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  • Philippe Pétain, Maréchal de France, suite 30,

    la bataille de France, le Fall Gelb, suite.

    Support Wikipedia Dès le début de l'attaque du 10 mai, sont particulièrement visés par les bombardements Allemands les terrains d'aviations de Calais, de Dunkerque, de Metz, de Essey-lès-Nancy, de Bron et de Châteauroux. Des centaines d’appareils sont détruits au sol. En Belgique, la moitié des avions de l'Armée de l'air sont neutralisés. Au même moment, d'autres actions sont menées sur les nœuds ferroviaires et les embranchements de routes jusqu'à 400 kilomètres à l'intérieur du territoire Français, ainsi que sur les gares et les nœuds de communication de Belgique, jusqu'à Bruxelles où des carrefours sont bombardés.

    La partie nord de l'offensive, en Hollande, vise les ponts de Rotterdam, Dordecht, Moerdjik, qui sont pris par l’armée Allemande. En Belgique, les troupes Allemandes progressent rapidement, grâce, en partie, à l'emploi de troupes aéroportées, notamment au fort d'Ében-Émael neutralisé par des charges creuses et en passant par les ponts au Canal Albert. L'armée Hollandaise, refoulée du Limbourg Hollandais, abandonne toute liaison avec l'armée Belge dès le deuxième jour de l'attaque. Dès lors, l'armée Belge est tournée sur sa gauche en même temps qu'elle est tournée par la basse Ardenne et par le Grand Duché de Luxembourg que les troupes Allemandes traversent comme à la promenade, car ce petit pays n'a pas d'armée pour le défendre.

    En même temps, l'armée Belge qui est percée en son centre, à Eben-Emael, doit refluer pour ne pas être disloquée et pour pouvoir se reformer en un front continu avec l'armée Française elle-même en pleine retraite. Quant aux Hollandais, ils sont rapidement hors jeu. Refoulés jusqu'aux îles du delta maritime, ils capitulent au bout de cinq jours, ce qui menace la région nord du front Belge tandis que les armées Belges et Françaises s'alignent en vue de la bataille d'arrêt que les alliés croient pouvoir livrer sur la Dyle. Mais la tactique Allemande de percées en profondeur empêche de reconstituer un front allié solide et Bruxelles est occupée par l'armée Allemande le 17 mai et Anvers le 18.

    Le 17 mai Le colonel Charles de Gaulle, tout récent commandant de la 4ème division cuirassé, remporte à Montcornet un petit succès. Elle est engagée à l’aube du 17 mai pour une action offensive réussie sur Montcornet et livre des combats autour de Laon. Mais ce succès n'est pas exploité, faute de soutien logistique, d'appui aérien et de renforts. La division se porte ensuite au sud d’Abbeville pour attaquer de la tête de pont Allemande, les 28 et 29 mai, l'objectif général étant de dégager les unités encerclées de la poche de Dunkerque. Le 1er juin, la 4ème DCr est relevée par la 51ème division Anglaise, et doit se regrouper dans la région de Marseille-en-Beauvaisis, pour être rattachée au groupement cuirassé du général Delestraint. Le 6 juin, le colonel de Gaulle doit quitter son commandement, car il est nommé sous-secrétaire d'État à la Guerre, il est remplacé par le colonel Chaudesolle, puis le 7 juin par le général de la Font.

    Le 18 mai, le général Władysław Sikorski met la première Division de grenadiers polonais à la disposition de l'armée Française. Le maréchal Philippe Pétain devient vice-président du Conseil.

    Le haut commandement Allemand croyait devoir s'attendre à une contre-attaque Française qu'il considérait comme inévitable selon les principes classiques de l'art militaire, aussi tente-il, à maintes reprises, de ralentir la progression de ses chars et de leur infanterie vers l'ouest à travers les positions tenues par les troupes Françaises. Et d'ailleurs, comme pour leur donner raison, en Belgique, le général Mellier attaque les Allemands avec des troupes majoritairement marocaines et parvient à les contenir localement, ainsi que, sur la Dyle, le général Prioux à la tête de ses chars. Mais ils ne sont pas soutenus par des renforts et les commandants des Panzerdivisions, ne se laissant pas impressionner, poussent toujours plus à l'ouest en désobéissant à leurs supérieurs.

    Le 20 mai, ils atteignent la mer. Pourtant, le haut commandement Allemand n'est toujours pas rassuré et vit des journées d'angoisse à l'idée d'une vaste contre-offensive stratégique sur les flancs de la percée, pensant que le recul des alliés est un piège. Mais le général Weygand , succédant à Gamelin, a reporté de trois jours la contre-offensive prévue. C'est qu'il sait que les troupes Françaises commencent à se disloquer et qu'il veut en rallier les éléments. Ils donne pour commencer l'ordre de ne plus s'occuper de colmater des brèches dans l'espoir toujours déçu de reformer le front allié, ce qui a conduit, de réajustement en réajustement, à abandonner aux Allemands des milliers de kilomètres carrés qu'il n'est plus possible de reconquérir. La consigne est de tenir sur place, en créant une série de nœuds de résistance qui vont insécuriser les pointes avancées Allemandes si elles ne peuvent plus s'appuyer mutuellement, comme elles avaient pu le faire jusque là. Il faudrait donc que l'ensemble des troupes encore en état de combattre adoptent résolument cette tactique.

    Le 21 mai les villes d'Arras et d'Amiens sont prises. Les Allemands atteignent la Manche, l'armée Française est coupée en deux, ses meilleures unités encerclées en Belgique. Mais Hitler interdit aux Panzerdivisionen de compléter l'encerclement par la capture des ports et plages.

    Les forces Belges tenteront en vain de contenir l'ennemi à bataille de la Lys qui commence le 23 et durera cinq jours, seule véritable bataille d'arrêt de toute la campagne, elle avait pour objectif d'interdire le franchissement de la Lys à l'armée Allemande. L'armée Belge avait pu garder sa cohésion, étant «restée sur elle-même», selon le mot du général van Overstraeten, conseiller militaire du roi Léopold III. Le commandement Français, par contre, confiant dans l'importance de ses effectifs, avait divisé ses forces en étirant son centre et sa gauche vers le nord, laissant sa droite, en Ardennes, à des troupes de réserve peu mobiles qui ne purent être secourues lors de la percée Allemande de Sedan. Le but de l'état-major Français était de livrer bataille en Belgique et aux Pays-Bas en application d'un plan Dyle-Breda. Ce plan a été une erreur fondamentale dans la stratégie des alliés et l'un des facteurs décisifs qui a contribué à une défaite des Alliés dans la bataille de France. Selon l'historien Anglais Julian Jackson, la chute de la France peut être largement attribuée à une médiocre planification stratégique du Haut commandement Français. La doctrine militaire Française était, que l'on allait assister à la répétition du plan Allemand de 1914, mais en plus étendu, englobant les Pays-Bas.

    On n'imaginait pas que les Ardennes et la Meuse puissent être franchis par un groupement motorisé et encore moins que l'armée des Pays-Bas allait capituler en cinq jours. L'État major Français a donc engagé les meilleures et les plus mobiles des divisions Franco-britanniques en Belgique pour secourir les Pays-Bas. Mais ceux-ci, ayant capitulé en cinq jours sans attendre les Français, il ne leur restait qu'à refluer vers le sud pour tenter d'arrêter la poussée des meilleures forces Allemandes.

    Le 23 mai, le hameau de Paradis à Lestrem , 97 soldats Anglais prisonniers sont massacrés à la mitrailleuse par les SS de la 4ème compagnie du 1er bataillon du 2ème régiment de la division Totenkopf sous le commandement de Fritz Knöchlein. Il sera pendu en 1949 pour crime de guerre.

    Le 24 mai, début de l'Opération Alphabet, évacuation des troupes Britanniques, Françaises et Polonaises du port de Narvik, au nord de la Norvège, sanctionnant le succès de l'Allemagne nazie pendant l'opération Weserübung du 6 avril et la fin de la campagne Britannique en Norvège. L'évacuation fut terminée le 8 juin 1940.

    Le 25 mai, début de la bataille de la poche de Lille. La poche de Lille a résisté du 25 mai au 31 mai 1940 à l'encerclement de l'armée Allemande commandée par le général Waeger .

    Le 26 mai, début de l'opération Dynamo, la bataille de Dunkerque est l'évacuation alliée de Dunkerque vers le Royaume-Uni. Elle durera jusqu'au 3 juin, en dépit de la Luftwaffe qui ne parviendra pas à l'empêcher.

    «L'armée Britannique ainsi que des unités de l'armée Française ont dû battre en retraite vers le nord de la France. Encerclées à Dunkerque, elles ont mené une résistance, en particulier la 12ème division d'infanterie motorisée à partir du Fort des Dunes , destinée à gagner un laps de temps nécessaire à l'embarquement du gros des troupes vers le Royaume-Uni, aidées par Adolf Hitler qui donna un ordre d'arrêt, Haltebefehl, des armées Allemandes devant Dunkerque. L'évacuation s'est opérée à l'aide de tous les navires que la Royal Navy put réquisitionner pour traverser la Manche, tandis que la RAF luttait dans le ciel pour couvrir l'opération. Les troupes et le matériel n'ayant pas pu être embarqués ont été capturés par la Wehrmacht, mais la réussite du sauvetage du gros des troupes a peut-être sauvé le Royaume-Uni d'une invasion face à laquelle il aurait difficilement résisté».

    Prises en étau par les troupes Allemandes, et sous le feu de leurs avions et de leur artillerie, les forces alliées embarquent à Dunkerque pour rejoindre l'Angleterre. Le 20 mai, la situation est désespérée, deux divisions de panzers commandées par Heinz Guderian atteignent Abbeville et la mer. La Wehrmacht parvient ainsi à couper les armées alliées en deux avec, entre les mâchoires de la tenaille, un million de soldats Français, Belges et Britanniques pris au piège. Les chars Allemands poursuivent leur progression. Le 24 mai, les avant-gardes de Guderian établissent six têtes de pont sur l'Aa et atteignent Bourbourg, elles ont pratiquement le champ libre lorsqu'un ordre impératif du général von Rundstedt, confirmé par Hitler, les stoppera net jusqu'au matin du 27 mai.

    Il existe deux théories défendues par les historiens, pour expliquer cela, la première est qu'Hitler, obnubilé par la prise de Paris, ait voulu reposer ses troupes, la seconde se base sur le fait que l'État-major Allemand ait voulu amadouer les Anglais en vue de leur coopération dans l'opération Barbarossa dirigée contre l'URSS. Les Alliés profiteront de l'aubaine. Ils se regroupent en hérisson pour tenir pied à pied un corridor s'étendant de la région Lilloise à Dunkerque, sur une centaine de kilomètres de profondeur et trente à quarante de largeur. Pour se dégager, le général Weygand mise sur une traditionnelle contre-attaque. Le chef du corps expéditionnaire Britannique, le général Gort, ne partage pas cette option. À moyen terme, l'évacuation lui semble inévitable. Le cabinet de guerre Britannique lui donnera raison. Le 26 mai, la décision tombe,

    «en de telles conditions, une seule issue reste, vous frayer un chemin vers l'ouest, où toutes les plages et les ports situés à l'est de Gravelines seront utilisés pour l'embarquement. La marine fournira une flotte de navires et de petits bateaux, et la Royal Air Force apportera un soutien total… »

    Les Anglais préparent leur rembarquement en abandonnant froidement la droite de l'armée Belge, comme le relate l'amiral Anglais Keyes qui était officier de liaison Anglais auprès du roi des Belges. Or, les Belges ont pu contenir les Allemands pendant les cinq jours de la bataille de la Lys. Se sentant abandonné, le roi Léopold III décide alors de capituler le 28 mai, l'armée Belge étant au bord de l'effondrement et de la rupture de ses stocks de munitions. Il en prévient Anglais et Français, ces derniers recevant en quelques jours plusieurs communications radio adressées au général Blanchard. Le gouvernement Britannique décide d'accélérer la défense de Londres. Les troupes Norvégiennes et Polonaises repoussent les Allemands jusqu'à la frontière Suédoise. Mais les Français n'ont plus de capacité offensive. La capacité offensive, c'est ce qui, depuis le début de la campagne, a manqué aux armées alliées confrontées à une armée Allemande essentiellement orientée sur l'offensive.

    La capitulation de l'armée Belge est un acte purement militaire qui n'engage pas le pays politiquement, au contraire du traité d'armistice que le gouvernement du maréchal Pétain va conclure, plus tard, avec l'Allemagne. Aussi, le gouvernement Belge en exil continuera-t-il la guerre, notamment en Afrique, contre les Italiens d'Abyssinie, et sur mer et dans les airs avec trois escadrilles dans la Royal air force, ainsi qu'en Europe continentale en soutenant la Résistance armée et, plus tard, par l'envoi de troupes contribuer à la libération du nord de la côte Française et de la Belgique. Considéré comme allié, le gouvernement n'a jamais conclu de traité avec l'Allemagne. Quant au roi, considéré prisonnier des Allemands, il s'abstient de toute activité politique.

    Le 31 mai les Allemands réduisent les Français pris dans la poche de Lille où ils contribuent à permettre le rembarquement de Dunkerque en protégeant les arrières anglais. Vaincus, les Français de Lille capitulent et les Allemands se lancent vers la mer.

    C'est que le commandement Français, abasourdi par la rapidité manœuvrière de l'armée Allemande, reste sans trouver de solution devant les progrès quotidiens de l'ennemi. Les unités Françaises qui ne se sont pas effondrées sont envoyées en ordre dispersé, dans des contre-attaques locales sans réel plan d'ensemble, du fait de la nature extrêmement mouvante de la situation.

    On peut se demander ce qui serait survenu si le gouvernement Britannique n'avait pas préféré rembarquer pour regrouper ses troupes à Londres et si l'armée Belge se voyant abandonnée et au bord de l'épuisement n'aurait pas capitulée. De tout cela, il ressort que c'est une défaillance de nos alliés, principalement des Anglais, sur lesquels nous comptions, qui associée à un commandement Français défaillant ont permit l'invasion de la France, le chacun pour soi a été déterminant dans cette débâcle.

    280px-bundesarchiv_bild_121-0412_frankreich_panzer_somua_s35_geschutz.1293873448.jpgChars Français capturés par les troupes Allemandes en mai 1940.

    Pourtant, les troupes alliées n'ont pas toujours reculés devant le combat, on peut citer le sacrifice, chez les Belges, des chasseurs Ardennais à Martelange et Bodange, ainsi qu'à Vinkt, pendant la bataille de la Lys, où les Allemands commettront des atrocités contre les civils (ce qui, en 1945, vaudra à deux officiers de la Wehrmacht qui avaient survécu à la guerre, d'être condamnés). Il faut citer la victoire Française de la bataille de Hannut, première bataille de chars de l’histoire ainsi qu'une victoire Française qui détruisit 164 chars Allemands contre 105 Français.

    La bataille de Stonne dans les Ardennes Françaises surnommée le «Verdun de 1940», est la tentative de contre-attaque du 231ème RI appuyé de chars FCM 36. On dénombrera coté Allemand près de 26 500 pertes, dont 3 000 tués, constituant une des batailles les plus coûteuses en vies humaines infligées lors de la campagne de France alors que du côté Français, on dénombre environ 7 500 pertes, dont près de 1 000 tués, le reste étant des prisonniers de guerre, des blessés ou des disparus. Les pertes matérielles sont de 33 chars Français détruits pour 24 chars Allemands détruits.

    «Cette bataille peu connue du grand public, qui s'est déroulée du 14 au 25 mai 1940, vaut par l'emploi intelligent, côté Français, des chars associés à l'infanterie et à l'artillerie. Elle est en quelque sorte le modèle de ce qui aurait dû être réalisé sur l'ensemble du front, à savoir la rapidité de violentes contre-attaques, utilisant toute la puissance de feu de l'armement moderne en des points névralgiques. Par ailleurs, elle met à mal l'idée reçue de la supériorité matérielle de l'armée Allemande. Le char B1 bis s'avère en effet supérieur en plusieurs points au Panzer : blindage plus épais, armement sans équivalent».

    Le char B1 bis

    Finalement, les troupes Françaises déplorent soixante mille morts en six semaines de combats. La Belgique termine sa campagne des dix-huit jours avec 12.000 morts.

    Les forces de l'aile gauche Française et le corps expéditionnaire Britannique sont enfermés dans une vaste poche autour de Dunkerque et contraintes au rembarquement. Il faut le sacrifice d’une division d’infanterie Française qui se fait littéralement tuer sur place, luttant à un contre quatre durant plusieurs jours jusqu'à épuisement des munitions, appuyée par l'infanterie Britannique et la RAF qui a autant souffert que l'Armée de l'air Française dans cette bataille, pour permettre l’évacuation de 340 000 hommes, Britanniques et Français, dans des conditions épouvantables.

    La suite 31 sera l'invasion de la France, la débâcle.

    Références,

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Fort_d%27%C3%89ben-%C3%89mael
    http://fr.wikipedia.org/wiki/W%C5%82adys%C5%82aw_Sikorski
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_la_Lys_%281940%29
    http://home.nordnet.fr/~lestrem-adsl/histoire/paradis.htm
    http://en.wikipedia.org/wiki/Fritz_Knoechlein
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Alphabet
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Weser%C3%BCbung
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Poche_de_Lille
    http://www.mamet-dom.net/Hdin/Vest/Mai40.htm
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Dynamo
    http://histoiresdunord.blogspot.com/2010/03/juin-40-lete-tragique-du-fort-des-dunes.html
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Heinz_Guderian
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Gerd_von_Rundstedt
    http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Vereker
    http://www.linguee.fr/anglais-francais/traduction/fusiliers.html
    http://www.larevuetoudi.org/fr/story/la-belgique-se-d%C3%A9chire-%C3%A0-la-bataille-de-la-lys-23540-28540
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Arm%C3%A9e_fran%C3%A7aise_en_1940
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Hannut


  • Philippe Pétain, Maréchal de France, suite 29,

    la bataille de France, la drôle de guerre.

    A lire aussi la guerre du millénaire, «La campagne de France».

    Support Wikipedia Elle représente sur plan Européen la période de la Seconde Guerre mondiale entre la déclaration de guerre par la France et le Royaume-Uni, les Alliés, à l'Allemagne nazie le 3 septembre 1939 et l'invasion par cette dernière de la France, de la Belgique, du Luxembourg et des Pays-Bas le 10 mai 1940. Elle reçut ce surnom du journaliste Roland Dorgelès reprenant une expression utilisée dans un reportage sur les armées alliées qui attendaient l'offensive dans leurs retranchements et notamment à la ligne Maginot en trompant l'ennui.

    sitzkrieg.1293728488.jpg

    Personnels Anglais et Français d'un champ d'aviation le 28 novembre 1939. Pour les Allemands, la drôle de guerre est la Sitzkrieg, Wikipédia.

    470px-maginot_linie_karte.1293816612.jpgLa ligne Maginot ses fortifications, Wikipédia .

    Après s'être assuré que l'URSS participerait au démembrement de la Pologne en signant le Pacte germano-soviétique, Hitler lance ses armées sur ce pays le 1er septembre 1939, sans déclaration de guerre, voir, l'incident de Gleiwitz. En application de leur alliance, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l'Allemagne. En particulier, la France avait garanti, après 1918, par des traités d'assistance mutuelle l'existence de la plupart des pays nouvellement créés en Europe centrale, avec l'arrière-pensée de créer un cordon sanitaire autour de l'Allemagne.

    La France lance dès les premiers jours la timide offensive de la Sarre avant de se retirer derrière la ligne Maginot.

    Les Allemands vont utiliser pour la première fois sur le théâtre Polonais la tactique de la «guerre éclair», Blitzkrieg, qui assure à la Wehrmacht une victoire rapide malgré la bataille de la Bsura. L'URSS prend alors sa part de guerre contre la Pologne ainsi que les États baltes . Après l'échec des négociations avec la Finlande pour reculer la frontière Soviétique près de Leningrad de l'Allemagne, l'URSS attaque la Finlande, guerre d'hiver, le 30 septembre 1939 dans le but de créer des avants postes et arrache à la Finlande la région frontalière de Carélie. Les Finlandais résisteront trois mois puis finiront par céder.

    Après sa première campagne victorieuse, Hitler se tourne vers l'ouest, mais rien ne se passe sur ce front pendant plusieurs mois. Retranchés derrière la ligne Maginot, les alliés attendent l'assaut des forces Allemandes elles-mêmes retranchées derrière la ligne Siegfried. C'est un conflit sans combats majeurs si ce n'est quelques escarmouches de patrouilles de reconnaissance.

    En France la structure de commandement est complexe avec la création fin 1939 du GQG de Doumenc à mi-chemin entre Gamelin et Georges. On se retrouve dès lors pour le secteur clef des opérations avec pas moins de quatre échelons de commandement,

    – Gamelin , Général commandant en chef ;
    – Doumenc, Grand Quartier Général intermédiaire ;
    – Georges, Théâtre Nord-est ;
    Billotte, premier Groupe d'Armées, c’est-à-dire l'essentiel de l'affaire.

    Sans oublier la chaîne de l'armée de l'Air qui est distincte.

    Les trois premiers se «partageant» les principaux services d'État-major, ceux-ci y perdent évidemment en efficacité et plus personne ne dispose dans sa main de tous les outils nécessaires à la conduite de la bataille. «La raison principale de ce désastre militaire, comme le confirme l'historien Max Lagarrigue relève plus de l’immobilisme d’un État-major vieillissant, prisonnier de la doctrine stratégique et tactique issue de la Première Guerre mondiale».

    De plus, il faut préciser que les deux premiers gravitent, l'un dans l'ombre de Paul Reynaud président du Conseil du 21 mars au 16 juin 1940 et ministre des Affaires étrangères nommé par Albert Lebrun, l'autre dans celle de Edouard Daladier ministre de la défense et de la guerre.

    Dans le gouvernement Reynaud jusqu'au 16 juin 1940 figurent outre Daladier, Camille Chautemps et Philippe Pétain (mais seulement à partir du 18 mai) comme vices présidents. Charles de Gaulle est sous secrétaire d'État à la guerre à partir du 6 juin 40.

    Le conflit s'enlise jusqu'à ce que les hostilités reprennent au printemps, lorsque les alliés se préparent à couper l'approvisionnement en acier de Suède vers l'Allemagne depuis la Norvège, malgré une victoire éclatante, les Alliés ramènent leurs troupes en urgence en France suite à l'offensive Allemande à travers la Belgique. Plus tard, l'Allemagne envahit le Danemark et la Norvège le 9 avril 1940.

    La drôle de guerre prend définitivement fin le 10 mai 1940 lorsque les armées Allemandes lancent le Fall Gelb, une vaste offensive sur les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg violant la neutralité de ces États, puis à travers les Ardennes, la percée de Sedan, afin de prendre à revers la ligne Maginot.

    400px-france_1940-plan_de_bataillesvg.1293791216.png

    Fall Gelb, le plan jaune concocté par Manstein à la veille de la bataille de France. Il fait suite au Fall Weiss concernant la Pologne, Wikipédia .

    Le commandant en chef le général Gamelin, avait pourtant été prévenu, en janvier 1940, par des contacts militaires secrets avec les Belges, que ceux-ci avaient saisis, dans un avion qui avait fait un atterrissage forcé en Belgique, des instructions militaires montrant que l'Allemagne allait attaquer dans les Ardennes. Le 8 mars, un message de confirmation du roi Léopold III de Belgique en personne parvint au général Gamelin. Mais l'État-major Français n'en tint aucun compte. Et ce fut l'attaque sur Sedan où l'armée Française, surprise, ne put s'opposer à la percée Allemande menaçant les arrières des armées alliées.

    La Luftwaffe procède au bombardement systématique des aéroports. Le commandement Français s'y attendait. En application des accords pris avec les Belges, comme le relate le général en chef Gamelin, un officier supérieur Français de liaison, le général Chambon, arrive au Quartier Général de l'armée Belge pour coordonner la stratégie des armées désormais alliées. En même temps, l'armée Française entre en Belgique, comme il était prévu de longue date. Mais les Allemands utilisent à plein les concepts de choc et rapidité, le couple char-avion communiquant par radio, et la concentration des moyens sur des points sensibles des alliés. Le fer de lance de l'armée Allemande, une dizaine de divisions blindées, traverse le massif des Ardennes, jugé impénétrable par les généraux Français ralliés à l'opinion du maréchal Pétain. Les chasseurs ardennais de l'armée Belge y retardent les Allemands les 10 et 11 mai, aidés en cela par le caractère du massif Ardennais aux routes étroites et sinueuses parsemées d'obstacles et de blockhaus. Aussi, les avant-gardes Allemandes n'atteignent-elles le front Français que le 11. C'est le 12 mai que la Wehrmacht entreprend de l'attaquer à Sedan en un point mal défendu et qui fut mal soutenu lorsque l'attaque apparut évidente. L'armée Allemande perce, entraînant chez les soldats Français ce que l'on a appelé «la panique de Bulson», et remonte du Sud vers le Nord dans le but d'encercler les forces Françaises, Anglaises et Belges

    La percée de Sedan.

    280px-10may-16may1940-fall_gelb.1293791527.jpgLa carte de la percée Allemande du 10 au 16mai 1940.

    La percée de Sedan est une offensive majeure et décisive lancée le 10 mai 1940 par la Wehrmacht depuis l'Allemagne en direction de Sedan, les troupes Allemandes traversent le massif des Ardennes, et évitent ainsi la ligne Maginot car le dernier fort de cette ligne, Ouvrage de la Ferté, se situe à environ 20 km de Sedan près de Carignan.

    Les avant-gardes Allemandes sont tout près de la frontière Belgo-française, à environ 15 km de Sedan, quand tous les ponts du secteur de Sedan sont détruits le 12 mai en fin d'après-midi. L'armée Française repliée attend l'assaut Allemand sur la rive gauche de la Meuse. Le lundi 13 mai à l'aube, les observateurs Français voient de nombreuses colonnes Allemandes apparaître à la lisière des forêts au nord de Sedan. L'artillerie Française intervient et tire efficacement, gênant un instant la progression des troupes Allemandes. La riposte Allemande ne vient pas d'un duel d'artillerie comme lors de la Première Guerre mondiale mais d'un bombardement aérien nettement plus massif que les jours précédents. Plus de 1 500 avions du Ier et IIème Fliegerkorps vont supporter cet assaut durant la journée. On comptera 600 bombardiers réalisant 1 215 sorties d’attaque au sol. À 7 h, des Dornier 17 préparent l’attaque Allemande pour traverser la Meuse à Sedan.

    La préparation par bombardement va durer plusieurs heures, causant une nette diminution des tirs d’artillerie Français. Les hommes doivent se mettre à l’abri, le fracas des explosions continues est terrible, les hurlements des sirènes des Stukas mettent les nerfs à rude épreuve. Le pilonnage va avoir une part prépondérante dans la réussite du franchissement de la Meuse. Des Dornier, Heinkel et Junkers envahissent le ciel et s'acharnent méthodiquement sur tous les dispositifs de défense Français, les bombardiers sont protégés de la chasse aérienne Française et Anglaise par des Messerschmitt Bf 109. L'aviation alliée, engagée sur tous les autres secteurs, semble absente du ciel selon des témoignages oculaires mais, en réalité, le peu de chasseurs qui ont échappé aux Allemands se sacrifient sans résultat positif.

    Par vagues de 40 à 50, les Heinkel et Dornier bombardent pendant des heures la ville de Sedan puis les abords des casemates, fortins situés sur les coteaux de Meuse. De Dom-le-Mesnil à Frénois jusque Noyers-Pont-Maugis, toutes les fortifications et lignes de défense sont attaquées par des groupes de 9 bombardiers guidés par des avions de reconnaissance Fieseler Fi 156. Les points les plus visés sont Wadelincourt, Frénois et le lieu-dit Bellevue ainsi que les 47ème et 6ème batteries avancées du 99ème régiment d'artillerie du village de Frénois, du mont de la Croix-Piot, de Cheveuges, les batteries d'artillerie lourde de la Marfée et celles situées en arrière du front. Les pièces de 75 mm situées à Frénois et sur le mont Piot sont détruites dès les premières minutes du bombardement. Aussitôt délestés de leurs bombes, les bombardiers repartent et sont remplacés par d'autres.

    Les pilonnages sont exécutés méthodiquement par tranche de terrain sur tous les ouvrages de défense, points d'appui, observatoires, postes de combat et batteries d'artillerie avancées. Le lieutenant-colonel Laffont, commandant le sous-secteur de Villers-sur-Bar reçoit plusieurs centaines de bombes à proximité de son PC de Moulin-Mauru selon son témoignage. De courts répits entre les vagues ne permettent pas aux Français de se réorganiser ni de réagir efficacement. Car aussi s'alternent par vagues quelque 200 bombardiers en piqué Stukas Ju 87 qui ajoutent avec leurs sirènes hurlantes un effet démoralisateur et angoissant pour les défenseurs. Dès qu'un objectif est repéré par les avions de reconnaissance, il est systématiquement attaqué par les Stukas de plus en plus nombreux. Selon de nombreux témoignages, chaque combattant avait l'impression d'être visé personnellement par l'avion qui piquait sur sa position.

    L'artillerie anti-aérienne Française tente d'intervenir mais la dotation en petites quantités sur ce secteur et surtout inadaptée à tirer sur les bombardiers en piqué et ne réussit pas à libérer le ciel. En outre, les batteries de DCA Françaises sont tout de suite attaquées par des nuées de Stukas dès qu'elles sont repérées par les avions de reconnaissance. La maîtrise des airs permet aux chars et canons autotractés Allemands d'arriver pratiquement sans pertes en bordure de la Meuse. Malgré l’ampleur des bombardements, aucune casemate n'est complètement détruite et on ne déplore que peu de victimes. Cependant, beaucoup d'ouvrages bétonnés sont recouverts de terre, les créneaux sont obstrués, les armes faussées, de nombreux abris de fantassins sont touchés, parfois pulvérisés, les batteries de 75 sont soit détruites soit bouleversées.

    L'effet moral du pilonnage sur les troupes se terrant est considérable. Le système défensif est désorganisé, les lignes téléphoniques enterrées sont arrachées, les installations radio détruites. Durant l'attaque des avions, les blindés Allemands sur la rive droite de la Meuse commencent à harceler les embrasures des casemates par des tirs directs qui aveuglent les défenseurs, toutefois, la plupart de celles-ci résistent bien sous les bombardements aériens et terrestres.

    Le 13 mai, un mouvement de panique engendré par suite au rapport du capitaine Daumont a affecté, peu après 18 heures, heure Française, une batterie du 404ème RA DCA dont les véhicules passent à toute allure devant le PC de la 55e DI, Casemate de Font-Dagot.

    «Des grappes d’hommes accrochées aux véhicules, ces gens affolés, hurlent que l’ennemi, avec des chars, vient d’atteindre Bulson».

    Il semblerait que le mouvement de panique ait pris son origine au 169ème RAP. Le capitaine Fouques, observant des explosions d’obus à quelques centaines de mètres au nord de la position des 7ème et 8ème batteries du régiment, Plateau de la Renardière, supposa qu’il s’agissait d’impacts de projectiles de chars. Cette information qu’il transmit par radio se répandit bien vite comme une traînée de poudre mais sous une forme tronquée. Partout couraient des rumeurs, «les chars sont à Bulson», «les chars sont là», «tout le monde se replie», «les Boches arrivent». Ces rumeurs engendrées par les unités débandées ont aussi affecté les troupes Françaises placées en retrait de la ligne de front qui ne se sont pas repliées en ordre, à tel point que deux PC de division et deux PC d'artillerie lourde sont abandonnés. Des batteries d'artillerie n'ayant pas eu à subir de gros dégâts sont détruites et abandonnées par leurs servants qui s'enfuient. Peu se replient en bon ordre et quand elles le font, elles sont gênées par les unités débandées, ce qui ajoute à la confusion.

    À minuit, des unités d'assaut Allemandes sont déjà au col de la Boulette à 3 km au sud de Sedan, une poche s'est créée. Quelques troupes Françaises résistent dans la Marfée mais il n'y a plus de cohésion dans les lignes de défense qui sont réduites peu à peu. Les Allemands ont établi une solide tête de pont sur la rive gauche de la Meuse en moins d'une journée. Toutefois le 13 mai au soir, aucun char allemand n'a encore traversé la Meuse mais le sous-secteur de Frénois est enfoncé.

    Au Grand Quartier Général de Vincennes, les combats de Sedan sont analysés comme un incident local, la manœuvre Dyle-Breda occupe toujours toute l'attention. Dyle est une rivière de Belgique, Breda est une ville néerlandaise au sud du pays. Le PC du général Gamelin apprend avec plusieurs heures de retard les événements dans le secteur de Sedan. Lorsque le généralissime se rend vers 10h00 à la Ferté au PC du général Georges, il ignore que les Allemands font subir au secteur de Sedan un bombardement aérien massif et méthodique. Même le PC de la 2ème Armée du général Huntzinger ne l'apprendra que dans le courant de l'après-midi, alors que les premiers fusiliers Allemands franchissent la Meuse et réduisent les casemates Françaises au silence. Ce n'est que vers 21 heures que la G.Q.G Français apprend qu'il y a «un pépin assez sérieux» au sud de Sedan. De Chalons, la 3ème D.C.R est appelée en renfort car le commandement Français vient de se rendre compte de l'importance de «l'incident local», si le front est percé dans le secteur de Sedan, la manœuvre Dyle-Breda devient un piège.

    Gamelin va s'apercevoir de l'ineptie de la stratégie qu'il a mise au point avec son État-major durant cette drôle de guerre, la manœuvre de rencontre qui se fait avec ses meilleures unités combattantes n'est pas encore terminée, il est tombé dans le piège de ce que d'aucuns nomment la muleta du toréro, les Allemands ont agité un chiffon rouge au nord mais le danger venait du sud.

    La suite 30 de la bataille de France portera sur la suite du Fall Gelb.

    Références,

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Roland_Dorgel%C3%A8s
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Ligne_Maginot
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Dr%C3%B4le_de_guerre
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    http://fr.wikipedia.org/wiki/Pacte_germano-sovi%C3%A9tique
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Himmler
    http://www.worldlingo.com/ma/frwiki/fr/Campagne_de_Pologne_%281939%29
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    http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Doumenc
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    http://fr.wikipedia.org/wiki/Alphonse_Georges
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Billotte
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Max_Lagarrigue
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Reynaud
    http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89douard_Daladier
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Plan_jaune
    http://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9opold_III_de_Belgique
    http://www.empereurperdu.com/tribunehistoire/viewtopic.php?t=124
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Perc%C3%A9e_de_Sedan
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Ouvrage_de_la_Fert%C3%A9
    http://fr.wikipedia.org/wiki/VIII._Fliegerkorps
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Dornier_Do_17
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Stuka
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Heinkel
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    http://fr.wikipedia.org/wiki/Messerschmitt_Bf_109
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Fieseler_Fi_156
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Dyle
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Br%C3%A9da
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Huntziger
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Car%C3%A9lie_du_Sud
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_d%27Hiver

  • Philippe Pétain, Maréchal de France, suite 28,

    la seconde guerre mondiale.

    Support Wikipedia Lorsque débute la seconde mondiale j'ai 10 ans. De nationalité Italienne, mon père prévoyant l'engagement de l'Italie fasciste dans cette guerre puisque théoriquement alliée de l'Allemagne depuis 1936 nous naturalisa Français.

    Le premier novembre 1936 l'Axe Rome-Berlin était proclamé à Milan par Mussolini. Le 22 mai 1939 l'alliance Rome Berlin était renforcée par un traité militaire le Pacte d'acier. Il s'agit d'un pacte offensif qui scellait d'une manière formelle les forces de l'Axe. Le premier septembre suivant l'Allemagne attaquait la Pologne déclenchant ainsi la Seconde Guerre mondiale. L'Axe Rome-Berlin-Tokio fût créé le 26 septembre 1940 par la signature du Pacte tripartite entre Allemagne, Japon, et Italie, il formait ainsi une alliance militaire. L'Italie voulait régler le contentieux du pacte de Londres en 1915, elle n'avait pas obtenue ce qui lui avait été promis. Les nationalistes et l'opinion publique virent cela comme une injustice et un affront envers les 600 000 soldats Italiens tués. Ce ressentiment associé aux dissensions internes et aux problèmes économiques permit aux fascistes menés par Benito Mussolini de prendre le pouvoir en 1922. En 1935-1936, elle envahit l'Éthiopie. La Société des nations protesta mais même si aucune action ne fut prise à son encontre, l'Italie se retrouva isolée sur la scène internationale. En 1937, elle quitte la Société des nations et rejoint le Pacte antikomintern signé par le Japon et l'Allemagne l'année précédente. En mars-avril 1939, l'Italie annexe l'Albanie et le 22 mai, et elle signe le Pacte d'acier avec l'Allemagne. L'Italie entre en guerre le 10 juin 1940.

    Mon père décide de rester en France alors que beaucoup d'Italiens venus en France après 1919 pour travailler rentaient en Italie. Il fit une demande de naturalisation qui fut acceptée et nos fûmes naturalisés Français le 4 décembre 1939 par un décret signé par Albert Lebrun et publié au journal officiel, bien que je sois né en France. Cette naturalisation fît de nous des Français sur le papier mais pas pour les Français d'alors qui, pendant l'occupation, n'ont pas manqué de nous le faire sentir en nous traitant de sales ritals et en ayant envers nous des actions discriminatoires qui restent gravées dans ma mémoire.

    La Seconde Guerre durera de septembre 1939 à septembre 1945. Elle fera plus de 67 millions de morts dont 25,2 millions de militaires et 42,2 millions de civils, et plusieurs dizaines millions de blessés. Ce conflit fut le plus coûteux en vies humaines de toute l'histoire de l'humanité. Environ 45 millions de civils sont morts dans les combats et les bombardements et le nombre de victimes civiles est supérieur à celui des victimes militaires. Des peuples entiers sont presque décimés, on comptait six à sept millions de Juifs en Europe avant la guerre et seulement un million après. Des populations sont détruites. La Pologne a perdu environ 15% de sa population. Environ 11 millions de personnes auraient été directement exécutées sur les ordres d'Adolf Hitler .

    D'importants crimes de guerre furent commis dont la déportation en camps de travail, en camps de concentration, en camp de la mort et d'exterminations principalement de juifs, camps équipés de chambres à gaz comme Auschwitz , Tréblinka , Sodibor , Belzec , Chelmno , Maly Trostenëts ou entre 6 et 7 millions de juifs sont morts gazés ou tués d'une balle dans la tête. Cet Holocauste ou Shoah constitue un crime contre l'humanité. Il fut conduit d'une manière industrielle et méthodique, sous les ordres d'Hitler. Ce crime a principalement été mis en œuvre par la SS, Waffen SS unités de sécurité, et le RSHA, office central de la sécurité du Reich, dirigés par Heinrich Himmler, ainsi que par une partie de la Wehrmacht, et par de nombreux experts et bureaucrates du IIIème Reich. Il a bénéficié de complicités individuelles et collectives dans toute l’Europe, notamment au sein des mouvements collaborationnistes d’inspiration fasciste ou nazie, et de la part de gouvernements ou d’administrations ayant fait le choix de la collaboration d'État. L'ignorance du début puis les passivités indifférentes ou lâches de beaucoup ont aussi indirectement aidé à son accomplissement.

    En Europe selon les estimations, environ 17,8 millions de militaires sont morts sur les champs de bataille européens, dont 10,8 millions du coté des alliés et 7,1 millions du coté des forces de l'Axe. Les tués de l’Armée rouge constituent 53% du total des pertes militaires connues en Europe, ceux de la Wehrmacht 31%, ceux du Royaume-Uni 1,8%, ceux de la France 1,4%. Les pertes militaires de l’Union soviétique représentent 88% du total des pertes alliées en Europe, Royaume-Uni 3%, France 2,3% et États-Unis 2,2%. Le total des pertes militaires seules de l'Allemagne et de l'Union soviétique réunies représentent 84% du total de toutes les pertes militaires subies en Europe. Les pertes militaires du conflit germano-soviétique seul sont de 13,8 millions soit 78% du total des pertes militaires subies en Europe.

    Le front Russe a été une hécatombe pour les Allemands, la bataille de Stalingrad fut terrible, elle marqua un tournant majeur de cette seconde guerre mondiale. Le recul Allemand fut ininterrompu jusqu'à Berlin en 1945 conquis par l'armée Rouge. Elle est considérée comme la plus sanglante de l'histoire des combats urbains. On parle pendant le siège de la ville, de combats dans la ville, et de combats lors la contre offensive Soviétique faisant de 4.500 à 9.000 morts par jour.

    Dans le cadre de la Grande Alliance États-Unis, Union Soviétique, Royaume-Uni, l'URSS bénéficiera de l'aide Américaine dans le cadre de la loi «prêt-bail», conduisant à des acheminements de convois vers Mourmansk et Vladivostok longs et périlleux.

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    Femmes Iraniennes regardant passer un convoi de munitions Américaines à destination de l’URSS, 1943, source Wikipédia .

    En vertu d'un accord de 1943, les Kingcobra Bell P-63, Model 24, avion de chasse Américain développé durant la Seconde Guerre mondiale, qui étaient une évolution du P-39, étaient pris en charge par des pilotes du Air Transport Command et par des femmes pilotes issues du programme Women Airforce Service Pilots, WASP, pour les convoyer jusqu'à la base de Nome en Alaska. Les aviateurs chargés du convoyage suivaient la Northwest Staging Route ou Alaska-Siberia Route. Ce trajet aérien était constitué d'une série d'une dizaine de petites aérodromes, bases et stations de radios construits tous les 160 km environ, entre le Montana, USA et l'Alaska USA, en passant par dessus le Yukon, et la Colombie-Britannique, Canada. Une fois arrivés à «bon port», les avions étaient confiés à des pilotes Russes qui passaient le détroit de Béring pour les acheminer sur le front Russe. Un total de 2.397 appareils furent livrés, en vertu de la Loi Prêt-Bail, sur une production totale d'environ 3.303 unités, 72,6% 1943. Les Kingcobra furent retirés du front soviétique à l'ouest et furent censés être concentrés dans la partie orientale de la Russie pour préparer une attaque sur le Japon.

    Le Détroit de Béring, Wikipédia

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    L'armée Rouge, à la rupture du pacte Germano-soviétique le 22 juin 1941 ou les Allemands envahirent la Russie, qui n'était pas équipée pour cette guerre n'était pas en mesure de répondre à la puissance Allemande. Elle était formée principalement au départ de jeunes recrues avec un matériel très inférieur.

    jpg_orgue-85ced.1295206830.jpgRéférence les Katioucha histoire du monde .

    Les orgues de Staline, les Katioucha, un lance-roquettes en rafales monté sur un véhicule, les 3.600 chars Soviétiques, les 20.000 pièces d'artillerie et les 2.400 avions opposés aux 2700 chars Allemands avec 10.000 pièces d'artillerie et 2.500 avions lors de la bataille de Kroust mirent face à face 1,3 millions de Russes et 900.000 Allemands sur un terrain truffé de plus de 400.000 mines constituèrent le tournant de cette guerre. En Europe, les Allemands ne parvinrent plus à prendre la main.

    Les dégâts matériels sont énormes, les bombardements nazis et alliés ont provoqué d’importants dégâts matériels dans les villes, Berlin et Varsovie qui sont presque complètement détruites. Le bombardement de Dresde du 13 février 1945 fait à lui seul environ 135 000 morts. Des vagues d'avions sans interruption ont pilonné la ville du 13 au 15 février par des bombes à fragmentation et incendiaires. Ce bombardement est resté dans toutes les mémoires de ceux de cette époque. Plusieurs quartiers de Londres et de Rotterdam sont à reconstruire. Des millions de civils n’ont plus de logement et les sans abris se comptent par millions. D'autres villes martyres comme, Hiroshima, Nagasaki, Tokyo, Hambourg, Stalingrad, Leningrad, Sébastopol, Kiev, Kharkov, Budapest.

    Pour la France, le montant de la reconstruction s'élève à 4 milliards 900 millions de francs. 300 000 bâtiments d’habitation sont entièrement détruits. Sont notamment détruites en totalité ou en partie les villes de Brest, Caen, Le Havre, Lorient, Saint-Nazaire, Cherbourg, Évreux, Saint-Malo, Rouen. Les infrastructures de transport et de production sont également endommagées, la mise hors d'usage de milliers de routes, de ponts, de voies ferrées et de ports provoque l’isolement de nombreux villages. L'URSS reste la plus touchée par les dégâts matériels.

    Concernant l'Europe, le pillage des ressources organisé par les nazis dans les pays occupés, conjugué à la désorganisation des moyens de production, entraîne d’importantes pénuries, le rationnement est maintenu même après la capitulation Allemande du 8 mai 1945, en France, 200 g de pain par jour et moins de 200 g de viande par semaine pendant la période de l'occupation et beaucoup d'autres privations.

    L’après-guerre est marqué par la famine hollandaise de 1944. L’hiver rigoureux de 1946-1947 accentue les difficultés de ravitaillement et rend encore plus difficile la vie quotidienne dans l’Europe du Nord-Ouest. Le manque de charbon se fait durement ressentir car il représente le principal moyen de chauffage. 100 millions d’Européens disposent de moins de 1500 calories par jour. Selon Alan S. Milward, la ration alimentaire moyenne des Allemands en 1946-1947 s’élève à 1800 calories par jour et par habitant. Le Sous-secrétaire d'État américain aux affaires économiques William Clayton, 1880-1966, de retour d’Allemagne, alerte Washington DC et affirme que des «millions de personnes meurent lentement de faim».

    La France entre en guerre comme lors de la Première guerre mondiale par ses alliances. Après l'invasion de la Pologne le 1er septembre 1939, les Alliés déclarent la guerre à l'Allemagne le 3 septembre 1939. La rapidité de l'invasion de la Pologne surprend les commandements Français et Britanniques sans pour autant les inquiéter. De substantielles erreurs, ou supposées telles, du commandement Polonais sont identifiées. L'opinion générale est que la partie sera difficile, mais la certitude de la victoire l'emporte, l’armée Française étant réputée la meilleure au monde, ce qui s'avéra inexact.

    Les mouvements ouvriers de 1936 ne permirent pas à la France le développement d'une armée motorisée en chars en face de la puissance mécanique Allemande, nous en étions restés à la cavalerie. En outre, tous les pays savaient que l'Allemagne s'armait que le fascisme nazi dominait et qu'elle ne pensait qu'à la revanche de sa défaite en 1918. La politique du gouvernement du radical Camille Chautemps successeur de Léon Blum socialiste et président du Conseil était marquée par de l'immobilisme et de l'indifférence devant l'agressivité d'Hitler qui annexa l'Autriche. Edouard Daladier chef du parti radical va prendre le pouvoir et mettre fin au front populaire. Il exclu de son gouvernement les socialistes pour prendre des hommes de droite comme Paul Reynaud et Georges Mandel. En avril 1938, il signe les accords de Munich qui acceptent l'annexion par l'Allemagne d'une partie de la Tchécoslovaquie alliée de la France. Il pratique ensuite une politique antisociale qui fait hurler les forces de gauche l'accusant de trahir l'idéal antifasciste du front populaire. Daladier mène alors une politique de dictature représentant une restauration du pouvoir exécutif, cette autorité est mise au service du redressement national. L'effort de réarmement stimule l'industrie. Il a néanmoins besoin de temps ce qui justifie à ses yeux l'accord de Munich comme un répit qui doit permettre de préparer la France à une guerre inévitable. Il fait front aux ambitions Allemandes et Italiennes qui réclamaient la Corse, Nice, la Savoie, Djibouti et la Tunisie. Mais pour beaucoup la signature des accords de Munich fut une trahison.

    La France en 1939 voit son activité économique reprendre, mais elle n'atteint pas celle de 1930. La faiblesse de l'investissement et la vétusté de notre industrie freinent la capacité de reprise de la production nationale. La déclaration de guerre de septembre 1939 déchaîne des affrontements entre droite et gauche. L'atmosphère de haine passionnelle qui a marqué le front populaire ne disparaît pas de sorte que loin de conduire à une entente nationale ce sont des querelles politiques droite contre gauche. La gauche accuse la droite d'avoir approuvé l'accord de Munich et de capituler devant Hitler, et la droite rend responsable la gauche d'avoir affaibli la France en octroyant aux ouvriers les quarante heures et les congés payés. A l'extrême droite on en est a penser qu'il vaut mieux Hitler que Staline. La France qui reste marquée par la Première Guerre mondiale manifeste un refus certain pour la guerre. La discussion porte sur les choix, les adversaires de l'accord de Munich prônent la fermeté tandis que pour les autres il s'agit d'apaiser Hitler par des concessions, ce qui fut une illusion. La France était profondément divisée et pas prête à faire la guerre.

    La suite 29 sera la drôle de guerre.

    Les références,

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    http://fr.wikipedia.org/wiki/Axe_Rome-Berlin-Tokyo
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Pacte_tripartite
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    http://fr.wikipedia.org/wiki/Pacte_antikomintern
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Invasion_italienne_de_l%27Albanie
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Adolf_Hitler
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_camps_de_concentration_nazis
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Auschwitz
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Treblinka
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Camp_d%27extermination_de_Sobibor
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Belzec
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Camp_d%27extermination_de_Che%C5%82mno
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Maly_Trosten%C3%ABts
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Shoah
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    http://webetab.ac-bordeaux.fr/Etablissement/CMontaigne/memoire/35par2.htm
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    http://fr.wikipedia.org/wiki/Heinrich_Himmler
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Wehrmacht
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Troisi%C3%A8me_Reich
    http://cartoflash.free.fr/motcle/pages/gdealliance.htm
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Lend-Lease
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    http://fr.wikipedia.org/wiki/Bell_P-63_Kingcobra
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Air_Transport_Command
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    http://fr.wikipedia.org/wiki/Nome_%28Alaska%29
    http://en.wikipedia.org/wiki/Northwest_Staging_Route
    http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9troit_de_B%C3%A9ring
    http://www.histoiredumonde.net/article.php3?id_article=1685
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Katioucha
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Koursk
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    http://en.wikipedia.org/wiki/William_Clayton_%28Mormon%29
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Camille_Chautemps
    http://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9on_Blum
    http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89douard_Daladier
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Reynaud
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Mandel
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_de_Munich
    http://www.foreignaffairs.com/articles/31391/william-diebold-jr/war-economy-and-society-1939-1945


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