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  • Philippe Pétain, Maréchal de France ses années noires de 1940 à 1944, suite 52,

    la collaboration économique, et privée.

     

    Support Wikipedia On a beaucoup écrit sur la collaboration d'État par ce qu'elle est la plus sensible en premier militaire puis ensuite policière conduisant à une dictature révolutionnaire dont les précédents articles ont montré l'importance sur la vie des Français, mais la question des entreprises collaboratrices semble avoir été mise à l'écart à la libération, et pourtant de nombreuses ont collaborés comme ces grandes entreprises Renault, Worms, Berliet ou les patrons se sont retrouvés en prison après la libération. Il apparait en effet que le patronat a bénéficié d'une certaine indulgence. Dans les faits, les entreprises Françaises n'avaient probablement pas d'autres possibilités que de collaborer, comment faire autrement pour exister, et pour eux ce fut une source de profits, le Reich payait bien, notre dette de l'armistice revenait sous une autre forme.

    On peut considérer, en se fiant aux meilleures estimations, qu'un bon tiers de la production industrielle Française ­ et plus de la moitié après la mi-1942 ­ a franchi le Rhin à cette époque. A titre personnel, certains patrons ont été résistants, et la proportion de ceux qui ont rejoint «l'armée de l'ombre» est peu différente, à en croire les statistiques disponibles, de celle que l'on rencontre dans les autres catégories sociales. En revanche, et c'est ce qui explique l'ampleur des livraisons au Reich, très rares ont été les cas d'entreprises résistantes, comme Hispano-Suiza, célèbre pour ses automobiles, mais surtout fabricant de matériels de guerre, dont les dirigeants, sollicités par les Allemands, ont refusé de travailler pour eux, mettant en péril l'existence même de la société et de son outil de production.

    L'atelier des usines Berliet à Vénissieux

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    De la référence les patrons sous l'ocupation

    L'économie Française a donc travaillé presque pour l'Allemagne entre 1940 et 1944 devant s'acquitter d'abord de la dette de guerre fixée par l'armistice de juin 1940, mais pratiquement fixée au cours des ans de façon unilatérale par les Allemands qui établissaient arbitrairement le taux du franc par rapport au mark. Cette dette, censée correspondre à l'entretien des troupes d'occupation a été en moyenne de 400 millions de francs par jour, l'équivalent de quatre millions de salaires journaliers d'ouvriers. L'emploi du terme de «collaboration économique» signifie que la politique prédatrice de l'Allemagne s'est effectuée sous administration Française comme conséquence désastreuse de l'armistice de 1940.

    La collaboration économique pendant l'occupation.



    A cette ponction forcée on peut y ajouter le travail des prisonniers de guerre, qui sont 1,5 million à travailler pour l'Allemagne en Allemagne pendant presque toute la durée de la guerre. En octobre 1940, on comptait en France un million de chômeurs, conséquence de la désorganisation complète de l'économie due à la débâcle. Rapidement après l'armistice, le gouvernement de Pétain décida d'autoriser les entreprises Françaises à accepter des contrats avec les Allemands. Les commandes Allemandes seront le principal moteur du redémarrage de l'économie Française. Il est évident que les condamner dans ce cas aurait été un non sens comment donner du salaire, donc de quoi vivre, si les entreprises ferment pour ne pas traiter des affaires avec les Allemands. Le nombre de chômeurs était descendu à 125 000 en 1942, et à la Libération, il était pratiquement nul.

    De façon générale, avec les indemnités d'occupation, l'Allemagne arrive à faire travailler l'agriculture et l'industrie Française en grande partie pour son compte, en 1943, d'après les statistiques de l'Office central de la production industrielle, 100 % de l'industrie aéronautique, 100 % de la grosse forge, 80 % des BTP, 60 % de l'industrie du caoutchouc travaille pour le compte de l'Allemagne. Henri Rousso note que les chiffres sont probablement surévalués, mais qu'ils donnent un ordre de grandeur correct. Selon l'historien Allemand Eberhard Jäckel, « Au printemps de 1942, 170 000 Français travaillaient sur place dans les services de la Wehrmacht , 275 000 à la construction d'aérodromes et de fortifications comme le mur de l'Atlantique, 400 000 enfin à la fabrication d'armements», Eberhard Jäckel , «La France dans l'Europe de Hitler», Fayard, 1968, p. 320.

    En outre, entre 1942 et 1944, le commissaire général du Reich pour l'emploi et la main d'œuvre, Fritz Sauckel va exiger que la France envoie deux millions de travailleurs au titre du STO. Seuls 600 000 partent effectivement, qui s'ajoutent aux 700 000 travailleurs volontaires, volontaires et STO sont plus ou moins bien rémunérés.

    Selon le général von Senger und Utterlin de la Commission d'armistice Allemande,

    «l'industrie Française des armements de guerre fut remise sur pieds pour les armements Allemands. Sans le potentiel économique de la France, Hitler n'aurait pas pu faire durer la guerre aussi longtemps. C'est cela qui fut le grand profit qu'Hitler tira de la conquête de la France».

    Deux auteurs, Fabrizio Calvi et Marc Masurovsky , montrent dans un ouvrage, Le Festin du Reich, 2006, que des banques Américaines à Paris «avaient continué à faire commerce avec les nazis pendant toute la guerre» malgré les «lois, ordonnances Américaines réprimant le commerce avec l’ennemi», et qu'elles ne furent guère inquiétées par la mission Matteoli. Lire l'entretien avec Fabrizio Calvi sur Le Festin du Reich, mars 2007.

    * Louis Renault a été accusé à la Libération de collaboration avec l'armée Allemande. Les usines groupe Renault furent confisquées et nationalisées sous ce motif.
    * Gnome et Rhône fournissait des moteurs d'avions à l'Allemagne. Elle fut nationalisée à la Libération pour faits de collaboration et deviendra la Snecma, actuelle société Safran.
    * Berliet
    * En mai 1941, après les premières arrestations de juifs, l'entreprise Photomaton propose ses services à l'occupant,

    «Nous pensons que le rassemblement de certaines catégories d'individus de race juive dans des camps de concentration aura pour conséquence administrative la constitution d'un dossier, d'une fiche ou carte, etc. Spécialistes des questions ayant trait à «l'identité», nous nous permettons d'attirer particulièrement votre attention sur l'intérêt que présentent nos machines automatiques Photomaton susceptibles de photographier un millier de personnes en six poses et ce en une journée ordinaire de travail», Renaud de Rochebrune et Jean-Claude Hazera, Les Patrons sous l'occupation, Odila Jacob, 1995.


    * Des entreprises du BTP, comme Sainrapt et Brice, et des cimenteries ont participé à la construction du mur de l'Atlantique.
    * Banque Worms, bien introduite au sein du régime de Pétain, avec notamment Jacques Barnaud, 1893-1962, responsable des relations économiques Franco-allemandes et Pierre Pucheu, une présence qui a entraîné bien des fantasmes, voir la Synarchie.

    La collaboration artistique,

    Des hommes du monde du spectacle, par exemple Sacha Guitry, furent un moment taxés de collaboration parce qu'ils avaient, pendant l’occupation, continué à exercer leur métier et avaient entretenu des relations pour le moins cordiales avec l'occupant. De fait, si nombre d'autres artistes, comme Ray Ventura, avaient émigré à cette époque, un certain nombre d'autres ont, pour reprendre l'expression de Guitry, continué à exercer leur métier, comme tous les autres Français restés sur le territoire national, à la seule exception de ceux qui avaient pris le maquis. Il n'en reste pas moins que plus d'une personnalité des arts et des spectacles ne manifesta aucun état d'âme particulier à s'afficher régulièrement aux côtés des Allemands, et que ceux-ci furent largement mêlés pendant quatre ans à la vie d'un Tout-Paris pas toujours regardant.

    Quelques témoignages

    Panneau à l’exposition anti-juive de Paris, octobre 1941. © LAPI / Roger-Viollet 874-11, référence, La France pendant la seconde guerre mondiale.

    Je n'ai pu publier cette image, mais vous pouvez la consulter en cliquant sur la référence citée

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    Artistes de music hall rentrant d’Allemagne, Gian Roberte, Ginette Werden-Nello, Rinatis, Suscitio.... Paris. Juillet 1943. © LAPI / Roger-Viollet 2152-13, référence, La France pendant la seconde guerre mondiale.

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    Retour d’Allemagne des écrivains Français. De gauche à droite, lieutenant Gehrard Heller, Pierre Drieu La Rochelle, Georg Rabuse, Robert Brasillach, Abel Bonnard, André Fraigneau et Karl Heinz Bremer. Paris, novembre 1941. © LAPI / Roger-Viollet 533-1, référence, La France pendant la seconde guerre mondiale.

    Charles Trenet sous l'occupation

    La presse collaborationniste.

    Avant le début de la Seconde Guerre mondiale, le décret-loi du 26 juillet 1936, décret Daladier, institue un «Commissariat Général à l'Information» qui dépend directement de la Présidence du Conseil. Dirigé par le diplomate Jean Giraudoux, il est chargé de contrôler les médias et mobiliser l'opinion contre l'Allemagne nazie. Pendant la Drôle de guerre, le commissariat est transformé par le décret du 1er avril 1940 en «Secrétariat d'État de l'Information et de la Propagande » du Ministère de l'Information sur lequel va s'appuyer la collaboration pour faire accepter aux Français la défaite à travers trois médias, France-Actualité pour les actualités cinématographiques, Radiodiffusion nationale et la presse écrite.

    Les principaux journaux de presse existant alors adoptent trois attitudes, soit ils se sabordent comme Le Canard enchaîné, l'Intransigeant, le Populaire ou l'Humanité, soit ils se replient en zone libre dès le 10 juin 1940, essentiellement sur Lyon où existent de nombreuses imprimeries, comme Le Journal, Paris-Soir ou le Figaro, soit ils décident de reparaître en zone Nord, comme Je suis partout ou Le Matin. La majorité des titres de la presse collaborationniste en zone occupée étaient subventionnés ou détenus en sous-main par l'ambassade d'Allemagne d'Otto Abetz, qui a créé à cet effet les Éditions Le Pont.

    La presse parisienne est dominée par la personnalité du patron de presse Jean Luchaire . L'ambassade d'Allemagne exerce principalement la propagande et la Propaganda Staffel se spécialise dans la censure, notamment grâce à ses bureaux en province. A part les ultra-collaborationnistes, les journalistes agissent plus par opportunisme, appât du gain, ou lâcheté que par idéologie alors que les salaires en France sont bloqués, leurs appointements sont doublés par l'entremise de la Propaganda Staffel. La presse pétainiste en zone libre soutient majoritairement la politique collaborationniste et antisémite de Pétain en pratiquant l'autocensure car elle est contrôlée par le «Secrétariat d'État de l'Information et de la Propagande» du Ministère de l'Information, dirigé par Paul Marion puis Philippe Henriot. Des dizaines d'écrivains ou journalistes de renom furent des collaborateurs. Les articles spécialisés permettent de connaître plus en détail la nature des engagements de différents écrivains de renom en faveur de l'occupant ou de la Révolution nationale.

    * Jacques Benoist-Méchin, historien
    * Henri Béraud, journaliste, écrivain
    * Abel Bonnard, académicien
    * Georges Albertini, journaliste et secrétaire général du RNP
    * Robert de Beauplan, journaliste, écrivain
    * Robert Brasillach, journaliste, écrivain
    * Charles Spinasse, député socialiste et fondateur de l'hebdomadaire collaborationniste Le Rouge et le Bleu
    * Louis-Ferdinand Céline, écrivain
    * Paul Chack
    * Jacques Chardonne, romancier
    * Alphonse de Chateaubriant
    * Pierre Drieu La Rochelle
    * Abel Hermant, académicien
    * George Montandon, ethnologue
    * Lucien Rebatet, romancier
    * Camille Mauclair, écrivain
    * Charles Maurras, directeur du journal L'Action française.
    * Maurice Sachs, écrivain, juif, collaborateur.

    Quelques témoignages

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    «Je suis partout», hebdomadaire politique et littéraire dirigé par Robert Brasillach, juillet 1941. © Roger-Viollet 11136-11, référence, La France pendant la seconde guerre mondiale.

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    Kiosque à journaux, Paris. © André Zucca / BHVP / Roger- Viollet 37817-2, référence, La France pendant la seconde guerre mondiale.

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    Vente dans la rue du journal de Jean Luchaire. © André Zucca / BHVP / Roger-Viollet 37809-12, référence, La France pendant la seconde guerre mondiale.

    La suite 53 portera sur le Service du Travail Obligatoire.

    Références,

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Rousso
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Mission_d%27%C3%A9tude_sur_la_spoliation_des_Juifs_de_France
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Eberhard_J%C3%A4ckel
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Fritz_Sauckel
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Fabrizio_Calvi
    http://beaugency.over-blog.com/article-un-registre-des-oeuvres-d-art-volees-par-les-nazis-mis-en-ligne-le-monde-59166753-comments.html
    http://www.babelio.com/livres/Calvi-Le-festin-du-Reich--Le-pillage-de-la-France-occup/151081
    http://jeanchristophegrellety.typepad.com/lactionlitteraire/files/ENTRETIENJCGRELLETYAVECFABRIZIOCALVI.pdf
    http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/xxs_0294-1759_1996_num_51_1_4475_t1_0171_0000_1
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Synarchie
    http://chrhc.revues.org/index1699.html
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Giraudoux
    http://www.witzgilles.com/vichy.htm
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Marion
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Luchaire
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Propagandastaffel

  • Philippe Pétain, Maréchal de France ses années noires de 1940 à 1944, suite 51,

    la collaboration d'État, l'entrevue de Montoire, la milice, suite,

     

    Support Wikipedia Le régime de 1940 accorda son soutien au régime nazi particulièrement au travers de l'expulsion de juifs et de la spoliation de leurs biens, aryanisation, associée à la déportation de juifs étrangers puis Français. Sur les 76 000 Juifs déportés de France, dont 50 000 étaient des juifs étrangers, 40 % ont été arrêtés par la police Française, selon les calculs de Serge Klarsfeld. La milice Française a aussi participé à l'arrestation des 25 000 juifs déportés. Bien que le port de l'étoile jaune n'eût jamais été instauré en zone libre, le régime de Pétain y fit apposer le tampon «Juif» sur les papiers d'identité, et ne protesta pas non plus contre la mesure prise en zone Nord. En application des accords policiers Oberg-Bousquet de mai 1942, et de la rafle du Veld'Hiv. Début juillet, selon une notice conçue par son attaché Camille Gaspard, Pierre Laval propose de livrer les Juifs étrangers vivant en zone non occupée en y joignant leurs enfants, en échange de l’exemption collective des juifs de nationalité Française des deux zones. Le 26 août 1942, René Bousquet organisa la rafle et la déportation de 10 000 juifs étrangers de zone libre.

    Sollicité de revenir sur sa décision d’inclure dans les convois les enfants de moins de 16 ans,  non demandés des Allemands, notamment par le pasteur Boegner, chef des protestants de France, Laval refuse «pas un seul de ces enfants ne doit rester en France». Le pasteur Boegner rapportera plus tard,

    «Que pouvais-je obtenir d’un homme à qui les Allemands avaient fait croire, ou qui faisait semblant de croire, que les juifs emmenés de France allaient en Pologne du sud pour y cultiver les terres de l’État juif que l’Allemagne affirmait vouloir constituer. Je lui parlais de massacre, il me répondait jardinage».

    Laval ne semble jamais s’être préoccupé particulièrement du sort exact qui pouvait atteindre les familles déportées. Il prétendit après la guerre avoir livré les juifs étrangers pour éviter la déportation des juifs Français. Mais, sans même parler du caractère singulier et pour le moins éthiquement discutable de ce marchandage, Laval n’a jamais demandé ni obtenu la moindre assurance écrite des Allemands à ce sujet, se fiant visiblement à de vagues assurances verbales jamais tenues, puisque des milliers de juifs Français seront déportés ultérieurement à leur tour.

    Par ailleurs, Laval tient, peu après la rafle parisienne du Vel’ d’Hiv’ ses seuls propos antisémites connus, déclarant aux préfets faire de la «prophylaxie sociale» en débarrassant la France de juifs étrangers qui auraient «abusé de son hospitalité» et fait de l’Hexagone un «dépotoir humain». Le Commissariat général aux questions juives, dirigé par Darquier de Pellepoix, était sous l’autorité directe de Laval depuis juillet 1942. Le 30 septembre 1942, dans un télégramme aux ambassades Françaises à travers le monde, il reprenait une rhétorique antisémite pour justifier les récentes déportations, «le seul moyen de conjurer le péril juif était le rapatriement de ces individus dans l'Est de l'Europe, leur pays d'origine».

    97 % des Juifs déportés périrent dans les chambres à gaz ou seront exterminés par le travail dans les camps de concentration. Des 11 000 enfants de moins de 16 ans déportés, la plupart sur l’insistance personnelle de Laval, aucun n’est revenu.

    L'armée de Pétain,

    La neutralité Française initialement affichée permettait de fait aux Allemands de se reposer sur l'Armée française pour repousser d'éventuelles attaques Britanniques en métropole ou dans l'Empire français, Robert O Paxon L'armée de Vichy. L'Armée d'armistice est limitée à 100.000 hommes en métropole, mais elle comprend 450.000 hommes dans les diverses colonies. En septembre 1940, après que l'Afrique-Équatoriale Française, AEF eut basculé dans le camp de la France libre, à Dakar, l'armée restée loyale à Pétain repousse les forces navales Anglaises et Françaises libres, Jean-Pierre Azéma, Olivier Wieviorka, Vichy, 1940-1944, Perrin, 1997.

    Darlan essaya de marchander d'importantes concessions militaires et politiques, en signant les Protocoles de Paris paraphés le 28 mai 1941. Ces accords militaires de Darlan entre le régime pétainiste et les Allemands qui avait rencontré Hitler à Berchtesgaden eurent lieu les 11 et 12 mai 1941, il signa avec l'ambassadeur Otto Abetz les trois protocoles de Paris du 28 mai 1941. Ces textes, qui instituèrent une collaboration militaire entre les forces armées Allemandes et Françaises, Protocole I pour la Syrie-Liban, Protocole II, pour Bizerte et la Tunisie, Protocole III, pour l'A.O.F. et l'A.E.F., et protocole complémentaire, sur les moyens demandés par le régime de 1940 pour combattre toute riposte alliée furent personnellement approuvés par Pétain dans son télégramme du 15 mai 1941 au général Dentz, haut commissaire en Syrie.

    Télégramme départ Vichy, 15 mai 1941 à 16h30.

    Le maréchal Pétain chef de l'État à monsieur le général Dentz haut-commissaire de France en Syrie 635. L'amiral de la flotte Darlan vous a télégraphié hier au sujet des négociations franco-allemandes. Je tiens à insister personnellement sur la haute portée de ces négociations et sur la volonté que j'ai de poursuivre sans arrières-pensées la politique qui s'en dégage. L'allusion faite à la Syrie doit vous confirmer dans votre désir de défendre par tous les moyens, le territoire placé sous votre autorité, d'assurer comme à Dakar la liberté de son ciel, d'y donner dans des conditions que je sais politiquement et matériellement délicates, la mesure de notre désir de collaboration à l'ordre nouveau. Je vous fais confiance. Ph. Pétain.

    Ces dispositions furent appliquées totalement en Syrie-Liban et partiellement en Afrique du Nord par la livraison à l'ennemi de pièces d'artillerie lourde et de munitions, que celui-ci allait pouvoir utiliser contre les soldats Français à Bir Hakeim puis pendant la campagne de Tunisie. Le 21 décembre 1941, le général Juin et Hermann Göring se rencontrèrent à Berlin pour négocier l'utilisation de la base Française de Bizerte par l'Africakorps, mais ce fut un échec, Pétain exigeait en échange un renforcement de l'armée Française d'Afrique et un accord général plus favorable que l'armistice du 22 juin 1940, ce que les Allemands refusèrent, Georges-Henri Soutou, «Vichy, l'URSS et l'Allemagne de 1940 à 1941.

    La véritable contrepartie espérée résidait dans un quatrième document qui contenait toutes les concessions politiques demandées aux Allemands, mais ne fût jamais signé par une autorité Allemande d'un niveau supérieur à celui de l'ambassadeur d'Allemagne Otto Abetz, Robert, O. Paxton, «La collaboration d'État», dans La France des années noires, tome 1, Éd. du Seuil ; rééd. coll. «Points-Histoire», 2000, p. 371., Éd. du Seuil, Robert Aron, Histoire de Vichy, 1940-1944, Fayard, 1954, p. 425-441.

    Malgré l'opposition de Weygand, chef des armées en Afrique, le Gouvernement de 1940 relança les Allemands durant tout l'automne 1941, mais ne ratifiera jamais ces accords ne voulant pas perdre la face devant les Indigènes, par la concession voyante à l'Allemagne de bases en Afrique. Quelques vedettes lance-torpilles transitèrent par le Rhône, Robert. O. Paxton, «La collaboration d'État», dans La France des années noires, tome 1, Éd. du Seuil ; rééd. coll. «Points-Histoire», 2000, p. 371.

    Quant au gouvernement de Pétain, il s'abstint de ratifier ce texte, en invoquant la nécessité de concessions plus conséquentes. Bien que marqué par la perte du Levant et l’échec des Protocoles de Paris, Darlan se ressaisit, convaincu de la justesse de sa politique. Il lui fallait rester allié à l'Allemagne pour ne pas perdre l'Afrique, ni sa place dans le gouvernement. Il renforça ainsi son pouvoir et devient ministre de la Défense nationale. Il put ainsi déterminer l’emploi des forces armées et leur organisation générale, ainsi que les conditions de leur emploi. Les relations entre Marine et Armée de Terre étaient peu cordiales, les militaires supportant mal d’être commandés par un marin.

    Darlan entre en conflit ouvert avec Weygand et Huntziger. Le hasard sert Darlan avec la mort dans un accident d'avion du général Huntziger. Quant à Weygand, il est rappelé à la suite d'un ultimatum Allemand conséquence des manœuvres de l'amiral auprès des Allemands. Le général Juin, libéré en application des Protocoles de Paris, est aussitôt nommé au commandement supérieur en Afrique du Nord.

    Le 1er décembre 1941, les difficultés de Rommel en Afrique relancèrent les négociations, une rencontre eu lieu à Saint-Florentin entre Darlan, Pétain et Goering. Pétain remet alors au maréchal du Reich un mémorandum en sept points reprenant le contentieux ancien pour obtenir une collaboration politique sincère sur les bases de la reconnaissance de la souveraineté Française sur l’ensemble du territoire, de la fin de l’Ostland, de la disparition de la ligne de démarcation, d'assouplissements économiques et de la libération des prisonniers.

    Ce mémorandum est refusé par Goering.

    Négative sur le plan des concessions politiques, la concertation débouche sur des conversations militaires concernant la défense de l'Empire. N'excluant plus le repli de Rommel en Tunisie, des négociations sont menées avec le général Juin, le 20 décembre à Berlin, pour une éventuelle participation Française à la guerre en Afrique. Au cas où Rommel serait rejeté en Tunisie, les troupes Françaises devraient intervenir pour combattre aux côtés des Allemands contre les troupes Britanniques. C'est d'ailleurs ce qui se produit le 8 novembre 1942, où les généraux de Pétain combattirent le débarquement allié au Maroc tandis qu'ils livrèrent, sans résistance, la Tunisie aux troupes Germano-italiennes.

    Quant au protocole sur la Syrie, il a été immédiatement appliqué, il a permis à la Luftwaffe de bombarder à partir de la Syrie les forces Britanniques en Irak. Aussi a-t-il entraîné une riposte des Anglais et des Français libres au Levant, qui vont récupérer les territoires de Syrie et du Liban après plus d'un mois de combats ayant fait plusieurs milliers de victimes dans les deux camps.

    La Milice,

    200px-bannieremilicesvg.1296643030.pngL'emblème de la Milice, un gamma stylisé, document Wikipédia .

    En janvier 1943, Laval crée la milice française, il en fut le principal chef. Force de police politique sous la conduite de Joseph Darnand, membre de la cagoule son secrétaire général fondateur du Service d'Ordre Légionnaire, SOL, organisation de choc comprenant des partisans de Pétain et des éléments du «Milieu» nicois. Précurseur de la milice française elle prônait le culte de la personnalité, le racisme, la collaboration avec l'occupant et le rejet de la démocratie.

    La Milice, organisation de type fasciste, elle se voulait un mouvement révolutionnaire, à la fois «anti» antirépublicain, antisémite, anticommuniste, anticapitaliste, et «pour» le nationalisme et l'autoritarisme. Elle sembla avoir ambitionné de devenir l'équivalent d'un parti unique de l’État pétainiste. Sa montée en puissance marqua en tout cas, selon Robert Paxton et Stanley Hoffmann, la fascisation finale du Régime de Pétain. En six mois, elle recrute plus de 35 000 hommes et joue alors le principal rôle dans la traque des juifs et des résistants, qui sont soit torturés et exécutés sommairement sur place, soit déportés vers les camps de concentration. Recrutant largement parmi les ultra-collaborationnistes convaincus, mais aussi les aventuriers de toutes sortes et les criminels de droit commun, la Milice s’illustre aussi par de nombreux vols, viols, extorsions de fonds, voies de fait sur la voie publique ou agressions contre des fonctionnaires et des policiers.

    Laval ne désavoua jamais son soutien public à la Milice. En novembre 1943, il proclame qu’il marche «main dans la main avec Darnand» car «la démocratie, c’est l’antichambre du bolchevisme». En juillet 1944, il apparaît sincèrement horrifié par l’assassinat de son ancien ami et collègue de gouvernement, Georges Mandel, liquidé par la Milice. Mais il ne montrera guère d’émotion particulière pour les nombreuses autres exactions de cet authentique instrument de guerre civile, qu’il a lui-même encouragé à sévir. Cette même année 1943, il livre Léon Blum, Paul Reynaud et Édouard Daladier aux nazis.

    Membres de la Milice en 1944.

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    Document Wikipédia.

    Ce fut la loi du n° 63 du 30 janvier 1943 (publiée au Journal officiel de l'État français le 31 janvier 1943, n° 27, page 290) qui fonda la milice Française, elle devient un supplétif de la gestapo.

    Selon Darnand, «la milice Française n'est pas une police répressive. La Milice groupera des personnes de tous les âges, de tous les milieux et de toutes les professions, désireuses de prendre une part effective au redressement du pays».

    milice_poster.1296656821.jpgAffiche de recrutement de la milice Française, document Wikipédia .

    Ouverte à tous, la Milice fera retrouver aux Français cette communauté nationale hors de laquelle il ne peut y avoir de salut pour notre pays. (Source : Archives nationales F 60 16 75). Dans son discours du 28 février 1943, Darnand assure encore que la Milice a d'abord une mission politique et Jean Bassompierre commente, «Elle a pour mission de soutenir la politique gouvernementale et de lutter contre le communisme». Pourtant, dans L'Action française du 3 mars 1943, Charles Maurras déclare, «Avec le concours de cette pure et solide police, nous pourrons chez nous frapper d'inhibition toute velléité révolutionnaire et toute tentative intérieure d'appuyer les hordes de l'Est, en même temps que nous défendrons nos biens, nos foyers, notre civilisation tout entière».

    La Milice coopérait avec la Gestapo, notamment en contribuant activement à l'arrestation des juifs. Elle disposait d'un service de sécurité dirigé de Marcel Gombert, assisté de Paul Fréchoux, Henri Millou et Joannès Tomasi. Sa Franc-garde participa dès l'hiver 1943-1944 à la répression sanglante des maquis, à commencer par l'assaut du plateau des Glières fin mars 1944.

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    Groupe de résistants du plateau des Glières (Haute-Savoie) arrêtés par la Milice. 1944. © Albert Harlingue / Roger-Viollet 1238-6, document, La France pendant la seconde guerre Mondiale.

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    Maquisard tué au cours d’une opération de police de la Milice en Haute-Savoie. Février 1944. © Roger-Viollet 7723-3, document, La France pendant la seconde guerre Mondiale .

    La loi du 20 janvier 1944 autorisa la Milice à constituer des cours martiales sommaires, trois juges, tous miliciens, siégeaient anonymement et prononçaient en quelques minutes des condamnations à mort exécutables immédiatement. Elles se chargeront notamment de condamner à mort et de faire exécuter les révoltés de la prison centrale d'Eysses, avril 1944, à qui la vie sauve avait été promise par les miliciens en échange de leur reddition. Furent aussi exécutés des hommes politiques hostiles à la collaboration. Dès décembre 1943, le directeur de La Dépêche de Toulouse Maurice Sarraut est exécuté par des miliciens, (2 décembre 1944. L’assassinat de Maurice Sarraut. Lectures d’un crime politique, Montauban, revue Arkheia, 2003) envoyés par les Allemands ainsi que l'ancien ministre du Front populaire Jean Zay assassiné à Molles le 20 juin 1944, ou l'ex-ministre de l'Intérieur Georges Mandel livré par les Allemands à la Milice et exécuté dans la forêt de Fontainebleau le 7 juillet 1944.

    De même, le député Victor Basch, 81 ans, président de la Ligue des Droits de l’Homme, LDH, et sa femme Hélène, dont les exécutions furent dirigées par Paul Touvier du 2ème service de la Milice, dont le chef était Jean Degans venu sur place. Déstabilisés par leur impopularité auprès de la nette majorité des Français, les miliciens redoublèrent d'extrémisme. Les immeubles de la Milice, à commencer par son QG. au Petit Casino de Vichy, devinrent des lieux de torture systématique.

    Les miliciens pratiquaient également la délation, contribuèrent à l'organisation des rafles et se livrèrent parfois, même seuls, à d'authentiques massacres, ainsi à Saint-Amand-Montrond, 11 juin 1944, où plus de 80 cadavres de civils seront retirés d'un puits après leur passage. À la suite de l’exécution par la Résistance le 28 juin 1944 du secrétaire d'État à l'Information Philippe Henriot, membre de la Milice, des miliciens sillonnèrent les rues de Châteauroux en voiture en tirant sur les passants qui s'y trouvaient. De nombreuses autres exactions furent perpétrées à cette occasion, la plus célèbre étant l'exécution de sept Juifs à Rillieux-la-Pape par Paul Touvier.

    C'est également à la suite de la mort de Philippe Henriot que des miliciens s'emparèrent de Georges Mandel, alors incarcéré à la prison de la Santé, pour l'assassiner en forêt de Fontainebleau. Manquant toujours d'hommes, Darnand ne disposa jamais de plus de 35.000 adhérents, moins de 15.000 vrais militants, dont beaucoup non armés ou inactifs. La milice Française ne reçu jamais la confiance des Allemands. Elle ouvrit en 1944 la perspective d'une guerre civile et d'une surenchère terroriste barbare, semblable à la guerre inter-partisane qui survint en Yougoslavie à la même époque.

    D'autre part, comme le montre l'historien Olivier Wieviorka, la violence fut une valeur systématiquement proclamée, exaltée et assumée par Darnand et les siens dans la logique des idéologies de type fasciste ou extrémiste de tous bords, violence révolutionnaire. C'est ainsi que le résistant Pierre Dunoyer de Segonzac ancien résistant et général de brigade qui reconnut un jour de 1944 Darnand parmi les voyageurs en civil de son train, répugna à le dénoncer au maquis qui avait arrêté le train quelques minutes, et lui sauva de fait la vie.

    Le 6 août 1944, Pétain, dans une lettre à Laval, finit par s'inquiéter des exactions de la Milice, tout en reconnaissant son rôle essentiel dans la collaboration avec la police Allemande. Laval transmet cette lettre à Darnand qui répond à Pétain, «Pendant quatre ans j'ai reçu vos compliments et vos félicitations. Vous m'avez encouragé. Et aujourd'hui, parce que les Américains sont aux portes de Paris, vous commencez à me dire que je vais être la tache de l'Histoire de France ? On aurait pu s'y prendre plus tôt», Éric Conan, Henry Rousso, Vichy, un passé qui ne passe pas, éd. Fayard, Paris, 1994.

    La suite 52 portera sur la collaboration économique et privée.

    Références,

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    http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Darquier_de_Pellepoix
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Paxton
    http://www.worldlingo.com/ma/enwiki/fr/Paris_Protocols
    http://books.google.fr/books?id=FMZ_YpZQZYsC&pg=PA203&lpg=PA203&dq=la+fin+de+l%E2%80%99Ostland&source=bl&ots=XxB1rqm7b3&sig=m95KYN6tpixBhvOkXoe7tWMb3bY&hl=fr&ei=hcpWTcTTC8my8gOPqeirDQ&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=9&ved=0CFAQ6AEwCDgK#v=onepage&q&f=false
    http://www.decitre.fr/livres/Vichy-1940-1944.aspx/9782262022297
    http://books.google.fr/books?id=dQBvFR1vMOAC&pg=PA47&lpg=PA47&dq=Georges-Henri+Soutou,+%C2%ABVichy,+l%27URSS+et+l%27Allemagne+de+1940+%C3%A0+1941.&source=bl&ots=TSL1i91qRZ&sig=-NdpdJ46cLzd8SxknBNh9LDoCcA&hl=fr&ei=Dh1JTdy5OZKn8QP8tdSNDw&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=3&ved=0CCoQ6AEwAg#v=onepage&q=Georges-Henri%20Soutou%2C%20%C2%ABVichy%2C%20l%27URSS%20et%20l%27Allemagne%20de%201940%20%C3%A0%201941.&f=false
    http://www.francaislibres.net/pages/sujet.php?id=oublis&su=80&np=253
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Dentz
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Alphonse_Juin
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Hermann_G%C3%B6ring
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Darnand
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Service_d%27ordre_l%C3%A9gionnaire
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    http://la-guerre-au-jour-le-jour.over-blog.com/article-30-janvier-1943-43713219.html
    http://www.arkheia-revue.org/L-assassinat-de-Maurice-Sarraut.html
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Zay
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Mandel
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Degans
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Henriot
    http://livre.fnac.com/a140383/Henry-Rousso-Vichy-un-passe-qui-ne-passe-pas
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Bassompierre
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Gombert

  • Philippe Pétain, Maréchal de France ses années noires de 1940 à 1944, suite 50,

    la collaboration d'État, l'entrevue de Montoire, la milice, suite,

     

    Support Wikipedia Le 27 août 1941, alors qu’il passe en revue le premier contingent de la Légion des volontaires Français, LVF, volontaires sous uniforme Allemand sur le point de partir pour participer à l’opération Barbarossa, Laval est victime d’un attentat à Versailles le 27 août 1941, il a reçu deux balles une à l'épaule l'autre au poumon gauche déviée et freinée par ses boutons de manchette.

    La cérémonie de la LVF qui est organisée à la caserne Borgnis-Desbordes, avenue de Paris, réunissait Eugène Deloncle, président du Comité central de la Légion des volontaires Français, Marcel Déat, fondateur du Rassemblement national populaire, RNP, Fernand de Brinon, délégué général du gouvernement Français dans les territoires occupés, Marc Chevallier, préfet de Seine-et-Oise et le ministre plénipotentiaire Allemand Schleier. L’auteur des cinq coups de révolver de 6,35 est un jeune résistant ouvrier de 21 ans, Paul Collette, ancien membre des Croix-de-feu qui s'est engagé dans la LVF pour mettre en œuvre un attentat contre les membres de ce gouvernement. Quand Pierre Laval arrive avec ses cinq compagnons Paul Collette tire sur le groupe. La faiblesse du calibre et son inexpérience font qu'aucune des balles ne sera mortelle.

    200px-charlemagne_division_soldiers.1296549056.jpgSoldats de la légion des légionnaires Français composant une partie de le Wehrmacht, document Wikipédia .

    La Légion des Volontaires Français également connue sous le nom infanterierégiment 638 par les Allemands est créée le 8 juillet 1941, 15 jours après le déclenchement de l’opération Barbarossa, l'invasion de l'URSS par l'Allemagne déclenchée le 22 juin 1941. Cette naissance est portée par une galaxie de partis collaborationnistes, notamment le RNP de Marcel Déat, le PPF de Jacques Doriot, et le MSR d'Eugène Deloncle. Elle est dissoute en 1944 pour être principalement intégrée à la Division SS Charlemagne. La LVF utilisait comme étendard le drapeau tricolore Français.

    Affiches de la légion des légionnaires Français.

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    Affiches de recrutement et de propagande de la LVF, documents Wikipédia.

    La LVF, association loi de 1901, était dirigée dans la zone occupée par un Comité central chargé du recrutement, dont faisaient partie Eugène Deloncle, Jacques Doriot, Marcel Déat, Marcel Bucard, Pierre Costantini, Paul Chack et Pierre Clémenti, tandis que le recrutement dans la zone libre était confié à un Comité d'action, à Marseille, dirigé par Simon Sabiani, et dont faisait partie Louis Lumière. Un Comité d'honneur donnait, une sorte de caution morale, par des personnalités intellectuelles, figures éminentes de la collaboration, qui seront toutes condamnées après-guerre, à l'exception du cardinal Baudrillart qui se battit en uniforme Allemand sur le front de l'Est décédé par maladie, ainsi que, Jean Luchaire, Abel Bonnard, Georges Claude, Alphonse de Châteaubriant, ainsi que des dirigeants du Parti national breton . Son organe de presse était Le Combattant européen, rédigé par Marc Augier.

    Le 17 avril 1942 sous la pression de Otto Abetz, Laval qui a recouvré la santé, est nommé à nouveau chef du gouvernement du régime de Vichy par le maréchal Pétain. Dès lors, il renforce la politique de collaboration avec l’occupant. Si Pétain n’a toujours pas d’affection personnelle pour Laval, il partage avec lui les mêmes options de politique extérieure, et approuve ses décisions en conseil des ministres. En juin 1942, le maréchal déclare très clairement en public que les propos et les ordres de Laval sont «comme les siens» et que tous lui doivent obéissance comme à lui-même. Ainsi que l’ont montré Henri Michel, Robert Paxton, Jean-Pierre Azéma et bien d’autres historiens, il n’a jamais existé de différences entre un «régime de Pétain » et un «régime de Laval», que les apologistes de Pétain ont inventées après la guerre afin de rejeter sur le seul Laval la responsabilité des turpitudes du Régime de 1940.

    Féru de diplomatie, intimement persuadé d’être le seul Français capable de négocier avec Hitler, Laval mise tout sur une collaboration sans équivoque qui consiste à anticiper sur les désirs Allemands et à multiplier les gages de bonne volonté envers le vainqueur, sans en attendre de contrepartie, dans le but de maintenir la reconnaissance par les occupants de l'autorité du régime de 1940. Il espère ainsi obtenir de Joachim von Ribbentrop ou d’Hitler l’entrevue décisive, pendant laquelle il fait d’avance généreusement confiance aux capacités de charme personnel qu’il se prête pour séduire les chefs nazis, et les convaincre de réserver à la France une place de choix dans l’Europe de Reich.

    Laval ne semble jamais avoir eu conscience ni de la spécificité radicale de l’idéologie nazie et du régime hitlérien, ni de l’absence complète de volonté du Führer de traiter la France ni aucun autre vassal comme un partenaire. Profondément convaincu d’avoir raison seul contre tous, et persuadé que la postérité seule comprendrait les mérites de sa politique, Laval n’a jamais tenu aucun compte de l’impopularité de sa personne et du sentiment de collaboration auprès de la masse des Français, pas plus que des avertissements qui lui parvenaient de plus en plus de toutes parts. D’où, parmi tant d’autres témoignages, ce dialogue significatif avec le général Weygand, en novembre 1942, au moment où ce dernier doit quitter le gouvernement à Vichy en raison de l’avancée des troupes Allemandes dans la «zone libre,

    «Monsieur Laval, vous avez contre vous 95 % des Français.
    - Dites plutôt 98 %, mais je ferai leur bonheur malgré eux
    ».

    Comment comprendre l'aveuglement de Laval pour le régime nazi ? On sait que ce régime était au départ porté par les travailleurs, c'était un régime socialiste devenu ensuite national socialiste. Laval a été membre de la SFIO en 1905 donc socialiste. Leur point commun était d'augmenter le niveau de la classe ouvrière et Laval au poste ou il se trouvait inespéré pour lui, étant originaire d'une famille modeste, voulait faire comme il le dit le bonheur des Français sans se rendre compte qu'il courait à sa perte et que les nazis ne cherchaient rien d'autre que la domination de l'Europe pour leur profit. Engagé dans la collaboration il ne pouvait plus reculer il lui fallait jouer le jeu à font avec l'espoir pour lui d'une victoire, d'ou son aveuglement malgré les avertissements qui lui étaient faits.

    Pierre Laval s’enferre ainsi sans retour dans une politique de collaboration de plus en plus coûteuse humainement et moralement pour la France, sans contrepartie. Il n’en varie pas, y compris en 1943-1944, alors que la défaite Allemande est pourtant devenue prévisible. N'a-t-il pas écrit dans une lettre à l'Ambassadeur US Wiliam Leahy.

    «En cas d’une victoire sur l’Allemagne de la Russie soviétique et de l’Angleterre, le Bolchevisme s’installerait inévitablement en Europe. Dans ces circonstances je préférerais voir l’Allemagne gagner la guerre. J’estime qu’un arrangement pourrait être atteint, avec l’Allemagne, qui aurait comme conséquence une paix durable en Europe. Je crois qu’une victoire Allemande est préférable à une victoire Britannique et Soviétique»

    En avril 1942, William Leahy, ambassadeur des États-Unis près le gouvernement de Pétain, a écrit au sujet de Pierre Laval dans ses mémoires, J’étais là, paru en 1950.

    «La figure de Laval s’accrocha comme une ombre mauvaise au-dessus de «Vichy» pendant que l’année s’ouvrait. L’ancien premier ministre était un politicien astucieux et rusé qui a bâti son avenir et celui de la France sur une victoire de l’Axe. En avril 1942, une épreuve de force entre l’Allemagne et les États-Unis se déroula à Vichy, (il évoque le limogeage de Laval par Pétain), et se termina au bénéfice de celle-ci, lorsqu’Abetz obligea le maréchal à reprendre Laval au gouvernement, événement qui rendit nécessaire mon rappel à Washington. C’était un petit homme, basané, complexé, négligé dans son aspect personnel, mais avec un discours charmeur. Dans une discussion politique très franche, Laval m’a donné l’impression d’être fanatiquement voué à son pays, avec une conviction que les intérêts de la France étaient liés irrévocablement à ceux de l’Allemagne. Cette idée était nécessairement construite sur des signaux persistants et il avait employé sa carrière politique pour accroître sa fortune personnelle. Il est vrai que, parti de rien, le pauvre garçon de livraison dans une épicerie provinciale de ville était devenu l’un des hommes les plus riches, et puissants de son pays. Il m’avait convaincu que son gouvernement avait été entièrement conçu pour collaborer avec l’Allemagne et aider à la défaite de ce qu’il nommait «le bolchévisme Soviéto-britannique» »

    Le 22 juin 1942, Laval prononce à la radio un retentissant discours dont se détachent ces phrases essentielles:
    -«J’ai toujours trop aimé mon pays pour me soucier d’être populaire, j’ai à remplir mon rôle de chef».
    -«Darlan lisait les communiqués tous les matins afin de savoir quel camp choisir dans la journée, pour ou contre l’Allemagne. Je ne m’occupe pas des communiqués, je mène une politique dont rien ne me fera changer».
    -«Agir de telle façon que l’Allemagne ne soit pas trop forte pour nous éteindre, mais de telle façon que le bolchevisme ne puisse pas, lui, nous supprimer».
    - «Je souhaite la victoire de l’Allemagne, parce que sans elle le bolchevisme, demain, s’installerait partout».

    L’effet sur l’opinion publique est désastreux, les propres conseillers et ministres de Laval sont effondrés. Préparant ce discours, Laval avait annoncé à ses conseillers qu’il mettrait aux Français «de l’acide sulfurique sur leurs plaies». Alors que tous lui demandent de ne pas insérer cette phrase, il tient absolument à la garder, estimant qu’il doit dissiper toute équivoque envers les Allemands et ancrer résolument la France dans le camp de l’Axe.

    Il consent toutefois à montrer son texte au maréchal Pétain. Ce dernier se contente de lui faire modifier la version initiale – «Je crois à la victoire de l’Allemagne» – du moment qu’un civil n’a pas selon lui à faire de pronostic militaire. D’avoir émis le souhait de la victoire Allemande discrédite définitivement Laval dans l’esprit de la masse des Français occupés. Laval est revenu plusieurs fois en public sur cette phrase, toujours pour refuser de la désavouer. Il déclara au moment de son procès que cette phrase lui valut la confiance du Führer et que de l’avoir prononcée lui sauva la vie quand il dut se rendre précipitamment à Munich en novembre 1942 pour voir Adolf Hitler qui s’inquiétait d’un revirement possible du gouvernement de 1940 à la suite du débarquement allié en Afrique du Nord.

    Hitler était persuadé que la présence de Darlan à Alger n’était pas fortuite et craignait que son ralliement aux forces Américaines ait reçu l’aval de Pétain. En septembre 1942, il autorise la Gestapo à pourchasser les résistants Français en Zone libre, «mission Desloges». Lors de l’invasion de la zone sud le 11 novembre, il ne démissionne pas et reste au pouvoir, comme Pétain. Le matin du 27 novembre, il tente in extrémis d’empêcher par téléphone le sabordage de la Flotte française à Toulon, au risque que ses nombreux navires de guerre tombent tous aux mains d’Hitler. En public comme en privé, Laval réaffirme jusqu’à la fin son refus viscéral de toute idée de double-jeu. De fait, cet homme si souvent stigmatisé par ses contemporains comme un «maquignon» et un «opportuniste» jouant jusqu’au bout un seul jeu, celui de l’entente avec l’Allemagne.

    L'Affaire Desloges, peu connue, illustre bien l'engrenage irréversible dans lequel s'étaient introduits Laval, Bousquet et les autres responsables du régime de 1940 en ce qui concerne la répression, Le Bureau des Menées Antinationales, B.M.A. où s'est camouflé l'ancien 2ème Bureau français, sous la direction du colonel Rivet, lutte dans l'ombre en zone sud contre les agissements de l'Abwehr et totalement clandestinement en zone nord. Darlan s'oppose à l'action anti-allemande des officiers qui y travaillent. Laval, dès son retour au pouvoir fait tout pour dissoudre le B.M.A., il y parvient en août 42. Le Commandant Paillole continue son travail de contre-espionnage, sous l'appellation dissimulée du «Service de Sécurité Militaire» SSM en conservant ses informateurs clandestins. Début Septembre, Paillole apprend par certains d'entre eux que, par un ordre de mission du ministre de la Guerre, un officier Français, le capitaine Desloges, avait réquisitionné le château de Charbonnières, près de Lyon, au profit des Allemands, deux jours plus tard, le château de Bionne, près de Montpellier subit le même sort, puis à Limoges, Pau, Marseille d'autres réquisitions sont pratiquées au profit des Allemands.

    De plus, 200 cartes d'identité en blanc sont remises par Bousquet au représentant du Sipo-S.D. police de sureté de Pétain, Geissler, ainsi que sont réservés des numéros d'immatriculation pour banaliser des voitures Allemandes. En fait cette mise en place est l'œuvre du général Delmotte, Chef de cabinet du ministre de la Guerre, le général Bridoux , avec l'accord de Laval. Il s'agit de lancer des voitures Allemandes de goniométrie en zone sud, pour détecter les postes émetteurs «qui travaillent pour les Anglais» dit Delmotte, et cela avec le concours de la police et de certains officiers Français.

    Tout commence lorsque Laval, à la demande d'Achenbach, a accepté le principe d'une coopération entre policiers Allemands et Français en zone non occupée pour lutter contre les parachutistes Britanniques, Bousquet, toujours en rapport avec Oberg, et Delmotte ont fait diligence pour satisfaire le Sipo-S.D. et l'Abwehr, en créant les «missions Desloges» composées de membres de la Gestapo et de policiers Français, dans une lutte commune contre l'action Britannique. L'engrenage est désormais irréversible, et la coopération Franco-allemande ne fera que s'aggraver, ainsi le second accord Oberg-Bousquet du 16 Avril 1943 , compromet davantage les administrations du régime de 1940 en permettant aux Allemands de profiter de l'action de la police Française. Au même titre que la délation de certains Français, cette collaboration apporte à l'Abwehr et à la Gestapo une aide inégalable dans leur lutte contre la Résistance, tiré de la référence l'outil de la répression du régime.

    La suite 51 sera la suite de celle-ci.

    Références,

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    http://en.wikipedia.org/wiki/33rd_Waffen_Grenadier_Division_of_the_SS_Charlemagne_%281st_French%29
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    http://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Bucard
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Chack
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Cl%C3%A9menti_%28homme_politique%29
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Simon_Sabiani
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Auguste_et_Louis_Lumi%C3%A8re
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Luchaire
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Abel_Bonnard
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Claude
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Alphonse_de_Ch%C3%A2teaubriant
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    http://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Augier
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    http://fr.wikipedia.org/wiki/Deuxi%C3%A8me_Bureau
    http://www.encyclopedie.bseditions.fr/article.php?pArticleId=158&pChapitreId=23945&pSousChapitreId=23956&pArticleLib=L%92outil+de+r%E9pression+du+r%E9gime+%5BLe+r%E9gime+de+Vichy-%3ELe+r%E9gime+et+l%92occupant%5D
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Paillole
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    http://www.aassdn.org/acrFOriv01.html
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Hugo_Geissler
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Eug%C3%A8ne_Marie_Louis_Bridoux
    http://www.ffi33.org/33police.htm

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