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  • Les tractations de la nouvelle Europe,

    un président de droite mais effacé.


    C'est fait, nous avons notre super président genre «René Coty», un choix administratif plutôt que politique, sans pouvoir réel bien entendu, puisque n'entament pas les pouvoirs des présidents des États membres mais avec beaucoup de travail, élu pour 30 mois renouvelables, une quatrième république au sommet de l'Europe, un président exécutant les directives avec une super baronnesse Asthon of Upholland Catherine Margaret Asthon haute représentante de l'UE aux affaires étrangères et née en 1956, elle aussi sans pouvoir autre que celui de bien faire son travail.

    Les coulisses de la négociation.

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    Cette image montre la pression sur Angela Merkel pour qu'elle accepte ce que souhaitent ses partenaires. Et cela a été fait quand la candidature de Tony Blair a été écartée trop à gauche selon Angela Merkel. Quand à la nomination de Catherine Margaret Asthon, elle apparaît comme compensation au rejet de Tony Blair. Cette image montre aussi que probablement d'autres de poids politique moindre sont écartés, quand à nous nous sommes le dernier des soucis de cette négociation. Nous avons voté point.

    Le traité de Lisbonne pour être mis en application implique une super présidence un élément clés de ce traité. Il convenait donc de réfléchir au choix d'une personnalité parlant plusieurs langues et un Flamand le premier ministre Belge Herman Van Rompuy semblait tout indiqué pour à la fois l'Allemagne et la France puisque paraît-il, il parle bien Français, mais en plus démocrate chrétien. Féru de philosophie thomiste (courant philosophique se référant Thomas d'Aquin dont sa pensé a été une doctrine officielle de l'église), et d'économie né il y a 62 ans dans une banlieue de Bruxelles, premier ministre Belge et ancien ministre du budget et fin négociateur.

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    Les échos.fr

    Alors, entre les 27 les lignes téléphoniques ont dû chauffer pour que tous ces présidents et premier ministres puissent se mettre d'accord, si bien entendu tous ont été consultés pas forcément avec la même insistance tous ne font pas le même poids. Dans le rush final Nicolas Sarkozy, Bernard Kouchner et Herman Van Rompuy, et deux autres que je ne connais pas nous montrent leur insistance à persuader Angela Merkel de donner son accord. Elle voulait une personne de droite mais effacée, ce qui fût fait puisque Tony Blair n'a pas été retenu. En fait, plutôt que de choisir une forte personnalité comme lui, on a pris, certes une personne compétente, mais sans grande expérience, un exécutant qui ne peut donner à cette Europe l'impulsion dont elle aurait besoin. Ce n'est pas un politique au sens propre du terme, mais un bon technicien probablement. Convaincre les présidents des États membres qui sont élus, il faut du poids. En fait, Herman Van Rompuy homme discret n'a jamais sollicité une telle fonction et se trouve tout étonné de cette présidence suprême. Finalement c'est un choix qui comble tout le monde, les présidents qui n'ont pas la grosse tête ne risquent pas d'être perturbés quand aux autres, il ne leur fera pas d'ombre.

    Récapitulons, nous avons maintenant, un super président et une super ministre des affaires étrangères. Puis un président de la commission avec des commissaires, puis un parlement, et enfin la commission, le Conseil, formée par les 27 présidents et premier ministres seule instance de décision, tout le reste est pour mettre en œuvre, le parlement élu n'ayant aucun pouvoir. Mais alors, que devient la présidence tournante, et bien, elle disparaît puisque ce super président à pour fonction d'assurer de façon permanente cette gouvernance qui n'est plus tournante. Chaque État assurait tous les 6 mois cette présidence ce qui bien entendu provoquait des discontinuités dans la politique de l'UE, tous n'en n'ont pas la même vision. En outre à 27 ce n'était plus possible, un président aurait été sollicité tous les 13 ans soit 156 mois. Et puis, tous n'ont pas la même capacité de gouvernance et on l'a vu lors du passage entre Sarkozy et le président Tchèque Valclav Klaus.

    Dès lors que le traité de Lisbonne est approuvé par tous cette super présidence est impérative, mais cela ne signifie en rien que le fonctionnement de l'UE sera meilleur pour nous. Aucun de nos problèmes de délocalisation ne peut être remis en cause, la circulation au sein de l'UE sera même plus aisée. Le seul point qui paraît positif est le contrôle du coût de cette super présidence. Les excès dépensiers comme ceux de Sarkozy ne pourront plus se produire. Par contre ce qui me paraît ne pas être positif, c'est la formation de couples voir de groupes ayant une même vision jouant les uns avec ou contre les autres de leur influence, ce n'est jamais bon. La majorité qualifiée le permet, voir mon article sur le traité de Lisbonne, ici. Dans cette gouvernance l'UE ne peut que se morceler.

    Nous avons donc deux nouveaux inconnus, après dix années de réflexion le but d'avoir une Europe qui parle de la même voix serait donc atteint d'autant que ce sont des négociateurs, pas si sûr. Et puis avec Sarkozy, rien n'est acquis si l'on ne fait pas ce qu'il veut il se fâche, se sont donc des postes de figurants, comme nos ministres.

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    Ils devront faire leur poste, montrer leur charisme et leur compétence et ce sera d'autant plus difficile qu'ils n'ont pas l'expérience d'un tel poste. Pour Catherine Asthon 53 ans jamais élue, jamais ministre et peu d'expérience en matière diplomatique, de centre gauche, il faut bien équilibrer un peu, elle rassemblait les trois critères à l'équilibre entre les postes de responsabilités Européens, pas d'ombre surtout.

    Quelles sont les fonctions essentielles de cette super présidence, assurer la préparation et continuation des travaux du Conseil. Œuvrer pour faciliter la compréhension et le consensus au sein de l'UE ce qui n'est pas la moindre des tâches. Assurer au niveau de sa qualité la représentation extérieure de l'UE pour les matières relevant de la politique étrangère et de sécurité commune sans préjudice des attributions du Haut représentant. L'Administration du conseil comprend trois mille fonctionnaires, c'est donc une grosse machine qui coûte.

    Pour le Haut représentant des affaires étrangères il conduit la politique étrangère et de sécurité commune. Il contribue par ses propositions à l'élaboration de cette politique et l'exécute en tant que mandataire du Conseil. Il «préside» le conseil des affaires étrangères et est «l'un des vice-présidents de la Commission». A terme, le service diplomatique européen devrait compter 5 000 fonctionnaires, une paille !

    Ce n'est pas une moindre tâche souhaitons à cette baronne de réussir ainsi qu'au super président qui auront à faire face à un nombre de plus de 200 réunions annuelles disséminées dans le monde, une tâche quasi impossible, en d'autres termes ils ne seront quasiment jamais à Bruxelles. Il faut donc s'attendre à ce que ces postes évoluent par l'injonction de personnels supplémentaires.

    Il reste un point qui n'est pas abordé dans cette nouvelle Union c'est tout simplement comment faire qu'elle ne passe au dessus de la tête de ses habitants et que le divorce se transforme en mariage. N'oublions pas que 57 % des électeurs se sont abstenus aux dernières élections en juin. Quel écho public à cette nouvelle Union? On a l'impression que tout se passe dans l'indifférence générale et que pour les Français elle représente le moindre de leurs soucis tant les problèmes qu'ils ont à faire face pour vivre sont pour eux essentiels. En fait l'UE passe pour être trop distante, trop bureaucratique une machine dénuée d'humanité pour le commun des mortels, un super gouvernement insaisissable pour beaucoup. Il faut reconnaître que jusqu'à présent que nous a apporté l'Europe autre que la politique agricole par ses subventions et l'Euro que des insatisfactions. Elle a déjà bouleversé notre existence par ce qu'il nous faut adopter d'autres populations de conditions sociales différentes, ce qui pour nous est difficile, globalement nous régressons alors que l'Europe devrait nous enrichir, et c'est sur ce point qu'elle ne peut être comprise. Beaucoup de problèmes sont survenus dont les délocalisations de nos usines dans les pays à bas coûts de main d'œuvre. Et tant que l'UE n'aura pas montré sa capacité à produire autre chose que des décrets communautaires contraires à nos conditions de vie, et à montrer qu'elle est capable de bien être, elle sera ignorée. Si la politique Européenne sert a rendre les gens plus malheureux, elle ne sert à rien. Mettre tout le monde au même niveau social est une forme de communisme et on a vu ce que c'était.

  • Jeux de main, de pied, de tête et but,

    et, la tricherie reconnaissance de l'identité nationale !

    La main de la grenouille à fait gagner la France «The Belfast Telegraph».

     

    Il n'est pas dans mon habitude d'écrire sur ce sport d'argent, de combines, de tricherie, de drogués, de supporters excités et d'hooligans et autres voyous prêt à tout pour se battre et tout casser, et puis bien sûr des nuls, enfin pas tous, mais beaucoup trop. Un si beau sport, celui que les footballeurs devraient honorer, glorifier, le sport de la masse, des pauvres qui jouent dans les rues et que certains rêvent de devenir des Zidane, des Platini, des Ronaldinho, et des Edson Arantès do Nascimento dit Pelé, et d'autres bien sûr, tant ce sport permet de sortir de la misère et de gagner de l'argent qui ensuite pourri tout.

    Alors cette main, ce n'est pas n'importe laquelle, mais celle du capitaine de l'équipe de France celui qui normalement doit montrer l'exemple, diriger son équipe, la mener vers la victoire de façon honorable. Ce n'est pas la main d'un grouillot que l'on mettrait en prison, mais celle d'un joueur que l'on honore et qui gagne beaucoup d'argent. Bien sûr ce n'est pas la seule main, il y en a des célèbres dont la plus célèbre est celle de Diego Maradona en 1986 lors de la coupe du monde qui a permit à l'Argentine de disposer de l'Angleterre.

    La main de Dieu.


    Cette main de Thierry Henry vient d'entrer dans le club très fermé des mains du monde qui ont permis la qualification de l'équipe du joueur, par ce que l'on ne revient pas sur une décision de l'abrite qui n'a pu voir. On fait la tricherie au bon moment celui ou il y a confusion entre les joueurs pour ne pas qu'il puisse voir. Oh ! C'est bien fait, vite fait, on aurait aimé un but, un vrai but aussi bien fait. Alors on fait porter sur l'arbitre une lourde responsabilité, il ne pouvait voir ni ses adjoints, et la faute avérée n'est pas sanctionnée et ses conséquences réparées. Mais l'arbitre ne peut jamais tout voir, il n'y a pas de vidéo pour le seconder et voir l'action litigieuse, ils n'en veulent pas. Ils ne pourraient plus tricher, les prises de maillot cachées et autres coups de coudes et tricheries, ils ne pourraient plus les faire, elles pourraient être sanctionnées. Faire un sport propre ils ne veulent pas non plus, et il ne faut pas compter sur les joueurs, trop de conséquences sont attachées à la gagne, et ils font tout pour.

    La FIFA vient de siffler la fin de la partie, le match ne sera pas rejoué une aubaine pour l'entraineur Raymond Doménech qui touchera 820.000 € pour la qualification, quel exemple pour les jeunes qui se rendent finalement compte que la tricherie paye. Mais les joueurs aussi ne sont pas à plaindre puisque après négociation avec Noël le Great vice président de la FFF en charge des finances, ils toucheront pour ceux qui ont fait le plus grand nombre de matchs 150.000 € et pour les autres cette prime sera déterminée en fonction des matchs joués. Comment avec de telles sommes voulez-vous que l'on ne triche pas ?

    Que l'on ne vienne pas nous parler d'identité nationale alors que certains membres du gouvernement approuvent ne voulant pas soutenir la demande de l'Irlande de faire rejouer le match. Nicolas Sarkozy a dit à la presse,

    «j'ai dit à Brian Gowen combien j'étais désolé pour eux. Mais, ne me demandez pas de me substituer à l'abrite, aux instances du foot Français»,

    une manière de dire ne comptez pas sur moi pour soutenir la demande de l'Irlande. Auparavant François Fillon n'a guère déclaré autre chose, estimant qu'il ne revenait pas aux dirigeants Français de s'initier aux règles du foot international, la belle affaire, nous risquerions de perdre. Roselyne Bachelot ministre des sports reconnait que l'équipe de France a obtenu le match nul sur une erreur d'arbitrage, mais elle ne condamne pas la tricherie. Quand à sa secrétaire d'État, elle ne pense pas que l'on puisse parler de triche. Et puis Cohn- Bendit déclare, c'est la main de Thierry Henry, c'est le summum de la chance ! Que voulez-vous faire avec de tels personnages, rien. Il faut nettoyer.

    Et puis Domenech défend les Bleus, peut-il en être autrement ? C'était avant bien sur que la FIFA se prononce. Pour les médias la main d'henry vaut de l'or. C'est un grand soulagement cette qualification honteuse et le business médiatico-sportif se frotte les mains. Pensez-donc que TF1 aurait vu des pertes de l'ordre de dizaines de millions d'€ et pour les journaux et magazines des tirages futurs en moins.

    La première chaîne a déboursé 120 millions d’euros pour s’adjuger les droits télé des 56 matches de la prochaine Coupe du Monde de football. Une opération qui s’annonce probablement déficitaire, notre malheureuse équipe n'ira pas loin si elle ne joue pas mieux, à moins qu'une autre main de Dieu bien faite vienne nous sauver encore une fois, et ce déficit, sans doute actuellement de 30 millions d’euros, se serait révélé un véritable gouffre financier de plus de 50 millions…, si les Bleus ne s’étaient pas qualifiés. Alors le ballon rond a le dos rond, il encaisse tout et qu'importe l'honneur pourvu que l'on est le fric. Le président de la Fédération Française de Football aurait exprimé de vagues regrets, mais comme les enjeux sont trop importants, alors on cautionne le non respect des règles au nom de ce fric.

    Au foot comme dans d'autres sports professionnels, mais aussi amateurs, tient ça existe encore, la tricherie a toujours existé, elle fait partie de notre existence sans elle nous nous ennuierions, et le dicton pas vu pas pris bien Français n'a pas été créé pour rien, il montre bien ce que nous sommes, des tricheurs. Le plus beau, c'est que Thierry Henry a reconnu sa faute ce que les autres joueurs n'avaient pas fait je crois, il est donc le seul dans cette super catégorie des tricheurs reconnaissant leur faute pour se faire pardonner, peut être, mais alors pourquoi ne pas l'avoir fait pendant le match, nous aurions alors perdus, mais, après c'est sans conséquence et même ce peut être une faute pardonnée, bien joué Thierry, nous sommes blanchis. Il n'empêche qu'avec cela sur la conscience comment voulez-vous que nous regardions les matchs de l'équipe de France lors de cette coupe monde sans penser à l'Irlande qui aurait mérité d'être à notre place, mon Dieu que le monde est injuste. Boycottons les matchs de notre équipe ce serait bien n'est-ce pas quand pensez-vous ?

    Je me plais à imaginer le contraire si un Irlandais avait fait une main d'or quel scandale, la France n'en finirait pas de crier contre ces Irlandais avec le landerneau médiatico-sportif, nous mètrerions la planète à feu et à sang, mais les Irlandais ne sont que 4,5 millions d'habitants, ils font donc moins de bruit, ils comptent donc peu. L'Eire est une nation mineure pour la FIFA.

    La passe de la main de Thierry Henry à son pied pour la tête de William Gallas restera dans nos mémoires.

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    Bien sûr, d'autres ont aussi fait des tricheries, le foot permet tout, mais est-ce une raison quand on parle de l'identité nationale. Ne pensez-vous pas que nos politiques feraient bien de montrer l'exemple en condamnant notre équipe ?

    Le salaire des footballeurs flambe dans le championnat de France, et ce n'est qu'en 2007.

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    Un joueur de la ligue 1 gagne au moins 47.000 € bruts par mois. A 22 ans, Zinédine Zidane, sous les couleurs de Bordeaux pendant la saison 1994-1995, touchait 100 000 francs, l'équivalent de 15 000 euros par mois. Né en juillet 1986, Yoann Gourcuff, l'actuel meneur de jeu des Girondins, dont on compare le style à celui de l'illustre Zizou, perçoit un salaire mensuel estimé à 175 000 euros. Même âge, même club, même talent prometteur, mais une génération d'écart, celle qui a vu les salaires flamber dans le football professionnel. Bien sûr, la fourchette est large entre le stagiaire qui fait ses premières armes dans un club de l'élite, rémunéré 2 700 euros par mois, et les cadors du championnat de France comme le Bordelais Gourcuff ou le Lyonnais Karim Benzema, le joueur le mieux payé de la Ligue 1,400 000 euros bruts mensuels, hors primes et droits d'image, lire la suite ici .

    Mais c'est de notre faute, nous sommes fada de foot, il a des conséquences politiques, l'équipe nationale qui gagne permet au président d'en tirer des avantages en publicité, nous sommes tellement «c...», et il joue le jeu, lamentable.

    Nous sommes tous des Irlandais, par Jacques Attali .

  • La piramida testimone del "Romanzo criminale a Venezia", seconda parte.

    Titien, Tintoret, Véronèse.

     

    Je ne peux malgré mon désir retracer la biographie de ces peintres en un article. Il me faut donc survoler leur œuvre. Tout d'abord le contexte. Venise un tableau, une peinture, un génie de l'art au pluriel. Outre sa construction sur pilotis dans sa Lagune qui depuis des siècles supportent ses palais, ses gondoles, ses 177 canaux, dont 400 ponts avec le Rialto original créature de l'esprit. Elle s'étend sur 118 îles situées entre l'embouchure de l'Adige, au sud, et du Piave au nord, et puis cette place Saint-Marc si belle et incomparable,

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    Galerie photos Eric Gendre ici .
    On y voit le palais des Dodges, la Basilique San-Marco et le Campanile.

    lieu touristique mondial théâtre de toutes les festivités ou pigeons et badauds se mêlent fruit de la richesse de son art avec cette ouverture sur la mer Adriatique d'où parti Marco Polo avec son père et son oncle patriciens et commerçants passés au service du Grand Khan mongol. Ils atteignirent la Chine en 1275 en parcourant la Route de la soie. Ils y séjourneront pendant 17 ans (1274-1291) et Marco Polo fut employé par l'Empereur Mongol Kūbilaï qui acheva la conquête de la Chine. Ils retournèrent à Venise en 1295 passant par l'Inde avec une fortune de pierres précieuses

    Au XVème siècle la Sérénissime, au patrimoine mondial de l'Unesco, est à l'apogée de sa puissance et domine l'Adriatique jusqu'à Corfou. Elle est gouvernée par un Dodge élu démocratiquement par un collège de 41 électeurs, ils sont élus à vie. L'un des plus célèbres Enrico Dandolo 41ème Dodge élu en 1192 à l'âge de 82 ans fera tomber Constantinople en 1204.

    Les débuts de l’histoire de la peinture vénitienne du XVIème siècle se confondent en fait avec la Haute Renaissance. Dénomination d’une épopée culturelle qui voit le triomphe de Michel-Ange ou Raphaël, mais aussi la jeunesse prometteuse de Titien. Ou la vieillesse de son premier maître, Giovanni Bellini, donnant naissance à des chefs-d’œuvre du niveau de La Dérision de Noé.

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    De Goivanni Bellini l'ivresse de Noé, huile sur toile 104×171, vers 1500, musée des Beaux-arts de Besançon

    Le personnage biblique, ivre, s’étend de tout son long sur la surface du tableau, sujet principal, motif magnétique. Ses trois fils l’entourent tel un cortège aux facettes précises, passant par embarras et moquerie, envelopper la nudité honteuse ou pour mieux la découvrir, c’est selon.

    Venise même, ou du moins sa classe dominante, plébiscite l’art de Giorgione, le Gorgionisme dans les années 1500 qui couvre aussi bien les productions du maître lui-même que celles du vieux Giovanni Bellini et du jeune Titien. Dans une Arcadie réinterprétée, il fait revivre le temps insouciant des nymphes et des bergers vaquant dans les plaines sauvages, images alors bien loin des soucis politiques de la Sérénissime. Giorgione mort, son atelier et ses suiveurs poursuivent l’esprit comme le style, indissociables. Les tableaux de ce maître mythique sont si rares que même les collections Françaises n’en possèdent aucun. Les plus beaux tableaux de ceux qu’on nomme «Giorgionesques» comblent, en partie, cette cruelle lacune.

    Venise la Sérénissime au temps de sa splendeur.

    Au début du XVIème siècle, les ducats d'or coulent à flot, les mécènes sont nombreux et les rivalités entre peintres sont exacerbées. Le premier à entrer dans l'arène est Titien qui, en 1508, à l'âge de dix-sept ans, se fait connaître pour son travail effectué au côté de Giorgione. Titien lancé se fâche avec son maître, forcément, mais ses inimitiés ne s'arrêtent pas là puisque Tintoret débarque à son tour et souhaite aussi sa part de reconnaissance. Il sera le plus fidèle ennemi du Titien tandis que le petit dernier, Véronèse, deviendra son protégé, dont il se servira dans sa lutte contre Tintoret.

    «Parce qu’il avait en face de lui Véronèse, Tintoret dut apporter un soin particulier à ces peintures, car la présence d’un rival sert parfois de stimulant, dans la mesure où l’artiste met un point d’honneur à ne pas être surpassé».

    Ce qu’écrit Carlo Ridolfi en 1642 est loin de concerner les seuls Tintoret et Véronèse. Tout en cherchant chacun sa propre voie, les grands artistes vénitiens de l’époque modèlent leurs parcours en fonction de celui des autres, au premier rang desquels figure, bien entendu, le maître incontesté que reste Titien. La concurrence joue donc un rôle majeur dans la création et le renouvellement de la peinture à Venise.

    C'est donc dans cette ambiance bon enfant que les trois peintres vont créer des œuvres magnifiques. L’époque est marquée par le paragone, c’est-à-dire la discussion théorique sur la comparaison des arts et sur la possibilité que l’un d’entre eux soit supérieur à tous les autres. Le rapport de la peinture aux autres arts a alors occupé nombre de peintres. La réponse singulière de Venise à cette problématique se trouve dans un travail sur le reflet, moyen par lequel les peintres ont cherché à démontrer la supériorité de leur art. Que ce soit dans un miroir, sur le métal des armures notamment, sur l’eau, les artistes cherchent à donner à voir en trois dimensions un corps que la peinture réduit à deux dimensions seulement. Giorgione fut le premier à s’engager sur cette voie.

    Titien, Tintoret, Véronèse et Jacopo Bassano ont par la suite développé, chacun à sa façon, cette réflexion, livrant ainsi des chefs-d’œuvre de subtilité, magnifiques et grandioses qu'on ne se lasse pas d'admirer. Et comme tout trio, on apprend que les peintres étaient en fait quatre, il faudra alors compter également sur Bassano, dont le nom est peut-être moins connu mais les toiles tout aussi incroyables.

    Les praticiens comme les institutions des monastères de la ville font appel aux grands artistes dans le vent. Qui ne rêvait pas d'un portrait de Titien, le favori de Charles Quint, d'autant que ces peintres sont grassement payés. Véronèse reçu 300 ducats, 10 années de salaire pour un simple artisan pour cette titanesque œuvre la peinture les Noces de Cana.

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    Argent et gloire tous les coups sont permis lors des concours organisés par la puissance publique ou les ordres monacaux. A ce petit jeu, Tintoret est le meilleur. Il déplaît à tout le monde aux Titien, aux Véronèse, mais les commanditaires l'adorent. Véronèse l'étranger de Vérone lui sera adoubé par un Titien vieillissant.

    Titien,

    Tiziano Vecellio ou Tiziano Vecelli, plus communément appelé Titien, Tiziano en italien.

    La Renaissance, il est auteur d'une œuvre picturale considérable de nu féminin avec beaucoup de «repentir» en blanc, rouge et noir durant au moins 70 ans. Naissance, Pieve di Cadore - 1489 / Décès, Venise, 1576. La gloire de l'art Vénitien, mais Titien c'est aussi le cœur du pouvoir, celui qui promeut rois et empereurs et décide de l'avenir de ses confrères. Le portraitiste de génie resté célèbre pour la sensibilité de ses sujets et de sa touche, fut à la fois le maître de la peinture et des destins. Le maître du temps en somme.

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    Vers 1502, huile sur toile 0,86×0,65 m, Madrid Museo del Prado, n° 407.

    Les Pélerins d'Emmaüs

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    Vers 1533-1534, huile sur toile 1,69×2,44 m signé «TiciAn»,Paris Musée du Louvre INV. 746

    Vénus au miroir

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    Vers 1555, huile sur toile 1,25×1,06 m, Washington, National Gallery of art, Andrew W.Mellon Collection, 1937.1.34.

    Tintoret.

    De son vrai nom Jacopo Comin, né à Venise dit Tintoret 1518-1594. De la Renaissance on lui associe le courant manièrisme de l'école Vénitienne. A sa naissance il est prédestiné a être un modeste teinturier. De cela, il ne restera qu'un surnom Tintoretto. Ecarté de l'atelier de Titien par ce que trop génial, le peintre déploie un maniérisme d'ou surgit le drame, la violence et le surnaturel. Sa personnalité singulière le conduit à quelques coups d'éclat qui lui valent rancune mais surtout admiration jusqu'à sa mort.

    Élève de Titien, il est réputé pour avoir dépassé son professeur dans la maîtrise des couleurs et des ombres, du rendu de la matière, s’inscrivant ainsi parmi les grands du style vénitien. Avant d’être admis à participer à une œuvre nouvelle, tout élève apprend le métier en copiant le travail du maître. Le garçon est-il trop impatient d’affirmer sa personnalité ? Ou bien le patron a-t-il surpris quelques dessins de lui et l’a-t-il renvoyé de crainte que de pareils débuts ne révèlent un concurrent potentiel ? Toujours est-il que Jacopo ne reste que quelques mois chez Titien. Il s’intéresse aux courants maniéristes toscan, romain et émilien, diffusés à Venise par des artistes comme Sansovino, Salviati et Schiavone. Il avait une grande admiration pour Michel-Ange qui l’a influencé dans sa technique du dessin.

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    Vers 1588, huile sur toile 0,63-0,52m, Paris Musée du Louvre, INV.572.

    Saint Augustin guérissant les infirmes.

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    Vers 1549-1550, huile sur toile 2,55×1,75m, Vicence, Musei Civici, Pinacotheca di Palazzo Chiericati, A74.

    Tarquin et Lucrèce.

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    Vers 1580, huile sur toile 1,75×1,52m, Chicago, The Art Institute of Chicago, Art Institute Purchase Fund 1949.203.

    Véronèse.

    Paolo Caliari, naissance, Vérone - 1528 / Décès, Venise, 1588.

    Le Maniérisme Paolo Caliari est né à Vérone en 1528, ce qui lui vaudra son surnom, Véronèse. La peinture de Véronèse est caractérisée par le souci de la composition, fondée sur les personnages, et un travail sur la couleur tout autant que sur le dessin, il cherche à idéaliser ses sujets, tout en leur conférant un aspect décoratif et ornemental. Il exécute tout à la fois des commandes officielles, travaillant pour le palais ducal à la demande des autorités de la République de Venise, ce qui accroît notablement sa réputation, et des commandes privées, émanant des aristocrates vénitiens de l'époque, qui apprécient sa capacité à représenter leurs idéaux d'harmonie sociale. Il participera grandement à la décoration de l'église de San-Sébastien. Il travaille aussi à la création de décors et de costumes de théâtre, ce qui n'est pas sans influencer son travail de peintre proprement dit, les éléments qui servent de fond à ses Noces de Cana, par exemple, rappellent un paysage d'architecture presque intemporel qui ne s'apparente à rien de connu.

    Véronèse auto portrait en chasseur

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    1562 fresque.

    Saint-Marc couronnant les vertus théologales

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    1553-1556, huile sur toile 3,3× 3,17m, Paris Musée du Louvre, INV 148.

    Portrait de dame avec un mouchoir

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    Vers 1570-1572, huile sur toile 1,17×1,01, Munich Bayeriche Staatgermäldesammlungen. Alte Pinakotek Nr 594.

    Véronèse face à l'Inquisition.

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    18 juillet 1573. Le Repas chez Levi (555x1280) peint en 1573 pour le couvent de Santi-Giovanni e Paolo des Dominicains de Venise pour remplacer une Sainte Cène du Titien détruite dans un incendie. Saisi en Napoléon en 1797, il a été restitué en 1815 et est toujours conservé à l’Accademia de Venise. Ce tableau a valu à Véronèse une comparution sans suite devant le tribunal de l’Inquisition en juillet 1573. C'est évident, il n'aurait jamais été convoqué si un fripon ne l'avait dénoncé pense-t-il. À peine la toile avait fini de sécher, à peine avait-elle rejoint ses commanditaires au couvent de Sani-Giovanni e Paolo que la nouvelle tomba sur la tête du peintre. Et le voila à 45 ans obligé de défendre sa création auprès de la plus terrible des autorités, l'Inquisition.

    Jacopo Bassano.

    ou Jacopo da Ponte ou même Jacopo Bassano l'Ancien 1510-1592 est un peintre maniériste de l'école Vénitienne. Le quatrième des trois.

    Le Baptême du Christ.

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    1592 huile sur toile 1,918×1,60m, New-York sur permission du Métropolitan Muséum of Art. Promesse de don au Métropolitan Muséum of Art. L 2009.6

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