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  • Les dépenses de com' du gouvernement,

    n'ont pas été soumises à l'austérité entre 2006 et 2010 !

    Support Wikipedia Actuellement le gouvernement nous a concocté un plan d'austérité de l'ordre de 7 à 8 milliards d'euros qui seront difficiles à obtenir, plusieurs pistes ont été avancées. Augmentation du taux de TVA réduit, gel de la revalorisation des prestations sociales qui suscite de lourdes réprobations, elles n'augmenteront que de 1 % en janvier, une économie de 400 millions, 500 millions en 2013, augmentation de l'impôt des grands groupes, accélération de la réforme des retraites pour 62 ans, fin du dispositif  Sellier. Certaines dans le bon sens pour la TVA sur la restauration qui est loin d'apporter ce pourquoi elle avait été faite, un caprice à plus de 2,5 milliards, d'autres pour la construction, l'artisanat, la réparation et l'entretien, favorisant la fraude fiscale. Globalement 1,6 milliards d'impôts supplémentaires pour 2012 et 3,2 en 2013, mais rien sur la détaxation des heures sup, sur l'ISF, sur les hauts revenus, si les élections en 2012 ne modifient pas notre gouvernance. Nous payons tous les cadeaux faits aux classes les plus aisées sans le moindre retour d’ascenseur, autre que de l'austérité, il faut tout de même s'en rendre compte. Mais aucune mesure pour relancer la croissance, qui au troisième trimestre sera nulle. Le but recherché est d'éviter que notre note du «triple A» ne soit pas réduite, il n'y a donc pas que la Grèce et les autres, nous aussi sommes soumis à la loi des agences de notation malgré nos gesticulations. Mais cela n'empêche pas que nous soyons surveillés, notre différentiel avec l'Allemagne se creuse, nous empruntons à 3,46 % sur dix ans alors que l'Allemagne est à 1,8 %. Une baisse de notre «triple A» serait, comme le dit notre président sa mort, (politique). En fait c'est déjà fait comme l'annonce Jacques Attali, non pas sa mort, mais notre cote. Il exagère, c'est pour nous faire peur, ce que l'on souhaite c'est simplement qu'il parte, n'en a-t-il pas assez, n'a-t-il pas fait son temps ? Et puis il lui reste le Conseil constitutionnel de droit, pour continuer sa politique à moins qu'il repique à la députation, il n'est donc pas mort. C'est aussi sans compter sur ses immenses possibilités communicatives, pour lesquelles il n'y a pas de restrictions, si l'on se réfère au rapport de la Cour des comptes publié en octobre 2011 sur les dépenses du gouvernement. Il peut donc suivre pas à pas l'évolution de l'opinion publique et agir comme il le souhaite avec notre argent pour affiner sa politique, un pouvoir de roi, d'autant plus que c'est son conseillé Pierre Giacometti qui en serait le principal bénéficiaire.

    Un des Fouquet's selon Mathilde Mathieu et Michaël Hajdenberg de Mediapart pour fêter la victoire de 2007.

    C'est sans mauvaise intention, mais il est évident que des soupçons peuvent gerber lorsque, conseillé de Sarkozy, on est sollicité pour des sondages, des enquêtes d'opinion, qui ne doivent être alloués qu'après un appel d'offres et de la publicité. Pas de favoritisme en république, c'est la loi. Jusqu'en 2008 Pierre Giacometti a été directeur d'Ipsos France spécialisée dans les sondages, enquêtes d'opinion, études de markéting, et depuis 2008 il est président de Giacometti-Péron & Associés, le parfait conseillé d'opinion que le président a besoin, d'autant plus qu'il a reçu de sa main la légion d'honneur en 2008. Une distinction que l'on apprécie. Pierre Giacometti assure, en tant que prestataire, «nous assurons la légalité des contrats que nous signons», personne n'en doute.

    «Quand tel ou tel ministère nous assure avoir pris les dispositions nécessaires pour que le respect du code des marchés publics soit assuré, nous n'avons pas de raisons d'en douter. Le problème que pointe la Cour des comptes quant à la bonne exécution des marchés publics n'est pas de notre ressort. Le souci d'interprétation du code des marchés publics relève du commanditaire et de la Cour des comptes, mais en aucun cas du prestataire». «Les nouvelles règles d'équilibre et de contrôle effectuées par la Cour des comptes et la commission des finances, voulues par la réforme constitutionnelle, sont plutôt saines. Cela n'empêche pas les divergences d'interprétation des codes des marchés entre la Cour et le gouvernement». Le Monde.fr.

    Le problème est que le rapport de la Cour des comptes publié sur le site de France Télévision met en lumière l'absence de mise concurrence ou l'irrégularité des procédures engagées concernant ces dépenses. Il est reproduit ci-dessous

    C'est un rapport dont l'essentiel est dans les commentaires de la presse.

    Ce rapport a été remis à l'Assemblée nationale le 17 octobre, et il souligne la hausse des dépenses engagées par le gouvernement pour la communication entre 2006 et 2010. Elles ont augmentées de 95 millions à 133 millions soit 41 %. Par contre en 2010 une réduction de la pente ascendante de -6 % a été notée page 58 du rapport, portée principalement par les ministères de la défense, économiques et financiers. Elle fait suite à une forte augmentation de 50 % entre 2006 et 2009. Sachant que par ailleurs les dépenses déclarées par les ministères s'élèvent entre 2006 et 2010 à 600 millions d'euros, et à 133 millions d'euro pour l'année 2010. Ce chiffre global masque néanmoins d'importantes différences selon les ministères et de fluctuations annuelles non moins significatives.

    Le tableau page 59 donne une variation de 41 % entre 2003 et 2010. Selon le rapport l'accroissement des dépenses croît avec la diminution des effectifs des structures en charge de la communication dans les ministères contrôlés. Cette double évolution serait révélatrice d'une tendance à l'externalisation croissante de la fonction communication. Cette analyse nécessiterait, selon le rapport, pour être confirmée, d'être approfondie en prenant en compte la totalité des effectifs dédiés à la communication et à nature des charges externes en augmentation.

    Le rapport souligne entre autre, que les relations entre les administrateurs et les prestataires externes ne sont pas toujours conformes aux règles de la commande publique. Les obligations de mise en concurrence sont parfois méconnues, absence de publicité, de mise en concurrence, recours abusif à la procédure adaptée, sur le fondement d'une interprétation contestable du code des marchés publics. L'exécution des marchés, le contrôle des services fait que la conservation des pièces justificatives ne sont pas toujours correctement assurées.

    Le rapport cite quelques dépenses par ministères. Au ministère des affaires étrangères, la DCI, société spécialisée dans les nouvelles technologies de l'information, a commandé quelques sondages entre 2006 et 2008 pour un total de 269.731 €. Pour l'écologie, 17 études et sondages pour un coût de 229.380 € entre 2007 et 2010. Sur la justice sur le même période la dépense totale s'élève à 220.983 €. Le cabinet du ministère de l'immigration a passé commande «d'un marché de coaching en image pour le ministre» de l'époque, Éric Besson, qu'il notifie le 12 novembre 2009 pour une durée de cinq mois d'un montant de 105.248 euros. A l'expiration de ce marché passé avec la société de Pierre Giacometti, le cabinet a poursuivi ce marché «par simples bons de commande» aboutissant à «quatre paiements d'un montant total de 76. 729,19 euros», explique la Cour. Pour Brice Hortefeux, le rapport fait état de deux marchés avec la société Giacometti-Peron en 2009 et 2010 d'assistances et de conseils à la mise en œuvre de la communication de 107.640 €. De plus, la Cour critique les conditions dans lesquelles ont été passées avec la même société trois contrats pour le compte de François Fillon, entre mai 2008 et juillet 2011, pour un montant total de 694.059 euros, hors taxes, qui l'ont été sans publicité et sans mise en concurrence.

    François Fillon de répondre, «compte-tenu du contexte, nous avions besoin de recourir à la procédure d'urgence», a déclaré Matignon au Figaro, en guise de justification. «Cette procédure est d'ailleurs prévue dans le code des marchés publics. Nous avons une divergence d'appréciation avec la Cour des comptes sur ce point». Et d'ajouter, «Pierre Giacometti est un professionnel reconnu et compétent».

    A la suite au rapport, la députée socialiste Delphine Batho a demandé en commission l'audition du premier ministre et de Pierre Giacometti, «au total entre l’Élysée, Matignon, et seulement les 10 ministères contrôlés par la Cour des comptes, le cabinet Giacometti-Péron a touché près de 4 millions d'euros d'argent public, ce qui représente assurément plus qu'une part substantielle du chiffre d'affaire de ce cabinet fondé en 2008», a-t-elle lancé.

    La question que l'on peut se poser, outre que dans une période de récession aussi importante que celle que nous traversons ou il faut faire des économies, qu'ont apportés ces sondages pour notre économie ? Il apparaît que beaucoup ont été fait pour une question d'image des ministres, ce qui n'a rien changé, ce n'est pas l'image qui compte, mais la politique menée qui donne l'image du ministre.

    Le clou dans l'image est celui de notre président qui selon «Le Corrière della sera.it» a occupé une suite au Majectic-Barrière qui aurait coûtée presque 37.000 €. Il n'est pas précisé si c'est pour une nuit puisqu'il est écrit qu'elle est venue à couter, et ce que cette dépense comprend. Voici le paragraphe reproduisant, dans Le Corrière della sera.it, ce que dit le Sun,

    «il secondo più «virtuoso» dopo Cameron, è stato Hu Jintao che ha speso poco più di 10mila euro a notte per una camera al Grey d'Albion. Silvio Berlusconi ha alloggiato al Carlton (quasi 30mila euro) e come vicino ha avuto il presidente degli Stati Uniti Barack Obama (34mila euro) che ha alloggiato nella suite Grace Kelly. Nicolas Sarkozy, padrone di casa, non ha badato a spese e la sua suite al Majestic-Barriere è venuta a costare quasi 37mila euro. Mentre Angela Merkel, anche lei al Majestic, avrebbe speso tra i 10 e i 30 mila euro».

    Selon le Parisien libéré du 07/11/2011 la cour d'appel de Paris s'est opposée ce lundi à ce qu'un juge d'instruction enquête sur le contrat conclu en 2007, sans mise en concurrence, entre l’Élysée et une société de conseil pour la réalisation de sondages. Aucune enquête judiciaire n'est possible sur le contrat conclu en 2007, sans appel d'offres, par l’Élysée pour réaliser des sondages en raison de l'immunité pénale présidentielle, une décision de la cour d'appel de Paris dénoncée par l'association Anticor à l'origine de la plainte. Il s'agit du contrat conclu en 2007 entre l’Élysée et la société de conseil Publifact de l'ancien journaliste d'extrême droite Patrick Buisson pour la réalisation de sondages. C'est l'ancienne directrice du cabinet de Sarkozy qui avait signé le contrat.

    Le prochain article sera, La misère de Merkel pire que celle de Sarkozy, au moins égale ?

     

     

  • Le 17 octobre 1961,ou l'histoire d'un massacre à Paris,

    un épisode douloureux de la guerre d'Algérie.

    Support Wikipedia Plus de 200 morts par noyade ou exécutés lors d'une manifestation interdite par le couvre-feu de sympathisants du FLN, Organisation Militaire de Libération Nationale. Un épisode peu glorieux de ce conflit Algérien qui ébranla notre république. 150 cadavres furent repêchés dans la Seine. Encore sous la chape du secret, cette tragédie peu connue des Français, sauf par ceux de mon époque qui se rappelle à nous. Au terme de 50 ans le souvenir parle pour que la mémoire ne se perdre dans le fil du temps. Des manifestations commémoratives ont eu lieu à Paris à l'Assemblée nationale, des marches du Collectif du 17 octobre, des rendez-vous, des films un peu partout commémorent ce 50ème anniversaire par devoir d'historique et pour la reconnaissance de ce massacre. La police à matraqué, tué de pauvres Algériens aux ordres du FLN. Un épisode odieux que l’État Français ne veut reconnaître. Il ne s'agit pas de droite ou de gauche mais de l’État car les deux idéologies ont gouverné la France.

    Dans la nuit du 16 au 17 octobre,  la préfecture de police fut informée d'une manifestation organisée par le FLN qui se voulait pacifique, mais qui, dans le climat de cette guerre ou des attentats contre des policiers eurent lieu même à Paris rendirent explosif tout ce qui se rapportait au FLN. Ces attentats dont ils furent les victimes engendrèrent de leur part un mouvement de révolte compréhensif et demandèrent, probablement poussés par les membres de l'OAS et de l'extrême droite, que les coupables soient condamnés à mort, sinon ils se feraient justice eux mêmes. Dans ces conditions le préfet de police instaura un couvre-feu pour les Nord-africains. Il fut alors conseillé de la façon la plus pressante aux travailleurs Algériens de s'abstenir de circuler la nuit dans les rues de Paris et de la banlieue parisienne, et plus particulièrement entre 20h30 et 5h30 du matin. Il fut également déconseillé aux Nord-Africains de circuler à plusieurs, les assassinats de policiers étaient le fait de groupes de trois ou quatre hommes. Il s'agissait «de mettre un terme aux agissements criminels de terroristes Algériens». Mais en fait, il fallait réduire l'activité du FLN et ses collectes de fonds afin de prendre un avantage définitif dans la «Bataille de Paris» qui opposait depuis 1958 le FLN aux Messalistes, voir plus bas. Le FLN entendait contrôler toute la population Algérienne vivant dans la région parisienne. Ce couvre feu fut une gêne considérable pour leurs activités principalement nocturnes. Bien qu'il fut critiqué par la gauche, par les communistes, et par le MRP, mais aussi par les organisations contre le racisme, la traque au faciès, bien que citoyens Français à part entière, ils ne devaient pas être l'objet de ces discriminations.

    A ce couvre feu, le FLN, décida de riposter par un plan d'actions détaillées au comité fédéral qui visait dans la matinée du 17 octobre à la grève des cafés, commerces et hôtels le 18 ainsi que des manifestations de femmes et d'enfants le 20. Le mot d'ordre ne devait être donné à la base que dans la journée du 17 octobre afin que la police ne le sache que le plus tard possible. Le «boycottage du couvre-feu raciste» devait être pacifique, c'est la raison qu'hommes, femmes et enfants Algériens décidèrent d'y participer. Le port d'armes fut interdit, et des fouilles furent pratiquées. Les manifestants eurent pour mission d'atteindre à 20 h 30 différents endroits à Paris, boulevards, et places sans gêner la circulation.

    A 16 h 20 tous les services de la préfecture de police furent informés que «le FLN ordonnait à tous les FMA, Français Musulmans d'Algérie, de sortir ce soir 17 octobre en fin d'après-midi et en soirée sur les grands axes de la capitale afin de manifester pacifiquement contre les récentes mesures préfectorales». Consigne fut donnée dans ce même télégramme d'appréhender les manifestants, de conduire les hommes au Palais des sports, les femmes et les enfants au poste de police de la rue Thorel, dans le IIème arrondissement. 1658 hommes furent mobilisés entre policiers, gendarmes et CRS. La tension des policiers était extrême, une rumeur circula que cinq policiers étaient tués.

    Cette manifestation, même pacifique, était une provocation dans ce climat de guerre Algérienne, il fut donc logique qu'elle fut réprimée, mais surtout pas de la façon dont elle le fut.

    Les concentrations prévues des manifestants furent la Place de l’Étoile, les boulevards Saint-Michel et Saint-Germain, et les Grands boulevards et la place de la République. Entre 20.000 à 30.000 manifestants se dirigèrent par petits groupes vers les lieux de rendez-vous qu'ils n'atteindront pas pour la plupart. Certains furent arrêtés à la hauteur des ponts de Neuilly et Saint-Michel, où ils furent tabassés et jetés dans le fleuve. Des violences eurent lieu dans les couloirs souterrains des métros d’où ils sortaient, Concorde, Madeleine, Étoile, Opéra. Les armes utilisées furent diverses, crosses d’armes, matraques, «bidules», longues matraques de bois, mais aussi armes non-conventionnelles comme des manches de pioche et des barres de fer. Les policiers frappèrent au ventre et à la tête. Dans le quartier latin, de nombreuses balles furent tirées par la police.

    Les incidents du secteur des Grands Boulevards furent particulièrement violents et sanglants. Ceux qui avaient pu réussir leur rassemblement place de la République, brandirent des drapeaux et écharpes aux couleurs vertes et blanches du FLN et scandèrent les slogans «Algérie algérienne», «libérez Ben Bella». Ils se heurtèrent à deux compagnies de CRS devant le cinéma le Rex. Des coups de feu partirent d'un car de police transportant des interpellés vers le commissariat de la rue Thorel et il fut bloqué par des manifestants. Après les événements, l'état de la voie publique fut comparable à celui du Pont de Neuilly, débris de verre, chaussures perdues, flaques de sang, nombreux blessés gisant sur le trottoir. 

    L'autre secteur d'affrontements violents fut celui du secteur Saint-Michel Saint-Germain, à proximité de la préfecture de police dans la cour de laquelle les cars de la police déversèrent des flots de manifestants interpellés, plus d'un millier au total. Dans la rue, les forces de police encerclèrent les manifestants qu'ils chargèrent et frappèrent. Pour échapper aux coups des policiers, certains préférèrent se jeter dans la Seine du Pont Saint-Michel.

    Plus de 11 000 Algériens furent interpellés et internés pendant près de quatre jours au Palais des Sports, au Parc des Expositions, au stade de Coubertin, au Centre d’Identification de Vincennes. Dans l’enceinte des lieux d’internement, les violences systématiques continuèrent et des exécutions sommaires eurent lieu. D’autres furent internés dans les commissariats parisiens et même, pour 1 200 d’entre eux, dans l’enceinte de la préfecture, où des policiers dénoncèrent à France-Observateur l’exécution de 50 Algériens ensuite jetés à la Seine. Une noria de cars de police et de bus réquisitionnés débarqua entre 6. 000 et 7. 000 Algériens au Palais des sports de la porte de Versailles. Au cours de ces transports, les corps furent parfois empilés les uns sur les autres. Après une heure du matin, les derniers cars, contenant 2 623 Français Musulmans d'Algérie, FMA, selon la dénomination de l'époque furent dirigés vers le Stade de Coubertin. Des centaines de manifestants blessés furent dirigés vers des hôpitaux. Dans cinq hôpitaux seulement, on compta 260 blessés hospitalisés. Sur ces 260 blessés, 88 furent admis entre le 19 et le 21, ce qui témoigna de la persistance des brutalités policières bien au-delà de la nuit du 17 octobre. Parmi les policiers, une dizaine furent conduits à la Maison de santé des gardiens de la paix pour des blessures légères. Certains des blessés hospitalisés vinrent du Palais des sports où les 150 policiers qui assuraient la garde des détenus se livrèrent à des brutalités. Des policiers diront dans les semaines suivantes « ...d'après ce que nous savons, il y a eu une trentaine de cas absolument indéfendables ». Les bus de la RATP réquisitionnés par la police pour convoyer les détenus furent rendus couverts de sang.

    Les 18, 19 et 20 octobre, les actions prévues par le FLN se déroulèrent pourtant, et donnèrent également lieu à une répression policière, grève des commerces brisée par des réouvertures forcées, plus de 2 000 manifestants arrêtés lors de manifestations avortées lors desquelles d’autres assassinats furent commis, violences physiques et verbales contre la manifestation des femmes du 20 octobre réclamant l’indépendance de l’Algérie et la libération des hommes, 60% des Algériens de Paris furent alors en détention.

    Au mois d'octobre Maurice Papon et Roger Frey ministre de l'intérieur durent répondre à un feu continu de questions embarrassantes, au Conseil municipal de la ville de Paris, à l'Assemblée nationale, et au Sénat. Une demande de constitution d'une commission d'enquête fut rejetée par 43 voix contre 39. Au niveau du gouvernement le silence fut total, comme si ce qui venait de se passer n'exista pas ou bien avait dépassé ce qui fut imaginé. Il est évident que l’État ne pouvait ne pas couvrir les actes criminels que certains policiers avaient faits.

    Pour Maurice Papon dans son communiqué de presse, il fit état que la police dispersa une manifestation à laquelle les Algériens furent contraints de participer sous la menace du FLN. Toujours selon le communiqué, la police sur laquelle des coups de feu furent tirés avait dû répliquer, faisant deux morts et plusieurs blessés chez les manifestants. Il fut également état de l'hospitalisation d'une douzaine d'officiers de police et du renvoi en Algérie de tous les manifestants arrêtés.

    Nombreux furent les journalistes à couvrir la manifestation du 17, mais la censure de la presse en vigueur pendant la guerre incita à la prudence, c'est ce point de vue officiel que refléta la presse quotidienne le 18 au matin. Mais dès le 19, les journaux publièrent une version plus détaillée des évènements. De nombreux journalistes se rendirent dans les bidonvilles de la banlieue parisienne et y découvrirent les signes de la violence policière qui sévirent non seulement le 17 octobre, mais aussi précédemment.

    Ces crimes de la république sont restés impunis. Autorisés, supportés ou dépassées par les autorités de l'époque en pleine guerre d'Algérie qui touchait à sa fin. La situation était tendue, le FLN, se trouvait en conflit avec le Mouvement National Algérien, le parti des Messalistes du nom de Messali Hadj homme politique réclamant l'indépendance de l'Algérie depuis 1927. Après le putsch des généraux à Alger du 16 avril 1961 organisé le cadre de l'OAS, Organisation Armée Secrète, par les partisans de l'Algérie Française, après le référendum sur l'autodétermination en Algérie, le FLN décida de passer à l'assassinat de responsables Messalistes en France. Cette guerre fratricide portait sur l'impôt révolutionnaire payé par les travailleurs Algériens en métropole. Le FLN qui était devenu puissant avec 150.000 adhérents pour 6.000 en 1960, briguait cet impôt. Cet impôt représentait près de 80 % des ressources du FLN, le restant provenait de la Ligue arabe. Son emprise se développait dans la vie quotidienne, prescrivant la loi Coranique, interdisant la consommation d'alcool, le recours aux tribunaux Français, et éliminant les contrevenants.

    Jusqu'en 1958 le FLN s'organise suivant une structure pyramidale et programme des attentats spectaculaires. La police qui fut parvenue à démanteler cet appareil, ficha les principaux membres des hôtels et foyers pour les interner dans des centres surveillés comme les camps du Larzac, Aveyron, Rivesaltes, Pyrénées-Orientales, Saint-Maurice-l'Ardoise, Gard, Thol, Ain, Vadenay, Marne, et certains furent expulsés en Algérie. Près de 14.000 Algériens suspectés membres du FLN y furent internés, dont 4.000 au camp du Larzac. Ensuite le FLN se réorganisa en petits groupes de trois ou 6 et put ainsi compter sur 450 membres en région parisienne pour organiser des groupes de chocs, auxquels s'ajoutèrent 8 compagnies de 31 hommes chacune constituant l'arme de combat formée de tireurs confirmés et de techniciens des explosifs chargés d'éliminer les traitres.

    C'est à cet appareil militaire que la préfecture de police dirigée par le préfet Maurice Papon fit face à partir de 1958. Le 30 novembre 1958 Michel Debré premier ministre décida de créer une Force Auxiliaire de Police, les «Harkis de Paris», musulmans et Algériens volontaires. L'objectif de la FPA fut de disloquer l'organisation du FLN en arrêtant les responsables et en empêchant le prélèvement des cotisations. Leur efficacité conduisit rapidement le FLN à une guerre sans merci. Le poste de la Goutte d'Or bien connu sur le boulevard Barbès pour sa forte concentration musulmane et maghrébine fut attaqué par deux groupes armés le jour même de son installation, le 20 novembre 1960, puis le 4 décembre. D'une façon générale, les postes et les cafés tenus par la FPA dans le XVIIIème arrondissement seront la cible de commandos qui y subissèrent de lourdes pertes, dans chaque camp.

    Il est évident dans ce contexte que ce qui s'est passé le 17 octobre 1961 et les jours suivants ne peut surprendre, sans l'excuser. La guerre d'Algérie prévisible pour son indépendance fut combattue par les pieds noirs qui se sont fait ensuite rouler dans la farine par le général de Gaulle, accordant l'indépendance aux Algériens. Ce récit historique non exhaustif est tiré de Wikipédia, du blog Changement de société, et de Rebellion info.

    Le prochain article sera, les dépenses de com' du gouvernement,

  • L'ultime bluff de Berlusconi,

    par Micaela Bongi, dans «il manifesto du 02/11/2011»

    Support Wikipedia Pour Berlusconi le rideau tombe sur son gouvernement, (il n'est plus crédible en quelques sortes). Il n'a pas fallu plus d'une semaine pour confirmer que la lettre «d'intentions» portées à Bruxelles par le président du Conseil, n'était pas la solution requise, malgré le désespoir de dernière minute une réécriture dans le but de mettre en œuvre les indications de l'Europe. Bien au contraire, elles n'étaient pas la solution. Personne ne s'attendait vraiment mercredi dernier, à un rejet du gouvernement Italien de la part de l'Union européenne, douleur aggravant la crise de l'euro. Presque tous s'attendaient, y comprit Berlusconi, à une réaction négative des marchés. Arrivant dans les deux jours suivants elle ne pouvait être que d'une violence encore plus forte que celle que l'on craignait. «La terreur de Berlusconi». Mais comme toujours, comme si l'on tentait d'affronter l'ultime assaut de la «robe rouge»(1), ou la presse communiste, et d'éviter l'énième procès, comme si il était possible de renvoyer à l'infini les votes de la suppression des conseils des ministres et des sessions parlementaires, a préféré, pour essayer de passer la nuit, sortir un lapin du chapeau, au retour du parlement pour demander la confiance sur un programme de fin de législature, l'expulsion de Tremonti, l’immanquable marché des transferts acquiescera, qui sait ?

    2Mais plus les nuits passent avec l'actuel président du Conseil au palais Chigi, présidence du Conseil des ministres Italiens, plus la situation s'aggrave et les échardes folles du gouvernement, le ministre Maurizio Sacconi qui essaye de jeter l'alarme terroriste, pour voir l'effet qu'elle ferait, ajoute seulement une touche de grotesque. Le rideau semble maintenant vraiment baisser. Il n'y avait pas besoin de Roberto Antonione qui a annoncé hier son adieu à une majorité déjà suspendue à un fil pour faire comprendre que le calendrier des réformes accouchées dans le bunker, (le palais Chigi), étaient non seulement indigestes, mais également impraticables.

    Le chef de l’État Giorgio Napolitano, en effet, n'a pas attendu de nouvelles défections pour commencer une série de pré-consultations. Initiatives requises par la gravité du moment, dans lesquelles, un large éventail de forces politique et sociales, indiquant la nécessité d'une nouvelle perspective, dans une large part de choix, écrit le président de la république, soulignant, que c'est son devoir est de vérifier les conditions pour concrétiser cette perspective. Ne parlant pas explicitement d'un nouveau gouvernement le locataire du Quirinal, palais de la résidence officielle du président de la république. Impossible à faire jusqu'à ce que ce soit au parlement de dire que les chiffres actuels ne les a plus, (les chiffres de la majorité gouvernementale) et que ce ne sera à Berlusconi de faire le fameux pas en arrière, (s'éclipser). La réponse pourrait arriver bientôt. L'opposition, ou une partie d'elle serait prête à faire sa part avec un autre premier ministre. Et avec aussi une autre proposition clame le secrétaire du PD, parti démocrate de centre gauche, Bersani. Mais il est probable que Napolitano ne puisse arriver à la conclusion qu'un autre gouvernement soit possible, il serait bon que l'opposition présente ses propositions devant les électeurs. Pour ce gouvernement le temps est vraiment écoulé. Et pour de nouvelles élections, il n'y a vraiment plus beaucoup de temps.

    Traduit par A.Mirolo

    (1)Les robes rouges sont de dangereux communistes étrangers qui, à partir de 1948 et des années suivantes, se sont substitués aux magistrats Italiens à poursuive, à des fins de malveillance, en condamnant à l'emprisonnement d'innocents comme des politiciens, des entrepreneurs, des présidents de club, des PDG, des généraux de la garde financière, des enfants de bonne famille de droite, et cela afin de satisfaire leur colère envers le monde, ainsi que leur sadisme et leur férocité.

    Il n'y a pas qu'en Grèce que la position de Papandréou n'est plus tenable, celle de Berlusconi également. L'agonie politique de Berlusconi ne fait plus aucun doute, à la fois à Rome ou sa majorité s'effrite et l'on cherche son remplaçant, ainsi que sa crédibilité, mais aussi à Cannes avec des propositions qui ont fait tousser de rire ceux qui attendaient quelque chose de sérieux. La vente de certains actifs immobiliers, la libéralisation des transports publics locaux, l'incitation aux partenariats public-privé pour financer les infrastructures de transport. Rien de nouveau qui puisse rassurer les marchés. Il faut savoir que le taux d'emprunt à 10 ans a bondit de 462 au dessus du taux Allemand de 1,8 % le portant à 6,4 %. Et d'aucuns prétendent que le départ de Berlusconi le ferait chuter de 100 points ce qui porterait le taux Italien à 5,4 %, une bonne affaire, Berlusconi vaut cher. Un pour cent sur quelques dizaines de milliards, on n'hésite pas. Six députés du parti majoritaire, Le peuple de la liberté Pdl, ont réclamé la formation d'un nouvel exécutif élargi au centre, «nous vous demandons de prendre une initiative adaptée à la situation pour mettre en œuvre le programme décidé avec nos partenaires Européens, ainsi que les directives émanant de la Banque centrale européenne».

    Le vendredi 04/11/2011 Berlusconi a confirmé qu'il n'avait pas l'intention de démissionner, et qu'il ne croyait pas à un renversement rapide de son gouvernement. Les appels à sa démission sont sans effet. Il estime être le seul à représenter son pays, et ceux qui appellent à son départ trahissent l'Italie en période de crise économique. Il affirme, entre autres, le refus d'une offre de soutien financier de la part du FMI, clamant que les Italiens s'étaient appauvris depuis l'introduction de l'euro. C'est aussi ce que j'ai écrit dans l'article «Zone euro la crise et le sourire de Merkel et de Sarkozy»

    Pour Christine Lagarde, «nous soumettrons l'Italie de Silvio Berlusconi sous surveillance». Le G 20 aurait donné «quitus» au FMI pour affronter une configuration mondiale qu'elle juge dangereuse. Sur l'Italie, c'est Berlusconi qui a demandé une expertise. Berlusconi qui ne souhaite pas un programme classique du Fond, s'est dit,  «je me suis engagé à réaliser des efforts et à mettre en place des réformes, mais les marchés ne me croient pas. Je demande qu'un tiers indépendant démontre la véracité de ce que j'avance». Christine Lagarde, nous le soumettrons au test de la réalité. En d'autres termes, il refuse l'aide du FMI, mais pas son analyse.

    Son remplacement par une personnalité technique de haut niveau,  Mario Monti, fréquentant les plus grands, les Bilderberg, président continental de la Trilatérale, conseillé international de Goldman Sachs, est avancé par la droite. L'article de «il manifesto» ci dessous décrit ce que certains en pensent.

    Il manifesto du 04 novembre 2011,

    par Francesco Piccioni,

    «Gouvernement technique ?» Non merci.

    2Francesco Piccioni.

    Vite un gouvernement technique». Le cri qui émane de la Confindustria, Confédération générale de l'industrie Italienne, et de ABI, Association Bancaire Italienne, opposition parlementaire «malpancisti ?», (députés dissidents de la majorité qui ont compris qu'avec Berlusconi l'Italie ne sortirait pas de la crise) du parti du peuple de la liberté Pdl, désormais un cœur assourdissant, (faisant beaucoup de bruit). Mais que devrait faire un tel gouvernement ? (Technique)

    Il serait une figure au dessus des partis qui pourrait prendre temporairement des votes bipartisans au sein du parlement ainsi que la confiance des institutions Européennes (sans oublier celle plus volatile des marchés). Le nom le plus avancé est Mario Monti ancien recteur et président de l'université Boconi, qui est une université supérieure d'économie et de management. Puis «indiqué» par le premier gouvernement de centre droit comme commissaire Européen président continental de la commission Trilatérale (fondée en 1973 par David Rockefeller) et membre du comité directeur du groupe Bilderberg . Depuis 2005 conseillé international de Goldman Sachs, au dessus des partis en quelque sorte, (une sommité à droite).....

    Dans un long éditorial  sur le magazine Corsera la semaine dernière, Monti a «squadernato ?» recenser les raisons de la non crédibilité de Berlusconi en marquant la distance des convictions profondes du «Cavalière» de celles partagées des autres leaders Européens. Sur l'euro, comme sur les réformes, sur la dureté des mesures à prendre, et sur la nécessité de les présenter de manière convaincante aux citoyens. Mais surtout sur le thème central de cette phase historique, «le gouvernement économique» continental «qui reste à faire».

    Un compromis que l'Italie n'est pas contributive à en être une héroïne, mais de sujets passifs, qui improvisés, dans une tentative d'incorporer des formes d'un gouvernement, en mesure de discipliner le pays. Le risque évident, des tirs Berlusconiens et encore plus de ceux de la Ligue du Nord, et voir le pays gouverné par une classe dirigeante populiste et éloignée de l'Europe.

    C'est le «Pars destruns», partie négative, qui motive la nécessité d'un virage radical dans la gestion claire «libre et libérale» dans un gouvernement des affaires publiques. Le «Costruens», partie positive, qui n'est pas un secret est esquissée dans la lettre de la BCE, articulée en trois points, envoyée en juillet par Jean-Claude Trichet et Mario Draghi, nouveau président de la BCE, et restée longtemps secrète.

    «Les mesures pour la croissance doivent inclure la libération complète des services publics locaux et professionnels et une nouvelle réforme de négociations salariales qui rendent les accords d'entreprise plus importants par rapport aux autres niveaux de négociation». Sans oublier «la cure révisionnelle des règles régissant le recrutement et le licenciement des salariés, et même le système d'assurance du chômage». «La soutenabilité des finances publiques sera toujours la part du lion» avec «l'avance du paquet de juillet 2011» et l'objectif de «l'équilibre budgétaire en 2013» à réaliser, sans manquer de le dire, principalement «à travers les coupures de dépenses». Et puis «d'autres interventions ultérieures dans le système des retraites», «vieillesse», bloquant le turn-over de l'emploi public, «et si nécessaire la réduction des dépenses». Même l'équilibre du budget dans la «cosituzione» constitution et beaucoup d'autres choses qui, «honnêtement», Berlusconi a mis ses désordres dans les mesures faites, pas faites ou des mal-faites. Sur le troisième point, enfin, «les indicateurs de performance» pour améliorer «l'efficacité administrative», l'abolition des provinces, et l'incorporation des municipalités et de toutes les phrases que j'ai entendu répétées...... «Quant on parle de gouvernement technique, on parle de cela», c'est tout !

    Traduit par A.Mirolo

    Le prochain article sera Le 17 octobre 1961, ou l'histoire d'un massacre à Paris,

     

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