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  • Philippe Pétain, Maréchal de France, suite 33,

    les derniers jours jusqu'à l'armistice.

    Support Wikipedia Le 13 juin pendant que nous fuyons Paris dans l'après-midi le Gouverneur militaire de Paris, le général Héring, fait placarder sur les murs de la capitale l'affiche suivante :

    «Le général Héring, appelé au commandement d'une armée, remet le gouvernement militaire entre les mains du général Dentz. Paris est déclaré ville ouverte. Toutes mesures ont été prises pour assurer, en toutes circonstances, la sécurité et le ravitaillement des habitants», voir la suite 32.

    Le discours du président de Paul Reynaud président du Conseil à la radio le 13 juin 1940

    Dans l'après-midi du jeudi 13 juin 1940 les troupes Allemandes arrivent à la lisière de Paris, à Aubervilliers et à Pantin. A 13 heures Winston Churchill atterrit sur l'aérodrome de Tours. Il n'est accueilli par personne, ce qui le met en rage !… Paul Reynaud, retenu au château de Chissay, a bien envoyé Paul Baudouin, ministre Français des Affaires étrangères pour l'accueillir sur l'aérodrome de Tours, mais il a hélas été fortement retardé par une panne de voiture… Winston Churchill et sa suite déjeunent, fort mal paraît-il… au Grand Hôtel de Tours. Paul Baudouin le rejoint au milieu du repas. Après le déjeuner, Paul Baudouin conduit Churchill et sa suite non, au château de Cangé où l'attendent le Président de la République Albert Lebrun les ministres et le général Weygand, mais à la préfecture d'Indre-et-Loire où s'est installé provisoirement Georges Mandel, le Ministre de l'Intérieur.

    «Nous venons d'assister le 24/01/11 à un téléfim sur France 5 «Le dernier été» retraçant ce que fut Georges Mandel dans son affrontement avec Pétain quand il lui fît écrire, sous sa dictée, l'aveu qu'il s'est trompé en le faisant emprisonner sur la base de fausses accusations, cet acte sera son arrêt de mort assassiné par la milice pétainiste en forêt de Fontainebleau en 1944».

    Dans ses Mémoires Churchill l'a ainsi décrit, «cet ancien et fidèle secrétaire de Clemenceau semblait être dans les meilleures dispositions d'esprit. C'était l'énergie et le défi personnifiés. L'appétissant poulet qu'on lui avait servi pour déjeuner était toujours devant lui, intact sur le plateau. Mandel était comme un rayon de soleil. Un téléphone dans chaque main, il ne cessait de donner des ordres, de prendre, de prendre des décisions».

    Paul Reynaud arrive alors à la préfecture de Tours.

    Le Conseil des ministres se réunit au château de Nitray pour prendre la décision sur la conduite à tenir. Au cours de la réunion, le maréchal Pétain dans l'émotion générale lit une courte note reconnaissant que l'armistice s'impose comme seule solution possible.

    A 15h30 commence une conférence Franco-britannique avec Paul Reynaud et Paul Baudouin comme seuls représentants des ministres Français, depuis 15 heures, Albert Lebrun, les autres ministres et le général Weygand attendent Churchill et Reynaud au château de Gangé. La conférence prend fin à 17h20, il déclare en sortant de la pièce en voyant le général de Gaulle, «Ah ! voici le connétable de France… ». Il s'envole peu après de l'aérodrome de Tours, sans même avoir été informé, par qui que ce soit, qu'on l'attendait au château de Cangé pour un Conseil des ministres Franco-britannique… Churchill ne remettra les pieds sur le sol Français qu'en juin 1944…

    Paul Reynaud, accompagné de Paul Baudouin et de Georges Mandel arrive enfin au château de Cangé à 18 heures, où le président de la République, les ministres, et le général Weygand l'attendent depuis trois heures !!!… Ils sont tous très furieux d'apprendre que Churchill est déjà reparti sans les rencontrer… Et en plus Paul Reynaud fait un compte rendu très tronqué de sa rencontre avec les ministres Anglais…

    Le vendredi 14 juin 1940, aux premières heures du jour, les régiments de la XVIIIème armée Allemande, von Kuchler, font leur entrée dans Paris… Elles défilent rapidement sur les Champs Elysées…

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    Source SHD.

    Le 14 juin 1940, les troupes Allemandes défilent sur les Champs Élysées à Paris.

    Dans l'après-midi le gouvernement Français quitte Tours pour Bordeaux, via Parthenay, Saint-Maixent, Saint-Jean-d'Angély et Saintes, par des routes très encombrées par des civils qui fuient l'avance Allemande… C'est en début de soirée que le gouvernement s'installe à Bordeaux.

    Le samedi 15 juin 1940, à 16 heures se réunit, sous la présidence d'Albert Lebrun, le premier Conseil des ministres à la préfecture de Bordeaux. L'affrontement entre les partisans de l'Armistice, avec à leur tête le Maréchal Pétain et Camille Chautemps, et ceux de la lutte à outrance devient de plus en plus vif… Le gouvernement va être amené à se prononcer entre deux solutions,

    La solution Pétain-Weygand, soutenue par Pierre Laval et l'amiral Darlan,

    La solution Reynaud de Gaulle consistant à transporter la résistance en Afrique du Nord.

    Cette dernière solution, comme celle du réduit Breton qu'on a envisagé un moment n'a qu'un inconvénient c'est d'être irréalisable, propos du général Hering, «La vie exemplaire de Philippe Pétain». J'en ai donné ma réponse au général de Gaulle, parue dans le numéro 289 de la Revue Paris Match.

    «Les Allemands opérant avec des avant-gardes motorisées auraient atteints la Méditerranée avant nous. Grâce à leur supériorité écrasante en aviation, ils auraient coulé la flotte de transport, en supposant que l'on ait pu réunir cette flotte, alors que les Britanniques nous refusaient leur aide, avant même l'embarquement des troupes. Si l'on admet qu'une partie des forces Françaises aient pu atteindre l'Afrique du Nord, elle aurait été incapable de faire face à une attaque Allemande par l'Espagne, attendu que du fait des prélèvements qu'on avait dû faire sur nos garnisons, et nos établissements au profit de l'armée Métropolitaine, l'Afrique du Nord se trouvait démunie de troupes et de moyens de ravitaillement».

    L'armistice était la seule solution possible.

    Paul Reynaud trop engagé par ses déclarations précédentes n'avait plus que la ressource de démissionner. Avant de quitter son poste, il conseilla à Albert Lebrun président de la république de faire appel au Maréchal Pétain, tiré du livre «La vie exemplaire de Philippe Pétain» du général Hering.

    Paul Reynaud déclarera cinq ans plus tard lors du procès du Maréchal Pétain à propos de ce Conseil des ministres,

    «Mon impression fut telle que je pris une feuille de papier que je divisais en deux par la hauteur. J'inscrivis à droite les noms de ceux qui parlaient pour la proposition Chautemps, demander aux Allemands quelles seraient les conditions d'un armistice et, à gauche, ceux qui parlaient dans mon sens. Il y avait treize noms à droite pour la proposition Chautemps, et six à gauche pour la mienne».

    Alors Paul Reynaud se tourne vers le Président de la République, Albert Lebrun, «il ne me reste qu'à vous donner la démission de mon gouvernement». Albert Lebrun refuse, et finalement Paul Reynaud accepte de ne pas encore démissionner… Ce conseil des ministres prend fin à 19h55. Paul Reynaud, sitôt sorti de la salle où se tenait le Conseil s'adresse au général Weygand et lui ordonne de demander la capitulation de l'armée Française !!! Le général Weygand refuse en lui répondant sèchement qu'il se refusera toujours à signer la capitulation de l'armée Française.

    C'est au gouvernement, qui a déclaré la guerre de prendre ses responsabilités et de demander l'armistice !… Entre temps, à 16h30 le général de Gaulle a quitté Brest à bord du contre-torpilleur Milan, mis à sa disposition par la marine nationale Française. Le Milan accoste à Plymouth à 22 heures. Le général de Gaulle monte dans la voiture qui l'attend et qui arrivera à Londres le dimanche 16 juin 1940 au lever du jour. Ce dimanche 16 juin 1940 verra pas moins de trois Conseils des ministres se tenir à la préfecture de la Gironde. Peu à peu Paul Reynaud va perdre pied face aux partisans de l'Armistice et finalement jeter l'éponge dans la soirée. Cette journée sera sans doute la plus dramatique de toute l'histoire de la France.

    De Gaulle est donc parti en Grande-Bretagne sur l'accord du Conseil des ministres organiser la résistance Française, à l'abri des difficultés de l'occupation Allemande et des Français, elle ne pouvait être organisée au début sur le sol national, c'était la débandade.

    Le 16 mai à 22 heures, Philippe Pétain est nommé président du Conseil. Il adresse aussitôt un message radio au Haut commandement Allemand pour demander un armistice. Puis, il s'adresse au peuple Français,

    je me suis adressé cette nuit à l'adversaire pour lui demander s'il était près à chercher avec nous entre soldats, après la lutte et dans l'honneur les moyens de mettre un terme aux hostilités. Que tous les Français se regroupent autour de gouvernement que je préside pendant ces dures épreuves et fassent taire leur angoisse pour n'écouter que leur foi dans le destin de leur patrie.

    L'appel du 18 juin est le premier discours prononcé par le général de Gaulle à la radio de Londres, sur les ondes de la BBC, dans lequel il appelle à ne pas cesser le combat contre l'Allemagne nazie et dans lequel il prédit la mondialisation de la guerre. Ce discours, très peu entendu sur le moment mais publié dans la presse Française le lendemain et diffusé par des radios étrangères, est considéré comme le texte fondateur de la Résistance Française, dont il demeure le symbole.

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    Le 19 mai, arrive la réponse Allemande demandant l'envoi d'une délégation en vue de l'armistice. Cette délégation, sous la présidence du général Huntziger se met en route le 20. Retardée par divers incidents dus au fait qu'à la même date les Allemands ont franchi la Loire, elle prend contact avec les Représentants du Haut commandement Allemand le 21.

    Ce long intervalle de temps permet à l’armée Allemande de faire prisonniers 1,5 millions de soldats Français. Le gouvernement Philippe Pétain, constitué à Bordeaux le 17 juin, et le Parlement s'installent en juillet à Vichy, ville disposant de grandes capacités hôtelières et d'un standard téléphonique récemment modernisé. Le 21 juin 1940, vingt-sept députés, dont Mendès France, Edouard Daladier Georges Mandel et Jean Zay accompagnés de quelques personnalités comme Edouard Hérriot et Louis Marin ou familiers, s'embarquent du port du Verdon en aval de Bordeaux sur le Massilia qui appareille le 21 juin. Ils arrivent après la signature de l'armistice le 24 juin à Casablanca.

    À leur arrivée, une foule hostile les attend sur les quais et les passagers sont consignés dans un grand hôtel de Casablanca par le Résident général Noguès, suite à un contre-ordre de l'amiral Darlan. Ceux qui étaient considérés mobilisés comme officiers, Pierre Mendès France, Pierre Viénot, Alex Wiltzer et Jean Zay, sont arrêtés le 31 août 1940 à Casablanca, rapatriés en métropole et traduits devant le Tribunal militaire de Clermont-Ferrand pour «désertion devant l'ennemi» et trois d'entre eux condamnés le 4 octobre 1940 à des peines de prison et à dix ans de privation de droits civils. D'autres, comme Édouard Daladier et Georges Mandel, sont accusés d'être responsables de la défaite et jugés avec d'autres officiers comme le général Maurice Gamelin au cours du Procès de Riom en 1942. Ces décisions ont été annulées en 1946. Ils seront tout de même incarcérés arbitrairement au Fort du Portalet. Ils seront enlevés par les Allemands plus tard, et ne seront pas remis à la France, malgré les protestations officielles du maréchal Pétain pour qui cette «affaire» était du ressort de l'État Français et non de l'occupant.

    Le 22 l'armistice est conclu avec l'Allemagne nazie dans la clairière de Rethondes, dans le wagon de l'Armistice, celui-là même qui avait servi de cadre à l'armistice de la Première Guerre mondiale et devant le monument qui parlait de l'«orgueil criminel de l'Empire allemand vaincu par les peuples qu'il voulait asservir». Hitler fait ensuite filmer l'explosion du monument. Quant au wagon il est envoyé à Berlin et exposé avant d'être détruit en 1945. Hitler entendait ainsi effacer la défaite de la Première Guerre mondiale et humilier la France.

    Le 24 juin 1940, la France doit aussi signer un armistice avec l'Italie qui avait tenté d’envahir les Alpes de son côté, sans réussir à dépasser les zones frontalières en Savoie et à Menton. La mise en application de l'armistice Franco-allemande était conditionnée, selon l’article 23 de cette convention d’armistice par la signature de l'armistice Franco-italien. Les deux armistices entrèrent en application 6 heures après la signature du deuxième armistice, soit le 25 juin 1940 à 0 heure 35.

    Le discours du 25 juin 1940, Pétain annonce aux Français les conditions de l'armistice.

    Français,

    «je m'adresse aujourd'hui à vous, Français de la métropole et Français d'outre-mer, pour vous expliquer les motifs des deux armistices conclus, le premier avec l'Allemagne il a trois jours, le second avec l'Italie. Ce qu'il faut d'abord souligner, c'est l'illusion profonde que la France et ses alliés se sont faite sur la véritable force militaire et sur l'efficacité de l'arme économique : liberté des mers, blocus, ressources dont ils pouvaient disposer. Pas plus aujourd'hui qu'hier on ne gagne une guerre uniquement avec de l'or et des matières premières. La victoire dépend des effectifs, du matériel et des conditions de leur emploi. Les événements ont prouvé que l'Allemagne possédait, en mai 1940, dans ce domaine, une écrasante supériorité à laquelle nous ne pouvions plus opposer, quand la bataille s'est engagée, que des mots d'encouragement et d'espoir.

    La bataille des Flandres s'est terminée par la capitulation de l'armée Belge en rase campagne et l'encerclement des divisions Anglaises et Françaises. Ces dernières se sont battues bravement. Elles formaient l'élite de notre armée, malgré leur valeur, elles n'ont pu sauver une partie de leurs effectifs qu'en abandonnant leur matériel. Une deuxième bataille s'est livrée sur l'Aisne et sur la Somme. Pour tenir cette ligne, soixante divisions Françaises, sans fortifications, presque sans chars, ont lutté contre cent cinquante divisions d'infanterie et onze divisions cuirassées Allemandes. L'ennemi, en quelques jours, a rompu notre dispositif, divisé nos troupes en quatre tronçons et envahi la majeure partie du sol Français. La guerre était déjà gagnée virtuellement par l'Allemagne lorsque l'Italie est entrée en campagne, créant contre la France un nouveau front en face duquel notre armée des Alpes a résisté.

    L'exode des réfugiés a pris, dès lors, des proportions inouïes. Dix millions de Français, rejoignant un million et demi de Belges, se sont précipités vers l'arrière de notre front, dans des conditions de désordre et de misères indescriptibles. A partir du 15 juin, l'ennemi, franchissant la Loire, se répandait a son tour sur le reste de la France. Devant une telle épreuve, la résistance armée devait cesser. Le Gouvernement était acculé à l'une de ces deux décisions : soit demeurer sur place, soit prendre la mer. Il en a délibéré et s'est résolu à rester en France, pour maintenir l'unité de notre peuple et le représenter en face de l'adversaire. Il a estimé qu'en de telles circonstances, son devoir était d'obtenir un armistice acceptable, en faisant appel chez l'adversaire au sens de l'honneur et de la raison.

    L'armistice est conclu. Le combat a pris fin. En ce jour de deuil national, ma pensée va à tous les morts, à tous ceux que la guerre a meurtris dans leurs chairs et dans leurs affections. Leur sacrifice a maintenu haut et pur le drapeau de la France. Qu'ils demeurent dans nos mémoires et dans nos coeurs. Les conditions auxquelles nous avons dû souscrire sont sévères. Une grande partie de notre territoire va être temporairement occupée. Dans tout le Nord, et dans tout l'Ouest de notre pays, depuis le lac de Genève jusqu'à Tours, puis, le long de la côte, de Tours aux Pyrénées, l'Allemagne tiendra garnison.

    Nos armées devront être démobilisées, notre matériel remis à l'adversaire, nos fortifications rasées, notre flotte désarmée dans nos ports. En Méditerranée, des bases navales seront démilitarisées. Du moins l'honneur est-il sauf. Nul ne fera usage de nos avions et de notre flotte. Nous gardons les unités navales et terrestres nécessaires au maintien de l'ordre dans la métropole et dans nos colonies, le gouvernement reste libre, la France ne sera administrée que par des Français. Vous étiez prêts à continuer la lutte. Je le savais. La guerre était perdue dans la métropole. Fallait-il la prolonger dans les colonies ? Je ne serais pas digne de rester à votre tête si j'avais accepté de répandre le sang des Français pour prolonger le rêve de quelques Français mal instruits des conditions de la lutte.

    Je n'ai placé hors du sol de France ni ma personne ni mon espoir. Je n'ai jamais été moins soucieux de nos colonies que de la métropole. L'armistice sauvegarde le lien qui l'unit à elles ; la France a le droit de compter sur leur loyauté. C'est vers l'avenir que désormais nous devons tourner nos efforts. Un ordre nouveau commence. Vous serez bientôt rendus à vos foyers. Certains auront à les reconstruire. Vous avez souffert, vous souffrirez encore. Beaucoup d'entre vous ne retrouveront pas leur métier ou leur maison. Votre vie sera dure. Ce n'est pas moi qui vous bernerai par des paroles trompeuses. Je hais les mensonges qui vous ont fait tant de mal. La terre, elle, ne ment pas. Elle demeure votre recours. Elle est la patrie elle-même. Un champ qui tombe en friche, c'est une portion de France qui meurt. Une jachère à nouveau emblavée, c'est une portion de la France qui renaît.

    N'espérez pas trop de l'État. Il ne peut donner que ce qu'il reçoit. Comptez, pour le présent, sur vous mêmes et, pour l'avenir, sur vos enfants que vous aurez élevés dans le sentiment du devoir. Nous avons à restaurer la France. Montrez-la au monde qui l'observe, à l'adversaire qui l'occupe, dans tout son calme, tout son labeur et toute sa dignité. Notre défaite est venue de nos relâchements. L'esprit de jouissance détruit ce que l'esprit de sacrifice a édifié. C'est à un redressement intellectuel et moral que, d'abord, je vous convie. Français, vous l'accomplirez et vous verrez, je vous le jure, une France neuve sortir de votre ferveur».

    Les Allemands poursuivent leur avancée militaire jusqu'au 24 juin 1940 minuit ce qui fait que les deux tiers de la France sont envahis ainsi que les îles Anglo-Normandes britanniques. Après la catastrophe, et malgré la signature des armistices, les soldats de la ligne Maginot poursuivirent la lutte, estimant n'avoir pas été vaincus, et pour certains jusqu'à la mi-juillet. L'armée des Alpes n'a de son côté pas failli, en repoussant assez facilement tous les assauts de l’armée Italienne jusqu'aux derniers jours de combat.

    La plus grande partie de la France est occupée par les troupes Allemandes, le pays est divisé en une zone occupée et administrée militairement par l'Allemagne (Nord, Ouest et Sud-Ouest), et en une zone libre (Centre et Sud). Le gouvernement à Vichy du maréchal Pétain administre l’ensemble du territoire Français et l’Empire.

    La suite 34 sera l'armistice du 22 juin 1940.

    Références,
    http://www.generalhering.org/index.php/Appreciations-sur-le-general-Hering/Portrait-du-General-par-Andre-Lichtenberger-paru-dans-la-Revue-des-Deux-Mondes.html
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Dentz
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Baudouin
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Georg_von_K%C3%BCchler
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Mandel
    http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/morbihan/l-hypothetique-reduit-breton-17-06-2010-958456.php
    http://www.generalhering.org/vie-exemplaire-philippe-petain/#/0
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Appel_du_18_juin_1940
    http://www.google.fr/search?q=Jean+Zai+&ie=utf-8&oe=utf-8&aq=t&client=firefox-a&rlz=1R1GGLL_fr___FR390
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Massilia_%28paquebot%29
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Nogu%C3%A8s
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Darlan
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Proc%C3%A8s_de_Riom
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Fort_du_Portalet

     

     


  • Philippe Pétain, Maréchal de France, suite 32,

    l'invasion de la France, l'exode

     

    Support Wikipedia J'avais 11 ans et l'école était en fin d'année scolaire mais aussi en pleine interrogation, nos maîtres en attente de quelque chose montraient de l'inquiétude, c'était un peu comme si nous étions perdus, on sentait les Allemands présents.  Les bruits couraient, «ils sont aux portes de Paris», ils vont arriver. A la maison, dans notre deux pièces de location, mon père qui était parti prendre des informations à son Entreprise de maçonnerie rentre, et nous dit, il faut partir, rejoindre mon frère à Malakoff. Il dit à ma mère fait les valises, on s'en va. Alors avec elle, dans ce que nous avions, deux sacs à provisions et deux vieilles valises, nous rassemblons nos vêtements et papiers, le peu d'argent qui nous restait, et nous sommes partis pour Malakoff, c'était déjà une aventure de traverser Paris. Dans notre immeuble, je crois que nous avons été les seuls à s'engager, la concierge nous disait, ne partez pas on ne vous fera rien. Mon père qui nous avait fraîchement naturalisés Français avait peur de représailles, l'Italie venait de déclarer la guerre à la France le 10 juin. Arrivés à l'Entreprise «Albaric», qui existe encore d'ailleurs, je retrouve mes cousins, mon oncle et ma tante arrivés avant nous, qui nous attendaient. Mon père, en pleine discussions, part chercher dans le fond du garage une voiture à bras, et nous y installons nos bagages, ma mère et ma tante qui était attendait un enfant, dans la charrette, et nous, mes trois cousins, mon oncle mon père et moi, nous sommes partis sans savoir jusqu'où nous irons sur cette nationale 20 en direction d'Orléans. Il faut dire que le temps était beau comme si le ciel voulait nous préserver d'un quelconque cataclysme. Au fur et à mesure que nous marchions, la route se remplissait de voitures à bras, de charrettes, de voitures à moteur, de bicyclettes, de marcheurs, et c'est sur toute sa largeur que cette file hétéroclite avançait.

    Cette transhumance du malheur avait commencée dès l'invasion de la Belgique en mai 40 jettant sur les routes des familles Belges, deux millions de personnes, et Françaises du Nord, deux millions de personnes également dès mai 1940, dans un chaos hétéroclite de piétons et de véhicules de toutes sortes, gênant le déplacement des troupes alliées. Un grand nombre de «réfugiés» se heurteront, à partir du 20 mai à la tenaille de l'armée Allemande dans sa marche à la mer, qui leur coupa l'accès au Sud du pays.

    En juin, cette population gonfle celle de l'Île de France en transhumance aussi sur les routes ce qui montrait l'aspect de tout un peuple fuyant l'ennemi. Il était inutile de vouloir prendre le train, nous étions trop nombreux, des bagarres eurent lieu dans les gares pour prendre les trains de voyageurs et fuir Paris, et même les trains à bestiaux étaient pleins. Nous, avec mes cousins, sur cette nationale insouciant du danger c'était un instant de liberté, nous fraternisions avec d'autres enfants, nos pères poussant la charrette. Je me souviens de mon père qui portait sur son dos un sac maintenu avec des cordes de maçon celles avec lesquelles on fixe les éléments d'échafaudages, elles lui pénétraient dans la peau du creux des épaules, nous n'avions pas de sac à dos.

    Nous marchâmes comme cela, dormant à la belle étoile, encadrés par la police jusqu'à Orléans, je crois. Et puis, on nous fit prendre le train dans des wagons découverts, et ainsi, nous avons longés les bords de la Loire non sans avoir été mitraillés par l'aviation Italienne. Je me rappelle ce soldat qui était perdu, avec son fusil, avec nous dans le même convoi. Il nous racontait ce qu'il avait vécu, la débâcle de notre armée, on ne lui avait donné qu'une cartouche pour combattre ? Notre train qui roulait lentement, s'arrêtait souvent, et subitement il a augmenté sa vitesse pour passer la Loire avant que les ponts sautent.

    Nous avons traversé la Loire à Saint-Pierre-des-Corps et là en gare nous nous sommes arrêtés à coté de trains mitraillés, percés de trous, avec des soldats ensanglantés gisant sur les banquettes. Vision qui m'ait restée 70 ans après dans ma mémoire. Après avoir changé de train pour des wagons de voyageurs, nous sommes partis lentement en direction du sud jusqu'à Château-Chinon. Là, notre voyage s'est arrêté à la sortie du tunnel ferroviaire, et nous avons été parqués sur une voie latérale près d'un ruisseau, nous y sommes resté jusqu'à l'arrivée des Allemands que j'aperçus sortant du tunnel, je ne saurais dire combien de jours, mais au moins plus d'une une semaine. Nous sommes restés quelque temps encore à vivre dans ces wagons les uns à coté des autres et la vie s'organisait tant bien que mal jusqu'à ce que l'on nous évacue par un autre train en direction de Paris.

    Entre temps Paris avait été déclaré ville ouverte, et sans difficulté nous avons retrouvé notre logement, mais jouxtant notre immeuble des Allemands s'étaient installés dans la ferme, et une batterie de DCA avait été montée un peu plus loin dans le square.

    Paris ville ouverte

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    C’est l’été, ou peut-être le début de l’automne 1940. L’Allemagne vient de gagner la bataille de France. Ses soldats arpentent les rues parisiennes à la recherche de souvenirs, de bonne chère, voire de bonnes aventures. Conformément à la consigne de leurs chefs, «montrez-vous débonnaires», ces hommes de la Wehrmacht semblent chercher à se fondre dans le paysage montmartrois. Mais les photos ne disent pas tout. Comment interpréter l’attitude des deux femmes qui promènent leur chien, indifférence, mépris, complaisance ? (ECPAD), Le Figaro.fr «les archives oubliées de la Wehrmacht»

    Note du général Hering rédigée le 14 juin 1940 deux jours après avoir quitté ses fonctions de Gouverneur militaire de la ville de Paris pour prendre le commandement de l'Armée de Paris. Tout est dit, très clairement, sur la confusion qui régnait dans la capitale suite aux directives contradictoires du gouvernement de M. Paul REYNAUD, démissionnaire. Fallait-il défendre la capitale, ce à quoi s'était préparé le général Héring, ou déclarer Paris "ville ouverte" ce qui impliquait le maintien de la population sur place? Le gouvernement, pris de court, hésita jusqu’au 12 Juin, date où Paris fut déclaré "ville ouverte". A l'exemple des membres du gouvernement qui témoignaient d'un sens des responsabilités ambïgu en fuyant la capitale, la population, prise de panique, fit de même, encombrant les axes routiers vers le sud, gênant considérablement les mouvements de défense de l'Armée de Paris, référence Les enseignements de la seconde guerre mondiale.

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    Ainsi a démarré pendant près de quatre années l'occupation Allemande.

    Quelques vidéos montrant l'exode en mai 1940





    http://www.dailymotion.com/video/xd631v_mai-40-les-enfants-de-l-exode-3_webcam

    http://www.dailymotion.com/video/xd63l8_mai-40-les-enfants-de-l-exode-4_webcam

    http://www.dailymotion.com/video/xd646g_mai-40-les-enfants-de-l-exode-5_webcam

    http://www.dailymotion.com/video/xd662r_mai-40-les-enfants-de-l-exode-6_webcam

    http://www.dailymotion.com/video/xd67bv_mai-40-les-enfants-de-l-exode-7-et_webcam

    La suite 33 sera les derniers jours jusqu'à l'armistice,

    Référence,

    http://www.google.fr/imgres?imgurl=http://www.lefigaro.fr/medias/2008/05/02/20080502PHOWWW00186.jpg&imgrefurl=http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2008/05/02/01006-20080502DIAWWW00409-les-archives-oubliees-de-la-wehrmacht.php&h=320&w=483&sz=21&tbnid=nxNKHGEboC4VOM:&tbnh=85&tbnw=129&prev=/images%3Fq%3DP%25C3%25A4ris%2Bville%2Bouverte%2Bphotos&zoom=1&q=P%C3%A4ris+ville+ouverte+photos&usg=__QmajO9WJAqcGMctDz31-xxL0CZ4=&sa=X&ei=ZyA9TaTuK8238gOLoMXECA&ved=0CB8Q9QEwAA
    http://www.generalhering.org/index.php/Clarification-et-commentaires/Une-maison-sans-maitre-n-est-guere-respectee-Note-du-14-Juin.html

     

     

  • Philippe Pétain, Maréchal de France, suite 31,

    l'invasion de la France, la débâcle.

    Support Wikipedia En juin 1940 la bataille de France touche à sa fin et la débâcle de l'armée Française s'annonce, elle prendra la forme d'une gigantesque panique ou dix millions de personnes s'enfuiront sur les routes de France avec de simples bagages «la phase de l'exode» dont je fis partie avec ma famille pour échapper aux Allemands qui du 10 mai au 13 juin envahiront la France laissant au sud de la Loire une zone libre à la suite des accords d'armistice. L'armée Française était considérée comme l'une des plus puissantes du monde, seulement moralement et matériellement elle n'était pas préparée pour cette guerre. La France de 1930 à 1940 était prise dans des luttes syndicales avec des affrontements politiques gauche droite, voir la suite 27.

    Les décisions de réarmement prises par Léon Blum, avant les dépenses sociales, malgré la dévaluation du franc à l'été 1937 le 17 septembre cause de la politique financière et la crise monétaire due à la crise sociale à partir du gouvernement du Front populaire au pouvoir jusqu'en 1938 et amplifiées par le gouvernement Daladier ensuite, n'ont put mettre la France au niveau de la puissance retrouvée de l'Allemagne nazie.

    «La mise en accusation par le régime de Pétain en avril 1942 contre Léon Blum, Edouard Daladier, Maurice Gamelin et d'autres, les rendant responsables de la défaite de 1940 lors du procès de Riom du 15 février au 15 avril c'est soldé pour un complément d'information et ne fût jamais repris. L'accusation voulait montrer que les politiques avaient commis de graves fautes, on leur reprochait de ne pas avoir suffisamment équipé l'armée. Blum démontra avec brio que le réarmement ne fut jamais aussi intense que sous le front populaire, au contraire des gouvernements qui l'ont précédés, dont un avait pour ministre de la guerre Philippe Pétain».

    Lorsque celle-ci attaqua en mai 1940, la défense Française s'écroula avec plus de 100 000 morts, victime à la fois du concept Allemand de Blitzkrieg, guerre éclair, et surtout de la pensée stratégique défensive inspirée par les anciens chefs de la guerre de 1914-1918, parmi lesquels Pétain, à l'État-major dans les années 1930, au lieu de regrouper les chars en grandes formations mobiles, choix soutenu par le colonel Charles de Gaulle, mais on ne refait pas l'histoire. En cinq semaines, l'avancée Allemande en France entraîna la désintégration de l'armée et une gigantesque panique.

    Chronologie des opérations en juin,

    Le 1er juin, les Allemands rendent les honneurs aux défenseurs héroïques de Lille du général Molinié. Il défendit héroïquement le 25 mai 1940 le poche de Lille en compagnie d'autres troupes Françaises en retraite. Le général Molinié, le plus ancien dans ce grade, prend le commandement de la résistance. Il dirige les opérations avec le général Juin élevé de son vivant maréchal de France, le général Dame et le général Jenoudet. Trois poches de résistance regroupent 35 000 à 40 000 soldats, soit 30 bataillons, 12 groupes d'artillerie et 5 groupes de reconnaissance. Dès le 27 mai, Molinié et ses officiers organisent une tentative de sortie pour la nuit du 27 au 28 mai. C'est un carnage. Les munitions épuisées, des centaines de morts, de blessés, les points de résistance s'arrêtent les uns après les autres le 31 mai. Le général Waeger propose au général Molinié une reddition dans l'honneur qui est acceptée. Les combats cessent le 31 mai à 17 heures. Le 1er juin, à Lille, l'armée Allemande rend les honneurs aux défenseurs de Lille qui déposent les armes face à la gare. Hitler limogera le général Waeger qui a osé rendre les honneurs aux vaincus. Le général Waegner qui avait pris cette décision sera limogé par Hitler.

    Le 3 juin, fin de l'opération Dynamo, 224 686 Britanniques et 121 445 soldats Français et Belges ont été évacués vers le Royaume-Uni. La RAF assure un minimum de couverture aérienne pour cette opération et abat à cette occasion 140 appareils de la Luftwaffe. Les Britanniques ne perdent dans le même temps que 80 avions.

    Le 3 juin, l'opération Paula de la Luftwaffe qui bombarde les environs de Paris, les aérodromes en particulier, 254 morts et 652 blessés à Paris. L'Opération Paula est le nom donné à une opération aérienne de la Luftwaffe visant à détruire les dernières unités de l'Armée de l'Air le 3 juin 1940 autour de Paris lors de la bataille de France. L'objectif principal pour les Allemands est avant tout de s'assurer une supériorité aérienne en annihilant le potentiel aérien Français.

    Le 4 juin, fin de la bataille d'Abbeville, commencée le 28 mai En même temps que l'évacuation de Dunkerque et profitant que les forces blindées Allemandes sont stoppées, le général Weygand, qui a remplacé Gamelin, tente à tout prix de creuser une route d'évasion à Abbeville. La bataille d'Abbeville est une bataille qui se déroula du 28 mai au 4 juin 1940,

    Mais Weygand, au lieu de lancer toutes ses forces de blindés, envoie 3 attaques successives. C'est la principale attaque blindée de l'ouest depuis le début de la guerre. La 57ème division tient le choc, bien installée sur ses positions défensives. Les Anglais perdent 66 chars et se replient le 27 mai. De Gaulle tente de prendre à son tour le mont Caubert et attaque pendant trois jours de suite avec 190 chars, le 22ème régiment d'infanterie coloniale et 1 200 dragons portés.

    250px-flak_38_01.1295768456.jpgCanon antiaérien Flak 88 Wikipédia.

    L'attaque échoue à cause des 88 de la flak et par manque de soutien d'infanterie. De Gaulle est ensuite relevé par la 51ème division écossaise et par la 2ème DCR. Le bilan de ces journées de combat se solde par une perte de 260 blindés et 200 tués du côté allié, et du côté Allemand 1 200 tués. Cette attaque montre que même une attaque de chars peut-être neutralisée par de l'infanterie lorsque celle-ci est bien installée et munie de canons anti-char, tels que les 88 de la Flak. Les Allemands rééditeront cette défense 4 ans plus tard, le 18 juillet 1944 lors de l’attaque de Montgomery à l'est de Caen.

    Le 5 juin, remaniement ministériel, le colonel de Gaulle est sous-secrétaire d'État à la Guerre et à la Défense nationale. Il multiplie dès lors les navettes entre Londres et Paris pour tenter de décider les Britanniques à soutenir leur effort en France. Offensive Allemande à partir de la Somme en direction de Rouen et de Soissons. Ce 5 juin 1940 à 2h du matin, la «bataille de la Somme«, Fall Rot, le «Plan Rouge», débute sur la Somme et sur l'Aisne. Le général Maxime Weygand adresse à ses divisions un appel affligé, «Puisse la pensée des souffrances de notre pays insuffler en vous la ferme résolution de résister. Le destin de la nation et l'avenir de vos enfants dépendent de votre détermination». Weygand, comme Reynaud, pensait le 25 mai que l’armistice ne pouvait être décidée qu’en accord avec l’allié Britannique. Mais, dès le 26, il change d’avis. Weygand ne peut se résoudre à des combats inutiles qui, selon lui, ne mèneront qu’a une occupation complète de la France qu’il souhaite éviter.

    Mandaté par le Comité de guerre, il masse ses troupes disponibles sur l’Aisne et la Somme, ne laissant que le minimum ailleurs et ne ménageant aucunes réserves. Cet «ordre Weygand» ordonnent à toutes les unités de défendre leurs positions sans esprit de recul. Car pour Weygand, la guerre est perdue et il ne veut pas s’orienter vers l’idée d’un repli, d’abord vers la Bretagne puis ensuite l’Afrique du Nord qui a été un moment envisagé. Pour lui, la «Bataille de la Somme» est un baroud d’honneur, le dernier, puis il faudra négocier une paix honorable avec les nazis. Il fait, comme Hitler, une guerre politique, mais en position de vaincu. Pendant ce temps, a Londres, Churchill clame sa volonté de continuer la guerre a tout prix, use et abuse du «succès» du rembarquement de Dunkerque pour montrer que l’on peut combattre Hitler mais sa position est fragile.

    Quant à Charles de Gaulle, devenu ce même 6 mai 1940 Secrétaire d’Etat a la Guerre du gouvernement Reynaud, il hésite encore. Il a bien compris que la bataille de France allait être perdue, doute de pouvoir convaincre Paul Reynaud de continuer la lutte en Afrique du Nord mais il n’a pas encore pris la décision de devenir «Le Rebelle» et pense aussi que Churchill va devoir céder et chercher la paix avec le Reich. Dans ce cas, ou aller proclamer l’Appel ?

    Mais l’excellente tenue des troupes Françaises entre le 5 et le 8 juin 1940 va modifier considérablement la situation. Ce qui s’est passé sur le front et les conséquences de ces journées, au sud d’Amiens deux divisions d’Infanterie détruisent 196 panzers ! L’opération Fall Rot commence dans la nuit du 4 au 5 juin, non pas par une préparation d’artillerie, comme souvent affirmé, mais par la Luftwaffe «opération Paula». 500 avions attaquent dès le 3 juin, 13 bases de l’Armée de l’Air, 22 centres ferroviaires et 15 usines de la région parisienne. Les avions Allemands passent en trois vagues successives. La chasse Française abat 26 avions, mais perd 33 appareils dont 16 au sol.

    Le résultat des bombardements est faible car les points ferroviaires sont gênés 24 heures au maximum, et les usines n’accusent que des dégâts mineurs. C’est le moral des parisiens qui est le plus touché, 250 morts. C’est la 16ème division d’infanterie Française qui prend de plein fouet l’assaut des 9ème et 10ème Panzer divisions. Cette 16ème division qui s’est vue renforcée de quelques canons et qui a respecté la directive Weygand, à savoir adopter une défense en Hérisson, va maintenir le flot Allemand, avec l’aide de la 24ème DI et du 12ème BCC jusqu’au 9 juin, date à laquelle le 14ème panzerkorps a perdu 55% de ses chars et 40% de son infanterie.

    Les deux divisions Françaises ont éliminé 196 panzers ! 136 pour la 16ème, 60 pour la 24ème.

    Le XIVème panzerkorps est alors retiré du front par Von Bock, et il est engagé derrière le XVIème panzerkorps dans le secteur de Péronne. La 7ème panzer subit de lourdes pertes, des soldats Français sont assassinés.

    La division de Rommel passe a l’offensive le 5 juin entre Longpré et Hangest, secteur défendu par la 5ème DIC. Grâce à deux ponts de chemin de fer non détruits, la Somme est traversée, et c’est un régiment d’artillerie, 52ème qui va supporter le choc le premier, éliminant quelques chars en tir tendu. Le 72ème d’artillerie de la 3ème DLC détruit à lui seul 32 chars avec les 12 canons de 75 qu’il lui reste. Le 53ème RICMS va démontrer une ténacité incroyable et retenir les troupes Allemandes jusqu’au 7 juin.

    Les horreurs de la guerre ne font pas défaut à cette bataille, des prisonniers sont exécutés, on n’oubliera pas les 26 sénégalais exécutés a Airanes et les 86 autres corps trouvés au Saut-du-Loup. On n’oubliera pas non plus la centaine de soldats du 12e RTS enfermés dans une grange et sauvagement assassinés.

    La 7ème panzer division va même être mise sérieusement en difficultés le 6 juin lorsque le groupement du lieutenant-colonel de Langle de Carry, avec environ 85 blindés, lance une contre attaque.

    250px-somua-s35-1.1295770106.jpgSomua S35 Wikipédia.

    Un seul peloton de 4 Somua S35 détruit à lui seul 15 panzers. Rommel stoppe alors son avance et envoie son artillerie repousser les audacieux cuirassiers. Mais bien vite Rommel reprends sa course, délaissant les îlots de résistance Français et se trouve à Arcueil le 7 juin. L’encerclement du IXème corps Français débute...Péronne, Une résistance acharnée, au premier corps d’armée, les points d’appuis, partiellement investis, tiennent solidement. Une contre attaque de la 1ème DCR est organisée le 6 juin, mais celle ci est arrêtée sous les coups de la Luftwaffe. Au 24ème corps, le scénario se répète comme ailleurs, les Français s’accrochent au terrain et les Allemands payent un lourd tribu pour chaque kilomètre gagné. Le 6 juin, l’offensive Allemande reprend avec force et s’abat sur la 87ème DIA.

    Voir http://membres.lycos.fr/dvo/quierzy/87.htm pour des détails sur cette unité.

    Finalement au 7 juin, l’ordre est donné de reporter la ligne de résistance sur le cours de l’Avre, mais certains éléments ont continué à se défendre avec acharnement n’ayant pas pu être touchés par l’ordre de repli, dossiers historiques «Du 5 au 8 juin un tournant ? »

    Le 7 juin, les Britanniques consentent à remplacer les pertes des trois escadrilles de chasse restées en France.

    Le 8 juin, le front Français est totalement disloqué.

    Début du débat, pour ou contre la poursuite de la guerre ? L'exode des civils Français du Nord vers le Sud s'intensifie. Paris «se vide» en cinq jours. Appel désespéré du général Vuillemin pour obtenir un appui aérien des Britanniques, sans succès. Transfert d'une escadrille Britannique au Mans, puis arrivée en France dans l'après-midi de deux escadrilles supplémentaires. Les autorités Britanniques rappellent à leurs alliés Français que 12 escadrilles de chasse et 8 de bombardiers opèrent en France et sur la Manche depuis le Royaume-Uni. Fin de l'Opération Alphabet.

    Le 9 juin, a ville de Rouen est occupée.

    Le 10 juin, le gouvernement Français quitte Paris pour Tours et ses environs.

    Le lundi 10 juin 1940 à 19h30 le Président du Conseil, Paul Reynaud, fait à la TSF, depuis Paris, le point sur le premier mois de l'attaque Allemande,

    «nous sommes au sixième jour de la plus grande bataille de l'Histoire, la bataille de France» qui a commencé le mercredi 5 juin 1940, après la fin de «la bataille du Nord» du vendredi 10 mai au mardi 4 juin 1940. L'incendie a commencé sur la Somme, il s'est propagé jusqu'à la Meuse… Rien ne pourra diminuer notre volonté de lutter pour notre terre et pour nos libertés. Les épreuves qui nous attendent sont dures, nous y sommes prêts, nos têtes ne se courberont pas.

    C'est l'heure que choisit Mussolini pour nous déclarer la guerre ainsi qu'au Royaume-Uni. Comment juger cet acte ? La France n'a rien à dire. Le monde qui nous regarde jugera. Interrogé, l'après-midi par notre ambassadeur, Monsieur François-Poncet, sur le prétexte de cette déclaration de guerre, le comte Ciano, ministre Italien des Affaires Étrangères et gendre de Benito Mussolini, a répondu que Monsieur Mussolini ne fait qu'exécuter les engagements qu'il a pris avec Monsieur Hitler.

    La France entre dans cette guerre, avec la conscience pure et pour elle, ce n'est pas un vain mot. Le monde connaîtra peut-être bientôt que les forces morales sont aussi des forces. Au cours de sa longue et glorieuse Histoire, la France a traversé de plus rudes épreuves. C'est alors qu'elle a toujours étonné le monde. La France ne peut pas mourir».

    Trois heures plus tard, vers 22h30, le Président du Conseil Paul Reynaud, les ministres, voir le gouvernement de Paul Reynaud ici, les députés et les sénateurs encore présents à Paris, le général Maxime Weygand et son État-major, commencent à quitter discrètement Paris. A 23 heures, le lundi 10 juin 1940, la TSF diffuse un très bref communiqué officiel de la Présidence du Conseil qui révèle au peuple Français que la situation est encore plus grave que prévu, «le gouvernement est obligé de quitter la capitale pour des raisons militaires impérieuses. Le Président du Conseil se rend aux Armées».

    Cette annonce est précédée et suivie par le nouvel indicatif de la radiodiffusion Française, les mesures de la Marseillaise «Aux armes citoyens». A minuit tous les convois ministériels ont quitté discrètement Paris, tous feux éteints, par la porte de Châtillon… Paul Reynaud, avec dans sa voiture un certain Charles de Gaulle, quitte Paris à minuit précise, via Chartres, Eure-et-Loir, elle arrive à Orléans, Loiret, au lever du jour le mardi 11 juin 1940, après un voyage lent et pénible sur des routes qui commencent à être encombrées de réfugiés fuyant l'avance Allemande. En apprenant le départ des pouvoirs publics de Paris, de nombreuses personnes commencent à quitter elles aussi la capitale et vont définitivement encombrer les routes jusqu'à la fin des combats, le lundi 24 juin 1940.

    Le 10 juin, capitulation de la Norvège. Fin de l'opération Alphabet. Les Polonais de la deuxième division de chasseurs à pied sont mis à la disposition de l'armée Française.

    Le mardi 11 juin, les pouvoirs publics Français s'installent temporairement à Tours, Indre-et-Loire, et dans les environs. A 19h30 a lieu au château du Muguet à Briare, Loiret, un Conseil des ministres Franco-britannique. Lors de ce conseil, un échange particulièrement significatif oppose Paul Reynaud et Maxime Weygand à Winston Churchill, «Paul Reynaud déclare que les escadrilles britanniques auraient un rendement très supérieur si elles étaient enfin stationnées en France. Le général Weygand supplie le Premier ministre Britannique d'envoyer tous les avions de chasse Anglais, jusqu'au dernier, sur des aérodromes Français pour participer à la bataille qui scellera le sort des deux nations».

    Winston Churchill répond en rugissant, «Non ! Ce n'est pas vrai ! Il y a un horizon plus vaste, un champ de bataille plus large à considérer ! Aujourd'hui c'est la bataille de France, demain ce sera la bataille d'Angleterre, tout ce qui sera perdu aujourd'hui peut être regagné demain». Si vous tenez jusqu'en septembre nous vous amènerons quelques divisions, Il émet l'idée qu'en attendant nous fassions la guérilla. Cette idée sera reprise par Paul Reynaud et par le général de Gaulle. Le Conseil des ministres Franco-britannique prend fin à 21h30. C'est à cette occasion que Winston Churchill a fait la connaissance du général de Gaulle.

    Le 11 juin, attaqué par l'aviation Allemande, le Niobé coule non loin du Havre, faisant au moins 800 victimes.

    Le 12 juin, dernière réunion du Comité suprême interallié à Breteau dans le Loiret, dite conférence de Briare. Churchill exhorte les dirigeants Français à continuer la guerre. Elle se tient au château du Muguet, à Breteau dans le sud-est du Loiret, non loin de Briare. Alors que le gouvernement Français s'est replié sur Tours et ses environs et que l'armée Allemande progresse en France, cette réunion marque la première fracture entre les alliés Français et Britanniques sur la volonté de poursuivre la guerre. L'avion de Winston Churchill s'envole de l'aérodrome de Briare à 10h30 pour l'Angleterre, escorté par ses douze Hurricanes. Il reviendra en France dès le lendemain.

    Le 12 juin, 50 000 soldats alliés encerclés à Saint-Valery-en-Caux doivent se rendre faute de munitions, après s'être battus pendant deux jours pour tenter de protéger des embarquements, sous le feu de Rommel qui leur a coupé la route de la Seine.

    La suite 32 sera pour nous l'exode avant que Paris soit déclarée ville ouverte.

    Références.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Blitzkrieg
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Baptiste_Molini%C3%A9
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Alphonse_Juin
    http://www.amisdugrandvaux.com/noscelebrites_leongenoudet.htm
    http://anidom.blog.lemonde.fr/wp-admin/post.php?action=edit&post=5489
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Paula
    http://dvole.free.fr/quierzy/87.htm
    http://www.histoquiz-contemporain.com/Histoquiz/Lesdossiers/LaFrance19391945/juin40/Dossiers.htm
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernement_Paul_Reynaud
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Alphabet
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Niob%C3%A9_%28cargo%29
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Conf%C3%A9rence_de_Briare
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Proc%C3%A8s_de_Riom
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Flak
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Fedor_von_Bock
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Char_Somua_S-35

     

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