir avec le gaullisme !

    Pour lui, c'est la crise que Sarkozy aurait bien gérée, «jamais autant l'on a modernisé la France que sous ce quinquennat». Mais alors c'est de la faute des Français qui n'ont rien compris ? D’où vient l'erreur ? Du rythme des réformes, et de leur injustice ? Sarkozy a été très vulgaire, incorrect, inconscient au Fouquet's montrant trop son penchant pour l'argent, trop brutal en bousculant les habitudes et coalisant ainsi les mécontentements ? C'est vrai que pour être bousculés les Français l'ont été et le sont encore, il n'y qu'à voir la misère et la richesse résultantes, le fossé se creuse, voir mon article «Les deux boucliers». En fait, il n'a jamais cru à la rupture. Son gaullisme une pensée politique qui allie patriotisme et humanisme, alors là il ne fait pas dans la demi-mesure. Sarkozy n'aurait pas de pensée patriotique ? Quand à l'humanisme, je veux bien croire que notre président n'a pas bien compris ce que ce terme pouvait signifier ? L'humanisme n'est-il pas une doctrine ayant pour finalité la personne humaine et son épanouissement, mais pour qui ? On comprend qu'Alain Juppé veuille corriger l'humanisme de Sarkozy ! Dans l'article du Figaro politique Alain Juppé fait référence à Chirac pour son pragmatisme, sa connaissance de la France profonde, du terroir, de sa ruralité, il y a des tendances profondes qu'il faut sentir, sous entendant que notre président ne les sent pas !

    Il faut bien qu'il se différencie pour exister, mais ce que nous avons besoin c'est d'une politique qui associe tous les Français et pas seulement le monde rural, le terroir. Personne n'est dupe de cette allusion aux agriculteurs, base de soutien du Chiraquisme. En fait Alain Juppé serait tout simplement la continuité de cette politique, n'en est-il pas l'héritier ? Cela étant, il n'est pas anti-sarkozyste et il lui accorde d'avoir bien géré la crise, mais il ne l'a pas vu venir ayant vanté les mérites du libéralisme. Ce qui est extraordinaire chez ces hommes politiques c'est qu'ils apparaissent incapables de considérer tous les paramètres qui gèrent une situation. Serait-ce trop difficile, alors on fait des choix et on attend de voir. Il est vrai, s'il fallait tenir compte de tous les paramètres, ils ne pourraient pas.

    Sarkozy ne fait plus l'unanimité des Français, sa cote de popularité ne cesse de rester au potentiel électoral de son parti soit 24 %, mais est-ce une raison pour qu'il prenne sa retraite ? Alors prendre sa place après avoir soutenu sa politique n'est pas très honorifique, mais quand on n'est plus en mesure de l'emporter, il faut la laisser.

    Et voila, Alain Juppé écologiste, c'est à la mode. Il critique la position de Sarkozy sur la taxe carbone en disant que l'on ne peut pas se contenter de dire que l'on va attendre que les Européens se mettent d'accord sur une taxe carbone aux frontières. Mais problème, il ne se souvient plus que cette taxe appliquée injustement a été condamnée par le Conseil Constitutionnel, et qu'en outre, elle n'est pas souhaitée par plus de 70 % des Français ! Décidément, il a vieilli. Alors pendant qu'on y est, il ne se gène pas de critiquer le bouclier fiscal c'est devenu la mode à droite, mais il va plus loin encore en critiquant le débat sur l'identité nationale, ainsi que sur la loi contre le voile intégral qui risque de stigmatiser l'Islam. Pour lui, une loi générale n'est pas adaptée déclarant que c'est plutôt une habitude qu'une prescription religieuse.

    Mais la plus grande critique porte sur la loi qui condamne la négation du génocide Arménien, disant que c'est une faute politique.

    Alors quand on lui demande quelles réformes pourrait-il préconiser contre le mal être des Français, il répond,

    «un paradoxe me frappe nous avons le système de protection sociale le plus sophistiqué du monde, et pourtant la pauvreté et la précarité augmentent, ainsi que le sentiment d'injustice. Cela nous oblige à prendre à bras-le-corps la question du logement, notamment pour les travailleurs pauvres, et à remettre à plat tout notre système fiscal, pour le rendre efficace et plus juste. Il faut s'interroger sur le rapprochement entre l'impôt sur le revenu et la CSG, la retenue à la source, la modulation de l'impôt sur les sociétés, des propositions de gauche ? La TVA n'est pas l'impôt abominable décrit par certains. Elle est neutre sur le plan de l'investissement, taxe les textiles chinois que nous importons, mais épargne les Airbus que nous vendons à l'étranger. TVA sociale, TVA verte, il ne faut rien s'interdire dans la réflexion», voir ici, Alain Juppé n'y a jamais cru à la rupture.

    A la question, si Sarkozy ne se présente pas, vous risquez de vous trouver en compétition avec François Fillon, Jean-François Copé, Dominique de Villepin. D'après lui son avantage serait qu'il est dix ans plus âgé qu'eux une telle expérience peut servir. Nicolas Sarkozy avait été élu par effet de contraste face à un président que l'on disait roupillant et en bout de course.

    Alors, pour l'aider à réfléchir à son programme, M. Juppé a d'ores et déjà annoncé la création d'un «think tank» encore un et transcendant si possible «les étiquettes politiques». «Il faut rechercher le consensus, j'en parle en connaissance de cause», dit-il. Il aurait mûri ? L’Élysée laisse le bruit que si Sarkozy serait élu, il serait le premier ministre.

    Un sondage exclusif IFOP, JDD fait du bruit. Paru dans le journal du dimanche dans l'hypothèse ou Marine Le Pen n'obtiendrait pas les 500 signatures bouleverse tous les pronostics actuels. Un scénario ne tient pas compte de Nicolas Dupont-Aignan ni de l'extrême gauche. Y figurent Marine Le Pen 350, Dominique de Villepin 300, Christine Boutin 250, Hervé Morin 300 ou encore Corinne Lepage. C'est l'élimination de ces petits candidats du débat politique. Le résultat au premier tour est très inattendu, François Hollande avec 33 % + 3,5 % resterait en tête, à égalité avec Sarkozy + 8,5 %, François Bayrou 17 % + 4,5 %, Mélenchon 9 % +1 % Eva Joly gagnerait un demi-point 3 % à égalité avec le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, qui multiplierait par trois son score. Sarkozy et Bayrou seraient les deux importants bénéficiaires. Le second tour n'est pas abordé. De la politique fiction oui, car si Marine Le Pen n'obtient pas ses parrainages le retour de bâton risque d'être dévastateur.

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu