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  • La retraite au Sénat c'est bâclé,

    le reste à l'Assemblée c'est pour bientôt.

     

    Il était effectivement inutile de prolonger les débats au Sénat dès lors que la majorité restait soudée. Autant en finir au plus vite, Sarkozy droit dans ses bottes ne cèdera pas. Ceux qui avaient cru le faire plier le connaissent mal. Qu'ils se rappellent son action à la maternelle de Neuilly-sur-Seine lorsqu'il était encore maire avant d'entrer au gouvernement. Ce fait de bravoure lui a conféré une notoriété, celle d'un homme courageux, mais risque tout, pouvant aller jusqu'à provoquer la mort. Le 13 mai 1993, Érick Schmitt chômeur armé d'un pistolet d'alarme et d'explosifs, alias «Human Bomb», retient en otage 21 enfants dans une classe de maternelle de Neuilly, et menace de faire sauter l'école s'il n'obtient pas une rançon de 100 millions de Francs, soit ~15 millions d'euros. Nicolas Sarkozy, négocie directement avec «HB», et obtient la libération d'un enfant en gage de bonne volonté. Bien que l'opportunité de l'intervention de Sarkozy soit disputée, elle lui vaut la médaille du RAID, et contribue à sa notoriété à l'échelle nationale.

    Quand on a ce caractère on ne cède pas surtout avec une majorité aux deux chambres, de plus, qu'elle serait sa crédibilité en tant que chef d'État par ce que c'est lui, et lui seul, qui a voulu cette réforme. Cela n'était pas le cas au temps du CPE ou seul Dominique de Villepin s'était engagé, de même pour Alain Jupé sur l'extension des régimes de retraites publics ou il dût céder par suite de mouvements de grèves de novembre et décembre 1995. Dans les deux cas, Chirac était protégé.

    Ces manifestations ne serviraient à rien, non bien sur, il était important de marquer son hostilité à ce projet conçu de cette façon, mais vouloir les continuer, avec ces grèves et blocages des dépôts de carburant, risquant la paralysie du pays ne sert à rien, sinon à donner à Sarkozy une auréole, celle de celui qui à su rester ferme contre une majorité de Français, à son projet. Ils étaient jusqu'à 72 % à le désapprouver, pour descendre à 69, puis à 62 %. Quand aux manifestations, on voit bien qu'elles ont atteint le nombre de manifestants maximal de ce qu'elles pouvaient mobiliser, eu égard à la perte de salaire qui en résulte. C'était un mouvement ambigu mi figue, mi raisin, entre deux, pas assez puissant, mais pas sans signification, et Sarkozy l'a bien senti puisqu'il n'a cessé de clamer qu'elles n'avaient pas le nombre de manifestants qui étaient annoncé par les syndicats, minimisant de ce fait leur portée. Dans ce jeu de menteurs, les syndicats auraient dû constater avec la mobilisation engagée, que le nombre de manifestants n'augmentait pas de manifestations en manifestations, et qu'il était préférable de laisser courir. Ils ont donc perdu. Ces Français ont compris que finalement ils avaient montré leur sentiment sur ce projet, et qu'ils attendraient 2012 pour exprimer, sans heurt, qu'ils ne veulent plus de Sarkozy.

    L'engagement des lycéens et étudiants, si l'on veut comprendre leur sentiment sur la crainte de leur avenir, ils sont plus majeurs que d'aucuns ne le prétendent en disant qu'ils feraient mieux de se consacrer à leur études, ce qui est vrai, mais leur engagement est nécessaire et responsable pour des jeunes aujourd'hui. Quand on entend les propos de François de Closets sur France 2 dans «Ce soir ou jamais» du jeudi 21/10/10, clamer haut et fort que nous les vieux avons fait le malheur de nos enfants, nous leur laissons une ardoise lourde, ce qui est vrai, mais complètement démagogique, comme si ma génération et les suivantes avaient voulu faire le malheur de nos jeunes ! De tels propos très orientés sont inadmissibles. Ce sont les circonstances de la vie qui conditionnent l'État de notre situation économique. Si la politique menée depuis maintenant plus de 7 années n'avait pas été orientée dans le sens de favoriser les «riches» pour raison dogmatique, sans que les pertes financières correspondantes soient compensées par des recettes, nous n'aurions pas besoin de cette réforme actuellement, d'autant plus que le régime par répartition est assuré jusqu'en 2015, voire 2020. Le graphique, donnant le coût futur des retraites en fonction du PIB, présenté dans mon article «Il ne lâchera pas», montre que c'est à partir de 2020 qu'il convient d'agir, et ceci dans la situation actuelle de nos finances. En d'autres termes, si, la politique menée aurait été différente vers plus d'équité, notre régime de retraite serait pérenne pour encore plusieurs années. La redistribution souhaitée ne s'est pas effectuée et l'envol des capitaux s'est accentué. Cela étant, nos lycéens méritent d'être écoutés et leur inquiétude prise en compte. Quand Valérie Pécresse, dans cette même émission, déclare que si les séniors travaillent plus longtemps, cela n'a aucune conséquence sur leur travail, il y a de quoi étouffer devant une telle méconnaissance du monde salarié.

    Ce mouvement de protestation, non contre la réforme, tous l'acceptent, mais une réforme discutée, et ce passage en force au Sénat montre bien l'objectif d'en finir au plus vite contre l'obstruction de l'opposition qui, il faut le reconnaître, était aussi stupide qu'inutile. Au blocage des raffineries privant d'essence notre pays, Nicolas Sarkozy fait le pari d'incarner le parti de l'ordre. Avec le recours à la force pour dégager dépôts et raffineries et des paroles de grande fermeté envers les casseurs, le chef de l'État pense toucher une large part de l'opinion exaspérée par les débordements du mouvement social. Il a raison dans la mesure ou ce mouvement reste peu suivit. Il est bien évident que ce blocage va à l'encontre de la vie déjà difficile des Français pour ceux qui doivent se déplacer pendant ces jours de Toussaint. C'est donc, en plus, une contrainte qui n'a aucune raison, et qui ne peut que conduire à désapprouver les fauteurs de ce mouvement. L'opinion va finir par se retourner et donner à Sarkozy l'auréole qui lui manquait.

    Dans le fond Sarkozy a-t-il gagné pour autant, non pas du tout, il a divisé un peu plus les Français, provoqué une révolte interne contenue certes, mais vraie. Un récent sondage donne pour Sarkozy et François Fillon une perte de popularité de 2 et 3 points en octobre et sont passées à respectivement 29 % et 47 % d'opinions favorables, Sarkozy descendant sous les 30 % pour la première fois depuis mai 2007, selon le baromètre mensuel Ifop-JDD. Dans le détail, 29 % des personnes interrogées se déclarent satisfaites de Nicolas Sarkozy (24 % plutôt satisfaites et 5 % très satisfaites), contre 32 % en septembre. Le niveau de mécontents passe à 70 % (contre 67 % en septembre), avec 38 % (+ 5 %) de «très mécontents» et 32 % (- 2 %) de «plutôt mécontents». 1 % (+1 %) ne se prononce pas.

    C'est par 177 voix contre 153 que le groupe UMP et l'Union centriste ont voté la réforme. Que dit-elle finalement que l'âge légal sera porté de 60 ans à 62 ans à l'horizon de 2018, et que l'âge de départ permettant de toucher une retraite à taux plein, donc sans décote, c'est à dire même si la durée de cotisation nécessaire n'est pas atteinte, sera de 67 ans au lieu de 65 ans. La progression prévue est ,

    - 2011 : 65 ans et et 4 mois ;
    - 2012 : 65 ans et 8 mois ;
    - 2013 : 66 ans ;
    - 2014 : 66 ans et 4 mois ;
    - 2015 : 66 ans et 8 mois ;
    - 2016 : 67 ans.

    Le droit à la retraite à 60 ans sera maintenu pour les salariés justifiant d'une incapacité permanente de 20 % constatée à l'âge du départ à la retraite ou d'une incapacité entre 10 % et 20 % s'il est établi qu'elle est directement liée à l'exposition à des facteurs de risques professionnels. Le dispositif de carrière longue est maintenu pour les personnes ayant commencé leur carrière très jeunes et étendu à celles ayant commencé à travailler à 17 ans.

    Rapprochement des régimes de retraite de la fonction publique et du secteur privé. Le taux de cotisation d'assurance-vieillesse acquitté par les fonctionnaires, 7,85 % va être aligné en dix ans sur celui des salariés du privé, 10,55 %. Le dispositif spécifique de départ anticipé pour les parents de trois enfants ayant atteint 15 années de service va être arrêté. Le minimum garanti applicable dans la fonction publique sera soumis aux mêmes conditions que le minimum de pension applicable aux salariés du privé.

    Pénibilité et médecine du travail, un carnet de santé au travail est constitué par le médecin du travail. Le texte redéfinit les missions des services de santé au travail exercées par les médecins du travail en lien avec les employeurs et les salariés désignés.

    Les entreprises de plus de 50 salariés pouvant être exposés à des risques professionnels qui ne sont pas couvertes par un accord ou un plan de prévention de la pénibilité peuvent être soumises à une pénalité représentant au maximum 1 % des rémunérations ou des gains.

    Égalité, les entreprises de plus de 50 salariés qui ne sont pas couvertes par un accord fixant des objectifs d'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes peuvent être soumises à une pénalité fixée au maximum à 1 % des rémunérations et des gains. Les indemnités journalières de maternité seront désormais assimilées à des salaires pour le calcul de la retraite.

    Le Sénat a adopté deux amendements dont deux du gouvernement, qui maintiennent à 65 ans l'âge pour obtenir une retraite à taux plein pour certains parents. L'un d'entre eux permet cette possibilité pour les parents de trois enfants nés avant 1955 ayant interrompu ou réduit leur activité professionnelle pour se consacrer à l'éducation de leurs enfants, l'autre pour les parents d'enfants handicapés. Un troisième amendement présenté par les groupes de la majorité a été voté, qui propose que le Comité d'Orientation des Retraites organise en 2013 une «réflexion nationale sur les objectifs et les caractéristiques d'une réforme systémique de la prise en charge collective du risque vieillesse». Cela montre finalement que cette réforme est loin d'être une réforme pensée mais faite sous l'exigence du prince poussé par les agences de notation pour ne pas avoir des taux d'emprunts élevés, puisqu'il faut la revoir en 2013 et probablement en 2018.

    Un projet de révision du système des retraites par un régime universel par point ou en comptes optionnels est une réflexion des centristes. Cette initiative et habile puisqu'elle est soutenue par le syndicat CFDT favorable au système à la Suédoise.

    «Dans les régimes en comptes notionnels, en vigueur en Suède, en Italie, en Pologne et en Lettonie, chaque assuré est titulaire d'un compte individuel et les cotisations versées alimentent un capital virtuel. On le qualifie de virtuel, parce qu’il n'est pas placé, comme dans les systèmes par capitalisation, mais fait l'objet d'une revalorisation annuelle, selon un indice basé sur la masse salariale ou le PIB fixé par les gestionnaires du régime. Le montant de la pension est égal au montant du capital virtuel multiplié par un coefficient de conversion, qui fait que la pension est d’autant plus faible que l’âge du départ en retraite est précoce. Dans un tel système, le principe est que le montant des cotisations versées par une génération doit être égal au total des prestations qu’elle percevra, (ce qui évite la dérive du financement). On tient compte de l’espérance de vie de la génération à laquelle appartient l’assuré. Il n’est fait aucune distinction en fonction de l’espérance de vie de chaque catégorie professionnelle. Les systèmes en points ou en comptes notionnels, fondés sur une logique de contributivité, sont associés à des régimes «à contribution définie», par opposition aux régimes «à prestation définie». Le système en comptes notionnels est vanté pour sa capacité d'autorégulation, puisqu’il implique une égalité actuarielle entre le montant des cotisations d’une génération et celui des prestations. Même si l’équilibre financier instantané n'est pas assuré à tout moment, il arrive que ceux qui cotisent ne soient pas aussi nombreux que ceux qui partent à la retraite, le système tend à l'équilibre sur le long terme. Au sein du COR, Conseil d'Organisation des Retraites, certaines organisations syndicales y sont plutôt favorables, d’autres y sont hostiles. Elles ont, de concert avec les organisations patronales, loué de façon unanime le sérieux et la qualité de notre travail, ce qui ne les empêche pas d’en tirer des conclusions divergentes»,

    extrait du rapport d'information par la commission des affaires sociales présenté par Pierre Méhaignerie en séance de 3 février 2010.

    Il faut comprendre que le système en comptes optionnels revient à financer les retraites qu'avec l'argent des salariés sur une génération de sorte la solidarité entre les générations ne joue plus, c'est la fin à terme du régime par répartition.

  • François Mitterrand et ses heures noires,

    dans la guerre d'Algérie.

    François Mitterrand homme politique par excellence, homme de lettres, homme ambitieux aussi, pour rassembler la gauche si divisée ne faut-il pas aussi de la volonté ? Et pour gagner la présidentielle de 1981 de la persévérance, une double tâche, qui nous montre un homme à multiples facettes qui, comme Charles de Gaulle, auquel il a souvent été comparé, malgré son opposition farouche, anti-gaulliste irréductible passant de la IVème république à la Vème république, bien qu'il s'opposa à la nouvelle Constitution de toute son énergie. Chacun des deux présidents, sans aucune hésitation n'hésitaient pas à dire tout et son contraire, hommes de paradoxes, Charles de Gaulle bradant l'Algérie après avoir clamé haut et fort, «Je vous ai compris», phrase devenue célèbre et prononcée le 04 juin 1958 au forum d'Alger lieu du putsch du 13 mai par le général vêtu de son uniforme, et puis à Mostaganem «vive l'Algérie Française de Dunkerque à Tamanrasset», ainsi que les affiches de propagande insistant sur «10 millions de Français à part entière», Wikipédia .

    François Mitterrand une carrière ministérielle exceptionnelle 8 fois ministre dont deux d'État et ayant été au moment de la guerre d'Algérie, ministre de l'intérieur sous la présidence de Pierre Mendès-France, puis ministre Garde des Sceaux ministre d'État sous Guy Mollet ou il fut solidaire de l'envoi du contingent en Algérie le 23 mai 1956. Mais pouvait-il faire autrement dans le contexte de l'époque, les pieds-noirs réclamaient l'armée. Ils étaient plus d'un million représentant plus de 10 % de la population Algérienne. Ce n'est pas une excuse que je lui fais, mais Pierre Mendès-France qui voulait faire l'indépendance de l'Algérie fut balayé par cette république des partis. Élu en 1981 à la présidence de la république sous le slogan «La force tranquille» sa première action après l'augmentation du SMIG et la suppression de la Cour de Sureté de l'État fut celle de l'abolition de la peine de mort qui lui reste collée à la peau comme l'œuvre de sa vie.

    On peut se demander pourquoi, lui qui n'hésita pas pendant cette guerre d'Algérie, de donner un avis défavorable au recours en grâce des condamnés à mort du FLN dont les dossiers lui furent soumis. On est en droit de penser qu'il a voulu par cette action se laver des fautes contraires à sa morale d'alors, qui l'a fait, quand il fût ministre de l'intérieur, s'opposer à l'indépendance de l'Algérie, indépendance tant souhaitée par Pierre Mendès-France. En 1954, ses tentatives de muter le gouverneur général Léonard et le directeur de la Mosquée de Paris, puis d'augmenter le SMIG d'Algérie, rencontrent l'hostilité des colons et de l'administration. Le 8 septembre 1954, François Mitterrand apprend qu'il est l'objet d'une enquête de la part des services secrets Français, ainsi débute ce qu'on a appelé l'Affaire des fuites dont il fut blanchi, Wikipédia.

    Et puis, la fameuse affaire de l'Observatoire, ou des jardins de l'Observatoire, un attentat qui aurait été mené contre François Mitterrand en 1959 et organisé par lui même ? Cette affaire sera à l'origine d'une controverse politique et juridique, François Mitterrand ayant été suspecté d'avoir lui-même commandité l'attentat dans le but de regagner les faveurs de l'opinion publique ?

    Dans la nuit du 15 au 16 octobre 1959, après avoir pris un verre à la brasserie Lipp, François Mitterrand, décide de rentrer chez lui, rue Guynemer, vers minuit trente. Selon sa version, il suspecte une autre voiture de le suivre, arrête sa 403 au niveau de l'avenue de l'Observatoire, et se réfugie derrière un buisson. Sa voiture est alors criblée de balles. La police enquête, sur la base de la plainte et de son témoignage. Une semaine plus tard, le 21 octobre, le journal Rivarol, journal d'extrême droite, publie un témoignage de Robert Pesquet ancien résistant, ancien député gaulliste, proche de l'extrême droite, qui déclare qu'il est l'auteur de ce qui serait un faux attentat, et qui aurait été commandité par François Mitterrand en personne, dans le but de regagner les faveurs de l'opinion publique ? Sept années plus tard, la loi d'amnistie initiée par le gouvernement de Georges Pompidou en 1966 permet de clore les poursuites. La justice conclut également la plainte initiale de François Mitterrand par un non-lieu. L'amnistie se déroule dans un climat tendu entre François Mitterrand et plusieurs de ses adversaires à droite, notamment Michel Debré, ancien Premier ministre. Persuadé que celui-ci est derrière l'affaire, le jour du vote de sa levée d'immunité, François Mitterrand tente «un coup de bluff» et menace de rendre public des documents qui, selon lui, impliqueraient Michel Debré dans l'attentat au bazooka contre le général Salan en 1957, affaire toute aussi obscure. En fait Mitterrand enterrera l'affaire Debré qui enterrera l'affaire de l'Observatoire, Wikipédia. Cette affaire causa un tord considérable à François Mitterrand, à son image de marque, le doute d'une manipulation ? On n'en ait plus sûr .

    Le 05 novembre 1954 devant la tribune de l'Assemblée alors que les premiers conflits éclatent, il clamait, «La rébellion Algérienne ne peut trouver qu'une forme terminale : la guerre», puis «L'Algérie, c'est la France.» Wikipédia. Le 12 novembre 1954, il s'écriait, les départements de l'Algérie sont des départements de la République Française. En trois jours tout a été mis en place. On a dit, «est-ce pour maintenir l'ordre ?». Non, pas seulement. C'est pour affirmer la force Française et marquer notre volonté... L'Algérie c'est la France !

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    Référence, Politique.net

    Et qui d'entre vous, Mesdames et Messieurs, hésiterait à employer tous les moyens pour préserver la France ? Tout sera réuni pour que la force de la nation l'emporte en toute circonstance. C'est vers les leaders, vers les responsables qu'il faudra orienter notre rigoureuse répression, de François Mitterrand et l'Algérie ombres et lumières, février 1996. Il complètera par, «je n'admets pas de négociations avec les ennemis de la Patrie, la seule négociation, c'est la guerre».

    Toujours en novembre, le gouvernement annonce une forte augmentation des investissements sociaux en Algérie dans l'agriculture et l'éducation, et entend préparer «l'égalité des citoyens, l'égalité des chances égales à tous ceux, quelle que soit leur origine, qui naissent sur le sol Algérien». François Mitterrand, autorise alors Germaine Tillion, Grand Croix de la légion d'honneur qui combattra la torture en Algérie, à mener une enquête dans la zone d'insurrection, afin, entre autres, de signaler les éventuelles exactions policières.

    En accord avec le Pierre Mendès-France, il fusionne la police d'Alger avec celle de Paris. Les décrets du 20 janvier 1955, qui mettent fin à l'autonomie de la police d'Algérie, contribuent à permettre la mutation de deux cents agents soupçonnés d'actes de torture ou de l'avoir encouragée. Parmi eux, le directeur des Renseignements généraux d'Alger. Les députés conservateurs en matière coloniale critiquent fermement cette décision. D'après François Mitterrand, la suppression de ce «système détestable» est à l'origine de la chute du gouvernement Mendès-France, un mois plus tard (lettre à Pierre Mendès-France, 31 août 1959). Le sénateur Henri Borgeaud, porte-parole des pieds-noirs, avait ainsi menacé, «Si vous fusionnez les polices, nous voterons contre votre gouvernement».

    Vient ensuite le gouvernement Guy Mollet dont il est Garde des Sceaux. Sur la question Algérienne, il critique fermement (Mitterrand une histoire de Français par Jean Lacouture et Franz-Olivier Giesbert, François Mitterrand, une vie, chapitre 22, «La torture») la dérive répressive qui suit l'échec de la tentative de libéralisation, en février 1956. Toutefois, c'est lui qui est chargé par le Conseil des ministres, de défendre le projet de loi remettant les pouvoirs spéciaux à l'armée. Il donne forcément son aval, en tant que Garde des Sceaux, aux nombreuses sentences de mort prononcées par les tribunaux d'Alger contre des militants de la lutte pour l'indépendance, notamment Fernand Yveton, membre du Parti Communiste Algérien, PCA, guillotiné à Alger le 11 février 1957. Jean Lacouture écrit s'agissant de François Mitterrand, «ma querelle à son égard est moins celle du cynisme que celle de l’Algérie, je ne lui pardonnerai jamais d’avoir été le ministre de la Justice qui a laissé guillotiner Fernand Yvetot et tant d’autres, et sa lâcheté de s’être défaussé sur les militaires pour faire «le sale boulot».

    L'accès au registre des grâces permet de mettre à jour, après des dérogations auprès de la Direction des Archives de France, que le 17 mars 1956 sous la signature de quatre ministres, dont François Mitterrand, les lois publiées au Journal officiel, qui sont les lois 56-228 et 56-229 qui permettent de condamner à mort des membres du FLN qui sont pris les armes à la main. Mitterrand accepte bien qu'avocat d'endosser ce terrible texte,

    «en Algérie, les autorités compétentes pourront ....ordonner la traduction directe, sans instruction préalable, devant un tribunal permanent des forces armées des individus pris en flagrant délit de participation à une action contre les personnes ou les biens ....si ces infractions sont susceptibles d’entraîner la peine capitale lorsqu’elles auront été commises». Du coup, le nombre des condamnations à mort va s’envoler. Il y en aura plus de 1 500 durant les «évènements». Car il ne s’agit pas d’une guerre et on ne reconnaît pas le statut de combattant aux militants du FLN. Ils sont jugés comme des criminels. Mais, à Alger, en ce printemps de 1956, on ne se contente plus de mots. Et le 19 juin, les deux premiers «rebelles» sont conduits à l’échafaud.

    Pierre Nicolaï, Directeur du cabinet de François Mitterrand, témoigne aujourd’hui, écrit Sylvie Thénault historienne interrogée dans le cadre de sa thèse, que la décision d’exécuter a été une «décision politique» et qu’il lui fut demandé de choisir parmi les dossiers de recours en grâce un «type mêlant crapulerie et politique», «un type particulièrement épouvantable» pour «inaugurer la série des exécutions» sans déclencher trop de polémiques. Le premier condamné, Abdelkader Ferradj, 35 ans, est un goumier déserteur qui a participé, au sein du commando Ali Khodja, à l’embuscade dressée contre un car de tourisme et deux voitures particulières le 25 février 1956. Six Européens seront tués, dont une petite fille de 7 ans, Françoise Challe. Pour le «politique», difficile de fournir martyr plus idéal à la révolution Algérienne que Mohamed Ben Zabana. Cet ouvrier soudeur de 30 ans est un vieux routier des geôles Françaises, dans lesquelles il a passé trois années entre 1950 et 1953 pour ses activités nationalistes, extraits des guillotinés de Mitterrand.

    Sur 45 dossiers d’exécutés lors de son passage Place Vendôme, François Mitterrand ne donne que sept avis favorables à la grâce, six autres avis étant manquants. A titre de comparaison, Robert Lacoste, ministre résident en Algérie, qui passait pour un homme très dur, a été plus clément, sur 27 de ces exécutions, il a émis 11 avis favorables au recours en grâce, les 7 autres avis ne figurant pas dans les dossiers.

    Paroles de Jacques Attali, Mitterrand avait «légalisé» la torture, canoë.fr, 07/05/2001. C'est François Mitterrand qui en 1956 a créé les conditions légales de la torture en Algérie.

    «Mitterrand considérait lui-même que c'était la seule erreur de sa vie», a précisé Attali, interrogé par Karl Zéro lors du Vrai Journal de Canal +, dimanche. Une erreur dont l'évocation, entre autres équivoques politiques du disparu, va quelque peu ternir les commémorations de sa première élection à la présidence de la République, le 10 mai 1981. François Mitterrand, ministre de la Justice en 1956-57 dans le gouvernement de Guy Mollet, était à cette époque «pour l'Algérie Française», a rappelé Attali.

    Chacune de ces exécutions va pourtant peser très lourd. Car le FLN a prévenu, si des condamnés à mort sont guillotinés, il y aura des représailles. Dans «Le temps des léopards», deuxième des quatre tomes qui constituent «La guerre d’Algérie», bible sur cette période, Yves Courrière retrace ainsi la vengeance du FLN et les ordres donnés à ses différents chefs, «Descendez n’importe quel Européen de 18 à 54 ans, pas de femmes, pas de vieux». En dix jours, 43 Européens vont être tués ou blessés par les commandos du FLN. L’escalade est immédiate, bombes des ultras européens contre un bain maure rue de Thèbes qui tuera 70 musulmans, mais qui ne donnera lieu à aucune poursuite, bombes et assassinats du FLN, exécutions capitales à Oran, Constantine, Alger.

    La guillotine s'emballe .

    Mais François Mitterrand tient bon. Pourtant, dès le 22 mai 1956, Pierre Mendès France, en désaccord avec la politique Algérienne de Guy Mollet, a démissionné du gouvernement, Alain Savary claque la porte le 22 octobre, au lendemain du détournement de l’avion qui transporte Ben Bella et quatre autres leaders du FLN de Rabat à Tunis. Le 7 janvier 1957, un autre pas est franchi par le gouvernement auquel appartient François Mitterrand, il donne tous pouvoirs au général Massu et à sa 10ème division parachutiste pour briser le FLN d’Alger. Les militaires gagneront la «bataille d’Alger», mais on sait à quel prix, torture systématique et plus de 3 000 exécutions sommaires, les guillotinés de François Mitterrrand . La guillotine, elle, s’emballe, «Chiffre jamais atteint jusqu’ici, 16 exécutions capitales ont eu lieu en Algérie du 3 au 12 février», écrit France-Observateur.

    François Mitterrand était sous la responsabilité de Guy Mollet président du Conseil, la responsabilité est donc collective ce qui, ne retire rien à celle de Mitterrand qui, il faut bien l'écrire, ces faits marquent sa conscience d'une tâche impardonnable même s'il fît abolir la peine de mort comme une excuse à ces guillotinés d'État. Une tâche noire à la France que beaucoup ignoraient et dont le seul président de la république de gauche de la Vème, aujourd'hui, a été un des responsables. Mais, il faut aussi relativiser, faire porter le chapeau à un seul homme fut-ce François Mitterrand est injuste, les pieds-noirs et la droite de l'époque voulaient la répression et écraser le FLN. Cela fait maintenant plus de 50 années, nous jugeons cela différemment, ce qui provoque notre indignation, mais à l'époque, qui s'est révolté outre Pierre Mendès-France et Alain Savary ? François Mitterrand a dû trainer tout le long de sa vie ces guillotinés mêmes s'ils étaient «légaux», quelle honte, comment vivre avec cette pensée qui doit se révéler à chaque instant à sa conscience. Et la question est, a-t-on le droit moral de guillotiner des hommes qui se battent pour l'indépendance de leur terre ? Les Allemands fusillaient nos résistants pendant la période du régime de 1940.

    François Mitterrand dans la nostalgie du dernier monarque de Françoise Fressoz, on peut lire François Mitterrand vient se rappeler au bon souvenir des Français, le dixième anniversaire de la mort de l’ancien président de la République, intervenue le 8 janvier 1996, suscite une profusion de témoignages et d’enquêtes d’opinion dont la tonalité générale est positive, un sondage CSA-«Libération, paru en début de semaine va même jusqu’à placer François Mitterrand devant Charles de Gaulle au panthéon des meilleurs présidents de la Vème République.


  • Le rapport Attali,

    à peine sorti et déjà très critiqué.

    C'est un rapport qui fait 176 pages et l'on peut s'étonner que ceux qui le critiquent aient assimilé tout ce qui est écrit, il est mi figue-mi raisin. Ce rapport que l'on peut consulter ici, porte sur la «Libération de la croissance Française», et quand on consulte en annexe 6 les personnes qui ont été invitées en audition, comme experts, et ayant participé aux travaux de la commission page 156, il y a des membres du gouvernement, Luc Chatel, Christine Lagarde, le Directeur général du budget Philippe Josse, Marie-Christine Lepetit Direction de la législation fiscale, Ramon Fernandèz directeur général du Trésor, Jean-Claude Trichet président de la Banque centrale Européenne, ....et Jacques Delors. Que des gens qui votent à gauche, et la question est : en quoi sont-ils plus experts que d'autres ?.

    Au Sénat, on trouve Gérard Larcher, Jean Arthuis, ....je ne connais pas les autres. Pour l'Assemblée nationale Bernard Accoyer UMP, Jérôme Cahuzac PS, Marie-Anne Montchamp UMP + république solidaire, les autres sont tous UMP, et Didier Migaud Cour des Comptes PS, on ne peut guère faire autrement.

    Au gouvernement, ils sont tous présents de Fillon à Borloo en passant par Baroin, Benoît Apparu, Chatel, Nathalie Kosciusko-Morizet, notre chère Christine Lagarde, Brunot Lemaire, Chantal Jouano, Hervé Morin, Hervé Novelli, Laurent Vauquier, et Eric Woerth.

    Quand à l'opposition, et bien, ils ne connaissent rien à la croissance, circulez il n'y a rien à voir comme disait Coluche.

    Pour un ancien conseillé de François Mitterrand ce choix des personnalités marque une vraie obédience à droite de prime abord, mais quand on rentre dans le rapport, ce serait plutôt de la sociale démocratie de droite soulignant la politique actuelle et ses effets néfastes de l'injustice sociale. Une chose est évidente, c'est ignorer la gauche, en gros la moitié du pays. Cela qui signifie-t-il implicitement que la politique du parti socialiste, s'il venait aux affaires, ne serait pas dans une logique de croissance, en d'autres termes, ce rapport n'aurait que moins de deux années d'existence, il ne servirait à rien, mais pourrait s'appliquer quand même !

    Il y a des syndicalistes, Chérèque, Jean-Christophe Le Duigou CGT, Jean-Claude Mailly, Laurence Parizot....et d'autres moins connus. Il y a aussi des dirigeants d'entreprise et des bons de la politique actuelle, Henri Proglio EDF, Patrik Kron Asthom, Michel Pebereau BNP Paribas, Bruno Lafond Lafarge, Benoît Potier Air Liquide......et puis d'autres. Si avec de telles têtes la France ne revient pas en croissance c'est la fin du monde.

    Jacques Attali que j'ai toujours estimé pour sa culture et parce qu'il avait été choisi par François Mitterrand, a bien changé ou alors, je me suis fait des idées. Jacques Attali avait été pressenti en 2007 pour une étude remise en janvier 2008 sur la relance de la croissance Française, intitulé Commission Attali avec 316 propositions dont 20 décisions fondamentales et 8 ambitions. J'avais analysé le travail de cette commission, et déjà, j'avais noté le manque de réalisme de cette étude ou manquait le paramètre primordial de la croissance, c'est à dire les salaires donc le pouvoir d'achat. L'austérité n'est pas génératrice de croissance. Il semble donc ne pas avoir eu les résultats escomptés puisque un nouveau, celui-ci, sur la Libération de la croissance Française vient d'être publié. Remarquez, on trouve quasiment les mêmes personnes pour cette nouvelle étude, ce qui montre la valeur de leur compétence, mais en fait, ce n'est pas leur compétences, mais leurs intérêts, nuance. Le problème est donc non résolu puisque les salaires sont bloqués depuis trop longtemps et que les charges augmentent, la consommation des ménages n'est pas à la hauteur d'une relance de la croissance, on ne l'a pas encore comprit. Les grèves et manifestations sur la réforme des retraites offrent à Sarkozy, encore une fois, une brillante auréole puisqu'il en sortira vainqueur, mais avec une France encore plus déchirée, plus meurtrie qu'avant, cristallisant pour beaucoup un désaveu général de sa politique.

    L'ambition de ce rapport est pour dix ans pour les générations futures, mais ce qui est écrit n'engage nullement les membres de cette commission. En fait, ils ne sont pas responsables bien que certainement rémunérés, ils se réunissent, ils parlent, ce n'est pas gratuit. Mais attention, bien que pas responsables, ce fait est à rapprocher de la fameuse phrase de Georgina Dufoix le 23 novembre 2006, responsables mais pas coupables ! Ce rapport est en fait un accessit à la politique actuelle quand il est écrit que c'est :

    «la crise majeure a frappé la France alors même que le pays était loin d’avoir mis en œuvre l’ensemble des transformations nécessaires pour retrouver le chemin d’une croissance durable».

    C'est loin d'être l'avis de beaucoup qui mettent en avant aussi, et de façon non négligeable, la politique injuste des réformes. Mais plus loin, le rapport tacle pour raison d'équité la politique menée par sur ces réformes orientées qui ont affaiblies notre économie nous privant de ressources pour faire face à cette crise sous le prétexte de préserver les hauts revenus avec ceux du patrimoine sans pour autant réduire l'évasion fiscale thème fédérateur de cette politique, et qui, en fait, s'est accrue. L'article du Figaro.fr, est révélateur quand est écrit : de plus en plus de candidats à l'exil fiscal.

    Dans la synthèse pour les générations futures, ce rapport s'appliquerait quelque soit l'orientation politique du pays indépendamment des réformes spécifiques à chaque majorité.

    Trois exigences fondamentales sont précisées. Exigence de vérité, exigence d'équité, exigence de légitimité.
    Pour la vérité, c'est notre dette, le chômage, la précarité, et nos difficultés à retenir des jeunes, des entreprises et des chercheurs. A cela est vanté nos atouts, notre démographie, le dynamisme de nos groupes industriels mondiaux, nos chercheurs, ingénieurs mathématiciens, artisans, ouvriers et notre croissance supérieure à l'Allemagne au cours des dix dernières années.
    Pour la l'équité c'est en fait l'injustice des réformes, la répartition équitable des efforts, mais, il en atténue les effets par notre protection sociale unique au monde en dépit des circonstances de la crise que nous traversons.
    Pour la légitimité, une gouvernance publique efficace des responsabilités claires des acteurs publics, un suivi en temps réel des réformes et une évaluation de leur mise en œuvre.

    La première urgence serait la maîtrise de nos finances publiques, ramener en 2013 notre déficit public à 3 % sous le seuil PIB. Pour y parvenir, une économie de 50 milliards d'euros, et un élargissement des assiettes fiscales, c'est à dire une hausse des impôts pour 25 milliards d'euros. Ceci, si la croissance du PIB est de 2 % par an. Mais pour cela, il faut que nos finances publiques aient une évolution de 25 milliards d'euros par an, soit 75 milliards en trois ans. L'économie de 50 milliards d'euros serait donc possible sans dégrader le service rendu ? Le fonctionnement encore archaïque de nos établissements publics, mais aussi l'empilement des échelons administratifs seraient les paramètres du poids de la dépense publique.

    Le rapport marque que la réduction des dépenses ne suffit pas à elle seule et qu'il faut un accroissement des prélèvements par la réduction de niches fiscales et sociales. Il enfonce le clou pour des raisons d'équité. Il revient sur des effets antiredistributifs ou favorisant les plus privilégiés, par exemple sur l’épargne et les plus values du capital bénéficiant d’un régime fiscal dérogatoire. Ce qui revient à suggérer d'augmenter les impôts. Par ailleurs, il convient, pour des raisons d’équité, de réexaminer la fiscalité sur les successions. L’ensemble de ces augmentations d’impôts seraient hors bouclier fiscal.

    Le rapport marque également la montée sans précédent de la dette publique.

    «Cette montée sans précédant de la dette publique est d’autant plus grave que le niveau des dépenses publiques et des prélèvements obligatoires en France est d’ores et déjà parmi les plus élevées de la zone euro. Elle risque donc d’asphyxier le pays et de limiter la liberté de choix collectif de nos enfants au remboursement de ce fardeau».

    C’est la première fois que la dette publique augmente autant et simultanément dans un si grand nombre de pays en temps de paix. En France, le déficit public est passé de 3,3 % en 2008 à 7,5 % en 2009. La dette publique a progressé de plus de 10 points, passant à 78,1% du PIB en 2009, ce qui correspond à environ 54 000 euros par ménage Français. A ces niveaux, la dette pèse sur la confiance et la consommation.

    Parmi les mesures visant à réduire les dépenses publiques le gel du point d’indice des salaires des fonctionnaires, qui permettrait de dégager plus de 4 milliards d’euros en trois ans.  Cette mesure resterait compatible, compte tenu des mesures individuelles, avec une progression de la rémunération moyenne des agents de l’État en place de l’ordre de 2,9 % par an pour l’État, soit une hausse du pouvoir d’achat de 1,1 à 1,4%. La poursuite de la politique de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite pour l’État et son extension à l’ensemble des administrations publiques, le gel de certaines prestations sociales, aides au logement, allocations familiales, prestations maladie indexées…, et la mise sous condition de ressources des allocations familiales. Cela rapporterait près de 4 milliards d’économies en trois ans.

    Pour la sécurité sociale, le rapport préconise une économie de 11 milliards d'euros en trois ans en agissant sur les retraites publiques, le projet des réformes actuel est accrédité puisqu'il prévoit 4 milliards d'euros d'économie à l'horizon 2013. La mise sous condition de ressources certaines allocations familiales, et le déremboursement des médicaments dont l'efficacité serait trop faible. La prise en charge à 100 % des patients pour maladie de longue durée, serait aussi mise aussi sous condition de ressources. La maîtrise de la rémunération de certains actes de professions paramédicales. Mais pour réduire l'impact de la mise sous ressources des patients de longue durée, le rapport propose l'instauration d'un boulier sanitaire. Ce bouclier se déclencherait une prise en charge à 100 % lorsque la charge supportée par le patient atteindraient au cours de l'année civile, un certain seuil, fonction des revenus du patient.

    En ce qui concerne la dépendance, l'espérance de vie augmentant, le rapport préconise de recentrer l'allocation de pertes d'autonomie vers les personnes les plus dépendantes qui est à bout de souffle et qui est financée par les Conseils généraux. Pour ceux qui en seraient exclus une prise en charge par la CNAV d'heures à domicile serait prévue.

    L'autre volet concerne les niches qui, pour beaucoup d'entre-elles, bénéficient aux revenus les plus élevés trouvant ainsi un moyen d'échapper à la fiscalité. D'après l'Insee, 2010, le taux réel d'imposition du premier centile des revenus, plus de 84 500 euros de revenus annuels par unité de consommation, «voir 8 millions de pauvres presque.... » ne s'élevait, grâce aux niches fiscales, qu’à 20% du revenu, soit bien moins que le taux théorique résultant du barème de l'impôt sur le revenu. Éliminer les niches, c’est donc rétablir la «vérité des taux» et la justice fiscale. Le rapport donne cette précision, le taux des prélèvements obligatoires est passé de 44,9 % en 1999 à 41,6 % en 2009. Il ne faudrait pas que l'effort du redressement des comptes publics soit annulé par le bouclier fiscal, c'est ce que marque ce rapport.

    L'autre volet important concerne l'universalité des retraites en allant vers le libre choix. Cette idée est soutenue par l'Union centriste et le groupe UMP pour une réforme systémique donnant une plus grande équité des régimes de retraites, sur «les conditions de mise en place d'une régime universel par points, et sur les moyens de faciliter le libre choix du moment et des conditions de leur cessation d'activité».

    L'augmentation de l'âge légal d'ouverture des droits apparaît comme le solution la plus rapide pour réduire le déficit des régimes de retraite, ainsi que l'allongement de la durée de cotisation pour l'équilibre des finances publiques. Une critique est faite sur le fait que le financement des retraites n'est fait qu'à l'horizon 2020. Mais aussi pour les carrières longues pour ceux ayant commencé à travailler très tôt et qui travailleront nettement plus longtemps que la durée légale, alors même que leur espérance de vie à la retraite est inférieure à celle des salariés entrés plus tard sur le marché du travail. Le dispositif de carrières longues doit permettre à ceux qui ont commencé à travailler avant 18 ans de partir à la retraite à 60 ans. Il ne permet pas de tenir compte complètement de la pénibilité du travail. Cette proposition prend en compte également l'accompagnement de mesures spécifiques favorisant le recrutement et l'emploi des séniors. Des bonnes intentions mais aucune proposition concrète. Par contre, le rapport préconise la mise en place de comptes individuels de cotisation retraite en s'inspirant du système Suédois. C'est à dire tout euro versé ouvrirait des droits à tout âge quel que soit son statut, ainsi serait mise en place la liberté de gérer sa pension et le durée de la retraite.

    Dans ce rapport Attali on remarque que le social est très chahuté, que ce soit sur les remboursements maladie, les allocations familiales, la dépendance, la retraite, tout ce qui touche finalement à nos conditions d'existences comme si elles seraient la cause de tous nos maux. En d'autres termes, ce sont les conditions sociales qui sont les paramètres les plus fauteurs de la crise. C'est finalement de l'austérité continue qui est préconisée ne pouvant que conduire à plus d'injustice. Rien n'est proposé sur la consommation, sur les salaires, comme si ces facteurs n'existaient pas. Dans ce contexte ce rapport ne vaut pas grand chose et comme le précédent il sera vite oublié.


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