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  • Testés sans être payés,

    une nouvelle forme d'emplois pour chômeurs !

     

    Savez-vous que  les entreprises testent gratuitement la capacité des chômeurs, et est-ce légal ? Mais comme on dit avantage acquis reste acquis en droit du travail, et bien l'avantage est de ne pas payer pour les chômeurs qui sont testés par le pôle emploi, cela devient donc un droit. Remarquez, lorsque j'ai commencé à travailler à 18 ans, en tant qu'ajusteur, on nous faisait faire un essai d'une journée préalable à la période d'essais de deux semaines, nous n'y trouvions rien dire, cela fait 63 ans, mais je ne me souviens plus si nous étions payés ?

    Le monde à bien changé, et c'est tant mieux. C'est donc travailler sans être payés, enfin presque. Le problème est que ce n'est pas une journée et qu'il est beaucoup plus difficile maintenant eu égard à l'âge et aux longues périodes de chômage de savoir si une personne est encore apte à travailler.

    En 2009, 110.000 chômeurs ont été testés en entreprise par le Pôle emploi, il est vrai qu'il doit y avoir de bons chômeurs encore aptes comme de mauvais chômeurs inaptes et qu'il convient de faire attention avant d'en embaucher. Nous savions qu'il y avait des stages non rémunérés et même des stages que l'on payait, mais pas encore des chômeurs non payés par l'entreprise pendant une semaine sous accord du Pôle emploi, l'information a peu été médiatisée. Pendant ces stages ces chômeurs conservent leurs allocations de chômage et de plus, ils leurs donnent un espoir tout en leur mettant le pied à l'étrier.

    En soit l'idée est réfléchie, il vaut mieux quelqu'un adapté au poste que pas du tout. Mais est-ce que le pole emploi vérifie bien si le chômeur satisfaisait ou pas au poste dans le cas ou il est accepté ou rejeté ? Vérifie-t-il s'il est accepté qu'il soit embauché aux conditions de l'accord salarial, et s'il est rejeté pourquoi ? C'est tout le problème, sans contrôle tout est permis, et comme il y a des patrons qui peuvent profiter de l'occasion il faut faire attention, mais sur ce point pas d'informations. Et puis, il faut connaître quels sont les chômeurs testés ? Probablement ceux qui n'ont pas de diplôme ou tout en bas de l'échelle, femme de ménage, caissière, agent de surveillance,... qui passent de petits boulots en petits boulots. Il y a donc deux sortes d'évaluation, celle en milieu de travail préalable au recrutement EMTPR, et celle en milieu de travail EMT. Encore un truc pour faire simple, les syndicats sont perplexes.

    Quand un chômeur est sans emploi pendant une année, il est logique de s'assurer de ses capacités à travailler, mais s'il est devenu inapte qu'en fait-ont ? Avec ce système de tests il ne peut trouver du travail, alors qu'il faudrait le prendre en mains pour l'aider, cela couterait moins cher que de payer son chômage ou RSA ou RMI. Sur ce point pas d'information, et c'est bien dommage par ce que ceux qui sont n'ont plus d'allocation finissent rapidement SDF. Nous sommes devenus une machine à éjecter plutôt que d'intégrer.

    Le pôle emploi, les radiations, la confession d'une taupe.

     

    CONFESSIONS D'UNE TAUPE Á PÔLE EMPLOI
    envoyé par teleTOC. - L'info internationale vidéo.

    Le travail préalable au recrutement qu'est-ce que c'est, comme explicité dans le titre c'est une évaluation préalable qui n'implique pas d'embaucher le chômeur, on le met sous son coude au cas où....

    La situation est la suivante, une offre d'emploi a été déposée au Pôle emploi, et l'entreprise veut s'assurer que le candidat a toutes les compétences nécessaires, alors le Pôle emploi propose un recrutement en EMTPR. Cela permet de tester un candidat en situation réelle dans l'entreprise qui a fait la demande. La durée de cette évaluation peut aller jusqu’à 40 heures sur 5 jours. Un tuteur, collaborateur de l’entreprise, est chargé de vérifier ses compétences en lui confiant des tâches à réaliser. Le chômeur conserve son statut de demandeur d’emploi et Pôle emploi assure sa protection sociale. Il n’est pas salarié de l’entreprise.

    A l’issue de l’évaluation, il peut être décidé de recruter le candidat ou non. Une action de formation préalable au recrutement (AFPR) peut également être proposée, afin d’adapter les compétences du candidat au poste proposé, l'idée est séduisante, mais quand on sait que la formation est une manne pour ceux qui la pratique, et que les abus sont florissants, par ce qu'elle n'apporte pas d'expérience sur le terrain. Le pauvre type malléable à souhaits peu galérer de formation en formation de test en test jusqu'à ce qu'il devienne inapte au travail. La machine à broyer si l'on tombe sur des patrons peu scrupuleux. En 2009 chez pôle emploi on a recensés plus de 80.000 EMTPR. Nous n'avons pas de tests d'évaluation des patrons voyous TEPV, c'est bien dommage.

    L’évaluation en milieu de travail, EMT, est une prestation permettant à un demandeur d’emploi de vérifier ses compétences pour un emploi. Une convention d’évaluation est signée en milieu de travail avec Pôle emploi et le demandeur d’emploi. Le demandeur d’emploi est accueillit pour une durée maximale de 80h, et la prestation est rémunérée par Pôle emploi. Le demandeur d’emploi conserve ce statut, il ne devient pas salarié de l’entreprise, et sa couverture sociale est assurée par Pôle emploi. Ce dispositif a concerné 30.000 chômeurs en 2009. Pour les syndicats, les conventions signées avec l'entreprise sont bidons, et n'engagent à rien, ce n'est que du travail gratuit.

    En toute honnête, c'est probablement entre les deux, entre ceux qui sont sérieux et ceux qui ne le sont pas profitant des circonstances pour faire faire un travail gratuit c'est toujours bon à prendre, mais ce n'est pas sans résultats même si ce n'est pas parfait, le taux d'embauche serait de 50 % en EMTPR. Que peut faire le Pôle emploi s'il apparaît des abus rien, il n'a aucun moyen d'agir sur l'entreprise qui est maître chez-elle. Ces artifices ne sont finalement que des replâtrages dès lors que le pouvoir appartient au patron. Nous ne sortirons pas de cette spirale si une prise de conscience nationale n'agit pas pour contraindre les entreprises à embaucher par une loi, répressive et incitative, répressive si elle peut embaucher et qu'elle ne le fait pas, et incitative par une aide si elle le fait. C'est aussi le même problème pour les séniors.

    Une période d'essai sans être payé

    Une période d'essai sans être payé
    envoyé par BFM. - L'info video en direct.

  • Le vieillissement n'est pas un fardeau, par Martine Aubry,

    mais une chance pour notre société, analyse.

     

    Les positions socialistes sont variées et certaines plus dogmatiques que d'autres plus libérales. Les plus ouvertes seraient pour admettre une augmentation de l'âge de départ sous certaines conditions qui résultent de la logique et que j'ai développée dans mes articles retraite faire preuve de responsabilité », et Martine Aubry face à la réalité. Il est donc difficile de voir dans ces différentes positions celle qui finalement doit être prise en compte en attendant que soit désigné par la primaire celle ou celui qui portera les couleurs socialistes. Ségolène Royal, se fait discrète, pas de position affirmée sinon une critique du gouvernement sur la méthode qu'elle trouve trop autoritaire, refus de discussion, de négociation, manque de respect des partenaires sociaux, et reproche au gouvernement de ne pas associer une cotisation du capital jugeant que le paramètre des ressources est à prendre en compte. Mais cette position n'est pas médiatisée de sorte qu'elle n'est que peu connue. Martine Aubry, de son coté, publie sur les retraites un article dans Le Monde.fr du 15/04/10 qui mérite, puisque réservé aux abonnés de ce site, d'être diffusé et analysé étant à la fois humain et politique.

    Elle écrit,

    en ce début de XXIe siècle, la France a franchi le seuil des 80 ans en matière d'espérance de vie. Ce sont des années gagnées, des années utiles pour soi-même et pour autrui, une conquête à laquelle notre modèle social, si décrié par la droite, n'est pas étranger.

    En fait la droite ne décrie pas notre modèle social, elle l'affaiblit pour des raisons budgétaires ayant pour origine son dogmatisme, favoriser les classes aisées au détriment des plus pauvres sans que pour autant la situation de la France s'améliore. Dernier fait, l'annonce du déremboursement de 35 % à 15 % de 150 médicaments, les Français auront encore plus de difficultés pour se soigner, mais avec cela une augmentation électoraliste de 4,5 % de la consultation des médecins généralistes, il faut bien la compenser par une réduction des remboursements sur les médicaments.

    Elle poursuit, en même temps, l'allongement de la durée de la vie ne s'accompagne pas toujours d'une valorisation des individus. Sur d'autres continents, vieillir est positif, symbole de sagesse et d'expérience. Mais dans la société du live et du in, les cheveux blancs, les rides, les années sont souvent ignorées, voire stigmatisées. Notre modernité, consciemment ou non, organise une véritable exclusion de l'âge et du grand âge.

    Si l'on considère les revalorisations des pensions de nos retraites, en effet les retraités sont oubliées, ce n'est pas les 0,9 % d'augmentation qui recadrent leur niveau sur l'évolution de coût de la vie. Sans que ce soit une exclusion, ce n'en n'est pas moins une forme qui revient à placer les retraités en dehors de la société. Dernier fait, le maintien au taux de 1, 25 % du livret de Caisse d'épargne alors qu'il devrait être revalorisé à 1,5 %. Ce livret c'est celui des pauvres et des personnes âgées.

    Telle est l'ambivalence du vieillissement, à la fois cadeau et discrimination. C'est aussi l'un des plus grands défis à relever par la puissance publique, celui du changement des conditions d'accès des seniors à l'autonomie, au logement, à la mobilité et aux soins, aux loisirs, ainsi que de leur indispensable financement. Ces enjeux seront au coeur du débat sur l'avenir des retraites. Les socialistes seront au rendez-vous des contre-propositions.

    Le vieillissement serait un cadeau, ou simplement un progrès de nos conditions de vie et de notre médecine, de plus ce n'est pas le vieillissement qui est discriminé mais ceux qui vieillissent et pas tous. Que l'enjeu des retraites soit au cœur du débat pour les séniors c'est vrai, en ce qui concerne leurs conditions de vie, mais aussi celle de tous les Français qui seront un jour retraités.

    Nous serons fermes sur nos valeurs et inventifs pour trouver des solutions qui garantissent la pérennité et l'équité du système par répartition. Nous n'acceptons pas l'appauvrissement de nos aînés, qui enferme tant d'entre eux, et d'abord d'entre elles, dans des «minimum vieillesses» de quelques centaines d'euros par mois.

    On ne peut qu'être de cet avis mais pour la pérennité du système par répartition, il faut trouver le financement puisque le rapport salariés sur allocataires tend vers un. C'est donc un changement complet d'orientation politique concernant les choix budgétaires qui ne peuvent être fait qu'avec une autre majorité politique. Ce sont deux conceptions qui s'affrontent et aucune possibilité de convergence. Sans une remise à plat du financement par une cotisation sur l'ensemble des revenus, capital, CSG, ce ne peut être que des demi-mesures qui ne feront qu'appauvrir les retraités.

    Nous le ferons sans céder aux ultimatums. Le gouvernement cherche à dramatiser pour imposer ses décisions à sens unique dans l'urgence quand il faudrait, comme le demandent les organisations syndicales, prendre le temps d'une véritable négociation pour trouver les voies d'une réforme juste et viable dans la durée. A cet égard, la statistique ne saurait remplacer la politique, le rapport du Conseil d'orientation des retraites, COR, est un élément parmi d'autres de l'évaluation financière et ne doit pas être instrumentalisé pour imposer des choix de société.

    En fait, je ne vois pas comment le parti socialiste puisse empêcher ce qui transpire, c'est à dire l'allongement de la date de départ en retraite et l'augmentation des allocations. La discussion avec les syndicats qui sont d'ailleurs peu représentatifs dans le privé, n'est que pour nous amuser, et ne pourra porter que sur des points de détail.

    Les salariés et les retraités ne peuvent pas être les seuls sur lesquels reposent tous les efforts. Réformer les retraites suppose d'introduire sans tarder de nouvelles ressources dans le système. Ce qui ne signifie pas de peser sans fin sur les salariés ni de diminuer les pensions.

    On ne peut être que de cet avis, il faut élargir la base des ressources de financement et y introduire comme écrit ci-dessus les revenus du capital et de la CSG. Les revenus du capital bénéficient d'un taux réduit de 18 %, il importe donc de tout revoir et de prendre son temps.

    Là se trouve le point aveugle des décisions libérales de 1993 de Balladur ou de 2003 de Fillon : jamais la droite n'a pris la peine de soumettre les très hauts revenus, les produits du capital financier ou de la rente à l'impératif de solidarité alors même qu'un million de retraités vivent sous le seuil de pauvreté. Les pistes ne manquent pas, élargissement de l'assiette des cotisations à la valeur ajoutée, cotisations sur les stock-options et d'autres rémunérations non assujetties, abolition des privilèges fiscaux qui minent la cohésion nationale, surtaxe de 10 % de l'impôt sur les sociétés acquitté par les banques, affectée au fonds de réserve des retraites, etc. Les choix opérés devront être réévalués à étapes régulières, tant ils dépendront de l'évolution de la démographie, de la croissance, de l'emploi et de la masse salariale, sans pour autant remettre en cause la stabilité des droits indispensables à la confiance dans le système pour les jeunes générations.

    Ces propositions sont inacceptables pour ce gouvernement ce qui reviendrait à un changement à 180 ° de sa politique. La France souffrira encore longtemps de cette politique injuste et néfaste pour notre pays.

    Sans renoncer à donner plus de souplesse aux choix individuels et en tenant compte de l'hétérogénéité des parcours professionnels et de leur pénibilité, nous défendrons le maintien de l'âge légal du départ à la retraite à 60 ans, c'est-à-dire la possibilité de faire valoir ses droits à pension, avec la possibilité de partir plus tôt pour ceux qui ont exercé des activités particulièrement pénibles. Les Français savent que l'accroissement de l'espérance de vie et une arrivée plus tardive sur le marché du travail nécessitent pour beaucoup un départ réel après 60 ans. L'âge moyen de départ réel est déjà de 61 ans et demi. Mais si l'âge légal était repoussé à 62, 63, 65 ans, comme le préconisent l'UMP et le Medef, des centaines de milliers de personnes qui ont commencé à travailler très jeunes seraient contraintes de faire 44, 45, 48 années de travail. Dans un marché du travail qui ne fait pas sa place aux seniors, combiné à l'allongement des durées de cotisation, cela se traduirait pour eux, avant tout, par une baisse des pensions que nous ne pouvons accepter. L'efficacité n'est pas, à nos yeux, le contraire de la justice.

    Comme écrit dans mon article «retraite faire preuve de responsabilité», il faut en effet tenir compte de ceux qui ont commencés jeunes. De même augmenter l'âge de la retraite en permettant que les séniors en soient exclus par ce que licenciés avant ne peut être admis, il faut une réforme équilibrée qui tienne compte de tous les paramètres.

    Au-delà, chacun le sait, le bien-être des Français qui vieillissent ne sera pas assuré en comblant les seuls déficits comptables. L'allongement de la vie a fait naître d'autres déficits, d'utilité sociale pour les seniors, d'emplois qualifiés pour accompagner les mutations de l'âge, de liberté pour ceux, sans cesse plus nombreux, qui souhaitent rester à domicile, de logements et d'équipements adaptés aux personnes dépendantes, de soutien pour les familles confrontées à la maladie d'Alzheimer ou aux pathologies dégénératives, de valorisation accrue des filières gériatriques à l'hôpital ou encore de la reconnaissance du droit de mourir dans la dignité...

    Le progrès en âge fait émerger des aspirations mais aussi de nouvelles inégalités. Celles qui se révèlent quand la société se défait et se détache de ses plus anciens. Mieux vieillir ensemble exige d'abord la possibilité de se «réengager». Après le temps du travail, le temps des projets ! Forts de cette «vieillesse indépendante», les retraités demeurent des acteurs, même s'ils ne sont plus des actifs au sens où l'Insee les définit. Ils sont souvent des bénévoles sur lesquels beaucoup sinon tout repose, dans des associations, des municipalités ou des mutuelles, dans l'aide aux devoirs pour les élèves et le lien social pour les plus démunis, pour soutenir ici un jeune qui crée sa PME et conseiller là-bas une organisation non gouvernementale humanitaire.

    Nos représentations sont à revoir, car les seniors soutiennent la société et ne se bornent pas à lui demander secours. En meilleure santé, de plus en plus longtemps, ils consomment, voyagent, épargnent, aident financièrement leurs enfants et petits-enfants. L'expérience est un atout, voilà la grande révolution ! Une société créative ne saurait se passer de ce capital. Encore faut-il que la société et que le politique considèrent l'âge pour ce qu'il est, une chance, non un fardeau. Reste qu'il n'est pas donné à tout le monde d'être délivré des enjeux du quotidien.

    Mieux vivre le grand âge dans une société solidaire, c'est non seulement assurer des retraites décentes, nous en sommes encore loin pour des millions de nos concitoyens, mais également offrir la possibilité à chacun de vivre et non de survivre, de se loger dignement, d'être soigné sans retard dans un pays qui n'accepte pas de devenir un «désert médical».

    Mieux vieillir exige aussi que les territoires, villes ou campagnes, s'organisent pour apporter des réponses personnalisées, humaines et de proximité, capables de satisfaire des besoins qui varient selon l'état de santé, la situation familiale. L'action publique doit apprendre à mieux conjuguer un habitat mêlant les générations, des soins à domicile, que l'État rationne encore, des accueils de jour, trop rares, des hébergements médicalisés plus ouverts sur le quartier ou le village. Oui, il est grand temps que la ville du XXIe siècle s'adapte aux âges et repense accès, déplacements et espaces collectifs pour apporter plus de douceur... et même de lenteur.

    On sent dans ce long exposé la mise en avant des séniors qui représentent de plus en plus une autre conduite de la vie. C'est vrai qu'ils participent pour beaucoup d'entre eux à aider leur famille, ils ne sont pas un poids pour la société mais un atout qui prendra de plus en plus d'importance, et négliger ce fait est une grave erreur. Ils représenteront bientôt plus de 20 % de notre population c'est donc un réservoir à exploiter et non à mettre de coté.

    Mais il faut aller plus loin, vers une société du soin, une aide de qualité aux personnes fragilisées, le traitement des grandes dépendances, les soins corporels et vitaux quotidiens. C'est aussi mieux reconnaître, mieux former et mieux rémunérer ceux qui apportent ces soins et en exercent la lourde responsabilité. L'allongement de la vie a des effets économiques positifs grâce aux nouveaux emplois de proximité liés à l'aide à la personne.

    J'invite, et ce sera un choix politique majeur de la gauche, à relancer des politiques publiques qui ne compressent pas ces emplois mais, au contraire, les sécurisent. Comment accepter, par exemple, le manque cruel de places dans les services de soins infirmiers à domicile ? L'allocation personnalisée pour l'autonomie, l'APA, en rendant solvable le besoin d'aide, a permis une formidable avancée. Encore faut-il que les conseils généraux qui la dispensent ne soient pas étranglés financièrement par les décisions aveugles de l'Etat !

    Le moment est venu pour la France de dire quelle part des ressources nationales elle entend consacrer au vieillissement. Aux retraites et à la révolution de la qualité des âges que nous voulons réussir. Soyons à la hauteur du futur. Exerçons notre sollicitude pour construire «une société qui n'expulse pas ses aînés du monde des vivants», selon le mot terrible de l'anthropologue Maurice Godelier.

    N'oublions jamais, non plus, qu'aucune allocation ne remplace les chaînes de soins, les solidarités familiales et amicales, l'attention du voisinage, l'engagement de la société. A ce prix, la réhumanisation de notre société prendra tout son sens. C'est ainsi que nous ajouterons de la vie aux années, et pas seulement des années à la vie.

    Martine Aubry le 15/04/10.

    C'est donc un plaidoyer pour le troisième âge qui, pour le moment est encore favorisé, n'ayant pas eu à subir la dégradation des retraites qui s'annonce, et pas seulement à cause d'allocations en réductions constantes, mais aussi à cause des revenus salariés de plus en plus limités. Les futures années vont être difficiles bien plus que celles actuelles pour beaucoup d'entre nous. Il importe qu'il y ait une redistribution des richesses équitables et justes seules conditions pour qu'elle puisse être comprise. Martine Aubry comme Laurent Fabius, Vincent Peillon, Henri Emmanuelli, Benoit Hamon, est à l'opposé de la ligne politique actuelle et même franchement à la gauche de son parti si on compare sa position à celle par exemple de François Hollande et de Manuel Valls ou de Jean-Marie le Guen, qui verraient une augmentation de l'âge de retraite associée à un emploi des séniors sécurisé, mais aussi un élargissement de la base de cotisation des retraites.

  • Xynthia marche arrière toute,

    on discute maintenant !

     

    Quelle différence entre les paroles de Xavier Bertrand à l'émission Télématin de France 2 de 15/04/10 et les informations de fin de matinée avec les propos de Jean-Louis Borloo, «on va sur le terrain et on discute». Xavier Bertrand interviewé par Roland Sicard devant la situation des sinistrés qui s'opposent à la destruction de leurs maisons vantait,

    «le courage du gouvernement, les mesures difficiles à prendre, le drame est passé, prendre la décision sur le zonage c'est pas la décision la plus facile à faire, il faut protéger les populations, prendre la dimension psychologique, ce sont des familles entières qui vont devoir changer de vie, les indemniser, les accompagner, mais il ne faut pas leur mentir, les protéger c'est qu'ils soient déplacés».

    «Des sous on n'en veut pas, on veut des digues», si l'on peut traduire en ces quelques mots le désespoir de ces personnes.

    Ces deux positions marquent le fossé entre le gouvernement par la voix de Xavier Bertrand secrétaire général de l'UMP et les sinistrés. Comment admettre que l'on va détruire sa maison alors qu'il apparaît que rien n'a vraiment été fait pour renforcer les digues, c'est la double peine. Toute une vie détruite, un lourd tribut 53 morts et combien de souffrances, qui est responsable sinon l'État ? Et puis cette décision, régalienne sans explication autre que celle de déclarer nous allons vous indemniser et vous mettre entre les mains de psychologues pour vous faire avaler la pilule ! Comment est-ce possible qu'une telle décision soit appliquée par la force, dans quel pays sommes-nous ? Pour ces sinistrés c'est toute leur vie leur maison, ceux qui sont âgés comment espérer qu'ils refassent leur vie ? Décision sans aucune humanité comme ça, au coin d'une table, un coup de poignard dans le dos, voila ce que c'est. Alors, il faut les écouter, ce sont eux qui sont en première ligne s'ils veulent des digues renforcées adaptées à l'évolution du climat, il faut le faire, ne sont-ils pas responsables de leur destin?

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    AFP/PIERRE ANDRIEU. Une centaine de personnes opposées à la destruction de leurs maisons manifestent, le 14 avril 2010, devant la préfecture de La Rochelle où se tient une réunion de la mission commune d'information du Sénat sur les conséquences de la tempête Xynthia.

    Voila maintenant qu'il y aurait un malentendu sur les zones noires. Ce n'est pas ce que nous avions compris. Le ministre de l'écologie Jean-Louis Borloo est en déplacement, jeudi matin 15/04, à la Rochelle puis à la Roche-sur-Yon pour «faire le point avec les élus des communes concernées par les suites de la tempête Xynthia», histoire de penser les plaies. Accompagné de Chantal Jouanno, secrétaire d'État à l'écologie, Dominique Bussereau, secrétaire d'État aux transports et Benoist Apparu, secrétaire d'État au logement. Même le président du Sénat Gérard Larché UMP souligne sur Canal + qu'il y a des droits de recours pour les sinistrés dont les maisons décrétées en zone inondable doivent être détruites.

    «Il faut cesser d'alarmer, les bulldozers ne vont pas arriver».

    La folie à l'emporte pièce commence à se calmer, discutons. Une mission du Sénat est actuellement sur le terrain. Elle remettra «mi mai un rapport d'étape».

    «Nous sommes un État de droit et dans cet État de droit ce n'est pas simplement un exécutif qui décide, il y a des droits de recours et ces droits de recours il n'est pas illégitime pour un parlementaire de les rappeler», a-t-il fait valoir. «Le rôle du Parlement c'est de pouvoir interpeller, c'est de pouvoir faire éventuellement une proposition de loi, le rôle du Parlement c'est de contrôler le gouvernement», a-t-il dit. Il apparaît que certains ne voient pas les choses de la même façon que le gouvernement, et qu'il convient de temporiser son ardeur à tout casser.

    Pour Jean-Louis Borloo, qui a transmis à la presse en fin de journée le courrier qu'il a envoyé aux élus qui contestent les décisions du gouvernement. «Il n'est pas question d'exproprier sur la totalité de ces zones et immédiatement l'ensemble des habitations», écrit-il. A son arrivée à La Rochelle, il s'emploie dans sa lettre à «lever un malentendu amplifié par l'émotion» après le passage de la tempête. «Il ne saurait être question de la démolition systématique et autoritaire» des habitations situées dans ces «zones noires», dit Jean-Louis Borloo.

    Imaginons une vieille mémé habitant depuis des décennies dans une de ces zones qui refuse de partir, et que l'on arrache de force de sa maison pour que l'on puisse la détruire ! La presse aidant une telle scène ferait le tour du monde. A-t-on réfléchit à cette honte ?

    Les sinistrés, qui réclamaient la suspension du zonage, avaient manifesté devant la préfecture du département, où se déroulaient des auditions menées par la mission commune d'information du Sénat sur les conséquences de la tempête. «Ces réunions d'information ont pour objet d'apporter aux sinistrés concernés les informations et les réponses dont ils ont besoin en termes d'accompagnement de leur situation», souligne la préfecture. Le préfet de Charentes-maritime , Monsieur Masse, qui affirmait ne pas cautionner par sa présence le fait que ces réunions soient détournées de leur objet et que les sinistrés concernés soient ainsi instrumentalisés, s'est cependant engagé «à recevoir personnellement dès cette semaine les habitants concernés par la zone dite orange, pour laquelle persiste une incompréhension particulière».

    Mardi 13/04 au soir, une réunion très houleuse s'était tenue sur le même thème et en présence de M. Masse à Saint-Georges-d'Oléron. Les habitants concernés par la destruction de leur maison ont laissé éclater leur colère et des œufs ont notamment été lancés contre la voiture du préfet.

    «On a le sentiment que nos protestations commencent à être entendues», a déclaré à Reuters Xavier Machuron-Mandard, secrétaire de l'Association des victimes des inondations de La Faute-sur-Mer (AVIF). «L'administration va peut-être se rendre compte que toutes les décisions prises dans l'urgence ne sont pas forcément pertinentes», a-t-il ajouté. L'AVIF, qui regroupe les victimes des deux communes les plus touchées par la tempête en Vendée, La-Faute-sur-Mer et L'Aiguillon-sur-Mer, a annoncé le dépôt d'un référé devant le tribunal administratif de Nantes pour contester les décisions du gouvernement.

    L'association, dont l'ancienne ministre de l'Environnement Corinne Lepage est l'avocate, veut obtenir, entre autres, la communication des études «ayant servi de fondement à la détermination des zones noires». Il sera interdit aux occupants d'habitations y figurant de reconstruire sur place, ce qui suscite une levée de boucliers. Nombre de riverains et d'élus contestent la cartographie du gouvernement qu'ils jugent arbitraire et organisent des manifestations depuis dix jours.

    Une sale affaire menée sans réflexion par un pouvoir qui ne comprend rien à la misère humaine, ce n'est pas l'argent qui fera taire ces sinistrés même si, d'après Christine Lagarde ministre de l'économie que les indemnisations ne subiraient pas de décote de vétusté pour les reconstructions ailleurs habituellement appliquées par les assurances, pour eux c'est autre chose, c'est leur terre et ils veulent y rester.

    Que font les politiques ? Seule Ségolène Royal présidente de la région Poitou-Charentes s'est lancée mercredi aux côtés des sinistrés de la tempête Xynthia en demandant avec des communes et des associations d'habitants de Charentes-maritime la «suspension du zonage». Dans une «lettre ouverte» adressée au président de la République et au premier ministre.

    Ségolène Royal défend les victimes de la tempête
    envoyé par segolene-royal. - L'actualité du moment en vidéo.

    On est en droit de penser que ce n'est pas la première fois que de part le monde la mer a submergé le littoral et même lors du tsumani en décembre 2004 faisant suite à un tremblement de terre au large de la cote Est de Sumatra en Indonésie causant d'énormes dégâts et de nombreux morts. Qu'ont fait les habitants, ils ont reconstruit au même endroit ! De plus que font les habitants à l'Aquila à la suite du tremblement de terre, ils reconstruisent au même endroit. Dans notre situation, le renforcement des digues permettrait de préserver les maisons sachant qu'une telle catastrophe est très très rare, c'est la première fois depuis que je suis né, il y a 81 ans qu'une telle catastrophe survient. Vidéo les 1400 maisons détruites

    Xynthia : 1400 maisons seront rasées
    envoyé par BFM. - L'info video en direct.

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