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  • Un grand emprunt, mais aussi plus de dette,

    qui est un impôt de plus pour demain!

     

    Il s'agit de 35 milliards d'euros annoncés haut et fort par le président de la république et les médias, mais en fait cet emprunt n'est réellement que de 22 milliards d'euros puisque 13 milliards proviendront des sommes remboursées par les banques à l'État. Qui peut être contre puisque contraints et forcés il n'y a pas d'autres alternatives que d'emprunter pour notre relance par l'investissement puisque le paquet fiscal ne peut être remis en cause.

    On sait que cette somme est celle qui a été proposée par la commission Jupé Rocard sur ses réflexions d'un emprunt pour booster l'économie bien mise à mal par le paquet fiscal, ou loi Tepa du 1 août 2007 en faveur du travail de l'emploi et du pouvoir d'achat intégrant les réductions d'impôts sur l'ISF, l'abaissement du bouclier fiscal introduit sous Chirac, et de multiples autres choses, soit 27,8 milliards d'euros en 2007 rapport de la Cour des comptes, ce qui porte en y intégrant les 2,5 milliards d'allègements de TVA sur la restauration rapide quelque chose à +30 milliards d'euros ajustés à fin 2009. Sachant, en outre, que la loi Tepa a créée de nouvelles exonérations générales sur les heures supplémentaires en 2008 d'un coût de estimé à 2,9 milliards d'euros on est près des 33 milliards d'euros. Or le rendement en termes d'emploi est négatif le chômage ne cesse de croître, et en termes de bien être et conditions de vie le bilan est aussi très mauvais, la misère ne cesse d'augmenter. Les salaires étant bloqués depuis trop d'années, il n'y a plus d'argent, le pouvoir d'achat donc la consommation chutent énormément, et les rentées fiscales sont en berne avec un déficit de plus en plus important de la sécurité sociale.

    C'est le triste bilan des années Chirac aggravées fortement par celle de Sarkozy qui, s'il maintien sa politique d'allègement fiscal, ne pourra redresser les finances de l'Etat. Ce que l'on pourrait admettre est que cet argent qui manque à nos finances a probablement évité un effondrement de notre économie et aurait soutenu notre industrie pour les grandes entreprises qui ont peut être limité les pertes d'emplois. Ce n'est pas moi qui l'écrit mais la Cour des comptes qui note, dans son rapport, qu'il y eu trop d'allègements eu égard aux emplois créés, en d'autres termes, on a trop donné et pas assez reçu. Nous avons enrichit les entreprises et leurs dirigeants à la fois par les allègements des charges mais aussi par la réduction de leurs impôts, ce n'est pas la double peine mais le double avantage de la politique de Sarkozy.

    Nous avions fin octobre un déficit de 134,8 milliards d'euros contre 60,7 milliards un an plus tôt. Or en cette fin d'année le déficit budgétaire est 141 milliards d'euros, soit une aggravation de 36,6 milliards par rapport à la loi de finance initiale.

    Notre dette publique approche des 1.500 milliards d'euros, mais ce montant englobe un certain nombre de paramètres qui n'ont pas tous la même incidence de sorte qu'il est difficile de cerner son influence. Elle est gérée par l'Agence France trésor. Elle augmentera d'environ de 2,33 %, ce qui est peu, mais lourd en valeur absolue. Ce qui compte est ce que nous devons payer chaque année, c'est à dire, la charge de cette dette de l'État qui est prévue de 42,5 milliards d'euros en 2010 dans le dernier plan de finances, mais il faut s'attendre à une somme bien plus élevée. C'est autant d'argent qui ne rentre pas dans notre économie. Nous avons donc tout intérêt à réduire cette charge de dette et non à l'augmenter.

    Nous avons déjà injecté dans notre économie 27 milliards d'euros dus au plan de relance qui était de 26 milliards d'euros sur deux années et dont Patrick Devedjian en est le ministre. Plus des trois quarts des sommes annoncées en décembre 2008 et en février 2009 au titre de la période 2009-2010, ont déjà été injectés dans l’économie. De même, plus de 1 000 chantiers bénéficiant de crédits du plan de relance ont été effectivement lancés, en métropole et outre-mer. L’Etat et les entreprises publiques ont versé 3,8 milliards d’euros. Le but de ce plan face à la crise mondiale qui change notre économie était «c'est la seule manière de préparer les emplois de demain, a annoncé le chef de l'État. Car nous avons des retards d'investissements considérables depuis des décennies, car la France sacrifie depuis trop longtemps l'investissement au fonctionnement, sic». Douai le 4 décembre 2008.

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    A Douai, Nicolas Sarkozy a présenté son plan de relance "par l'investissement". © AFP/ERIC FEFERBERG

    Avec cet emprunt de 35 milliards l'État aura injecté quelques 62 milliards d'euros prélevés sur les Français, il n'est donc pas étonnant qu'ils soient étouffés. Cette politique apparaît de plus en plus non réfléchie sans programme au coup, par coup, et tant pis si ça fait mal.

    L'objectif de ce nouvel emprunt est de booster l'enseignement supérieur et la formation par l'injection de 11 milliards d'euros, dont 8 milliards serviront à «faire émerger 5 à 10 campus d'excellence ayant les moyens, la taille critique et les liens avec les entreprises qui leur permettront de rivaliser avec les meilleurs universités mondiales». Un système de dotation permettra aussi aux universités de disposer de ressources pérennes, non soumises aux aléas des arbitrages budgétaires. L'État investira aussi 500 millions d'euros dans la rénovation des centres de formation, le développement de l'apprentissage et la création d'internats d'excellence.

    Pour la recherche, 8 milliards d'euros avec deux priorités mises en avant, une politique de valorisation visant à «amener les travaux de nos laboratoires vers les applications industrielles», 3,5 milliards, et la santé et les biotechnologies, 2,5 milliards.

    Le soutien à l'industrie et aux PME, 6,5 milliards d'euros qui serviront à aider les «filières d'excellence à préparer l'avenir», en particulier l'aéronautique, le spatial, l'automobile, mais aussi le ferroviaire et la construction navale, ou à aider à l'émergence d'une nouvelle politique industrielle.

    Le développement durable, 5 milliards d'euros en plus de ce qui est déjà prévu dans le cadre du Grenelle de l'environnement.

    Le passage à l'économie numérique, 4,5 milliards d'euros, avec un plan «comparable à l'effort que fit notre pays dans les années 1970 pour le téléphone», et qui sera présenté par le gouvernement dans les prochains jours.

    Le volet industriel du plan d'investissements a été musclé et sera articulé avec les États généraux de l'industrie. Pour respecter l'engagement du gouvernement d'une «parité absolue des efforts de recherche entre le nucléaire et les énergies renouvelables», le CEA va se transformer en Commissariat à l'Énergie Atomique et aux Énergies Alternatives. Les intérêts de cet emprunt seront financés par des économies supplémentaires sur les dépenses courantes de l'État, ce qui signifie par des réductions de personnels et autres investissements éducatifs, santé, et sociaux.

    Quelles sont les réactions des partis politiques.

    Pour le parti socialiste ce sont ses modalités de financement ainsi que le risque d'une dette supplémentaire, nous le savons déjà. L'argument de Monsieur Didier Mignaud président de la commission des finances de l'Assemblée nationale est,

    «pourquoi devons-nous rechercher 35 milliards d'emprunt supplémentaires alors que nous aurions pu ne pas perdre de la recette ?». «La TVA sur la restauration, des droits de succession, ou le bouclier fiscal». «Nous ne sommes pas des intégristes sur le plan de l'équilibre budgétaire mais un emprunt, c'est de la dette supplémentaire. On peut craindre que le grand emprunt ce soit les allègements d'impôts d'hier et surtout les impôts de demain».

    Pour les Verts, c'est en dessous des attentes et des enjeux. Ils estiment que les annonces du président Nicolas Sarkozy sur le grand emprunt sont loin de satisfaire à la conversion écologique de l'économie, sont «en dessous des attentes et à côté des enjeux». Le montant réel de l'emprunt s'établit à 22 milliards d'euros, soit bien moins qu'annoncé il y a encore quelques mois à grands renforts de trompettes, affirment dans un communiqué Djamila Sonzogni, porte-parole, et Mickaël Marie, secrétaire national adjoint des Verts. Selon eux, «les priorités annoncées semblent avoir été piochées dans un catalogue d'idées à la mode, sans véritable ligne directrice ni cohérence entre elles». Une fois de plus, le discours du président de la République ressemble à un texte mal cousu de points contradictoires, davantage destiné à attirer la lumière qu'à préparer l'avenir, ajoute le communiqué.

    L'UMP salue l'intelligence des choix du gouvernement. Après l'annonce par Nicolas Sarkozy des priorités pour le grand emprunt, estimant qu'avec elles, la France choisit délibérément d'investir dans l'avenir. «Je tiens à saluer l'intelligence des choix du gouvernement qui nous prépare à affronter le XXIe siècle», a déclaré Dominique Paillé, porte-parole adjoint de l'UMP. Il s'est félicité de la cohérence des investissements décidés par rapport aux réformes initiées au début du quinquennat, assurant que «l'emploi sera le gagnant de ces investissements».

    La France choisit délibérément d'investir dans l'avenir. Notre pays, qui vivait sur ses acquis, les grands choix faits dans les années soixante, soixante-dix, nucléaire, TGV, Airbus, Ariane, se devait de lancer de grands projets pour demain, a pour sa part estimé Frédéric Lefebvre, porte-parole, dans un communiqué.

    Pour le Front national le grand emprunt est du «saupoudrage» qui ne résoudra pas la crise. La vice-présidente du Front national, Marine Le Pen, a affirmé que le grand emprunt de 35 milliards d'euros annoncé par Nicolas Sarkozy, n'aurait aucune conséquence sur la crise. «On peut d'ailleurs s'étonner que M. Sarkozy évoque une aide aux PME quand c'est en réalité un soutien aux grosses industries. Les PME ne verront probablement pas d'aide grâce à ce grand emprunt, a ajouté la député européenne. Qualifiant le grand emprunt de dernière cartouche, la vice-présidente du FN a remarqué que le montant retenu par le gouvernement était loin des 100 milliards prévus au départ. «Il ne pouvait pas emprunter davantage car les agences de notation menaçaient de déclasser la France», a-t-elle affirmé.

    Le discours de Nicolas Sarkozy sur le grand emprunt


     

    Il est important de considérer que la rupture des équilibres économiques faite sous Chirac accentuée par Sarkozy par la loi Tepa, c'est à dire globalement une réduction drastique des impôts des plus aisés et la mise en œuvre des allègements aux entreprises et les heures supplémentaires défiscalisées ont considérablement appauvris nos finances. La crise capitaliste de la finance mondiale venant s'ajouter sur ce qui avait été commencé, ont plongés notre pays dans une récession sans précédent. Le chômage, nous étions à moins de 2 millions s'est brutalement accru à 3,3 millions de personnes soit au sens du BIT 9,5 % de la population active au troisième trimestre 2009. Ces chômeurs ne cotisent plus, les charges sociales ne sont donc plus assurées ainsi que les rentrées fiscales. De plus les salaires sont bloqués depuis trop longtemps de sorte que notre consommation chute. Les personnes âgées aux petites retraites sont en dessous le seuil de pauvreté, elles ne peuvent plus assurer leurs besoins. Cette politique est donc à condamner puisqu'elle fait porter sur les classes inférieures toute la charge de ce déficit, les impôts étant bloqués à 50 % des revenus déclarés. En outre, il est certain que notre gouvernement n'a rien vu venir, entreprendre de telles réformes dans un climat mondial instable est une grave faute à mettre au compte du dogme de la droite qui ne sait qu'appauvrir au profit des plus riches. Un gouvernement à pour rôle de prévoir et non d'agir au coup par coup pour combler les trous. C'est donc une politique irréfléchie néfaste pour notre pays.

  • La république populaire de Chine l'après Mao Zedong, suite 4,

    subtile évolution.

     

    Dès la mort de Mao Zedong, Hua Guefong affirme son pouvoir. «La Bande des Quatre» qui est un groupe de dirigeants instigateurs de la révolution culturelle c'est à dire les leaders radicaux, dont la veuve de Mao, Jiang Qing, et trois de ses proches, Zhang Chunqiao, membre du comité permanent du Bureau politique, Yao Wenyuan, membre du Comité central, et Wang Hongwen, vice-président du Parti, ainsi que deux autres personnalités du Parti, Kang Sheng et Xie Fuzhi, mortes avant 1976, furent accusés d'avoir participé à l'activité de cette «bande».

    En janvier 1976, à la mort de Zhou Enlai, le premier ministre de la République populaire devient Hua Guofeng chef de la propagande du parti au milieu des années 1940, puis ministre de la sécurité publique en vice premier ministre 1975, il est choisit par Mao Zedong. Il est le principal artisan de l'arrestation de la bande des quatre en octobre 1976. La femme de Mao, Jiang Qing, chef de file des radicaux, avait tout fait pour s'emparer du pouvoir qu'elle considérait comme devant lui revenir. Leur tentative ne fit pas long feu face au front commun des Maoïstes modérés, auxquels appartenaient le Premier ministre Hua Guofeng, et des pragmatiques emmenés par Deng Xiaoping qui étaient prêts à tout pour éviter un retour aux excès des années précédentes qui avaient mené la Chine au bord du gouffre.

    La «Bande des Quatre» est arrêtée dès le 6 octobre. Ces membres ont été exclus à vie du parti en juillet 1977. Ils ont été jugés en novembre 1980, avec six autres personnes, cinq hauts officiers proches de Lin Biao qui l'avaient aidé dans sa montée au pouvoir en 1971, et Chen Boda, secrétaire de Mao et promoteur de la Révolution culturelle. Le procès fut diffusé à la télévision. L'acte d'accusation précisait qu'ils étaient accusés d'être directement responsables de la persécution de «729 511 personnes» et de la mort de 34 800 d'entre elles pendant la Révolution culturelle. Zhang Chunqiao garda le silence pendant tout le procès, alors que Jiang Qing montra toute sa colère. Tous deux furent condamnés à mort avec un sursis de deux ans leur permettant de se repentir. Les autres furent condamnés à des peines de prison. Le procès fut considéré par les observateurs extérieurs comme une mise en scène.

    Deng Xiaoping revient au pouvoir sans y être tout à fait et le nouveau Premier Ministre Hua le critique, mais devant les pressions des militaires de l'Armée populaire de libération, et à l'issue de tractations confuses, Deng Xiaoping est réhabilité au Comité central le 21 janvier 1977. Il reprend les fonctions de vice-président du Comité central, de membre de la commission du Bureau Politique, de premier vice-président de la commission des affaires militaires du Parti et de chef de l'état-major de l'Armée populaire de libération. Hua s'efface ainsi progressivement au profit de Deng. En décembre 1978, Deng Xiaoping l'emporte sur Hua lors du plénum du Comité central. Il nomme d'ailleurs le secrétaire général du parti au Sichuan Zhao Ziyang, puis au bureau politique en 1979, puis au poste de premier ministre.

    En conséquence au mois de décembre, au cours du troisième plénum du 11ème comité central du parti, Deng Xiaoping en 1978 préconise de suivre les recommandations de Zhou Enlai et annonçe le lancement officiel des «Quatre Modernisations», marquant ainsi formellement le début de l’ère des réformes.

    Les «Quatre Modernisations» couvraient les domaines suivants :
    – agriculture ;
    – industrie ;
    – science et technologie ;
    – défense nationale.

    Elles commencèrent par une dé-collectivisation des terres, suivies par des réformes industrielles dont le but était de décentraliser les contrôles du gouvernement dans le secteur industriel. Deng développa l’idée de «Zone Economique Spéciale» où l’investissement étranger pouvait s’effectuer sans restriction du gouvernement, sur des bases économiques capitalistes. Il considéra l’industrie légère comme la base de développement de l’industrie lourde. Dans les campagnes, le système «de responsabilité» amène les paysans à signer avec l'État des contrats qui leur assurent, pour plusieurs années, l'usufruit des terres collectives. Désormais la notion de rentabilité l'emporte en ce qui concerne la production, les achats d'engrais et de matériel. En décembre 1985, les communes populaires disparaissent, de même que le monopole d'État sur les céréales. En même temps, la production augmente, régulièrement suivie par les revenus paysans, à l'efficacité du système «de responsabilité» viennent s'ajouter les effets de la «Révolution verte», qui repose sur l'usage accru des engrais, des pesticides et de la mécanisation, la récolte de 1984 dépasse 400 millions de tonnes. Mais la fin de la collectivisation comporte aussi des aspects négatifs, elle rend inutiles près de 200 millions de ruraux. Le rapide développement des secteurs économiques de consommation, une inflation réduite, des gains d'exploitation et des exportations, la création d’une classe moyenne urbaine regroupant 15% de la population, 200 millions de personnes, un accroissement des niveaux de vie, perçu au travers d’une augmentation importante du revenu par habitant, de l’espérance de vie et du niveau d’éducation et une plus large frange de droits et libertés pour le Chinois moyen témoignent du succès des réformes. 150 millions de personnes échapent à la pauvreté, Par contre le social et l'environnement furent sacrifiés, marquant la difficulté du communiste à se convertir au capitalisme.

    Les «Quatre Modernisations» étaient destinées à faire de la Chine une grande puissance économique à l’aube du XXIe siècle. Ces réformes insistaient sur l’indépendance économique. La République populaire de Chine décida d’accélérer le processus de modernisation en augmentant le volume de ses échanges commerciaux et en ouvrant son marché, en particulier pour l’achat de machines en provenance du Japon et de l’Occident. En 1979 il rencontre le président Jimmy Carter lors d'une visite officielle aux États-Unis en janvier, ce qui marque sa volonté d'ouverture. Il aurait autorisé les États-Unis à installer une base servant au renseignement d'origine électromagnétique, SIGINT, «signals intelligence» en Chine, afin d'écouter l'URSS

    L'affichage sur le mur de la démocratie à Pékin, en décembre 1978, du manifeste de la «cinquième modernisation», la démocratie, par Wei Jingsheng a entraîné l'arrestation de l'auteur en mars 1979. Deng Xiaoping a ainsi marqué les limites de la réforme.

    Le mur de la démocratie était un mur de brique le long de la rue de Xidan dans le centre de Pékin, à l'ouest de la place Tian'anmen, où étaient collés entre novembre 1978 et décembre 1979 les affiches manuscrites ou dazibao des discussions politiques ouvertes après la fin de la période Maoïste et la défaite de la Bande des Quatre. Le mouvement autour de ce lieu où jusque là on affichait des petites annonces fut d'abord spontané. Il attira une foule nombreuse qui y organisait des meetings improvisés durant cette période. On pouvait lire notamment sur ce mur :
    * «Tu es venu enfin, à la fois petit et grand. Tu es la volonté indestructible de huit cents millions de gens». (éloge de Deng Xiaoping, dirigeant en faveur de la libéralisation du régime)
    * «La cinquième modernisation, la démocratie» (célèbre dazibo de Wei Jingsheng en référence aux Quatre Modernisations de Deng Xiaoping).

    Le mouvement sera réprimé et le 6 décembre 1979, le mur de la démocratie sera exilé dans le quartier de Chaoyang, loin à l'est, au parc Ritan, parc public fermé et payant qui permettait un contrôle facile de la fréquentation.

    En qualité de président de la Conférence consultative politique du peuple chinois, 1978-1983, puis de la Commission militaire centrale, 1981-1989, pour celle du Parti, 1983-1990, pour la commission de l'État, Deng est, sans avoir officiellement les titres de chef du Parti communiste, de chef du gouvernement, ni de chef de l'état, le véritable numéro un du régime en y occupant la troisième place.

    Le 03 avril 1979 la Chine populaire dénonce à l'URSS le traité «d'amitié, d'alliance et d'entraide» qui devait survenir à expiration dans un an. En mai 1980 Lui Shaoqi qui avait été laissé abandonné nu et sans soins puis mort dans une prison est réhabilité par Deng Xiaoping qui avait été lui-même victime de la révolution culturelle.

    En 1989, la politique de Deng Xiaoping est critiquée par les étudiants, les professeurs de l’enseignement supérieurs et d'intellectuels qui réclament la «cinquième modernisation», celle de la démocratie et du multipartisme. Ceux-ci sont influencés par la Glasnost, mise en œuvre en URSS par Mikhail Gorbatchev. Les étudiants dénoncent l’insécurité qui règne sur les campus et le manque de débouchés dans les villes du littoral. Les enseignants regrettent de ne pas être mieux payés. Les intellectuels font circuler des pétitions afin de réclamer la libération des prisonniers politiques. Vivement réprimées à l'origine, ces idées de réforme politique reçoivent, vers le milieu des années 80, un accueil plus favorable de la part des réformistes proches de Deng Xiaoping, notamment Hu Yaobang et Zhao Ziyang, secrétaire général et premier Ministre chinois jusqu'en 1987. Les manifestations estudiantines de 1989 font suite à plusieurs mouvements semblables, en 1983, 1985, puis au cours de l'hiver 1986-1987.

    Au-delà des demandes de réforme politique, les principales revendications portent alors sur la liberté d'association, création de syndicats étudiants indépendants, et la transparence notamment sur les revenus des cadres et de leur famille. A l'intérieur du Parti Communiste Chinois, deux lignes s'affrontent à la fin des années 1980. Derrière Deng Xiaoping, certains demandent une accélération des réformes, tant économiques que politiques. A l'opposé, et face à la montée de l'inflation provoquée par la libéralisation des prix, les adversaires traditionnels de Deng Xiaoping, notamment l'économiste Chen Yun, prônent un arrêt des réformes, voire un retour au contrôle de l'Etat. Jusqu'en 1986, Deng Xiaoping s'entoure principalement de réformistes, notamment Hu Yaobang et Zhao Ziyang. Cependant, les manifestations étudiantes de 1986-1987 renforcent les partisans d'un arrêt des réformes et poussent Deng Xiaoping à limoger Hu Yaobang, alors Secrétaire général du Parti, et à prendre comme premier ministre Li Peng, un protégé de Chen Yun.

    L'ancien premier ministre, Zhao Ziyang, un proche de Hu, prend la tête du Parti. La direction Chinoise se trouve alors divisée entre deux factions, réformistes (avec Zhao) et conservateurs (avec Li). Les dissensions entre ces deux groupes jouent un rôle déterminant dans le mouvement de 1989. Ces divergences au sommet se retrouvent également à l'intérieur de la société Chinoise. La seconde moitié des années 1980 voit une accélération de l'inflation et une augmentation du chômage, qui opposent les ouvriers, qui souhaitent un retour à l'ancien système, aux intellectuels qui désirent une accélération des réformes.

    L'ancien secrétaire général du Parti Communiste Chinois, Hu Yaobang, limogé en 1987, meurt le 15 avril 1989, des suites d'une crise cardiaque d'après les sources officielles. Il est admiré pour son courage à la fin de la révolution culturelle et son rôle dans les réformes. Des manifestations spontanées ont lieu dans tout le pays, elles contraignent le gouvernement à organiser des funérailles nationales le 22 avril. Les 16 et 17 avril, des rassemblements spontanés ont lieu place Tian'anmen et demandent la réhabilitation politique de Hu Yaobang. Le 18, quelques milliers d'étudiants se rassemblent sur la place et organisent un sit-in, devant le Grand Palais du Peuple, l'assemblée nationale. C'est la première grande manifestation. Un seul journal national, le Quotidien des Sciences et Technologies en rend compte le lendemain, le reste de la presse est muselé par le département de la Propagande. Le 18 avril, dans la soirée, quelques milliers d'étudiants tentent de pénétrer au Zhongnanhai, lieu de résidence du gouvernement. Ils sont repoussés par la police. Les campus se couvrent d’affiches réclamant la poursuite des réformes et critiquant Deng Xiaoping. Dans la nuit du 21 avril, veille des funérailles officielles de Hu Yaobang, quelque 100 000 étudiants se dirigent vers la place Tian'anmen, où ils s'installent avant qu'elle soit fermée par la police. Un important rassemblement, interdit par les autorités, a lieu sur la place Tian'anmen, devant le monument aux héros du peuple. Une délégation demande à assister aux obsèques. A Pékin, ces rassemblements sont pacifiques, mais des slogans demandant une réforme politique, continuant ceux des manifestations de 1986-1987, qui avaient provoqué la chute de Hu Yaobang, apparaissent. Le 22 avril, les étudiants demandent à voir Li Peng, considéré comme le rival de Hu Yaobang. Le même jour, des manifestations dégénèrent en province (à Xi'an et Changsha). A Shanghai, le 19 avril, le World Economic Herald, magazine proche des réformistes, prépare pour son numéro à paraître le 24 avril un dossier consacré à Hu Yaobang, dans lequel doit paraître un article de Yan Jiaqi qui rend compte de la manifestation du 18 avril à Pékin, et demande une réévaluation du limogeage de Hu.

    Le 21 avril, un responsable du parti de Shanghai demande à son rédacteur en chef Qin Benli de modifier, ou supprimer cet article. Comme celui-ci refuse, il se tourne vers le secrétaire du Parti, Jiang Zemin, qui intervient pour faire interdire l'article. Entre temps, quelques exemplaires ont été diffusés, les autres paraissent avec une page blanche. En représailles, l'éditeur en chef est limogé, et le magazine mis sous tutelle du Parti de Shanghai.

    Le 26 avril, un éditorial du Quotidien du Peuple qualifie les manifestations étudiantes de «troubles à l'ordre public», fait d'un «très petit nombre». Il interdit toute nouvelle manifestation. Dès le soir du 26, l'agitation est forte dans les universités de la capitale, notamment à l'Université de Pékin et l'Université du Peuple. Les étudiants rejettent le contrôle des associations universitaires qui sont entre les mains du Parti Communiste Chinois. Ils fondent leur propre association autonome et se choisissent des représentants. Les jours suivants de grandes manifestations ont lieu à Pékin, le 27 avril, elles rassemblent quelque 50 000 personnes. Le mouvement s'étend également en province et il se développe lorsque les ouvriers rejoignent le mouvement afin de remettre en cause la corruption du régime et de protester contre l’inflation, le chômage et le luxe dans lequel vivent les cadres du PCC.

    Le 4 mai, la manifestation commémorative du «Mouvement du Quatre Mai» se mélange à celle des étudiants.

    [La République de Chine est entrée en guerre contre l'Allemagne auprès des Alliés en 1917. À la Conférence de paix de Paris (1919) qui aboutit au traité de Versailles, les Alliés attribuent au Japon la partie des territoires du Shandong auparavant sous contrôle de l'Allemagne. Cet accord convient aux autorités chinoises qui obtiennent un prêt du Japon, mais enflamme la jeunesse universitaire qui, le 4 mai 1919, peu après la naissance de la République Chinoise, manifeste dans les rues de Pékin aux cris de « il faut sauver le pays ». Trois mille étudiants manifestent ainsi sur la place Tian'anmen].

    Elle se déroule dans le calme et la bonne humeur. D’autres grandes manifestations naissent dans les grandes villes du pays comme Urumqi, Shanghai et Chongqing, plus tard, le mouvement touche Hong Kong, Taiwan et les communautés de la diaspora Chinoise en Amérique du Nord et en Europe. Peu après, le dirigeant soviétique, Mikhail Gorbatchev, doit effectuer à Pékin une visite historique. Elle entraîne la présence de nombreux journalistes étrangers en Chine. Le 12 mai, les étudiants entament une grève de la faim illimitée sur la place Tian'anmen. Elle finira par concerner plus de 1000 personnes. Ils sont rejoints par des délégations d'étudiants de province, qui campent également sur la place. A partir de l'annonce de la grève de la faim, le mouvement étudiant reçoit l'appui d'une large partie de la population.

    A Pékin, des manifestations de soutien, qui regroupent des étudiants, des ouvriers, des cadres, et même parfois des policiers, ont lieu presque tous les jours, réunissant, à partir du 15 mai plusieurs centaines de milliers de personnes.

    Au cours de la journée du 19 mai, Zhao Ziyang, favorable à un règlement négocié du conflit, est mis en minorité par les partisans d'une ligne dure, menés par Li Peng. Le soir, via les haut parleurs de la place Tian'anmen, Yuan Mu, le porte parole du gouvernement, annonce aux étudiants la proclamation de la loi martiale.

    Zhao Ziyang est immédiatement limogé, et placé en résidence surveillée. Il y restera jusqu'à sa mort. Ses proches collaborateurs tombent en disgrâce. Autour de Li Peng se retrouvent le président de la république, Yang Shangkun, et son frère Yang Baibing, très proches de l'Armée Populaire de Libération. Sitôt après l'annonce, des soldats de la 38ème armée, chargée de la défense de Pékin, prennent position autour de la capitale. A Pékin, les étudiants demeurent sur la place, et dressent des barrages aux portes de la ville. Le 20 mai, l’armée recule devant les manifestants pacifistes. Chai Ling prend la direction de la coordination étudiante autonome. Le 30 mai, une statue de la déesse de la démocratie qui rappelle la Statue de la Liberté de New York, est érigée sur la place par les étudiants de l'académie des Beaux Arts.

    Dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, des soldats de la 27e et de la 28e armée entrent dans Pékin. Ils tirent à la mitraillette contre les personnes qui s’interposent sans arme. Des heurts violents avec les manifestants ont lieu sur les axes qui mènent à la Place Tian'anmen, en particulier à Muxidi, où une colonne de véhicules est incendiée. Les combats se poursuivent jusqu'à ce que l'armée atteigne la place, écrasant avec ses chars les manifestants restés sous les tentes, la place est évacuée à l'aube. Dans les jours qui suivent, l'armée occupe Pékin, des affrontements sporadiques ont encore lieu la nuit. Le mouvement étudiant est également réprimé en province et une purge sévère est menée dans tout le pays. S'il est clair que l'intervention fit un assez grand nombre de victimes, leur nombre varie nettement suivant les sources :

    le gouvernement Chinois donne 300 morts dont 23 étudiants, Zhang Wanshu, ancien dirigeant de l'agence Xinhua, dénombre 727 morts dont 14 soldats, plus de 3700 tués, excluant la disparition ou les morts secrètes et les refus de traitement médical, selon un transfuge de l'APL citant un document circulant parmi les officiels chinois.

    Le printemps de la place Tien'anmen est écrasé.

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    Juin 1989 une révolte écrasée place Tien'anmen

    L'intervention écarte définitivement du pouvoir Zhao Ziyang, alors secrétaire général du parti communiste chinois. Il demeurera en résidence surveillée jusqu'à sa mort. Bao Tong, son secrétaire politique, est arrêté. Condamné en 1992, il est en résidence surveillée depuis 1996. Deng Xiaoping remplace Zhao par Jiang Zemin, le secrétaire général du parti de Shanghai, jusque là peu connu. Dans la population, la reprise en main est rapide. Deng Xiaoping, silencieux pendant toute la durée des évènements, prononce le 9 juin un discours, où il résume la position officielle sur les évènements. Pendant les douze mois qui suivent des commissions d'enquête sont créées, qui interrogent tous ceux qui ont pris part aux évènements.

    Ceci met fin définitivement aux mouvements étudiants des années 1980. Dès la fin de l'été, une série de campagnes d'opinion sont lancées, autour de thèmes patriotiques, notamment le personnage de Lei Feng, et des Quatre Principes Cardinaux, Voie Socialiste, Dictature du Prolétariat, Marxisme Léninisme, Pensée Mao Tsé Toung, Prééminence du Parti Communiste. Les médias qui s'étaient montrés favorables aux étudiants ou à Zhao Ziyang sont remis au pas. L'idée de réforme politique ou de démocratisation, envisagée jusque là par certains éléments du Parti, est abandonnée.

    L'explication officielle, fournie par Deng Xiaoping quelques jours après le 4 juin et inlassablement reprise depuis, est qu'un petit nombre d'émeutiers, pour l'essentiel des repris de justice et des chômeurs mécontents, avaient attaqué les soldats qui venaient mettre de l'ordre sur la place Tian'anmen, et l'armée avait dû se défendre. En particulier, la thèse officielle insiste sur le fait qu'il n'y a pas eu de mort sur la place, et affirme que les victimes n'étaient pas des étudiants. Le mouvement étudiant d'avril et mai est, pour sa part, qualifié de troubles politiques.

    Vingt ans après, les évènements de 1989 sont toujours un sujet tabou en Chine. Ils ne sont pas évoqués dans les livres d'histoire, ni enseignés. Chaque année, le 4 juin, la place Tian'anmen est très surveillée, pour éviter toute commémoration. Les sites internet étrangers sur le sujet sont censurés ou bloqués (la présence d'articles sur 1989 a été citée comme une des raisons du blocage de Wikipédia en Chine), et des moteurs de recherche tels que Google et Yahoo ont dû, pour s'installer en Chine, adapter leurs programmes pour qu'ils interdisent toute recherche efficace sur ces évènements.

    Enfin, la simple mention de ces sujets sur des sites webs ou des blogs Chinois peut en causer la fermeture. Aussi, de nombreux Chinois, en particulier ceux nés peu avant ou après 1989, n'ont qu'une très vague idée de ce qui s'est passé. Les rares ouvrages d'historiens Chinois sur le sujet ont été publiés dans la région spéciale de Hong Kong (autonome jusqu'en 1997), et sont difficilement accessibles, et les sources occidentales sur le sujet ne sont pas diffusées en Chine. En mai 2009, les mémoires posthumes de Zhao Ziyang sont publiées. Ce dernier y désigne Deng Xiaoping comme le principal responsable de la répression des manifestations de la place Tian'anmen.

    Deng Xiaoping s'éteint le 19 février 1997, à l'âge de 92 ans, des suites d'une infection aux poumons et de la maladie de Parkinson.

    On lui rendit un grand hommage.

    Le Gouvernement Central le décrivit comme un

    «Grand Marxiste, un Grand Révolutionnaire du Prolétariat, un homme d'état, militaire, diplomate, un des plus grands dirigeants du Parti Communiste Chinois, de l'Armée de Libération Populaire et de la République Populaire de Chine, le Grand Architecte de l'ouverture et la construction moderne de la Chine, le fondateur de la théorie de Deng Xiaoping».

    Les drapeaux restèrent en berne pendant plus d'une semaine. Deng fut incinéré et ses cendres dispersées en mer, selon ses volontés.

    De nombreux dirigeants étrangers lui rendirent hommage. Ainsi, le président Jacques Chirac écrivit au président Chinois Jiang Zemin, «Deng Xiaoping restera dans l’histoire comme le principal artisan des transformations que la Chine connaît depuis près de vingt ans, et dont j’ai pu mesurer l’ampleur lors de mes voyages en 1978 et en 1991». Kofi Annan appelle la communauté internationale à se souvenir de Deng comme le «principal architecte de la modernisation de la Chine et de son formidable développement économique». John Major, alors Premier Ministre de la Grande-Bretagne, souligne le rôle majeur qu'a tenu Deng Xiaoping lors du retour de Hong Kong à la République populaire de Chine. Le président de la République de Chine (Taïwan) présenta ses condoléances. Le 14e Dalaï Lama exprima lui aussi ses regrets, déclarant qu'il «prie pour qu'il ait une bonne réincarnation, et souhaite offrir ses condoléances aux membres de sa famille. Ayant rencontré Deng Xiaoping à plusieurs reprises, je le connaissais comme quelqu'un ayant une forte personnalité, qui finissait ce qu'il avait commencé».

    Tien'anmen en 1989


    Ainsi se termine cette série sur la Chine qui m'a beaucoup appris, et qui m'a montré beaucoup plus que celui de l'URSS le vrai communisme, peut être par ce que la Chine est un pays hors des autres à la fois par ses mœurs que par son écriture ou tout est dans le trait. Ce pays immense soumis à l'esclavagisme d'une population la plus importante du monde pour une idéologie communiste qui finalement après avoir fait des millions de morts se tourne vers le capitalisme. Le pays de la lutte sans merci de ses dirigeants pour le pouvoir que ce soit au cours des Empires anciens ou au XXème siècle. Quelle désillusion pour tous ceux qui prône cette doctrine. Ce grand peuple qui a tant souffert se tourne maintenant vers une économie de marché qui nous perturbe et menace notre économie par les bas coûts de sa main d'œuvre. Mais, il lui reste à s'ouvrir encore pour la libre expression, le droit de critiquer et de permettre l'émergence de nouveaux partis politiques, signes d'une liberté.

  • La république populaire de Chine de Mao Zedong, suite 3,

    la révolution culturelle bouleverse la Chine.

     

    La grande révolution culturelle Chinoise est une période qui commence en 1966 et s'achève à la mort de Mao Zedong. Comme suite aux conséquences désastreuses du Grand Bond en Avant, deux clans s'affrontent au sein de comité central du parti. D'un coté les partisans d'une rigueur doctrinale autour de Mao Zedong, du maréchal Lin Biao et de Chen Boda, et de l'autre autour du président de la république Liu Shaoqi le maire de Pékin, Pen Zhen, et les partisans d'une ligne plus modéré et moins dogmatique. En 1958 Mao Zedong avait été remplacé au poste de président de la république à la suite de la décision du Comité national populaire qui élu Liu Shaoqi comme successeur de Mao Zedong, mais qui est resté à la tête du parti communiste Chinois. Mao fut peu à peu éloigné de la gestion des affaires économiques du pays qui fut confiée à une élite plus modérée, essentiellement dirigée par Liu Shaoqi, Deng Xiaoping et quelques autres.

    En 1966, Mao décida de lancer la révolution culturelle qui lui permit de revenir au pouvoir en s'appuyant sur la jeunesse du pays. Le dirigeant souhaitait purger le PCC de ses éléments «révisionnistes» et limiter les pouvoirs de la bureaucratie. Les fameux «gardes rouges», groupes de jeunes Chinois inspirés par les principes du «Petit Livre rouge» devinrent le bras actif de cette révolution culturelle. Ils remirent en cause toute hiérarchie, notamment la hiérarchie du PCC alors en poste. Les intellectuels furent, de même que les cadres du Parti, publiquement humiliés, les mandarins et les élites bafouées, les valeurs culturelles chinoises traditionnelles et certaines valeurs occidentales dénoncées au nom de la lutte contre les «quatre vieilleries». Le volet culturel de cette révolution a tenu en particulier à éradiquer les valeurs traditionnelles. C'est ainsi que des milliers de sculptures et de temples, bouddhistes pour la plupart furent détruits.


    Le Petit Livre Rouge version Française.

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    250px-maobadge1.1259173356.jpgLe badge à l'effigie de Mao Zedong.

    C'est le livre des citations de Mao Zedong que l'on appelle en Français le Petit Livre Rouge, est publié en 1964 dont la distribution est organisée par Lin Biao, le ministre de la défense et le chef de l’Armée Populaire de Libération (APL). C'est un recueil de citations extraites d'anciens discours et écrits de Mao Zedong. L'appellation Le Petit Livre Rouge découle de son édition en format de poche, mais ce nom n'est jamais utilisé en Chine.

    Le nombre d'exemplaires imprimés est très élevé, du temps de Mao, tout citoyen chinois devait en effet le posséder, le lire et l'avoir constamment sur lui. Le Petit Livre Rouge est le livre le plus vendu au monde après la Bible, avec des ventes estimées à 900 millions d'exemplaires. Pendant la Révolution culturelle dont il devient l'un des symboles, l'étude du livre est obligatoire dans les écoles de l'enseignement primaire au supérieur, et sur le lieu de travail.

    Toutes les organisations, industrielles, commerciales, agricoles, administratives, militaires organisaient des sessions de formation en groupes de tout le personnel pour étudier le livre pendant les heures de travail. Les citations de Mao étaient imprimées en gras et en rouge, et presque toutes les publications écrites, y compris les ouvrages scientifiques, devaient citer Mao. La compréhension et l'assimilation de la «pensée Mao Zedong» étaient censées améliorer de façon irréversible l'entrain au travail, et ainsi compenser largement au niveau de la production le temps passé à cette étude.

    Pendant les années 1960, le Petit Livre Rouge est le symbole graphique le plus visible en Chine, plus omniprésent encore que les portraits de Mao lui-même. Sur les images, les affiches, les panneaux réalisés par les artistes chargés de la propagande, presque chaque personnage, à l'exception de Mao, apparait souriant, animé d'une détermination sans faille, et tenant à la main le Petit Livre Rouge. Les citations de Mao sont classées en trente-trois chapitres. Les thèmes sont abordés sous un angle idéologique marqué par le communisme mais pour la vertu. Dans l’une des nombreuses métaphores du livre, Mao compare les pensées incorrectes aux maladies, et le parti communiste à un chirurgien. Le membre de la secte «fautif» est donc un pervers déviationniste qui doit être rééduqué.

    C'est le livre du culte de la personnalité de Mao Zedong.

    À l’automne 1965 débute une campagne de presse visant à critiquer les milieux littéraires, intellectuels et universitaires. Le 10 novembre 1965 paraît un article de Yao Wenyuan dans le Wenhuibao de Shanghai qui dénonce la pièce de théâtre «La Destitution de Hai Rui», écrite par Wu Han, le vice-maire de Pékin. La circulaire du 16 mai 1966 dénonce tous les «révisionnistes» présents dans la culture, la politique et l'armée du pays.

    Le 29 mai 1966, la première organisation de gardes rouges vit le jour au sein de l’Université Tsinghua. Les garde rouges étaient des jeunes, pour la plupart des collégiens, et étudiants organisés en factions et dont le but était d'appliquer la révolution culturelle, si besoin par la contrainte. Celle-ci avait pour objectif l’élimination des intellectuels et des ennemis politiques de Mao. Cependant, les gardes rouges se divisèrent rapidement selon leur degré de radicalité et s'opposèrent même de façon violente. Les gardes rouges furent rejoints par les exclus du Parti, les ouvriers précaires et quelques cadres opportunistes.

    Le 8 août 1966, le comité central du Parti Communiste Chinois émit un projet de loi concernant les «décisions sur la grande révolution culturelle prolétarienne». Celui-ci, appelé aussi «Décision en seize points», déclarait que le gouvernement Chinois était désormais en faveur d’une purge au sein du parti communiste et parmi les intellectuels. La révolution culturelle visait les traditions et le passé Chinois.

    «La grande révolution culturelle prolétarienne vise à liquider l’idéologie bourgeoise, à implanter l’idéologie prolétarienne, à transformer l’homme dans ce qu’il a de plus profond, à réaliser sa révolution idéologique, à extirper les racines du révisionnisme, à consolider et à développer le système socialiste. Nous devons abattre les responsables du Parti engagés dans la voie capitaliste. Nous devons abattre les sommités académiques réactionnaires de la bourgeoisie et tous les «monarchistes» bourgeois. Nous devons nous opposer à tous les actes de répression contre la révolution. Nous devons liquider tous les génies malfaisants. Nous devons extirper énergiquement la pensée, la culture, les mœurs et coutumes anciennes de toutes les classes exploiteuses. Nous devons réformer toutes les parties de la superstructure qui ne correspondent pas à la base économique du socialisme. Nous devons purger la terre de toute la vermine et balayer tous les obstacles !»

    Le 16 août, des millions de gardes rouges venant des quatre coins du pays se rassemblèrent à Pékin. Du haut de Tian'anmen, Mao et Lin Biao firent de fréquentes apparitions pour se faire acclamer par environ 11 millions de gardes rouges. Le 18 août Mao attise la rébellion par ses discours, «on a toujours raison de se révolter» et «nous ne voulons pas la gentillesse, nous voulons la guerre». Un autre grand rassemblement eut lieu sur la place Tian'anmen le 25 novembre 1966.


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    Manifestation d'étudiants sur la place Tian'anmen lors de la révolution culturelle en 1966.


    Pendant trois ans, jusqu’en 1969, les gardes rouges étendirent leur influence et accélérèrent leurs efforts en vue de «la reconstruction socialiste». Ils débutèrent leur action en distribuant des prospectus qui expliquaient leur objectif de développement et de renforcement du socialisme et en affichant publiquement des noms de prétendus contre-révolutionnaires. Les gardes rouges instaurèrent progressivement un climat de terreur, perquisitionnant au hasard les maisons pour trouver des preuves compromettantes de «déviance». Les foyers étaient alors vandalisés, 150 000 logements furent confisqués rien qu'à Shanghai. Ils organisaient des grandes réunions et écrivaient des pièces de théâtre destinées à édifier le peuple. Ils s'en prenaient aux monuments et aux lieux de culte, plusieurs temples bouddhistes furent détruits ou endommagés.

    Les gardes rouges faisaient faire leur auto-critique en public aux personnes soupçonnées d’idées contre-révolutionnaires, auto-critique qui serait ensuite retenue comme élément à charge lors de leur procès. La plupart des Chinois qui furent jugés contre-révolutionnaires furent exécutés en public à titre d’exemple ou exilés dans des camps de travail où les morts par mauvais traitement étaient légion. Plusieurs intellectuels se suicident, Lao She, Fu Lei, d'autres sont assassinés, Teng To. Au total, la «Terreur rouge» fit 1700 morts à Pékin. En parallèle, les professeurs et les intellectuels sont envoyés dans les campagnes pour être «rééduqués» par le travail manuel. Une fraction très importante de la jeunesse urbaine subira le même sort durant les dix années suivantes, les zhiqings.

    La révolution fait peu à peu glisser le pays dans le chaos et la guerre civile, dont l'apogée est l'été 1967. Les exactions des gardes rouges, leurs divisions idéologiques, les rapports de classe expliquent le tournant de la révolution culturelle qui devient confuse. Elle s'étend géographiquement et socialement, surtout lorsque le 9 décembre 1966, Mao Zedong appelle les ouvriers à prendre une part active aux événements.

    Le 15 décembre 1966, il incite les villages à faire de même. Le 28 janvier 1967, le dirigeant donne à l'armée un rôle important dans la révolution culturelle et la charge de protéger les usines et de secourir les «vrais révolutionnaires». Elle doit également établir des comités révolutionnaires.

    Pendant l'hiver 1966-1967, Shanghaï connaît des troubles politiques et sociaux. A la fin décembre 1966, la municipalité est renversée. Les plus importantes grèves de l'histoire de la ville paralysent la vie économique. Les rebelles désirent mettre en place un système semblable à la Commune de Paris. Dans les premiers mois de l'année 1967, les gardes rouges et les rebelles se procurent des armes à feu, la production industrielle baisse et l'administration est désorganisée. Le 22 juillet 1967, Jiang Qing demanda aux gardes rouges de prendre la place de l’Armée Populaire de Libération. Les gardes rouges commencèrent à voler et à piller les casernes et autres bâtiments militaires. Cette révolte continua jusqu’à l’automne 1968. En août 1967, l'ambassade du Royaume-Uni est incendiée à Pékin. Les intérêts occidentaux sont visés. L'armée intervient contre les rebelles et les étudiants les affrontements se poursuivent dans le sud du pays. Wei Guoqing utilise des bombes au napalm pour réduire les rebelles à Wuzhou. Des milliers de prisonniers sont exécutés par l'armée, les milices du PCC. Pendant l'hiver 1968-1969, vingt millions de jeunes sont déplacés de force, mouvement des jeunes instruits Xiafang, et les gardes rouges disparaissent.

    Entre 1968 et 1976, un million de Shanghaïens sont ruralisés de force. Les meneurs radicaux sont exécutés publiquement en avril 1968. Le 9e Congrès du PCC réuni le 24 avril 1969 entérine la purge et la réorganisation du Parti.

    En 1968 Mao Zedong et Lin Biao décident d'en finir avec les excès de la révolution culturelle, Liu Shaopi est exclu de la présidence. La Chine est désormais placée sous le signe de l'ordre, et voit l'armée prendre une place prépondérante au sein du comité central.

    Le conflit sino-soviétique qui se déroule sur la frontière de Sibérie opposant les armées des deux pays en combats sporadiques mais violents, renforce encore le rôle des militaires.

    La rupture sino-soviétique est une période de dégradation puis de fortes tensions entre l’Union soviétique à la République populaire de Chine de la fin des années 1950 aux années 1980, et dont le paroxysme est marqué par les incidents frontaliers de 1969. La rupture eut pour conséquence une scission au sein du mouvement communiste international, bien que les désaccords aient en réalité moins porté sur des éléments de doctrine que sur les intérêts nationaux divergents des deux États.

    Fidèle à Mao, Lin Biao joue un rôle majeur lors de la révolution culturelle. Servant dans l'APL, dépourvu de vie personnelle, il est entièrement dévoué à la cause du Parti. Orphelin, il considère le Parti comme sa famille. Sa bonté d'âme en fait un exemple pour tous. Alors que Mao annonce la fin du mouvement fin 68, tous ses opposants sont éliminés. Lin a alors la faveur de Mao, et il en est désigné successeur lors du IXe Congrès du Parti Communiste Chinois, en avril 1969.

    Cependant, trois factions s'opposent. Il y a celle de Lin Biao et Chen Boda, celle des pragmatiques, très affaiblis par la révolution culturelle, emmenés par Zhou Enlai, et celle de la femme de Mao, Jiang Qing, et sa Bande des Quatre. La bande des quatre est un groupe de dirigeants qui furent arrêtés et démis de leur fonction en 1976 peu de temps après la mort de Mao Zedong. Mao, pour conserver toute son influence, utilise cette division et apporte alternativement son soutien à ces factions. Mais celle de Lin Biao et de Chen Boda va progressivement indisposer Mao. D'abord, Lin, qui a le soutien de l'Armée rouge, freine la mise en place de comités provinciaux qui doivent remplacer les comités révolutionnaires présidés par des militaires de l'Armée rouge. Lin s'oppose aussi à la réconciliation de la Chine avec les États-Unis. En effet, alors que les tensions sont vives entre l'URSS et la Chine, Mao invite le président Nixon à Pékin le 10 juillet 1971, contre toute attente.


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    La politique d'ouverture fut menée par le rapprochement Américano-chinois, la visite du président Nixon reçu par Zhou Enlai en 1972.


    Lin s'était opposé en vain à cette visite. Pour écarter Lin du pouvoir, Mao va utiliser la maladresse de Chen Boda. En août 1970, au cours du Comité central de Luscha, Chen propose le rétablissement d'un poste de président de la République. Depuis que Liu Shaoqi a été contraint de le quitter en 1968, ce poste est resté vacant. Mais Mao n'en veut pas. C'est donc Lin qui l'aurait occupé. Peu à peu, tous les proches de Lin sont écartés.

    Plus que tous ses exploits militaires, c'est son élimination spectaculaire en 1971 qui le rend le plus célèbre. Lin est accusé de comploter contre Mao. Pour quelles raisons ? Le mystère reste entier. Selon la thèse officielle du gouvernement Chinois, Lin Biao et son fils Lin Liguo avaient prévu d'assassiner Mao entre le 8 et 10 septembre 1971. C'est la fille de Lin elle-même, Lin Liheng qui aurait dénoncé le complot. Elle fut étranglée par sa mère Ye Qun.

    Lin prend la fuite avec sa famille et ses fidèles vers l'URSS. Poursuivis jusqu'à l'aéroport, ils embarquent à bord d'un avion. À court de carburant, celui-ci s'écrase le 13 septembre en Mongolie. Il n'y a aucun survivant. Longtemps considéré comme un traître, Lin Biao a enfin été réhabilité lors du 80e anniversaire de l'Armée Populaire de Libération en 2007. Son portrait a été accroché aux côtés de ceux de neuf autres maréchaux fondateurs des forces Chinoises au musée militaire de Pékin.

    La Chine est admise aux Nations-Unies et Taïwan perd son siège à cette Assemblée. La politique extérieure est marquée par le remplacement progressif des miltaires par des civils aux fonctions dirigeantes. La tendance centriste autour de Zhou Enlai gagne et adopte une politique d'ouverture vers l'étranger. Deng Xiaoping effectue sa rentrée politique.


    200px-dengxiaoping.1259266735.jpgDeng Xiaoping en 1979.

    Deng Xiaoping a été le secrétaire général du Parti Communiste Chinois, de 1956 à 1967 et plus tard le dirigeant de facto de la République populaire de Chine de 1978 à 1992. Bien que retiré ensuite des affaires, il demeura un référent pour le régime jusqu'à son décès. Deng Xiaoping étudia ensuite en France dans les années 1920 où il tomba sous l'influence du marxisme. Il rejoint le Parti Communiste Chinois en 1923. Deng Xiaoping est généralement considéré comme étant à l'origine du développement économique de la Chine actuelle.

    Après sa disgrâce lors de la révolution culturelle ou, il a subit des humiliations publiques. Son fils est à cette époque défenestré par les gardes rouges et restera paralysé. Pour sa «rééducation», Deng est envoyé dans la province rurale du Jiangxi, pour y travailler comme ouvrier. Il consacre ses temps libres à l'écriture. Si Deng est purgé du PCC, les épreuves qu'il subit ne sont pas du même ordre que le sort qu'on réserve à Liu Shaoqi ou Peng Dehuai. Arrêtés, ils meurent en prison.

    Lorsque Deng reprendra le pouvoir, ils seront réhabilités. Il se rapproche à nouveau du pouvoir au début des années 1970. En effet, après l'élimination de Lin Biao en 1971, les progressistes, emmenés par le populaire Zhou Enlai, reprennent la situation en main. Deng réapparaît en public à Pékin en 1973. Le Xe Congrès du Parti, en août, le rétablit au Comité central. Zhou qui a un cancer, délègue progressivement ses pouvoirs à Deng. En janvier 75, Deng devient secrétaire permanent du Bureau politique, vice-président du Parti et vice-Premier Ministre, et chef d'état major de l'Armée Populaire de Libération. Mais en 1976, Zhou Enlai meurt. La «Bande des Quatre» lance alors de sévères critiques contre le défunt. Mais à l'occasion de la fête des Morts, des manifestations violentes éclatent place Tian'anmen en soutien à Zhou. On fait porter la responsabilité de ces manifestations à Deng Xiaoping, qui se réfugie alors dans le Guangdong.

    Destitué de ses fonctions, Hua Guofeng Ministre de la sécurité publique et vice-premier ministre en 1975, est choisi par Mao Zedong pour lui succéder à la tête du Parti Communiste Chinois. Il devient Premier ministre en avril 1976 à la suite de Zhou Enlai. A la mort de Mao en septembre de la même année, il devient Président du parti. Il a été le principal artisan de l'arrestation de la Bande des Quatre en octobre 1976, qui menaçait son pouvoir après la mort de Mao Zedong le 09 septembre 1976.

    La suite sera l'après Mao, subtile évolution.

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