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  • Le Liban, suite 1,

    un petit territoire mais une grande histoire

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    Le port de Beyrouth
    ( photo SOLIDERE , Société Libanaise pour le Développement et la Reconstruction du Centre-Ville de Beyrouth )


     

    Le Liban pays des cèdres

    Beyrouth (بيروت) capitale du Liban et la ville la plus importante du pays. Elle compte environ 1 200 000 habitants et l'agglomération urbaine plus de 2 millions d’habitants (2007). La ville est un centre financier, un port de commerce et un centre culturel d'une importance majeure à l'est de la Méditerranée et au Proche-Orient. La ville forme avec sa banlieue, le district de Beyrouth, le seul gouvernorat Libanais à ne pas être subdivisé en district. Elle abrite le siège du Gouvernement et joue un rôle central dans l'économie du pays, du fait de la présence de nombreuses firmes et grandes banques internationales. Beyrouth est également le poumon culturel de la région, renommée pour ses publications ainsi que pour ses activités culturelles sans égal. La ville a été nommée capitale mondiale du livre 2009 par l'UNESCO. Beyrouth a également été citée dans le New York Times comme première destination à visiter en 2009.

    Un peu d'histoire.

    Petit port phénicien, puis une cité moyennement importante de l'Empire romain, renommée pour son école de droit à partir du IIIème siècle qui subsista jusqu'au IVème siécle. Béryte, Bérytus, pour Beyrouth est une ancienne ville de Phénicie sur la cote au Nord de Sidon (Saïda). Sous Auguste elle reçut le nom de Julia Augusta Félix. Elle fût détruite par un violent séisme accompagné d'un tsunami en 354 puis en 554. Elle ne retrouvera sa place qu'à l'époque moderne. Elle redevient une ville à proprement parler au milieu du XIXe siècle avec notamment l'afflux de réfugiés fuyant les affrontements de 1860 dans la montagne entre Druzes et Maronites.


    Le territoire de la Phénicie correspond au Liban actuel auquel il faudrait ajouter certaines portions de la Syrie et d'Israël.


    L’Empire romain est la période post-républicaine de la civilisation de la Rome antique, caractérisée par une forme autocratique du gouvernement et une grande exploitation territoriale en Europe et tout autour de la Méditerranée. Beyrouth a survécu à une esquisse de l'histoire, relevant de l'occupation d'un empire après l'autre.


    D'abord nommée Bêrūt, «Le puits» par les Phéniciens. Les fouilles dans le centre-ville ont mis à jour des couches de vestiges phéniciens, hellénistiques, romains, arabes et ottomans. Après la Seconde Guerre mondiale, le Liban accède à son indépendance, voir l'article précédent, et Beyrouth est devenue la capitale. Beyrouth a prospéré comme un important centre commercial et touristique du Moyen-Orient. Elle a été l'une des principales destinations des riches Arabes et des touristes Européens, en raison de son unique géographie, de son climat, de sa diversité de cultures, et de sa liberté. Beyrouth a été considérée comme le «portail européen pour le Moyen-Orient», et vice-versa, et a souvent été appelée le «Paris du Moyen-Orient». Beyrouth est et était la maison de plus de 10 sectes religieuses reconnues.

    Les tensions religieuses entre les communautés chrétienne et musulmane ont provoqué une brutale guerre civile en 1975, voir l'article précédent. Le conflit a duré près d'une décennie et demie, ravageant la ville. La zone centrale de la ville, déjà au centre de toutes les activités commerciales et culturelles, devînt un no man's land. Tout au long de la guerre, la ville fut divisée entre la partie Ouest essentiellement musulmane et l'Est chrétien. Depuis la fin de la guerre en 1989, Beyrouth est en reconstruction. La ville a mené une politique massive de reconstruction, dont une grande partie a été encouragée par les dirigeants, dont l'ancien Premier ministre Libanais, Rafic Hariri. Depuis, la ville a retrouvé son statut de centre touristique, culturel et intellectuel du Moyen-Orient, ainsi que centre de commerce, de la mode et des médias.


    Geéopolitique du Moyen-Orient , Le Liban une passoire par René Nabla du blog renernaba.com.

    Le Tribunal spécial sur le Liban à l’épreuve de la guerre de l’ombre (partie 1/3), suite,


    État tampon, théâtre de deux guerres civiles, (1958; 1975-1990).

    Le Liban a longtemps fait office de soupape de sûreté à l’ordre régional, le point de dérivation des conflits inter régionaux, le lieu de dénouement des psychodrames des actes de piraterie aérienne, assumant une fonction tribunicienne, (dans l'antiquité, à Rome, relative au tribun, officier ou magistrat), pour le compte des pays arabes, dont il en constituait une caisse de résonance, et les mouvements de libération qui leur étaient affiliés. Une des plateformes opérationnelles majeures de la guerre clandestine à l’apogée de la rivalité Soviéto-américaine, Beyrouth a tenu la dragée haute en matière d’espionnage aux grandes capitales situées sur la ligne de démarcation du front de la guerre froide. A l’égale de Berlin, immortalisée par les romans d’espionnage John Le Carré, ou de Vienne, passée à la postérité avec son «Troisième Homme» d’Hollywood, le film du cinéaste Orson Wells.

    C’est depuis Beyrouth que la guerre culturelle souterraine de la CIA contre l’idéologie marxiste a été menée, dans les années 1950-1980, sur l’ensemble du monde Arabe, à travers la presse pétromonarchique, (s'applique aux monarchies des pétro-dollars), à coups d’opérations obliques, de presse périphérique, d’informations annexes et de renseignements connexes. C’est depuis la capitale Libanaise que se sont ourdies les opérations de déstabilisation des régimes arabes. C’est à Beyrouth enfin que la conférence régionale de la WACL, World Anti-Communist League, s’est tenue au début de la guerre civile, en 1975, sous la présidence de Camille Chamoun, ancien président de la République du temps de la première guerre civile Libanaise, pour convenir à la réplique Américaine à la perte de Saïgon et de Pnom Penh, les deux bastions Américains en Asie, signe de l’importance stratégique de la capitale Libanaise et de l’implication occidentale dans le conflit Libanais. Fondée à Taïwan par Tchang Kaï-Chek, la Ligue anti-communiste mondiale, une Internationale fasciste regroupant d’anciens criminels de guerre nazis et nippons, a constitué la matrice de la contre insurrection dans les zones de confrontation avec la guérilla marxiste. Elle passe pour avoir recruté des mercenaires en vue de leur intégration au sein des milices chrétiennes Libanaises, préludant à l’alliance militaire des phalangistes avec Israël, l’ennemi officiel du Monde arabe.

    L’irruption des querelles du Monde arabe propulsée au paroxysme de la guerre froide Soviéto-américaine sur la scène Libanaise transformera le Liban en arène idéologique, où s’opérera un phénomène de cristallisation de la presse Libanaise du fait de la rivalité Égypto-saoudienne. Dans un pays qui se targue d’être un chantre de la liberté de la presse, pas moins d’une dizaine de journaux Libanais se trouvaient sous perfusion Égyptienne et autant sous fusion Saoudienne. Tandis que le proconsul Égyptien, le Général Abdel Hamid Ghaleb et son attaché de presse Anouar Jammal faisaient office de Rédacteur en chef occulte de sept quotidiens (Al-Moharrer, Al-Liwa, As-Siyassa, Al-Kifah, Al-Hourriya, Al-Anouar et Al-Hawdess), son équivalent Saoudien, le Général, Ali Chaer, régnait en maître sur cinq quotidiens (Al-Hayat, Az-Zamane, Ad-Dyar, Al Joumhouriya et Ar Rouad).

    Un chiffre suffit à illustrer l’importance de Beyrouth en tant que plaque tournante de la guerre de l’ombre. Entre 1945 et 1995, c’est à dire au cours des trente premières années de leur indépendance, dix huit coups d’état sanglants ont secoué le monde Arabe, la plupart fomentés depuis la capitale Libanaise, dont huit en Syrie et trois, rien que dans l’année qui a suivi la défaite en 1949, avec les coups de force du Colonel Hosni Zaim, le 29 mars 1949, du Général Sami Hennaoui, 14 Août 1949, et du général Adib Chichakli, 19 décembre 1949.

    Les visées hégémoniques de la Syrie sur le Liban s’expliquent partiellement par la volonté de Damas de sanctuariser le territoire Libanais, dont elle a eu à pâtir de ses opérations de déstabilisation. Celles des Américains par le souci constant de «conserver le port de Beyrouth dans le giron de l’Occident», selon l’expression du général Alexander Haig, ancien commandant en chef de l’Otan et secrétaire d’état Américain lors du siège de Beyrouth, en juin 1982. Un euphémisme qui masque mal le souci des occidentaux de garder par devers eux cette incomparable banque de données des pulsions du tiers monde militant.

    Haut lieu de la contestation panarabe, (relatif à l'ensemble des pays arabes), Beyrouth représente, en effet, pour les Occidentaux, un observatoire permanent de la lumpen humanité, (dans le langage marxiste, le concept Lumpen désigne une pépinière de voleurs et de criminels de toute espèce, individus sans métier, rôdeurs), permettant aux cinq cents correspondants de la presse étrangère accrédités à l’époque au Liban, et à la multitude d’honorables correspondants se plaçant dans leur sillage, d’observer le déroulement de la guerre inter-yéménite entre Républicains et Monarchiques du temps de la rivalité Saoud-Nasser, (voir les relations saoudo-égyptiennes ) dans la décennie 1960, les soubresauts du septembre noir Jordanien, le massacre des Fedayins Palestiniens par les Bédouins du Roi Hachémite, en 1970, les convulsions de la monarchie Iranienne et sa chute, en 1979, dans la foulée du triomphe de la révolution islamique ou encore la riposte balistique du Hezbollah à la guerre de destruction Israélienne du Liban, en juillet 2006.

    La suite sera sur «Le paradis Libanais, une fournaise».

  • Le Liban,

    un petit territoire mais une grande histoire.


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    Armoiries de la République Libanaise sont composées d'un champ de gueules, à la barre d'argent ; sur le tout figure un cèdre de sinople, l'arbre national. Les armoiries du Liban reprennent les couleurs du drapeau national.
    Le drapeau du Liban est le pavillon national et le drapeau national de la République Libanaise. Sur celui-ci figure l'arbre emblématique du pays, le cèdre du Liban sur fond blanc, inscrit entre deux bandes rouges horizontales.

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    Cet article est le premier d'une série dont le but est de donner un aperçu politique du Liban qui est l'une des composantes du conflit moyen-oriental, et de présenter les différentes ethnies Sunnites, Chiites, Druzes ainsi qu'un dossier de géopolitique du Moyen Orient de René Naba diffusé sur le site mondialisation ca.

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    Il n'est pas question de retracer l'histoire du Liban qui démarre il y a plus d'un million d’années, dès l’époque paléolithique elle suivit les étapes de la vie préhistorique. Réfugié dans les grottes à l’époque moustérienne, il y a près de cinquante mille ans, l’homme, à l’époque néolithique, forma des bourgs, dont la colline de Byblos a gardé dès le VIe et Ve millénaires un riche matériel qui rivalise avec l’ancienneté de la ville de Jéricho. L’histoire, à dire vrai, commence vers le IVe millénaire, ou le début du IIIe, avec l’arrivée des Cananéens, ancêtres des Phéniciens.

    De nombreux écrits sur le site de Wikipédia la relatent bien mieux que je pourrais le faire d'autant que pour cet article j'ai largement puisé dans tout ce qui touche au Liban et à l'islam afin de présenter un apercu de ce pays et de cette religion aux multiples composantes.


    Situation contemporaine,

    Les conflits actuels avec Israël, le Hezbollah, la Syrie, les Palestiniens, minent le Liban, et ce pays ne cesse d'être déchiré. Il est un des éléments du conflit Arabo-israélien avec le Hezbollah et la Syrie. Les attentats y sont permanents et dernièrement celui de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri ravive les accusations d'assassinat tant du coté Syrien que de celui Israélien. Rafic Hariri a été tué le 14 février 2005 dans un attentat suicide par une camionnette bourrée d'explosifs et tuant, avec lui, une vingtaine de personnes et blessant grièvement le député et ancien ministre Bassel Fleyhane qui décèda le 18 avril 2005.

    Cet attentat provoqua une crise tant nationale qu'internationale qui n'est pas terminée puisqu'une partie des Libanais et la plupart des diplomates étrangers dénoncent l'implication de la Syrie. C'est à la suite du retrait de l'armée Israélienne du Liban Sud en 2000 qu'elle occupait depuis 1978, que le Hezbollah se pose alors comme le libérateur de cette région et apparaît ainsi comme la première force politique au Liban sans que les différents conflits internes au pays en soient pour autant résolus. C'est la raison qui fait, qu'en 2004, le Conseil de sécurité de l'ONU exige par la résolution 1559 que la Syrie retire ses forces du Liban. Elle demanda aussi que soient mis fin aux activités militaires de la milice du Hezbollah et réclama le déploiement de l'armée Libanaise sur l'ensemble de la frontière internationale avec Israël. Cette résolution restera lettre morte. Toutefois, ni la France, ni les États-Unis qui sont les deux puissances étrangères les plus impliquées dans la crise Libanaise, ne mettent explicitement en cause la Syrie. Or, le Hezbollah le 03/08/10 accuse Israël d'avoir assassiné l'ancien Premier ministre Libanais Rafic Hariri, annonçant qu'il allait bientôt présenter des «éléments» en ce sens qui aideraient l'enquête menée par le tribunal de l'ONU.

    Le Liban est sujet à toutes les convoitises, au carrefour de trois Continents, l'Occident, l'Afrique et l'Asie, son territoire a toujours été impliqué dans l'histoire tumultueuse du Proche Orient. Le Liban concentrerait 55% de musulmans, 45% de chrétiens, et 1.3% d'autres confessions. Un décret de 1994 a permis la naturalisation en masse de 200 000 musulmans mais a ensuite été annulé à la demande de la Ligue maronite d'obédience chrétienne orientale. À ce jour, l'annulation n'a toujours pas pris effet. Plus de 80% des Libanais à l'étranger, évalués a environ 12 a 15 millions sont des Chrétiens. La population se compose de divers groupes religieux Libanais. L'état reconnaît officiellement 18 religions. La religion fusionne avec la référence ethnique. Les confessions sont :

    • parmi les chrétiens: les maronites, grecs-orthodoxes, grecs-catholiques (melkites), arméniens apostoliques, arméniens-catholiques, syriaques-orthodoxes, syriaques-catholiques, protestants, coptes, assyriens, chaldéens, catholiques de rite latin.
    • parmi les musulmans: la communauté sunnite, chiite, druze, alaouite et ismaélienne.
    • la communauté juive.

    Beaucoup de Chrétiens maronites ne s'identifient pas comme ethniquement arabes, mais sémites des descendants des Phéniciens, et par le mélange des peuples qui ont vécu en Syrie et au Liban avant l'arrivée des Arabes. Ensuite, les Maronites ont également été mélangés avec les Croisés. Beaucoup d'historiens ont remis en question ou critiqué ces vues. On voit ainsi la complexité de ce pays ou chaque ethnie veut affirmer son indépendance par son origine.

    Il n'est donc pas étonnant que le Liban soit déchiré depuis la première guerre mondiale conduisant à l'amorce de son indépendance, puis la seconde guerre mondiale, la crise de Suez de 1956-1958, puis la guerre du Liban de 1975 à 1990 faisant entre 130.000 à 250.000 victimes civiles lors de la montée des périls 1966-1975 à cause du problème Palestinien, une guerre de deux ans fratricide entre arabes avec l'intervention Syrienne en 1976, la guerre de la montagne de 1982 à 1984, puis l'accord de Taëf qui fût un traité inter-libanais destiné à mettre fin à la guerre civile Libanaise au profit des musulmans, entérinant le protectorat Syrien qui prévoyaient la réduction du pouvoir du président maronite en faveur du Premier ministre (sunnite), du président de l'Assemblée nationale (chiite) et du Conseil des ministres. Le Liban devient sous domination Syrienne jusqu'en 2005.


    le-liban.1281615111.jpgMondialisation ca, le 04 août 2010, le blog de René Naba.

    (René Naba, ancien responsable du monde arabo-musulman au service diplomatique de l’Agence France Presse, ancien conseiller du Directeur Général de RMC/Moyen orient, chargé de l’information, est l’auteur notamment de nombreux ouvrages sur le Liban)

    L'approche de l'indépendance du Liban a eu lieu sous le mandat Français. Durant la première guerre mondiale (1914-1918), le Liban sombra dans la famine, les fléaux et les sauterelles, des milliers de ses habitants moururent, surtout dans les régions chrétiennes. Après cette guerre, le Liban comme la Syrie fut placé sous mandat Français. Le général Français Henri Joseph Eugène Gouraud lui substitua ses territoires amputés sous le régime de «Moutasarrifiyya», circonscription auto gérée dans l'Empire Ottoman du mont Liban.

    Ainsi, le 1er septembre 1920 le grand Liban vit le jour dans ses frontières actuelles. Ce tracé avait été souhaité par le patriarcat maronite, soucieux de la «viabilité» du futur État Libanais, qui ne pouvait être assurée sans les ressources agricoles des territoires ainsi rattachés. L'État baassiste syrien a souvent considéré ces annexions comme des amputations de la Syrie historique. Cependant le Liban n'accède pas à son indépendance puisque c'est en 1922 que la Société des Nations confirme le mandat Français. Le pays fut soumis à l’autorité d’un haut commissaire Français, et eut une commission administrative héritière de l’ancien conseil du petit Liban de la Montagne, et d’une administration locale supervisée par des conseillers Français, le Liban n'étant pas encore indépendant.

    Ayant désespéré de l’attente de l’indépendance, le parlement Libanais, abrogea toutes les dispositions qui faisaient référence au mandat, dans la constitution du pays. Le président de la République Béchara el-Khoury, le premier ministre Ryad as-Solh, des ministres et un député furent arrêtés par les autorités Françaises. Le mouvement populaire et l’intervention de l’Angleterre forcèrent les Français à libérer les responsables Libanais et à proclamer une véritable indépendance le 22 novembre 1943. Les troupes Françaises et les forces Anglaises évacuèrent le pays en 1946, le Liban devint un État souverain qui participa à la Ligue Arabe et devint membre des Nations Unies.

    Une fois indépendant, le Liban connut un «boom» économique et une renaissance culturelle, artistique et touristique, ce qui le rendit le «joujou du Moyen-Orient». Le pays était promis à plusieurs succès, ouverture sur les civilisations, les cultures, et les religions, pluralisme communautaire et culturel, la modernisation politique (le Liban est le seul pays en Orient, excepté Israël, qui pratique une véritable démocratie parlementaire), le miracle économique qui fît de lui la «Suisse du Proche-Orient».


    Géopolitique du Moyen Orient , Le Liban une passoire, par René Naba du blog renanaba.com.

    Le Tribunal spécial sur le Liban à l’épreuve de la guerre de l’ombre (partie 1/3)

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    «Il n’existe que deux choses infinies, l’univers et la bêtise humaine… mais pour l’univers, je n’ai pas de certitude absolue».


    Objet de fantasme depuis un demi-siècle, le Bar de l’Hôtel Saint Georges de Beyrouth a longtemps été un haut lieu du monde interlope de la barbouzerie internationale. Réputé pour ses cocktails détonants, ses barmens avenants, ses yachts rutilants et sa plage huppée, son ambiance calfeutrée, propice à tous les chuchotements, le destinait à être le lieu de côtoiement par excellence de personnages aussi emblématiques qu’énigmatiques que l’agent double soviéto britannique, Kim Philby, membre du fameux groupe «The Cambridge Five», ou, le Général Taymour Bakhtiar, tombeur de Mohamad Mossadegh, le premier ministre nationaliste Iranien, artisan de la première nationalisation du pétrole en 1953. Si Kim Philby, faux journaliste de l’Observer, démasqué, a été exfiltré par un sous marin soviétique au large des côtes Libanaises, le Général Taymour Bakhtiar, son forfait accompli, a été remercié, en même temps qu’était répudiée sa cousine, l‘impératrice Soraya, contraint à l’exil et à l’errance à Beyrouth, Paris et Genève, pour finir assassiné à Bagdad, paradoxalement, par des agents de la Savak, un comble pour le fondateur de la police secrète iranienne.

    L’hôtel Saint Georges a été détruit aux premiers jours de la guerre civile Libanaise, et sa cave, riche et abondante, pillée, a longtemps désaltéré les combattants des diverses factions au plus fort de la bataille pour le contrôle du centre ville de Beyrouth, à l’automne 1975. Sa silhouette, dessinée par Auguste Perret dans les années 1930, décorée par Jean Royère dans les années 1960, demeure mythique dans la mémoire des hommes et continue de fasciner hommes politiques et aventuriers. C’est d’ailleurs au pied de la façade de cet hôtel, objet de sa furieuse convoitise, que l’ancien premier ministre Libanais Rafic Hariri a été assassiné, en 2005, trente ans après le début de la guerre civile.

    La fascination qu’il continue d’exercer dans l’imagerie populaire s’explique en ce qu’il constituait une marque de distinction sociale pour sa clientèle, toute une cohorte d’honorables correspondants, de correspondants en quête d’honorabilité, de journalistes en quête de respectabilité, qui revendiquaient leur fonction comme un «trophée», cultivant avec art «le complexe du drogman», du titre de ces fameux intermédiaires auprès des chancelleries occidentales. Tous alléchés par le gisement d’informations constitué par l’imposante infrastructure de l’organisation de Libération de la Palestine et de la vingtaine de mouvements de libération du tiers monde qui gravitaient dans son orbite….. Du Front de Libération de l’Erythrée du futur président Issayas Afeworki, au FLOSY, le Front de Libération du Sud Yémen occupé, du premier ministre Nassérien Abdel Qawi Makkaoui, à l’Armée secrète pour la Libération de l’Arménie (ASALA). Tous des révolutionnaires en herbe, des révolutionnaires en puissance. «Koulouna Fidaiyoune», tous, des guérilleros Palestiniens, pour reprendre le titre du film culte de l’époque du cinéaste libano arménien Garo Garabédian, dont l’équipe périra carbonisée lors du tournage.

    La guerre clandestine qui s’y livrait à l’ombre de cet établissement prestigieux n’a jamais cessé, induisant de nouvelles méthodes au gré des progrès technologiques, mettant aux prises les traditionnels espions occidentaux et leurs alliés des monarchies arabes, les agents du Mossad, de l’Intelligence service britannique, de la CIA Américaine, de la DGSE Française, tous engagés dans une guerre opaque avec des concurrents d’un genre nouveau, agents Iraniens, services de renseignements Syriens et activistes du Hezbollah.

    La suite portera sur «l'État tampon, théâtre de deux guerres civiles».

  • L'Italie base Étasunienne en Méditerranée,

    la toile dominatrice des États-Unis s'affirme chaque jour.

     

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    Obama et Berlusconi, Mondialisation ca.

    Avec Israël et l'Italie les États-Unis ont la surveillance militaire de la Méditerranée, si on y ajoute l'Arabie Saoudite deux bases Ryad (Ryadh Air Base) et Taif (King Fadh Air Base), Bareing, Djibouti, rien ne peut se passer sans qu'ils ne n'en soient pas informés. L'Italie possède actuellement 7 bases opérationnelles US à Aviano, (Air Base), Gaète (Naval Support Activity, Gaeta, Italy), Livorno (Camp Darby), Naples (Naples Naval Support Activity),(Naples Hospital Naples), Sigonella (Sicile), Verone, Vicenza et celle de Pise qui le sera en 2013. Le but des bases d'Aviano et de Pise est le décollage de lourds bombardiers pour intervention au Proche Orient, et actuellement en Afghanistan et en Irak ainsi qu'en Afrique, avec le soutien à Israël en matériel militaire.

    Il Manifesto le journal de «la vraie gauche qui existe seule sur la carte» en Italie publie un article sous la plume de «di Manlio Dinucci» un article «Tute mimetiche e fucili, la guerra di Pisa», Tous camouflages et fusils, la guerre de Pise, «l'aeroporto sarà militarizzato», l'aéroport sera militarisé.

    «L'aeroporto militare di Pisa diventerà l'Hub nazionale delle forze armate, ossia l'unica base aerea da cui transiteranno tutti i reparti inviati nelle diverse «missioni internazionali»: lo ha annunciato il portavoce della 46a Brigata aerea, maggiore Giorgio Mattia».

    darby.1281277552.gifDocument Mondialiation ca.

    L'aéroport de Pise deviendra le Hub (centre de coordination de matériel militaire des forces aériennes) des forces armées nationales qui sera la seule base aérienne à partir de laquelle transiteront toutes les opérations des diverses missions internationales a annoncé le porte parole de la 46ème brigade aérienne, le major Giorgio Mattia.

    Les travaux débuteront en mai 2011 pour que le Hub devienne opérationnel en 2013. Les travaux donneront à l'aéroport une structure permettant de recevoir 30.000 hommes parfaitement équipés pour au moins un mois. La structure à précisé le porte parole reflètera en tout et pour tout les grands Hubs civils avec les services de «check in check out», vérification et contrôle, avec manutentions de bagages et autres services au sol qui pourraient être gérés par des entreprises civiles. A une différence près, «ce ne sont pas des touristes en t-shirt avec des cannes à pêche qui y transiteront mais des militaires en treillis avec des fusils mitrailleurs».

    Le projet est qui présenté est un investissement important qui aura pour effet de relancer le rôle stratégique de la base pisane pour d'importants effets économiques sur le territoire. Le nouvel aéroport est une richesse pour Pise titre il Tirreno Pisa prévoyant que le Hub pourra traiter un important mouvement de 30.000 militaires par mois et créera une importante capacité induite avec les familles estimée à 50.000-60.000 personnes, ceci pour une agglomération qui ne dépasse pas 90.000 résidents. Ce projet qui bouleverse la vocation touristique de la ville de Pise, en mettant l'accent sur le militaire, est imposé à toute la ville sans que ses habitants aient été consultés. Mais ce projet aurait reçu l'assentiment enthousiaste du conseil municipal présidé par le maire Marco Fillippeschi, nouveau centre gauche.

    Fillippeschi avait annoncé en novembre dernier que la base US de Camp Darby avec le port de Livourne conduiraient à d'importantes perspectives et que les Américains estiment devoir continuer à investir. L'investissement de la région Toscane, avec celui des communes de Pise et de Livourne, portant sur l'agrandissement du «Canale dei Navicelli» permettra, à la base militaire, des liaisons rapides avec le port de Livourne afin d'accroître sa capacité pour l'approvisionnement des forces terrestres et aériennes des zones Méditerranéennes, Africaines et Proche Orientales. Dans ce cadre, le Hub de Pise par le fait qu'il sera en mesure d'assurer la logistique de 30.000 militaires par mois, le triple de ce que l'Italie déploie à l'étranger indique que cette structure pourra être utilisée par les forces armées Étasuniennes.

    Silence, par contre sur l’impact environnemental de l’aéroport qui est déjà aujourd’hui à la limite du soutenable. La 46ème Brigade, dotée d’avions C-130J de Lockheed Martin, qui, en transportant en continu des troupes et du matériel en Afghanistan et sur d’autres théâtres d’opérations, effectue aujourd’hui plus de 10.000 mouvements annuels d’avions militaires, auxquels s’ajoutent ceux effectués pour le compte de Camp Darby, dont le montant est secret. Dans le même aéroport, dont la gestion est militaire, s’effectuent plus de 40.000 mouvements annuels d’avions civils. De plus en plus souvent, les C-130J et d’autres avions survolant à base altitude les zones habitées, insouciants de la pollution qu’ils provoquent et que les autorités veulent ignorer. Le danger d’accidents augmente en même temps, accident, comme celui qui s’est produit en novembre dernier, quand un gigantesque C-130J, modifié en avion citerne pour l’approvisionnement de chasseurs bombardiers en vol, est tombé sur une ligne ferroviaire juste après le décollage, évitant de peu une tragédie. La réalisation du Hub, véritable ville militaire à l’intérieur de la cité, qui demandera de l'espace ainsi que la démolition probable d’édifices civils, ne pourra qu’accroître énormément ce type d’impact.

    Nous sommes donc en présence du projet de militarisation d’un territoire, qui dépasse largement celui du redoublement de la base de Vicence, duquel pourront tirer profit certains secteurs économiques locaux, mais pas l’économie ni la population de la ville dans leur ensemble. Une «grande œuvre» militaire, dont l’énorme coût phagocytera d’autres deniers publics, tandis qu'à Pise aussi, on fait des coupes dans les fonds pour l’université, la santé et d’autres secteurs. Un investissement de plus sur la «ressource guerre», derrière le paravent des «missions humanitaires». Traduit de l'Italien.

    L'intérêt de cet article, les Italiens peuvent bien faire ce qu'ils veulent chez eux, est de montrer que se prépare ainsi une logistique militaire d'attaque, ce ne peut être de défense, qui permettrait d'agir sur l'Iran et sur tout autre endroit de la Méditerranée. Ce n'est pas sans raison que les Américains déversent des montagnes de dollars à l'Italie pour l'implantation de bases militaires navales et aériennes de fortes capacités. On sacrifie ainsi un site historique ou Galiléo Galiléi fît ses premières études sur l'attraction terrestre en démontrant que le temps de chute ne dépend pas de la masse du corps par le lâché de boulets de la Tour de Pise, et cela avec l'accord des autorités locales de centre gauche !

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