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  • Galileo Galilei, deuxième partie,

    ce génie universel à l'origine de notre science moderne.

    Galileo Galilei subjugué par le succès de son poste à vie offert par le Sénat de Venise, décida d'aller plus loin. Il a en tête la construction d'une lunette deux fois plus puissante. Il se remet au travail, taille des lentilles et obtient un grossissement de vingt en décembre 1509. De cette lunette il découvrit en la pointant vers la lune ses cratères et ses reliefs, remettant en cause la vision aristotélicienne des corps célestes. Puis infatigable, il découvrit les quatre plus grand satellites de Jupiter, la planète Vénus et remarqua que la voie Lactée était composée d'étoiles. Il ébranla ainsi toutes les observations précédentes. Il publia ses observations dans le «messager céleste» Sidérus Nuncius.

    C'est un texte passionnant, une sorte de journal de bord d'une découverte scientifique qui se construit sous les yeux du lecteur. Cette confirmation par l'expérience qui fut la base des travaux de Galileo mêlant théorie et pratique, a eu sans doute autant d'importance pour l'élaboration de la science moderne que le contenu de ces théories qui jetaient bas la cosmologie aristotélicienne, la raison progressait désormais à la lumière conjuguée de l'œil et du cerveau, traduit du latin et annoté par Ferdinand Hallyn.

    planet_mvt.1251568060.gifLa cosmologie aristotélicienne est une vision d'Aristote qui est celle du géocentrisme, donc celle de l'église, signifiant que la terre était ronde au centre de l'univers. Autour de la Terre, sphérique et fixe, gravitent la Lune, le Soleil et les autres planètes (Mercure, Mars, Vénus, Jupiter et Saturne) à l'exception d'Uranus, Neptune et Pluton (car trop éloignées et invisibles alors et découvertes respectivement en 1781 par Herschel, 1846 par Le Verrier et Adams, 1915 par Lowel). Le tout est enfermé dans la sphère des étoiles.

    Galileo Galilei

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    Mais qui était ce savant Galileo Galiléi né à Pise le 15 février 1564 et mort à Arcetri près de Florence, le 8 janvier 1642, est un physicien, astronome mathématicien et mécanicien Italien du XVIIe siècle, célèbre pour avoir jeté les fondements des sciences mécaniques ainsi que pour sa défense opiniâtre de la conception copernicienne de l'univers.

    Fils de Vincenzo Galilei et de Giulia Ammannati di Pescia, l'aîné de leurs 7 enfants. La famille appartient à la petite noblesse et gagne sa vie dans le commerce. Vincenzo Galilei, son père, est luthier, musicien, chanteur, et auteur en 1581 d'un Dialogue de la musique moderne. Il participe à des controverses sur la théorie musicale. Il apprend à jouer à son fils de l'orgue et du luth mais ne souhaite pas que celui-ci devienne un artiste, il veut qu'il soit médecin. Galiléo entre donc à l'université de Pise pour y étudier la médecine et la philosophie. Durant cinq années il étudie et s'ennuie. La géométrie et les mathématiques l'attirent plus que le corps humain. Il étudie secrètement les mathématiques avec un ami de la famille Ostillo di Ricci mathématicien et architecte Italien professeur à l'Académie del disegno, du dessin.

    Ricci instruit Galilée à la géométrie par les Éléments d'Euclide qui sont une compilation du savoir géométrique à la base de l'enseignement des mathématiques pendant 2.000 ans. Dans le livre 5 des Éléments se trouve exposé la théorie des proportions de deux grandeurs de même nature entres elles qui sera à la base de la physique Galiléenne. En 1585 à 21 ans, il quitte l'université sans diplôme s'étant attiré l'animosité des professeurs pour avoir critiqué Aristote. Il devient percepteur et continue à étudier les mathématiques. A 25 ans, il obtient le titre de professeur de mathématiques et il enseigne à l'université de Pise. Son enseignement révolutionnaire pour l'époque basé sur l'expérimentation est très vite remarqué. Galileo organise des manifestations publiques sur la chute des corps. Du haut de la tour de Pise, il lance des boulets et montre ainsi que le temps de chute ne dépend pas de la masse du corps, les boulets touchent le sol en même temps.

    Il ne fut donc pas seulement un contemplateur des étoiles.

    C'est le début d'une révolution mathématique et physique qui se met en marche et qui bouleverse les théories, il se fait donc des ennemis. De ce fait, il est isolé, et ses protecteurs d'université, les Médicis finissent par ne plus le soutenir, d'autant plus qu'en 1952, il a émis un avis négatif sur une invention proposée par un Médicis. C'est bien connu, celui qui est en avance sur son temps est bien souvent incompris, rejeté, par ceux qui sentent qu'il risque de les supplanter. Son contrat de professeur n'est pas renouvelé.

    L'université de Padoue plus ouverte lui propose la chaire de mathématiques, il y restera dix huit années. Il pu ainsi donner la mesure de son génie. Il décide comme l'écrit Stéphane Rayan, Galilée l'incompris  jugé par l'Inquisition dans actualité de l'histoire n° 92, de fonder la physique sur des mesures précises plutôt que sur des principes métaphysiques et sur une logique formelle. Il instaure de ce fait un enseignement théorique et pratique, et chacun de ses cours se termine par des expériences dans un laboratoire qu'il a lui même monté, l'expérience confirmant la théorie. Bien entendu, il innove et cela ne fait qu'accroitre la méfiance de ses confrères mais aussi l'enjouement de ses élèves.

    Mathématicien reconnu, il sème a tous vents son génie donnant des cours d'architecture, d'astronomie, de mécanique appliquée. Il écrit des traités sur la mécanique, la cosmographie, l'équilibre des leviers, le mouvement des projectiles, les fortifications, Balancetta 1586, De Motu 1590, Tratatto di Fortificazioni e Tratatto di Meccaniche en 1953. Il les diffuse en de multiples exemplaires afin d'en tirer le maximum de revenus.

    Sur la chute des corps il découvre la loi du mouvement accéléré et met en évidence leur trajectoire parabolique due à la rotation de la terre engendrant la force de Coriolis qui sera définie plus tard. Il étudie le mouvement d'un lustre à la cathédrale de Pise découvrant ainsi la loi périodique du pendule en chronométrant le balancement à l'aide de son pouls.

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    Document les dossiers d'actualité de l'histoire n° 240.

    Il touche à tous les domaines de la mécanique et de la résistance des matériaux. Il énonce plusieurs théorèmes sur le centre de gravité de certains solides dans son Theoremata circa centrum gravitatis solidum et entreprend en 1586 de reconstituer la balance hydrostatique d'Archimède ou Bilancetta, la balance hydrostatique pour la mesure des densités. En 1597 il améliore et fabrique un compas de proportions, compas géométrique et militaire ancêtre de la règle à calcul. En même temps que ses études sur les oscillations du pendule pesant et invente le pulsomètre pour aider à la mesure du pouls en fournissant la mesure du temps.

    En 1588, il est invité par l'Accademia Fiorentina (Académie florentine) à présenter deux leçons sur la forme, le lieu et la dimension de l'Enfer de Dante. En 1590 et 1591, il découvre la cycloïde et s'en sert pour dessiner des arches de ponts.

    En 1656 il construit son premier thermoscope l'un des premiers appareils de l'histoire permettant de comparer de façon objective le niveau de chaud et de froid. Cette même année, Galilée et deux de ses amis tombent malades le même jour d'une même maladie infectieuse. Seul Galilée survit, mais il restera perclus de rhumatismes pour le restant de ses jours. Dans les deux années qui suivent, le savant étudie les armatures d'aimants. On peut encore voir ses travaux au musée d'Histoire de la Science (Musée de la Storia della Scienza) de Florence.

    Comme on le voit avec ces grands hommes la science a fait un pas de géant, aucun domaine de la vie courante qui n'aurait été ausculté. Avec Léonardo di ser Piero da Vinci dans les domaines de l'art peinture sculpture ces hommes nous ont donnés la voie à notre civilisation.

    140px-galileo_galilei01.1251654508.jpgSa statue sur la piazzale des Offices de Florence.

    Après sa condamnation en 1653, voir la première partie Galileo est assigné à résidence. D'abord assigné chez l'archevêque Piccolomini à Sienne, il obtient finalement d'être relégué chez lui, à Florence dans sa villa d'Arcetri, la Villa le Gioiello, non loin de ses filles au couvent.

    Au début, personne n'est autorisé à se rendre chez le «prisonnier d'Arcetri» mais cette interdiction s'assouplit ensuite, ce qui lui permet de recevoir quelques visites et lui fournit l'occasion de faire passer la frontière à quelques ouvrages en cours de rédaction. Ces livres paraissent à Strasbourg et à Paris en traduction latine.

    Le 2 janvier 1638, Galilée perd définitivement la vue. Par chance, Dino Peri a reçu l'autorisation de vivre chez Galileo pour l'assister avec le père Ambrogetti qui prendra note de la sixième et dernière partie des Discours. Cette partie ne paraîtra qu'en 1718. L'ouvrage complet paraît en juillet 1638 à Leyde, Pays-Bas et à Paris.

    Il est lu par les grands esprits de l'époque. Descartes par exemple enverra ses observations à Mersenne, l'éditeur parisien.

    Il restera à Arcetri jusqu'à sa mort, entouré de ses disciples (Viviani, Torricelli, Peri, etc.), travaillant à l'astronomie et autres sciences. Fin 1641, Galilée envisage d'appliquer l'oscillation du pendule aux mécanismes d'horloge. Quelques jours plus tard, le 8 janvier 1642, Galileo s'éteint à Arcetri, une petite colline au sud de Florence, à l'âge de 78 ans. Son corps est inhumé religieusement à Florence le 9 janvier dans le caveau familial de l'église de Santa Croce de Florence. Un mausolée sera érigé en son honneur le 13 mars 1736.

    Postérité de l'incompréhension des scientifiques à l'hommage de l'Église.

    Le procès de Galileo, spécialement pour son ouvrage Dialogue sur les deux grands systèmes du monde, 1633, a eu des retombées considérables sur la méthode scientifique, tant la méthode expérimentale que théorique, mais aussi indirectement sur la philosophie et d'autres domaines de la pensée. En philosophie, on vit ainsi apparaître des courants de pensée rationalistes (Descartes), et empiriques (voir Francis Bacon, mais aussi Robert Boyle), Wikipédia .

    Galileo Galilei devant le Saint Office au Vatican

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    Les dossiers de l'actualité de l'histoire n° 240

  • Galileo Galilei, première partie,

    Jugé par l'Inquisition, il du abjurer publiquement sa doctrine sur la rotation de la terre autour du soleil.

     

    C'est le 23 juin 1633 devant le tribunal de l'Inquisition qu'il du abjurer sous la menace de la torture que la terre était ronde et tournait autour du soleil en soutenant la théorie de l'héliocentrisme selon laquelle le soleil est au centre d'un système. Les planètes effectuant une rotation cyclique autour de cet astre. Réfutant les arguments du géocentrisme qui place la Terre au centre de l'univers, on comprend alors que l'héliocentrisme devient le pire ennemi de l'Église, cette dernière ayant fondé plusieurs de ses dogmes sur le constat que la Terre est ferme et immobile. Religieux et scientifiques s'affrontent de plus en plus violemment. Les enjeux de ces découvertes restent énormes et les risques d'une vérité percutante constituent un foyer de révolte extrêmement menaçant pour l'Église.

    jan_matejko-astronomer_copernicus-conversation_with_god.1251228095.jpgPeinture de Jan Matejko.

    Partisan de la doctrine Copernicienne décrite par Nicolas Copernic 1472-1543 ce savant humaniste qui a changé la vision du monde en plaçant le soleil au centre de l'univers, les planètes décrivant une trajectoire qu'il pensait circulaire. Voir ici Copernic et le système héliocentrique.

    Galilée est l'un des grands défenseurs de la théorie copernicienne c'est pour cela qu'il fut un des tout premiers à divulguer les principes de ce système en collaboration avec Giordano Bruno un martyr de la science, voir ici. Toutefois, le penseur élargit l'étendue de la doctrine copernicienne qui était à l'origine, presque uniquement cantonnée au domaine de l'astronomie. Il avait compris que l'adhésion au système copernicien équivalait à une rupture avec tout le vieux monde médiéval et à l'introduction d'une nouvelle conception de la réalité. La doctrine copernicienne était en effet pour lui un véritable point de convergence de toutes nouvelles recherches scientifiques (mathématiques, mécaniques, astronomiques …). Mais Galilée ajoute à la doctrine copernicienne un grand principe,

    il prétendit que le monde n'était pas clos comme l'avaient déclaré Ptolémée (Claudius Ptolemaeus est un astronome et astrologue et mathématicien Grec qui vécut à Alexandrie, Egypte au IIème siècle. Il est le créateur du système dit de Ptolomée qui adapte le système géocentrique d'Aristote au mouvement rétrograde de certains planètes, voir ici), ou encore Copernic, mais infiniment composé d'une infinité de planètes en orbite autour d'une infinité d'astres similaires au Soleil,

    apparut dès lors la notion d'Univers.

    Galilée se détourne rapidement de la recherche scientifique pure afin de se consacrer à une action de «propagande culturelle».

    Selon les vœux mêmes de Copernic, cette doctrine resta pendant longtemps confinée à un cercle restreint de spécialistes. Elle provoqua néanmoins des réactions de la part des savants et des théologiens. La plupart des astronomes restèrent fidèles au géocentrisme, tandis que la quasi-totalité des théologiens prirent position contre la théorie héliocentrique de Copernic.

    Parmi les théologiens réformés, on peut citer Melanchthon, et parmi les théologiens catholiques, on peut citer Bartolomeo Spina, son collaborateur le dominicain Giovanni Maria Tolosani, et le théologien jésuite Nicolaus Serarius.

    Les astronomes de leur côté avaient développé une doctrine intermédiaire entre le modèle géocentrique et le modèle héliocentrique, et l'équivalence des hypothèses. L'équivalence des hypothèses désigne une doctrine prônée entre 1580 et 1700 par l'Église catholique pour sauver la face suite aux avancées scientifiques prouvant la pertinence de l'héliocentrisme.


    img718.1251456136.jpgLa première lunette de Galiléo, document les dossiers de l'histoire.

    C'est en 1610 que Galilée commence ses observations astronomiques avec une lunette de 1609 d'un opticien Néerlandais du nom Lipperseiy qu'il met au point. L'objet est brut et sans grand intérêt scientifique, on y voit mal et flou. Galileo y entrevoit des immenses possibilités et décide de l'améliorer. Dans son atelier, il travaille sur une lunette à pouvoir grossissant supérieur et aux qualités de vision très utilisable. Il polit lui-même les verres de Venise jusqu'à ce qu'il obtienne un grossissement à 9 fois, l'image est fort correcte. A la présentation au Dodge de Venise c'est la stupéfaction puis l'enthousiasme. Galileo invite les Sénateurs de la République à venir l'essayer du haut du campanile de Venise. L'effet est inouï, les monuments éloignés de 30 km semblent proches seulement de trois kilomètres. Le Sénat vote un doublement du salaire de Galileo et confirme son poste à vie.

    Il commença alors à faire de la propagande copernicienne à Florence et à Rome. Il rencontra des résistances de la part des philosophes et des théologiens.

    Galileo écrit des lettres, argumente sa position, tente d'illustrer ses dires grâce à ses travaux d'astronomie, à l'invention d'un microscope aussi, mais il ne parvient toujours pas à prouver la rotation de la Terre irrévocablement. Il se lance alors dans l'étude des marées et en 1624, il entreprend à la suite des recherches sur la longitude et la latitude la rédaction d'un livre qu'il veut appeler dialogue sur les marées. Il y expose les hypothèses de Copernic et de Ptolémée. Mais une fois encore, il ne parvient pas à expliquer la présence de deux marées par jour dans ses probabilités relationnelles avec le cycle lunaire.

    En 1615, le carme Paolo Antonio Foscarini prit une position favorable à l'héliocentrisme, en montrant que cette hypothèse n'était pas contraire aux Écritures saintes. La controverse prit une telle ampleur que le cardinal Bellarmin, pourtant favorable à Galilée, fut obligé d'intervenir le 12 avril. Il écrivit une lettre à Foscarini où il condamnait sans équivoque la thèse héliocentrique en l'absence de réfutation concluante du système géocentrique. Tout en reconnaissant l'intérêt pratique, pour le calcul astronomique, du système de Copernic, il déclarait formellement imprudent de l'ériger en vérité physique. Galilée de son côté était bien conscient des difficultés que posait le système de Copernic par rapport aux passages cosmologiques de la Bible, comme le montre sa lettre à Christine de Lorraine (1615), mais il revendiquait une autonomie dans ses recherches.

    En février 1616, malgré tous ses efforts de persuasion pour faire admettre la pensée copernicienne, celle-ci est soumise à l'examen du Saint-Office et désormais frappée d'interdit dans tous les pays catholiques, cette censure étant ratifiée par le pape Paul V et l'Inquisition. Galileo se remet difficilement de cet échec cuisant.

    Toutefois, on ne considérait pas les idées héliocentriques comme hérétiques, mais simplement comme téméraires. Ses adversaires ne se sont pas directement attaqués à lui mais ont dénoncés au Saint Office les doctrines de Copernic et du Danois Tycho Brahe 1546-1601 et de l'Allemand Johan Keppler 1571-1630. En 1616, les livres de Copernic sont officiellement condamnés et les livres qui lui sont favorables sont soumis à la censure.

    Le cardinal Bellarmin 1542-1620 président de la commission du Saint Office notifia personnellement à Galilée qu'il ne doit plus soutenir que le soleil immobile au centre du monde est une opinion fausse et absurde en philosophie et est profondément hérétique par ce qu'elle est contraire aux Écritures. Le cardinal lui conseille de ne traiter le sujet que d'une manière hypothétique et dans des buts scientifiques et de ne pas essayer de les concilier avec la Bible. C'est en faisant référence à cette recommandation du Cardinal que l'Inquisition mettra Galileo en accusation quinze ans plus tard

    Il est malade et ne se réinvestit dans des recherches actives que vers 1618.

    En 1624 toujours soutenu par l'Académie des Lynx et par son ami le cardinal Maffeo Barberini, qui deviendra le pape Urbain VIII, le savant mathématicien et astronome et mécanicien, continue avec acharnement sa quête de la vérité. Mais en cette période tourmentée par les découvertes scientifiques, le moindre pas vers une vérité subversive tourne irrémédiablement à l'hérésie. En 1632, protégé par le Grand-Duc de Toscane, Ferdinand II de Médicis 1610-1670, et sur commande du Pape Urbain VIII 1568-1644, à la suite de son livre sur les marées, les autorités religieuses de Rome et de Florence approuvent le contenu et modifient le titre en,

    «Dialogo sopra i due massimi sistemi del mondo» (Dialogue sur les deux grands systèmes du monde),

    ouvrage dans lequel il ridiculise ouvertement le géocentrisme. L'ouvrage est un succès européen et le livre est rapidement épuisé.

    Cette théorie basée sur une discussion entre trois hommes de sensibilité différente, Sagredo un homme désireux d'apprendre rencontre Salvati qui représente Galiléo et défend les théories de Copernic, et Simplicio symbolisant la vieille pensée aristotélicienne bouleverse la science. On voit dans cette façon de représenter la croyance et l'incroyance le génie de cet homme. Le Pape, qui avait plutôt commandé une œuvre objective, s'indigne du côté propagandiste du dialogue qui défend la seule vision copernicienne. Une fois encore, Galileo qui a 69 ans est convoqué par le Saint-Office comparait pendant 20 longues journées et il renonce à argumenter sa défense ne sentant pas de répondant parmi ses juges, il sera cette fois condamné à la prison à vie.

    Son combat contre l'église fut donc le calvaire de sa fin de vie de savant, celui de la science contre le dogme. A cette époque seule l'église avait la connaissance, et quiconque contredisait son autorité était condamné à la prison à vie. L'église adepte du géocentrisme ne pouvait transiger sur cette question devant toute la chrétienté. Et en condamnant Galileo Galilei elle rétablissait son autorité pendant cette période en cause ses dogmes.

    Le 22 juin 1633, au couvent dominicain de Santa-Maria, la sentence est rendue, Galiléo est condamné à la prison à vie (peine immédiatement commuée en résidence à vie par Urbain VIII) et l'ouvrage est interdit.

    Le tribunal de l'Inquisition ou Galileo abjure ses observations sur le mouvement des planètes.

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    Document les dossiers d'actualité de l'histoire n° 240.

    Le texte des paroles prononcées par Galileo devant le tribunal.

    «Moi, Galileo, fils de feu Vincenzio Galilei de Florence, âgé de soixante dix ans, ici traduit pour y être jugé, agenouillé devant les très éminents et révérés cardinaux inquisiteurs généraux contre toute hérésie dans la chrétienté, ayant devant les yeux et touchant de ma main les Saints Évangiles, jure que j'ai toujours tenu pour vrai, et tiens encore pour vrai, et avec l'aide de Dieu tiendrai pour vrai dans le futur, tout ce que la Sainte Église Catholique et Apostolique affirme, présente et enseigne. Cependant, alors que j'avais été condamné par injonction du Saint Office d'abandonner complètement la croyance fausse que le Soleil est au centre du monde et ne se déplace pas, et que la Terre n'est pas au centre du monde et se déplace, et de ne pas défendre ni enseigner cette doctrine erronée de quelque manière que ce soit, par oral ou par écrit; et après avoir été averti que cette doctrine n'est pas conforme à ce que disent les Saintes Écritures, j'ai écrit et publié un livre dans lequel je traite de cette doctrine condamnée et la présente par des arguments très pressants, sans la réfuter en aucune manière; ce pour quoi j'ai été tenu pour hautement suspect d'hérésie, pour avoir professé et cru que le Soleil est le centre du monde, et est sans mouvement, et que la terre n'est pas le centre, et se meut.

     

    Urbain VIII donna l'ordre de faire connaître la condamnation de Galilée à tous les professeurs de mathématiques et de philosophie. Les copies de la sentence et de l'abjuration de Galilée furent envoyées dans l'Europe entière et suscitèrent la surprise des savants.


    200px-frans_hals_-_portret_van_rene_descartes.1251230079.jpgRené Descartes d'après Frans Hals.

    C'est ainsi qu'en novembre 1633, René Descartes apprit la condamnation de Galilée. C'est la raison pour laquelle il renonça à publier son traité du monde et de la lumière. Il reçut l'année suivante une version du Dialogue sur les deux grands systèmes du monde. Pensant que Galilée s'y était mal pris pour démontrer la thèse héliocentrique, Descartes entreprit une carrière philosophique pour proposer une nouvelle méthode de pensée se détournant de la scolastique, carrière qui commença avec le célèbre discours de la méthode (1637).

    Le discours de la méthode est le premier texte philosophique écrit par Descartes. Écrit en Français, langue vulgaire à l'époque voulait s'opposer à la tradition scolastique. Le discours de la méthode est le premier ouvrage philosophique en Français. C'est dans ce discours que l'on retrouve la célèbre phrase «je pense donc je suis» (cogito, ergo sum), c'est la base de toute connaissance, la première chose dont on ne peut douter, je peux douter de tout sauf de mon doute, c'est-à-dire de l’existence de ma pensée pendant que je doute, voir ici .

    La méthode scolastique du latin scola, école, désigne une philosophie développée et enseignée dans les universités au Moyen Âge visant à concilier la philosophie antique (particulièrement l'enseignement de la philosophie première d'Aristote) avec la théologie chrétienne.

    Sa définition précise reste problématique. «La scolastique médiévale ne peut se définir davantage par le souci de subordonner la vie intellectuelle à la vie religieuse, et de constituer un système spéculatif ayant pour objet essentiel l'accord direct d'une philosophie avec le dogme chrétien, ou le dogme musulman, s'il s'agissait d'une scolastique musulmane. Oui, les médiévaux ont poursuivi un idéal de savoir, une conception du monde, où s'engageraient dans une haute et unique sagesse les ressources des diverses sciences réunies».

    La controverse et le procès de Galilée mettaient en effet en évidence les limites de la méthode scolastique, trop spéculative et ne prenant pas assez en compte les résultats de l'expérience. Descartes fut le philosophe qui se démarqua le premier de la scolastique et de la philosophie aristotélicienne. Il proposa un système philosophique essentiellement rationaliste, dans lequel la recherche de la vérité reposait sur la raison et les lumières naturelles, et non sur les lumières de la foi.

    La Recherche de la Vérité par la lumière naturelle , la seule œuvre dialogique de René Descartes, bien qu'inachevée, constitue l'un des textes cartésiens parmi les plus vifs et pénétrants qu'il ait écrits. Il y apparaît la «modernité» d'une pensée formée par une culture très proche du scepticisme moderne et des Essais de Montaigne. Eudoxe (Descartes) ouvre un débat polémique contre un représentant de la tradition, Epistémon, et s'efforce de convaincre un jeune, Poliandre, qui n'a pas étudié au collège et ne fait confiance qu'à la lumière naturelle qu'il est possible de fonder une science solide, tout à fait autre que celle des philosophes.

    Dans ce but, Eudoxe expose dans une forme presque pédagogique les points déterminants de sa spéculation métaphysique, une singulière forme de scepticisme, «le plus vertigineux qu'il ait peut-être professé», une analyse du doute de rare profondeur, une assertion bâtie sur les ruines de la logique aristotélicienne et du principe de contradiction. Ouvrage introduit par Ettore Lojacono, qui enseigne la philosophie à l'Université La Sapienza (Rome), texte revu par Massimiliano Savini, professeur de philosophie à l'Université de Lecce.

    La suite à la seconde partie.

  • Bonne année à tous, et texte intégral des vœux de Nicolas Sarkozy.

    2009 est terminée, 2010 est née.

    Les célébrations du Nouvel-an dans le monde

    Les célébrations du Nouvel An autour du monde
    LEMONDE.FR | 31.12.09

    © Le Monde.fr

    Nous aurons fait le tour du soleil sur notre orbite elliptique entre le 03 et 04 janvier 2010. Nous seront à la périhélie sur l'axe longitudinal de l'ellipse à la plus petite distance du soleil de 1,47098074×1011m, le soleil étant l'un des foyers de l'ellipse. Nous avons parcouru autour de soleil 9,24375700×1011 m, soit 9243, 757 ×108 km à une vitesse périphérique moyenne de 29291 m/s, soit 292,91 km/s. Nous avons mis pour cette révolution de la terre autour du soleil un temps de 365,25696 jours sidéraux. Un jour sidéral est de 23 heures 56 mn soit 86160 s, et pour cette rotation de 31,470539×106 s, c'est aussi cela le nouvel an.

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    Référence, ici

    Les équinoxes, elles représentent les deux moments de l'année ou le jour et la nuit ont la même durée, ce sont les 20 ou 21 mars et les 22 ou 23 septembre. Les solstices sont les deux moments de l'année ou le jour et la nuit ont des durées extrêmes, ce sont 21 ou 22 juin et 21 ou 22 décembre. Le 21 ou 22 décembre sont donc les jours les plus courts et c'est à partir d'eux que l'on voit les jours s'allonger vers les plus longs de juin, ou nous commençons à entrevoir le bout du tunnel hivernal.

    Pour Sarkozy l'année s'est mal terminée, l'annulation de la taxe carbone par le Conseil Constitutionnel est une bonne chose pour une fois le Conseil fait remarquer l'injustice de la politique de Sarkozy. Cette loi faisait porter sur les particuliers tout le poids de cette taxe alors que les gros pollueurs représentant plus de 93 % d'émissions de gaz à effet de serre en étaient plus ou moins exonérés. En outre, il faut souligner que nous polluons que pour 5 % la planète alors qu'Américains et Chinois produisent plus de 45 % de gaz à effet de serre. Le coup politique de Nicolas Sarkozy à donc fait pschitt, lui qui se voulait écologiste alors qu'il ne l'a jamais franchement été. Mais il n'est pas le seul à avoir reçu ce boomerang de la taxe carbone, notre ancien socialiste Michel Rocard qui avait présidé en juin juillet la commission sur la taxe carbone, est revenu sur terre. Pour lui, la victime c'est la planète, c'est le risque que l'on ne combatte pas assez vite le changement climatique a poursuivit Michel Rocard. Il en veut au Conseil Constitutionnel qui vient de prendre quand même le risque d'arrêter tout si l'on s'arrête la dessus, il y aura crime de non assistance à planète en danger a-t-il déclaré a L'AFP.

    Les cadeaux faits aux entreprises en milliards d'euros ont toujours été sans retour pour la grande majorité des salariés, et s'ils ont eu des retombées ce ne sont que par des revendications salariales, jamais par la seule volonté du grand patronat. Le grand patronat à été l'artisan de la lutte des classes, c'est lui et lui seul qui en est la cause. S'il est normal qu'une entreprise gagne de l'argent, il est tout aussi normal que ses salariés reçoivent une juste récompense de leur travail, dans ces grands groupes industriels ce n'est jamais le cas, ou le profit sous toutes ses formes est la règle. Il ne faut donc rien espérer en retour de ces cadeaux pour les salariés.

    Si des réformes étaient souhaitables celles faites par le président Sarkozy sont un désastre pour notre économie, notre dette est montée à un sommet de 1457 milliards d'euros, 29,4 milliards en plus au mois de décembre ce qui porte notre endettement à 75,8 % du PIB.

    Outre la dette de l'État, la dette publique au sens du traité de Maastricht prend en compte celle des administrations de sécurité sociale, 47,6 milliards, des administrations publiques locales, 141,6 milliards, et des organismes divers d'administrations centrales, Odac, 109,4 milliards. La dette des administrations de sécurité sociale a augmenté de 5,9 milliards d'euros et celle des administrations publiques de 0,5 milliard, «un mouvement comparable à ceux observés lors des troisièmes trimestres des années précédentes», précise l'Insee.

    Dans la loi de finances 2010, le gouvernement prévoit que la dette publique passe de 67,4% du PIB en 2008 à 77,1% en 2009, 84,0% en 2010, 88% en 2011, 90% en 2012 et 91% en 2013. Le seul déficit public, lui, devrait représenter 116 milliards d'euros en 2009 ou 8,2% du PIB. Jamais les Français dans leur majorité ne retrouveront les conditions d'avant cette période et beaucoup resteront dans une précarité honteuse et des chômeurs y resteront en grande majorité et se retrouveront SDF à la fin de leurs allocations.

    A cette situation, il importe de savoir qu'à partir du 01/01/2010, 178 Tribunaux d'Instance vont fermer, c'est la réforme de la carte judiciaire lancée en 2007 de Rachida Dati tant décriée par les avocats et les magistrats. Elle vise a supprimer à terme 341 juridictions. Ces tribunaux traitent des petits litiges civils de la vie quotidienne, portant sur des sommes égales ou inférieures à 10 000 €, surendettement, conflit entre propriétaires et locataires, travaux mal exécutés, tutelles, etc... Nous avions une justice qui était bien malade pour le pauvre justiciable, encombrée, chère, parfois incompréhensible, des délais d'attente pour une première audience hors du raisonnables quand aux comptes rendus des greffes submergés et manquant de moyens c'est plusieurs mois pour la décision du jugement. Notre justice a toujours été le parent pauvre de la république de sorte qu'elle est peu consultée, ce qui permet des fraudes, des abus, des injustices, mal faite elle contribue, bien souvent, par cet état, à des abus, sachant que le justiciable aura des difficultés à faire valoir son droit. Ce n'est pas cette réforme qui va améliorer les choses.

    Quand à la justice de proximité capable de traiter des litiges jusqu'à 4.000 € sa saisine est faite au greffe du Tribunal d'Instance dont elle dépend, rien n'est précisé, et si les tribunaux d'instance ferment, comment saisir cette justice du pauvre ?

    Cette mauvaise nouvelle est malheureusement est suivie d'une autre, les augmentations rituelles de début d'année.

    Ce qui change, les échos.fr :

    Le SMIC, le RSA, l'ASS, les pensions de réversion des plus modestes mais aussi le forfait hospitalier ou le prix des TGV et des taxis augmentent demain. En revanche, les allocations familiales sont gelées.

    En 2010 et les années suivantes, la revalorisation automatique du SMIC aura lieu tous les 1er janvier. Demain, l'augmentation sera d'autant plus modérée que la précédente a eu lieu le 1er juillet en application de l'ancien système. En outre, cette fois-ci encore, le gouvernement a décidé de ne pas donner de coup de pouce, s'en tenant au minimum légal qui est de 0,5 %. Le salaire minimum va donc être porté à 8,86 euros l'heure, soit 1.343,77 euros mensuels brut, quelque 1.056 euros net, pour 35 heures hebdomadaires.

    Minima sociaux :

    Le revenu de solidarité active, RSA, va être revalorisé de 1,2 %, soit 460,09 euros mensuels pour une personne seule et sans enfant. L'allocation de solidarité spécifique, ASS, augmentera aussi de 1,2 %. Cette prestation versée aux chômeurs ayant épuisé leurs droits à assurance-chômage sous condition de ressources, qui se monte actuellement à 14,96 euros par jour, n'en sera pas moins au cœur du débat qui s'annonce entre l'État et les partenaires sociaux sur la protection des demandeurs d'emploi arrivés en fin de droit, qui vont se multiplier sous l'effet de la crise en 2010.

    Allocations familiales :

    Il n'y aura pas, cette fois-ci, de revalorisation des allocations familiales, ni de la prestation d'accueil du jeune enfant, ni du complément familial. La précédente hausse, de 3 % au 1er janvier 2009, s'était appuyée sur une prévision d'inflation beaucoup plus faible que ce qui a été constaté, si bien que pour rectifier le tir, il aurait même fallu baisser ces prestations, ce qui était politiquement inenvisageable.

    Retraites :

    Les retraités à revenus modestes, 800 euros au plus par mois, qui touchent une pension de réversion vont voir cette dernière revalorisée de 11,1 %. La mesure devrait bénéficier à environ 600.000 veuves et veufs. Par ailleurs, les pères d'enfants nés à compter de 2010 pourront bénéficier en partie de la majoration de durée d'assurance, MDA, de deux ans par enfant attribuée jusqu'à présent aux seules mères de familles salariées du privé. Les retraites seront, elles, comme chaque année, revalorisées le 1er avril. Si l'inflation est inférieure à 0,4 % en moyenne annuelle en 2009, ce qui est probable, mais ne sera confirmé qu'en mars, leur hausse sera inférieure à 1 %. Enfin, la durée de cotisation nécessaire pour une retraite à taux plein passe à 162 trimestres.

    Accidents du travail :

    Les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale à la suite d'un accident du travail seront désormais soumises, à hauteur de 50 %, à l'impôt sur le revenu.

    Transports :

    Les tarifs des TGV vont augmenter de 1,9 % en moyenne tandis le prix de la course en taxi va progresser de 1,2 %.

    Santé :

    Le forfait hospitalier journalier va passer de 16 à 18 euros. La précédente augmentation remonte à 2007. C'était la dernière étape d'une augmentation de trois euros en trois ans décidée dans le cadre de la réforme de l'assurance-maladie en 2004.

    Prélèvements sociaux :

    Le forfait social instauré l'an dernier, taxe sur l'intéressement, la participation ou l'épargne salariale sera doublée, à 4 %, tout comme les prélèvements sociaux sur les retraites chapeaux. Les plus-values mobilières seront soumises aux cotisations sociales dès le premier euro et l'exonération de prélèvements sociaux, dont bénéficiaient jusqu'à présent certains contrats d'assurance-vie en cas de décès du bénéficiaire, sera remise en cause.

    Politique de l'emploi :

    L'accord syndicats-patronat visant à améliorer l'indemnisation du chômage partiel en intégrant les primes dans le calcul et en prenant en compte toutes les périodes de chômage partiel pour le calcul des congés payés entre en vigueur demain, tout comme le contrat unique d'insertion, CUI, qui va harmoniser et assouplir les actuels contrats aidés par l'État, à destination des personnes exclues du marché de l'emploi.

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    Quand à la racaille, elle n'est pas encore nettoyée au Karcher, à la Saint-Sylvestre, pauvre Saint, 1137 voitures auraient été brulées en France d'après les chiffres du ministère de l'intérieur, l'année dernière le bilan s'établissait à 1147. Chiffres minimalisés d'après certains ce qui paraît évident mais sans plus. Il y aurait eu 549 interpellations dont 481 gardes à vue, 16 gendarmes et policiers auraient été blessés.

    2010 Vœux de M. le Président de la République

    Jeudi 31 décembre 2009

    Françaises, Français, mes chers compatriotes,

    L’année qui s’achève a été difficile pour tous. Aucun continent, aucun pays, aucun secteur n’a été épargné. La crise économique a imposé de nouvelles peines, de nouvelles souffrances, en France comme ailleurs. Je pense en particulier à ceux qui ont perdu leur emploi. Cependant notre pays a été moins éprouvé que beaucoup d’autres. Nous le devons à notre modèle social qui a amorti le choc, aux mesures énergiques qui ont été prises pour soutenir l’activité et surtout pour que personne ne reste sur le bord du chemin.

    Mais c’est à chacun d’entre vous que revient le plus grand mérite. Je veux rendre hommage ce soir au sang-froid et au courage des Français face à la crise. Je veux rendre un hommage particulier aux partenaires sociaux qui ont fait preuve d’un grand sens des responsabilités, aux associations qui ont secouru ceux qui en avaient le plus besoin, aux chefs d’entreprises, ils sont nombreux, qui se sont efforcés de sauver des emplois.

    Ensemble nous avons évité le pire. Mais nous avons aussi préparé l’avenir. Au moment où tout laisse à penser que la croissance va revenir, nous voyons qu’au cours de cette année, au milieu des difficultés de toutes sortes, un monde nouveau a commencé à se construire.

    Une nouvelle organisation mondiale se dessine à travers le G20. Des problèmes qui soulevaient depuis bien longtemps une grande émotion et qui paraissaient insolubles, comme les bonus extravagants ou les paradis fiscaux, sont en voie d’être résolus. Il n’est pas jusqu’au sommet de Copenhague qui n’ait ouvert une porte sur l’avenir en parvenant à faire prendre par tous les Etats des engagements chiffrés de lutte contre le réchauffement climatique et en posant le principe d’un financement pour les pays pauvres qui sera assuré par la taxation de la spéculation financière. L’Europe s’est enfin dotée des institutions qui vont lui permettre d’agir et la France a continué à se transformer. Elle arrive au terme de cette année avec une fiscalité plus favorable au travail et à l’investissement grâce à la réforme de la taxe professionnelle, un lycée qui prépare mieux à l’enseignement supérieur, des universités enfin autonomes, un service minimum dans les transports publics qui fonctionne, le RSA qui encourage la reprise d’activité pour nos compatriotes les plus démunis, une formation professionnelle davantage tournée vers les jeunes et vers ceux qui cherchent un emploi, un système hospitalier, une carte judiciaire, une organisation de notre Défense qui sont mieux adaptés aux besoins de notre époque, un fonds souverain à la française qui se tient désormais aux côtés de nos entreprises pour les aider à se développer et pour les protéger.

    Grâce à un plan d’investissement sans précédent nous allons pouvoir accomplir la révolution numérique, donner à tous l’accès au haut débit, numériser nos livres pour que notre langue, notre culture puissent continuer à rayonner, mais aussi créer 20 000 places d’internats d’excellence pour rétablir une réelle égalité des chances, et doter notre enseignement supérieur et notre recherche de moyens considérables pour réussir le pari de l’intelligence.

    Grâce à la loi Hadopi qui sera mise en œuvre en 2010, nos créateurs et nos artistes vont être protégés.
    Grâce au Grenelle de l’Environnement nous allons pouvoir relever le défi de la protection de notre environnement. C’est un domaine où il est bien difficile de faire évoluer les mentalités et les comportements. Mais je ne suis pas un homme qui renonce à la première difficulté, et la fiscalité écologique qui permet de taxer la pollution et d’exonérer le travail est un enjeu majeur. Dès le 20 janvier, le gouvernement présentera un nouveau dispositif afin que les consommateurs soient incités à consommer mieux et les producteurs à produire propre.

    Beaucoup de réformes ont été accomplies. Je sais qu’elles ont bouleversé des habitudes et qu’avant de produire leurs effets elles ont pu provoquer des inquiétudes. Mais qui peut croire que dans ce monde qui bouge l’immobilisme soit une alternative ? Il nous reste encore bien du travail. Je le conduirai avec le Premier Ministre et le Gouvernement dans le dialogue et avec un esprit de justice. En 2010, il va nous falloir : faire reculer le chômage et l’exclusion, réduire nos dépenses courantes pour nous permettre d’accroître nos dépenses d’avenir, simplifier notre organisation territoriale trop lourde, trop compliquée, trop onéreuse, consolider notre système de retraites dont j’ai le devoir d’assurer la pérennité financière, relever le défi de la dépendance qui sera dans les décennies à venir l’un des problèmes les plus douloureux auxquels nos familles seront confrontées. En 2010, nous réformerons notre Justice pour qu’elle protège davantage les libertés et qu’elle soit plus attentive aux victimes.

    Mes chers compatriotes, même si les épreuves ne sont pas terminées, 2010 sera une année de renouveau. Les efforts que nous faisons depuis deux ans et demi vont porter leurs fruits.
    Dans ce moment si crucial nous devons rester unis comme nous avons su l’être au plus fort de la crise. C’est cette unité qui nous a permis de prendre l’initiative d’entraîner les autres. Les idées que la France défend vont pouvoir s’imposer dans la recherche d’un nouvel ordre mondial : plus d’équilibre, plus de régulation, davantage de justice et de paix. Ces idées nous imposent un devoir d’exemplarité.
    Respectons-nous les uns les autres, faisons l’effort de nous comprendre, évitons les mots et les attitudes qui blessent. Soyons capables de débattre sans nous déchirer, sans nous insulter, sans nous désunir.

    Une France rassemblée, ayant confiance en elle, regardant l’avenir comme la promesse d’un accomplissement, voilà le vœu que je forme pour notre pays.
    A chacun d’entre vous, mes chers compatriotes, j’adresse tous mes vœux de bonheur pour l’année qui vient, avec une pensée particulière pour nos soldats, séparés de leur famille, qui risquent leur vie pour défendre nos valeurs et garantir notre sécurité. A nos compatriotes d’outre-mer je veux dire ma détermination à ce que la République tienne à leur égard cette promesse d’égalité et de dignité qu’elle n’a pas suffisamment tenue par le passé.
    Et aux plus vulnérables d’entre nous, à ceux que l’âge a affaiblis, à ceux que les accidents de la vie ont durement éprouvés, je veux dire ce soir qu’ils ne seront pas abandonnés. Face à l’isolement, face à la solitude, si répandus dans nos sociétés modernes, je souhaite que 2010 soit l’année où nous redonnerons un sens au beau mot de fraternité qui est inscrit dans notre devise républicaine.

    Mes chers compatriotes, Vive la République et vive la France.

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    A mes lecteurs que cette nouvelle année vous donne la santé le bonheur et la prospérité.

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