Avertir le modérateur

- Page 4

  • La Franc-maçonnerie, dossier suite 19,

    la période contemporaine.

     

    Les Obédiences flirtent avec le pouvoir.

     

    francma2.1247343031.gif

     

    Que signifie cette expression qui intrigue bien des «profanes» ?

    Le postulant à la franc-maçonnerie, aura été pressenti et «parrainé» par des amis ou un parent francs-maçons. Si des votes, au préalable, ont été favorables au candidat à l'admission à la franc-maçonnerie, celui-ci est convoqué par le Vénérable de loge pour une

    «audition sous le bandeau».

    Généralement, la convocation précise que le profane doit se présenter au temple, Loge, à 20 heures. Il attend dans un cabinet aux murs nus. Combien de temps ? C'est à la Loge d'en décider... Le Frère Maître des cérémonies de la loge vient chercher le profane, lui met un bandeau sur les yeux et le conduit tout au long des couloirs jusqu'à la porte du temple.

    Dans la loge, le profane va être interrogé. Sa fiche a été affichée avec sa photographie au siège de l'obédience pendant plusieurs semaines. Sa demande d'admission a été communiquée à toutes les loges de France. Ceux qui croient avoir une raison précise pour s'opposer à cette admission ont été invités à se faire connaître. Le jour du passage sous le bandeau, ils ont été avertis. Le plus souvent avant l'entrée du profane dans le temple, ils ont exprimé leurs réserves. Leur hostilité ne suffit pas à constituer un cas de refus.

    La Loge peut considérer que des raisons ainsi exprimées ne sont pas suffisantes. Il arrive très fréquemment qu'elle n'en tienne aucun compte.

    La sincérité mise à l'épreuve.

    Toutes les questions posées lors du passage sous le bandeau n'ont d'autre but que de cerner un aspect de la personnalité de celui qui est là. Beaucoup ont été refusés parce que les frères avaient facilement établi que les réponses qui leur étaient faites ne révélaient pas la véritable nature du profane. Il se contentait de dire ce qu'il croyait être le plus conforme à l'idée qu'il s'était faite de la Franc-maçonnerie. Le manque de sincérité est toujours sanctionné sévèrement lors du passage sous le bandeau.

    Après son audition, le profane est raccompagné par le maître des cérémonies jusqu'à la porte de l'immeuble. Il se retrouve seul dans la nuit pendant que les maçons qui l'on entendu procèdent au vote. Chaque frère a reçu une boule blanche et une boule noire. La boule noire exprime le refus, le «blackbouler», c'est refuser. Une seule boule noire élimine quatre boules blanches. Le dépouillement a lieu sur l'autel du Vénérable par les soins du frère orateur et du frère secrétaire. Le profane ainsi admis attendra souvent plusieurs mois son initiation...


    Historia hors série 30 «Les Francs-maçons».

    Les relations qui se rapportent à François Mitterrand avec la Franc-maçonnerie constituent l'essentiel de ce dossier bien qu'il n'était pas franc-maçon, et que, tout, dans sa personne, ne pouvait que l'en écarter. Le Grand Orient de France connu pour son penchant socialiste et républicain, et l'on conçoit aisément qu'il ait soutenu François Mitterrand dans son accession au pouvoir, a fait, qu'en en retour, il ait pris dans son gouvernement des ministres franc-maçons. Son épouse Danielle socialiste, mais aussi franc-maçonne avait, avec sa famille franc-maçonne, tout pour le persuader d'agir de la sorte. En fait, Mitterrand est resté ce qu'il était c'est à dire de marbre, la Quatrième république l'avait forgé, et au pouvoir, bien que sous l'œil de la Franc-maçonnerie qui surveillait ses faits et gestes, il a fait ce qu'il a voulu. En a-t-elle profité ? Rien n'est moins sur, Mitterrand n'était pas homme à se laisser guider, il avait besoin d'elle pour son accession suprême. La preuve est éclatante sur la laïcité de la loi Savary en fin de ce dossier, ou Mitterrand ne s'en ait pas laissé compter. Or, actuellement que constate-t-on que le parti socialiste n'a plus la puissance d'autant, sans que pour autant le Grand Orient de France ait modifié sa ligne socialisante et républicaine, est-ce donc à dire qu'il n'a pas en fait la puissance que l'on veut lui attribuer ?

     

    Les franc-maçons sans tablier.

    L'expression désigne les personnages qui n'ont jamais été initiés, mais sur lesquels court la rumeur, parfois depuis des siècles.

    Au XXème siècle Charles de Gaulle (1890-1970) - Georges Pompidou (1911-1974) - Valéry Giscard d'Estaing (1926) - François Mitterrand (1916-1996). Souvent confondu avec son homonyme, Jacques Mitterrand, Grand Maître du Grand Orient - Jacques Chirac (1932). Son grand-père fut Vénérable de la loge de Brive du Grand Orient - Raymond Barre (1924-2007), invité à des tenues blanches - Michel Rocard (1939) - Pierre Bérégovoy (1925-1993). Mais aussi, Jacques Chaban-Delmas (1915-1996), il a toujours entretenu de bons rapports avec les obédiences maçonniques. Il inaugura le Grand Temple de la GLNF de Bordeaux.

    Quand à Sarkozy nous verrons plus en avant ses relations avec la Franc-maçonnerie, ou le 23 juin 2003 Sarkozy pour le troisième anniversaire de cette association prononça,


    « La Franc-maçonnerie est ici chez elle au ministère de l'intérieur»


    Sarkozy est-il franc-maçon ?

    Ses relations avec la Franc-maçonnerie.

    «Dis-moi qui tu fréquentes et je te dirai qui tu es !»

    Un Ministre de l'Intérieur ne peut gouverner que par les relations qu'il entretient avec la Franc-maconnerie. Jean-Pierre Raffarin, premier ministre, avouait, «jamais je n'aurais pensé que les francs-maçons étaient aussi puissants».

    C'est très révélateur, la droite Française qui n'a pas besoin de la Franc-maçonnerie pour gouverner découvre son influence et, il lui semble souhaitable de copiner avec elle tout comme François Mitterrand d'ailleurs qui, lui, n'avait pas sa potentialité.

    Donc, Sarkozy n'a eu d'autre choix que de composer avec des francs-maçons d'influence. Au printemps 2006, il demande à Alain Bauer de lui dresser une liste de grands maîtres qu'il pourrait inviter place Beauvau. Le vouvoiement tourne rapidement au tutoiement, Sarkozy, maître de la main dans le dos, comprend vite ce qu'il peut en craindre et ce qu'il peut en attendre, et Bauer de le tester, de le mettre au pied du mur pour s'assurer que son «élève» a bien compris, c'est lui qui le fera parler, devant les jeunes de l'université d'été de Jaurès, de Blum, de République est à vous , de République c'est vous. Ce fut un triomphe, la salle se leva pour applaudir, et à partir de là ce fut l'heure de gloire pour Bauer. La suite aux dossiers suivants.

     

    Revenons à François Mitterrand.

    Des Maçons atypiques. (Suite des dossiers historia les franc-maçons ici ).

    Lire aussi, «Le tabou des Frères militaires», appartenance à la «Grande Muette», une place forte de la Franc-maçonnerie ici.

     

    francmac.1247341805.gifAu premier rang de ceux-ci, se trouve Charles Hernu [1]. Ce proche de Mendès France [2], fondateur du «Club des jacobins» dont la totalité des membres est franc-maçonne, est un personnage trouble. Au cours de l'année 1944, Charles Hernu a en effet été délégué à l'information sociale du gouvernement à Vichy dans le département de l'Isère et s'est distingué par ses positions résolument collaborationnistes. Arrêté à Lyon à la Libération, il est accusé d'avoir dénoncé une famille juive de Grenoble et fera trois mois de prison dans cette ville, avant d'être libéré sans jugement. Bien que cette accusation soit restée sans suite, il est étonnant que le jeune Charles Hernu ait pu être initié à la Grande Loge de France, puis au Grand Orient de France au début des années 50, alors qu'à l'époque tout impétrant devait remplir un questionnaire pointilleux sur ses activités durant l'Occupation.

    Même constatation en ce qui concerne Jean-André Faucher dont Mitterrand fera la connaissance à la même époque. Ce journaliste de Limoges, qui fonda le Club des montagnards dans les années 50, a appartenu pendant la guerre au Parti Populaire Français (PPF) de Doriot. A la libération, il sera accusé d'avoir torturé des résistants et sera condamné à mort par contumace par la cour d'assises spéciale de Limoges. Il fera par la suite une brillante carrière maçonnique à la grande Loge de France, dont il deviendra un personnage influent dans les années 70-80 avant d'en être exclu. Ce qui ne l'empêchera pas de recevoir la Légion d'honneur en 1989 pour services rendus dans les missions de paix en Nouvelle-Calédonie, à la demande du ministre des DOM-TOM, Georges Lemoine, tout en continuant à écrire sous un pseudonyme dans l'hebdomadaire du Front national National Hebdo...

    Un troisième personnage au même profil vient compléter cet étonnant tableau, en la personne de Georges Bérard-Quélin, qui s'est fourvoyé dans la presse collaborationniste sous l'Occupation avant de devenir un franc-maçon influent à travers les lettres confidentielles qu'il édita jusqu'à sa mort, en 1990.


    D'une prise de pouvoir à l'autre.

    Ces trois «frères», qui se sont incontestablement servis de la franc-maçonnerie pour se blanchir après la guerre, vont participer avec d'autres francs-maçons comme Gérard Jacquet, Georges Lemoine, Guy Penne et Pierre Joxe, à la création de la Convention des institutions républicaines, puis de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS) qui servira de tremplin à François Mitterrand pour créer le nouveau Parti socialiste au congrès d'Epinay, en 1971. Selon Gilles Martinet, la prise de pouvoir de François Mitterrand au congrès d'Epinay aurait été préparée dans les locaux du Grand Orient de France, rue Cadet à Paris, sous les auspices de Roger Fajardie, membre du comité directeur de la SFIO. Cet ancien conseiller de l'ordre du GODF, proche de Pierre Mauroy, est décédé en 1987. Il fut longtemps le responsable de la fraternelle Paul-Ramadier, un influent club socialiste rassemblant les francs-maçons du parti.

    Mais si Mitterrand s'est incontestablement appuyé sur certains réseaux maçonniques pour étayer sa carrière, peut-on pour autant dire que c'est la franc-maçonnerie, au sens large, qui l'a soutenu ? N'oublions pas, en effet, que la prise du pouvoir d'Epinay s'est faite contre Guy Mollet, franc-maçon de longue date qui ne mettra plus les pieds au Grand Orient après cet épisode.

    «Guy Mollet, leader socialiste particulièrement controversé (1905-1975). Dans la première période de sa vie Guy Mollet est surveillant, puis enseignant syndicaliste, socialiste, pacifiste et franc-maçon avant guerre. Initié en 1934 à la loge «Conscience» du Grand Orient de France, il en démissionne en 1969 accusant alors l’obédience de soutenir trop ouvertement les visées de François Mitterand dans la recomposition de la gauche non communiste. Son histoire personnelle, dès qu’il occupe des responsabilités politiques, s’insère dans celle du Parti socialiste au point que les deux récits sont intimement mêlés. Il se veut gardien de la doctrine et de l’histoire de la SFIO».(voir également l'élection présidentielle l'historique ici )

     

    1944, Mitterrand découvre les Maçons, voir ici.

    Dans la Résistance, François Mitterrand rencontre Christine Gouze, qui lui présente un jour sa sœur Danielle. [...] Antoine Gouze, le père, est principal du collège de Villefranche-sur-Saône-sur-Saône, Renée, la mère, est institutrice. Ils sont SFIO. Comme nombre de ces «hussards noirs) de la IIIème République, qui se sont tant battus contre l'omniprésence du clergé, Antoine est franc-maçon. En 1940, il a refusé de recenser, comme on le lui demandait, les élèves et professeurs juifs de son établissement. Il a été révoqué...

    Leurs différences culturelles n'empêcheront pas François et Danielle de s'épouser, le 28 octobre 1944. En fait, le jeune homme, qui plaisantait volontiers devant ses amis, «Je vous présente ma fiancée laïque et républicaine» , apprend à apprécier les valeurs de sa belle-famille. Même si son beau-père ironise en retour, «Mon gendre est un calotin». Bientôt Mitterrand découvre dans son entourage bien d'autres francs-maçons qu'il apprend à estimer et à aimer. Au premier rang, il y a Georges Beauchamp, le compagnon de Résistance, qu'il a chargé, dans son réseau, de lutter contre le STO, et qui lui restera fidèle tout au long de sa vie. II y a aussi Philippe Dechartre, qui choisira d'autres voies en devenant, lui, ministre du général de Gaulle, mais qui lui conservera toujours une réelle amitié.

    A la Libération, pourtant, François Mitterrand n'est pas considéré comme un ami des francs-maçons. II pourrait même apparaître comme leur ennemi, si l'on considère son hostilité déclarée au Parti radical qu'ils ont incarné. II ne peut pas pardonner Munich et le désastre de 1940 aux hommes de la IIIème République, c'est donc I'UDSR (Union démocratique et socialiste de la Résistance) qu'il rejoindra. Les socialistes de la SFIO ? Trop marxistes ! Et puis, ils ont déjà un leader, en la personne de Guy Mollet franc-maçon lui aussi. Battue à plate couture à l'élection de la première Assemblée constituante, en octobre 1945, l'UDSR est contrainte de s'allier avec ce qui reste du Parti radical. C'en est trop pour certains de ses membres, issus de la Résistance, qui décident de s'en aller. Mitterrand reste, malgré ses préventions. Tout comme Bastien Leccia, un autre fidèle entre les fidèles, Frère de la Grande Loge et indéfectible compagnon de route du futur président. Tout comme Roland Dumas, aussi.

    Sous une autre étiquette, celle du RGR (Rassemblement des Gauches républicaines, que l'on pourrait en fait classer au centre-droit), Mitterrand se présentera donc à l'élection de la seconde Assemblée constituante. Il est battu, mais on l'a remarqué. Henri Queuille, le chef des radicaux, ne l'a pas oublié lorsqu'il s'agit de présenter des candidats RGR aux législatives d'octobre 1946. La Vienne ou la Nièvre ? Va pour la Nièvre. Cette fois, il est élu. [...]

     

    Mitterrand se sert du réseau.

    A l'époque où Hernu commence à jouer les ambassadeurs auprès de ses frères, les francs-maçons n'ont, c'est certain, aucune raison de porter Mitterrand dans leur cœur. Ils sont aussi méfiants envers lui qu'il peut l'être à leur égard. Et ils ont de quoi argumenter ! L'éducation cléricale, les prises de position politiques depuis la Libération ? Passe encore.

    Mais la francisque !

    En 1946, on lui refuse d'ailleurs, pour ce motif, l'accès a la loge de l'Abbé-Grégoire, où il était prévu qu'il effectue une visite. Mitterrand est-il homme à oublier pareille humiliation ? Oui... si cela peut servir son dessein... [...] En juin 1964 apparaît la, Convention des Institutions républicaines. Bastien Leccia en est, qui présidera la CIR départementale des Bouches-du-Rhône. Tout comme Guy Penne, secrétaire général du Club des Jacobins d'Hernu, et membre avec lui de la loge parisienne Locarno, qui siègera au groupe permanent de la Convention. Tout comme Jean-André Faucher, venu apporter dans l'escarcelle son Club des Montagnards. Ce personnage est une énigme à lui seul, condamné à mort à la Libération pour crime de trahison en temps de guerre, plus tard haut dignitaire de la Grande Loge de France, il participera à la campagne présidentielle de François Mitterrand en 1965, collaborera cependant à «Minute» et «National Hebdo»... mais participera néanmoins aux missions de paix en Nouvelle-Calédonie, où l'enverra Jacques Fournet, alors directeur de cabinet du secrétaire d'Etat socialiste, et frère du GO, Georges Lemoine...

    Son obédience le désavoue-t-elle qu'il crée la très confidentielle «Grande Loge d'Orient et Occident». II est exclu de la GLF ? Que lui importe ! II n'en est pas moins élevé au grade de chevalier de la Légion d'Honneur au titre du secrétariat d'Etat aux Départements et Territoires d'Outre-Mer, en bonne place dans une promotion qui porte les signatures de Georges Lemoine et de Jean-Claude Colliard, directeur de cabinet de François Mitterrand, et lui aussi franc-maçon. Les voies du Grand Architecte de l'Univers ne le cèdent décidément en rien a celles du Seigneur... [...]

    Après l'élection du 10 mai 1981, le Grand Orient n'a jamais côtoyé le pouvoir d'aussi près depuis l'époque d'Émile Combes. Non seulement, on compte des ministres francs-maçons mais ils sont également nombreux dans les cabinets ministériels et dans l'entourage du Président, à l'Elysée.

    Le Grand Maître, Roger Leray, élu en 1979, ne fait pas mystère de son amitié avec Mitterrand et de son appartenance socialiste. Cet ancien radical, devenu membre du Parti socialiste, voue une grande admiration à François Mitterrand qui sait, en retour, lui donner le sentiment d'être important. Et le 13 août 1981, Roger Leray ira jusqu'à écrire dans Le Monde que,

    «Les projets du gouvernement correspondent à la sensibilité des francs-maçons du Grand Orient de France».


    Une Franc-maçonnerie de cour ?

    A l'époque, cette franc-maçonnerie voyante, que d'aucuns comparent à la franc-maçonnerie de cour sous Napoléon Ier, tranche avec le comportement traditionnellement plus discret des autres obédiences maçonniques. La Grande Loge Nationale de France (GLNF) s'interdit tout débat politique dans ses loges. Ce qui n'empêche pas ses membres, recrutés dans les sphères influentes des milieux économiques, de se regrouper par affinité politique ou d'intérêt en dehors des loges. A la Grande Loge de France, où l'on est plus discret qu'au Grand Orient, on n'apprécie guère, alors, les manifestations publiques d'allégeance au pouvoir de Roger Leray. Dans les années 80, le Grand Maître de la GL, Jean Verdun parlera du «retour dans les rouages de l'État d'une franc-maçonnerie à la spiritualité délavée». L'ancien sénateur, franc-maçon du GO, Henri Caillavet déclarera quant à lui, «Nos frères font, hélas ! Souvent passer leur allégeance partisane avant leur conscience maçonnique».


    Rupture sur la laïcité.

    Les relations entre François Mitterrand et le Grand Orient de France vont cependant connaître une parenthèse orageuse avec l'arrivée de Paul Gourdot à la tête de l'obédience. Laïc ardent, cet historien de formation ne transige pas avec les principes. Le 22 décembre 1982, il écrit une lettre à Mitterrand pour s'insurger contre le contenu insuffisamment laïc de la loi Savary et prend un ton presque comminatoire pour rappeler le chef de l'État aux grands principes de la laïcité. Il fait même grief au Président d'avoir permis la présence de deux ministres de la République lors d'une cérémonie au Vatican. Mitterrand n'est pas du genre à apprécier ce genre de rodomontade. Dix ans plus tard, lorsque éclatera l'affaire de la Sagès, le chef de l'État aura des mots très durs contre les francs-maçons qu'il accusera d'être à l'origine de cette nouvelle affaire qui empoisonne le PS.

    Le Grand Orient répliquera de manière cinglante en accusant ni plus ni moins François Mitterrand de faire le jeu de l'extrême droite. La manière dont François Mitterrand traita la question laïque, si chère au cœur des francs-maçons, est révélatrice des relations complexes que ceux-ci entretiennent avec le pouvoir. Dans la foulée de l'élection du 10 mai 1981, le camp laïc, qui ne compte pas que des francs-maçons, attend avec impatience que se réalise la promesse de créer un grand service public unifié de l'éducation qui intégrerait l'école privée. Tout indique pourtant que la culture personnelle, la formation et l'entourage de François Mitterrand le rapprochent du camp catholique. Il n'a jamais caché son admiration pour les bons pères de l'institution Saint-Paul d'Angoulême, où il a fait ses études secondaires, ou pour les pères maristes de la rue de Vaugirard, chez qui il prendra pension avant la guerre lorsqu'il sera étudiant à Paris.

    Ce n'est sans doute pas un hasard si, en 1982-1983, Pierre Mauroy confie au très modéré Alain Savary la mission de mener à bien une réforme qui vise, certes, à intégrer l'école privée au sein du service public d'éducation, mais sans pour autant lui enlever quoi que ce soit de sa spécificité confessionnelle. Du côté des laïcs les plus intransigeants, on considère même, à l'époque, que cette réforme recèle les germes d'une confessionnalité de l'enseignement public et vise, en fait, à faire rentrer le loup clérical dans la bergerie laïque.


    [1]Charles Hernu.

    HERNU BLANCHI PAR LES MACONS ?

    II est le fils d'un gendarme maçon. Après avoir vécu une enfance sans histoires à Lyon, il s'est retrouvé adolescent dans la tourmente de l'Occupation, sans un diplôme en poche. II a 20 ans en 1943, rejoint cette année-là les chantiers de jeunesse, qui tiennent alors lieu de service national. Et puis il s'égare... On sait en effet aujourd'hui que Charles Hernu ne fut jamais le glorieux résistant dépeint par certains de ses biographes. C'est, en fait, au sein d'une organisation pétainiste, «la Propagande ouvrière», dépendant du ministère de l'Information à Vichy, qu'on allait le retrouver en 1944. Puis à la prison de Grenoble, au mois d'octobre de la même année incarcéré pour faits de collaboration...

    Le journaliste Jean-Molse Braitberg, qui a mené la plus sérieuse enquête sur cette période de la vie d'Hernu, a réuni les preuves de ce qu'il avance, les notes des Renseignements généraux évoquant le zèle du jeune délégué à l'Information à Vichy, les témoignages d'anciens compagnons et aussi d'anciens résistants, les coupures de presse des années 50.


    Les francs-maçons sont-ils pour quelque chose dans cette opération réussie de «blanchiment» politique ?


    On l'a dit, on l'a même écrit. Le secrétaire du comité d'épuration de Lyon, Maurice Berla, était en tout cas un personnage influent, radical et maçon tout comme le père du jeune Charles. Charles Hernu a depuis longtemps retrouvé une virginité lorsque son destin se lie à celui du futur président. Oublié le temps où, député radical de la Seine, il réclamait à cor et à cri, la démission d'un garde des Sceaux qui s'appelait François Mitterrand ! Mendésiste, il est passé avec armes et bagages dans le camp de celui qui lui paraissait le mieux incarner l'opposition au gaullisme triomphant. Il ne menage pas ses efforts pour plaider sa cause chez ses frères maçons, comme il le fera plus tard auprès des militaires. Initié au Grand Orient en mars 1950, Hernu est un maçon voyant. Son appartenance lui ouvre bien des portes, son pouvoir de séduction fait le reste. [...]


    François Mitterrand en compagnie de Charles Hernu. Initié au Grand Orient de France en 1950, Hernu a tout fait pour faire oublier son passé de collaborateur.

    hernu.1247380478.jpg


    [2] Pierre Mendès France.

    Fils de Franc-maçon, Pierre Mendès France fut initié le 19 mai 1928 à la «Respectable Loge Paris» et visita également souvent la «Loge Union et Progrès» à Pacy-sur-Eure. C'est un vrai franc-maçon comme son père, c'est-à-dire de ceux qui ne transigent ni sur la morale, ni sur les valeurs de la République ! Il meurt le 18 octobre 1982 à sa table de travail.

    Certains l'ont dénigré et peut-être détesté. Mais pour beaucoup de Français, sans doute la majorité, le nom de Pierre Mendès France évoque une courte période de notre Histoire, durant laquelle ils eurent le sentiment d'être entendus et compris. PMF, puisque c'est ainsi que tous le désignaient familièrement, avait des qualités exceptionnelles d'homme d'État, qualités que plus tard, lui reconnurent nombre de personnalités, même parmi ceux qui s'opposèrent à lui en politique. Suivant une formule que d'autres après lui s'attribuèrent, il disait ce qu'il faisait et faisait ce qu'il disait, avec honnêteté, clarté et détermination. Le citoyen PMF insufflait de la morale dans la politique, laquelle, le plus souvent hélas, en est bien dépourvue.(voir l'élection présidentielle l'historique ici).

    La suite au dossier 20.

  • La Franc-maçonnerie, dossier suite 18,

    La période contemporaine.

     

    Aujourd'hui, il y aurait en France 130.000 franc-maçons c'est à dire deux fois plus qu'il y 20 ans. Ce succès s’explique par les Grandes Églises qui ont périclité, les engagements politiques on parfois déçus, la Loge Maçonnique donne un bon compromis puisqu’elle offre la possibilité d’un épanouissement personnel, en même temps qu’un engagement citoyen.

    A la suite de l'épuration certains membres de la Grande Loge de France envisagent une fusion avec le Grand Orient de France principale Obédience Française. Celle-ci est vite repoussée, notamment par le grand-maître Dumesnil de Gramont qui espère pouvoir se rapprocher des Obédiences anglo-américaines avec laquelle des relations informelles ont été nouées, notamment par l'intermédiaire des soldats américains stationnés en France. En 1954, la Grande Loge de France rétablit l'obligation pour ses loges de travailler en présence d'une Bible ouverte, condition d'une telle reconnaissance et engage en 1956 des pourparlers de fusion avec la Grande Loge Nationale Française. Ceux-ci n'aboutissent pas davantage, car ils impliqueraient une rupture totale avec le Grand Orient de France.

    En 1964, la scission devient inévitable. Elle aura comme déclencheur la signature d'une convention administrative avec le Grand Orient concernant notamment des échanges en vue d'éviter aux membres indélicats radiés de changer d'obédience. 400 à 500 membres sur un effectif de 8220 quittent alors la Grande Loge en compagnie du Grand Commandeur du Suprême Conseil de France, pour rejoindre la Grande Loge Nationale Française à laquelle ils apportent le Rite écossais ancien et accepté avec l'appui du Suprême Conseil de la Juridiction Sud des États-Unis. Au cours du dernier tiers du XXe siècle, comme toutes les obédiences maçonniques Françaises, l'effectif de Grande Loge de France poursuit sa progression, ce qui la place dans une position intermédiaire entre celle du Grand Orient de France et celle de la Grande Loge Nationale Française.

    L'actuel grand maître de la Grande Loge de France est Alain-Noël Dubard.

    Alain-Noël Dubart a été élu le samedi 20 juin 2009, Grand Maître de la Grande Loge de France lors du Convent qui s’est déroulé aux Salons de l’Aveyron, Paris 12e. Alain-Noël Dubart, originaire de la métropole Lilloise, de formation classique et scientifique, exerce la Chirurgie Orthopédique. Pour le nouveau Grand Maître,

    «L’avenir de la Grande Loge de France s’inscrit, à partir d’une méthode collective, dans le développement personnel d’une réflexion Éthique et d’une Spiritualité à finalité Humaniste», voir ici .

    Les symboles de la Grande Loge de France.

     

    edito-la-grande-loge-de-france.1246904320.jpg

    Le Grand Orient de France à pour Grand Maître Pierre Lambichini, il est de plus président du Conseil de l'Ordre du Grand Orient depuis septembre 2008. Après avoir occupé la fonction d’adjoint au Grand Secrétaire aux Affaires Intérieures. Ses principaux chantiers pour l’Obédience sont,


    la défense de la laïcité et la lutte contre le différencialisme,
    la défense des Droits de l’Homme,
    la citoyenneté,
    l’éthique de la dépendance,
    l’école républicaine,
    la présence du G.O.D.F. dans le monde,
    le devoir de mémoire.

    Cardiologue de profession et ancien Interne des hôpitaux, il est né à Marseille en 1949. Il est Chevalier de la Légion d’Honneur et membre de la Commission Consultative des Droits de l’Homme depuis 2008. Il est l’organisateur de colloques dont celui consacré à l’Europe de la Bioéthique, près du Conseil de l’Europe, en 1990, à Strasbourg et celui concernant les Lois de 1905 à Marseille en 2006. Il est également Président de la Fondation du Grand Orient de France.

    La Franc-maçonnerie contemporaine malgré le bouleversement technologique qui suivit la seconde guerre mondiale n'a probablement plus l'influence qu'elle avait du temps de la IIIème République mais elle est encore un laboratoire d'idées philosophiques sur la morale, la religion, la politique, la société, d'autant que la mondialisation rend difficile son influence au niveau national. Nous sommes gouvernés dans une tourmente mondiale ou les États sont interdépendants, G8, G20, FMI, BEI, Union Européenne etc... .Mais quelques réformes sociales importantes sont sorties des loges.

    Il m'est impossible de décrire les travaux qui sont faits dans les Loges, ils sont immenses et touchent l'ensemble des pays, et quand bien même je serais franc-maçon, je ne pourrais le faire étant tenu par le secret. Je ne puis donc que relater ce que j'ai lu avec ma sensibilité imparfaite bien entendu.

    Par contre, on constate, que ce soit au Grand Orient ou à la Grande Loge de France, les travaux sont de même ordre, ils se rapportent tous sur des thèmes identiques. La différence résiderait sur la laïcité et sur le caractère plus à gauche du Grand Orient.

    Les Grands Maîtres de ces Loges ont tous eu plus ou moins des fonctions politiques, cela montre que la politique et bien un domaine important de leurs travaux, puisque somme toute ne gouverne-t-elle pas la société ?

    Citons les lois Lucien Neuwirth relative à la régulation des naissances plus simplement sur la contraception en 1967 et Simone Veil autorisant l'interruption volontaire de grossesse l'IVG dite aussi loi Veil en 1975. Elles furent préparées par le frère Pierre Simon, ancien Grand-Maître de la Grande Loge de France. Pierre Simon médecin a été le co-fondateur du mouvement Français sur le planning familial. En 1951, Pierre Simon fonde avec Charles Hernu également franc-maçon le «Club des Jacobins», s’engage au Parti radical et engage la réflexion au sein du Commissariat général du Plan. Engagé au Parti radical, il ira vers le Parti Radical valoisien après que le parti Radical de Gauche se soit allié avec le PS et le PC. Il a travaillé dans les cabinets ministériels de Robert Boulin, Michel Poniatowski et bien sûr, Simone Veil. Ces lois ont participé à la réelle émancipation de la femme.

    Son engagement c’est d’abord une vision philosophique de la maçonnerie qui s’exprime. Les loges doivent être les «laboratoires de la société» selon une démarche qu’il a lui-même relatée dans son dernier ouvrage «La Franc-maçonnerie». Pierre Simon est convaincu que le franc-maçon doit agir dans la cité.

    La Franc-maçonnerie d'une façon générale travaille énormément que ce soit en conférences, en rencontres, en colloques, tous les enjeux contemporains sont abordés sur les domaines spirituels, éthiques, intellectuels que ce soit sur les Droits de l'Homme et du Citoyen, sur la Franc-maçonnerie spéculative sur l'étude des Loges, sur l'évolution de notre monde en somme. L'intérêt réside en fait sur la réflexion commune et sur les conclusions qui en résultent. Cette réflexion n'est pas celle d'une personne mais celle d'une association de personnes, c'est ce qui fait sa portée.

    Plus récemment, Roger Leray, ancien Grand-Maître du Grand-Orient fut appelé par Michel Rocard pour engager un dialogue de paix en Nouvelle-Calédonie. La guerre civile a pu être évitée en 1988 grâce aux efforts d'un frère. On sait que les francs-maçons sont attachés à la notion de laïcité. Cet attachement provoqua des heurts en 1984 quand Alain Savary, ministre de l'Éducation Nationale voulut réformer le statut des écoles dites libres. Dix ans plus tard les francs-maçons descendaient dans la rue pour manifester contre la réforme Bayrou qui constituait une nouvelle atteinte à la laïcité.

    La dernière manifestation importante des Frères eut lieu à Valmy, haut lieu de l'histoire de France, en représailles à l'invitation du pape par Chirac. Le président souhaitait que le baptême du roi Clovis soit retenu comme date de naissance de la France, au mépris des valeurs républicaines.

    Les débats qui animent les loges actuellement sont d'ordre social. Il est question de réfléchir à l'établissement d'un revenu vital garanti pour les chômeurs (qui serait plus élevé que le RMI). La reconnaissance civique des homosexuels au même titre que les hétérosexuels est également un sujet important pour les frères et les sœurs.

    Il est notable de constater que l'on trouve beaucoup d'écrits sur François Mitterrand, un homme complexe, insaisissable, et il a permis aux auteurs de s'exprimer, laissant libre cours à leurs pensées, et ses relations avec la Franc-maçonnerie, surtout avec le Grand Orient de France socialisant, sont décrites dans plusieurs publications dont celles ci après et aux dossiers suivants.

     

    1981-1995. Sous François Mitterrand, les obédiences flirtent avec le pouvoir.

    (Extrait les dossiers Historia les Franc-maçons ici.)

    De 1981 à 1995, la franc-maçonnerie a vécu une proximité avec le pouvoir qu'elle n'avait pas connu depuis le temps des radicaux combistes, au début du siècle. Alors que la très orthodoxe maçonnerie Anglaise interdit tout débat politique au sein des loges, plusieurs Obédiences Françaises flirtent avec la politique. Au risque bien souvent d'en oublier les principes fondateurs du mouvement.

    Comment les francs-maçons influencent-ils le pouvoir politique ?

    Quelle est leur importance dans le gouvernement de la cité ?

    Complotent-ils en loge pour exercer secrètement le pouvoir ?

    Si l'on peut concevoir qu'une société de pensée initiatique qui fait du secret une de ses vertus cardinales, puisse susciter curiosité et, pour certains, méfiance, les francs-maçons se sont suffisamment extériorisés dans les médias, ont suffisamment pris publiquement position sur les grands thèmes de société, pour que l'on ne doute plus que leurs valeurs, liberté, égalité, fraternité, laïcité, se confondent avec celles de la république, dans le strict respect de l'État de droit.

    Si la question d'un prétendu «complot maçonnique» ne se pose pas, il est en revanche légitime de se demander comment s'exerce l'ambition d'influence des francs-maçons sur la société. Ambition qu'ils revendiquent avec fierté puisque l'idéal maçonnique demande à chaque franc-maçon de répandre sur la société profane les vérités acquises à l'intérieur des loges, et de travailler au perfectionnement matériel et moral de l'humanité.

    L'aléatoire mesure des influences.

    Reste à savoir quels sont les instruments de mesure de l'influence maçonnique dans la société et donc dans la vie politique. Toute influence n'étant efficace que si elle s'exerce par ou avec le pouvoir, on pourrait être tenté de la mesurer au nombre de ministres francs-maçons dans tel ou tel gouvernement. Ou de dénombrer les francs-maçons bien placés dans le monde de la politique, des affaires ou celui des médias. Mais, outre le fait que cet exercice est aléatoire puisque rien n'oblige un franc-maçon à dévoiler son appartenance, ce serait aussi méconnaître le sens profond de l'initiation maçonnique qui est une démarche spirituelle individuelle non quantifiable à l'aune de la représentativité sociale.

    N'oublions pas non plus que si les profanes ont souvent tendance à exagérer le rôle de la franc-maçonnerie dans la société, les francs-maçons ont eux aussi tendance à s'auto-glorifier et à se donner plus d'importance qu'ils n'en ont. Ce qui ne facilite pas, non plus, la mesure de leur influence.

    L'afflux de 1981.

    En 1981, si l'on en croit les nombreux articles de presse, le premier gouvernement de Pierre Mauroy aurait compté près d'une douzaine de francs-maçons. Est-ce à dire que la franc-maçonnerie avait investi le pouvoir ? Cela pouvait tout aussi bien signifier que les socialistes avaient pris le pouvoir dans les loges. Comment expliquer cette soudaine affluence de francs-maçons dans un gouvernement, alors qu'à l'exception notable de Robert Boulin et de Philippe Dechartre ils avaient été absents des gouvernements sous de Gaulle et Pompidou et qu'un seul franc-maçon avait été ministre sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, l'ancien Grand Maître du Grand Orient de France Jean-Pierre Prouteau ?

    Ce qui s'est passé en 1981 résultait de deux phénomènes concomitants, d'une part, une coïncidence entre la composition sociologique des loges avec ce que l'on a appelé le «peuple de gauche» et, d'autre part, la tactique politique de François Mitterrand qui s'est appuyé sur les francs-maçons comme sur tous les groupes susceptibles de l'aider pour réaliser son plan de carrière. Il est évident en effet que les loges maçonniques, et celles du Grand Orient de France en particulier, constituent un concentré de la France des classes moyennes et des fonctionnaires qui ont envoyé François Mitterrand au pouvoir en 1981. Rien d'étonnant, dès lors, à ce que des francs-maçons soient entrés au gouvernement. Mais cela n'explique pas tout.

    Mitterrand et les frères.

    Pour bien comprendre pourquoi autant de francs-maçons se sont retrouvés au pouvoir ou dans les allées du pouvoir en 1981, il faut connaître les relations ambiguës que l'ancien chef de l'Etat entretenait jusque-là avec eux. Faut-il le préciser, François Mitterrand n'a jamais été franc-maçon. Au départ, même, tout l'oppose à la culture maçonnique. Né dans une famille catholique conservatrice où l'on faisait de l'antimaçonnisme son pain quotidien, élevé chez les jésuites, pensionnaire chez les pères maristes, François Mitterrand partagera la culture dominante de son milieu, avant de réaliser ce que les francs-maçons pouvaient apporter à son ambition politique. Il fera de même avec les juifs, les protestants, les catholiques, les socialistes, les communistes, l'extrême droite, les résistants, les collaborateurs, les bouilleurs de crus ou les pêcheurs à la ligne... C'est en 1958, lorsque débute sa traversée du désert après qu'il eût été plusieurs fois ministre sous la IV° République, que les ambitions de François Mitterrand vont croiser celles de jeunes loups francs-maçons atypiques.

    La suite au dossier 19.

  • La Franc-maçonnerie, dossier suite 17,

    de la seconde guerre mondiale à nos jours.

     

    La Franc-maçonnerie sous la fin de l'occupation Allemande.

     

    Les heures sombres de la Franc-maçonnerie, voir ici .

    C'est un document qui m'a été présenté par un commentateur dont je représente ici quelques extraits.

    Il s'agit de l'Ordre de Lyon, qui se définit comme nécessairement chrétien dans toutes ses branches, ce qui implique la foi de tous les membres de l'Ordre, notamment dans la Sainte Trinité, l'Incarnation, la mort et la résurrection de N.S.J.C. ainsi que dans les autre dogmes du christianisme primitif tels qu'ils sont préservés et enseignés au sein de l'Eglise Gnostique Apostolique tenant sa filiation apostolique de Saint Marc. Les mainteneurs de l'Ordre sont tous détenteurs légitimes des filiations et/ou des grades et initiations des trois branches de l'Ordre de Lyon, comme le furent les Très Illustres Frères.

    J.BRICAUD et C.CHEVILLON.

    chevillon2.1247900630.jpg

    Témoignage.

    p1.1247899540.jpg

    p2.1247899619.jpg

    p3.1247899790.jpg

    p4.1247900001.jpg

    phot1.1247900291.jpg

     

    En 1944 le Grand Orient et La grande loge de France doivent faire leur bilan et examiner le cas des Frères qui ont faiblis pendant cette période. Ils sont peu nombreux et la Franc-maçonnerie se contente de les chasser de ses rangs, elle s'efforce même dans une certaine mesure de modérer les violences de l'épuration.

    Organisation anti maçonnique sous l'occupation.

    organisationantifm.1246810779.jpg

    En 1943, le film « Forces occultes » sort sur les écrans.


    FORCES OCCULTES
    envoyé par al-fred. -

     

     

    Forces occultes est un film Français de Paul Riche (pseudonyme de Jean Mamy), sorti en 1943. Il s'agit du dernier film de ce réalisateur, un moyen métrage de propagande antimaçonnique qui, dans l'esprit du Régime à Vichy, consiste en une dénonciation virulente de la franc-maçonnerie, du parlementarisme et des juifs. Ce film cherchait à accréditer la thèse d'un prétendu complot judéo-maçonnique, il avait été commandé en 1942 par la Propaganda Abteilung, délégation du ministère de la Propagande du IIIe Reich dans la France occupée. En deux mots, il s'agit d'un parlementaire intègre, c'est à dire d'extrême-droite, qui devient franc-maçon avant de s'apercevoir des buts réels de l'ordre qui est de faire la guerre à l'Allemagne.

    Le scénariste du film est Jean Marquès-Rivière, orientaliste à la carrière interrompue, qui fut peu de temps maçon. Il s'enthousiasme pour le nazisme au point d'en faire l'apologie dans une brochure publiée en 1941 intitulée «Les ouvriers et Hitler». Il devient un agent de l'Abwehr (le service d'espionnage de l'armée Allemande), organise l'important département des Recherches et recrute personnellement les délégués régionaux et départementaux. Il est mort en 2000.

    Ce scénario de moyen-métrage de cinquante minutes réalisé par ces deux ex-frères, Jean Marquès-Rivière et Jean Mamy se sont investis sans compter pour éliminer dès 1941 toute résistance au régime à Vichy.

    4-forces-occultes.1246890293.jpg

    Le réalisateur, Jean Mamy, était un ancien franc-maçon comme Marquès-Rivière. Il avait même été, entre 1931 et 1939, Vénérable de la loge Renan, du Grand Orient de France. Dès les débuts de l'Occupation il se place du côté des Allemands et devient un collaborateur zélé. Son procès à lieu à la Noël 1948. La Cour de Justice le condamne à mort pour sa collaboration particulièrement active avec la Gestapo.

    Il sera le dernier fusillé de l'épuration en mars 1949.

    Il est pitoyable que la mémoire si courte des Français leur ait déjà fait oublier les causes profondes de la situation présente. Car, enfin, qui dirigeait le régime pourri qui a ruiné et ensanglanté la France, qui en formait les cadres permanents et reconnus, sinon la Maçonnerie, paravent commode de la juiverie internationale ?

    Sa haine est sans limite, Marquès-Rivière est un véritable cas clinique de paranoïa comme le prouve ces quelques propos issus d'un cerveau malade,
    Qui, derrière les guichets des administrations publiques, attaque le gouvernement en créant une atmosphère de défiance et de haine ? Le Maçon.
    Qui critique les actes du gouvernement du Maréchal, dénature ses gestes, affaiblit sa volonté ? Le Maçon.
    Qui fausse les répartitions du ravitaillement, stocke stupidement les denrées périssables, affame les milieux ouvriers et favorise ainsi le marché noir ? Le Maçon.

    Tant de haine jetée sur les francs-maçons ne fut pas sans conséquence.

    Le bilan des persécutions est lourd. Après la Guerre, le procès du Service des sociétés secrètes s'ouvre le 25 novembre 1946 devant la cour d'assises de la Seine. La franc-maçonnerie peut faire alors le bilan de la Guerre et compter ses victimes : 170 000 suspects recensés, plus de 60 000 francs-maçons fichés, 6 000 maçons inquiétés, 989 déportés, 540 fusillés ou morts en déportation. Ceci ne tient pas compte des Francs-Maçons morts pour également d'autres raisons, soit parce qu'ils étaient juifs, soit pour fait de Résistance. Après la Libération la Franc-maçonnerie, moribonde, renaît petit à petit de ses cendres...

    Marquès-Rivière fuit la France dès la fin de la guerre sentant que ses positions ne lui éviteraient pas la peine capitale. En effet,

    il fut condamné à mort par contumace.

    Marquès-Rivière présenta le film au public parisien le 9 mars 1943. Il vilipenda les Juifs et les francs-maçons dans des termes odieux,

    Pour Hitler, la franc-maçonnerie, véritable force occulte, puissance supra-étatique de domination par les Juifs, ne peut coexister avec le national-socialisme. Pourtant il n'entreprend pas contre elle une liquidation systématique, identique à celle contre les Juifs.

    L'épuration.

    Les francs-maçons, à l'image de tous les Français, furent loin de manifester une résistance sans faille au régime de Vichy. Le cas de Charles Riandey en est l'exemple. Cet ancien Grand Commandeur du Suprême Conseil se fit remarquer par un antisémitisme outrancier. En effet, arrêté par la police en raison de son engagement maçonnique, il déclara à l'inspecteur S.Moerschel,

    j'ai combattu, avec beaucoup d'autres, au prix de pénibles épreuves, l'envahissement de la maçonnerie par les juifs (sic).

    Son engagement dans la Résistance (en 1943) lui évita d'être radié de la Grande Loge de France. Cette anecdote tend à prouver que la franc-maçonnerie est loin d'être infaillible et qu'elle peut attirer les diverses composantes de la nature humaine. Aussi l'épuration de la Maçonnerie fut pratiquée dès 1944. Le journal maçonnique «La chaîne d'union» manifeste son soutien à une politique d'épuration dès la Libération. Certains frères, par veulerie, par lâcheté, par intérêt, ont démérité, il faut les éliminer. Il faut procéder au grand nettoyage. Nettoyage matériel de nos temples, mais surtout nettoyage spirituel. De fait, le nettoyage a bien lieu, les «collabos» sont chassés de l'ordre et les frères doivent se plier à une enquête sur leurs activités durant la guerre.

    Pierre Mendès-France fut choqué d'être soumis à un tel interrogatoire alors que son passé de résistant était connu, il quitta sa loge. A contrario certains collabos réussirent à passer entre les mailles du filet et réussirent à se faire blanchir. Plusieurs hebdomadaires citèrent le nom de Charles Hernu à ce propos mais cet homme a tellement été sujet à polémique qu'il est difficile de porter un jugement définitif sur son passé. Au lendemain de la guerre, les deux principales obédiences maçonniques Françaises faillirent s'unir. En effet, le Grand-Orient et la Grande-Loge de France signèrent plusieurs actes officiels sous le nom de Franc-maçonnerie Française . Mais cet espoir fut vite déçu car les dirigeants de la Grande Loge pensaient qu'une fusion avec le Grand-Orient leur ferait perdre toute chance d'être «reconnus» par la «Grande Loge d'Angleterre». La Maçonnerie anglo-saxonne distribue les «bons-points» aux obédiences qui tiennent à conserver les «landmarks» passéistes constitués par le refus des femmes et l'obligation de la croyance en Dieu.

    Les Maçons n'oublient pas d'apporter aussi leurs témoignages à ceux qui les ont aidés dans cette épreuve, et c'est aisi que le préfet Georges Hutin membre du Grand Orient témoigne en faveur de l'Ambassadeur Fernand Brinon qui l'a sorti des mains de la police Allemande et auquel, il doit la vie. Le jour de la libération de Paris, les Maçons ont repris possession des locaux de la rue Cadet et de la rue de Puteaux. Au Grand Orient les membres du Conseil de l'Ordre et des membres du Comité d'Action Maçonnique, entreprennent le relèvement des Temples, voir ici chapitre XV histoire de la Franc-maçonnerie sous la IV république.

    Le prochain dossier portera sur la Franc-maçonnerie contemporaine

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu