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  • En Grèce Athènes brûle et le Merkozy regarde sans rien faire,

    les incendies de son conservatisme.

    Le centre d'Athènes, lundi 13 février, document Le Point.fr. © Louisa Gouliamaki / AFP. «Les Grecs ne sont pas violents mais moi, je préfère la violence à la misère»

    Support Wikipedia Athènes le berceau de notre civilisation Européenne et Occidentale, brûle par la colère d'un pays soumis au diktat de la commission Européenne dirigée par le couple Merkel et Sarkozy. C'est en Grèce qu'Aristote avec son ouvrage l’Éthique à Niomaque traite de l'éthique. Cet ouvrage est l'un des trois principaux ouvrages, avec l’Étique à Eudème et la Grande Morale, qui traite de la philosophie morale d'Aristote. Éthique et politique sont inséparables chez Aristote. Il définit ainsi la vertu comme étant de la conduite d'un homme réfléchi. La décision et la responsabilité de la troisième partie nous montre que nous sommes responsables de nos décisions.

    Les Grecs sont-ils responsables de ce qui leur arrive? D'aucuns diront que oui, mais cela dépend des Grecs, ceux qui ont magouillés, ceux qui ont fraudés, oui, mais les pauvres non. Dans cette crise, on ne fait pas de détail, les pauvres payent encore plus que les autres, c'est cette injustice qui est intolérable, qui nous indigne. Pour le Merkozy, ils n'avaient qu'à bien gérer leur finance, mais est-ce à eux seuls de porter cette responsabilité ? Non, ceux qui ont accepté que la Grèce intègre l'Europe et la zone euro sont aussi responsables que ces malheureux qui dans un comportement de folie en sont amenés à mettre Athènes en feu. Avec 590 euros par mois, et 750 € après 12 années d'études on n'a plus rien à perdre.

    Tout le monde savait et sait que la Grèce est un pays pauvre, 11 millions d'habitants un peu plus que la région parisienne, répartit dans des îles de beauté, mais pauvres. Le pays est désertique 85,3 habitants au km². Son économie est principalement agraire, tabac, coton, vigne et huile d'olive, elles constituent avec le tourisme, qui représente 15 % du PIB, les principales ressources du pays. L'industrie est peu développée. Au quatrième trimestre le PIB s'est contracté de 7 %.

    À l'austérité qui lui est imposée la finance n'y croit pas. Comment pourrait-elle rembourser ses créanciers, c'est évident. Ou peut-elle aller dans le serrage de vis de ses citoyens ? Sans argent et sans travail comment peut-elle rembourser sa dette, si la consommation n'y est pas. Dans le chaos ou elle se trouve, le tourisme est perdu pour longtemps.

    Quelle fierté pour le conservatisme Européen de voir ce malheureux peuple soumis depuis plus d'une année à des plans d'austérité qui ne font qu'accroître leur misère, comme s'il ne savait pas que la Grèce comme d'autres pays sera condamnée tôt ou tard à sortir de la zone euro avec une forte dévaluation du drachme puisqu'elle retrouverait ainsi sa monnaie d'avant l'euro, mais pas avec la même valeur internationale qu'avant. Ce serait un lourd handicap pour ses importations, mais un avantage certains pour ses exportations. Elle devrait aussi réduire ses dépenses militaires et combattre la fraude fiscale, et prendre des mesures pour que les erreurs commises dans le passé soient rectifiées. Cette fraude dont sont fiers les plus aisés, qui votent à droite, doit être jugulée.

    La politique Européenne, pour ceux qui n'ont pas encore comprit est le reflet du conservatisme qui dirige froidement cette Europe qui ne tient plus qu'à un fil. La plupart des pays qui composent la zone euro ont soit leur cotation dégradée par les Agences de notation, soit sont mis sous influence négative par l'Agence Moody's. Ou est l'humanité dans ce conservatisme de l'argent ?

    Une oligarchie politique Grecque pillant la société.

    Le problème est la faillite ou le plan d'austérité, le choix est cruel pour le parlement. Mais le résultat est quasiment le même quelque soit la décision. Un refus et plus d'argent, il est au bord du gouffre. Soit il saute, soit il prend le pont en espérant que de l'autre coté du gouffre ça ira mieux.

    Alors c'est 100.000 manifestants, 80.000 à Athènes, 20.000 à Salonique la seconde ville du pays qui attendaient le vote pour faire tout exploser. Selon Georges Contogeorgis, les manifestants ont le sentiment qu'on leur impose un plan d'austérité totalement injuste et antidémocratique. Ce que l'Europe ne comprend pas, c'est que la crise Grecque n'est pas la conséquence de la crise des marchés européens. Bien au contraire, l'économie Grecque n'a été que peu exposée à la crise. Au fond, c'est l'État grec, qui est entièrement responsable de la crise, un État converti en partitocratie qui se comporte en dynastie, source Le Point.fr.

    On se croirait en mai 68 à l'annonce de nouveau plan d'austérité. Des gaz lacrymogènes, des cocktails Molotov, des pierres. «Ils nous ont attaqués alors que la manifestation était pacifique, explique une jeune actrice sans emploi. Ils arrivaient de trois endroits différents en lançant des produits chimiques sur la foule. Des gens étaient à terre». «Est-il possible d'imposer ces mesures à coups de gaz lacrymogènes ? Elles n'ont pas reçu le vote du peuple Grec». «A bas la dictature du monopole de l'Union européenne». Il est maintenant certain que si le Merkozy avait permit le référendum que proposait Georges Papandréou, voir, Grèce un souffle de démocratie et c'est la panique, cette situation ne serait pas arrivée. Il ne fallait surtout pas consulter le peuple, la peur de ne pouvoir faire ce qu'ils voulaient de ce pays.

    Le bilan, plus de 120 blesses et 45 bâtiments endommagés. Le but de ce plan c'est 130 milliards d'euros d'aide mais, il faut affamer son peuple. Que doivent penser les dirigeants Européens devant ce désastre, on ne les entend pas. Pour Alain Juppé «la Grèce a pris des engagements, elle doit rembourser». Pour François Baroin, «à mi mars si la Grèce ne peut pas rembourser, elle n'a plus d'argent, elle doit réformer».

    Les images ont fait le tour du monde. Elles laissent présager pour d'autres pays des affrontements du même ordre, l'exemple est donné. On ne peut que condamner ces violences, elles n'apportent rien sinon encore plus de misère. Seulement, il ne faut pas mettre son peuple dans cette situation. À la colère des manifestants, s'en suit le désespoir, qui mine ensuite toute possibilité de croissance, il faut vivre avec ce qui reste.

    La majorité des députés ont adopté le mémorandum par 199 voies sur 300, il conditionne le nouveau prêt, qui lui n'est pas encore effectif. La Grèce devra attendre, l'Eurogroupe a changé ses plans par ce qu'il veut que les réformes soient mises en œuvre.

    C'était dans le chantage à la banqueroute, à la marginalisation et à la sortie de l'euro que le premier ministre a demandé aux parlementaires de voter ce plan. Il a eu le soutien des deux grands partis gouvernant la Grèce en alternance depuis 1974, le Pasok, socialiste, et la Nouvelle Démocratie, droite. Mais plus de quarante députés ont refusé d'obéir à la consigne de leur parti et ont été exclus de leur groupe.

    «Nous sommes déjà en faillite. Qu'au moins on nous laisse choisir notre propre banqueroute, pour que l'on puisse garder le respect de nous-mêmes. Notre problème, ce n'est pas l'Europe, c'est notre classe politique» expliquait un des manifestants.

    Un peuple sans espoir est un peuple à la dérive, il faut donner aux Grecs de l'espoir, le problème est comment ? Pour cela, il faut un changement politique en Europe. François Hollande s'inscrit dans ce changement. Faut-il encore qu'il apporte de bonnes solutions, et qu'elles soient adoptées par les partenaires Européens. Son programme repose sur la croissance, «s'il n'y en à pas nous ne réduirons pas nos déficits, et donc nous aurons toujours le problème de la dette. Je me battrais au plan Européen pour qu'il y ait de la croissance a-t-il annoncé» sur BFMTV. Il préconise «les euros obligations qui sont une mutualisation de la dette, ce qui aurait pour conséquence des prêts à taux réduits», ce que refuse le Merkozy. C'est donc un clivage droite et gauche qui se creuse encore plus, avec la Grèce comme objet de discorde.

  • Les politiques ne seront efficaces que,

    si elles ont un impact positif sur la vie des gens.

    Support Wikipedia Cette phrase résume à elle seule la politique qu'il convient de développer, pour sortir de la crise qui a plongé le monde dans la récession. Environ 1,1 milliard de personnes dans le monde sont chômeurs ou vivent sous le seuil de pauvreté, déplore le Directeur général du Bureau international du Travail, BIT, Juan Somavia. «Ce qu’il faut, c’est que la création d’emplois dans l’économie réelle devienne notre priorité numéro un». Cette déclaration est dans le communiqué de presse du 24 janvier 2012 sur les tendances mondiales de l'emploi 2012 tiré de Global employment trends 2012, International Labour Office, ILO en Anglais.

    Le monde est confronté au défit de créer 600 millions d'emplois selon le rapport annuel de l'Organisation Internationale du Travail OIT dans les prochaines dix années en vue de générer une croissance durable et de préserver la cohésion sociale.

    Cela signifie que les politiques d'austérité menées sans objectif de croissance ne sont pas porteuses d'impact positif sur la vie des gens, puisqu'elles n'ont d'effet que pour les appauvrir.

    «Dans ce cadre d'austérité Européenne, l'Agence Moody's envisage la dégradation de la note AAA de la France et d'autres pays. Seuls seraient préservés l'Allemagne, le Luxembourg, la Suède, le Danemark, la Finlande et le fond Européen de stabilité financière, FESF. Parmi ses motifs d'explication, Moody's avance le fait que, «les perspectives pour l'économie européenne sont de plus en plus médiocres, ce qui menace la mise en œuvre des programmes d'austérité et les réformes structurelles nécessaires pour promouvoir la compétitivité». Pour l'Agence c'est l'un des facteurs qui confirme la confiance fragile des marchés. En d'autres termes, l'austérité pour l'austérité n'apporte pas de compétitivité».

    En outre le rapport précise que plus de 400 millions de nouveaux emplois seront nécessaires au cours des dix prochaines années pour absorber l’accroissement annuel de la main-d’œuvre estimé à 40 millions par an. A la reprise de 2009, la crise a généré 27 millions de chômeurs de plus. Cela fait que le rapport population en âge de travailler sur population qui occupe un emploi, s'est accru de 60,2% en 2007 à 61,2 % en 2010. Dans le même temps la main d’œuvre compte 29 millions de moins de ce que l'on espérait s'attendre avant la crise. Si l'on comptabilisait les travailleurs découragés parmi les chômeurs, le chômage mondial ferait un bond passant de 197 millions actuels à 225 millions.

    Le rapport souligne que la situation macro-économique s'est sensiblement détériorée tout au long de l'été 2011. Les difficultés persistantes sur les marchés de la dette Européenne, ainsi que l'incertitude de la solvabilité des banques ont affaibli ce qui restait de croissance qui s'était développée en début d'année dans les pays d'Europe. L'activité économique qui a sensiblement ralentie a abaissé les espérances de croissance en particulier dans les économies avancées qui risquent maintenant de tomber à nouveau dans la récession, notamment l'Allemagne, le Royaume-Uni et l'Espagne ? La réaction en chaîne sur le reste de la région, aussi bien que sur l'économie globale mondiale, est une donnée substantielle des économies avancées et de l'Union européenne, elle représente 50 pour cent de production globale mondiale. Au mieux le rétablissement aura été mis en attente avant que les conditions de crise ne se dissipent progressivement à la fin de l'année, au pis aller, on peut s'attendre un nouvel affaiblissement et à de la récession.

    Le rapport a épinglé la politique Allemande de compétitivité par les salaires, y voyant la cause structurelle de la zone euro. Le développement des salaires Allemands du secteur de la zone euro dans l'accroissement de la compétitivité est identifié être la cause structurale des difficultés récentes dans le secteur de l'euro. Les coûts de la main d’œuvre Allemande qui chutaient relativement de ceux des concurrents au cours de la décennie passée, ont fait que la croissance a été mise sous pression dans ces économies, avec de défavorables conséquences pour la durabilité des finances publiques.

    D'une manière générale les pays en crise ont été empêchés à l'exportation pour compenser leur déficit dans le cadre d'une demande domestique concurrencée par une demande plus forte en Allemagne écrit l'OIT. Dans un contexte de chômage élevé en Allemagne, les réformes Schröder ont eu pour effet de «réduire les revenus du bas de l'échelle, notamment dans les services où de nouveaux emplois, essentiellement à bas salaires, sont apparus». Mais dans le même temps, «peu de choses ont été faites pour améliorer la compétitivité par le biais d'une progression de la productivité», selon ce rapport.

    Les salaires mensuels Allemands se sont dégradés de 4% au cours de la décennie 2000-2010, représentant une perte moyenne de 100 euros, notamment en raison du développement du travail partiel, selon une étude de l'institut économique Allemand DIW publiée le 09/11/11. Le travail partiel s'est particulièrement développé au cours de la première moitié de cette décennie. En 2010 près de 25% des salariés avaient un emploi à temps partiel, s'accompagnant souvent de salaires horaires moins élevés. Le salaire horaire moyen d'un salarié à temps partiel s'élève actuellement à 7,79 euros brut à l'Ouest et 6,86 euros à l'Est, ex-RDA. Mais certains salariés, dans le commerce et la restauration notamment, gagnent à peine plus de cinq euros bruts de l'heure. note Le Figaro.fr économie. Voir aussi La misère de Merkel pire que celle de Sarkozy, sinon au moins égale.

    L'effet du travail partiel a eu pour conséquence de peser sur les bas salaires, les tirants à la baisse au cours de la dernière décennie à l'exception des hauts revenus qui ont conservés une progression. Ce que l'on a prélevé aux pauvres a été transféré aux riches qui ont bénéficié de la compétitivité exportatrice de leur pays. Les salaires bruts ont chutés jusqu'à 20 % dans certains métiers dans la dernière décennie, accroissant l'écart avec les salaires les plus élevés. La politique du Doktor Hartz directeur des ressources humaines de Wolkswagen sur les «mini-jobs» et les «1 euro-jobs» permet de ne pas faire crever de faim les plus pauvres a été payante en terme de compétitivité. L'Allemagne n'a pas de salaire minimal généralisé de sorte que les partenaires sociaux peuvent les fixer région par région. L'avantage fait que dans l'Est de l'Allemagne, région pauvre, le salaire minimal est moins élevé que dans l'Ouest, la différence est 17 %, cela a pour effet de tirer plus de profits de la région la plus pauvre.

    Nicolas Sarkozy qui voit dans l'Allemagne un modèle, l'OIT y voit au contraire un frein à la croissance Européenne.

    Le rapport souligne que l'option politique entre l'austérité, et l'efficacité de la stimulation de la croissance, dans la production pour les emplois, n'a pas été bien évaluée dans les économies avancées, ou la plus grosse part des budgets est allée renflouer le secteur financier. Ceci a laissé peu de budget à l'économie réelle, à la production et à l'emploi. Il est démontré que la stimulation, dans la production de la croissance et des emplois dans les pays en voie de développement, ou la plus grande partie de la stimulation est allée aux secteurs réels de l'économie, la croissance et l'emploi ont plus rebondis que dans les économies avancées.

    Il y a donc une preuve évidente pour l'efficacité de la stimulation de la production pour la croissance et les emplois.

    Il est donc évident que le soutient de Madame Merkel à Sarkozy s'inscrit dans la politique dénoncée dans ce rapport, austérité sans croissance. Par contre la position de François Hollande trouve sa justification par le développement d'une austérité maintenue avec de la croissance, ce rapport est pour lui une référence à une alternative au Merkozysme. A l'analyse faite de la politique Allemande depuis le Gouvernement Schröder en 2003, l'OIT montre que, non seulement elle se distingue par son égoïsme au détriment des autres pays européens, mais qu'elle a également été nuisible à l'Allemagne elle-même, en renforçant les inégalités et la pauvreté. Il est évident que l'Allemagne sera tôt ou tard confrontée à des problèmes graves de pauvreté, à chaque action, il y a réaction. Tout n'est pas pour que le profit des uns se fasse au détriment des autres, dans cette économie fermée de la zone euro. Cette situation ne peut durer longtemps. La Grèce au bord de l'explosion en est la preuve par la grève générale qui vient d'être déclenchée. Elle aurait 50 % de chance de quitter la zone euro. Bientôt ce sera le tour du Portugal, la semaine dernière ses taux d'intérêt à deux ans sur la dette de l’État ont dépassés 20 %. La Grèce comme le Portugal ne peuvent rembourser leur dette.

    François Hollande a indiqué mardi 07 février à France 2 son intention de consulter le parlement concernant la ratification du traité Européen qu'il entend renégocier avec Angela Merkel. Son intention est qu'il comporte un volet croissance et emploi. «Moi, je souhaite qu'il y ait un traité qui puisse être voté par le Parlement après l'élection présidentielle». «Et pour que ce traité puisse être voté, il devra être forcément négocié dans un sens qui permette aussi qu'il y ait, en plus des disciplines budgétaires indispensables, un volet de croissance et d'emploi».

  • Pour Claude Guéant de la civilisation supérieure à,

    toutes les civilisations, toutes les cultures, au regard de nos principes républicains ne se valent pas !

    Support Wikipedia En dehors du fait que Claude Guéant devrait se consacrer beaucoup plus à sa fonction de ministre de l'intérieur, et laisser le problème des civilisations et cultures aux sociologues, historiens et philosophes, la question que pose cette phrase est de savoir s'il y a une hiérarchie entre les civilisations ? En outre, pourquoi juger les civilisations en fonction de nos principes républicains ? Tout d'abord qu'est-ce qu'une civilisation ? N'est-ce pas les traits de ce que représentent une société formée d'hommes et de femmes ayant les mêmes caractéristiques intellectuelles, morales et politiques. Chaque civilisation ainsi définie a le droit de vivre comme elle veut sans référence à une quelconque suprématie ou d'infériorité à une autre. Chacun n'est-il pas libre de vivre comme il l'entend ? Ces principes qui sont les nôtres ne sont pas forcément ceux des autres. Alors pourquoi vouloir placer les civilisations au regard de nos principes républicains, si ce n'est que dans un but politique ?

    Le mot civilisation fut un concept pour penser le monde et l'histoire à l'époque des Lumières. Le premier qui a employé ce mot est Victor Riqueti marquis de Mirabeau, le père de Mirabeau le révolutionnaire. En 1758, dans «L'Ami des Hommes», il écrit, «La religion est sans contredit le premier et le plus utile frein de l'humanité, c'est le premier ressort de la civilisation». En 1795, dans «Esquisse d'un tableaux des progrès de l'esprit humain» de Condorcet, l'idée de civilisation désigne «les progrès accomplis par l'humanité dans une nation donnée lorsqu'il fut possible de passer de l'état de barbarie à celui de citoyen, de civil ou de civilisé». Au 19ème siècle pour la colonisation impérialiste, il s'agissait de civiliser les peuples du monde dans une vision hiérarchique afin de mieux les dominer. Les civilisations actuelles sont plus égalitaires, elles ne sont plus barbares ou sauvages, elles ont évoluées et revendiquent le droit à disposer d'elles-mêmes.

    Le blog de Boréas «Vers la révolution.com», reprend des écrits de Bernard Lugan sur les propos tenus jadis par Victor Hugo, Jules Ferry, Léon Blum ou encore Albert Bayet. Pour ces derniers, il existait en effet une hiérarchie entre, d’une part les «peuples civilisés», c'est-à-dire ceux qui se rattachaient aux Lumières et à l’esprit de 1789, et d’autre part ceux qui vivaient encore dans les ténèbres de l’obscurantisme. Jules Ferry déclara ainsi devant les députés le 28 juillet 1885, «Il faut dire ouvertement qu’en effet, les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures, mais parce qu’il y a aussi un devoir. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures». Voir le discours de Jules Ferry du 28 juillet 1885 à la Chambre des députés sur la politique coloniale.

    Ce qui est extraordinaire est que depuis les croisades nous voulions civiliser les autres peuples au christianisme de Dieu et de l'église. Qu'avons nous apporté sinon la guerre, la misère, qu'avons nous obtenu quand on voit que les peuples que nous avons voulu civiliser tombent dans l'intégrisme musulman, les fous de Talibans et autres sanguinaires ? Tout est une question de race que l'on ne change pas. Qu'ont obtenu des révolutions arabes autres que l'officialisation de régimes islamiques plus dogmatiques que les précédents ? Notre intervention en Libye est loin d'être un succès dont se glorifiait notre président et son éclaireur BHL. Et si on regarde l'Irak ou l'on voulait porter nos, soi-disant, valeurs républicaines, c'est le chaos.

    En fait Claude Guéant reprend à son compte le propos de Jules Ferry, ce qui, contrairement à ce que l'on pense, par ce que c'est Jules Ferry, n'est pas une bonne référence pour parler civilisations, mais seulement régimes politiques.

    C'est bien dans ce but que Claude Guéant a lancé cette phrase lors d'un colloque organisé par l'association de droite UNI, Union Nationale interuniversitaire intégrée au MET composé de 25 organisations indépendantes de l'UMP. Son objectif une alternative à l'UNEF qui est un syndicat étudiant souvent classée à gauche. Pour lui, il y aurait encore des civilisations qui n'ont pas atteint l'état de civilisé ?

    Une telle accusation est grave quelque soit la civilisation !

    Pour lui, «il faut protéger notre civilisation», le thème permanent de l'extrême droite qui voit dans la présence musulmane une invasion de l'Islamisme en France. C'est avec de telles bêtises que l'on pousse les peuples vers le fascisme.

    «Contrairement à ce que dit l'idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas». «Celles qui défendent l'humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient. Celles qui défendent la liberté, l'égalité et la fraternité, nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique». Il y a, c'est vrai, encore des régimes politiques qui prônent la tyrannie, la minorité des femmes, et la haine sociale, mais sont-ils des civilisations ? Claude Guéant amalgame tout. Quant à notre soi-disant civilisation qui serait supérieure, il ne faut pas s'attacher à regarder dans un pays riche comme le nôtre, nos SDF dans la rue, nos logements, et la misère que le «régime» de ce gouvernement auquel il appartient a développé.

    La presse dans son ensemble constate que les propos de Claude Guéant ont atteint leur but. Ils ont permit d'esquisser les propositions de François Hollande sur la sécurité et la justice, lire l'article de l'Express.fr. De plus la gauche s'est empêtrée dans l'intervention du député Serge Letchimy apparenté PS qui a conduit les ministres de gouvernement et les députés de la majorité à quitter le parlement le 08 février 2012.

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    Cliquez sur l'image. Serge Letchimy, député de la Martinique a provoqué un tollé lors des questions au gouvernement, provoquant le départ de l'ensemble du gouvernement, François Fillon en tête, et des députés de la majorité. Document Le Parisien.fr, référence AFP/MEHDI FEDOUACH

    «Mais vous, M. Guéant vous privilégiez l'ombre, vous nous ramenez jour après jour à ces idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration au bout du long chapelet esclavagiste et colonial. Le régime nazi, si soucieux de purification, était-ce une civilisation ?» De tels propos ne sont pas mieux que ceux de Claude Guéant, mêmes pires. Ils ont mis dans l'embarras François Hollande qui ne pouvait les condamner d'autant plus que la gauche de l'hémicycle les approuvait. Le nazisme n'a rien à voir dans les propos de Guéant, ils ne s'adressaient qu'à l'intégrisme musulmans, aux fous religieux. On peut comprendre Serge Letchimy étant fils d'esclave qu'il se sente visé, par ce que d'une civilisation inférieure selon Guéant. Mais cela n'a rien à voir avec le nazisme. Il lui suffisait de dénoncer l'esclavage des noirs perpétrés par notre puissance colonisatrice à la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane, et à la Réunion, voir la Guadeloupe, et L'Esclavage contemporain et historique.

    Les civilisations Indoue, de l'Europe centrale, Chinoise, indonésienne, seraient-elles inférieures, non, elles sont différentes ! Elles représentent la majeure partie de la population mondiale. Dans ce cadre, c'est nous qui sommes inférieurs. En fait Guéant voulait simplement passer la main dans le dos du FN en abordant par la bande le problème de l'immigration sur lequel la gauche est loin d'avoir fait son unité. Il a réussi. Il ne faut pas esquiver le fait que nos entreprises de travaux publics ne fonctionneraient pas sans cette main d’œuvre musulmane. Il fut un temps ou le patronat exploitait cette main d’œuvre. Guéant est mal placé pour clamer le péril musulman, slogan de l'extrême droite, alors que la droite, autant que la gauche, ont accepté que des milliers d'immigrés viennent en France. Il est bien évident que ces propos touchent la droite populiste qui applaudi à deux mains. Avant l'engagement complet de Sarkozy dans la campagne électorale, avec l'argent des contribuables, ces propos sont les bienvenus pour mobiliser son camp.

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