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  • Obama et le Proche et Moyen Orient.

    L'ère Bush est terminée, c'est l'ouverture aux pays Arabo-Musulmans.

     

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    Le regard de Plantu.

    Barack Obama était au Caire, en Egypte, ce jeudi 4 juin. Revenant d’Arabie Saoudite, il a discuté avec son homologue Egyptien, Hosni Moubarak, puis s’est adressé au monde arabo-musulman dans un discours très attendu. Véritable appel à tourner la page après la décennie Bush, ce discours revêt une importance capitale pour la région. Le président américain s’est engagé définitivement pour la création d’un État Palestinien et l’arrêt de la «colonisation». Concernant le dossier iranien, sa position d’ouverture risque de tendre un peu plus les relations de son administration avec le gouvernement Netanyahou.

    Obama a parlé aux 1,5 milliards d'Arabos-musulmans, il met ainsi fin à l'ère de 10 années d'hégémonie et de connivence Bush-Israël qui a négligé, voire méprisé une bonne partie de ces peuples dont les Palestiniens. On comprenait que Bush combatte le terrorisme à la suite des attentats du 11 septembre 2001 commis par le réseau terroriste Al-Qaida, mais ne pas comprendre la souffrance des Palestiniens qui ne sont en aucune mesure responsables de ces attentats n'est pas digne d'un président de la plus grande puissance mondiale. Mais Barack Obama a reconnu que la peur et la colère nous ont parfois conduits à agir contre nos principes en précisant qu'il avait pris des mesures pour mettre fin à la torture et fermer le camp Américain de Guantanamo.

    Obama jette les bases de sa politique proche-orientale,

    Au Caire, Obama jette les bases de sa politique proche-orientale
    LEMONDE.FR | 04.06.09

    © Le Monde.fr

    Barack Obama est allé proposer un nouveau départ basé sur un intérêt commun et de respect mutuel. «L'Amérique et l'Islam ne doivent pas s'exclure, ne doivent pas être en compétition» Il a salué d'un «Salaam Alikoum» son auditoire dans la première partie de son discours mettant en exergue ses origines. Il a déclaré «beaucoup a été fait lorsqu’un Afro-américain portant le nom de Barack Hussein Obama a été élu président. Cependant, mon histoire personnelle n’est pas si extraordinaire».

    Les liens forts de l'Amérique avec Israël sont bien connus, ils sont inébranlables, mais il a proposé une solution à deux États et demandé à Israël l'arrêt des colonisations en déclarant que les États-Unis n'acceptaient pas la légitimité de la poursuite de cette colonisation notamment en évoquant la crise humanitaire et les humiliations quotidiennes qui sévissent à Gaza qui sont une source de conflits permanent. «Beaucoup attendent dans des camps de réfugiés en Cisjordanie, à Gaza et dans les pays voisins pour une vie de paix et de sécurité qu'ils n'ont jamais pu mener».

    Comment ne pas comprendre qu'un peuple oppressé qui a son territoire occupé, morcelé, puisse accepter longtemps encore ce fait sans mener des actions de résistance que d'aucuns qualifient de terrorisme alors que ce n'est que la guerre du pauvre pour son existence. Demander en outre que les Palestiniens reconnaisse l'État d'Israël dans sa conduite hégémonique, serait reconnaître la légitimité de l'injustice. Les Palestiniens ne sont en rien coupables de l'irresponsabilité du monde occidental sur la Shoah qui leur a imposé cet Etat et l'a armé pour la domination de ce peuple, impossible.

    La tranquillité d'Israël passe évidemment par la paix avec la création d'un État Palestinien entier sur la terre de leurs ancêtres la Palestine.

    Le discours d'Obama à l'université du Caire a été reçu 5/5 par le président de l'autorité Palestinienne Mahmoud Abbas. «Son appel à l'arrêt de la colonisation et à la création d'un État Palestinien ainsi que les propos sur les souffrances des Palestiniens avec Jérusalem pour capitale est le fondement d'une paix juste», a-t-il déclaré. Mais il n'a proposé aucune solution nouvelle pour résoudre ce conflit qui à terme ne peut que conduire à une guerre quand les Palestiniens seront assez puissants pour reprendre à Israël les terres colonisées injustement.

    En Israël le gouvernement n'a pas réagit aussitôt, le Premier ministre Benyamin Netanyahou convoquant au préalable ses ministres pour analyser collectivement le discours du président américain. A l’issue de la réunion, un communiqué officiel est venu exprimer le vœu que «l'important discours du président Barack Obama au Caire [ouvre] une nouvelle ère de réconciliation entre le monde arabo-musulman et l'Etat hébreu», ajoutant toutefois «Israël est engagé dans le processus de paix et il contribuera à l'élargissement du cercle des pays qui voudront vivre en paix avec lui, tout en prenant en considération ses intérêts, notamment dans le domaine de la sécurité». Israël rappelle au président américain que la main tendue au monde musulman ne doit pas être fermée à l’Etat hébreu, soucieux de sa sécurité.

    En fait c'est une fin de non recevoir comment les Palestiniens peuvent vivre en paix avec un pays qui occupe son territoire ?

    Le Hamas n’a pas réagi immédiatement après le discours de Barack Obama. Finalement, le gouvernement du Hamas dans la bande de Gaza a reconnu «un changement tangible» dans le discours du président Américain, en prenant le soin de déplorer également «des contradictions». Le porte-parole du Hamas a ainsi déclaré, «une des contradictions réside dans le fait que le président a affirmé que le Hamas était soutenu par le peuple Palestinien mais il n'a pas appelé au respect de la légitimité du Hamas qui a été démocratiquement élu».Le député Hamas Mahmoud Ramahi a de même déclaré trouver «beaucoup de points positifs» dans le discours de Barack Obama, ajoutant «il y a une différence entre la Barack Obama politique et celle de George W. Bush». Toutefois, «le problème est toujours sur le terrain», a-t-il indiqué.

    Sans surprise, Al-Qaïda, directement visée par cette tentative de réconcilier le monde Occidental et l’Islam, a tenu les propos les plus durs à l’encontre de Barack Obama. Le dirigeant de l’organisation djihadiste Oussama Ben Laden a pour l’occasion refait surface, par un enregistrement audio, dans lequel il appelle les musulmans à se «préparer pour une longue guerre contre les infidèles du monde entier et leurs agents». Oussama Ben Laden a par ailleurs estimé que Barack Obama marchait dans les pas de son prédécesseur George W. Bush.

    Le Hezbollah chiite libanais a de son côté critiqué un discours qui ne présente «aucun changement réel» dans la politique régionale des Etats-Unis.

    La République Islamique d’Iran a quant à elle rapidement minimisé l’importance de ce discours, dans une allocution du premier dirigeant du régime, le Guide Suprême de la révolution islamique, Ali Khamenei. «C’est par la pratique que des changements devraient être faits, et non pas en faisant de jolis discours à l’adresse du monde musulman», a ainsi déclaré l’ayatollah Khamenei.

    Parmi les réactions les plus enthousiastes, l’Union européenne a rendu hommage à «un discours remarquable, qui va sans doute ouvrir une nouvelle page dans les relations avec le monde arabo-musulman», par la bouche de son Haut représentant pour la politique extérieure, Javier Solana. Le Secrétaire général de l’Onu Ban Ki-moon a salué de son côté dans le discours du président américain «l’occasion d’écrire un nouveau chapitre» dans les relations entre les Etats-Unis et le monde musulman.

    De fait, les réserves au discours de Barack Obama émanent précisément des acteurs des conflits entre le monde musulman et «l’Occident». A défaut de pouvoir explicitement rejeter un discours de paix et de réconciliation, ces acteurs soulignent leurs craintes, face à une politique américaine aux contours encore incertains. Il est évident que Barack Obama est pris entre plusieurs feux, d'une part dans son propre pays ou la communauté Juive est forte et influente soutenant sans restriction l'action d'Israël, d'autres part l'hostilité de certains pays Arabes aux Palestiniens surtout de tendance Islamiste, et puis au refus Israélien de deux États n'ayant pas de leviers suffisants pour faire infléchir cette politique, et son désir d'éviter une course aux armements nucléaires au Proche-Orient conduisant cette région sur une voie dangereuse. Si l'on ajoute à cela son désir de désengagement en Irak en laissant les mains libres aux Irakiens, ainsi que celui de ne pas perdre la face en Afghanistan ou l'aviation Américaine reconnait les erreurs des bombardements de son armée et de déclarer,

    «ne vous y trompez pas, nous ne voulons pas maintenir nos troupes en Afghanistan. Nous cherchons à n'y avoir aucune base militaire», a-t-il déclaré.

    C'est donc de la corde raide qu'il doit faire pour ne pas envenimer les conflits potentiels entre les États. Il est évident qu'il est plus aisé de faire la guerre que la paix car elle implique le consentement mutuel et la reconnaissance par les peuples de vouloir vivre ensembles

    Le discours d'Obama au monde musulman du Caire :

    "A New Beginning" The President gives a speech in Cairo, Egypt, outlining his personal commitment to engagement with the Muslim world, based upon mutual interests and mutual respect, and discusses.


  • Inflation déflation ?

    Depuis quelques temps inflation «+,-0»

     

    En Europe 8,5 millions d'emplois sont menacés, un niveau de chômage inédit, déficits record et une sortie de crise incertaine, la Commission Européenne a revu en forte baisse, lundi 4 mai, ses prévisions économiques pour 2009 et 2010, en tirant la sonnette d'alarme au sujet du marché de l'emploi. Sur l'ensemble des Vingt-Sept, le chômage pourrait bondir de plus de 50 % pour toucher 26,5 millions de personnes d'ici à la fin 2010. C'est-à-dire presque l'équivalent de la population active d'un pays comme la France. Quelques 8,5 millions d'emplois devraient être détruits sur la période, tandis que la récession devrait atteindre 4 % cette année, puis 0,1 % en 2010. Dans la zone euro il a franchi la barre des 9 % en avril, à 9,2 %, soit son plus haut niveau depuis septembre 1999, a indiqué, mardi 2 juin, l'office européen des statistiques, Eurostat. En un mois, le nombre de sans-emploi a progressé de 396 000 dans la zone euro pour arriver à un total à 14,579 millions de personnes.

    En comparaison, l'économie Européenne avait été en mesure de créer 9,5 millions d'emploi entre 2006 et 2008.

    Selon l'Echo du mardi 02 juin 2009, l'inflation est au plus bas depuis 1966 en zone Euro L'inflation s'est établie à 0,0%, après 0,6% en avril. Ce niveau est du jamais-vu depuis la création de la zone euro en 1999, et même depuis la création de statistiques pour cette zone en 1996, Eurostat ayant recalculé les données des années précédant la création de la zone euro. Les 16 pays partageant la monnaie unique évitent encore de justesse ce mois-ci un recul des prix sur un an. Mais les économistes s'attendent désormais à un passage en territoire négatif dans les mois qui viennent, essentiellement en raison d'un effet de comparaison, car les prix de l'énergie avaient flambé au printemps et à l'été 2008.

    Voici ce que l'on peut lire comme information sur notre économie.

    Les derniers chiffres du chômage publiés pour avril font ressortir une hausse en métropole 58.500 demandeurs d'emplois au pôle emploi en catégorie A, donc sans aucune activité, situant le chômage à 2,5 millions de personnes, une augmentation de 2,4% en avril donnant 24,6 % sur un an. Ce chiffre passe à passe à 3,5 millions (+ 90.800) si l’on y ajoute ceux exerçant une activité réduite (catégories A, B et C), selon le ministère. Le nombre d’inscrits dans les catégories A, B et C a donc progressé de 2,6 % sur un mois et de 16,2 % sur un an.

    De tels chiffres font resurgir le spectre de la crise de 1929, qui avait été caractérisée par un long épisode de déflation, à savoir une baisse prolongée et généralisée des prix, conjuguée à un repli des salaires, de la production industrielle, de la consommation et des investissements. L'Europe n'en est pas là. Mais le reflux des prix, provoqué mécaniquement par la chute de ceux des matières premières, pourrait entraîner une inflation négative.

    Tout ceci bien entendu nous plonge dans la récession, on n'achète plus, on fait seulement face aux besoins nécessiteux pas d'extra et de dépenses non primordiales, nous atteignons une économie à l'encéphalogramme plat. Alors quand nous entendons qu'en 2010 tout va remonter, cela ira mieux, ces économistes ne trompent qu'eux mêmes, d'ailleurs je n'ai jamais constaté chez ces personnes honorables de réalité objective. Ce sont des personnes que l'on consulte par ce que cela fait bien, cela montre que ce que l'on écrit ou que l'on clame est référencé. Seulement, un peu de bon sens nous fait comprendre que si les salaires sont bloqués et que les prix augmentent ou restent stables, les gens, pas tous, n'achètent plus, et l'on se dirige vers la déflation. Il faut du temps pour remonter une économie et en donner les moyens ce qui n'est pas le cas actuellement, c'est comme les hauts fourneaux quand ils sont éteints c'est plusieurs mois de travail c'est pour cela qu'ils ne le sont jamais.

    La déflation est le moyen pour réduire l'économie à zéro et ne plus avoir de problème du coût de la vie. Seulement se raisonnement ne s'applique qu'à une partie de la société, celle dont le revenu ne baisse pas et celle dont le travail ne manque pas.

    En matière de revenu,

    ceux distribués du capital ont augmentés massivement, la part versée des dividendes aux détenteurs du capital a plus que doublé depuis une quinzaine d'années. De 7% en 1993, elle est passée à 16% de l'excédent brut d'exploitation en 2007. En moyenne, 57% des bénéfices des 41% d'entreprises qui versent des dividendes reviennent à l'investissement ce qui fait 23 %, 36% sont reversés aux actionnaires et seulement 7% reviennent aux salariés par le truchement d'intéressement, de participation ou d'abondement.

    D'autre part, les inégalités entre les salariés se sont aggravées, si depuis vingt ans la part des rémunérations salariales dans la valeur ajoutée est restée stable, (autour de deux tiers), l'inégalité entre les salariés s'est fortement accrue. Le salaire brut des 130.000 personnes les mieux payés, soit 1% des salariés, est passé en dix ans de 5,5% à 6,5% de la masse salariale dépassant 120.000€. Les 0,1% de salariés les mieux rémunérés, soit 13.000 personnes, atteignent 297.000€ par an, éléments tirés de Jacques Attali sur Slate.fr ici . A cela il faut ajouter les stock-options et les primes et autres parachutes dorés. Pour ces personnes le revenu n'a pas baissé, il a augmenté mais il n'a eu aucun effet sensible sur la consommation.

    En matière d'emploi,

    l'autre partie de la population, les privilégies de l'administration et autres services publics, pour eux le chômage connait pas. Pour ces personnes c'est aussi tout bon, elles ont un emploi et peuvent acheter, la déflation ne les atteint pas, elle les favorise, leur statut permet des avantages bancaires pour des prêts, mais cela aussi n'a eu aucun effet sur la consommation contrairement aux souhaits de Sarkozy.

    Par exemple la vente des voitures neuves a augmenté de 11.9 % en mai après un repli de 7 % en avril selon les chiffres publiés mardi par le CCFA. Elles profitent des effets de la prime à la casse, du bonus écologique et des rabais des constructeurs. On ne peut que s'en réjouir, mais quels sont ceux qui bénéficient de ces avantages, seule une classe de la société, et c'est là qu'est flagrante l'inégalité entre les Français, d'autant que cette prime à la casse est payée par tous.

    En d'autres termes lorsque tout est plat ceux dont le revenu s'est accru et ceux dont l'emploi est garanti sont heureux. Seulement une telle situation ne peut durer si les investissements ne sont pas suffisants, c'est l'anorexie de notre économie.

    Alors l'Europe s'inquiète des risques d'une déflation prolongée, la chute brutale des matières premières n'arrange rien, c'est évident. Une hausse de ces matières a toujours entrainé une légère inflation, et un pays ne peut bien vivre sans légère inflation, car cela revient à dire qu'il ne fait plus rien. L'inflation c'est quoi, en fait, c'est prendre de l'argent à ceux qui achètent en augmentant le prix de vente exagérément eu égard à celui acheté. Le vendeur fait de ce fait un bénéfice qui l'enrichit.

    Dès lors que rien ne bouge rien ne peut justifier une inflation générale des prix.

    Le graphique suivant montre la chute brutale du prix des matières premières.

     

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    Depuis l'aggravation de la crise des subprimes, à l'automne 2008, avec la faillite de Lehman Brothers, et la transmission de ce choc financier à l'économie réelle,

    mais aussi bien avant ce choc financier les réformes de Sarkozy en matière de blocage des salaires de réduction des effectifs en France et les avantages fait aux entreprises et aux plus riches n'ont rien apporté de sensible en termes d'investissement donc de richesse nationale,

    et les risques déflationnistes sont pris très au sérieux par les économistes, encore eux. La crise de 1929 avait été caractérisée par le fait que la contraction violente du crédit s'était transformée en un long épisode de déflation, une baisse prolongée et généralisée des prix, conjuguée à un repli des salaires, de la production industrielle, de la consommation des ménages, et des investissements.

    Le reflux de l'indice des prix à la consommation est la conséquence de ces facteurs qui a été aggravée par la mécanique de la chute des prix des matières premières, qui avaient flambé au printemps et au début de l'été 2008. Le cours du pétrole avait ainsi atteint 147,50 dollars le 11 juillet, il n'en vaut plus que 65 aujourd'hui.

    Il faut ne pas oublier que nous sommes dans une économie Européenne de droite et que c'est aussi à cause de cela, qu'elle n'a pas compris que nous formions un tout. Les avantages à certains ne peuvent se faire qu'au détriment des autres, et je me souviens Pierre Bérégovoy disait gouverner c'est faire du fildeferisme. Cela voulait simplement signifier qu'il faut maintenir un équilibre en toute chose, ce qui est loin d'être le cas.

    Puisque nous en sommes à l'Europe, il faut une concertation sur un plan global d'investissement pour donner du souffle, et pour cela changer son orientation. Les socialistes proposent un plan de 100 milliards d'euros, et Europe écologie 1.000 milliards d'euros sur 5 ans, ce qui me semble irresponsable, il faut rembourser ce qui fait +7,4 milliards pour les 27 pays sur 5 années tous ne peuvent pas, mais les autres partis ne proposent pas de plan de relance, donc pas d'empois, voir ici. C'est également irresponsable, il faut relancer le travail par la création d'emplois.

    Le réalisme n'est pas dans la fixation d'un chiffre pour un plan de relance qui ne peut être qu'erroné mais dans la volonté de donner de la croissance par un emprunt pour sortir de ce marasme.

  • La chronique de mai 2009.

    Que faut-il retenir de ce mois de mai ?

     

    Je placerais les violences scolaires, puis la loi Hadopi, l'indécision de Kouchner sur l'Europe, et pour finir le télé travail dont on a effleuré le projet et qui déjà a soulevé un tollé. Lorsque j'ai développé mon article sur la violence scolaire, «Du fait divers au fait général.» voir ici, Sarkozy n'avait pas pris position sur la sanctuarisation, c'est à dire la fouille des cartables et des élèves avec.

    Si je place ce sujet en premier, c'est qu'il montre une dérive inquiétante de notre société, on s'aperçoit qu'il n'y a plus de limites dans l'escalade de la répression sociétale. On pourra écrire dans les livres scolaires que cette mandature Sarkozienne est celle de la répression consécutive à un État policier. Tout est bon pour justifier une loi répressive, et cela à commencé par le permis à points du temps ou Sarkozy était ministre de l'intérieur. Certes, il y avait nécessité d'une plus grande sévérité en matière routière, mais nous avons ressentis, de suite, que l'objet principal était de faire de l'argent pour les caisses de l'État. L'abus de sanctions pour fautes mineures, de quelques kilomètres au dessus de la vitesse autorisée, sans signification en termes de sécurité était flagrant.

    0h ! Je ne prétends pas qu'il ne faille pas combattre la délinquance, bien au contraire, et je pourrais dire que je serais probablement aussi combattif sinon plus que Sarkozy, mais je ne me servirais pas de faits divers pour justifier une loi. Je prendrais le temps de la réflexion avant de tout chambouler, mais je ne suis pas politicien.

    Le sujet est grave et j'ai entendu que les Français approuvaient à plus de 60 % la fouille des cartables comme quoi, dans la lancée d'un fait divers, on peut obtenir une adhésion nationale à sa politique, comme si ces Français avaient eu le temps de réfléchir, et de mesurer l'impact d'une telle mesure sur les enfants. De plus, comme je l'ai écrit dans mon article, ci dessus référencé, que si l'on peut empêcher l'entrée de couteaux ou autre objets contondants dans les écoles, par la détection à l'aide de portiques, la violence ne sera pas pour autant jugulée puisqu'elle est principalement verbale.

    Le jeudi 28 mai Nicolas Sarkozy a annoncé une série de mesures pour lutter contre cette délinquance dans un discours centré contre les violences scolaires. Il a annoncé que les crimes et délits ont augmenté de près de 4 % en mars et d'un peu plus de 2 % en avril. Et la tendance devrait se poursuivre. En mai, le chef de l'État s'attend «à des chiffres sans doute difficiles». Bien sur il assure qu'il va «tout mettre en œuvre» pour que les résultats des trois derniers mois soient «accidentels» et «ne traduisent pas une amorce de renversement de tendance».

    Nicolas Sarkozy veut que «les personnels de direction et d'encadrement» des établissements scolaires soient autorisés à faire ouvrir les cartables. Des «équipes mobiles d'agents» auprès des recteurs, formées spécialement, seront mobilisées pour «épauler les chefs d'établissement en cas de difficulté ponctuelle» de discipline. Par ailleurs, «184 établissements parmi les plus sensibles» feront l'objet d'un diagnostic spécial de sécurité avec mesures adaptées de «protection contre les intrusions». Enfin, «la réserve civile de la police nationale» (retraités, volontaires) sera ouverte pour sécuriser des établissements scolaires et leurs abords.

    Nos écoles vont devenir un ghetto policier, cela ne tient pas.

    Or, la réaction ne s'est fait attendre les chefs d'établissements ne croient pas à la sanctuarisation et à l'ouverture des cartables qui serait une mesure impraticable, voir ici l'article du Monde.fr.

    Les syndicalistes de l'éducation nationale et de la police émettent de vives critiques sur leur faisabilité.

    Philippe Tournier, secrétaire général du SNPDEN, souligne que cela «ouvre le risque de désigner par avance les responsables d'éventuels incidents dramatiques à venir, les personnels de direction qui n'auront pas fouillé, ou fait fouiller, ou pas assez ou pas comme il fallait, alors même que, comme pour d'autres missions (...), ils ne disposent pas des ressources humaines nécessaires».

    L'objectif de «sanctuarisation» pouvant conduire à fouiller tous les sacs, «cette mesure est impraticable», estime M. Tournier.

    En d'autres termes, il apparaît un manque de personnel spécifique pour cette fouille, alors que l'on a supprimé les pions qui auraient pu être, entre autre, mobilisés pour cette fouille. En outre la vidéo surveillance dans les lycées serait peu efficace et même contre-productif. Un rapport réalisé en 2007-2008 par l'Institut d'aménagement et d'urbanisme de la région Île-de-France (IAURIF) dresse ainsi le bilan des dispositifs de vidéo-surveillance qui des lycées franciliens, voir ici page 26 .

    La loi Hadopi, voir ici Hadopi il fallait s'y attendre. S'il est une loi qui a divisé les Français et les deux Assemblées, c'est bien cette loi Création et Internet qui prévoit de sanctionner le téléchargement illégal par une coupure de l'accès Internet en cas de récidive, par 296 voix contre 233.

    Ni la majorité ni l'opposition n'ont fait le plein de leurs voix. Au sénat le projet a été adopté avec 189 vois pour et 14 contre mercredi 13 mai. Contrairement à leurs collègues députés qui s'étaient opposés au projet de loi, les sénateurs socialistes ont préféré s'abstenir après avoir voté en sa faveur en première lecture. Aucun amendement n'a été déposé, ce qui a accéléré son adoption.

    Il reste donc maintenant la décision du Conseil Constitutionnel qui a été saisit par le groupe socialiste de l'Assemblée. Le dépôt a été fait le mardi 19 mai pour demander l'annulation de la loi Hadopi contre le téléchargement illégal adoptée le 13 mai. Les députés communistes et verts se sont associés à ce recours. Nous devrions donc connaître la décision du Conseil le 19 juin, et il serait paradoxal qu'elle remette en cause cette loi puisque la commissaire européenne chargée des nouvelles technologies, Viviane Reding, a annoncé que le droit européen ne contredisait en rien le projet de loi Hadopi, même si ce texte lui déplaît «politiquement», selon un de ses porte-parole. En fait, que pourrait décider le Conseil Constitutionnel, sans que cette loi soit annulée, simplement exiger qu'elle s'applique par une décision de justice et non autoritairement même après avoir averti le fraudeur. Une telle décision aurait le mérite de l'unanimité.

    L'indécision de Kouchner sur son soutien à la liste UMP, voir ici. Finalement on pourrait presque clamer qu'il voulait faire parler de lui. Le 24 mai, la première secrétaire du PS, Martine Aubry, s'est dite «suffoquée» ce dimanche que l'ex-socialiste Bernard Kouchner n'ait pas quitté le gouvernement sur la question des droits de l'homme ou de l'Otan. Interrogée lors du Dimanche soir politique (i-Télé/France Inter/Le Monde) sur le ministre des Affaires étrangères, elle a répondu, «Bernard Kouchner est quelqu'un qui m'était proche. Je suis suffoquée qu'il ne soit pas parti déjà, à deux ou trois reprises, sur les problèmes des droits de l'homme de l'Otan». Mme Aubry s'est dit en outre «étonnée» que M. Kouchner ait «hésité» à voter UMP aux européennes, «puisqu'il applique la politique de l'UMP, il doit voter UMP aux européennes. Qu'il ait au moins cette cohérence-là».

    Le parti socialiste à vraiment subit des coups de la part de Sarkozy. Quand on analyse son ouverture à gauche on peut dire qu'elle à fait des trous chez-eux pour déstabiliser leur parti. La politique de Nicolas Sarkozy est une politique de droite sécuritaire conservatrice et libérale et il lui fallait une teinte gauchisante pour faire passer ses réformes. En fait, le terme d'ouverture n'est pas adapté à une vraie ouverture mais plutôt celle de solliciter des hommes compétents chez les socialistes. L'ouverture est donc de deux sortes, elle porte sur des hommes qui sont entrés au gouvernement comme Bernard Kouchner, Eric Besson, Martin Hirsch, Jean Marie Boeckel, et pour d'autres comme Dominique Strauss Khan au FMI, Jack Lang en mission et dans le comité Balladur sur la réforme de la Constitution et puis le socialiste Pascal Lamy à la tête de l'OMC sur une proposition de Jacques Chirac. Et puis, aussi Jacques Attali, Hubert Védrine sollicité pour les Affaires étrangères, ainsi que Michel Rocard.

    Alors comment analyser cette ouverture au terme de deux années, a-t-elle apporté des éléments positifs pour les Français, je n'en vois pas. Ils ont appliqué la politique de Sarkozy, ce n'était donc que de la façade pour monter qu'il voulait tenir compte d'une sensibilité gauchisante pour ne pas paraître trop à droite ? Mais, cette ouverture n'a-t-elle pas créé un malaise tant chez les socialistes que dans son camp ou des hommes aussi compétents ont été privés de postes se sentant désavoués et trahis ? Que reste-t-il maintenant que son gouvernement sera remanié après les élections Européennes ou l'on sait que Claude Allègre, le pote à Jospin, fera parti de son gouvernement, mais il n'est plus socialiste en terme de carte et de cœur.

    Le télé travail cet amendement de Frédéric Lefebvre député des Hauts de Seine qui veut permettre aux salariés de travailler à domicile lorsqu'ils sont en arrêt maladie, en congé maternité ou en congé parental. Si 25 % des Américains actifs pratiquent le télétravail, ils sont 13 % en Europe et seulement 7 % en France.

    L'idée en soit est potentiellement intéressante si elle ne conduisait pas à l'accroissement du chômage, et à faire plusieurs catégories de salariés, ceux qui ont les moyens matériels ordinateurs et ses compléments, et ceux qui n'ont rien. Il est évident que pour un industriel s'il peut faire faire, chez ses salariés en arrêt de maladie, un travail, il n'a aucune raison par la suite de les reprendre dans ses locaux et ainsi de les payer moins cher pour le même travail ou de les licencier en cas de refus. En outre, ce serait la fin du contrat qui définit un salaire et un nombre d'heures de présence en entreprise, on s'orienterait vers un travail rémunéré pour une tâche, libre à l'exécutant d'y consacrer le nombre d'heures qui lui convient. C'est donc la porte ouverte à une dérèglementation sociale dont on mesure mal la portée. Et comme l'écrit Marianne 2 c'est l'atomisation des salariés, plus de lien entre eux et soumis ainsi à la seule loi du patron. Un esclavage moderne. Il faut lire l'exposé sommaire de l'amendement ci après pour mesurer son importance sociale,

    «L’objet de cet amendement est de permettre aux salariés qui en feraient la demande de maintenir une activité par la voie du télétravail dans certains cas où leur contrat est normalement suspendu : congé consécutif à une maladie ou un accident, congé maternité, congé parental d’éducation ou congé de présence parental. L’intérêt de la poursuite du contrat de travail est évident pour le salarié à qui elle permettrait, au minimum de maintenir sa rémunération, à nombre d’heures de travail effectuées équivalent. L’employeur pourrait également être incité à encourager le passage au télétravail en se voyant offrir une réduction des charges sociales, financées par les économies réalisées par la caisse d’assurance maladie qui n’aurait plus à verser d’indemnités au télétravailleur».

    La commission des affaires sociales de l’Assemblée a rejeté l’amendement. Mais qu’importe, Frédéric Lefebvre a de la suite dans les idées. Il compte bien le réintroduire lors de l’examen de la loi dans l’hémicycle… «J’ai des convictions !» dit-il. Certes, et très réactionnaires. Il reste à se demander si la majorité UMP rejettera l’amendement comme certains le pensent ou si, au contraire, il rencontrera l’assentiment d’un nombre suffisamment important de députés pour être adopté.

    Quelle que soit la suite une brèche est ouverte et l'on peut s'attendre à tout, le télé travail à domicile pour casser les acquis sociaux voila l'avenir que nous prépare Sarkozy, car il ne faut pas croire que Frédéric Lefebvre a trouvé cela tout seul.

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