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  • Le Liban, suite 4,

    un petit territoire mais une grande histoire.

    Beyrouth vue panoramique

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    Le Chiisme.


    Il n'est pas question de développer l'histoire compliquée du Chiisme qui est l'une des trois principales branches de l'islam, mais seulement d'en donner les prémices. Le Chiisme, avec le Sunnisme, voir la suite 3, et le Karadijisme, regroupe 15 % des musulmans, mais 90 % des Iraniens, 64 % d'Irakiens, 85 % d'Azerdajïans, et 75 % de Bahreïniens. Les chiites sont souvent appelés péjorativement râfidhites, dans les textes du Moyen Âge, (râfihites membres du courant majoritaire chez les Chiites).

    L’islam a connu quelques problèmes de succession suite à la mort de son prophète Mahomet. Le quatrième calife de l’Islam, Ali, le neveu de Mahomet, fut le plus contesté. Après plusieurs guerres, il décida donc de se retirer et, avec ses partisans, il allait donner naissance à une nouvelle interprétation de l’islam, le Chiisme, par opposition à l’autre grande tendance existante, le Sunnisme.

    Le Chiisme est primitivement l'expression d'un mouvement politique, d'un parti. Quand Mahomet meurt en 632, dix ans après l'Hégire, son émigration de La Mecque à Médine marque la naissance officielle de la religion qu'il a prêchée, l'islam, et inaugure l'ère musulmane, rien n'est prévu pour sa succession. Certes, la révélation est terminée et nulle autre n'aura lieu après elle, ce que contestent certains Chiites. Mais Mahomet n'est pas seulement prophète. Il est chef d'une communauté et d'un État, devenu en un siècle un immense empire, qui doit être dirigé. Il importe donc de désigner comme successeur, le calife, celui qui en aura la responsabilité, à la fois le plus digne ou le plus capable, et l'un de ceux qui furent les plus proches et les plus attachés à Mahomet. On élit successivement Abou Bakr, Omar, Othman, puis, seulement en 656, après trois candidatures malheureuses, après vingt-cinq ans d'attente, Ali. Aurait-il dû être choisi plus tôt, comme le pensent les Chiites ? En effet, il ne manque pas de titres. Il est cousin du Prophète, son père a élevé Mahomet quand celui-ci est devenu orphelin, il est l'un des premiers convertis, il a épousé Fatima, fille de Mahomet et, par elle, à lui qui n'avait pas de fils, il a donné ses deux seuls petits-enfants mâles, Hassan et Hussein, d'après,
    Jean Paul Roux Directeur de recherche honoraire au CNRS Ancien professeur titulaire de la section d'art islamique à l'École du Louvre.

    Le Chiisme est souvent perçu comme une version extrême de l'islam, alors que sa lecture du Coran est à la fois plus souple et pluraliste que l'interprétation Sunnite, laquelle a engendré la plupart des dérives totalitaires, comme le régime Saoudien, et terroristes comme Al-Quaïda.

    Contrairement aux Chrétiens et aux Sunnites, les Chiites du Liban, jusqu’à l’avènement de la république islamique d’Iran en 1979, n’avaient pas de soutien régional. D’où la nécessité d’être rattaché à un ensemble afin de bénéficier du développement et d’une protection. A partir de la fondation par la France mandataire de l’État du Grand Liban, voir le premier article le Liban, en 1920, la communauté Chiite de Jabal’Amil qui est région montagneuse au sud Liban a été traversée par différentes aspirations. Alors que certains estimaient qu’il fallait soutenir le rêve panarabe, d’autres ont rallié les positions Françaises pour la création du Grand Liban. Ce sont d’ailleurs les Français qui, pour contrecarrer l’influence des nationalistes arabes Sunnites, ont octroyé aux Chiites le statut de secte à part entière en 1926. «De 1926 à 1943, les Chiites ont observé l’expérience Libanaise prendre forme. Puis jusqu’aux années 80, ils ont tenté l’expérience d’un ralliement à l’idée du Liban indépendant», souligne Riad el Assaad. Durant ces années, de nombreux leaders et lettrés Chiites, qu’ils soient religieux ou non, ont écrit sur la nature des relations entre les Chiites de Jabal’Amil, sous l'influence de l'Imam d'origine Iranienne Moussa Al-Sadr créateur du mouvement Amal en 1974 branche armée des «déshérités» qui perdra de son influence au profit du Hezbollah fondé en 1982, et l’État Libanais, infos-Palestine .

    Les Chiites sont concentrés dans le Sud au Nord Est de la Bekaa alors que les Sunnites sont à Beyrouth et au Nord.

    Historiquement oppressés, marginalisés, cibles de nombreux préjugés, les Chiites sont fortement attachés à la résistance, incarnée aujourd’hui par le Hezbollah, en ce qu’elle représente le cœur de leur conscience politique. Après le retrait des forces militaires Syriennes du Liban confirmé par l'ONU le 26 avril 2005, le 19 juillet le gouvernement de Fouad Siniora, (sunniste), du 19 juillet 2005 au 09 novembre 2009, l'ensemble des courants politiques issus des élections de mai-juin 2005 sont représentés au gouvernement, et notamment, et pour la première fois le Hezbollah, à l'exception du bloc parlementaire du général Michel Aoun, (chrétien maronite). Le 11 novembre 2006 les 6 ministres Chiites du gouvernement démissionnent, le cabinet s'est trouvé composé exclusivement de sunnites, de chrétiens et de druzes.

    L’opposition Libanaise, en décembre 2007, menée par le Hezbollah chiite, a lancé un sit-in dans le centre ville de Beyrouth pour faire plier le gouvernement de Fouad Siniora, les Chiites sont au cours de la plupart des débats au Liban. Leur revendication est claire, alors qu’ils représentent un tiers de la population Libanaise, ils veulent, leur part du pouvoir, une place à leur mesure dans l’État. Si certains, au Liban, estiment que cette revendication tient du coup de force, pour les Chiites, elle relève d’enjeux essentiels qui touchent à la survie même de la communauté au pays du Cèdre.

    Le tribunal spécial pour le Liban introduit des tensions entre Chiites et Sunnistes comme suite aux rumeurs sur l'implication du Hezbollah, Chiite, dans l'assassinat du premier ministre Rafic Hariri. Le TSL doit publier ses actes d'accusation avant la fin de l'année. Pour analyser ce problème se sont réunis dans un sommet le 30 juillet 2010 le roi d'Arabie Saoudite et le président Syrien qui ont rencontré le président Libanais Michel Sleiman au palais présidentiel de Baabda. L'Émir du Qatar s’est également rendu dans la capitale. A cela vient s'ajouter l'importance croissante des Chiites dans les quartiers Sunnites de Beyrouth. A Beyrouth plus qu'ailleurs au Liban, les musulmans Sunnites vivent de plus en plus mal l'afflux de Chiites du sud du pays dans leurs quartiers, alors que les deux communautés traversent leur pire crise depuis des années, à l'image des violents affrontements de janvier 2007. Ces dernières années, les accrochages à répétition opposant les Israéliens aux Palestiniens et aux milices Chiites ont provoqué le départ de nombreux Chiites du Liban-Sud. L'évolution démographique des quartiers reflète la perte d'influence des Sunnites, communauté de tradition marchande. Nombre de Libanais sunnites s'inquiètent de l'arrivée massive des Chiites, longtemps privés de droits civils, et de leur influence grandissante, lire la suite ici .


    Géopolitique du Moyen Orient , suite,

    Le Liban, banc d’essai de la théorie de la désorientation informative et de la dissension sociale par René Naba du blog renenaba.com

    Le Tribunal spécial sur le Liban à l’épreuve de la guerre de l’ombre (Partie 2/3), suite.


    La révolution des cassettes.


    Tout au long d’une séquence d’un demi-siècle, les pays occidentaux en général, les États-Unis en particulier, auront exercé le monopole du récit médiatique, particulièrement en ce qui concerne le Moyen Orient, un monopole considérablement propice aux manipulations de l’esprit, qui sera toutefois brisé, avant la percée médiatique de la chaîne transfrontière «Al-Jazira», à deux reprises avec fracas, avec des conséquences dommageables pour la politique occidentale, la première fois en Iran, en 1978-79, lors de la «Révolution des cassettes» du nom de ces bandes enregistrées des sermons de l’Imam Ruhollah Khomeiny du temps de son exil en France et commercialisées depuis l’Allemagne pour soulever la population Iranienne contre le Chah d’Iran. La deuxième fois à l’occasion de l’Irangate en 1986, le scandale des ventes d’armes Américaines à l’Iran pour le financement de la subversion contre le Nicaragua. Un scandale, est-il besoin de le rappeler, qui a éclaté au grand jour par suite d’une fuite dans un quotidien de Beyrouth «As-Shirah», mettant sérieusement à mal l’administration républicaine du président Ronald Reagan.

    Hormis ces deux cas, les États-Unis et Israël auront constamment cherché à rendre leurs ennemis inaudibles, au besoin en les discréditant avec des puissants relais locaux ou internationaux, tout en amplifiant leur offensive médiatique, noyant les auditeurs sous un flot d’informations, pratiquant la désinformation par une perte de repères due à la surinformation en vue de faire des auditeurs lecteurs de parfaits «analphabètes secondaires». Non des illettrés, ou des incultes, mais des êtres étymologiquement en phase de processus de «désorientation», psychologiquement conditionnés et réorientés dans le sens souhaité, dont l’ignorance constitue, paradoxalement, une marque de supériorité. «Pur produit de la phase de l’industrialisation, de l’hégémonie culturelle du Nord sur le Sud, de l’imposition culturelle comme un préalable à l’envahissement et à l’enrichissement des marchés, l’analphabète secondaire n’est pas à plaindre. La perte de mémoire dont il est affligé ne le fait point souffrir. Son manque d’obstination lui rend les choses faciles. Il apprécie de ne pouvoir jamais se concentrer et tient pour avantages son ignorance et son incompréhension de tout ce qui lui arrive», soutient l’auteur de l’expression, l’Allemand Hans Magnus Einsensberger, dans un ouvrage au titre prémonitoire «Médiocrité et folie».

    La frénésie diplomatique occidentale au Liban, sans pareille partout ailleurs dans le monde, a conduit un intellectuel Libanais, l’économiste Georges Corm, ancien ministre des finances, a asséné un vigoureux rappel à l’ordre aux «chers ambassadeurs des grandes puissances». «Vous vous fondez si bien dans le paysage politique que l’on en vient à oublier que vous êtes des ambassadeurs et l’on vous compte le plus souvent comme faisant partie des plus hautes autorités responsables du pays. (…) Dans les périodes de crise, votre passion pour le Liban est telle que vous n’hésitez pas à vous adresser publiquement et directement à nous, en faisant fi des conventions de Vienne», écrira-t-il dans une lettre ouverte publiée le 16 juillet 2010 dans la revue Libanaise «Magazine»».

    A des moments cruciaux de son histoire, le Liban a constitué une passoire, mais le plus petit pays arabe a quelque peu compensé cette faille en enregistrant deux faits d’armes glorieux contre Israël, en 2000 et en 2006, unique pays arabe à revendiquer un tel palmarès, unique pays arabe à avoir provoqué un dégagement militaire Israélien de son territoire, sans négociations, ni traité de paix. A sa décharge, toutefois, comparaison n’est pas raison, le Liban ne détient pas le monopole de la connivence Israélienne.

    Des instructeurs Israéliens sont présents en Irak, particulièrement dans la zone Kurdophone, pour l’encadrement et la formation des soldats Kurdes, les anciens Peshmergas, sollicités pour des opérations de maintien de l’ordre à Bagdad au cours du premier semestre de 2007. Le magazine «News night» du 19 septembre 2006 avait présenté des images exclusives de vastes installations et de ces entraînements. Interop et Colosseum, deux sociétés Israéliennes de mercenariat serviraient de couverture à cette activité de l’armée Israélienne. Les officiers transiteraient par Djibouti pour masquer leur origine. Les Israéliens auraient pris la succession de sociétés Américaines de mercenariat, déjà présentes au Kurdistan Irakien depuis la création de la zone de non survol, à l’issue de l’opération Tempête du désert, en 1991. Ces deux sociétés agissent de concert avec le Shin Beth, les services de renseignements Israéliens, et s’agissant du Moyen-Orient, en coordination avec le bureau des «minorités périphériques», le vocable par lequel les services Israéliens désignent les ressortissants des pays arabes qu’ils croient susceptibles de collaborer avec eux, comme ce fut le cas lors de la guerre du Liban avec les Forces Libanaises, 1975-2000, et comme c’est le cas dans la nouvelle guerre d’Irak.

    Sous couvert de double nationalité, des Israéliens sont présents sous uniforme de l’armée Américaine, depuis 2003, comme spécialistes de la guérilla urbaine à Fort Bragg. C’est dans ce centre des forces spéciales Américaines, en Caroline du Nord, que fut mise sur pied la fameuse Task Force 121 qui, avec des Peshmergas de l’UPK du président Irakien Jalal Talabani, procéda à l’arrestation de l’ancien président Irakien Saddam Hussein. La coopération Israélo-américaine se développa en outre sur le terrain extrajudiciaire avec la liquidation de 310 scientifiques Irakiens entre avril 2003 et octobre 2004. Des hommes d’affaires Israéliens interviennent en outre comme sous-traitants de sociétés Jordaniennes ou Turques sur le marché Irakien. En 2008, le site Internet Roads to Iraq décomptait 210 entreprises Israéliennes intervenant masquées sur le marché Irakien, véritable aubaine pour les agents recruteurs du Mossad. Le Roi Hussein de Jordanie passe pour avoir été un «indic» de la CIA et la dynastie Marocaine bride mal son tropisme Israélien exacerbé, comme en témoignent le concours du Mossad à l’élimination du chef de l’opposition marocaine Mehdi Ben Barka et le déploiement de l’Institut Amadeus, sous traitant officieux de la diplomatie marocaine. Sans compter l’Arabie saoudite, principal bénéficiaire des coups de butoir d’Israël contre le noyau dur du Monde arabe.

    Une parodie de justice.

    Un vaudeville tragique, ni le cinéaste américain Mel Brooks, ni Eddy Murphy, ni aucun autre facétieux d’Hollywood n’aurait imaginé pareil vaudeville tragique. En cinq ans de fonctionnement, le tribunal aura accumulé les faux pas, comme en un comique de répétition, privilégiant, sans craindre la subornation de témoins, une enquête à charge, exclusivement à charge contre la Syrie d’abord, ses alliés au Liban ensuite, incarcérant arbitrairement quatre officiers supérieurs Libanais, qu’il sera contraint de relâcher, quatre ans plus tard, faute de preuve. Une désinvolture qui a entraîné une cascade de démission, cinq en deux ans, deux procureurs et deux greffiers en chef et une porte parole, faisant du Tribunal spécial sur le Liban, unique tribunal ad hoc en la matière, la risée universelle.

    La suite portera sur «un magma absolu. Un capharnaüm. Décryptage».

     

  • Le Liban, suite 3,

    un petit territoire mais une grande histoire.


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    Beyrouth, Église Saint Georges st Mosquée Mohammad Al Amine.


    Quelques éléments sur les croyances Islamiques.

     

    Mahomet

    mohammed_receiving_revelation_from_the_angel_gabriel.1281887036.jpgMahomet recevant le Coran de Gabriel Tiré du Jami' al-Tawarikh (Histoire du Monde) de Rashid al-Din , Tabriz, Perse, 1307.

    Mahomet le fondateur de l'islam, est un chef religieux, politique et militaire arabe, né à La Mecque en 570 et mort à Médine en 632. Les musulmans le considèrent comme le dernier des prophètes du monothéisme , seul et unique Dieu, au sens où il termine et scelle le cycle de la révélation monothéique abrahamique. Ses biographies rapportent qu'il récitait à ses premiers compagnons (sahabas) les versets du Coran qu'il présentait comme la parole même de Dieu (Allah en arabe), transmise à lui par l'archange Gabriel. Le Coran aurait été compilé après la mort de Mahomet, à partir de transcriptions sur des supports divers, par ses disciples, il est la première source de législation de l'Islam. Par ailleurs, certaines de ses actions et de ses paroles forment la sunna qui est la seconde source à la base du droit musulman. La troisième source de législation est l'unanimité, «al ijmaa». Cela en se référant à une citation de Mahomet qui dit que les musulmans ne font pas l'unanimité sur quelque chose de faux. La quatrième source est l'analogie, «al-qiyâs» (القياس, littéralement « la mesure ») qui permet de tirer le jugement d'une chose pour laquelle il n'y a pas de législation à partir du jugement d'une chose analogue. Il est à noter que certaines de ces sources de législation ont été mises en œuvre après la mort de Mahomet et sont considérées comme illicites (haram) par d'autres groupes de l'islam organisés en rite ou madhhab. La fondation de l'islam et de la culture islamique en font un personnage historique de première importance.


    Le Sunnisme ,

    Il n'y a pas de clergé dans le Sunnisme. L'Imam n'est pas un prêtre mais bien un membre de la communauté musulmane qui conduit la prière, il est «celui qui se met devant pour guider la prière» et n'est pas forcément un théologien, en arabe l'Imam veut dire «chef» ou «guide», et dans le Sunnisme, il suffit que le chef soit musulman, sage, connaissant les piliers de l'islam et ait appris une grande partie du Coran par cœur pour être à la tête d'une communauté, d'un État. Le muezzin, celui qui fait l'appel à la prière, n'est pas un prêtre non plus.

    Le Sunnisme est le courant religieux majoritaire de l'Islam, il représente 75 à 80 % des musulmans. Il fait parti des communautés musulmanes avec les Chiites et les Druzes. Le Sunnisme se définit en particulier par la reconnaissance de la légitimité des quatre premiers califes élu ou nommés par leurs partisans, Abou-Bakr , Omar , Othman , et Ali .

    Ce qui distingue les courants de l'islam ce sont principalement les sources utilisées pour écrire le droit musulman. Les Sunnites s'accordent sur quatre sources de référence principales, le Coran, livre révélé au prophète de l'islam Mahomet. Puis, pour les cas non directement évoqués dans le Coran, les Sunnites utilisent en priorité ses actes, puis le consensus des jurisconsultes musulmans, puis finalement la déduction juridique, «al-qiyâs», du jurisconsulte à condition qu'elle ne contredise pas les trois références précédentes.

    Le mot sunnite dérive de sunna qui représente la ligne de conduite de Mahomet. Ses actes ont donc valeur de loi.

    Le Sunnisme se subdivise ensuite en écoles de droit ou madhhab, ayant toutes les mêmes croyances. Les quatre principales écoles étant le malékisme , le hanafisme , le chaféisme et le hanbalisme , dont une manifestation récente est le wahhabisme et le salafisme. Au Liban, c'est le rite hanafite qui est appliqué par les Sunnites.

    Le hanafisme est la plus ancienne des quatre écoles sunnites. Elle est basée sur l'enseignement de Abû Hanîfa Al-Nu'man Ibn Thabit, 699-767, (et de ses suivants), théologien et législateur qui vécut à Koufa en Irak. Le madhhab hanafi est assez représentatif des musulmans non arabophones. L'école hanafite est la principale école de l'islam depuis l'époque de la dynastie des Omeyyades (661-750). Elle est particulièrement répandue en Turquie, où l’Empire ottoman l'officialisa, la majorité des Turcs sont hanafis, dans les régions asiatiques à l'est de l'Iran, Chine, Afghanistan, Tadjikistan, Pakistan, Inde, Bengale, Bangladesh, mais aussi en Jordanie, en Syrie, en Irak en Égypte. Elle conserve un reste d'influence dans des régions dominées par l'Empire ottoman, comme la Bosnie, et dans une moindre mesure en Tunisie et en Algérie.

    L'islam gagna ainsi le Liban, à l'époque Jabal Loubnan (pas de référence), au VIIIe siècle. Ce furent alors surtout des chiites qui dominèrent après plusieurs guerres religieuses à cette époque, alors que les Sunnites n'arrivèrent qu'avec la conquête Ottomane au XVIe siècle, et s'installèrent dans certaines villes de la côte Libanaise en amenant avec eux les habitudes Ottomanes comme la Shisha, les douceurs et le café turc.

    C'est donc l'invasion Ottomane qui apporta le rite hanafite qui est appliqué aux Sunnites au Liban.

    À noter qu'il n'y a jamais eu de changement au sein de la religion chrétienne au Liban, les chrétiens gardant leurs prérogatives jusqu'à nos jours.

    L'hanafisme est l'école la plus ouverte au niveau des déductions, car elle insiste sur la liberté d'opinion, le jugement personnel, et la recherche de la meilleure solution, au cas par cas, en fonction des convenances du moment et de l'équité. Il existe donc, du moins à l'origine, une certaine marge de manœuvre interprétative. Le rite insiste sur l'importance des textes et de la tradition.


    Le tribunal spécial pour le Liban.

    Le 13 décembre 2005, le Gouvernement de la République Libanaise a demandé à l’Organisation des Nations Unies de créer un tribunal à caractère international chargé de juger les auteurs de l’attentat à la bombe qui, le 14 février 2005, a coûté la vie à de l'ancien premier ministre Rafic Hariri et à 22 autres personnes. Conformément aux dispositions de la résolution 1664, 2006, du Conseil de sécurité, l’Organisation des Nations Unies et la République Libanaise ont négocié un accord visant la création d'un Tribunal spécial pour le Liban. Comme suite à la résolution 1757 , 2007, du Conseil de sécurité du 30 mai, les dispositions du document figurant en annexe à celle-ci, y compris sa pièce jointe, relatives à la création et au Statut du Tribunal spécial pour le Liban, sont entrées en vigueur le 10 juin 2007.

    Le mandat du Tribunal spécial pour le Liban est de poursuivre les personnes responsables de l’attentat du 14 février 2005 qui a entraîné la mort et fait des blessés lors de l'attentat de l’ancien Premier Ministre Libanais Rafic Hariri. La compétence du Tribunal pourrait s’élargir au-delà de l’attentat du 14 février 2005 s’il estime que d’autres attentats terroristes survenus au Liban entre le 1er octobre 2004 et le 12 décembre 2005 ont, conformément aux principes de la justice pénale, un lien avec l’attentat du 14 février 2005 et sont de nature et de gravité similaires. Ce lien peut être, sans s’y limiter, une combinaison des éléments suivants, le mobile de l’intention criminelle, le but recherché, la qualité des personnes visées, le mode opératoire et les auteurs. Les crimes qui se sont produits après le 12 décembre 2005 peuvent relever de la compétence du Tribunal en application des mêmes critères si le Gouvernement de la République Libanaise et l’Organisation des Nations Unies en décident ainsi, avec l’assentiment du Conseil de sécurité. Le Liban suite 8 précise les statuts et les règles d'impartialité, d'indépendance et d'équité et la politique de ce tribunal.


    Géopolitique du Moyen Orient , suite,

    Le Liban, banc d’essai de la théorie de la désorientation informative et de la dissension sociale par réné Naba du blog renenaba.com.

    Le Tribunal spécial sur le Liban à l’épreuve de la guerre de l’ombre (Partie 2/3).

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    Le Tribunal spécial sur le Liban, une parodie de justice, un vaudeville tragique.


    Les Libanais «des analphabètes secondaires».

    La neutralisation de cet important lot d’agents pro-israéliens, dont un officier supérieur en charge de la lutte antiterroriste au sein du renseignement militaire Libanais, le général Fayez Karam, fait gravissime, proche collaborateur du général Michel Aoun, principal allié chrétien du Hezbollah, témoigne du degré d’infiltration d’Israël dans l’appareil Libanais. Il révèle, par contre coup, la porosité de la société Libanaise et sa vulnérabilité.

    Une société pourtant l’une des plus rebelles du monde arabe, mais, paradoxalement, la plus affligée par le phénomène de désorientation informative, la plus affectée par la théorie de la dissension sociale.

    Théâtre de la première et de la plus longue guerre civile urbaine de l’époque contemporaine, le terrain y est davantage propice aux manipulations du fait de la division ethnico communautaire du pays, l’institutionnalisation du confessionnalisme en tant que mode de gouvernement, et du communautarisme en tant qu’horizon indépassable de la société. Ce phénomène s’est amplifié du fait de la guerre intestine par l’effondrement des structures familiales et la recomposition des alliances claniques, donnant lieu à une prolifération de groupuscules se proposant de développer des solidarités parallèles en marge des réseaux habituels. Un phénomène accentué par un vigoureux prosélytisme religieux d’origine anglo-saxonne, particulièrement au sein des couches paupérisées de la population, ainsi que par la cupidité à tout crin d’une fraction du patronat Libanais mû par un capitalisme cosmopolite apatride.

    Pionnier d’un journalisme pluraliste, voire quasi anarchique, le Liban comptait déjà, à son indépendance en 1943, 132 publications dont 17 quotidiens et 15 revues hebdomadaires pour une population de 1,5 millions d’habitants et une superficie de 10.400 km2, record mondial absolu pour la densité démographique per capita, alors que la presse du Golfe était encore à ses premiers balbutiements et que l’analphabétisme était le lot général d’une grande fraction de l’ensemble arabe. Vingt ans plus tard, à la faveur de la guerre civile (1975-1990), sous l’impulsion des factions combattantes, le Liban se flattait de disposer d’une cinquantaine de télévisons privées et de plus de cent cinquante stations radio, faisant du pays par rapport à sa population de quatre millions d’habitants, la plus forte concentration médiatique du Moyen orient et sans doute du tiers monde.

    Véritables rhéteurs de la géostratégie mondiale, non sans quelque prétention parfois, davantage portés sur la casuistique que sur la dialectique, Byzance et sa querelle sur le sexe des anges est à portée de vol de Beyrouth, les Libanais, sont en fait, dans le domaine de l’information, au-delà des apparences, les victimes privilégiées d’un processus de désinformation par la surinformation, de véritables «analphabètes secondaires», un phénomène qui se traduit par une perte de repères, un état propice à toutes les manipulations, propices à tous les emballements qui expliquerait cette disponibilité Libanaise à la sous traitance des guerres pour le compte d’autrui.

    images.1281884953.jpgPeter Galbraith.

    Plus connue dans le langage journalistique sous le nom de «théorie du combat des chiens», la théorie de la dissension sociale, corollaire de la désinformation, consiste à exacerber les antagonismes sociaux et à susciter la guerre civile entre communautés en vue de faire diversion sur un conflit majeur ou de préparer la partition du pays. Expérimentée au Liban, lieu de préfiguration des guerres d’épuration ethnique de l’ère post soviétique, cette théorie a été mise en œuvre avec succès dans l’ancienne Fédération de Yougoslavie, en Irak et en Afghanistan par Peter Galbraith, fils de l’économiste John Kenneth Galbraith, ancien interface pour le compte de la CIA de Benazir Bhutto, ancien premier ministre du Pakistan, assassinée en 2007.

    La suite portera sur la «révolution des cassettes»

  • Le Liban, suite 2,

    un petit territoire mais une grande histoire.


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    Beyrouth, le centre ville.


    Les Maronites au Liban.


    saint-maron-150px-maroun04.1281770846.jpgLa communauté s'est probablement formée au Vème siècle dans la région d'Antioche, autour de l'anachorète Maron, qui deviendra son saint patron (l'anachorète est celui qui appartient à un peuple chrétien oriental catholique de rite Syrien constituant une des églises uniates implantées en Syrie et au Liban). Les fidèles de Maron fondent leurs premiers monastères dans la vallée de l'Oronte, dont le plus connu est le couvent de Saint Maron (Dayr Maroun). Les historiens admettent aujourd'hui que l'origine de la communauté «est liée à la tentative de l'empereur Héraclius (610-641) de rassembler les Chrétiens autour de la doctrine du monothélisme» en soulignant que les grandes Églises du Proche-Orient sont nées des querelles christologiques du Vème siècle. Ce serait à la fin du VIIème siècle que la communauté maronite se constitue en Église indépendante de Byzance. Le premier patriarche, Saint Jean Maron mort en 707, est installé dans la vallée de l'Oronte où il construisit un sanctuaire et un couvent dédiés à l'ermite Saint-Maron et il y déposa le crâne du Saint artisan miraculeux de guérison de malades.

    Saint-Maron est né au IVème siècle et est mort en 410, il était prêtre. Devenu ermite, il se retira près de la ville de Cyr sur le mont Taurus, dans la région d'Antioche. Le couvent de Saint-Maron devint rapidement un centre spirituel pour les chrétiens locaux. Saint Jean Maron est considéré comme le père du mouvement spirituel et monastique appelé maintenant Église maronite, une église chrétienne importante en Syrie et au Liban. Il a passé toute sa vie sur une montagne dans la région de Cyrrhus en Syrie. Cet endroit pourrait être celui du village avoisinant connu sous le nom de Kefar-Nabo au mont Al-Yambos.

    Le mouvement maronite a atteint le Liban quand Abraham de Cyrrhus, le premier disciple de Saint Jean Maron, s'est rendu au Liban où il a établi une mission pour convertir les païens d'origine phénicienne. Les disciples de Saint Jean Maron, les moines et les laïques, sont toujours restés fidèles aux enseignements catholiques. Ils forment une communauté chrétienne appartenant au rite oriental de Syrie et du Liban. Cette communauté a conservé la liturgie syriaque et elle fait partie de l’une des Églises uniates, elle reconnaît toutefois le pape de l’Église catholique romaine. Les Maronites vivent surtout au Liban et en Syrie, mais il existe d'autres petits groupes Maronites à Chypre, en Palestine, en Australie et aux États-Unis. Leur population est estimée à environ 3.500.000 dans le monde en 2005 dont 1.250.000 au Liban.

    L'église maronite est une des Églises catholiques orientales. Le chef de l'Église porte le titre de Patriarche maronite d'Antioche et de tout l'Orient. Il a sa résidence à Bkerké au Liban. Le titulaire actuel est le cardinal Mar Nasrallah Boutros Sfeir. Le titre «Mar» veut dire «Monsieur» en araméen. Dans la tradition Maronite ce titre est également donné aux saints. Les patriarches Maronites portent toujours le nom «Boutros» en second prénom, en référence à Pierre, fondateur de l'Église d'Antioche.

    L’Église maronite accepta le concile de Chalcédoine qui a eu lieu en 451, et fut même persécutée pour cela au VIème siècle. Elle n’est donc pas une Église monophysite. Monophysique est une doctrine christologique apparue au Vème siécle dans l'empire Byzantin en réaction au nestorianisme et ardemment défendue par Eutychès et Dioscore 1er d'Alexandrie. Elle relève de la tradition antiochienne d’expression syriaque. Au VIIe siècle, l’invasion musulmane contraignit les patriarches chalcédoniens d’Antioche à l’exil. De 702 à 742, il n’y eut plus de patriarche du tout. C’est au cours de cette période troublée que l’Église maronite se constitue en patriarcat par le premier d'entre eux Saint Jean Maron. Chassés de Syrie par les persécutions au IXème siècle, les Maronites s’installèrent principalement au Liban où ils vécurent en Église autonome. Au temps des croisades, les relations de l’Église maronite avec Rome s’intensifièrent. Elle professa ouvertement sa soumission au pape au XIIème siècle.

    Aujourd’hui l’Église maronite compte 23 diocèses et deux vicariats au Liban, en Syrie mais aussi dans le monde entier comme en Argentine ou en Australie.


    Géopolitique du Moyen Orient , Le Liban une passoire par René Nabla du blog renenaba.com.

    Le Tribunal spécial sur le Liban à l’épreuve de la guerre de l’ombre (partie 1/3), fin.


    Le paradis Libanais, une fournaise.

    Mais le paradis Libanais tant vanté par les maquettes publicitaires de luxe s’est révélé être une fournaise. A l’ombre de la dolce vita et du farniente de la riviera Libanaise, longtemps à la botte des États arabes, toujours à la remorque des occidentaux, constamment en quête de reconnaissance internationale, les Palestiniens paieront un lourd tribut à leur débordement de type mafieux, à leur laxisme contre révolutionnaire. Un maillon important de la chaîne de commandement en fera les frais, dont les principaux responsables politiques et militaires, que cela soit au Liban même ou à Tunis, leur troisième lieu d’exil. Au Liban avec l’assassinat de Kamal Nasser poète et homme politique palestinien, porte parole officiel de l’OLP, Mohamed Abou Youssef al-Najjar, le ministre de l’intérieur de la centrale Palestinienne, Kamal Adouane, le responsable des formations de jeunesse, tué lors d’un raid Israélien en avril 1973, et le play boy Ali Hassan Salameh tué en 1948, chargé de la protection rapprochée de Yasser Arafat. A Tunis, avec l’assassinat des successeurs présumés du chef Palestinien, Khalil al-Wazir, alias Abou Jihad al-Masri , commandant en chef adjoint et ordonnateur de l’Intifada en Cisjordanie, et, Salah Khalaf, l'un des fondateurs du Fatah, alias Abou Iyad , responsable de l’appareil de sécurité. La décapitation des chefs charismatiques de la guérilla Palestinienne privera le combat Palestinien d’une direction révolutionnaire, déblayant la voie à la promotion de bureaucrates aux postes de commandement dont Mahmoud Abbas en constitue le parfait représentant, de la même manière que l‘incarcération des deux figures emblématiques de la résistance de l’intérieur, Marwane Barghouti, Fatah, en prison en haute sécurité Israélienne et condamné à perpétuité, et Ahmad Saadate, FPLP, dégagera le terrain à la propulsion de deux cerbères affectés à la sécurité d’Israël, Mohammed Dahlan et Djibril Rajoub, dont le goût prononcé pour le luxe leur sera fatal.

    La donne changera avec la relève chiite, et, en dépit de la disproportion des forces, le combat parait moins inégal. Certes le Hezbollah a dû pâtir de sérieux coups de butoir tant des Israéliens que des occidentaux, mais le décompte au terme de trois décennies ne lui apparaît pas totalement aussi défavorable que la supériorité technologique du camp adverse et son impunité n’auraient pu le suggérer. Deux des prestigieux chefs du Hezbollah, Abbas Moussawi, premier chef du Hezbollah, et surtout Imad Moughnyah, le bâtisseur de sa branche militaire, ont certes été éliminés par assassinat, et le chef dignitaire religieux chiite, Cheikh Mohamad Hassein Fadlallah, objet d’un attentant manqué ourdi par la CIA avec des fonds pétromonarchiques. Mais, stoïc dans l’adversité, sa riposte a été à la hauteur de ses pertes.

    Véritable prise de guerre, l’occupation de l’ambassade Américaine à Téhéran, en 1980, a permis la mainmise sur un important lot de documents confidentiels, détaillant l’architecture du réseau du renseignement Américain au Moyen orient et la liste des émargements. La décapitation de l’Etat major de la CIA pour le Moyen-Orient, une trentaine de personnes, lors de l’attentat contre le siège de l’ambassade Américaine à Beyrouth, en 1983, de même que le dynamitage du PC des marines, 214 tués, en même temps que le PC Français, le Drakkar, en octobre 1983, constitueront de sérieux revers pour le renseignement occidental, accentué par la prise en otage, le 16 mars 1984, de William Buckley officiellement diplomate Américain à Beyrouth, en fait un des animateurs de l’antenne de la CIA au Moyen-Orient, mort en 1985 en captivité, après avoir, semble-t-il, fourni des précieuses indications à ses tortionnaires. Sans compter le retentissant scandale de l’Irangate, la vente prohibée d’armes Américaines à l’Iran, le scandale de la décennie 1980, allumé par une mèche à lente combustion depuis Beyrouth, pour finir par carboniser l’administration républicaine du président Ronald Reagan.

    En trente ans, la guerre de l’ombre a été ponctuée de raids de commandos héliportés Israélien sur Beyrouth et sur le Sud Liban et de spectaculaires opérations. L’enlèvement de deux responsables chiites, Cheikh Karim Obeid, 1989, et Moustapha Dirani, 1994, et le contre enlèvement d’un colonel Israélien du cadre de réserve Hannane Tannebaum, 2000, en témoignent. De non moins spectaculaires échanges de prisonniers aussi, une dizaine au total, permettant la libération de près de sept mille prisonniers Palestiniens et Arabes, en contrepartie de la restitution de dépouilles de militaires Israéliens et d’espions, sans toutefois que ces gestes de conciliation n’affectent l’intensité du combat.

    Beyrouth est un vaste cimetière de traîtres, mais ce bilan macabre n’a apparemment pas découragé les vocations tant cette activité périlleuse s’est révélée lucrative, à en juger par le récent coup de filet anti Israélien réalisé par les services de sécurité Libanais. Du gros gibier, un général, deux colonels, trois cadres supérieurs occupant des fonctions névralgiques au sein d‘une entreprise stratégique de communications, un président sunnite d’un conseil municipal, proche du premier ministre Saad Hariri, le frère d’un garde de corps d’un dirigeant du mouvement chiite Amal. Tous à des postes sensibles. Soixante dix arrestations, 25 inculpations pour espionnage au profit d’Israël, un chiffre sans précédent, infligeant au renseignement Israélien l’un des plus importants revers de son histoire.

    L’élément déclencheur de cette contre offensive Libanaise aura été l’assassinat en février 2008 à Damas d’Imad Moughnyah, le cauchemar de l’Occident pendant un quart de siècle, qui conduisit cette organisation clandestine et opaque à opérer un travail de contre espionnage en profondeur pour finir par démasquer les pisteurs, deux frères sunnites, originaires de la bourgade d’al-Marj, dans la vallée de la Bekaa, Ali et Youssouf Jarrah, en possession du matériel photographique et vidéo, d’un système GPS dissimulé dans leur véhicule fréquemment garé au poste frontière de Masnaa, sur la route entre Beyrouth et Damas, en vue de pointer les responsables du Hezbollah empruntant le passage vers la Syrie. Opérant depuis vingt ans pour le compte des Israéliens, Ali al-Jarrah était même muni d’un passeport Israélien, pour ses déplacements, via Chypre, en Israël.

    Au niveau chrétien, six acteurs majeurs ont été arrêtés, le général Adib Semaan al-Alam, un ancien de la sûreté nationale, un poste où il avait aussi accès au département des passeports, source d’information capitale. Recruté par les services Israéliens en 1994, il aurait loué pour le compte des Israéliens des abonnements à lignes de téléphonie cellulaire. Ses employeurs l’auraient convaincu de prendre sa retraite pour monter une agence de recrutement de domestiques asiatiques «Douglas office», qu’il utilisait comme taupes auprès de leurs employeurs, membres de la bourgeoisie Libanaise. Grâce à cette couverture, Adib al-Alam aurait fourni des informations sur le Hezbollah et sur les mouvements internes de l’armée Libanaise. Un deuxième officier chrétien inculpé est un beau frère d’un officier de l’armée dissidente Libanaise du général Antoine Lahad, les supplétifs de l’armée Israélienne au sud Liban. Convaincu de collaboration avec Israël, le colonel Mansour Diab, était directeur de l’Ecole des forces spéciales des commandos de marine, un poste qui lui a permis de superviser les opérations d’exfiltration d’agents et de transbordement de matériels d’espionnage. L’un des héros de la prise d’assaut du camp de réfugiés Palestiniens de Nahr el-Bared, l’été 2007, blessé à l’épaule lors de l’attaque, il aurait été recruté par le Mossad pendant ses stages aux États-Unis.

    Trois autres Libanais employés d’une société de téléphonie cellulaire, la société Alpha, exerçant des fonctions sensibles au sein d‘une entreprise stratégique de communications, ont été inculpés pour «intelligence avec l’ennemi». Précisément pour avoir connecté le réseau de la téléphonie mobile de leur firme au réseau des services de renseignement Israéliens, leur répercutant l’ensemble du répertoire de leurs abonnés, de leurs coordonnées personnelles et professionnelles y compris les coordonnées bancaires. Tareq Raba, ingénieur des télécommunications, et son subordonné hiérarchique, Charbel Qazzi, auraient fourni à leur commanditaires le code d’accès des abonnés avec possibilité de permuter les numéros de téléphone en vue de brouiller l’origine d’un appel et son destinataire. Le chef du réseau, Tareq Raba, en poste depuis 1996, a été recruté par le Mossad en 2001 et percevait pour prix de sa trahison 10 000 dollars par mois. Le 5ème chrétien, Joseph Sader, est un employé à l’aéroport de Beyrouth, qui a admis être en charge du repérage des émissaires et diplomates du Moyen-Orient transitant par l’aéroport de la capitale libanaise.

    Au niveau sunnite, un officier supérieur a été inculpé, originaire du Akkar, district montagneux au nord du Liban, le colonel Shahid Toumiyeh, frère de cinq officiers en service dans l’armée et la gendarmerie Libanaise. Il a été arrêté en sa possession de plusieurs centaines de documents ultra secrets de l’armée Libanaise. Toujours au niveau sunnite, un proche de Saad Hariri, Zyad Ahmad Hosni, président du Conseil municipal d’une localité de la Bekaa, était chargé de pister les déplacements des dignitaires du Hezbollah dans la zone frontalière Libano-syrienne et d’obtenir un rendez vous avec Hassan Nasrallah, voire à la suite 7, le chef du mouvement chiite, en vue de son assassinat à distance.

    Au niveau chiite, quatre prises consistantes, Ali Hussein Mintash, frère d’un garde de corps d’un dirigeant du mouvement chiite Amal, chargé du repérage des sites de lancement des missiles, le deuxième, un représentant en pharmacie, Jaoudat Salmane al Hakim, revendique un bilan particulièrement lourd puis qu’il a participé à l’assassinat de trois responsables du Hezbollah, Ghaleb Awad, dans la banlieue sud de Beyrouth, en 2004, et les frères Majzoub, à Saida, en 2006. Toujours au niveau chiite, un garagiste de Nabatiyeh, ville chiite du Sud Liban, Marwan Fakir, un concessionnaire automobile du Hezbollah, aurait utilisé ses talents pour installer des dispositifs de localisation sur des voitures du parti. Un quatrième chiite, Nasser Nader, est suspecté d’avoir organisé la surveillance du quartier de Dahieh, le bastion du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth, dévasté par des bombardements Israélien d’une grande précision en 2006.

    La découverte de ce réseau serait le fruit d’un événement fortuit, un puissant logiciel confié par les Occidentaux à la sécurité Libanaise pour détecter les anomalies des communications cellulaires dans l’enquête sur l’assassinat de Rafic Hariri, un logiciel capable d’analyser des dizaines de milliers d’appels téléphoniques et d’en déceler les anomalies. Comme, par exemple, des téléphones portables qui ne s’activent qu’à certains moments. Ou qui ne communiquent qu’avec un ou deux numéros. Le responsable de ce programme, un brillant officier spécialiste des systèmes informatiques, le capitaine Wissam Eid , devenu sans doute encombrant par ses découvertes, a été pulvérisé, le 25 janvier 2008, par un attentat à la voiture piégée.

    Plus grave, un des fournisseurs d’accès internet au Liban était alimenté par une société Israélienne, la branche régionale de la société anglo Italienne Tiscali, via son relais de Chypre, relié par une antenne pirate sur le Mont Barouk au Liban, une antenne pirate greffée sur l’antenne de la chaîne de télévision MTV, propriété de Gabriel Murr, frère du ministre de la défense Elias el Murr. Pis encore, une des antennes placées au Sud Liban, dans la bourgade de Safarieh, proche de Saida, était dirigée vers la zone frontalière Libano-israélienne, zone de déploiement de la Finul, avec un réseau disposant d’une capacité de captation de la totalité de la messagerie électronique des «Casques bleus» de l’ONU.

    Toutes les communautés Libanaises sont représentées, chrétiens, sunnites, chiites, originaires du Sud Liban, de la Bekaa ou de Beyrouth. Toutes ont fourni des agents, soit pour glaner des informations, soit pour préparer des dossiers d’objectif ou organiser la filature des dirigeants du Hezbollah. Certains travaillaient pour Israël depuis les années 1980, recrutés pour des motifs variés, financiers, idéologiques ou psychologiques, voire même pour des cas de chantages sexuels ou d’addiction à la drogue. Une quarantaine de suspects ont été placés en détention, une trentaine d’autres sont toujours recherchés par les autorités Libanaises. Certains ont réussi à fuir, prenant l’avion vers une destination inconnue, d’autres ont franchi la frontière entre les deux pays, toujours techniquement en guerre depuis 1949.

    Ce bilan ne tient pas compte des avatars tel celui de l’agent Franco-afghan Karim Pakzad , représentant du Parti socialiste Français à l’Internationale socialiste, arrêté le 26 avril 2007 par le Hezbollah, dans la banlieue Sud de Beyrouth, alors qu’il prenait des photos du bunker d’Hassan Nasrallah, porteur d’un appareil d’interception des communications téléphoniques, ni de la mystérieuse évaporation d’une non moins mystérieuse Néerlandaise, Inneke Botter, ancien cadre supérieur de la succursale Hollandaise de la firme Française Orange, partenaire de la société Libanaise, proche de la Mafia Israélienne opérant en Europe centrale notamment en Géorgie et en Ukraine, démasquée par les services de renseignements Russes.

    Fin de la première partie de la guerre de l'ombre.

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