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  • La république de Chine, suite,

    la république populaire de Mao Zedong.

     

    La décennie de Nankin désigne la période durant laquelle le Kuomintang affermit son contrôle sur la «première République» et doit affronter les débuts de la guerre civile contre les communistes. Elle commence en avril 1927, quand Nankin est décrétée capitale par le Kuomintang. Elle se termine avec la seconde guerre sino-japonaise, quand le gouvernement chinois est temporairement transféré à Chongqing, la prise de Nankin par les Japonais en décembre 1937 et le massacre de sa population en marquant sa fin symbolique.

    img007.1258555685.jpgL'organisation de la défense des concessions à Shanghaï. Un détachement de fusillés marins se rend au consulat de France. Extrait de l'illustration du 26 février 1927.

    Le 18 avril 1927, immédiatement après la rupture sanglante avec les communistes, le gouvernement du Kuomintang dirigé par Tchang Kaï-chek s'installe à Nankin, qu'il décrète nouvelle capitale du pays. L'expédition du nord, chargée de pacifier et d'unifier le pays, est encore en cours. Pendant quelques mois, trois gouvernements se disputent la légitimité en Chine, celui de Tchang Kaï-chek à Nankin, celui de Wang Jingwei à Wuhan, et celui du seigneur de la guerre Zhang Zuolin, qui s'est auto-proclamé chef de l'État à Pékin. Le gouvernement de Wang Jingwei, faute de moyens financiers et militaires, se disloque dès le mois de septembre et Wang se rallie à la faction de Tchang. Ce dernier, le temps de terminer l'expédition du nord, laisse la tête du parti à son allié Hu Hanmin, et la tête du gouvernement à Tan Yankai, un allié de Wang Jingwei. L'assaut final est donné début 1928 contre les troupes de la clique du Fengtian. Le 3 juin, Zhang Zuolin fuit Pékin, il est tué le lendemain dans un attentat organisé par ses alliés Japonais.

    Les pays étrangers reconnaissent alors Nankin comme capitale de la Chine et son gouvernement comme l'autorité légitime du pays.

    800px-flag_of_the_republic_of_chinasvg.1258478288.pngUn nouveau drapeau national chinois, orné de l'emblème du Kuomintang, remplace le drapeau à cinq couleurs.

    Les seigneurs de la guerre contrôlent encore certaines zones, et Tchang Kaï-chek apparaît maitre du jeu. Courant 1928, il reprend officiellement son poste de chef de l'État, qu'il cumulera en 1930 avec celui de chef du gouvernement. Le 29 décembre 1928, Zhang Xueliang, fils de Zhang Zuolin, annonce le ralliement de ses troupes au gouvernement de Nankin, évènement désigné sous le nom de réunification chinoise.

    Le gouvernement du Kuomintang adopte une constitution provisoire et annonce un programme de reconstruction économique et de réformes sociales. Le gouvernement modernise les systèmes légaux et pénaux, stabilise les prix, tente de résorber la dette, et reforme le système bancaire, améliore l'infrastructure ferroviaire et routière et les équipements de santé publique, légifère contre le trafic de stupéfiants et augmente la productivité industrielle et agricole. Des progrès sont également faits dans l'éducation, et dans le but d'unifier la société Chinoise, un programme pour promouvoir la langue nationale et limiter ses variations dialectales est lancé. Son objectif est la reconquête des droits de souveraineté et les pressions étrangères sur la Chine sont modérées par la diplomatie.

    Le gouvernement de Nankin dénonce les traités inégaux qui arrivent à échéance et les puissances étrangères restituent les deux tiers des concessions tout en gardant les plus importantes. La Chine retrouve l’autonomie de ses ports. Le gouvernement nationaliste connaît cependant trois échecs majeurs, en matière agricole, les réformes agraires prévues dans le programme du Kuomintang ne sont pas appliquées, en matière économique le gouvernement de Nankin n’arrive pas à établir son budget, en matière de démocratie, aucun progrès n'est fait et Tchang Kaï-chek, non élu, et tirant sa légitimité de son statut de chef militaire, pratique une politique de plus en plus autocratique.

    En mars 1929, une partie des dirigeants militaires ralliés au Kuomintang, parmi lesquels Li Zongren et Bai Chongxi, s'opposent au programme de Tchang Kaï-chek qui risque d'aboutir à une diminution de leur influence. Li Zongren s'allie à Wang Jingwei, puis aux chefs militaires Yan Xishan et Feng Yuxiang. De mai à novembre 1930, les factions s'affrontent militairement dans l'épisode dit de la Guerre des plaines centrales.

    La Guerre des plaines centrales est une guerre civile qui se déroula en 1930 et opposa la faction du Kuomintang dirigée par Tchang Kaï-chek à la faction adverse, elle-même alliée à des seigneurs de la guerre. Elle se déroula en parallèle à la guerre civile entre nationalistes et communistes, qui avait débuté en 1927.

    Tchang Kaï-chek remportant la victoire, le conflit aboutit à ruiner quasiment le gouvernement de Nankin, tout en affaiblissant considérablement la défense de la Mandchourie du fait des déplacements de troupes. En février 1931, à la suite d'un désaccord sur le projet de constitution, Tchang Kaï-chek fait arrêter Hu Hanmin, président du comité central du Kuomintang. Sous la pression de l'appareil du parti, il doit bientôt le faire libérer. Hu Hanmin se réfugie dans son fief du sud de la Chine et organise sa propre faction, dénonçant la dictature de Tchang et demande sa démission. Le parti semble à nouveau au bord de la rupture violente.

    Mais le parti est forcé de s'unir à nouveau en septembre 1931, quand le Japon envahit la Mandchourie, la défaite militaire des troupes chinoises conduit Tchang Kaï-chek à démissionner en décembre de la présidence de la République, assumée ensuite par Lin Sen. Tchang Kaï-chek demeure néanmoins le chef de l'Armée nationale révolutionnaire et son influence reste prépondérante au sein du Kuomintang. Il continue de résider dans le palais présidentiel. Les heurts à Shanghai entre les troupes chinoises et japonaises, au début 1932, confortent sa position, en le faisant apparaître comme un chef militaire indispensable face à la menace japonaise. En 1933 et 1935, il évince son rival Wang Jingwei, qu'il remplace successivement comme chef officiel du Kuomintang, puis chef du gouvernement, étant de facto le véritable dirigeant de l'autorité centrale chinoise.

    Dans la première partie de sa vie politique, Mao Zedong a été influencé par le Mouvement du 4 mai 1919, le rejet de la culture classique, de l'impérialisme et l'apport d'idées socialistes. En 1927, Mao conduisit le soulèvement de la récolte d’automne à Changsha, dans la province du Hunan, en tant que commandant en chef. Mao était à la tête d’une armée, appelée «l’armée révolutionnaire des travailleurs et des paysans», mais fut vaincu et isolé après des batailles violentes. Ensuite, ses troupes épuisées furent forcées de quitter la province du Hunan pour le village de de Sanwan, situé dans les montagnes du Jinggang Shan dans la province du Jiangxi, où Mao réorganisa ses forces. Mao demanda aussi que chaque compagnie ait une cellule du parti avec un commissaire qui puisse donner des instructions politiques sur la base d’instructions supérieures. Ce réarrangement militaire initia le contrôle absolu du PCC sur ses forces militaires et a été considéré comme ayant eu l'impact le plus fondamental sur la révolution chinoise. Ultérieurement, Mao déplaça plusieurs fois son quartier général dans les Jinggang Shan. Dans ces montagnes du Jinggang Shan, Mao persuada deux chefs rebelles locaux de se soumettre. Mao fut rejoint par l’armée de Zhu De, créant ainsi «l’armée rouge des travailleurs et des paysans de Chine», mieux connue sous le nom d’Armée rouge Chinoise.

    De 1931 à 1934, Mao établit la République soviétique Chinoise du Jiangxi et fut élu président de cette petite république dans les régions montagneuses du Jiangxi. C’est là qu'il se maria avec He Zizhen, sa précédente épouse Yang Kaihui avait été arrêtée et exécutée en 1930.

    La République soviétique Chinoise parfois confondue avec le Soviet du Jiangxi, et désignée du nom de République soviétique Chinoise du Jiangxi, partie la plus importante de son territoire, exista de 1931 à 1937 avec le soutien de Moscou et sous la présidence de Mao Zedong.

    Cet état, composé de plusieurs régions «rouges» éparpillées au cœur du pays, avait pour base centrale celle où opérait Mao Zedong, Jiangxi et Fujian «rouges», qui couvrait quelques 50 000 km² pour 3,5 millions d’habitants. Le centre du PCC se déplaça de Shanghaï à Ruijin, et avec lui Zhou Enlai, qui vint prendre ses fonctions de chef du parti en décembre 1931. Zhou Enlai organisa l’état sur le modèle soviétique. Poursuivant son combat contre les communistes Tchang Kai-chek lance ses troupes et encercle la république soviétique Chinoise ce qui entraîne l'année suivante la fin du bastion communiste et contraint ses dirigeants à entamer la Longue Marche, pour se réfugier au Shaanxi.

    La Longue Marche, parfois appelée «La Marche de dix mille li» ou «de vingt-cinq mille li», est un périple de plus d'un an, mené par l'Armée rouge Chinoise et une partie de l'appareil du Parti communiste Chinois pour échapper à l'Armée nationale révolutionnaire du Kuomintang de Tchang Kaï-chek durant la Guerre civile Chinoise. C'est durant cette marche que Mao Zedong s'affirme comme le chef des communistes Chinois. Commencée en octobre 1934, la Longue Marche prit fin le 19 octobre 1935 et coûta la vie à entre 90 000 à 100 000 hommes rien qu'au sein des troupes communistes.

    La longue marche.

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    La longue marche fut une épreuve terrible comme ici à l'ascension des Monts Chia Chin, 130.000 hommes au départ, 30.000 à l'arrivée

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    Après plusieurs mois de marche vers l'ouest, talonnée et harcelée par le Kuomintang, l'Armée rouge est épuisée. Mao Zedong, en position de faiblesse vis-à-vis de ses pairs, à cause de ses bévues stratégiques liées à son désir de reprendre le pouvoir au sein du parti, a cherché une façon de reprendre les rênes du commandement militaire. C'est dans ces conditions qu'a lieu une réunion à Zunyi dans la province du Guizhou, du 6 au 8 janvier 1935. Cette réunion fait passer pour la première fois Mao Zedong sur le devant de la scène et il est décidé de le mettre à la tête du PCC, parti communiste Chinois. Mao refuse de rejoindre le contingent armé du Nord, plus nombreux et dirigé par un chef charismatique (qui ?) qui menacerait son fragile regain d'autorité. C'est ainsi qu'il fait tourner en rond ses troupes dans le Sichuan, décidant aussi d'attaquer des seigneurs de guerre locaux, attaques inutiles et coûteuses en vies humaines. Il cherche à temporiser la jonction, nécessaire mais menaçante pour lui.

    Finalement, il doit se résoudre à la jonction. La décision de rejoindre la région du Shaanxi est prise par Mao, mais elle ne fait pas l'unanimité. Des hommes comme Zhang Guotao s'y opposent et préfèrent s'établir sur la frontière de l'Union soviétique. C'est finalement Mao Zedong qui a le dernier mot. L'Armée rouge pénètre ensuite dans des régions non chinoises, très hostiles à une telle incursion étrangère. Ils sont alors non seulement harcelés par les troupes du Kuomintang, mais aussi par des groupes armés locaux, qui leur tendent des embuscades. La géographie du terrain est aussi difficile et ils doivent traverser des fleuves, des montagnes, tout en continuant à se battre. En juillet 1935 ils effectuent la jonction avec l'armée du quatrième front venue de la province du Henan. Suites à des dissensions au sujet du trajet à emprunter, ils se séparent. Les troupes de Mao Zedong traversent plusieurs marécages et subissent plusieurs embuscades des Tibétains et des Hui, des musulmans chinois. Et enfin, en octobre, ils atteignent la région du Shaanxi et leurs zones communistes comme Wuqi, Bao'an et Yan'an. En définitive, après une marche d'environ 12 000 kilomètres, la traversée de onze provinces, ils ne seront que 20 000 à 30 000 à arriver en vie.

    La Longue Marche reste un des symboles les plus importants de l'histoire de la lutte communiste Chinoise. De nombreux responsables politiques du PCC ont participé à la Longue Marche. Ces derniers ont transformé une défaite en une victoire et en un symbole de la résistance contre les troupes du Kuomintang.

    La Longue Marche a été également l'occasion pour le PCC de diffuser son idéologie révolutionnaire. Cependant, il est important d'évaluer la grande part de déformation des faits utilisée à des fins de propagande en premier lieu, il est faux de prétendre que le Kuomintang ait été une menace permanente pour les troupes communistes, n'oublions pas que le Kremlin, menacé potentiellement par le Japon, misait tout sur une coopération entre communistes et nationalistes. Le Kuomintang aurait donc sciemment laissé passer les troupes communistes. Le Kuomintang, qui disposait d'avions, aurait pu procéder à de nombreux bombardements des troupes communistes, qui n'ont jamais eu lieu. D'autre part, les communistes, notamment sous l'impulsion de Mao, se livraient en premier lieu au pillage, et non à une politique de redistribution des terres. Mao lui-même était largement impopulaire au sein de ses propres troupes auxquelles il avait fait subir de nombreuses pertes inutiles et il était généralement invisible pour elles, cloîtré dans une chaise à porteurs. Les inégalités de traitement étaient flagrantes entre les simples soldats et les dirigeants communistes de l'époque. Souvent comparé à l'Anabase par analogie aux dix mille, apparaissant comme une grandiose épopée, elle fait aujourd'hui le sujet de maints récits et représentations graphiques populaires.

    La guerre sino-japonaise 1934-1945.

    Le Japon entre en guerre contre les troupes Chinoises en 1937 et s'empare de Pékin. Tchang Kaï-chek se réfugie à Hankou après avoir fui Nankin. Les Japonais débarquent à Shangaï, Tchang Kaï-chek entre dans la résistance aux coté des communistes. La guérilla s'organise, les Japonais sont stoppés. Mais Hankou tombe entre leurs mains. Tchang Kaî-chek se réfugie à Chongqin 1938, qui sera sa capitale pendant sept ans. L'armée populaire communiste gagne au Hanan, au Shandong et au Zhejiang. Le mordant de ses troupes s'affirme tandis que celui des forces nationalistes s'effrite. Le gouvernement de Chongqin est affaiblit par les intrigues. Les États-Unis soutiennent la Chine en envoyant des missions militaires. Le Japon capitule le 14 août 1945. La guerre civile entre les nationalistes et les communistes ainsi que la pacification du nord reprennent.

    L'entrevue de Chongqong en août 1945 entre Mao Zedong et Tchang Kaï-chek ne donna aucun résultat.

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    Un gouvernement populaire du Nord Est se constitue bientôt suivit par un autre en Chine du Nord. La partie est perdue pour Tchang Kaï-chek, et le 8 écembre1949, il se réfugie dans l'île de Formose, Taïwan.

    La république populaire de Mao Zedong

    Le premier octobre 1949 le parti communiste Chinois sous la direction de Mao Zedong au balcon de la citée interdite, Mao Zedong proclame l'avènement de la République populaire de Chine. Cette prise de pouvoir met fin à une longue période de guerre civile marquée par l'invasion japonaise et la Longue Marche, le Kuomintang s'étant exilé à Formose.

    Mao Zedong se rend à Moscou ou Staline l'accueille fraîchement craignant de perdre son influence en Chine. Un traité d'alliance est d'amitié est néanmoins signé entre la Chine et l'URSS. La guerre de Corée ayant éclaté, 300.000 volontaires Chinois y sont envoyés. A l'intérieur le nouveau gouvernement doit lutter contre la corruption, le gaspillage, la bureaucratie etc... A cette période succède une phase, 1953 à 1957 ou la Chine populaire accroît son rôle extérieur.

    En 1949 la population de Nankin observe les soldats de l'armée rouge venus du nord

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    Le prochain article sera la république populaire de Chine

  • La république de Chine.

    est l'appellation qui a succédé à l'Empire Chinois de -221 à 1912 après J.C.

    Le nom est utilisé à la fois par la première république Chinoise et par l'actuel régime de Taiwan qui est la continuation du précédent.

    La dynastie Qing de 1664 à 1912.

    D'origine Mandchoue, elle est la dernière dynastie impériale à avoir régné avant la république de Chine. Les Mandchous prirent progressivement le pouvoir dans l'ensemble de la Chine en prenant Pékin en 1644 et instaurent un nouveau régime politique.

    L'Empire du Grand Qing.

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    Le drapeau.

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    Dans la seconde moitié du XIXe siècle, l'Empire Qing connut un long déclin, affaibli par les conflits internes comme par les pressions internationales, et fut finalement renversé par la révolution Xinhai, laissant la place à la République de Chine. Le règne de la dynastie Qing prit fin le 12 février 1912, avec l'abdication du dernier empereur de Chine, Puyi, alors âgé de six ans.

    La naissance de la République de Chine.

     

    180px-sunyatsen1.1258408127.jpgSun Yat-sen.

    Les jeunes Chinois rêvent d'une Chine unifiée et modernisée et se voient dramatiquement dépassés par les puissances occidentales et leur dynamisme capitaliste, colonialiste, et militaire. Le parti politique nationaliste Chinois Kuomintang ou Guomindang créé par Sun Yat-sen provoque des troubles dans la vallée du Yangzi à Wuchang en octobre 1911.

    Le Kuomintang est un parti politique nationaliste de la république de Taiwan créé par Sun Yat-sen. Il domina le gouvernement central de la république de Chine à partir de 1928 jusqu'à la prise du pouvoir par les communistes en1949.

    En décembre des représentants des diverses provinces choisissent Sun Yat-sen comme président de la République représentant de la Régence, Yuan Shikai chef de l'armée de Beiyang qui devait réprimer les révoltes, signe l'abdication de l'empereur enfant. Le 12 février l'Édit impérial annonçant l'abdication de Puyi est édité, et mentionne qu'en échange Sun Yat-sen lui laisse la présidence de la République.

    En mars 1912, une constitution provisoire est adoptée sous la forme d’une loi conventionnelle, et en août et septembre, des lois électorales créent la Chambre des députés réunie à Nankin. Le sénat provisoire accepte aussitôt Yuan Shikai comme président. Le 10 mars Yuan succède officiellement à Sun Yat-sen et déplace à nouveau la capitale à Pékin. Le 25 août le Tongmenghui et différents groupes nationalistes se dissolvent pour fonder ensemble le Kuomintang le 25 août 1912 dans la province de Guandong. Société secrète et mouvement de résistance connue aussi sous le nom de ligue unie ou Alliance révolutionnaire qui se définit comme un parti socialiste modéré. En février 1913, les élections donnent la majorité au Kuomintang. Suite à la chute du pouvoir impérial Sun Yat-sen décide de reconstituer ses forces avant les premières élections. Aidé de Song Jiaoren, le bras droit de Sun Yat-sen, apparaît bien placé pour devenir premier ministre, mais il est assassiné le mois le 20 mars 1913 à la gare de Shanghai.

    200px-yuan_shikai.1258408348.jpgYuan Shikai

    En tant que président Yuan Shikai voulait solliciter d'importants prêts à l'étranger, et il est soupçonné d'avoir commandité le meurtre pour éviter que son autorité ne soit remise en cause. Dans le courant de l'année, Yuan Shikai organise une répression contre les membres du Kuomintang plusieurs de ses partisans sont arrêtés ou tués, et trois gouverneurs provinciaux membres du parti et pratiquant la corruption dans les deux chambres législatives sont évincés. A partir de juillet 1913, il fait appel à la force et sur un coup d'état établit sa propre dictature entrainant la Chine dans un bref épisode de la restauration impériale. Le 4 novembre, le Kuomintang est déclaré illégal, et les journaux d'opposition interdits. Sun Yat-sen et d'autres opposants se réfugient au Japon et en appellent à une deuxième révolution, dirigée cette fois contre la dictature de Yuan Shikai. En janvier 1914, Yuan Shikai dissout ce qui reste du parlement et nomme de nouveaux parlementaires à sa solde. Les gouverneurs civils des provinces sont remplacés par des gouverneurs militaires. La constitution provisoire de 1912 est annulée puis remplacée en mai 1914 par un texte étendant considérablement les pouvoirs du président. Cette constitution est complétée par un amendement qui porte à 10 ans la durée du mandat présidentiel renouvelable sans réélection.

    Le 11 décembre 1915, dans une mise en scène savamment orchestrée, l'assemblée, aux ordres de Yuan Shikai, lui propose le poste d'Empereur. Yuan Shikai affecte initialement de refuser, mais accepte ensuite en fin de journée quand le parlement réitère sa demande. Le 12 décembre, Yuan Shikai proclament officiellement la restauration impériale, prenant le titre de Grand Empereur de Chine, assumant le nom de règne de Hongxian et distribuant des titres nobiliaires.

    La restauration impériale suscite une opposition immédiate des gouverneurs et chefs militaires provinciaux. Les premiers à se rebeller sont les généraux Cai E dans le Yunnan, et Li Liejun, dans le Jiangxi. Les insurgés décrètent la formation de l'Armée de protection nationale, tandis que d'autres provinces proclament leur indépendance. L'Armée de Beiyang, dont les troupes ne sont plus payées, n'oppose pas aux forces armées en révolte de résistance particulière. Yuan Shikai tente de gagner du temps en repoussant sa cérémonie de couronnement. Les puissances étrangères lui retirent leur soutien, sans choisir de soutenir un camp précis, à l'exception de l'Empire du Japon, qui menace d'envahir militairement la Chine et soutient ouvertement les républicains. Yuan Shikai fait machine arrière et renonce officiellement à son titre impérial le 22 mars 1916, après un règne de 83 jours, sans jamais avoir pu se faire couronner. Il tente de composer avec ses opposants en leur proposant de rentrer au gouvernement central mais se trouve isolé politiquement. Il meurt d'une maladie du foie le 6 juin 1916.

    Au Japon, Sun Yat-sen se réorganise. Il y fonde finalement le Parti révolutionnaire. Il retourne en Chine en 1918 et tente de former un gouvernement rival à Canton ou à Shanghai à partir de 1920. Son manque d'argent, de moyens militaires et d'expérience hypothèquent ces tentatives et le laissent à la merci des seigneurs de la guerre locaux. En 1922, des agents du Komintern lui proposent leur aide et l'incitent à reformer le Kuomintang. C'est à cette époque que Sun formule son idéologie, les «Trois Principes du Peuple», démocratie, socialisme et nationalisme anti-impérialiste. Sun se base à Canton, où il reçoit des fonds, du matériel militaire et l'aide d'experts en provenance d'Union soviétique. Le Parti communiste chinois (PCC) est alors allié au Kuomintang dans le cadre d'un front uni pour lutter notamment contre les seigneurs de la guerre.

    C'est l'époque des seigneurs de la guerre.

     

    Division de la Chine entre les différentes zones d'infuence militaires en 1925.

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    A la mort de Yuan Shikai la Chine dépourvue d'autorité centrale fut dominée par les conflits entre les différentes factions, dites «cliques», de seigneurs de la guerre, dont plusieurs se disputèrent le pouvoir à Pékin au sein du gouvernement de Beiyang. L'armée de Beiyang est divisée en deux principales factions, la clique de l'Anhui, dirigée par Duan Qirui et la clique du Zhili (Hebei) dirigée par Feng Guozhang. La clique du Fengtian, dirigée par Zhang Zuolin, gouverneur de Mandchourie, compte des unités locales aussi bien que des troupes issues de l'armée de Beiyang. Les principales de ces factions qui plongent la Chine dans des guerres de type féodal se disputent la réalité du pouvoir à Pékin, qui garantit au gouvernement en place la reconnaissance internationale. Le gouvernement de Beiyang s'assure la loyauté de différentes factions militaires, comme celle de Ma Bufang dans le Qinghai, en distribuant les postes officiels.

    180px-duanqirui.1258448623.jpgDuan Qirui chef de la clique de l'Anhui.

    A la domination de l'Anhui, 1916-1920, le président, Li Yuanhong, est entouré de généraux de l'armée de Beiyang, la réalité du pouvoir étant pour l'essentiel assurée par le chef du gouvernement Duan Qirui. Les efforts de ce dernier pour obtenir l'entrée de la Chine dans la première guerre mondiale aboutissent à son limogeage en mai 1917. Afin de se prémunir contre toute action de Duan, Li Yuanhong demande l'aide du général Zhang Xun, mais ce dernier, après que ses troupes aient investi Pékin et en accord avec le monarchiste Kang Youwei, proclame le rétablissement de Puyi sur le trône dès le mois de juillet. Les troupes de Duan Qirui interviennent et font échouer le coup d'État monarchiste, Duan, revenu aux affaires, obtient l'entrée de la Chine dans la guerre mondiale. Mais la rivalité de la faction de l'Anhui avec celle du Zhili, soutenue par la clique du Fengtian, aboutissent en juillet 1920 à une guerre ouverte, qui tourne au désavantage de Duan Qirui.

    180px-wu_pei_fu_430.1258448806.jpgWu Peifu l'un des chefs de la clique du Zhili.

    A la domination du Zhili, 1920-1924, après la mort de Feng Guozhang en 1919, la clique du Zhili est dominée par Cao Kun. En avril 1922, l'alliance avec la clique du Fengtian est rompue et débouche sur un conflit armé. Zhang Zuolin, battu, doit se retirer en Mandchourie. La faction du Zhili tente ensuite d'obtenir le ralliement de Sun Yat-sen, qui dirige un gouvernement rival dans le Guangdong, afin que lui et le président en titre Xu Shichang renoncent tous deux à leurs postes, et que Li Yuanhong retrouve la présidence. Sun Yat-sen se montrant trop exigeant, Cao Kun obtient le ralliement de Chen Jiongming, général lié au Kuomintang, et fait chasser Sun Yat-sen de Canton. En 1923, Cao Kun parvient à se faire élire président en distribuant massivement des pots-de-vin. Mais en septembre 1924, un nouvelle guerre éclate avec la faction de Zhang Zuolin. Feng Yuxiang se retourne contre la clique du Zhili et prend le contrôle de Pékin. Cao Kun est arrêté, et Wu Peifu, l'autre chef de la faction du Zhili, doit se retirer dans le centre de la Chine, ayant perdu le contrôle du nord.

    180px-zhang_zuolin2.1258449006.jpgZuang Zuolin le grand maréchal chef de la clique du Fengtian.

    A la domination du Fengtian, 1924-1928, l'alliance entre Zhang Zuolin et Feng Yuxiang est fragile, ce dernier a fondé sa propre faction politique, le Guominjun, qui s'est rapprochée du Kuomintang. En guise de compromis, le poste de chef du gouvernement est redonné à Duan Qirui, dont l'influence politique et militaire s'est considérablement réduite. Des négociations sont menées avec Sun Yat-sen mais n'aboutissent pas. En novembre de la même année, un nouveau conflit éclate, opposant Feng Yuxiang à Zhang Zuolin et Wu Peifu, alliés contre lui. Feng est battu, mais s'allie ensuite avec le Kuomintang lors de l'expédition du nord. Zhang et Wu ne trouvent pas d'accord quant au nom d'un nouveau président, une série de gouvernements intérimaires se succèdent, tandis que l'administration étatique de la Chine se désagrège. En juin 1927, face à l'avance des troupes de Tchang Kaï-chek, Zhang Zuolin se proclame ouvertement chef de l'État avec le titre de Grand Maréchal du gouvernement militaire de la République de Chine.

    180px-feng_yuxiang.1258449940.jpgFen Yuxiang chef du Guominjun est le nom de la faction militaire durand la période des seigneurs de la guerre.

    Situation au sud est en rébellion ouverte contre le gouvernement de Beiyang, plusieurs provinces refusant notamment de reconnaître le nouveau gouvernement de Duan Qirui après l'échec de la restauration impériale de 1917. La plupart des factions militaires du Yunnan, du Sichuan, du Guizhou, du Hunan, du Guangxi et du Guangdong reconnaissent le gouvernement que Sun Yat-sen proclame en juillet 1917 à Canton. En septembre 1917, Sun Yat-sen prend le titre de Généralissime du gouvernement militaire, formé pour défendre la constitution de 1912. Mais, en 1918, les factions militaires du Guangxi tentent d'imposer leur volonté à Sun Yat-sen, qui doit quitter Canton. Il forme alors une alliance avec plusieurs généraux et, en 1920-1921, un conflit militaire entre le Guangdong et le Guangxi permet de réduire la clique du Guangxi. Sun est alors élu Président extraordinaire, mais le général Chen Jiongming se retourne alors contre lui et, en 1922, s'allie à la clique du Zhili au pouvoir à Pékin pour le renverser. En mars 1923, Chen Jiongming est renversé par des partisans de Sun, et ce dernier peut revenir au pouvoir. Réorganisant le Kuomintang, Sun Yat-sen forme notamment avec le Parti communiste chinois une alliance connue sous le nom de Premier front uni. L'Académie militaire de Huangpu est fondée pour former une nouvelle élite militaire et un nouveau corps d'armée, afin que le pouvoir ne dépende plus d'alliances instables avec des seigneurs de la guerre. Sun Yat-sen négocie avec les factions du Zhili et du Fengtian au pouvoir à Pékin, mais meurt d'un cancer le 12 mars 1925. Six jours après la mort de Sun, le général Tang Jiyao, chef de la clique du Yunnan, se proclame son successeur, il est finalement battu par les troupes du Guangxi commandées par Li Zongren.

    L'expédition du Nord était une campagne militaire dans le but de soumettre les différents seigneurs de la guerre et d'unifier la république de Chine sous la bannière nationaliste. A la mort de Sun Yat-en il laisse un Kuomitang divisé, l'aile gauche, animée principalement par Wang Jingwei, souhaitait pour des raisons tactiques maintenir l'alliance avec le Parti communiste, l'aile droite, animée notamment par Hu Hanmin et Tchang Kaï-chek, ne faisait aucune confiance aux communistes.

    Les tensions entre Tchang Kaï-chek et l'agent du Komintern Mikhaïl Borodine vinrent encore aggraver les rapports avec les communistes. A partir de 1925 se déclencha le «mouvement du 30 mai», série de grèves générales et de manifestations contre l'impérialisme occidental et les seigneurs de la guerre chinois, dénoncés comme des agents de l'Occident. Ce mouvement était déclenché à la fois par l'émotion née de la mort de Sun Yat-sen et par la répression brutale d'une manifestation, le 30 mai 1925, dans les concessions internationales de Shanghai. Porté par le mouvement, le Kuomintang passa à l'action et mit officiellement sur pied l'Armée nationale révolutionnaire, avec l'aide matérielle des soviétiques et le conseil d'officiers de l'Armée rouge comme Vasily Blyukher.

    Le 20 mars 1926, un complot présumé contre Tchang Kaï-chek aboutit à la mise de Canton sous loi martiale et intensifia les tensions entre l'aile droite du Kuomintang, d'une part, et l'aile gauche du parti et ses alliés communistes, d'autre part.

    Le 9 juillet 1926, Tchang Kaï-chek prononça un discours devant 100 000 soldats de l'Armée nationale révolutionnaire et décréta le début officiel de l'expédition du nord, visant à concrétiser le projet de Sun Yat-sen. Les principaux seigneurs de la guerre visés par l'expédition étaient Zhang Zuolin qui régnait sur la Mandchourie, Wu Peifu dans la plaine centrale de Chine et Sun Chuanfang sur la côte Est. L'armée du Kuomintang, supérieurement équipée et organisée par rapport aux factions armées des seigneurs de la guerre, avança vers la région des plaines centrales, de la Rivière des Perles jusqu'au Yang-tsé-kiang. Sur son chemin, nationalistes et communistes rencontrèrent le soutien d'une large part de la population chinoise, dont de nombreux paysans et ouvriers, qui souhaitaient échapper à l'arbitraire imposé par les Seigneurs de la guerre. Pendant ce temps, le gouvernement du Kuomintang à Canton était parcouru de tensions du fait de la mainmise grandissante de Tchang Kaï-chek en qualité de chef militaire. En janvier 1927, Wang Jingwei déplaça le gouvernement à Wuhan pour se mettre à l'abri.

    Le massacre de Shanghaï en 1927.

    200px-chiang_kai-shek_in_full_uniform.1258468099.jpegTchang Kaï-chek président de la république, du 10 octobre 1928 au 15 décembre 1931 (1ère république) 1er août 1943 au 21 janvier 1949, idem, 1er mars 1950 au 5 avril 1975 président de la république de Taïwan.

    En mars, dans le cadre de l'expédition, les communistes, dirigés notamment par Zhou Enlai, animèrent une insurrection à Shanghai, les ouvriers chinois prirent le contrôle de la ville face aux troupes locales du gouvernement des seigneurs de la guerre, avant même l'arrivée de l'armée du Kuomintang. En avril, Tchang Kaï-chek, inquiet de l'influence grandissante des communistes, organisa contre eux une répression sanglante à Shanghai. Le Massacre de Shanghai fut l'un des principaux évènements qui signèrent en 1927 la rupture entre le Kuomintang et le Parti communiste chinois, et marquèrent le début de la Guerre civile Chinoise. Par cette attaque contre ses alliés communistes, la faction du Kuomintang dirigée par Tchang Kaï-chek entendait purger le parti de ses éléments gauchistes et empêcher toute prise de pouvoir par les communistes en République de Chine. Il déclencha la purge du parti de ses éléments gauchistes, prenant de facto le contrôle du parti, établissant son propre gouvernement à Nankin et réduisant à l'impuissance le gouvernement rival de Wuhan.

    Au début avril, Tchang Kaï-chek, Bai Chongxi et Li Zongren organisèrent une réunion du comité du Kuomintang, et décidèrent d'agir pour empêcher les communistes de prendre le pouvoir. Des contacts furent pris avec les triades de Shanghai comme la bande Verte pour leur demander d'organiser des groupes armées chargés d'attaquer ouvriers et communistes. Le 9 avril, le Kuomintang décréta l'état d'urgence. Le 11, un ordre secret fut envoyé à toutes les provinces sous le contrôle de Tchang Kaï-chek pour demander aux sections locales du Kuomintang d'organiser la purge du parti. Au matin du 12 avril, les gangs des triades attaquèrent en masse les ouvriers de Shanghai. Les troupes du Kuomintang désarmèrent les milices ouvrières. Le 13, l'armée ouvrit le feu sur la foule qui était venue protester devant son quartier général local. Tchang Kaï-chek décréta la dissolution du gouvernement local de Shanghaï, ainsi que de tous les syndicats et organisations ouvrières sous contrôle communiste.

    Plus de 1 000 communistes furent arrêtés. Si les heurts se soldèrent officiellement par 300 morts, 5 000 personnes furent comptabilisées comme «disparues». Des arrestations et des massacres de communistes eurent également lieu dans le courant du mois d'avril, dans les grandes villes chinoises, comme Canton, Nankin ou Changsha. A Pékin, Zhang Zuolin fit tuer 20 communistes qui s'étaient réfugiés à l'ambassade d'URSS, dont Li Dazhao, co-fondateur du PCC.

    Des membres du Kuomintang, comme Soong Ching-ling, veuve de Sun Yat-sen, dénoncèrent les actions de Tchang Kaï-chek. Mais ce dernier, dans le courant du mois, établit son gouvernement à Nankin, défiant le gouvernement de Wang Jingwei à Wuhan. Wang Jingwei rompit lui-même avec les communistes en juillet 1927 et finit par se rallier à Tchang. Après la prise de Pékin en juin 1928, Tchang contrôla la plus grande partie du territoire chinois. Chen Duxiu, chef du PCC, qui avait préconisé l'alliance avec le Kuomintang, fut discrédité dans les rangs communistes. La guerre civile contre les communistes suivit immédiatement cette purge politique, le Kuomintang réprima des soulèvements communistes dans des villes comme Canton. En août 1927 eut lieu le soulèvement de Nanchang, mené par Zhou Enlai et Zhu De. En septembre, Mao Zedong déclencha le soulèvement de la récolte d’automne, transposant les luttes communistes dans les zones rurales.

    Ces évènements marquèrent le début d'un long conflit, qui ne devait s'achever qu'en 1949 par la proclamation de la République populaire de Chine.

    La suite sera la république populaire de Mao Zedong

  • La Chine, suite 3,

    les dynasties primitives.

    La dynastie de Han de -206 à +200 ap, J.C.

    Introduction

    La fin des Qin est suivie d’une période incertaine durant laquelle plusieurs prétendants à la succession s’opposent jusqu’à ce que l’un d’entre eux, un petit fonctionnaire des Qin, Liu Bang, l’emporte et fonde une nouvelle dynastie qui prend le nom de Han. Le fondateur des Han est connu sous le nom de Gaozu. Si dans les premières années de la dynastie Han, la centralisation instaurée par les Qin a pu sembler un temps remise en question par la distribution de fiefs à des proches parents de l’empereur, très rapidement une reprise en main s’opère et aboutit à une nouvelle centralisation du pouvoir. Des Qin aux Han, sur fond de rivalité entre les pouvoirs régionaux et le palais impérial, on peut parler de continuité politique, institutionnelle et administrative. Christine N'Guyen Tri


    tripod_cauldron_earthenware_with_paint_western_han_dynasty.1258103138.JPGTripode en terre cuite peinte dynastie des Han antérieurs fin du troisième siècle jusqu'au premier siècle après J.C.

    Ce fut la première dynastie à adopter le confucianisme, voir la suite 1, qui devint le soutien idéologique de toutes les dynasties jusqu'à la fin de la Chine impériale. Sous la dynastie Han , l'histoire et les arts s'épanouirent, de nouvelles inventions améliorèrent la vie et des empereurs comme Wu Di -156 à -87 de son nom personnel Liu Che, est le septième empereur de la dynastie Han -140 à -87. Il est considéré, avec les empereurs Taizong dynastie Tang 618 à 907 et Kangxi dynastie Qing 1644 à 1912, comme l’un des plus grands empereurs de l’histoire de la Chine. Parmi les inventions des Han on peut citer le papier, l'encre et le collier d'attelage des chevaux. Les empereurs Han renforcèrent et étendirent l'Empire chinois en repoussant les Xiongnu (quelquefois assimilés avec les Huns), en soumettant des territoires à l'ouest, dans le bassin du Tarim, et au sud, et au Viêt Nam. Les Xiongnu entrèrent dans l'histoire, - 245, à l'occasion de l'affrontement contre le royaume de Zhao - 453 à -228, l'un des sept États qui composaient la Chine pendant la Période des Royaumes Combattants, voir la suite 2. La Chine était alors divisée en Royaumes soumise a des conflits permanents. Avec l'établissement de la route de la soie, on observe pour la première fois l'apparition d'un commerce entre la Chine et l'Occident. La population Chinoise est estimée à 60 millions d'habitants. Voir le tableau des empereurs Han ici.

    Les routes de la soie.

    routes.1258389031.jpg


    En chinois le terme di signifie Dieu, empereur, et Wu signifie guerrier, Wu di est souvent écrit en entier. Lui signifie empereur de la dynastie Han, l'appellation conventionnelle des empereurs est : nom de la dynastie + nom posthume.

    periode-grande-unite-feodale18.1258125260.jpgLiu Bang.

    La dynastie Han seconde des dynasties impériales, fût suivie par la période des Trois Royaumes 220 à 265, et fondée par l'empereur Gaozu de -202 à - 195, également connu sous le nom de Liu Bang chef de guerre d'origine paysanne révolté contre la dynastie Qin. Elle compta vingt-huit empereurs. Première dynastie impériale par sa durée, elle se divise en Han antérieurs -206 à + 9, capitale Chang'an, et Han orientaux 25 à 220, capitale Luoyang, séparés par la courte dynastie Xin fondée par Wang Mang, qui est du premier siècle avant notre ère n'ayant compté qu'un seul empereur dignitaire de la cour des Han et qui s'est emparé du pouvoir en 9 après J.C..Il s'efforça de mettre en pratique l'idéal social et politique des classiques confucéens, projet irréaliste qui s'acheva dans le chaos et la perte de sa courte dynastie en 23, la laissant avec une réputation d'usurpateur.

    Les quatre siècles de domination de la Dynastie Han sont généralement considérés comme un des âges d'or de l'histoire de la Chine. Jusqu'à aujourd'hui, le groupe ethnique majoritaire du pays se désigne lui-même comme étant le «peuple Han». Le triomphe du confucianisme, qui sous les Han voit en la présence de Tong Tchong-chou mort en 105 av J.C. un de ses plus brillant philosophes, suscite un développement considérable du genre historique, les Chinois considéraient l'histoire comme l'outil de base du politicien. Deux ouvrages mi-historiques mi-encyclopédiques sont composés sous les Han, Le che-ki, mémoires de l'historien de Seuma Ts'ien -145 à - 86 et l'histoire des Han de Pan Kou de -32 à - 92.

    La dynastie Han

    dynastie-han.1258050372.gif

    À l'issue de ses conquêtes, le territoire de l'empire atteignait quasiment la taille de la Chine actuelle, excepté le Tibet.

    L'idéologie politique des Han, Gaozu conscient des souffrances de la population sous les Qin et durant la guerre Chu-Han, voir la suite 2, mit en place un régime favorable à la classe paysanne, destiné à reconstituer les forces du pays. Les impôts furent réduits, et les lois légistes très dures pour le peuple furent partiellement révisées. Il imposa par contre lourdement les marchands dont il chercha à limiter les activités, probablement en réaction contre le rôle qu’ils avaient joué dans la dynastie précédente, Qin. On peut interpréter la politique de cet homme d’action comme pragmatique et réaliste plus que comme un signe d’adhésion délibérée à une quelconque idéologie. Ses successeurs immédiats poursuivront sa ligne. Wen di empereur de nom Liu Heng -179 à -157 et Jing di empereur Liu Qi -156 à -141 sont connus comme des partisans du huanglao, mélange de taoïsme et de légisme qui préconise pour le souverain le wu-wei, (le wu-wei est le principe d’action du sage qui agit en harmonie avec le Taoïsme, à l’extérieur comme à l’intérieur, wu signifie ne pas et wei acte, effort, ne pas aller au delà...), c'est à dire la non-intervention, attitude en accord avec la politique d’allègement des impôts et des peines légales. Leur règne, pendant lequel le pays connait une certaine prospérité et une paix relative, est vanté par l’histoire comme une période bénéfique à la population. Leur successeur Wudi adoptera le confucianisme comme idéologie politique, mais dans la réalité, des dispositions légistes resteront en place pour le contrôle de la population et le huanglao continuera d’exercer une certaine influence.


    180px-daodetianzun.1258062413.jpgLao Tseu en taoïste avec un éventail à la main.

    Le terme huanglao signe un courant de pensé Chinois caractéristique de la dynastie Han ayant des affinités légistes et taoistes. Avec le choix par Wudi du confucianisme comme idéologie politique officielle grâce aux efforts de lettrés comme Dong Zhongshu -195 à -179 lettré confucianiste de la dynastie des Han Antérieurs, le Huanglao serait devenu un courant religieux taoïste intégrant la croyance aux immortels et aux sorciers, huangdi empereur jaune souverain mythique de l'antiquité Chinoise -2597 à -2598, et Laozi furent divinisés. Laozi est la traduction Française de Lao Tseu signifiant vieux maitre, est un sage Chinois dont la tradition fait un contemporain de Confucius fin de la Période des Automnes

    Le taoisme est une religion développant un système de pensées religieuses et philosophiques. il constitue un syncrétisme complexe qui s'est développé en Chine au VIe siècle av. J.-C. Né parallèlement au confucianisme mais en rupture avec lui, le taoïsme est devenu, avec le bouddhisme, l'une des deux grandes religions chinoises. On peut dire que le taoïsme est la religion de la «Chine profonde», car il fait appel à des croyances d'une tradition forte ancienne touchant les couches les plus populaires de la société. Face au confucianisme, philosophie humaniste officielle insérant l'homme dans un univers avant tout moral et social, le taoïsme, lui, se montre davantage préoccupé de l'individu, de sa conscience et de sa vie spirituelle, voire spéculative, dans sa recherche d'une harmonie avec la nature et l'univers.


    Les Han antérieurs, - 206 (prise de Xianyang), -206 date officielle à -9.

    periode-grande-unite-feodale17.1258125282.jpgXuiang Yu.

    Durant les trois ans suivant la mort de Qin Shi Huangdi à Shaqiu, voir la suite 2, de nombreuses révoltes naquirent, aussi bien populaires que venant des descendants de l’aristocratie des Royaumes combattants supplantée par les Qin. La première importante fut celle de deux officiers mécontents, Chen Sheng général subordonné à Liu Biao cousin lointain de Liu Bei puissant ministre de l'empereur Han, et Wu Guang capitaine dans l'armée avec Chen Sheng, ce sont deux dirigeants de la révolte paysanne à la fin de la dynastie des Qin. Parmi les chefs de la rébellion devenue générale, finirent par émerger deux figures principales, l’aristocrate Xiang Yu, général de Chu, et son subordonné et rival Liu Bang. Lors de la guerre entre le Chu et le Han qui éclata entre ces deux prétendants au titre d'Hégémon, (Hégémon de Thasos - 245 poète comique Grec auteur de parodies), Liu Bang, émergea en vainqueur après sa victoire décisive à la bataille de Gaixia en -202. Poussé par ses courtisans, il prit le titre d'empereur, Huangdi et sera désigné après sa mort comme Han Gaozu

    Après la défaite de la révolte de Chen Sheng et de Wu Guang, Liu Bang et Xiang Yu continuèrent de diriger les paysans contre les Qin. En 207 avant J.-C., à Julu (au sud-ouest de Pingxiang, province du Hebei), Xiang Yu, avec une force inférieure en nombre, infligea une défaite écrasante à la force principale des troupes Qin. En même temps, Liu Bang assiégea Xianyang et mit fin à la dynastie des Qin. Après la chute des Qin, Xiang Yu se proclama roi hégémon de Chu Antérieurs et nomma Liu Bang roi de Han.

    Le nom de Han est à l’origine celui du fief donné à Liu Bang par Xiang Yu après la chute des Qin, englobant les actuels territoires du Sichuan, de Chongqing et le Sud du Shaanxi, dont la capitale était près de l’actuelle Hanzhong au Shaanxi, dans la vallée de la Han, affluent du Chang Jiang. Bien que -202 soit l’année de sa proclamation officielle par Gaozu, les historiens la font généralement débuter en -206, lorsque celui-ci entre à Xianyang, ancienne capitale des Qin

    En - 202, Liu Bang assiégea Xiang Yu et réussit a l'encercler à Gaixia (dans l'actuelle province de l'Anhui). Dans la nuit, Xiang Yu entendit les chants de Chu venant des camps des troupes de Han qui l'entouraient, il pensa que le territoire de Chu était déjà entièrement occupé par l'armée de Han. Plein de regret et de chagrin, il fit ses adieux à sa concubine favorite Yuji, rassembla 800 cavaliers pour s'ouvrir une route et s'enfuit. Poursuivi sans relâche par les troupes de Han, il finit par se donner la mort à Wujiang (nord-est de l'actuel district de He de la province de l'Anhui). L’héroïsme de Xiang Yu a toujours été l'objet des éloges des générations suivantes.


    La dynastie Xin 9 à 25 ap J.C.

    A la fin des Han Antérieurs dernier empereur Lui Ying 6 à 8 ap J.C., apparaît la courte dynastie Xin (renouveau) du premier siècle avant notre ère n'ayant qu'un seul empereur Wáng Măng 9 à 23, un dignitaire de la cour des Han, s'est emparé du pouvoir en 9 apr. J.-C.. Il s'efforça de mettre en pratique l'idéal social et politique des classiques confucéens, projet irréaliste qui s'acheva dans le chaos et la perte de sa courte dynastie en 23, le laissant avec une réputation d'usurpateur. Il tenta ainsi d’imposer un système où l’État, propriétaire de toute la terre, la distribue aux familles de paysans payant l’impôt, la superficie attribuée étant calculée selon le nombre et le sexe des membres de la famille. La majorité des activités professionnelles et le prix des denrées essentielles devaient être aussi placés sous contrôle de l’État. Cependant, sans aucune connaissance pratique ni du terrain ni des réalités économiques, impuissant à forcer effectivement les grands propriétaires à restituer leurs terres et libérer leurs serfs, il n’engendra que mécontentement et fut tué en 22 dans une révolte d’origine populaire constituée de deux armées, les «Sourcils rouges» et les «Forêts vertes». Le dernier empereur est Geng Shi di , Liu Xang 23 à 25 ap J.C. Il marque la reprise du pouvoir par le clan Liu après l'éphémère dynastie Xin. Il doit faire face à des guerres civiles et meurt étranglé sous l'ordre de son successeur Guang Wu Di, Liu Xiu premier des Han orientaux.

    Les Han Orientaux 25 à 200 ap J.C.

    Les révoltés étaient encouragés par le fait qu’ils avaient avec eux un descendant de Jingdi, Liu Yan était un général de l'un des grands soulèvements contre la dynastie Xin de la Chine et de son empereur, Wang Mang, désireux de reprendre le trône comme le promettaient les écrits prophétiques chenwei en cours à l’époque. Néanmoins, les rebelles préférèrent finalement soutenir Liu Xuan, cousin de Liu Yan considéré comme aisément manipulable. Ce fut lui qui tua Wang Mang et se proclama empereur Geng Shi di. Son incapacité poussa toutefois rapidement les Sourcils rouges à s’en débarrasser. Il est renversé puis tué. Liu Xiu, frère de Liu Yan mort entre-temps, le remplace et se proclame empereur Guang Wu Di, premier des Han orientaux, il transfère la capitale à Luoyang.

    Après une dizaine d’années de luttes, Guang Wu Di réussit à imposer son pouvoir contre les grands féodaux et d’autres descendants réels ou prétendus d’empereurs des Han Antérieurs. Il mit en place des réformes destinées à corriger les vices qui avaient causé la perte de ses prédécesseurs, sans toutefois réussir à éliminer le plus grave d’entre eux, le système fiscal faisant reposer l’essentiel du poids de l’impôt sur les paysans libres. Aucun de ses successeurs ne put réellement empêcher les grands propriétaires et les courtisans d’étendre leur pouvoir au détriment du bon fonctionnement de l’État. Malgré un certain optimisme pendant le règne des trois premiers empereurs, la situation des finances continua de se détériorer, d’autant que les luttes aux frontières ne cessèrent jamais. Le système des examens, des promotions et démissions de la fonction publique fut corrompu par le népotisme, donnant naissance à un conflit exacerbé entre les eunuques et les fonctionnaires confucéens, ainsi qu’au qingyi, débat philosophique sur les qualités requises d’un bon ministre et d’un sage gouvernant.

    Comme la courte dynastie Xin, les Han Orientaux disparurent dans un climat de révolte. En 184, sous l’empereur Ling Di, Liu Hong 168 à 189, la secte taoïste Taiping fondée par Zhang Jiao, proclamant la fin proche de la dynastie qui devait laisser place au règne de la Grande paix (Taiping dao est avec l'école des cinq boisseaux de riz l'une des premières sectes taoïstes connue basée sur le canton de Taiping), donna naissance à un soulèvement organisé, celui des Turbans Jaunes. Leurs attaques militaires, débutées en 185, devinrent une menace très sérieuse entre 189 et 192, qui ne fut éradiquée qu’en 205, laissant les généraux qui l’avaient combattue encore plus conscients de leur puissance. Les principautés périphériques avaient de fait repris leur indépendance. Cao Pi écrivain Chinois fondateur de la dynastie Wei, fils de Cao Cao seigneur de guerre écrivain et poête de la fin de la dynastie Han, ancien secrétaire impérial et prince de Wei, força Xian Di, Liu Xie 189 à 220 à abdiquer, mettant officiellement fin à la dynastie Han. Il se proclama empereur cette même année, mais ses prétentions furent immédiatement contestées par Liu Bei, membre éloigné de la famille impériale et roi de Shu, qui se déclara successeur de Xian Di. Sun Quan, roi de Wu était un seigneur de guerre à la fin de la dynastie Han et premier fondateur de la dynastie des Wu Antérieurs début de la période des Trois Royaumes, les imita en 222. De ces Trois royaumes, Wei sortira vainqueur, mais ne réunira pas l’empire pour autant. Il faudra pour cela attendre la dynastie Sui.


    Le Bouddhisme.

    250px-buddhahead.1258136302.JPGGandhara Bouddha premier et second sècle, musée Guimet.

    C’est au premier siècle que le bouddhisme pénétra en Chine par l’intermédiaire de l’Empire kouchan. La légende rapporte que l'empereur Ming Di, Liu Zhuang 58 à 75 rêva d'un homme qui semblait fait d'or.

    Le bouddhisme y est devenu à partir de la fin du IIIe siècle l’un des trois principaux courants idéologiques et spirituels (les Trois écoles, sānjiào) avec le confucianisme et le taoïsme, tout en y poursuivant son évolution. À l'exception de certaines influences vajrayana (bouddhisme tibétain) ou hinayana, les principaux courants actuels des bouddhismes japonais, coréen et vietnamien proviennent d'écoles mahayana qui sont nées ou ont pris leur essor en Chine.

    Cette nouvelle religion présentait des caractéristiques en désaccord avec l’idéal moral et social façonné par le confucianisme. Ainsi, le célibat monastique adopté en vue du perfectionnement spirituel individuel contrevenait au devoir de contribuer de façon productive à la famille et à l’empire, au détriment de l'accomplissement personnel si nécessaire. Il répondit en mettant en avant des sources indiennes, à l’origine mineures, présentant son utilité sociale et promouvant la piété filiale. On vanta l’efficacité des prières des moines pour délivrer, le cas échéant, ses parents de l’enfer, notion que le bouddhisme dota d’éléments indiens et d’une riche iconographie. Dès lors, dans l’ensemble syncrétique de la religion chinoise, les rites mortuaires feront souvent appel à lui. Avec le taoïsme il offrait des similitudes extérieures. Au début, il en fut parfois considéré comme une forme, et le vocabulaire taoïste servit à traduire celui des soutras. Certaines notions se confondirent au point qu’il est parfois impossible de démêler précisément les deux influences. Une tradition ancienne prétendant que Lao Zi partit vers l’ouest à la fin de sa vie donna naissance à la légende taoïste qui affirme qu’il est en fait le Bouddha (Siddhārtha Gautama du clan Śākya, dit Shākyamuni ou le Bouddha, fondateur historique d'une communauté de moines errants, qui devint par la suite le bouddhisme), elle sera utilisée comme propagande quand les deux courants deviendront concurrents. Le taoïsme développa son monachisme pour imiter les grands monastères bouddhistes. Néanmoins, les contacts et échanges entre les deux religions ne cessèrent jamais, on les trouve réunis dans la religion populaire, certaines formes du Chan, les courants syncrétistes nés sous les Song et les nouveaux courants religieux apparus au XIXe siècle.

    Après cette ouverture sur les dynasties primitives, le prochain article sera la république de Chine plus proche de nous et surtout plus assimilable

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