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  • Philippe Pétain, Maréchal de France, suite 3,

    la bataille de Verdun.

    Voir aussi le déclenchement de la bataille de Verdun le 21 février 1916

    Support Wikipedia Le 14 septembre, Philippe Pétain est général de division et le 22 octobre, il prend officiellement le commandement du 33ème corps d'armée avec lequel il réalise des actions d'éclat, notamment dans les batailles de l'Artois en 1915, tout en se montrant soucieux d'épargner la vie de ses hommes. Le 21 juin 1915, il reçoit le commandement de la IIème armée. En février 1916, lorsque les Allemands déclenchent leur offensive sur Verdun, Pétain est désigné par Joffre pour prendre le commandement de ce front et organiser la défense aérienne et terrestre. C’est lui qui commande les troupes Françaises à la bataille de Verdun, et son sens de l'organisation soutenu par un réel charisme ne sont pas étrangers à l’issue victorieuse du combat, même si la ténacité de ses troupes, comme, par exemple, celle du commandant Raynal au fort de Vaux, en a été le facteur décisif. La vision stratégique de la bataille lui a permis de comprendre que le meilleur soldat du monde, s’il n’est pas ravitaillé, évacué en cas de blessure, ou relevé après de durs combats, est finalement vaincu. Pétain met en place une noria de troupes, d’ambulances, de camions de munitions et de ravitaillement sur ce qui deviendra la «Voie Sacrée» de la petite route de Bar-le-Duc à Verdun.

    Détail du mémorial de la voie sacrée

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    Toute utilisation doit satisfaire les conditions de la GNU Free documentaion licence produite par Free Software Foundation.

    Au cours de cette guerre Philippe Pétain sera soucieux de la vie des hommes contrairement au général Nivelle qu'il remplaça étant la cause d'importantes mutineries suite à son échec au Chemin des Dames ou les alliés perdirent 350.000 hommes pour un gain de terrain minime.

    Assaut Français au Chemin des Dames, Wikipédia

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    La bataille de Verdun eu lieu du 21 février au 19 décembre 1916. Conçue par von Falkenhayn comme une bataille d'attrition pour «saigner à blanc l'armée Française» sous un déluge d'obus dans un rapport de pertes de un pour deux, elle se révélera en fait presque aussi coûteuse pour l'attaquant, elle fit plus de 300 000 morts, 163 000 soldats Français et 143 000 Allemands, et se termina par un retour à la situation antérieure.

    Carte de Verdun et ses environs

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    Parallèlement, de juillet à novembre, l'armée Britannique sera engagée dans les batailles de la Somme toutes aussi sanglantes, 1.060.000 victimes dont 442.000 morts ou disparus pour des résultats également mineurs. Alors que, côté Allemand, ce sont pour l'essentiel les mêmes corps d'armée qui livreront toute la bataille, l'armée Française fera passer à Verdun, par rotation, 70 % de ses Poilus, ce qui contribua à l'importance symbolique de cette bataille et à la renommée du général Pétain qui commanda la première partie de la bataille.

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    Les poilus dans une tranchée, référence «Le blog de la Déconfiture »

    C'est au général Robert Georges Nivelle que revint le mérite de l'enrayement définitif de l'offensive Allemande, juin - juillet 1916, puis de la reconquête du terrain perdu entre octobre et novembre 1916 avec la récupération du Fort de Douaumont , aidé en cela par son subordonné le général Charles Mangin .

    Le Fort de Douaumont, vue générale, Wikipédia

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    Verdun sera, comme la Somme, une terrible leçon que certains théoriciens militaires Allemands sauront comprendre. L'immobilité du front, malgré les moyens engagés.

    «En 1940, soumise au feu motorisé des panzers, Verdun tombera en 24 heures, il faut dire aussi que la motivation Française, n'y était, nous n'avions fait aucune préparation à la guerre. Nous nous sommes engagés par alliance».

    Les objectifs de guerre.

    Pour les Français dirigés par le maréchal Joffre, il faut en finir au plus vite, et la guerre de mouvement reste d'actualité.

    Pour le commandement Allemand, en la personne du général von Falkenhayn, chef de l’état major impérial, ce n’est pas tout à fait la même façon d’aborder le problème. Effectivement, il faut en finir avec ce conflit, car pour lui, l'Angleterre cherche à asphyxier les empires centraux dans une guerre d'usure. Mais, pour cela, il faut rendre la guerre coûteuse aux Anglais par une nouvelle méthode, la guerre sous-marine, et surtout il faut détruire les forces Françaises, «les forces de la France seront saignées à mort… Que nous atteignions notre objectif ou non». Le caractère extrémiste de ces propos laisse augurer de la sauvagerie dans les combats à venir. Le but est de décourager la France qui devrait ainsi demander grâce.

    La prise de Douaumont

    Il choisit donc Verdun pour sa vulnérabilité et aussi du fait qu’il n’aura pas à déplacer beaucoup de troupes. Comptant sur la supériorité Allemande en artillerie lourde, il va employer la méthode du Trommelfeuer, une préparation d’artillerie en «roulement de tambour» qui devrait permettre de niveler le terrain à conquérir. Les Allemands amassent face à Verdun quelque 1 225 pièces d’artillerie de tous calibres dont 542 obusiers lourds.

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    Parc d'artillerie près de Verdun, Cliquez sur la photo.

    Référence, Assemblée nationale.fr

    En moyenne, on peut compter un mortier rapide de 210 mm tous les 150 m. Ils déploient 13 obusiers Krupp de 420 mm, 17 obusiers Skoda de 305 mm, 2 pièces de marine de 380 mm et les munitions en conséquence, environ 2 500 000 obus. Ils massent 72 bataillons d’infanterie dans des abris enterrés, stollen. Sur les vingt divisions affectées à l'opération, dix sont prévues pour la bataille proprement dite, les dix autres étant réservées pour une éventuelle bataille décisive sur un autre secteur dégarni en conséquence.

    Stollens

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    Le Ziegelrücken Stollen à l’Hartmannswillerkopf, référence Vestiges de 1914-1918

    Le lundi 21 février 1916 vers 7 heures, un obus de 380 mm explose dans la cour du palais épiscopal de Verdun. C’est le début d’une bataille inhumaine, opération baptisée Gericht , tribunal par les Allemands qui dure dix mois. Un déluge de fer et de feu s’abat sur un front de quelques kilomètres, le bombardement est perçu jusque dans les Vosges, à 150 km. Deux millions d’obus, un obus lourd toutes les trois secondes tombent sur les positions Françaises en deux jours. À 16 heures, le même jour, 60 000 soldats Allemands passent à l’attaque sur un front de six kilomètres au bois des Caures, croyant s'attaquer à des troupes à l'agonie, totalement désorganisées. L’infanterie Allemande effectue une progression limitée, aménage immédiatement le terrain afin de mettre l’artillerie de campagne en batterie. La portée ainsi augmentée, les canons Allemands menacent directement les liaisons Françaises entre l’arrière et le front.

    Les forces Françaises sont écrasées par cette pluie d’acier. Le lieutenant-colonel Driant trouve la mort le 22 février dans le bois des Caures. Avec lui, 1 120 hommes tombent. Il n’y aura que 110 rescapés parmi les 56ème et 59ème bataillon de chasseurs à pied. Sur le reste du secteur, les défenses sont broyées, disloquées, écrasées. En quelques heures, les massifs forestiers disparaissent, remplacés par un décor lunaire. Les massifs de Haumont, de Herbebois et des Caures sont déchiquetés, hachés, nivelés. Derrière le feu roulant, le 7ème corps rhénan, le 18ème hessois et le 3ème brandebourgeois avancent lentement. Le fort de Douaumont, qui n’est défendu que par une soixantaine de territoriaux, est enlevé dans la soirée du 25 février 1916 par le 24ème régiment brandebourgeois.

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    Tranchée Française en 1916, Wikipédia .

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    Verdun 1916, référence Vestiges 1914-1918

    Ce succès fut immense pour la propagande Allemande et une consternation pour les Français. Par la suite, 19 officiers et 79 sous-officiers et hommes de troupes de cinq compagnies différentes occupent Douaumont qui devient le point central de la défense Allemande sur la rive droite de la Meuse. Par cette prise, les Allemands ne se trouvent plus qu'à 5 km de la ville de Verdun, s'y rapprochant inexorablement. C’est la fin de la première phase de la bataille de Verdun. Manifestement, les objectifs de Falkenhayn ne sont pas atteints. Un front trop limité, un terrain impraticable et la hargne du soldat Français semblent avoir eu raison du plan de l’Allemand, Wikipédia, la bataille de Verdun .

    Ce qu'il faut savoir c'est la collaboration au sein de la Triple entente France, Angleterre, Russie que les deux fronts Français et Russe sont liés. On ne peut comprendre certaines décisions prises par les généraux Français et Russes si on oublie ce fait. Quand la pression Allemande devient insupportable sur le front Français, les Français demandent aux Russes de lancer des offensives afin d’obliger le Kaiser, l'Empereur allemand, à alléger son dispositif et de transférer des troupes sur le front Russe. Même chose pour les Russes qui demandent également, à des moments critiques, aux Français de lancer des offensives dans le même but. C’est ce jeu de bascule entre les deux fronts qui permet, en fin de compte, à l’armée Française de ne pas être emportée en 1914 et 1915.

    Sans la contribution cruciale de l’effort de guerre Russe, la France eût été dans l’impossibilité de tenir tête à l’Allemagne. En décembre 1914, la Triplice ou Triple Alliance, Allemagne, Austro-Hongrie, Royaume d'Italie, (qui s'en est dégagée en 1915 le 25 avril pour rejoindre la triple entente), a oppose 101 divisions à l’armée impériale Russe, dont 40 Allemandes, et 97 à la France. En août 1915, les effectifs sont montés à 65 divisions Allemandes sur le front Russe contre 73 sur le front Français. En janvier 1917, c’est 187 divisions que la Triplice engage contre la Russie, 49% du total contre 131 contre la France 34%.

    «Vers la fin de 1914, l’intensité de la lutte sur le front Russe imposera à l’armée Allemande une attitude défensive sur le front de France. Elle sera maintenue jusqu’en février 1916. Quand, en 1916, les Allemands attaqueront en France durant la bataille de Verdun, il sera trop tard, ils ne seront plus capables d’entamer les forces alliées».

    Après la fin des combats fin 1917 sur le front de l'Est, l'armée Allemande dispose en février 1918, de 192 divisions en ligne à l’ouest. Vingt de plus que les alliés. À cette date, 53 divisions sont encore à l’est. La France aurait certainement été vaincue dès 1914, comme elle l’avait été en 1870. En 1914, l’armée Allemande est la plus puissante d’Europe, la mieux équipée et la mieux entraînée. Depuis 1870, les écarts démographiques et industriels des deux pays n’ont cessé de s’élargir. Le 4 mars 1913, Raymond Poincaré soutint un projet de loi visant à prolonger de deux à trois ans le service militaire en France, cette mesure semblait la seule façon possible de compenser l’avantage du nombre que possédait l’Allemagne, qui comptait une population de 70 millions d’habitants contre 40 en France.

    La suite 4 sera le Fort de Douaumont est repris.

  • Philippe Pétain, Maréchal de France, suite 2,

    Philippe Pétain entre en guerre.

     

    Support Wikipedia En juillet 1914, le colonel Philippe Pétain a 58 ans et s'apprête à prendre sa retraite. Lorsqu'éclate la Première Guerre mondiale, le 3 août 1914, il est à la tête de la 4ème brigade d'infanterie et se distingue en Belgique, dans la province de Namur. Il fait partie des officiers promus au début de la guerre et devient général de brigade le 27 août 1914, il reçoit le commandement de la 6ème division qui atteint le canal de l'Aisne, après la victoire de la première bataille de la Marne.

    Avertissement.

    Toutes les batailles Françaises et alliées ne sont pas développées dans ce dossier historique je me suis limité à un choix parmi les plus importantes se rapportant au maréchal Pétain. Les plus grandes batailles de la première guerre mondiale sont représentées principalement par les références «Les Grandes Batailles de la Grande Guerre», par Wikipédia, et puis par d'autres sites sur lesquels j'ai glané des faits interessants. Je n'ai nullement l'intention de prendre le travail d'histoire publié par d'autres internautes, ce que j'ai fait est bénévole, je n'en tire aucun profit, mais un dossier historique ne peut se constituer que par des recherches sur des publications historiques. Il est développé sur la toile au lieu d'en faire un livre donc gratuit.

    La première bataille de la Marne,

    souvent identifiée comme «la bataille de la Marne» a eu lieu du 6 au 12 septembre 1914. Au cours de cette première bataille, les troupes franco-anglaises réussissent à arrêter puis à  repousser les Allemands et donc à mettre en échec le plan Schlieffen qui prévoyait l'invasion de la France en six semaines pour ensuite se porter vers la Russie. Elle doit être distinguée de la seconde bataille de la Marne, qui se déroula du 15 au 31 juillet 1918, suite 13.


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    Le plan Schlieffen

    Le prélude à la première bataille de la Marne, la bataille des frontières du 10 au 28 août 1914 est la phase initiale du premier conflit mondial. Simultanément, plus à l'Ouest, les Allemands mettent en place le plan Schlieffen. Les troupes Allemandes, sous la direction de von Moltke , pénètrent en Belgique avec pour intention de déborder les Français qui ont massé leurs troupes au nord-est pour ensuite les envelopper en les repoussant vers l'est et les acculer à la défaite. La progression Allemande est retardée par la résistance de l'armée Belge appuyée sur les forts de la ceinture fortifiée de Liège, puis par la victoire Belge de Haelen, nommée aussi bataille de la Gette.

    Après avoir perdu huit jours du fait de la résistance Belge, l'aile marchante Allemande rencontre377px-charles_lanrezac.1291928336.gif les troupes alliées le long de la vallée de la Sambre. C'est le 18 août que les éléments avancés de leur IIème Armée entrent en contact avec la Vème Armée du général Lanrezac, photo à droite, voir les opérations de la 5ème armée Française août 1914 , alors qu'à sa gauche le Corps expéditionnaire Britannique affronte la Ière armée Allemande à Mons . Après d’âpres combats de rencontre sur la Sambre, bataille de Charleroi les 21, 22, et 23 août 1914 , le général Lanrezac décide de se replier le 23 août sur la ligne Givet-Philippeville-Merbes-le-Château. Il sauve ainsi son armée d’un encerclement qui aurait probablement eu des conséquences dramatiques pour la situation des Français. Le 24 août Lille est déclarée ville ouverte.

    250px-helmuth_johannes_ludwig_von_moltke_1914.1291921033.jpgHelmuth Johann Ludwig, comte von Moltke .

    Von Moltke devant cette retraite générale, ordonne la poursuite, au soir du 24 août. Toutes les armées alliées battent en retraite, à l'exception des Ière et IIème Armées, qui tiennent leurs positions en Alsace et en Lorraine. La Vème Armée marque cependant un coup d'arrêt à Guise, voir la bataille de Guise, qui relève la pression sur le Corps expéditionnaire Britannique, lui permet de se rétablir puis de se replier sur Noyon et créé un décalage entre la Ière armée du général Alexandre von Kluck et la IIème armée du général Karl von Bülow qui sera décisif pour le succès de la bataille.

    Malgré la surprise et la fatigue, les troupes alliées se retirent en ordre après leur défaite sur les frontières, le Corps expéditionnaire Britannique planifie déjà son repli vers les ports de la Manche, pour un éventuel ré-embarquement. Le général Gallieni, gouverneur militaire de Paris, rencontre alors Lord Kitchener pour proposer une contre-attaque commune généralisée lorsque les Allemands arriveront sur la Marne.

    image021.1292056294.jpgLe maréchal Joseph Simon Galliéni.

    Le 2 septembre des aviateurs découvrent que la Ière armée Allemande, la plus à l'ouest, celle de Alexandre von Kluck, infléchit son offensive vers l'Est et n'effectue pas le mouvement prévu par le plan Schlieffen d'enveloppement de Paris par l'Ouest. La VIème Armée se concentre le long de la Marne, entre Nanteuil-le-Haudouin et Meaux dans l'après-midi du 5 septembre, voir les cartes de la guerre de mouvement de 1914. Elle prend contact avec les Allemands à partir du 7 septembre et soutient son effort jusqu'au 9, grâce, entre autres, à l'envoi d'urgence de 10 000 hommes de la garnison de Paris, dont près de 6 000 sont transportés par 600 taxis de la capitale réquisitionnés par le général Gallieni.

    Les taxis de la Marne.

     

    800px-taxi-marne.1291048779.JPGLes taxis de la Marne, exposés au Mondial de l'automobile de Paris - Édition 2008.

    Les 6 et 7 septembre 1914, environ 600 taxis parisiens furent réquisitionnés pour servir de moyen de transport aux fantassins de la 7ème division d'infanterie. Les véhicules étaient en majorité des Renault AG1 Landaul et roulant à une vitesse moyenne de 25 km/h. Rassemblés aux Invalides, ces 600 véhicules partirent au cours de la nuit en deux groupes, direction Tremblay-lès-Gonesse, aujourd'hui Tremblay-en-France, puis Le Mesnil-Amelot. Dans la journée du 7, pour des questions de logistique, ce convoi a redescendu sur Sevran-Livry tandis qu'un second convoi de 700 véhicules quittait les Invalides pour rejoindre Gagny. Les taxis furent rassemblés à Gagny et Livry-Gargan pour charger les troupes et organiser les convois. Les deux convois partirent dans la nuit du 7 au 8 étaient à pied d'œuvre le 8 au matin aux portes de Nanteuil-le-Haudouin et de Silly-le-Long. Les chauffeurs furent payés d'après les indications portées au compteur, comme pour n'importe quelle course.

    Les taxis de la Marne

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    Référence http://lauhic.perso.neuf.fr/Premiere_Guerre_Mondiale.html

    Cette opération permit d'acheminer rapidement environ cinq mille hommes mais aucunement de renverser le cours de la Première bataille de la Marne contrairement à une idée reçue. Cette manœuvre inédite dans son ampleur eut une réelle portée psychologique. Sur les soldats Français ainsi que sur le commandement Allemand mais surtout sur la population, l'épopée devenant rapidement un symbole d'unité et de solidarité nationale.

    Dans l'ensemble des opérations en cours depuis le 4 août, on constate que la doctrine de l'attaque à outrance caractérisant la doctrine militaire Française a été remise en cause. Mais les troupes Françaises ont su se reprendre sans se désunir et trouver assez d'allant pour contre attaquer lorsque le général Joffre en donna l'ordre.

    image006.1292056674.gifLe général Joffre .

    C'est d'ailleurs Joffre qui, dès avant la guerre, avait maintenu la théorie de l'avant-garde générale, héritée de Napoléon 1er, et qui, de fait, se trouva être appliquée par l'armée Belge combattant sur les flancs Allemands à Liège, sur la Gette et à Anvers en accord avec le commandement Français. Cette forme de tactique, qui vise à diviser l'ennemi avec, pour but final, la réunion de l'avant-garde avec le gros des armées en vue de la bataille générale, allait trouver sa pleine application dans les événements militaires qui allaient suivre la victoire de la Marne, dans ce que l'on a appelé depuis la course à la mer qui verra les Belges abandonner Anvers pour se réunir aux franco-anglais sur les bords de l'Yser pour la bataille décisive.

    Le coup d'arrêt de la Marne marque l'échec de la manœuvre Schlieffen. Mais, selon le mot du général Chambe , alors jeune officier de cavalerie, «ce fut une bataille gagnée mais une victoire perdue». En effet, si les armées Franco-britanniques mirent alors un terme à l'avancée irrésistible des armées Allemandes commandées par von Klück, von Bülow et von Moltke, elles ne purent ou ne surent exploiter cet avantage en repoussant ces armées hors du territoire Français.

    La suite 3 sera la bataille de Verdun


  • Philippe Pétain, Maréchal de France, suite 1,

    les origines de la première guerre mondiale.

     

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    Le maréchal Pétain en 1928, commandant en chef des armées. Les chemins de la gloire . Source : SHD

    Support Wikipedia En 1888 il est admis à l'École Supérieure de Guerre dont il sort breveté d'État- major en 1890. Promu capitaine la même année, il est affecté à l'État-major du 15ème Corps d'armée, à Marseille avant de revenir au 29ème BPC puis à l'État-major du gouverneur de Paris, aux Invalides. En 1900, il est promu chef de bataillon et est nommé instructeur à l'École normale de tir du camp de Chalons-sur-Marne. Son enseignement et ses idées personnelles de commandement diffèrent alors de ceux de l'école. Il s’oppose à la doctrine officielle de l'époque qui veut que l'intensité du tir prime la précision et qui privilégie les charges de cavalerie et les attaques à la baïonnette. On est en 1900. Il préconise une logistique plus moderne qui implique l'utilisation de canons pour les préparations et les barrages d'artillerie afin de permettre la progression de l'infanterie laquelle doit pouvoir tirer précisément sur des cibles individuelles. La même orientation militaire que le général de Gaulle eu 1940. Le directeur de l'école signale la «puissance de dialectique et l'ardeur avec lesquelles il défend des thèses aussi aventurées».

    Il est muté en 1901 au 5ème régiment d'infanterie, RI à Paris où, en qualité de professeur-adjoint à l'École supérieure de guerre, il est chargé des cours de tactique appliquée à l'infanterie. Il s'y distingue par ses idées tactiques originales, rappelant l'effet meurtrier du feu. Il préconise la défensive et la guerre de position, ce qui économise des vies, quand les théoriciens prônent la guerre à outrance. Il s’élève alors violemment contre le dogme de la défensive prescrit par l’instruction de 1867, «l’offensive seule pouvant conduire à la victoire». Il critique aussi le code d’instruction militaire de 1901 prônant la charge en grandes unités, baïonnette au canon, tactique en partie responsable des milliers de morts d’août et septembre 1914.

    Humiliés par la défaite de 1870, les États-majors se montrent volontiers bravaches et revanchards. Pétain préconise la manœuvre, la puissance matérielle, le mouvement, l’initiative, «le feu tue». Ainsi il déclare à un élève officier, «accomplissez votre mission coûte que coûte. Faites-vous tuer s'il le faut, mais si vous pouvez remplir votre devoir tout en restant en vie, j'aime mieux cela». Nommé lieutenant-colonel en 1907, il est affecté à Quimper au 118ème RI. Promu colonel le 31 décembre 1910, il quitte alors l'École de guerre et prend le commandement du 33ème régiment d'infanterie à Arras, où le sous-lieutenant Charles de Gaulle est affecté à sa sortie de Saint-Cyr et où se produira leur première rencontre, le 8 octobre 1912.

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    Arras, 1914. Le colonel Pétain, au premier rang au centre, parmi ses officiers, commande le 33ème régiment d'infanterie. Les chemins de la mémoire. Source : SHD

    La première guerre mondiale.

     

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    Otto von Bismarck 21 mars 1871 20 mars 1890

    Il est difficile de donner une cause unique au déclenchement de cette Grande Guerre. Il faut plutôt prendre l’étude de la genèse du conflit comme un ensemble d’événements. Parmi ceux-ci, le principal est l’exacerbation des sentiments nationaux dans certains pays Européens, dont les empires centraux, Allemagne et Autriche-Hongrie. Le nationalisme cause de nombreuses guerres. En Allemagne, dans les années 1910 se développe l’idée selon laquelle il faut donner un nouvel élan à la société Allemande. Pour certains intellectuels et dirigeants, il faut régénérer l’Allemagne par la guerre. L’idée de Bismarck selon laquelle l’unification Allemande doit se faire par «le fer et le sang» n’a pas totalement disparue. En effet, les particularismes et antagonismes locaux sont encore forts en Allemagne. Voici comment le chancelier Allemand Bethmann Hollweg décrivit les sentiments qui le traversa lors du déclenchement du conflit,

    200px-theobald_von_bethmann-hollweg_portrait.1291992449.jpgTheobald von Bethmann Hollweg 5ème chancelier impérial 14 juillet 1909 - 13 juillet 1917.

    «le désir de faire tomber les entraves de sa vie externe et interne fut l’esprit avec lequel le peuple en août 1914 partit en guerre. Le plus grand épanouissement des forces fut exigé d’un peuple qui, égaré par le fourre-tout des doctrines partisanes, n’avait pas encore trouvé le chemin pour devenir un État national, l’image d’une nation réconciliée, politiquement mûre et capable d’agir efficacement rayonna comme une lumière éblouissante».

    L'interprétation des idées de Bethmann-Hollweg, de son entourage et de l'opinion publique Allemande au cours du mois de juillet 1914 est au cœur de la thèse de Fritz Fischer, les buts de guerre de l'Allemagne Impériale sur les causes de la Première Guerre mondiale.

    L’unité Allemande doit se faire par la guerre. De plus, il faut ajouter à cela une situation internationale tendue depuis la crise d’Agadir qui opposa l’Allemagne à la France en 1911. En effet, l’Allemagne se considère comme brimée dans son ambition de puissance internationale par le fait, qu’à cette époque, sont considérés comme grande puissance les pays colonialistes. A cela s’ajoute une lutte entre «germanisme» et «slavisme». En effet, les Allemands surestiment les capacités de la Russie et pensent que sa puissance ne va que se renforcer dans les années futures. Il faut donc agir rapidement contre la Russie pour éviter d’être débordé à l’avenir. On retrouve ici la théorie de l’encerclement Allemand par des puissances hostiles. Voici ce que dit Bethmann Hollweg en décembre 1914, «un peuple de taille tel que le peuple Allemand ne se laissera pas étouffer dans son développement libre et pacifique». L’Allemagne va devoir mener une guerre pour défendre sa culture et son peuple. Cet affrontement entre «germanisme» et «slavisme» et à son comble lors des guerres balkaniques de 1912-1913. Ces guerres ont pour ambition de chasser les Turcs des Balkans dans une zone où l’Autriche-Hongrie et la Russie se surveillent de près. L’Autriche-Hongrie a peur que ses populations slaves se révoltent et que la situation profite à la Russie. Le jeu des Alliances est également à étudier pour comprendre le mécanisme de déclenchement du conflit. Deux systèmes d’alliances défensives s’opposent à la veille du conflit. Il y a d’un côté la Triple Entente qui regroupe la France, l’Angleterre et la Russie, d’où l’impression d’encerclement de la part des Allemands, et de l’autre, il y a la Triple Aliance qui regroupe l’Empire Allemand, l’Empire Austro-Hongrois et le Royaume d’Italie. Ainsi, l’assassinat du prince héritier d’Autriche-Hongrie, François-Ferdinand, à Sarajevo le 28 juin 1914 par des extrémistes serbes de Bosnie-Herzégovine, annexée par l’Autriche-Hongrie depuis 1908, servit d’étincelle dans une situation déjà bien explosive, Militaris 11 novembre 1918 .

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    archiduc François-Ferdinand

    L'assassinat de l'archiduc Ferdinand d'Autriche le 28 juin 1914 à Sarjevo, Bosnie-Herzégovine est l'étincelle, il a été l'élément qui a déclenché la première guerre mondiale. Mais comme on peut le voir cette guerre se préparait depuis une quinzaine d'années. Ferdinand d'Autriche fut assassiné avec son épouse par un étudiant nationaliste Serbe, Gavrilo Princip. Sa mort poussa l'empereur Autrichien François Joseph 1er à donner une leçon à la Serbie. Par le  jeu des alliances, la Russie apporte son soutien par solidarité slave.

    mobilisation1914.1291041505.jpgLa France se sent obligée d'apporter sa garantie à la Russie. L'Allemagne se doit aussi de soutenir l'Autriche. Dans ce jeu les gouvernements sont bellicistes au possible et tous se préparent à la guerre. Propagande, surarmement, alliances et ententes dans tous les sens... Chacun croit avoir quelque chose à y gagner et les escarmouches annonciatrices, crises en Afrique coloniale, les alliances et le surarmement font croire à chacun qu'il gagnera facilement. Finalement, la lecture de la presse d'avant-guerre est éloquente, personne n'imagine qu'une guerre puisse durer plus que quelques semaines, une campagne rondement menée à coup de charges de cavalerie et l'affaire sera emballée. Mais les innovations techniques, aviation, blindés, artillerie efficace, sous-marins, gaz de combat, mitrailleuse, barbelés... Et l'économie de guerre créeront un équilibre des forces qui rendra le conflit ingagnable rapidement et l'enliseront dans la boue des tranchées pendant des années d'une boucherie atroce.

    La Dépêche du samedi 1er août 1914

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    Le Matin 27 août 1914 Raymond Poincaré constitue un ministère de la défense nationale

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    A lire les origines de la première guerre mondiale analysées sous l'angle marxiste.

    La suite 2, Philippe Pétain entre en guerre.

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