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  • Philippe Pétain, Maréchal de France ses années noires de 1940 à 1944, suite 72,

    son procès pour haute trahison, fin.

     

    Support Wikipedia La Haute cour de justice existait dans la Constitution de la IIIème République, créée par les lois des 16 et 24 février 1875. L'article 12 de la loi Constitutionnelle du 16 février 1875 précise que le président de la république ne peut être mis en accusation que par les députés et jugé par le sénat. L'article 9 de la loi du 24 février stipule que le sénat peut être constitué en Cour de justice pour juger soit le président de la république, soit les ministres, et pour «connaître ?» les attentats commis contre la sureté de l'État.

    Il fut prévu que si les dirigeants de l’État commettent des actes de haute trahison, le Sénat s'organise en un tribunal, intitulé Haute cour de justice. Les Sénateurs sont donc appelés à juger les fautifs, président de la République, ministres, hauts fonctionnaires.

    Par l’acte constitutionnel n°5 du 30 juillet 1940 le maréchal Pétain décrète la suppression de cette compétence du Sénat, article premier. Il est institué une Cour suprême de justice dont l'organisation, la compétence et la procédure seront réglées par une loi, article 2.

    De fait, par la loi du 30 juillet 1940, la Cour suprême de justice fut chargée de juger les dirigeants de l’État en cas de délits, crimes «ou d’avoir trahi les devoirs de leur charge». Le 8 août un texte complémentaire précise que la Cour suprême de justice siègera à Riom.

    La période des faits jugés par la cour allait de 1936, arrivée du Front populaire au pouvoir, à 1940, ce qui fut l'année à laquelle le maréchal Pétain reçu les pleins pouvoirs par les deux assemblées réunies en Congrès. Il fallut éviter de remonter avant 1936, faute de quoi certaines autorités du régime de Pétain pouvaient être mises en cause, dont Pétain ?, ministre de la guerre en 1934 dans le gouvernement Doumergue, lire France en guerre ministre de la guerre Pétain .

    Les «crimes» commis ont été définis rétroactivement, c’est-à-dire qu'à l'époque des faits, les crimes prétendument commis n'en étaient pas selon la loi, ce qui est contraire à tous les principes juridiques Français et Internationaux, contrairement au procès de Nuremberg, dans lequel quelques accusations furent déjà une base pénale, dont la gravité fut accrue a posteriori. La Cour prit ses fonctions le mois suivant, le 8 août à Riom. Elle fut composée de neuf juges dont le président Caous, et le procureur général, Cassagnau.

    Ainsi après la libération par gouvernement provisoire une Haute cour de justice, fut recréée le 18 novembre 1944. Installée à Paris, elle fut chargée de juger Philippe Pétain, les membres de ses gouvernements, ministres, secrétaires d’État, les commissaires généraux, les résidents généraux, les gouverneurs généraux, les hauts-commissaires, et leurs éventuels complices.

    Elle ne fut mise en place par les Sénateurs, ce qui fut contraire à la loi du 16 février 1875 article 12.

    Elle fut présidée par le premier président de la cour de cassation, assisté du président de la chambre criminelle de la cour de cassation, et du premier président de la cour d'appel de Paris. La Haute cour de justice, qui n'est plus la Cour suprême de justice, se composa de 24 jurés, tirés au sort sur deux listes, 12 par liste. La première liste comprit 50 sénateurs ou députés en cours de mandat au 1er septembre 1939, n’ayant pas voté les pleins pouvoirs à Pétain le 10 juillet 1940, Loi constitutionnelle du 10 juillet 1940. La seconde liste fut constituée de 50 personnes choisies par l’Assemblée consultative, dans les mouvements de résistance.

    Elle fut donc essentiellement à charge.

    La loi du 27 décembre 1945 modifia la composition de la Haute cour de justice, ainsi, fut-elle dorénavant constituée de 27 membres, trois magistrats, et 24 jurés tous tirés au sort sur une liste de 96 députés de l’Assemblée nationale constituante, élus le 21 octobre 1945 (article 1). La part des formations politiques dans la liste des 96 députés fut proportionnelle au nombre de députés de chaque parti dans l’Assemblée.

    Le 21 octobre 1945, les Français élisirent une nouvelle assemblée pour renouveler celle de... 1936! Ils votèrent à un double référendum pour que cette assemblée soit constituante répondant à la première question et pour la seconde question sur des pouvoirs limités à cette Assemblés. Les élections législatives, qui eurent lieu le même jour, mirent en avant trois partis principaux, le Parti Communiste Français, PCF, tirant ainsi un grand prestige de son rôle de force de résistance et de la victoire de l'URSS, le Mouvement Républicain Populaire, MRP, d'inspiration démocrate-chrétienne et le Parti socialiste, SFIO. Ces trois partis formèrent par la suite une force gouvernementale unie, que l'on nomma le tripartisme. La droite classique et le radicalisme qui eurent gouverné avant la guerre furent en recul.

    Après formation de cette nouvelle Assemblée, celle-ci élut le chef du nouveau gouvernement, Charles de Gaulle à qui revint la formation du gouvernement en nommant les ministres, en fonction de la représentation respective de chacun des trois partis

    Pour ces élections législatives, le général de Gaulle délaissa le scrutin d'arrondissement propre à la IIIème République pour qu'à une circonscription soit associé un député, et institua le scrutin de liste dans le cadre départemental, les électeurs de chaque département eurent à choisir la liste d'un parti et chaque parti s'est vu affecter dans le département la même proportion d'élus qu'il eu de voix. Cette Assemblée constituante obtint par ce réferendum un vote plébicite de 96,4% des votants, mettant fin à la IIIème République de 1875, et autorisant la poursuite de l'action du GPRF jusqu'à l'adoption d'une nouvelle Constitution par référendum le 13 octobre 1946 qui créa les institutions de la IVème république et qui vécut jusqu'au 4 octobre 1958, pour l'instauration de la Vème république dans laquelle nous sommes.

    De fait, la Haute cour de justice devint une Haute cour parlementaire.

    L’article 10 de l’ordonnance du 26 juin 1944 précise que les décisions de la Haute cour de justice doivent être prises en commun par les magistrats et les jurés, et doivent être motivées. Le principe de sursis ne s’appliqua pas aux condamnés par la Haute cour de justice. Il n’exista pas de pourvoi en cassation, le seul recours possible fut la grâce. La Haute cour de justice fut modifiée à nouveau par la loi 15 septembre 1947. Finalement, elle redevient ce qu’elle était au départ, une cour purement parlementaire par la loi du 19 avril 1948. Cependant, le Sénat cèda la place à l’Assemblée nationale.

    La Haute cour de justice comporte 15 membres, un président, deux vice-présidents et douze jurés choisis parmi une liste de 72 députés. La part de chaque groupe parlementaire dans la liste des jurés est proportionnelle au poids politique des dits groupes dans l’Assemblée nationale.

    Le 23 juillet 1945, s’ouvre le procès du maréchal Pétain, un procès durant lequel le plus jeune avocat du Maréchal, Jacques Isorni enflamme le prétoire. Le 15 août 1945 la Haute cour de justice condamne Philippe Pétain à la peine de mort.

    C'est donc sous la Haute cour de justice composée de 24 parlementaires jurés formés par deux listes de 12 membres tirés au sort parmi 50 députés et sénateurs en cours de mandat au 1er  septembre 1939 pour la première liste n'ayant pas voté les pleins pouvoirs à Pétain, et pour la seconde liste également de 50 personnes choisies par l'assemblée constituante dans les mouvements de résistance que fut jugé Pétain.

    Défendu par Maîtres Jacques Isorni, Jean Lemaire et le bâtonnier Fernand Payen, Philippe Pétain déclara le premier jour qu’il avait toujours été un allié caché du général de Gaulle et qu’il ne fut responsable que devant la France et les Français qui l’eurent désigné et non devant la Haute Cour de justice. Dans ces conditions, il ne répondit pas aux questions qui lui furent posées. Viennent déposer de nombreuses personnalités en tant que témoins soit à charge, Édouard Daladier, Paul Reynaud, Léon Blum, Pierre Laval, et à décharge, le général Weygand, le pasteur Boegner. Le procès s’achèva le 15 août 1945 à l’aube. La cour déclara Pétain coupable, notamment, d’intelligence avec l’ennemi et de haute trahison.

    Elle le condamna à mort, à la dégradation nationale à la confiscation de ses biens, assortissant toutefois ces condamnations du vœu de non-exécution de la sentence de mort, en raison de son grand âge. La condamnation fut votée à une voix de majorité.

    Vidéos de l'Institut national de l'audiovisuel, le procès de Pétain.

    http://www.ina.fr/economie-et-societe/justice-et-faits-divers/video/AFE86003213/le-proces-petain.fr.html

    La fin du procès de Pétain.

    http://www.ina.fr/economie-et-societe/justice-et-faits-divers/video/AFE86003224/la-fin-du-proces-petain.fr.html

    Le verdict de la Haute Cour de justice frappa d'indignité nationale Philippe Pétain, ce qui impliqua «la perte de son rang dans les forces armées et du droit à porter des décorations», de facto il fut déchu de sa dignité de maréchal de France. À la fin du procès, il se dépouilla de son uniforme avant d'être incarcéré. La mention du titre sur l'acte de décès fut une liberté prise par un agent de l'état-civil qui n'engagea aucune institution officielle. Il convient donc, comme le firent les historiens d'aujourd'hui, de le nommer simplement «Philippe Pétain», en particulier pour la période qui suit sa condamnation du 15 août 1945.

    On rencontre aussi la dénomination «ex-maréchal Pétain». Cependant la décision judiciaire qui le frappe d'indignité nationale interprétée stricto sensu comme «lui retirant son rang dans les forces armées et son droit à porter ses décorations», le titre de maréchal de France étant une distinction une dignité, et non un grade, décernée, non pas par un décret, mais par une loi votée au Parlement, pourrait permettre de considérer que cette décision de justice ne peut annuler une mesure législative.

    Il faut noter que Charles de Gaulle dans ses Mémoires de guerre, l'Appel 1940-1942 donne à Pétain le titre de maréchal bien que se soit lui, dans son gouvernement provisoire, qui l'a fait condamner.

    Il n'y a pas de conditions particulières pour être élevé à la dignité de maréchal de France. C'est la raison pour laquelle Philippe Pétain créé maréchal en 1918 est demeuré maréchal jusqu'à sa mort, tiré de la référence Soult....un maréchal de France .

    A ce sujet j'ai fait des recherches allant jusqu'à interroger une personnalité de l'Assemblée nationale que je jugeais compétente mais, je n'ai obtenu aucune réponse.

    Accomplissant le vœu de la Haute Cour de justice, le général de Gaulle, commue la sentence de mort en peine de réclusion à perpétuité le 17 août 1945. Compte tenu de la peine de dégradation nationale, article 21 de l'ordonnance du 26 décembre 1944 , le maréchal Pétain fut exclu automatiquement de l'Académie française, l'ordonnance prévit l'exclusion de l'Institut. Toutefois, celle-ci s’abstint d’élire un remplaçant de son vivant au 18ème fauteuil égard auquel a également eu droit Charles Maurras tandis qu’Abel Bonnard et Abel Hermant sont remplacés dès 1946.

    Philippe Pétain fut emprisonné au fort du Portalet, dans les Pyrénées-Atlantiques, du 15 août au 16 novembre 1945, puis transféré au fort de la Citadelle, dénomé également fort de Pierre-Levée  sur L'Île-d'Yeu, Vendée.

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    L'entrée du fort de Pierre-Levée, vue de l'intérieur, document Wikipédia .

    Son épouse installée à son tour dans l’île, bénéficia d’un droit de visite quotidien. La santé de Philippe Pétain déclina à partir du début de l’année 1951, les moments de lucidité devenant de plus en plus rares. Eu égard à cette situation, le Conseil supérieur de la magistrature, présidé par Vincent Auriol, président de la République, en vue d’adoucir une fin prévisible, autorisa le 8 juin 1951 «l'élargissemnt» du prisonnier et son assignation à résidence «dans un établissement hospitalier ou tout autre lieu pouvant avoir ce caractère». Le transfert dans une maison privée de Port-Joinville a lieu le 29 juin 1951, où Philippe Pétain mourut le 23 juillet 1951. Il fut inhumé le surlendemain dans le cimetière marin de l’île d’Yeu.

    La tombe de Pétain.

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    Document Wikipédia .

    En 1973 eu lieu un épisode rocambolesque, sa dépouille fut enlevée par des personnes se réclamant de sa mémoire et désireuses d’obtenir le transfert de ses cendres au fort de Douaumont à Verdun, auprès des centaines de milliers de soldats Français qui y furent tombés, conformément aux dernières volontés du maréchal.

    La Tombe de Philippe Pétain à l'île d'Yeu fut fleurie au nom de la présidence de la République le 10 novembre 1968, sous le général de Gaulle, à l'occasion du 50ème anniversaire de l'armistice de 1918, en février 1973, sous Georges Pompidou, suite à la profanation de la tombe située à l'Île-d'Yeu, et en 1978 sous Valéry Giscard d'Estaing, 60ème commémoration de la victoire de 1918. Pendant la présidence de François Mitterrand, elle fut fleurie le 22 septembre 1984, jour de la rencontre avec le chancelier Helmut Kohl à Verdun, puis le 15 juin 1986, 70ème anniversaire de la bataille de Verdun, puis chaque 11 novembre entre 1987 et 1992. Cette pratique ne cessa qu’après de nombreuses protestations dont celles de la communauté juive. François Mitterrand comme les apologistes de la mémoire de Pétain ayant déclaré qu’ils honoraient simplement la mémoire de l’homme de Verdun et nullement celle du chef de l’État français, l’ancien premier ministre Laurent Fabius fit remarquer que lorsque l’on juge un homme, on le fait sur l’ensemble de sa vie. Quant à l’historien André Kaspi, il souligna l’artificialité de cette distinction, «le Pétain collaborateur de 1940-1944 n’a pu égarer les Français et en convaincre bon nombre de le suivre que parce qu’il bénéficiait du prestige du Pétain de 1914-1918. L’un n’aurait pas existé sans l’autre». Sa sépulture fut de nouveau profanée en 2007.

    La suite 73 ne sera plus maréchal Philippe Pétain, mais philippe Pétain et portera sur les réponses du général de gaulle, du général Héring, controverses et analyse.

    Références,

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Haute_Cour_de_justice_%28France%29
    http://mjp.univ-perp.fr/france/co1940.htm#5
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Ordonnances_du_GPRF_relatives_%C3%A0_l%27%C3%A9puration#Ordonnance_du_26_ao.C3.BBt_1944
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Ordonnances_du_GPRF_relatives_%C3%A0_l%27%C3%A9puration#Ordonnance_du_26_ao.C3.BBt_1944
    http://forumfrance-en-guerres.xooit.fr/t1776-Ministere-de-la-Guerre-Petain.htm
    http://antoinefigurines.spaces.live.com/Blog/cns!94AB467EA8C31032!424.entry
    http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/page/affichebiblio.php?idPage=7946&idBiblio=1410&idLang=fr

  • Philippe Pétain, Maréchal de France ses années noires de 1940 à 1944, suite 71,

    son procès pour haute trahison.

     

    Support Wikipedia Paris fut libéré le 24 août 1944 par l'arrivée de la division Leclerc à la Porte d'Orléans puis par les paroles du général de Gaulle le même jour à l'Hôtel de ville ou il prononça «Paris brisé, Paris outragé, Paris martyrisé, mais Paris libéré» qui marquèrent le début effectif du gouvernement provisoire sur le sol Français succédant au Comité Français de Libération Nationale organe politique issu de la résistance intérieure installé à Londres. C'est le 2 juin 1944 à Alger qu'il prit le nom de gouvernement provisoire d'union nationale ou toutes les tendances politiques impliquées dans la résistance intérieure furent représentées. Et c'est le 3 juin qu'il fut créé. Il put ainsi permettre la participation de nos forces à l'opération Overlord, reconnu par Churchill, puis ensuite quand il déclara à George Bidault, «la République n'a jamais cessée d'être ! Vichy fut toujours et demeure nul et non avenu», mais aussi lorsque le général Eseinhover accepta l'envoi d'une division en renfort aux troupes Françaises, sous la pression du général de Gaulle, qu'il fut reconnu implicitement comme chef par les Américains.

    Le gouvernement provisoire ne fut reconnu qu'officiellement le 23 octobre 1944 par les Grandes puissances, Royaume-Uni, États-Unis, URSS, Canada. Cette reconnaissance fut obtenue après une visite de de Gaulle à Washington pour, que lui seul, puisse exercer les pouvoirs civils dans les territoires occupés. A cette date, de Gaulle écarta le double danger du maintien au pouvoir du régime de 1940 administré par Pétain, et d'une administration militaire Américaine, mais resta l'inconnue de l'attitude de la résistance, malgré que jean Moulin eut obtenu des mouvements de résistance qu'ils fassent allégeance à la France libre dont l'autorité fut formellement reconnue pour la plupart d'entre eux. Toutefois, la méfiance prévalu envers un général conservateur dont on ignora les intentions politiques en dépit du manifeste, du mouvement de Libération Nord N° 52 du 30 novembre 1941 qui recruta dans les milieux socialistes et syndicalistes, ramené de Londres par Christian Pineau en avril 1942, s'étant rallié à de Gaulle tout en étant septique sur ses intentions. De surcroît, les dirigeants de la résistance estimèrent que vivant en métropole, ils surent mieux que de Gaulle ce qu'il y eut à faire. Aussi considérèrent-ils que de Gaulle représentait un symbole, un représentant de la résistance extérieure devant lequel, il ne fut question de s'incliner, lire la suite sur la référence de Gaulle et la libération.

    Ce gouvernement fut composé outre le général de Gaulle,

    • Des socialistes André Philip, André Le Troquer, Daniel Mayer, Adrien Tixier
    • Des communistes François Billoux, Fernand Grenier
    • Du Mouvement Libération D'Astier de la Vigerie
    • Du Radical socialiste Pierre Mendès France
    • Du Mouvemernt Combat René Massigli, René Pleven René Capitant, Georges Catroux, Jean Monnet.

    Pour rétablir l'autorité républicaine le GPRF créa dans chaque grande région libérée un commissaire de la République, ce qui ne se fit sans difficultés. Ces commissaires se heurtèrent parfois aux comités locaux de la Résistance, CDL, qui renichèrent à céder un pouvoir durement acquis de facto à la Libération, en particulier dans les territoires libérés par la Résistance, Sud-Ouest, Savoie, …). Par ailleurs les organisations issues de la Résistance disposaient d'éléments armés pouvant être utilisés par les communistes dans l'éventualité d'une révolution, FFI, COMAC, milices patriotiques, d'autant plus qu'ils n'obéissaient qu'à leurs chefs. Or la thèse de Philippe Buton, directeur du département d'Histoire de l'Université de Reims, montra qu'il est aujourd'hui bien établi que des milices ouvrières furent nées d'une initiative communiste, leur création fut annoncée par l'Humanité du 15 août 1943. Quinze jours plus tard, elles changèrent de nom et devinrent milices patriotiques. Création d'une coque vide prête à s'activer au moment de l'insurrection nationale. Elles furent constituées de civils ayant joué un rôle lors de l'insurrection nationale, voir le n° spécial du Front National de la Lutte pour la Libération et l'Indépendance de la France. La coquille vide prit rapidement de l'importance à la Libération jusqu'au retour de Maurice Thorez de Moscou après sa grâce du 28 octobre au Conseil des ministres à la suite de sa condamnation pour désertion en même temps que l'ordre fut donné de dissoudre les milices patriotiques, elles se retrouvèrent au cœur d'un jeu politique complexe où se côtoyèrent et se heurtèrent le gouvernement, le PCF et les structures issues de la Résistance dont le C.N.R. . Ceci démontra l'existence d'une stratégie du parti communiste approuvée par Moscou, tendant non à s'emparer du pouvoir par la force, comme analogie à la révolution d'octobre, mais à contrôler les rouages essentiels de la société et de l'État afin de rendre impossible la prise du pouvoir. Ce fut la conséquence d'une participation militante importante des communistes dans la résistance, voir la suite 59. Pour parer ce danger et malgré la mauvaise volonté du CNR et des communistes, le GPRF s'efforça d'incorporer ces troupes à l'armée régulière. Les FFI intègrent l'Armée française, toujours en guerre, le 23 septembre 1944, les milices patriotiques le firent le 28 octobre 1944.

    Le premier acte du GPRF fut de s'opposer à la mise en place d'une administration militaire Américaine intérimaire, l'AMGOT voir la suite 70 .

    Le gouvernement provisoire reprit le projet de 1936 de Jean Zay assassiné par les miliciens le 20 juin 1944, et créa l'École nationale d'administration, 9 mai 1945, afin d'assurer aux futurs hauts-fonctionnaires une formation effective, homogène et de haut niveau, ainsi que de permettre l'accès de ces fonctions aux seuls éléments méritants, indépendamment de leur origine sociale. Ne fallait-il pas tout construire et reconstruire ?

    Le droit de vote ayant été accordé aux femmes, le 21 avril 1944, par le Comité français de la Libération nationale fut confirmé par l’ordonnance du 5 octobre 1944 par le GPRF, elles votèrent pour la première fois aux élections municipales du 29 avril 1945.

    Il mit en place la sécurité sociale, ordonnance du 19 octobre 1945 comme suite aux dispositions de la Révolution nationale sur le droit au travail et la protection sociale, voir la suite 44, et des allocations familiales , loi du 22 août 1946, fondements de l'État-providence en France. Il passa aussi l'ordonnance du 2 février 1945 sur l'enfance délinquante.

    Au 1er janvier 1945 quatre mois après la mort de Louis Renault, une ordonnance du Gouvernement provisoire de la République française présidé par le général de Gaulle prononça la dissolution de la société Renault et sa nationalisation sous le nom de «Régie nationale des usines Renault». Louis Renault fut accusé de collaboration avec l'ennemi de manière particulièrement vague selon certains, estimant vide le dossier d'accusation. Les auteurs de l'ordonnance eurent estimé, lors de la préparation du texte, qu'un tel acte fut «exorbitant du droit commun».

    Pour bien comprendre l'accusation de collaboration portée contre Louis Renault dont on envisageage la révision, la référence suivante, Louis Renault et la fabrication de chars pour la Wehrmacht, est à consulter.

    Les nationalisations des secteurs clefs de l'économie.

    À la Libération, trois vagues de nationalisation se succèdèrent,

    • 13 décembre 1944 au 16 janvier 1945, le général de Gaulle nationalise par ordonnance, notamment, les houillères, 14 décembre 1944, Renault, 16 janvier 1945, sans compensation financière pour collaboration avec l'ennemi, qui devint une régie.
    • 29 mai 1945 au 17 mai 1946, par une série de lois, les transports aériens, juin 1945, la Banque de France et les quatre plus grandes banques Françaises, 2 décembre 1945 suivirent. Après le départ du général de Gaulle en janvier 1946, le gaz et l'électricité, loi du 8 avril 1946 et les onze plus importantes compagnies d'assurance, 25 avril 1946 furent nationalisés.
    • 23 février au 16 juin 1948, une troisième vague de bien moindre ampleur suit. La nationalisation des banques fut effectuée de manière rapide, afin d'éviter des mouvements spéculatifs. Le projet de loi fut déposé le vendredi 30 novembre au soir, après la fermeture de la bourse, pour être voté le 2 décembre et publié au Journal Officiel dès le lendemain.

    L'épuration.

    À la Libération, avant que les cours de justice et chambres civiques furent créées et installées, et à la faveur des mouvements de foules où la joie, le désir de vengeance et les règlements de comptes se mêlèrent, résistants et populations s’en prirent aux collaborateurs ou considérés comme tels. L’épuration extrajudiciaire entraîna la mort d'environ 9.000 personnes dont un tiers par des résistants. Ces exécutions firent l’objet d’une légende noire où les chiffres devinrent de vrais arguments dans les tentatives de réhabilitation de certains collaborateurs. Par la suite, l'épuration judiciaire prit le relais. Elle s’exerça par l’entremise de tribunaux d’exception, la Haute cour de justice, les cours de justice, et les chambres civiques pour les actions non réprimées par le code pénal. L’épuration légale concerna plus de 300.000 dossiers, dont 127.000 entraînèrent des jugements et 97.000 condamnations, les peines allèrent de 5 ans de dégradation nationale à la peine de mort. Soucieux de réduire rapidement la fracture entre les Français, le gouvernement vota trois amnisties pour les épurés, dès 1947, puis en 1951 et 1953. Elle toucha tous les secteurs d’activité et toutes les couches de la société. L’épuration fut très rapidement un sujet polémique. Les premiers à écrire sur ce thème furent les épurés eux-mêmes ou les épurateurs, ce qui ne favorisa pas la neutralité des propos. De plus les journaux d’extrême droite, ainsi que les anciens collaborateurs du gouvernement de Pétain ou leurs avocats relayèrent la «légende noire» de l'épuration, avançant des chiffres de massacres et d'exécutions souvent exagérés.

    Le cinquantenaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, au milieu des années 1990, fut l’occasion de nombreuses études permettant d’éclairer d’une lumière nouvelle cette période extraordinaire, au sens propre du terme, que fut la Libération. Ce fut également le moment de synthétiser l’ensemble des travaux concernant celle-ci. Les dernières enquêtes réalisées par le Comité d'histoire de la Seconde Guerre mondiale, CHDGM, créé le 17 septembre 1951 et son successeur, l’Institut d'Histoire du Temps Présent , IHTP, donna pour 84 départements, sur 90 en 1945, le chiffre de 8.775 exécutions sommaires lors de l’épuration extrajudiciaire, auxquels il convient d'ajouter les condamnés à mort par la Haute cour de justice et les cours de justice, 791 ou 767 suivant les enquêtes, et par les cours martiales 769 pour 77 départements selon l’IHTP. L’épuration fit donc fait au total entre 10.000 et 11.000 morts.

    Les femmes tondues.

    Ce fut un spectacle désolant auquel j'assistai sur la place de la mairie de ma commune. Assises sur une chaise entourées d'une foule comme si elle assista à une exécution capitale ces femmes subirent un outrage dans leur chaire lorsqu'elles se virent le crâne rasé. Beaucoup de cette foule partirent honteux avant la fin de cette horreur, n'eut-il pas mieux valu un procès ?

    La collaboration féminine fut souvent sanctionnée par la tonte des cheveux des femmes jugées coupables, quelques cas d'hommes collaborateurs tondus furent également recensés. Les femmes tondues à la Libération furent accusées par la foule de «collaboration horizontale», relation sexuelle avec l'occupant, un fait qui n'est pas incriminé dans le code pénal. Les relations entre ces femmes et les Allemands de nature sexuelle ou pas, la tonte put servir d’exutoire pour une population frustrée durant quatre années, mais fut plus une cérémonie de reconquête du corps des femmes et du territoire, urbain ou rural, via le cortège qui promena les tondues dans les rues et les chemins. Cette tonte ne fut pas simplement vue comme une sanction mais aussi, avant la libération, comme une prévention en désignant les personnes qui aidèrent l'ennemi. Le compte fut difficile à faire, voire impossible pour Virgili, chiffrées à 20.000 par Daniel Mermet. Les vrais collaboratrices côtoyèrent celles qui ne le furent pas, les femmes amoureuses, comme par exemple celles qui refusèrent de quitter leur concubin ou leur mari Allemand, lors des évacuations de civils des bases de sous-marins de Saint-Nazaire, Lorient et Dunkerque, celles qui ne firent que leur métier, prostituées, puis enfin celles qui furent livrées à elles-mêmes durant le conflit et qui, pour pouvoir survivre, se mirent au service de l’occupant, le plus souvent comme lingère ou femme de ménage.

    La recherche des femmes à tondre eu lieu dès l'installation des comités locaux de Libération CLL, et fit partie de leurs premières tâches, alors que les troupes Allemandes purent se trouver à proximité. Un grand nombre de tontes furent, à partir de l’été 1944, souvent spontanées. La première vague importante eu donc lieu à la fin de l'été 1944. Ces tontes furent relayées et décrites par la presse, et Radio Londres, émissions des 20 et 30 août 1944. Des résurgences eurent lieu durant l'automne, et des tontes se produisirent sporadiquement tout l'hiver. Même si elles ne furent pas planifiées et répétées comme en Espagne, elles furent néanmoins pensées et bénéficièrent d'un minimum d'organisation. Un fonctionnaire fut généralement présent, policier, gendarme, donnant un caractère officiel au châtiment. Une deuxième vague importante eu lieu en mai et juin 1945, lors du retour des prisonniers de guerre, déportés, requis du STO, accompagnés souvent des travailleurs volontaires en Allemagne et de celles et ceux qui eurent accompagnés les Allemands dans leur fuite. Ces femmes qui revinrent d'Allemagne furent tondues, souvent sur le quai de la gare. Des femmes qui eurent échappé à la première vague, ou qui furent libérées après une peine jugée trop légère, souvent au printemps 1945, furent également tondues. Ces tontes se poursuivirent jusqu'à la fin de 1945, les retours eurent lieu jusqu'à l'automne.

    La dernière tonte recensée eu lieu en Savoie en février 1946. Sur le territoire, les tondues se retrouvèrent partout, que ce soit dans les régions libérées par les Alliés, ou dans celles libérées par la Résistance. Les urbains et les ruraux effectuèrent des tontes, il n'exista pas de «sanctuaire», les sources de police, gendarmerie et de la presse furent abondantes à ce sujet. Le fait fut général, il fut certain que des tontes eurent lieu dans plus de 77 départements, sur les 90 de l'époque, Virgili cita à l'appui le fait que des enfants jouèrent à tondre trois petites filles.

    Quelques photos

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    Référence, les tontes de la libération.

    Femmes tondues

    La suite 72 sera la suite de celle-ci

    Références,

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Pineau
    http://books.google.fr/books?id=vTcWd7fJ16sC&pg=PA130&lpg=PA130&dq=Les+territoires+lib%C3%A9r%C3%A9s+par+la+r%C3%A9sistance&source=bl&ots=8kEkV3012W&sig=4VskRos60yiFnQm8AVlb0REWlO4&hl=fr&ei=aqJvTd2tBcms8QPdrLivCA&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=1&ved=0CBcQ6AEwADgK#v=onepage&q=Les%20territoires%20lib%C3%A9r%C3%A9s%20par%20la%20r%C3%A9sistance&f=false
    http://fr.wikipedia.org/wiki/COMAC_%28R%C3%A9sistance%29
    http://www.ffi33.org/cnr/milices/cnr4.htm
    http://www.anac-fr.com/2gm/2gm_31.htm
    http://societe.fluctuat.net/maurice-thorez.html
    http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9curit%C3%A9_sociale_en_France
    http://www.uniondesfamilles.org/histoire-politique-familiale-france.htm
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Ordonnance_du_2_f%C3%A9vrier_1945_sur_l%27enfance_d%C3%A9linquantebr>http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Zay
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Renault_%28industriel%29#Nationalisation
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Comit
    http://www.patriotes-francais.fr/content/louis-renault-et-%C2%AB-la-fabrication-de-chars-pour-la-wehrmacht-%C2%BB<
    %C3%A9_d%27histoire_de_la_Seconde_Guerre_mondiale
    http://www.ihtp.cnrs.fr/
    http://www.payot-rivages.net/livre_Naitre-ennemi-Fabrice-Virgili_ean13_9782228903998.html

  • Philippe Pétain, Maréchal de France ses années noires de 1940 à 1944, suite 70,

    la libération de Paris.

     


     

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    Défilé sur les Champs-Élysées le 26 août 1944, document Wlkipédia

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    Défilé des troupes Américaines le 29 août 1944, document Wikipédia.

    Support Wikipedia En août 1944 les forces Alliés sont maîtres du Cotentin les divisions panzer en déroute, Avranches est pris et la route vers Paris est ouverte, Rommel est ko et plus personne du coté Allemand de son envergure put stopper l'avancée des forces Françaises libres et des Alliés vers Paris. Les généraux Américains Eisenhower et Bradley prévoient de contourner Paris pour ne pas être ralentis dans leur progression.

    Sur le front de l'Est les stratèges Allemands furent convaincus que les Soviétiques attaqueront encore au sud, où le front se trouvait à 70 km de Lvov et offrait la route la plus directe vers Berlin. La situation de l'Allemagne, déjà critique, devint désespérée après le débarquement de Normandie en juin 1944. En Italie, les Alliés furent à Rome le 4 juin, voir la suite 65. De plus, ceux-ci accentuèrent les raids sur les industries et les installations Allemandes. Le 22 juin 1944, les Soviétiques lancèrent l'Opération Bagration tendant à nettoyer la Bielorussie des Allemands. Ils qui ne s'attendirent pas à une attaque sur ce front n'ayant laissé que 800.000 hommes face à 2,3 millions de soviétiques. Minsk, la capitale de la Biélorussie, tomba le 3 juillet. Dix jours plus tard, l'Armée Rouge attint l'ancienne frontière avec la Pologne. À la fin août, les pertes Allemandes furent le double de celles des soviétiques.

    L'insurrection de Varsovie qui commença le 1er août fut un soulèvement armé organisé par la résistance Polonaise, Armia Krajowa, dans le cadre du plan militaire national «Action Tempête». Elle s'accompagna de la sortie de la clandestinité des structures de la Résistance et de l'État clandestin ainsi que de l'établissement des institutions de l'État polonais sur le territoire de Varsovie libre. Côté militaire, le soulèvement dirigé contre les forces Allemandes, eu pour but de préserver la souveraineté de la Pologne face à l'avancée de l'Armée rouge et de la position ambiguë des Alliés occidentaux vis-à-vis des intentions de l'Union soviétique.

    En France, le général Kœning commandant en chef des Forces Françaises de l'Intérieur, prépare une insurrection afin de contrecarrer l'installation de l'Amgot combattue par le Gouvernement provisoire de la République française.

    Amgot prévoit un gouvernement militaire d'occupation constitué par des officiers Américano-britanniques chargés d'administrer les territoires libérés au cours de la Seconde Guerre mondiale. Le but de ce gouvernement était d'assurer un fonctionnement de l'administration en attendant l'établissement d'un gouvernement légitime, c'est-à-dire élu par le peuple. Ce gouvernement militaire fut établit avec succès dans certains pays, alors que dans d'autres il fut reconnu illégitime et dut rapidement être remplacé par un gouvernement national de transition.

    De Gaulle s'opposa vigoureusement à ce gouvernement pouvant être mit en place pour une durée d'un an avec un effectif de 1.500 hommes. Il déclara notamment que les billets de banque, appelés communément billet drapeau, mis en circulation en Normandie par l'armée Américaine immédiatement après le débarquement ne furent que de la fausse monnaie. Il s'agissait de billets verts libellés en francs. Franklin Roosevelt finit par admettre la légitimité du GPRF Gouvernement Provisoire de la République Française le 23 octobre 1944, après le discours de de Gaulle au balcon de l'Hôtel de ville de Paris le 25 août.

    Les instructions d'Hitler prévirent la destruction des ponts et monuments de Paris, la répression impitoyable de toute résistance de la part de la population et de combattre dans Paris jusqu'au dernier homme pour créer un «Stalingrad» sur le front Ouest immobilisant ainsi plusieurs divisions Alliées. Mais le général von Choltitz ne montra aucun empressement à les appliquer. Probablement pour la simple raison que la pratique de la terre brulée ne servait plus à rien, les Alliés aux portes de Paris, de plus détruire Paris fut été un crime contre l'humanité. En outre, la garnison Allemande n'était forte que de 20.000 hommes, mal équipés, aux unités disparates, unités administratives par exemple, de faible valeur combative, 80 chars dont certains datèrent des prises de guerre de l'été 1940 comme des chars Renault FT-17 d'un «autre âge» et autant de pièces d'artillerie, pour certaines désuètes.

    Dietrich von Choltitz fut, le 7 août 1944, nommé gouverneur militaire de la garnison de Paris. Il reçut ce poste directement d'Hitler à Berlin. Von Choltiz fut marqué par cette rencontre avec Hitler, il eu la sensation d'avoir en face de lui un fou, et ne put croire à l'image donnée par la propagande. A Paris, le quartier général Allemand fut installé à l'Hôtel Meurice, somptueux palace situé Rue de Rivoli face au Jardin des Tuileries. Lorsqu'une insurrection FFI éclata les Allemands équipés de chars se replièrent alors que les résistants n'eurent aucune arme à leur opposer.

    9782266115018fs.1299082939.gifDans un premier temps il laissa miner les 45 ponts de Paris, p.126 de l’édition de poche de «Paris brûle-t-il ?», le Palais Bourbon avec l’Hôtel de Lassay, le Palais du Luxembourg, l’Élysée, le Quai d’Orsay, les Invalides, la Tour Eiffel, l’Arc de Triomphe, la Madeleine, le Palais Gabriel, l’Opéra, sans compter les gares et le potentiel énergétique, eau, gaz, électricité, avec des charges de plusieurs tonnes (p.408 à 412). Le capitaine Ebernach, expert en destruction dépêché par Hitler déclara avoir miné «la moitié de Paris» (p.432). Mais, désobéissant aux ordres de plus en plus pressants de Berlin, Choltitz n’ordonna jamais la mise à feu. Malgré son éthique de soldat, malgré la «Sippenhaft», prise en otage de la famille des généraux traîtres ou insoumis, malgré les bombardements Alliés qui n’épargnèrent pas les villes Allemandes, il ne se résolut pas à transformer la plus belle ville du monde en un champ de ruines, engloutissant dans cet apocalypse des centaines de milliers de parisiens, tiré de «Paris doit-il un hommage à von Choltitz ?».

    Le gouverneur accepta le cessez-le-feu dans l'après-midi du 19 août. Conscient que la destruction des infrastructures de Paris furent inutiles, que la guerre fut perdue pour son camp. Hitler, dans un accès de rage, lui téléphona en demandant si Paris brûlait (Brennt Paris ?). Le 25 août, le général von Choltitz capitula devant le général Leclerc, à la Préfecture de police de Paris, le «colonel» Rol Tanguy, commandant des FFI de l'Île-de-France assista à la cérémonie en qualité de témoin. Immédiatement emprisonné, il fut enfermé avec d'autres hauts officiers Allemands en Angleterre.

    La résistance intérieure de Paris commandée par Rol-Tanguy depuis son poste de commandement sous la place Denfert-Rochereau et par Chaban-Delmas, pauvrement équipée sans liaison radio avec l'extérieur mais enthousiaste, encercla les îlots de défense Allemands. L'occupant se trouva en position défensive, une division SS fut mise en mouvement vers Paris pour renforcer l'armée Allemande. Il fut prévit qu'elle obéirait sans état d'âme aux ordres de destruction d'Hitler. Avec l'annonce de l'avance rapide des Alliés sur Paris, le métro de Paris, la gendarmerie le 13 août, puis la police qui lui emboîtèrent le pas le 15 août, suivis des postiers qui le jour suivant, se soulevèrent. Ils furent rejoints par d'autres ouvriers de la ville quand la grève générale éclata le 18 août. Des barricades furent dressées, entravant les mouvements des véhicules Allemands, et des escarmouches contre les forces Allemandes d'occupation, épaulées par des membres de la Milice restés sur Paris malgré le repli général des miliciens quelques jours plus tôt. Elles commencèrent à devenir sérieuses les jours suivants, atteignirent leur maximum le 22. De sérieux combats eurent lieu à la préfecture de police. Une trêve fut conclue, trêve qui permit à chacun des camps soit d'évacuer la capitale pour les Allemands, soit de conforter ses positions, pour la Résistance.

    En marge des évènements de la capitale, des accrochages et embuscades furent organisés par des partisans et résistants en banlieue parisienne. Les insurgés, faute de munitions, n'auraient pas pu tenir bien longtemps. Mais, devant cette situation désespérée, ayant obtenu l'accord de de Gaulle, le général Leclerc forca la main aux Américains en donnant l'ordre de marche sur Paris aux éléments de reconnaissance de sa 2ème division blindée. Le général Américain Gerow, supérieur hiérarchique de Leclerc, fut furieux, considérant cela comme une insubordination. Eisenhower doutant de pouvoir retenir les Français finit par accepter et envoya la 4ème division d'infanterie Américaine en renfort.

    La percée de la 2ème DB.

    À partir de ses positions d'Argentan l'attaque Française se fit, sans soutien aérien Allié, sur 200 km en contournant par le sud les positions Allemandes placées à l'ouest de Paris, au milieu d'un enthousiasme populaire indescriptible qui gêna les combattants. C'est que, depuis deux mois, Paris attend les Américains, malgré la propagande de Radio Paris qui annonce la victoire Allemande en Normandie «Radio-Paris ment, Radio-Paris est Allemand» disent les résistants, et soudain derrière l'ennemi qui reflua en désordre dans la banlieue, on vit le drapeau Français sur les tourelles des Sherman M4. À la surprise initiale succéda une indicible fierté, la foule envahit les rues, on monta sur les chars, partout les drapeaux fleurirent, la rumeur se propagea jusqu'à Paris,

    «Les Français, ce sont des Français de Leclerc !»

    Les combats en banlieue furent sévères mais les soldats de la 2ème DB qui combattirent sans dormir pendant deux jours et deux nuits ne purent être ralentis par les points d'appui Allemands. La vive résistance Allemande fut culbutée, sans souci des pertes importantes chez les Français, et les éléments de la 2ème DB entrèrent dans Paris par la porte d'Orléans le 24 août 1944. Sous le commandement du général Leclerc, le capitaine Dronne pénétra dans Paris par la porte d'Italie avec sa 9ème compagnie, régiment de marche du Tchad, essentiellement constituée de républicains Espagnols, forte de 15 véhicules blindés, 11 half-tracks, 4 véhicules accompagnés de trois chars pour se poster en renfort des FFI devant l'Hôtel de Ville, le 24 août à 21 h 22, malgré la garnison Allemande encore puissante en attendant le gros de la 2ème division blindée. La 4ème division d'infanterie Américaine entra par la porte d'Italie le 25 août 1944. Guidés par les résistants, les Alliés atteignirent la rue de Rivoli malgré de sérieux combats en pleine ville. Les chars Français détruisirent des Panzers Allemands et des colonnes blindées à plusieurs reprises au cours de duels au canon. L'État-major Allemand fut fait prisonnier par les Français.

    La signature de la reddition des troupes nazies fut faite à la gare Montparnasse le 25 août. Malgré que des combats sporadiques continuèrent en particulier du fait des unités SS qui refusèrent la capitulation du général Von Choltitz, menaçant même de fusiller les officiers «traîtres» de la Wehrmacht qui leur commandèrent la reddition.

    Le même jour, le général de Gaulle, chef du Gouvernement provisoire de la République française, arriva au ministère de la Guerre rue Saint-Dominique, puis fit à l'Hôtel de ville un discours à la population dont un extrait est resté célèbre,

    «Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré !».

    Georges Bidault lui demanda de proclamer la République. De Gaulle refusa, «la République n'a jamais cessée d'être ! Vichy fut toujours et demeure nul et non avenu». Pendant plusieurs jours, la population parisienne fut partagée entre la peur et l'enthousiasme. Les combats se poursuivirent en banlieue nord, vers Le Bourget et la forêt de Montmorency, où la 47ème division Allemande, venue du Pas-de-Calais, tenta de freiner l'avance Alliée. A Paris même, des tireurs isolés, Allemands ou miliciens, furent signalés à plusieurs reprises. Le 26 août, un défilé de la victoire sur les Champs-Élysée fut organisé.

    La foule joyeuse salua les forces de Leclerc.

    La cérémonie d'action de grâces à Notre-Dame fut perturbée par une fusillade, car des résistants croirons, (à tort ?) avoir aperçu des tireurs embusqués. La nuit suivante, un bombardement de bombes incendiaires fit environ 200 morts. Adrien Dansette historien et juriste estima le nombre de tués à 130 hommes de la 2ème DB, 532 résistants et environ 2.800 civils pendant les combats pour la libération de Paris. Les pertes Allemandes furent de 3.200 tués et de 12.800 prisonniers.

    Les conséquences politiques furent symboliquement importantes par le fait que ce fut les troupes Françaises qui pénétrèrent les premières dans Paris marquant ainsi la souveraineté Française. Ce fait, un symbole, permit à la France de se positionner parmi les grandes puissances dans le camp des vainqueurs du conflit.

    Grâce aux soulèvements populaires spontanés de Paris et de Nice, des maquis communistes du Limousin et de la Bretagne, régions qui, comme celle de Toulouse, se libérèrent seules de l'occupant malgré une répression féroce, et du Vercors héroïque, écrasé sans pitié par la Wehrmacht, ainsi que la prise de la Provence par la 1ère armée Française, et auparavant l'excellente tenue de 80.000 Français en Tunisie et 120.000 en Italie, voir la suite 65, le Gouvernement provisoire de la République française posséda ainsi la force et le prestige suffisants pour réaffirmer la République française et ses institutions.

    La suite 71 portera sur le procès du Maréchal Pétain

    Références,
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Bagration
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Insurrection_de_Varsovie
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Armia_Krajowa
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Dietrich_von_Choltitz
    http://www.guerre-mondiale.net/paris-brule-t-il-livre-p20.html
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Sippenhaft
    http://www.avisdepassage.comaarticleparishommage0704.htm
    http://en.wikipedia.org/wiki/Leonard_T._Gerow
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Adrien_Dansette

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