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  • Philippe Pétain, Maréchal de France, suite 27,

    dans l'entre deux guerres.

     

    Support Wikipedia En 1918 le 19 novembre Philippe Pétain sur la proposition du maréchal Foch reçoit à Metz son bâton de maréchal le 8 décembre 1918. Le 12 avril 1919, il est élu à l'Académie des Sciences Morales et Politiques, et le 5 juillet suivant, il fait son entrée à l'Académie Française au 18ème fauteuil ou il succède au maréchal Foch.

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    Pétain reçoit des mains du président Raymond Poincaré son bâton de maréchal, Source, SHD, les Chemins de mémoire

    Cette auréole fait de ce fils de cultivateur de Cauchy-à-la-Tour dans le département du Pas de Calais un homme porteur d'un immense prestige, le peuple Français le lui a donné par son plébiscite lorsqu'il a pris, à 84 ans, après la débâcle de 1940, la charge du pays que personne ne voulait prendre. Philippe Pétain portait le prestige du vainqueur de Verdun, et ne pouvait être autre chose que l'homme qui sauverait la Nation de ce désastre. Général en chef de l'armée Française, il le restera jusqu'au 9 février 1931.

    Il estime en 1919 à 6 875 le nombre de chars nécessaires à la défense du territoire. Soit 3 075 chars en régiment de première ligne, 3 000 chars en réserve à la disposition du commandant en chef et 800 chars pour le remplacement des unités endommagées. Il écrit, «c’est lourd, mais l’avenir est au maximum d’hommes sous la cuirasse». Avec l'aide du général Buat son chef d'État-major, il s'oppose à la construction de fortifications défensives, préconisant au contraire la constitution d'un puissant corps de bataille mécanisé capable de porter le combat le plus loin possible sur le territoire ennemi dès les premiers jours de la guerre

    Reconduit dans ses fonctions de commandant des troupes Françaises en juillet 1919, il est également nommé, par décret du 23 janvier 1920, vice-président du Conseil supérieur de la guerre et par décret du 18 février 1922, Inspecteur général de l'armée. Il se consacre durant toute cette période à la réorganisation de l'armée Française.

    En juin 1922, il obtient la démission du maréchal Joffre de la présidence de la Commission d'étude de l'organisation de la défense du territoire créée quinze jours plus tôt.

    Il transforme les conditions de la vie militaire par l'emploi dans les services et établissements de l'armée d'employés militaires spécialisés et de mains d'œuvre civile. Il recrute de nombreux engagés et de rengagés pour fournir aux unités des cadres subalternes que l'on ne peut plus trouver avec les appelés au service actif. Il améliore le recrutement et l'instruction des cadres. Dans le matériel, il crée un service des fabrications, il organise la base défensive des frontières. Dans le domaine de l'instruction, il développe les écoles et les centres d'instruction, notamment de l'École supérieure de guerre et du Centre des hautes études militaires, et les foyers d'Études militaires supérieures, ainsi que l'instruction sur la conduite des grandes unités. Dès sa nomination comme Inspecteur général des armées, il s'oppose à la réduction du service militaire que réclame l'opinion publique et le parlement.

    Le 1er avril 1923 la loi sur la réduction de trois ans à 18 mois du service militaire est votée malgré son opposition, ainsi que celle du 31 mars 1928 le portant à un an pour le service actif. En accord avec le chef d'État major général et le Conseil supérieur de la guerre, il s'efforce de sauvegarder les conditions qu'il avaient développées avant 1921, employés militaires spécialisés et main d'œuvre civile, recrutements d'engagés et de rengagés ainsi que le développement des Centres d'instruction. Il obtient, malgré tout, avec l'appui du ministre de la guerre Paul Painlevé que le chiffre des militaires de carrière soit porté de 72.000 à 106.000. Inlassable il ne cessera jamais de demander ces conditions aux Pouvoirs publics.

    En 1925-1926 le maréchal Pétain est appelé par le gouvernement pour assurer la responsabilité des opérations sur le front Marocain que menaçait la rébellion conduite par les forces d'Abd el-Krim, chef de la très jeune République du Rif . Abdelkrim combat les forces Françaises de 200 000 hommes sous commandement Pétain et une armée Espagnole commandée personnellement par le général Primo de Rivera, soit un total de 500 000 soldats, engagés dans les opérations contre la République du Rif. Le combat dura une année. Les armées Françaises et Espagnoles combinées qui utilisèrent, entre autres armes, l'ypérite, gaz moutarde, furent victorieuses des forces d'Abdelkrim. Celui-ci se rendit comme prisonnier de guerre en demandant que les civils soient épargnés. Il n'en sera rien. Dès 1926 des avions munis de gaz moutarde bombarderont des villages entiers, faisant des Marocains du Rif les premiers civils gazés massivement dans l'Histoire, à côté des Kurdes Irakiens gazés par les Britanniques. On estime à plus de 150 000 le nombre de morts civils durant les années 1925-1926. Abd el-Krim se plaignit à la Société des Nations de l'utilisation par l'aviation Française de gaz moutarde sur les douars et les villages.

    Un conflit d'attribution Lyautey-Pétain avait été inévitable. Cependant, un dossier comportant huit lettres de Lyautey à Pétain, publié dans un recueil de «Documents pour l'Histoire», Editions de Sauvebonne, sous la signature du général René Laure fils du général Emile Laure, montre, ainsi dans les lettres du général Emile Laure à son épouse, la réalité des relations entre les deux maréchaux. Réalité fort différente de la légende. On sait qu'en 1933 Lyautey confiera à Pétain, «Monsieur le Maréchal, entre nous, n'est-ce pas, il y a d'abord la France». Et lors des obsèques, en 1934, de l'illustre Africain, Pétain lui rendra le plus vibrant des hommages, «Sur la tombe de ce grand Français, je souhaite que l'union devienne la loi de notre grand peuple. A l'heure où celui-ci a tant besoin de quiétude pour panser ses plaies et préparer l'avenir, je souhaite qu'une seule âme domine toutes les autres, comme elle a dominé celle de Lyautey, l'âme de la France», référence «Entre deux guerres».

    Lors de la séance du Conseil supérieur de guerre du 15 décembre 1925, il s’oppose à la construction d’une ligne défensive continue, préférant des môles défensifs sur les voies d’invasion. Puis, lors de la séance du 19 mars 1926, contre l’avis de Foch, qui estime que Pétain donne, à tort, aux chars une importance capitale, il préconise et obtient l’étude de trois prototypes de chars, léger, moyen et lourd. Il finira par s'incliner et accepter la construction de la ligne Maginot, lorsque André Maginot, alors ministre de la Guerre, déclarera, lors du débat parlementaire du 28 décembre 1929, «ce n'est pas Pétain qui commande, mais le ministre de la Guerre». On connait la suite, elle fût contournée par les Ardennes, la percée de Sedan, lors de la Seconde Guerre mondiale.

    La ligne Maginot

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    Carte du Nord-est de la Ligne, référence Wikipédia. On peut consulter également le site «La Ligne Maginot »

    Le 22 janvier 1931, il est reçu à l'Académie Française par Paul Valéry, dont le discours de réception qui retrace sa biographie, rappelle et développe une phrase sur laquelle insistait Pétain, «le feu tue», et comporte des considérations sur la façon dont «la mitrailleuse a modifié durablement les conditions du combat à terre» et les règles de la stratégie. Le discours rappelle aussi les désaccords, dans le respect mutuel, entre Pétain et Joffre. Le discours de réception du maréchal Pétain est un hommage au maréchal Foch auquel il succède.

    Le 9 février 1931 le maréchal Pétain remet au général Weygand qui lui succède, ses fonctions de Vice président du Conseil supérieur de la guerre, et d'Inspecteur général de l'armée conformément aux instructions qu'il avait formulées quand il avait fait désigner cet officier, collaborateur intime du maréchal Foch, comme Chef d'État-major général. Il était pour lui remarquablement qualifié pour accéder au poste le plus élevé de la hiérarchie militaire. Il se réserva pour lui même, le poste d'Inspecteur général de la défense aérienne du territoire.

    À ce titre, il écrit le 2 décembre 1931 à Pierre Laval, alors président du Conseil, pour lui demander la création d’une force aérienne puissante de défense et d’attaque, indépendante de l’Armée de terre et de la Marine. Il préconise pour cela de prélever 250 millions de francs sur les crédits alloués à la construction de la ligne Maginot. Il souligne l'importance des forces aériennes, il montre la nécessité de définir les règles de leur emploi, non seulement pour la défense des forces terrestres et navales, mais aussi pour les missions au delà des zones armées en représailles ou sur la défense du territoire. A ses yeux, la Défense nationale implique des activités de tous les départements ministériels en vue de la guerre, qui incombe ensuite au Chef du gouvernement. Lorsque le 8 février 1934, il quitte l'Inspection de la défense aérienne, les projets qu'il aura défendus seront à peine ébauchés.

    Après les incidents sanglants du 6 février 1934 suite à l'affaire Stavisky un escroc lié à plusieurs parlementaires radicaux dont un ministre du gouvernement du radical Camille Chautemps, qui est trouvé mort, il se serait suicidé selon la police. Gaston Doumergue, après la démission d'Édouard Daladier, dans un souci d'apaisement pour un gouvernement d'union nationale, est appelé aux affaires, avec la caution d’Edouard Herriot ministre d'État et dirigeant radical, rival d’Edouard Daladier, pour constituer un Cabinet de centre droit. Sur les instances répétées du président du Conseil Gaston Doumergue et du président de la république Albert Lebrun, Pétain consent à accepter le portefeuille de ministre de la guerre le 9 février, poste qu'il occupera jusqu'au renversement du Cabinet le 8 décembre 1934 .

    Le président a dit que le pays avait besoin de moi, je ne me suis pas dérobé, je n'ai jamais fait de politique et je ne veux pas en faire.

    A ce poste, il va aussitôt mettre toute son énergie et son prestige pour infléchir la politique de réduction du budget de l’Armée. Partisan des chars de combat, il décide dès le 26 mars de l’adoption du char B1 dont il avait fait faire les prototypes pendant son commandement. Le même jour, il décide aussi de l’adoption du char D2 et de l’étude d’un char léger. Soucieux de la formation des officiers supérieurs, il ordonne que tous les postulants à l’École supérieure de guerre effectuent des stages préalables dans des unités de chars et d’aviation.

    Le 31 mai 1934, convoqué devant la commission des finances, il exprime ses vues sur la fortification et renouvelle ses réserves sur l’efficacité de la ligne Maginot. Il explique ce qu’est pour lui la fortification, le béton est un moyen pour économiser les effectifs, mais l’essentiel reste une armée puissante sans laquelle elle n’est qu’une fausse sécurité. Le but de la fortification est de permettre le regroupement des troupes pour l’offensive ou la contre-offensive. Il aura cette phrase,

    «la ligne Maginot ne met pas à l’abri d’une pénétration de l’ennemi, si l’armée n’est pas dotée de réserves motorisées aptes à intervenir rapidement». Il soutient néanmoins le principe de cette ligne. Selon Robert Aron les conceptions stratégiques qu'il défend à cette époque sont conformes à son expérience de la Grande Guerre ainsi,

    « Entre les deux guerres, les conceptions stratégiques qu’il va défendre et imposer à l’Armée Française sont encore strictement conformes à son expérience du début de l’autre conflit, il ne croit pas au rôle offensif des tanks ni aux divisions blindées. Il préconise l’édification de la ligne Maginot, derrière laquelle nos combattants de 1939 vont se croire à l’abri et attendront paisiblement l’offensive Allemande, qui se déclenchera ailleurs».

    Le 15 juin 1934, il obtient le vote d’un crédit supplémentaire de 1,275 milliard pour la modernisation de l’armement.

    Le 27 octobre 1934, il convainc Louis Germain-Martin, ministre des Finances, de signer le «plan Pétain pour 1935», qui prévoit la construction de 60 chars lourds, 300 chars moyens et 900 chars légers.

    La chute du Gouvernement, et le remplacement du maréchal Pétain par le général Maurin, partisan de chars lourds et lents, retarderont la mise en œuvre de ce plan de plusieurs mois.

    Au moment où il quitte le ministère, Pétain jouit d’une très grande popularité, notamment dans les milieux d’extrême droite. En témoigne en 1935, la célèbre campagne lancée par Gustave Hervé intitulée «C’est Pétain qu’il nous faut».

    Sa courte expérience ministérielle le brouille avec le parlementarisme et le conduit à refuser toutes les sollicitations ultérieures malgré l'insistance de Pierre Etienne Flandrin président du Conseil, Alliance démocratique, du 8 novembre 1934 au 31 mai 1935. Il participe par la suite au Conseil supérieur de guerre, où il soutient la politique de guerre offensive promue par le colonel de Gaulle, qui fut un temps son «porte-plume», préconisant la concentration de chars dans des divisions blindées.

    (Rien n'est clair, les informations sont contradictoires  concernant le soutien à la politique du colonel de Gaulle préconisant la concentration de chars «prépa Sciences Po de Lyon » prétend qu'elle était rejetée par Pétain ?)

    Le différent avec le colonel de Gaulle ne s'arrête pas à cette logistique militaire, c'est durant ces années de l'entre deux guerres que Charles de Gaulle développe ses théories militaires, il publie La Discorde chez l'ennemi, 1924, Le Fil de l'épée, 1932, Vers l'armée de métier, 1934, et La France et son armée, 1938. Ce dernier livre provoque une brouille avec le maréchal Pétain, lequel aurait voulu le signer.

    Les relations de Gaulle Pétain,

    de Gaulle qui avant un style cassant n'avait pas l'accord de l'État-major enseignant. Un jour, Pétain, dut même venir en personne pour que de Gaulle puisse faire son cours... En effet, rares étaient ceux qui suivaient les théories de la «nouvelle stratégie» du futur général, il préconisait la création de divisions cuirassés, composées d'infanterie, d'unités d'aviation et de blindés. Il fallait coordonner les trois forces afin de percer les lignes ennemies et faciliter, ensuite, l'avancée d'autres troupes plus «régulières». Mais, dans son écrasante majorité, l'État-major français privilégiait l'action séparée de ces unités. On ne croyait pas en la stratégie de de Gaulle et on le faisait passer pour un original loufoque... Sur le plan personnel, les deux hommes s'appréciaient profondément et l'on dit qu'à la naissance du premier fils de de Gaulle, celui-ci choisit le prénom de Philippe en l'honneur du maréchal. De plus, de Gaulle théorisa ses pensées, «Vers l'armée de métier, Au fil de l'épée...»  et à chaque reprise, en préface, de Gaulle remerciait le maréchal pour ses conseils et son aide. Certaines préfaces ou chapitres ont même été rédigés par Pétain. Alors pourquoi la rupture ? Tout simplement, car les deux hommes se sont brouillés en 1936, quand «Au fil de l'épée» est paru et que Pétain a trouvé que la dédicace à son égard était un peu courte et pas assez «vibrante». Les deux hommes entraient donc dans un froid qui dura jusqu'en 1945... Bien sûr la politique internationale n'a pas arrangé cela, de Gaulle, alors sous-secrétaire d'État dans le gouvernement Reynaud, prit la tête de ceux qui refusaient la capitulation, une infime minorité...Et Pétain, encore auréolé par Verdun et l'année 1917, voulu rester avec le peuple Français et partager ses souffrances. L'article sur l'armistice développe le conflit de Gaulle Pétain et les autres.

    Pétain écrit dans la Revue des deux mondes du 15 février 1935, «il est indispensable que la France possède une couverture rapide, puissante, à base d’avions et de chars». Et lors d'une conférence à l’École de Guerre en avril 1935, «Les unités mécanisées sont capables de donner aux opérations un rythme et une amplitude inconnus jusqu’ici. L’avion, en portant la destruction jusqu’aux centres vitaux les plus éloignés fait éclater le cadre de la bataille. On peut se demander si l’avion ne dictera pas sa loi dans les conflits de l’avenir». Ainsi que dans la préface d'un ouvrage du général Sikorsky, «Les possibilités des chars sont tellement vastes qu’on peut dire que le char sera peut-être demain l’arme principale».

    Le 6 avril 1935, il dit, devant le président Lebrun, dans un discours à l’École supérieure de Guerre, «il est nécessaire de tenir le plus grand compte des perspectives ouvertes par l’engin blindé et par l’aviation. L’automobile, grâce à la chenille et à la cuirasse, met la vitesse au service de la puissance, La victoire appartiendra à celui qui saura le premier exploiter au maximum les propriétés des engins modernes et combiner leur action».

    En 1938, il préfacera le livre du général Louis Chauvineau «Une invasion est-elle encore possible», qui prônait l'utilisation de l'infanterie et des fortifications comme moyens de défense, face au «front continu». Dans cette préface, Pétain considérait que l'utilisation des chars et des avions ne modifiaient pas les données de la guerre.

    Le 2 mars 1939, Pétain est nommé ambassadeur de France en Espagne par le troisième gouvernement d'Édouard Daladier du 12 avril 1938 au 11 mai 1939 succédant au second Cabinet du socialiste Léon Blum. Le 20 mars 1939, il présente ses lettres de créance au général Franco , chef de l’État espagnol, résidant alors à Burgos. Au nom du rapprochement diplomatique de la France avec l’Espagne, il lui incombe de superviser, dans le cadre des accords Bérard-Jordana, qui sont diplomatiquement des accords de bons voisinage, le rapatriement à Madrid des réserves d’or de la Banque d’Espagne et des toiles du musée du Prado que l’ancienne République espagnole avait transférées à l’abri en France durant la guerre civile.

    À l’instigation des grands chefs militaires, Foch, Joffre, les gouvernements de la fin des années 1920 vont affecter d’importants efforts budgétaires à la construction de lignes de défense. Cette stratégie est symbolisée par la coûteuse, et de surcroît incomplète ligne Maginot qui fut arrêtée à la frontière Belge. Winston Churchill, dans son ouvrage sur la Seconde Guerre mondiale, émet l'avis que l'idée de la ligne Maginot aurait pu être d'une très grande utilité si elle avait été correctement appliquée et qu'elle paraissait justifiée compte tenu, en particulier, du rapport numérique entre les populations de la France et de l'Allemagne. Mais le maréchal Pétain s'était opposé à cette extension.

    Il soutenait avec force que l'on devait exclure l'hypothèse d'une invasion par les Ardennes en raison de la nature du terrain. En conséquence, on écarta cette éventualité. Après le succès de la guerre-éclair menée par les Allemands, Pétain ne pouvait plus ignorer que la débâcle de 1940 était due aux «grands chefs militaires», dont les autorités gouvernementales n’avaient fait que suivre les orientations stratégiques quand il tenta de faire juger les «responsables» de la défaite, en imputant celle-ci exclusivement aux politiques.

    Pétain n’avait pas manqué non plus, pendant plusieurs années, d’annoncer comme perdue d’avance une nouvelle guerre contre l’Allemagne, si la France n’effectuait pas le même effort de réarmement. Ce manque de conviction peut également être vu comme ayant empêché la préparation nécessaire de l’Armée française à une guerre qui était pourtant inéluctable.

    En fait, tous ont des torts, les militaires de ne pas avoir cru que les Allemands pouvaient passer par les Ardennes et les politiques pour ne pas avoir financé l'armée comme ils le souhaitaient. A l'époque, il était impossible de financer à la fois la Ligne Maginot, les chars, et l'aviation.

    La suite 28 sera la France avant et pendant la Première Guerre mondiale.

    Les références,

    http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/page/affichegh.php?idLang=fr&idGH=901
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Abd_el-Krim
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Miguel_Primo_de_Rivera
    http://www.google.fr/search?q=soci%C3%A9t%C3%A9+des+nations&ie=utf-8&oe=utf-8&aq=t&client=firefox-a&rlz=1R1GGLL_fr___FR390
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Douar
    http://www.admp.org/revuespdf/205/livres.pdf
    http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89mile_Laure
    http://www.marechal-petain.com/entre_deux_guerres.htm
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Ligne_Maginot
    http://www.ligne-maginot.fr/La_ligne_maginot/Accueil.html
    http://forum-francophone.bbactif.com/t441-les-emeutes-du-6-fevrier-1934-a-paris
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_du_6_f%C3%A9vrier_1934
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Aron
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Germain-Martin
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Maurin
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Gustave_Herv%C3%A9
    http://prepa-sciencepo.forumactif.net/t237-philippe-petain-biographie-detaillee-1-2
    http://fr.wikipedia.org/wiki/W%C5%82adys%C5%82aw_Sikorski
    http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/polit_0032-342x_1939_num_4_6_5526_t1_0635_0000_2
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Francisco_Franco
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_B%C3%A9rard-Jordana
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Mus%C3%A9e_du_Prado
    http://www.google.fr/search?q=Paul+Painlev%C3%A9+&ie=utf-8&oe=utf-8&aq=t&client=firefox-a&rlz=1R1GGLL_fr___FR390
    http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_du_Rif
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-%C3%89tienne_Flandin
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Edmond_Buat

  • Philippe Pétain, Maréchal de France, suite 26,

    la Françe avant et pendant la Première Guerre mondiale.

     

    Support Wikipedia La France est une démocratie libérale de type parlementaire ou le pouvoir est essentiellement celui du parlement au détriment du gouvernement réduit à un rôle de subordination. Régime vivement combattu jusqu'à la fin du XIXème siècle. La République parlementaire est acceptée par tous les partis. Au début du XXème siècle la France est riche par son activité industrielle, mais sa population est majoritairement rurale au détriment du monde ouvrier. Les classes moyennes, la petite bourgeoisie sont fortement développées. La France est une grande puissance mondiale avec un Empire colonial et un réseau d'alliances qui fait que son avis compte. La Chambre des députés est élue au suffrage universel instauré depuis 1848. Son rôle est le contrôle du gouvernement. Le Sénat désigné au second degré par un collège dans lequel les notables ruraux sont majoritaires. Il vote les lois, le budget, et il peut renverser un gouvernement en lui refusant la confiance. Le président de la République n'est qu'un président honorifique après la crise du 16 mai 1877qui voit s'opposer le maréchal Mac-Mahon un monarchiste à la Chambre des députés qui considère qu'il appartient aux élus du suffrage universel de décider de la politique nationale. La victoire des députés scelle le rôle du président à celui d'un président honorifique dont le rôle consiste désormais à désigner le président du Conseil, qui est chargé de la formation du gouvernement. C'est lui le responsable de la politique menée devant la Chambre des députés.

    Les forces politiques nationalistes anti Juives, protestantes, franc-maçonnes sont minoritaires. Le syndicalisme révolutionnaire issu des doctrines anarchistes est énoncé dans la Charte d'Amiens adoptée par la CGT, dont le but est le renversement de la république bourgeoise par la grève générale et son remplacement par une société dont le syndicat serait la cellule de base. Toutes les grèves organisées échouent et en 1911 la CGT renonce à renverser la république.

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    Une mobilisation de rue en 1900 : défilés et meetings sur fond d’occupation militaire. Les grèves se déroulent dans la rue. Référence, écomusée Creusot-Monceau.

    Dès l’annonce de la cessation du travail, les ateliers et les mines sont fermées par les chefs d’entreprise et l’armée est mobilisée pour surveiller les établissements. Les grèves du Creusot et de Montceau-les-Mines n’ont pas connu d’épisodes sanglants ou mortels mais les bagarres et les violences furent multiples, entre forces de l’ordre et grévistes, entre grévistes et non-grévistes d’autre part. Les défilés ont lieu tous les jours, pour maintenir la cohésion des grévistes et démontrer la puissance des mouvements.

    La droite, royalistes, conservateurs sociaux, catholiques forment l'Action libérale parlementaire mais hostile à la laïcité.

    Le centre est formé des modérés républicains qui ont constitués à l'époque de l'affaire Dreyfus, l'Alliance républicaine et démocratique créé en 1901, attachée au parlement et à la laïcité. Ils représentent la bourgeoisie libérale et les classes moyennes. Le centre modéré est un transfuge  des membres du parti radical socialiste lié au monde des affaires. C'est dans leurs rangs qu'une grande partie des hommes de gouvernement sont recrutés, Léon Gambetta, Jules Grévy, Jules Ferry, François-René de Chateaubriand, Adolphe Thiers, Raymond Poincaré, Paul Reynaud. Ils votent la liberté de presse et d’association, syndicats, limitent l’influence de l’Église, et réalisent une œuvre scolaire considérable, école laïque, gratuite et obligatoire, formation d’un corps d’enseignants «les hussards noirs de la république», création des écoles normales… ainsi qu’une politique d’expansion coloniale importante.

    La gauche radicale, radicale socialiste et socialiste est groupée autour du parti radical devenu un parti de gouvernement. C'est le parti qui défend avec le plus d'énergie les institutions républicaines laïques attaché à la Loge maçonnique du Grand Orient de France, c'est un parti de réformes sociales qui rejette toute mise en cause du droit de propriété privée. Loi de séparation de l'Église et de l'État dite loi 1905 du second gouvernement Rouvier du rapporteur Aristide Briand socialiste jusqu'en 1906. Ces grandes figurent sont Gustave Mesureur, Maurice Faure, Émile Combes, Édouard Herriot, Clemenceau. C'est le parti majoritaire de la XIème législature 1914-1919 lors de l'Union sacrée qui a soudé les Français de toutes tendances, politiques ou religieuses, lors du déclenchement de la Première Guerre mondiale.

    L'extrême gauche est rassemblée au sein du parti socialiste constitué en 1905 comme section Française de l'Internationale socialiste ouvrière, SFIO, autour de la doctrine marxiste et révolutionnaire. Sous l'influence de Jaurès, directeur du journal l'Humanité, le parti socialiste devient une formation à pratique réformiste qui compte pour faire triompher le socialisme, le suffrage universel et l'éducation. Il accepte la république parlementaire. Aux élections du printemps 1914 socialistes et radicaux qui pratiquent la discipline républicaine se désistent entre eux au second tour et remportent la victoire.

    A la veille de la Première Guerre mondiale, la France est un pays uni autour de la république et de son système parlementaire. La France de 1914 compte 41.6 millions d'habitants, niveau qu'elle ne retrouvera qu'au début des années 50, c'est dire le temps qu'elle mettra à se remettre du conflit qui va éclater et qui va balayer plusieurs générations de jeunes hommes. Cette population est rurale à 44 %, mais une société industrielle émerge et les ouvriers sont environ 5,5 millions. La devise de la république est Liberté, Égalité, Fraternité, mais de grandes disparités existent. La vie est rude dans les campagnes et les villes.

    Les ouvriers représentent 30% de la population active en 1914. Leurs conditions sociales varient considérablement pour les ouvriers des ateliers, et des petites entreprises, ouvriers à domicile, ouvriers d'usines des secteurs mines, métallurgie, textile. Tous connaissent l'insécurité d'emploi et la hausse du chômage, la faiblesse des salaires leur interdit l'épargne, déjà. Ils vivent mieux qu'au XIXème siècle, leur alimentation est plus variée et comprend désormais sucre viande, pain blanc et café. Quand au logement, il reste médiocre et les vacances n'existent pas. La législation sociale est très insuffisante. Les ouvriers se sentent exclus de la prospérité nationale.

    Les classes bourgeoises sont 5 à 6 millions de personnes. Là aussi la diversité est grande, au sommet se trouve la haute bourgeoisie des banquiers et industriels. Au dessous une bourgeoisie formée d'industriels, de négociants, de propriétaires ruraux, d'avocats, de médecins, notaires, de notables en quelque sorte. Mais le groupe le plus important est celui de la bourgeoisie des classes moyennes des petits patrons, artisans, employés des professions libérales, travailleurs indépendants, fonctionnaires. La paysannerie et la bourgeoisie forment un groupe attaché aux moyens de promotion sociale comme l'école, le travail, l'épargne sans en avoir toujours les moyens.

    Les difficultés du monde rural font que les jeunes dans les départements pauvres ne rentrent plus au pays et vont former le monde ouvrier ou la fonction publique. Dans les grandes entreprises les conditions de travail sont déplorables et les grèves générales de la CGT dans le cadre de la Charte d'Amiens sont réprimées par la violence, 1905-1906. Cette classe ouvrière naissante a peu de droits et ne croit pas en la République ! La guerre qui va venir va les fédérer autour des valeurs de la Patrie et de l'Honneur, valeurs portées par l'école publique. Pour l'ouvrier le repos dominical n'est en vigueur que depuis 1906, la journée de travail de 12 heures, 8 pour les mineurs depuis 1905. Quand à la retraite, on parle, mais rien n'est fait.

    La condition des femmes pendant cette guerre est faite de travail et sacrifices. La guerre n'est pas seulement une affaire d'hommes elle mobilise aussi les femmes à des tâches impliquant travail et responsabilités. Avec la mort de plus d'un million de soldats Français, cette guerre plonge plus de 600.000 femmes et 986.000 orphelins dans la détresse. Les conditions difficiles dans lesquelles vivent nombre de veuves de poilus, qui ne peuvent plus subvenir correctement à l'éducation de leurs enfants, incitent l'État à prendre des mesures pour leur assurer les ressources nécessaires.

    5,5 millions de blessés, 1 117 000 invalides et 1 393 000 soldats morts pour la France, soit 10 % de la population active masculine et 1/5 des hommes de moins de 50 ans, la Première Guerre mondiale représente une véritable hécatombe pour la population Française. Durant le conflit, de très nombreuses femmes ont pris une part active à l'effort de guerre, occupant au sein du système de production les places laissées vacantes par les hommes partis sur le front. Avec la disparition du soutien de famille, la majorité d'entre elles se trouvent en situation de précarité. Une fois la paix revenue, les conventions sociales incitent les employeurs à utiliser des hommes plutôt que des femmes à qui l'on demande de regagner le foyer familial afin d'élever leurs enfants.

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    Les orphelins de la colonie agricole et ménagère de Dampierre-sur-Salon en promenade. Source :Bibliothèque Marguerite Durand, Les Chemins de Mémoire

    monument_peronne.1293566624.jpgMonument aux morts de Peronne source SHD, Les Chemins de mémoire.

    L'émotion provoquée par le sacrifice consenti par les veuves des poilus et surtout par la constatation que la plupart de ces femmes vivent dans des conditions difficiles qui ne leur permettent pas d'éduquer correctement leurs enfants incite l'État à prendre des mesures pour leur assurer des ressources indispensables en leur attribuant des emplois réservés dans la fonction publique et en leur allouant des pensions. Des lois sont alors votées qui accordent des aides financières à l'ensemble de ces femmes (pour mémoire, la première loi allouant une pension aux veuves de guerre date de la Révolution française). C'est ainsi que la loi du 31 mars 1919 reconnaît aux militaires blessés et à leurs ayants cause le droit d'obtention d'une pension. Celle du 24 juin 1919 étend ce droit aux victimes civiles de la guerre et à leurs ayants cause. Une femme est considérée comme veuve de guerre et donc autorisée à faire valoir les droits afférents à ce titre si elle est l'épouse d'un militaire mort en service ou mort des suites de blessures ou de maladies contractées pendant le service. Cette disposition sera étendue aux compagnes par la loi du 12 novembre 1955. Le 20 janvier 1920, le ministère des pensions des primes et allocations de guerre est créé pour appliquer cette législation, le premier ministre en est André Maginot, tiré de Chemins de mémoire.

    Cet article marque la fin de la période 1870-1918, la suite 27 portera sur l'entre deux guerres.

    Références,

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Charte_d%27Amiens
    http://www.ecomusee-creusot-montceau.fr/rubrique.php3?id_rubrique=55
    http://translate.google.fr/translate?hl=fr&langpair=en|fr&u=http://en.wikipedia.org/wiki/French_Third_Republic
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_r%C3%A9publicain,_radical_et_radical-socialiste
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Hussard_noir
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_s%C3%A9paration_des_%C3%89glises_et_de_l%27%C3%89tat
    http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89mile_Combes
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Union_sacr%C3%A9e_%28mouvement%29
    http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/page/affichepage.php?idLang=fr&idPage=14886

  • Philippe Pétain, Maréchal de France, suite 25,

    pouvait-on éviter la Première Guerre mondiale ? Suite,

     

    Support Wikipedia Nous sommes sous la troisième république de 1870 à 1940, elle suit le Second Empire de 1852 à 1870 constitué de deux périodes l'une dite Empire autoritaire jusqu'en 1860 et la seconde dite Empire libéral de 1860 à 1870 date à laquelle il se termine le 4 septembre par la défaite de Sedan lors de la guerre contre la Prusse de Bismarck puissance dominante en Europe.

    La guerre Franco-allemande, guerre Franco-prussienne, du 19 juillet 1870 au 29 janvier 1871, opposa le Second Empire français et les royaumes Allemands unis derrière le royaume de Prusse. Le conflit marqua le point culminant de la tension entre les deux puissances, résultant de la volonté prussienne de dominer toute l'Allemagne, qui était alors une fédération d'États indépendants. Victorieuse de la France l'Allemagne exerce pendant une vingtaine d'années sa prépondérance en Europe. Bismark pratique une politique visant à la conservation d'un ordre mondial favorable à l'Empire Allemand. La défaite de 1871 entraîna la chute de l'Empire français et la perte pour le territoire Français d'une partie de l'Alsace-Lorraine ce que la France n'a jamais accepté. L'objectif de Bismarck est donc d'isoler la France car il craint une volonté de revanche pour cela, il établi un réseau d'alliances dont la pièce maîtresse est la Triple-Alliance ou Tripilce conclue en 1882.

    On ne peut connaître les antagonismes qui ont conduit à la Première Guerre mondiale sans s'intéresser au Second Empire dans une Europe tourmentée par les nationalismes impérialistes. Le régime du Second Empire est le système constitutionnel et politique instauré en France le 2 décembre 1852 lorsque Louis-Napoléon Bonaparte, le Président de la République française, devient Napoléon III, Empereur des Français.

    Napoléon III, dans la tradition napoléonienne, veut une politique étrangère ambitieuse. Il la dirige lui-même. Depuis 1815, la France est reléguée diplomatiquement aux pays de second rang. Pour Napoléon III, le travail artificiel du Congrès de Vienne, qui consacra la chute de sa famille et de la France, devait être détruit, et l'Europe devait être organisée en un ensemble de grands États industriels, unis par des communautés d'intérêts et liés entre eux par des traités commerciaux, et exprimant leurs liens par des congrès périodiques présidés par lui-même, et par des expositions universelles. De cette façon, il souhaitait réconcilier les principes révolutionnaires de la suprématie du peuple avec la tradition historique, une chose que ni la Restauration ni la Monarchie de Juillet ni la Deuxième République n'ont été à même de faire. Le suffrage universel, l'organisation des nations, de la Roumanie, de l'Italie et de l'Allemagne, et la liberté de commerce relèvent pour lui de la Révolution.

    Le premier objectif de Napoléon III est d'abord de redonner à la France un rôle en Europe, alors en quête d'une nouvelle organisation sous la pression du nationalisme. Il entend à la fois disloquer la coalition anti-française héritière du Congrès de Vienne, 1815, et aider à remodeler la carte de l'Europe en fonction du «principe des nationalités», chaque peuple doit pouvoir disposer de lui-même et le regroupement en États-Nations est à favoriser, (ce que l'Europe actuelle a détruit par son hégémonie à vouloir mettre dans un même ensemble des États très différents).

    La guerre de Crimée, 1854-1856, marquée notamment par le siège de Sébastopol, va ainsi permettre à Napoléon III de jeter les bases de sa politique extérieure et de rétablir la France sur la scène Européenne. La défense de l'Empire ottoman contre la Russie est aussi une excellente occasion pour lui de faire oublier les visées impérialistes de Napoléon Ier et de sortir Paris de son isolement international. Ainsi, à la suite de la déclaration de guerre entre la Russie et l’Empire ottoman le 4 octobre 1853, la France, voulant renforcer son influence en Égypte, et le Royaume-Uni, voulant protéger ses positions en Inde, s'allient aux Turcs et, le 27 mars 1854, déclarent à leur tour la guerre aux Russes dont l'ambition est de contrôler les détroits de la mer Noire à la Méditerranée.

    La guerre de Crimée qui est une coalition comprenant l'Empire ottoman, le Royaume-Uni, le second Empire français, et le Royaume de Sardaigne précurseur du Royaume d'Italie, représente paradoxalement en premier lieu une victoire diplomatique car l'alliance avec l'Angleterre brise la Sainte Alliance formée le 25 septembre 1815 à Paris conçue par trois monarchies européennes victorieuses de la France révolutionnaire de 1789 à 1815, afin de maintenir la paix dans un premier temps, puis de se protéger mutuellement d'éventuelles révolutions. Constituée dans un premier temps par l'Empire russe, l'Empire d'Autriche et le Royaume de Prusse, elle fut par la suite signée par un grand nombre de pays européens à l'exception du Royaume-Uni. Ce n'est qu'en 1818, après avoir mis fin à l'occupation étrangère, que la France y prend part. Elle fut dissoute de fait en 1825 à la mort du tsar Alexandre Ier qui en était l'instigateur.

    Coïncidant avec la naissance de Louis Napoléon Bonaparte seul enfant de Napoléon III Empereur des Français, le 16 mars 1856, le traité de Paris qui met fin à la guerre de Crimée est un triomphe personnel pour l'Empereur qui replace la France aux côtés des grands royaumes Européens et efface des esprits le Congrès de Vienne de 1815. Les Anglais et les Français non seulement obligent la Russie à reconnaître l’indépendance de l’Empire ottoman, la renonciation à tout protectorat sur les sujets orthodoxes du sultan et l’autonomie des deux principautés Ottomanes de Moldavie et de Valachie de l'Empire ottoman, mais ils obtiennent aussi la neutralisation de la mer Noire et la liberté de navigation sur le Danube. La signature de ce traité marque l'apogée de la bonne entente de Napoléon III avec la Grande-Bretagne de la reine Victoria.

    La politique coloniale du Second Empire porte l'empreinte de l'Empereur Napoléon III et de son ministre Français de la Marine et des Colonies Chasseloup-Laubat. Ce dernier entreprend, sous les ordres de l'Empereur, une modernisation de la marine de guerre Française, cuirassés à hélices, qui doit permettre d'améliorer la capacité d'intervention des troupes coloniales. La superficie du domaine colonial triple sous le Second Empire jusqu'à atteindre un million de km² pour cinq millions d'habitants.

    De 1871 à 1914 la France possède un Empire colonial étendu sur quatre Continents, on y trouve des protectorats Maroc, Tunisie, Annam, des colonies la Guyane, des ensembles fédéraux d'Afrique noire, l'Afrique occidentale et l'Afrique équatoriale française, la Cochinchine, le Cambodge, la Nouvelle Calédonie et de nombreuses Îles dans le Pacifique, la Polynésie française, le Sénégal, et un décret Impérial du 2 juin 1848 qui crée les départements Français d'Algérie. Grâce cet Empire colonial avec ses 100 millions d'habitants et ses 12millions de km², la France possède un réservoir de matières premières et une masse de main d'œuvre dans un marché réservé.

    A la veille de la guerre, la France est l'une des puissances du monde. Elle fait figure de championne des idées de progrès et dans le droit fil de cette image, elle est en 1914 le modèle des États républicains, une des démocraties libérales qui, avec la Grande Bretagne indique au monde les voies du progrès et de l'émancipation. N'est-elle pas le premier pays d'Europe à avoir institué le suffrage universel dès 1848. Sa puissance économique bien que derrière la Grande Bretagne, l'un des plus vieux États industriels du monde, et sa révolution industrielle qui a commencé vers 1830 a profondément transformé les structures économiques, sociales et mentales du pays. Le poids de sa richesse financière est encore plus déterminant. Elle a accumulé d'énormes capitaux depuis le milieu du XIXème siècle, il en résulte une véritable politique de placements. On voit ainsi se développer au début du XXème siècle un impérialisme Français à base financière orienté vers la Russie, l'Autriche-Hongrie, l'Italie, l'Espagne, la Turquie. En 1914, elle est la clé de voute de l'un des blocs Européens, et elle apparaît de ce fait une des puissances qui détermine l'avenir de l'Europe. En 1887 alors que la Russie souhaite pouvoir lancer un emprunt et se voit fermer à elle le marché financier Allemand, le gouvernement Français autorise les banques à y souscrire. La Russie devient ainsi l'obligée de la France.

    C'est ce processus qui conduit en 1894 le 4 janvier à la conclusion de l'alliance Franco-russe renforcée à partir de 1912 en prévoyant une entente défensive entre les deux pays en cas d'agression d'un tiers. En 1914 l'Entente cordiale avec le Royaume-Uni vient compléter le réseau des alliances Françaises. Français et Britanniques s'accordent, et esquissent un rapprochement qui s'explique par leur hostilité commune à l'Allemagne. La France n'a pas pardonné ni l'annexion de l'Alsace-Lorraine ni les obstacles de l'Allemagne au redressement Français. Cette Entente cordiale est complétée en 1907 le 31 août par le Traité Anglo-russe qui liquide le contentieux colonial entre les deux États. Cet ensemble d'accords prend le nom de Triple-Entente s'opposant de facto à la Triple-Alliance, la France devient l'une des Grandes puissances dont dépend le sort du monde. L'Europe exerce au début du XXème siècle une influence prépondérante sur le monde.

    L'impérialisme politique militaire économique se traduit par de vastes domaines coloniaux directement contrôlés par la métropole. Les impérialismes sont donc amenés à s'affronter pour conserver leur domaines d'influences, la Première Guerre mondiale devenait inévitable, elle était sous-jacente depuis Bismarck.

    On assiste de fait en Europe au cours des deux décennies au triomphe de l'impérialisme par sa puissance industrielle et commerciale, dominée par la richesse des États. L'Europe exerce de ce fait une grande influence sur le monde puisque étendue à une grande partie de la planète, l'hégémonie de ses grandes puissances n'a pas de limite. C'est la puissance économique de ces États qui conduit à des débouchés commerciaux dans des aires d'influence en Afrique notamment favorisant l'investissement. L'impérialisme politique et militaire venant ensuite contribuant à la colonisation des domaines commercialement contrôlés par les métropoles. Il faut savoir, que l'Europe jouit d'une remarquable stabilité monétaire, possédant à partir de 1914 de près de 60 % de l'or monnayé dans le monde, les Européens font figure de banquiers détenant l'hégémonie financière.

    La suite 26 sera la France pendant et après la première Guerre mondiale

    Les sites de référence consultés pour cette série d'article,

    http://www.herodote.net/histoire/synthese.php?ID=61
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Royaume_d%27Italie_%281861-1946%29
    http://prepa-sciencepo.forumactif.net/avant-la-guerre-de-14-f15/cours-d-histoire-mondiale-jusqu-en-1914-t44.htm
    http://david.colon.pagesperso-orange.fr/scpo/compromis.pdf
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Neutralit%C3%A9_italienne_%281914-1915%29
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Risorgimento
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Premi%C3%A8re_Guerre_mondiale
    http://www.sport-histoire.fr/Histoire/1GM/Les_origines.php
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Deuxi%C3%A8me_Guerre_balkanique
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    http://www.ambafrance-cn.org/1870-1914-la-France-republicaine-crises-et-consolidation.html
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_russe
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_franco-allemande_de_1870
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_colonial_allemand
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_pr%C3%A9liminaire_de_paix_du_26_f%C3%A9vrier_1871
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Premi%C3%A8re_Guerre_des_Boers
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Grand_Jeu_%28g%C3%A9ostrat%C3%A9gie%29
    http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_russe
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Second_Empire
    http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/empire_francais.html
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Troisi%C3%A8me_R%C3%A9publique
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Second_espace_colonial_fran%C3%A7ais
    Histoire du XXème siècle, la fin du monde européen 1900-1945 par Serge Berstein, Pierre Milza
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_Jeu_%28g%C3%A9ostrat%C3%A9gie%29
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Premier_Empire
    http://rahmouni.i8.com/annexe1.html
    http://wapedia.mobi/fr/Empire_colonial_allemand#4.
    http://www.monde-diplomatique.fr/1998/04/GARRIGOU/10288
    http://www.herodote.net/articles/article.php?ID=1167&classe=4
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Crim%C3%A9e
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Tchernoziom
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Royaume_de_Sardaigne

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