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  • Danielle Mitterrand.

    Plus qu'une grande dame, une femme dans un combat sans faille jusqu'à sa mort !

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    Support Wikipedia J'ai connu comme beaucoup de Français Danielle Mitterrand par son époux François, et j'ai toujours admiré dans cette femme sa simplicité. Ce n'est donc qu'au travers de la presse et des médias que je m'exprime sur elle. Je ne saurais dire plus que ce qui a déjà été dit par tous ceux qui l'ont fréquentée et connue. Ce que je ressens envers elle c'est son engagement pour les causes humanitaires, une vraie pensée à gauche, bien plus que François son époux, qui devait jouer à la politique et qui parfois impliquait des positions condamnables par ceux, qui comme elle, sont de gauche jusqu'au fond de leurs convictions.

    Elle n'avait pas de contraintes dans son engagement pour les autres et François Mitterrand n'a jamais fait obstruction à ses prises de positions qui parfois le mettaient dans l'embarras diplomatique, quand elle embrasse Fidel Castro et portant aux nues le sous commandant Marcos, il faut lui en rendre hommage. Elle a donnée à la fonction de première Dame une dimension autre que celles d'être présente, comme ses prédécesseuses, auprès des enfants infortunés et des malades en leur apportant la bonne parole et du bien matériel. Combien à sa place auraient pris une certaine hauteur marquant une différence de classe, pas elle. La position de première Dame qui donne des possibilités, elles les a misent à sa cause.

    Son engagement fut international sillonnant l'Afrique, l'Amérique latine, le Grand-Moyen-Orient auprès des déshérités. Mitterrand sans elle n'aurait peut être pas été Mitterrand, c'est elle qui le pousse. Le jour de leur mariage à la mairie du 6ème arrondissement puis à l'église Saint-Séverin, le 24 octobre 1944, à la fin du banquet, Mitterrand part pour une réunion du mouvement national des prisonniers et déportés qu'il préside. (A cette époque, son engagement auprès de Pétain en 1942 n'avait d'autre but que de venir en aide aux prisonniers de l'Allier, Mitterrand reçu, comme beaucoup d'autres la Francisque, voir François Mitterrand). Le gâteau n'est même pas coupé, je vous accompagne s'écrit-elle ! Et la voilà partie en robe de mariée au fond d'une salle enfumée vers son destin. Elle a 20 ans et déjà dans le tourbillon d'un homme exceptionnel.

    Ses parents sont des enseignants de gauche qui ont de suite vu la profondeur intellectuelle du jeune Mitterrand qui a 28 ans. Son père René Gouze directeur du collège de Villefranche-sur-Saône et franc-maçon au Grand-Orient de France, militant de la SFIO qui refusa d'établir la liste des enfants Juifs de son établissement fut suspendu sans traitement. «J'avais 16 ans. J'ai dû sortir de l'insouciance et mesurer ma capacité de révolte devant l'injustice, celle que subissaient ces enfants, celle que subissait mon père», écrit-elle dans Le Monde en mai 1986. Elle le suivra partout, rien ne l'arrêta, ni les campagnes harassantes, ni les mondanités qu'elle subira sans renicher. Elle accepta en 1960 un pacte selon lequel chacun pourra suivre sa vie comme il l'entend. Elle gardera au fond d'elle même ce qui lui en coûta de l'accepter.

    De la naissance de Mazarine la fille d'Anne Pingeot et de son époux, elle dira que «ce ne fut un drame ni une découverte». Mais quand fut rendue publique son existence à l'hiver 1994, «ce fut un choc terrible», qui certainement fut la cause de son opération cardiaque pour réparer son «pauvre petit cœur». Mais sous les yeux de la France entière elle eut la force et l'intelligence d’accueillir Mazarine entre ses deux fils lors des funérailles de son époux en 1996 et de l'embrasser. En récompense, elle reçu un courrier considérable.

    Dans toutes les batailles de son époux, elle pleure de rage quand il perd en le 19 mai 1974 pour 0,62 % des suffrages, et le 10 mai 1981, elle pleure de joie, avec la France entière, quand il le bat avec plus de 3,5 points d'écart. Ce soir là, elle lui murmure à l'oreille, à Château-Chinon, que vous arrive-t-il mon Danou, elle l'aimait !

    Présidente de la fondation France-Liberté qu'elle crée en 1986, tiers-mondialiste, altermondialiste, son combat fut pour ce qu'elle estimait être des causes justes. Son engagement fut de construire un monde plus solidaire afin que chacun puisse exercer sa liberté dans le respect de l'autre. Ce fut pour elle une revanche politique en devenant le cauchemar des ambassadeurs, la bête noire du Quai d’Orsay. La cause du peuple Kurde opprimé fut une obsession. Bousculant les dirigeants du monde, elle apportait un peu de lumière dans ce monde d'égoïsmes. Son amitié avec le Dalaï-Lama irrita les Chinois. Son soutien au Front Polissario et aux prisonniers politique fit du roi Hassan II son meilleur ennemi. Une décennie avant les révolutions arabes, elle interpella le pouvoir Tunisien dans son entreprise de dévastation des libertés, et ces dernières années c'est pour l'eau potable qu'elle se bat.

    Le système actuel condamne toute une partie de l'humanité à disparaître «On s'est rendu compte que, pour défendre les droits de l'Homme, il fallait que l'homme vive et que la vie se perpétue sur cette terre. Or, aujourd'hui, elle est menacée avec le manque d'eau». Pendant un siècle, on a formaté les générations à être compétitif, à être concurrent, à avoir toujours plus. Défendant «le partage des valeurs vitales que sont l'eau, l'air, la terre, la lumière, l'énergie», elle finissait par s'emporter. «Le PIB c'est un leurre, c'est fallacieux, c'est faux». «Mais aujourd'hui, il y a des prises de conscience qui sont vraiment réelles». «Quand je faisais des conférences il y a dix ans, où je défendais l'idée que l'eau n'a pas de prix, j'avais l'impression que ça passait au-dessus de tout le monde». Aujourd'hui quand je dis ça, tout le monde dit «bien sûr», se réjouissait Danielle Mitterrand.

    Une femme droite qui ne s’embarrassait pas des contingences politiques sachant que dans son combat, elle avait raison. Sa position de première Dame de France dont elle détestait d'être ainsi nommée, lui permit tout de même de pouvoir agir à sa guise en femme libre.

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    Danielle Mitterrand entourée de la famille du président de la République François  Mitterrand lors des ses funérailles à Jarnac, le 11 janvier 1996. Reuters/PHILIPPE WOJAZER, document Le Monde.fr

    François Mitterrand avait renoncé à une sépulture commune, et l'enterrement eu lieu à Jarnac ou sa famille l'a récupéré en quelque sorte. Elle sera enterrée à Cluny près des siens. «Je ne me suis jamais ennuyée en partageant sa vie, ni dans la joie ni dans la peine», écrit-elle dans son livre En toutes libertés (Ramsay, 1996). «Rien de banal ou de médiocre, je ne regrette rien. Pour tous ceux qui nous aiment, François et Danielle sont inséparables, indissociables».

    Avec elle disparait ce qui nous restait de François Mitterrand, une partie de notre histoire s'est terminée avec elle le 22 novembre 2011 à l'âge de 87 ans. Cette femme était aimée par ce qu'elle résista avec courage, simplicité et honneur à la charge de première Dame sans jamais le montrer, malgré l'affront que lui fit François Mitterrand. C'est bien vrai, ils sont indissociables même séparés.

    Le prochain article sera, Mario Monti le sauveur de l'Italie,

  • Démocratie ou agences de notation ?

    Le nouveau défit de l'Europe.

    Support Wikipedia Nous sommes confrontés dans cette Europe mal faite aux problèmes de souveraineté. Cette Europe du second traité de Lisbonne ne donne aucune marge de manœuvre aux pays en difficulté. Ce traité a reprit dans son article 123, l'article 104 du traité de Maastricht, qui lui a reprit l'article 25 de la loi n°73-7 du 3 janvier 1973 sur la Banque de France qui stipule que le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l'escompte de la Banque de France. Cela signifie que la France pour emprunter ne peut le faire à sa propre banque mais aux autres banques. Appliqué à l'Europe cela signifie que la BCE ne peut prêter aux membres de la zone euro. En conséquence ce sont les banques privées qui prêtent de l'argent à un taux d'intérêt qui leur convient en fonction de la notation des pays emprunteurs. Conçue de cette façon l'Europe enrichie les banques privées. C'est clair.

    On arrive donc au paradoxe suivant, «l'Europe de Merkozy, au lieu de mener à une gouvernance Européenne fait qu'elle permet celle des agences des notation, c'est à dire des banques». Bien sûr les pays n'avaient qu'à bien gérer leur économie, facile à dire et moins aisé à faire, d'autant que ceux qui condamnent leur mauvaise gestion, ne sont pas mieux placés.

    C'est le point le plus important qui met à mal la souveraineté des pays en difficulté, les exemples de la Grèce et de l'Italie sont révélateurs, en attendant notre tour. A cela vient s'ajouter la vulnérabilité politique de ces pays qui permet à Merkozy de dicter à Papandréou ce qu'il faut faire, rappelé à l'ordre, lors du dernier G 20, comme un valet, et d'obliger à la démission le fantasque Berlusconi pris à la gorge par les taux d'emprunt particulièrement élevés des agences de notation. Dans ces deux cas, les peuples n'ont pas eu leur mot à dire, bien que les députés doivent se prononcer sur la confiance aux gouvernements formés par Papadémos, et par Mario Monti. Mais qu'elle marge de manœuvre ont-ils ? Si les députés Grecs comme ceux d'Italie refusent leur confiance au gouvernement constitués par ces nouveaux premier ministres, c'est la Bérézina, la peur que les taux d'emprunts s'envolent et que leur pays ne puisse faire face à ses obligations. Mais la peur ne supprime pas le danger de sorte ces premiers ministres et leur gouvernement devront prouver leur efficacité.

    Il faut bien distinguer la position des députés au nouveau premier ministre de celle de leurs citoyens. Si Lucas Papadémos et Mario Monti reçoivent la confiance des députés et sénateurs, ce n'est pas pour autant qu'ils ont celle du peuple. C'est une démocratie bafouée dans des circonstances exceptionnelles ou la voix des peuples s'impose à tous.

    Ils ne peuvent voir que d'un mauvais œil à la fois la perte de leur souveraineté mais également le vote du plan d'austérité souhaité à la fois par les agences de notation mais également par Merkozy.

    Il faut noter que Lucas Papamédos est un ancien vice président de la BCE, ainsi que gouverneur de la banque centrale de Grèce entre 1994 et 2002 qui a participé au truquage des comptes perpétrés par Goldman Sachs. Quant à Mario Monti, outre le fait qu'il ait été commissaire Européen il a été conseillé international de Goldman Sachs depuis 2005. Et puis sans oublier le nouveau directeur de la BCE, remplaçant de Jean-Claude Trichet, Mario Draghi, vice-président de Goldman Sachs pour l'Europe entre 2002 et 2005. On arrive avec ces trois personnalités à avoir la gouvernance de Goldman Sachs sur l'Europe. Merkozy et les autres de la Commission Européenne sont squeezés par ces trois personnes qui ont le lien Goldman Sachs, et l'Europe en devenant dépendante.

    Il est tout à fait imaginable que ces trois personnes ayant occupé de hautes fonctions à Goldman Sachs aient été informées à l'opération de truquage de Goldman Sachs sur la dette Grecque, par l'intermédiaire du gestionnaire, un certain Pétros Christodoulos, ex trader de la firme. La boucle se referme. Mais, ce n'est pas tout, Otmar Issing, une économiste ex-membre du Conseil de la Deutch Bundesbank et conseillère de Golman Sachs, mais aussi ex-conseil exécutif de la BCE de 1998 à 2006, Jim O'Neill économiste président de Goldman Sachs Assets Management l'inventeur du concept des BRICS, l'acronyme (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), impliqué dans des activités de GSAM à travers le monde, c'est une sommité mondiale dans le marché des changes, l'Irlandais Peter Sutherland président de l'Européen Policy Center, de Goldman Sachs international depuis 1995, de Bristih Petroleum 1997 /2009 et aussi de la section Europe de la Trilatérale qui a joué un rôle-clé dans le sauvetage de l'Irlande. Enfin, Paul Deighton, qui a passé 22 ans chez Goldman Sachs, est directeur général du comité organisateur des Jeux olympiques de Londres en 2012, référence Le Monde.fr. Toutes ces personnes ont des liens qui montrent la main mise de Goldman Sachs sur l'économie mondiale.

    Goldman Sachs a donc tissé sa toile sur l'Europe.

    Il faut bien se rappeler que les États-Unis n'ont jamais accepté la construction Européenne y voyant une perte de leadership. De même que l'euro supérieur au dollar, y voyant une perte d'influence.

    Les agences de notation ne sont pas indépendantes. Fitch Rating est contrôlée à hauteur de 60 % par le groupe Holding Français Fimalac Fimalac qui est dirigé par Marc Ladreit Delacharrière supervisé par le groupe de medias Américain Hearst qui détient 40%. Moody's est depuis mai 2008, détenue par Moodys Corporation qui côté en bourse a parmi ses actionnaires, à hauteur de 13%, le fonds d’investissement Berkshire Hathaway Inc, lui même propriété de Warren Buffett. Standard & Poor's a été acquise en 1966, par le groupe d'édition McGraw-Hill. McGraw-Hill publie le journal Business Week. On voit, bien en filigrane qu'elles sont soumises au lobbying Américain.

    Les  agences de notation n'interviennent que si elles sont sollicitées, et sont de ce fait rémunérées. Cela conduit à leur dépendance eu égard au donneur d'ordres que sont les banques. Or, une agence de notation se doit de préserver sa réputation et dans ce cadre une notation surévaluée ou sous évaluée entamerait sa crédibilité, mais comment le savoir ? Le problème qui se pose est donc le manque de transparence ainsi que celui de la transmission des données des dettes souveraines à ces agences. A partir de quoi elles chiffrent leur notation ? La situation politique, la variation du PIB, les possibilités industrielles, les risques sociaux, la valeur des dirigeants, autant de paramètres aléatoires dont l'extrapolation ne peut être qu'estimée. Et puis qui transmet les informations ? On ne peut s'empêcher de penser que quelques personnes bien intentionnées auraient intérêt à pousser pour accroître les profits des banques. C'est un système qui passe au-dessus des têtes des populations, de sorte que mise en condition par leur gouvernement, elles n'ont pas d'autres solutions que de dire amen. C'est ça ou c'est pire ! La bourse ou la vie ! Mais rien n'est moins sûr, il faudrait essayer.

    Ce qui vient de ce passer en Espagne est révélateur, bien que ce ne soit pas les députés qui ont imposé le gouvernement qui sort des urnes, donc démocratiquement élu par le peuple, mais on ne peut que constater avec effroi que celui qui a subi la puissance des agence de notation est condamné alors qu'il n'y est pour rien. Et que, de plus, le gouvernement de droite obtenant la majorité absolue va appliquer une politique d'austérité sans précédent, qui bien entendu, minera la croissance déjà moribonde. Ou est la logique du peuple qui crie, et qui sera encore plus miséreux ?

    Le capitalisme libéral à tissé aussi sa toile.

    Les agences de notation se foutent de la démocratie, elles ne sont intéressées que par la finance. Tout recours au peuple est proscrit par elles et Merkozy. Jean-Pierre Jouyet, président de l'autorité des marchés affirme au sujet des agences de notation qu'elles ont fait pression sur le jeu démocratique, instaurant de fait la dictature des marchés. Il faut bien comprendre que le recours au peuple bride les velléités de la droite, donc les banques, qui, dans un référendum, perd son pouvoir. Elles ne sont pas seules en cause, il y a la bonne volonté des dirigeants qui, pour assoir leur pouvoir, dès lors qu'ils ont une majorité parlementaire, contraignent leur peuple à une politique dogmatique essentiellement pour le profit des plus aisés. Et si, comme en Grèce et en Italie, une majorité parlementaire se construit, à la suite d'un changement de premier ministre poussé par les marchés, Merkozy étant leurs valets, elle obtient cette majorité par une coalition d'union nationale, qui bride encore plus la démocratie populaire.

    La fausse erreur de Standard & Poor's sur notre «triple A», n'est simplement que pour nous préparer à une dégradation de cette note, qui peut être dupe ? Notre spraed avec l'Allemagne se creuse à 200,6 points, il faut donc s'attendre à ce que l'Allemagne lâche la France puisque sa gestion triomphe, la mettant seule en position de gouverner cette Europe. En Espagne le président José Luis Rodriguez Zapatéro ne se présentera pas aux nouvelles élections législatives que la droite Espagnole à toutes les chances d'emporter. Trois pays auront des gouvernements issus de la puissance des marchés. Quant a nous, les élections présidentielles sont dans cinq mois et d'ici là, on peut s'attendre à l'influence des marchés sur François Hollande au cas où il aurait une chance de bouleverser cet édifice si bien mis sur pieds.

    L'Europe devait nous préserver de la guerre, c'était sa principale condition mais pas des marchés de la finance. L'Europe sans politique sociale gouvernée par les banques, conduit le bas des populations à la misère sociale, qui se mesure aux millions de paumés qui jonchent les trottoirs de nos villes.

    Le comble de l'anti démocratie est bien le gouvernement fraîchement constitué par Mario Monti en Italie. Pas un seul politique aux postes clés, un gouvernement essentiellement composé de professeurs. Mario Monti cumulant le ministère de l'économie, Carrado Passera patron du second groupe bancaire national au ministère du développement, des infrastructures et des transports, Carrado Clini ministre de l'environnement, Andréa Riccardi fondateur de la communauté de San'Egidio institution influente de l'Eglise sur le plan diplomatique nommé ministre de la coopération internationale doté d'un carnet d'adresses internationales des plus étendues, Gianpaolo di Paola président du comité militaire de l'OTAN, l'amiral di Paola au ministère de la défense, Giulio Terzi di San'Agata ambassadeur d'Italie aux États-Unis au ministère des affaires étrangères. Indéniablement, des personnes mondialement influentes sont dans ce gouvernement, surtout Andréa Riccardi dans l'anti chambre du Pape. On ne saurait contrarier le Pape. Ce gouvernement de professeurs sera jugé par des politiques, une première mondiale.

    Deux réflexions s'imposent, l’incompétence des hommes politiques ainsi  que la perte de leur crédibilité conduisent à celle de la démocratie.

    Le prochain dossier sera, Mario Monti le sauveur de l'Italie,


  • Libye, BHL, "la guerre sans l'aimer" mais pas sans profits,

    le livre de BHL, serait-il la fin du contrat ?

    Support Wikipedia Il s'agit bien sur du contrat sur la guerre Libyenne entre Nicolas Sarkozy et Bernard Henri Levy le philosophe tête de file des nouveaux philosophes, à multiples composantes. En 2007, il soutient Ségolène Royal, et en 2009 il verrait bien la gauche se rassembler derrière elle. À la Primaire socialiste, c'est déjà différent, il est parmi les personnalités qui soutenaient Marine Aubry faute de ne plus pouvoir soutenir DSK, bien que personne ne lui ait demandé son soutien, voir L'encombrant soutien de BHL à Martine Aubry. Maintenant, il ne tarit pas d'éloges à Sarkozy.

    Document BHL l'art de la philosophie, ne vaut que s'il est un art de la guerre.

    Cet homme au demeurant fort sympathique et cultivé avait déjà, à la sortie de Normal sup, un penchant pour les grands hommes tout au moins ceux qui avaient une influence. N'écrit-il pas à André Malraux, ancien ministre d’État, en septembre 1971, à 23 ans et déjà agrégé de philosophie, une lettre, ci-contre, cliquez sur l'image, pour son appel sur le Bangladesh lui demandant une entrevue. Passionné par les évènements du monde, donc rien d'étonnant qu'il saisisse l'occasion qu'il lui est offerte par cette action militaire Française en Libye sous l'égide de l'OTAN. Elle présente pour lui de multiples intérêts, d'abord occuper l'espace médiatique comme s'il en avait besoin. Se diriger vers Sarkozy dans un but probablement politique, n'ayant pas reçu des socialistes ce qu'il en espérait, bien que se disant de gauche. L'autre point, un plus pour sa notoriété, il a aidé à abattre Kadhafi. Quant à libérer les Libyens de la dictature pour un régime islamiste démocratique, bien qu'il faille relativiser sur le terme démocratique, eu égard à l'influence de la religion musulmane dans ces pays, il y a de la marge. Mais ce qui paraît possible, c'est que les Libyens s'expriment comme les Tunisiens, voir les révolutions musulmanes, ce qui serait déjà une avancée, à condition qu'elle soit reconductible. Nous n'en sommes pas encore là. Et puis faire un livre journal qui sera peut-être un document d'histoire entre «Le président et le philosophe» . Mais aussi si l'on en croit Edwy Plenel patron de Mediapart, «on fait ça uniquement pour faire plaisir à BHL ?» Lors de son interview du 25/03 à l'émission la semaine critique de Franck-Olivier Giesbert pour son livre «Un président de trop», voir ici.

    2«La guerre sans l'aimer», expression empruntée à André Malraux dans son combat contre le fascisme Espagnol ou il tenta de s'engager sans succès en tant qu'aviateur bien que ne l'étant pas en 1937, dans ses anti mémoires «Le Miroir des limbes 1967». C'est 648 pages édité par Grasset, ci-contre. 

    Je ne l'ai pas lu, trop lourd, mais quel intérêt y trouver. Le détail des choses, les propos, et les réflexions des uns et des autres pour conduire finalement à la mort de Kadhafi ? C'était programmé dès lors qu'il avait contre lui l'Occident, avec ses moyens en armes et en reconnaissances aérienne et terrestre, ce n'était qu'une question de temps. La partie était perdue d'avance, voir Kadhafi la mort d'un tyran qui s'en est allé vers son destin.

    La présentation de l'éditeur, élogieuse pourquoi pas, c'est son rôle, mais trop en faire n'est pas toujours bon. Et puis BHL est vendeur ainsi que Sarkozy, ce n'est pas souvent que des échanges entre un président et son citoyen, même philosophe et d'autres impliqués dans ce conflit sont publiés. 

    «Pendant 200 jours, de Benghazi à l’Élysée, de New-York à Tripoli, des fronts de la Libye libre aux quartiers généraux de la diplomatie occidentale, un écrivain a été le témoin privilégié et, en plusieurs occasions, l'acteur d'une guerre sans précédent.

    Il a tout noté.

    Jour après jour, parfois heure par heure, il a tenu l'exacte chronique de cette séquence, décisive, du «printemps arabe». C'est ce Journal qu'il publie aujourd'hui.

    C'est l'envers et l'endroit, la coulisse et les grandes scènes, de cette histoire contemporaine qu'il donne à voir dans un récit riche en portraits, anecdotes, moments d'horreur et d'effroi, considérations philosophiques, fragments d'autobiographie, rebondissements saisissants et même, contre toute attente, intermèdes cocasses. Passent à travers les pages de jeunes Libyens héroïques qui rappellent à l'auteur les grandes heures d'une Résistance dont il vénère le souvenir.

    Un Général dépressif rallié à la révolution et amené à Paris à la veille de son assassinat.

    Des combattants anonymes dont il s'efforce de fixer le visage.

    Kadhafi et son fils préféré.

    Juppé. Hilary Clinton. Un Président de la République, Nicolas Sarkozy, dont il salue l'audace et reconnaît la ténacité. Et puis, chemin faisant, quelques-unes des ombres tutélaires qui l'accompagnent depuis toujours mais qui prennent, ici, leur vraie ampleur : Malraux, Gary, Lawrence d'Arabie, Le Byron de Missolonghi et le Orwell d'Hommage à la Catalogne, sans oublier un père magnifique. A ceux qui posent la question de savoir «à quoi servent les intellectuels ?», ce livre, écrit et vécu par un disciple de Levinas embrassant la cause d'une insurrection dans le monde arabe, apporte une réponse à la fois concrète et passionnée».

    L'action Française dans le cadre de l'OTAN, se résumait à la destruction des armes lourdes Libyennes et de son aviation qui auraient écrasées le mouvement de libération du pays. Elle se résumait aussi à l'origine par la surveillance des troupes Libyennes et en des bombardements ciblés, depuis notre porte avion, Le Charles de Gaulle au large en Méditerranée, mais aussi depuis nos bases terrestres en Méditerranée, des dépôts d'armes, ainsi que tout ce qui pouvait voler. C'était un flot incessant sous gouvernance de l'OTAN avec les appuis de la Grande Bretagne et des États-Unis. La part prise par chaque belligérant n'est pas possible à définir.  Voyant, malgré cela, que la difficulté d'action de ce mouvement de libération naissant et sans expérience militaire, l'OTAN, et probablement la France qui semblait plus engagée que ses partenaires, (propagande ?) , peut-être pour laver l'affront reçu de Kadhafi lorsqu'il vint en visite officielle en France, décida l'envoi d'armes et de conseillés militaires parachutés sur le sol Libyen. Le 16 avril Sarkozy reçu, sous l'action de BHL, en secret le chef militaire de la rébellion Libyenne, le général Younes, qui sera assassiné quelques semaines plus tard. Le général lui demanda des armes. Mais «nous vous aidons déjà, lui répondit Sarkozy». Nous avons livré, nous vous livrons, beaucoup de choses. Nous livrons à travers le Qatar, bien sûr. Mais cela ne trompe personne. «Tout le monde sait que les armes livrées par le Qatar sont des armes livrées par la France». Est-ce que quelqu’un, parmi vous, imagine une seule seconde que, quand on dit «des armes livrées par le Qatar», c’est le Qatar qui envoie les armes ?»

    Petit à petit, voyant que le conflit s'enlisait, il fut une période ou la rébellion n'avançait plus, on sentait qu'elle perdait pieds, les villes prises étaient reprises par l'armée Libyenne, l'apport militaire aérien était insuffisant et il fallait faire plus afin d'organiser ce mouvement de libération désordonné. Il était évident que l'envoi d'instructeurs ne pouvait qu'être tenu secret, ainsi que nos militaires qui, pointaient sur le sol Libyen les dépôts d'armes afin que les missiles puissent se guider sur le spot émis par ses soldats de l'ombre. Mais cette information ne fut plus ou moins connue que vers la fin du conflit, ou Kadhafi ne pouvait plus rien y faire.

    Le 16 avril, Sarkozy demanda à son conseillé diplomatique, «nous en avons combien, au juste, des instructeurs Français au sol ?» Après la réponse, Sarkozy enchaîna vers le général Younes, «peu importe le nombre exact. Des Français parlant arabe, on vous en a mis un certain nombre. On va, dans les jours ou les semaines qui viennent, en mettre encore».

    Bien sûr nous n'avons jamais reconnu l'envoi de forces spéciales sur le sol Libyen, nous ne pouvions le faire. En recevant le président du CNT, Mustafa Abdeljalil, Nicolas Sarkozy aurait accepté, selon BHL, l’envoi «de commandos d’élite». Combien ? Le philosophe écrit qu’il a suggéré au Libyen de «demander trois cents forces spéciales, à partager avec la Grande-Bretagne, pour guider les frappes, entraîner les commandos d’élites Libyens et, le moment venu, prendre Koufra». BHL écrit que le président de la République a donné «satisfaction partielle» de cette requête.

    Selon BHL, la piste d'envol et l'avion personnel de Kadhafi auraient été épargnés afin qu'il puisse quitter son pays.

    Alors que penser de notre engagement, qui n'entend qu'une cloche n'entend qu'un son, pour BHL les soldats Français ont joué un rôle considérable dans la chute de Tripoli. Non seulement, l’aviation Française, sous contrôle de l’Otan, a bombardé une vingtaine de cibles identifiées en commun avec le CNT, mais les forces spéciales Françaises ont participé à l’opération sur le terrain. Le 17 août, Nicolas Sarkozy téléphona à BHL. «Il m’annonce que des armes sont arrivées, la nuit dernière, par la mer, de Misrata à Tripoli et que le Jour Zéro approche». Quatre jours plus tard, c’est le soulèvement de la capitale Libyenne. BHL écrit, «éléments des Forces spéciales Françaises, Émirates et, dans une moindre mesure, Anglaises à la manœuvre». C’est à dire à la direction des opérations. Comment ? Il n’en dit pas plus.

    C'est éléments sont tirés de la presse consultée. Voir aussi, La Libye de transition, Les forces Kadhafistes résistent à Syrte et Bani Walid, Que faut-il faire pour la Libye, Le renseignement n'est-il pas la base de la guerre.

    Le prochain article sera? Démocratie ou agences de notation ?


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