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  • Dany le rouge,

    un parcours atypique.

    Ce surnom lui a été attribué par la presse au moment des manifestations étudiantes de mai 68. Etudiant en sociologie à l'Université de Nanterre il s'impose déjà comme un meneur et prend la tête avec Alain Geismar du mouvement du 22 mars 1968, il militait déjà pour la mixité, c'est à dire contre la répression de la sexualité, à la résidence universitaire de Nanterre en mars 1967. Venant de la fédération anarchiste en 1967 il milite dans le groupe anarchiste rouge et noir et est fiché sur une liste noire qui circule parmi les professeurs les invitants à leurs refuser les cours.

    Daniel Cohn-Bendit devient ainsi l'un des principaux acteurs des manifestations de mai 68 à Paris avec Alain Geismar et Jacques Sauvageot. Son mouvement se manifeste en mars 1967 par l'occupation par 142 étudiants du bâtiment des filles au huitième et dernier étage du bâtiment administratif, suite à l’arrestation de Xavier Langlade de la JCR, (Jeunesse Communiste Révolutionnaire menée par Alain Krivine), après le saccage, la veille, du siège de l’Américan Express, à l’angle de la rue Scribe et de la rue Auber, lors de la manifestation organisée par le Comité Vietnam national (CVN) «pour la victoire du peuple vietnamien contre l’impérialisme Américain», la salle du conseil des professeurs est occupée toute la nuit. Le texte d’un tract est voté dans la nuit et une nouvelle structure de discussion est créée, le C.R.E.P.S. (Centre d’études et de recherches politiques et sociales), voir mes articles Mai 68 suite-1 ici et Mai 68 suite-5 ici et Mai 68 suite- 8 ici.

    À la suite de l'évacuation des locaux par la police le 2 mai, il fait partie des étudiants qui vont occuper la Sorbonne le 3 mai. Le 21 mai, alors qu'il est en voyage à Berlin, il est interdit de séjour en France. Il y revient le 28 mai, cheveux teints et lunettes noires, pour un meeting à la Sorbonne où il est acclamé. Le slogan «Nous sommes tous des juifs allemands» résumera ce soutien des jeunes à celui que la presse nomme «Dany le rouge». L'arrêté d'interdiction de séjour ne sera levé qu'en 1978. S'imposant par son bagout à cette jeunesse étudiante déboussolée par la chape de plomb du gouvernement sur les libertés individuelles, Daniel Cohn-Bendit se voie notifier une demande de quitter le territoire ce qui finira par arriver.

    En Allemagne pendant de nombreuses années on n'entend peu parler de lui. À la fin des années 1970, il se rapproche du mouvement des Verts allemands (Die Grünen) et se lie avec Joschka Fischer, qu'il pousse à se présenter aux élections dans le Land de Hesse. Il sera lui-même plus tard candidat sous l'étiquette des Verts à la mairie de Francfort-sur-le-Main, puis au Parlement européen.

    En 1981, il soutient la candidature de Coluche à la présidence de la République, se qui montre qu'il n'est pas encore mûr pour une action politique sérieuse. Cinq ans plus tard, il officialise son abandon de la perspective révolutionnaire dans un ouvrage-bilan, «nous l’avons tant aimée, la Révolution». C'est un homme extraordinaire, une analyse politique de premier ordre et une répartie objective, il a la politique dans le sang, c'est un Européen convaincu puisque finalement apatride. Fougueux, il sait emporter les foules mais peut être trop. Sa conviction Européenne n'empêche pas l'Europe d'aller dans une Europe commerciale à 27 conduisant au chômage, aux délocalisations, tout le contraire de ce qu'il semblait représenter.

    Député au Parlement européen depuis les élections européennes de 1994. Il a été d'abord élu comme représentant des Verts allemands le 13 juin 2004 puis fut tête de liste des Verts en France (sa liste obtient 9,72 % des voix en juin 1999, second meilleur résultat des Verts Français aux élections européennes après celui d’Antoine Waechter en 1989). Ses options économiques «sociales-libérales» et son soutien à la libéralisation des services publics

    l’éloignent un peu de la majorité des écologistes Européens qui considèrent que le dogme libéral est incompatible avec les moyens que nécessitent la préservation de la planète et le combat pour la justice sociale, et donc avec le paradigme écologiste, une représentation du monde dans une manière de voir les choses d'une façon cohérente.

    Daniel Cohn-Bendit plaide également pour une politique d'immigration «ouverte», et pour la dépénalisation des drogues dites «douces» (cannabis). On voit que ses options libérales sociales sur la libération des services publics se rapprochent de celles de Sarkozy et sont en contradiction par les faits à une justice sociale égale pour tous puisque le libéralisme s'affranchit d'une équité sociale entre les individus. On voit bien ce à quoi il nous à conduit avec la crise du capitalisme financier. Quand à la politique d'immigration ouverte on voit qu'il n'a pas bien perçu son importance sur les économies de nos pays.

    200px-daniel_cohn-bendit_20060317.1244560050.jpgDaniel Cohn-Bendit au festival de littérature de Cologne en mars 2006.

    Antinationaliste convaincu et partisan d'un fédéralisme Européen, il adopte un «oui de raison» au traité de constitution pour l'Europe défendu par d'autres élus écologistes (comme Alain Lipietz, Gérard Onesta ou Dominique Voynet) contre une importante minorité favorable à un «non de gauche» au sein des Verts Français mais aussi des autres partis de gauche.

    Porte-parole du Parti Vert européen, créé en février 2004, puis vice-président du Mouvement européen-France depuis février 2007, il soutient Dominique Voynet lors de l'élection présidentielle de 2007.

    Aux dernières élections les listes d'Europe Écologie de tendance gauchisante, contraire au libéralime libertaire qu'il a toujours soutenu, ont été le recours des électeurs principalement de gauche refusant l'Europe telle qu'elle se présente et ne sachant pour qui voter.

    Parodiant le slogan de la campagne des listes Europe écologie «vous n'imaginez pas le pouvoir de l'écologie», les jeunes Verts tout heureux de l'aubaine ont résumé dimanche en quelques mots l'effet Cohn-Bendit sur l'Écologie Française.

    Dix ans après sa première campagne européenne en France, au terme de laquelle il s'était fait tacler sèchement par Dominique Voynet d'un «on l'envoie à Bruxelles pour cinq ans et après... merci Dany !», le député Allemand voit enfin ses mérites écologiques reconnus le 07juin d'après Le Monde.fr, à voir.

    Il me paraît utile d'attendre dès lors qu'il y a 60 % d'abstentionnistes et que sa formation est des plus hétéroclites comprenant un José Bové imprévisible, un proche de Nicolas Hulot lui-même proche de Sarkozy, et l'ex magistrate Eva Jolie certainement la plus droite dans le parcours politique de cette formation.

    Le libéral libertaire est devenu en une soirée l'Écologiste de gauche pur teint.

    Comme l'écrit Le Monde.fr, cet ovni de la politique n'a jamais tiré un trait sur le pays qui l'avait jugé indésirable en 1968. La France le fascine et il a tenté à maintes reprises d'y jouer le rôle de l'outsider, il s'y sent bien. Je ne suis pas un homme de parti, c'est exact l'écologie appartient à tous, et c'est là qu'apparaît l'ambigüité de ce vote en faveur d'Europe Écologie, ce ne peut être un parti mais une force de pression pour le développement d'un monde propre. Un parti à nécessairement un objectif politico-économique et financier influents sur le développement de la société, ce qui n'est pas de nature primaire écologique. Il ne peut y avoir de parti politique écologique cela voudrait signifier que tous les partis seraient du même parti dès lors qu'ils préconisent une action écologique. C'est là que le bas blesse. L'Écologie est d'abord une façon de penser le développement de la société en y intégrant une dimension écologique qui est propre à tous les partis politiques, il ne faut donc pas s'emballer.

    Daniel Cohn-Bendit est le né 4 avril en 1945 à Montauban dans le Tarn-et-Garonne, souvent rejeté par la classe politique Française qui ne l'aimait pas, il faisait peur. Il est actuellement co-président du groupe des Verts Allemands.

  • La gauche s'est fait mal.

    Les socialistes grands perdants.

    L'abstention le grand fourre tout.

    L'Europe écologie le recours.

    Le Modem à l'image de son leader.

    La droite se mare.

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    Elections européennes : les résultats dans les régions
    LEMONDE.FR | 08.06.09

    © Le Monde.fr

    Quel plus bel exemple peut on donner à cette débandade socialiste en Europe, je ne vois pas. La gauche divisée s'est tirée une balle dans le pied, cela ne pouvait être autrement, et bien sur sans en tirer une gloire personnelle je l'avais écrit tant l'évidence était flagrante. Les divisions des voix entre les partis de gauche et les petits partis qui n'ont rien, ont précipité sa chute, c'était aussi prévu, bien que le résultat par région corrige un peu les estimations nationales puisque le FN obtient des députés ainsi que le front de gauche, et le MPF- CPTN comme le représente la répartition en sièges ci dessous.

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    L'Outre-Mer donne trois sièges UMP 1, PS 1, Div.G 1

    Quand à l'abstention le graphique est le suivant:

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    C'est le très grand vainqueur

    On pourrait croire que les sondages se sont une nouvelle fois trompés, ce n'est pas mon avis, les jours avant le débat dans «à vous de juger» sur la deux qui à montré le vrai visage de François Bayrou, le Modem était annoncé dépassé par les verts. Pour le PS il y avait une ambiguïté annoncé à 16 % puis ensuite à 20 voire 21 % laissait supposer qu'il se maintiendrait. Quelle influence a eu ce débat sur le PS ? Il est certain que Martine Aubry, malgré ses qualités n'a pas convaincu et a montré qu'elle n'est pas à la hauteur d'un grand parti comme le PS. Elle ne peut dépasser le profond malaise d'un PS qui n'a pas de leader capable d'emporter une adhésion dans ses courants mais aussi nationale. Elle fait certainement bien son travail, mais pour corriger la mauvaise image du PS, il faut autre chose que ces caciques englués dans leur rivalité. L'absence de vrai leader se fait donc cruellement sentir, ils en avaient deux si l'on peut dire Ségolène Royale et Dominique Strauss-kahn. Le premier a été laminé combattu, mis à l'écart bien qu'elle représentait une ouverture qui était à exploiter et qui maintenant est morte. Pour le second Sarkozy s'est est chargé en l'envoyant au FMI comme directeur, ce qui fait que le PS est orphelin.

    Pour la rue Solferino le coup est rude, que va devenir Martine Aubry, d'aucuns penseraient qu'elle doit démissionner, et bien pas du tout, les caciques font masse autour d'elle. Pour Jean-Christophe Cambadélis directeur de la campagne il n'est pas question de faire son mea-culpa en allant même à expliquer que c'est de la faute des Français en déclarant qu’il s’agit là d’un «score décevant... mais pas étonnant au regard de la participation extrêmement faible !». Claude Bartolone sert peu ou prou le même discours. Dans ces conditions le PS restera une force d'opposition sans envergure nationale autre que celle de la gouvernance des communes et régions.

    Quand au duel Bayrou Cohn-Bendit, il a tourné à l'avantage du second pourquoi par ce que c'est un leader qui connait bien ses dossiers et l'Europe, et qui ne s'est orienté à un anti-Sarkozysme primaire.

    Alors les électeurs du Modem composés principalement de déçus du PS et de la droite centriste devant la catastrophe Bayrou, ne sachant plus à quel saint se vouer, se sont reportés dans les abstentionnistes, Europe Ecologie et un peu à l'UMP. Ce revirement de dernière heure, surtout pour le PS, ne pouvait être pris en compte dans les sondages qui n'ont pas vus la poussée UMP de plus de 2 %, et celle des abstentionnistes bien qu'elle était prévisible. Les verts ont donc été un réservoir PS et Modem de sorte qu'il ne faut pas en tirer des conclusions sur son avenir. Ces élections ne sont qu'un refus de l'Europe par une grande majorité des Français et des Européens. Ce que l'on peut signifier c'est que ce refus à contribué au renforcement de la droite au parlement puisqu'elle est majoritaire de 21 pays sur 27, et là on ne comprend pas.

    Cette droite capitaliste libérale et policière qui à mis l'Europe en crise conduisant à un accroissement important du chômage et aux délocalisations, et agissant comme bon lui semblait, tout au moins pour la France, en ne faisant pas ratifier le traité de Lisbonne par voie référendaire, se trouve confortée dans cette politique par le nombre de ses députés, à ne rien y comprendre.

    Ou plutôt si, les votes abstentionnistes n'étant pas comptabilisés le résultat obtenu est complètement faux, car toute interprétation donnant à cette droite un pouvoir d'adhésion serait une erreur, car en fait elle est aussi la grande perdante même si elle va gouverner encore pendant 7 années, à moins que les gouvernements nationaux ne viennent à changer.

    Quand à la gauche qui avait un argument majeur pour battre cette droite n'a pas su profiter de cette occasion, la leçon est amère car vouloir améliorer la situation des pauvres gens qui est son thème majeur n'est pas reconnu par ces mêmes gens, c'est à vous en dégouter.

    Il nous faut noter que cette gauche divisée est complètement hors de ses chaussures quand on entend Mélenchon dire quelle est dans le trou et qu'il a tout fait pour avec une grande satisfaction, et que de ne se contenter, finalement, que de la victoire de son nouveau parti du front de gauche sur le NPA, la gauche n'est pas près de refaire surface.

    Il nous faut noter que pour l'Outre-Mer ou la gauche à soutenu le mouvement des contestataires du parti LPK du leader Elie Domoda, «ensemble contre les profiteurs», n'a pas donné à la gauche la majorité mais à l'UMP, à quoi ça sert que la gauche se décarcasse ?

    Ces élections comme d'autres sont vite à oublier, elles n'apportent rien de nouveau, Jean-Manuel Barroso restera président de la commission et le parlement continuera sur sa lancée avec une gauche critique mais finalement pas trop mécontente d'avoir échappé à une plus grande bérézina. Elle portera ses espoirs sur les prochaines élections qui, s'il n'y a pas un sursaut socialiste risque de voir un fort taux d'abstentionnistes, la droite actuellement à 44 % pourrait bien emporter la mise de 2012.

  • Aujourdhui 65 ans après le D-Day,

    la Bataille de Normandie.

    Mes souvenirs.

    J'ai voulu commémorer ce jour en apportant un peu de mon vécu et retracer pour l'histoire ce grand jour.

    On se rappelle tous ce jour que l'on attendait depuis longtemps. Nous ne savions pas ou le débarquement aurait lieu, mais nous savions qu'il arriverait quelque part sur la cote normande. De fausses informations avaient circulé disant qu'il aurait lieu plus au nord, vers Dunkerque dont la cote avait été fortifiée par l'implantation de blocaus indestructibles que l'on peut encore voir.

    J'avais à cette époque 15 ans et ce sont des souvenirs d'adolescent qui écrivent avec bien entendu ce qui peut rester après 65 ans, mais pour ceux qui ont vécu ce jour même si pour beaucoup d'entre nous nous n'étions pas sur le théâtre des opérations, nous avons ressentit une immense joie,

    «ça y est ils débarquent»,

    cela voulait tout signifier dans notre tête, nous allions être libres. Les gens étaient excités ne tenant plus en place l'oreille sur le poste de radio, pas encore le transistor, mais on sentait une joie fébrile gagner la population. A mon patronage on se préparait à faire le coup de point ou coup de feu dans Paris et je dois dire que j'ai eu très peur lorsque j'ai vu arriver dans la rue qui mène au patro un camion Allemand avec deux soldats couchés sur les ailes fusil pointés vers l'avant, j'avais dans ma poche un vieux révolver. Les chefs cherchaient à entrer en contact avec les groupes de résistance à Paris pour préparer des actions, nous étions un peu fous, mais, je n'ai jamais su pourquoi cela ne s'est fait ? Tous les jours j'allais au patro discuter donner mon avis, il n'y avait que cela qui comptait

    Je regrette maintenant de ne pas avoir mémorisé ce jour et les suivants ou tant de nos camarades sont morts pour notre liberté, mais aussi beaucoup de nos Alliés venus nous libérer.

    La bataille de Normandie à débuté le 06 juin 1944 à 0 h10 par les premiers éclaireurs Américains (pathfinders en anglais) sautent sur le Cotentin, afin de baliser les zones de parachutages pour les pilotes de C-47 qui vont arriver dans les minutes qui suivent.

    A, 0h16 le premier des trois planeurs britanniques se pose à moins de 50 m du pont de Benouville le Pégassus Bridge. La batterie allemande de Merville est attaquée par 5 bombardiers Avro Lancasters du 7th Squadron de la Royal Air Force.

    A 0h35 Capture du pont Pegase à Bénouville par les parachutistes anglais du Major John Howard, 2 planeurs britanniques se posent à proximité du pont de Ranville, le Horsa Bridge. Le 3ème planeur prévu pour l'opération est manquant.

    A 0h45 Des rapports allemands, envoyés par le 3ème Bataillon du 919ème régiment de Grenadiers commandé par le lieutenant-colonel Hoffmann, indiquent la présence de parachutistes ennemis.

    A  01h 00 Les radars de la Marine allemande (ou Kriegsmarine en allemand) signalent une importante armada en face du Pas-de-Calais. Le sergent Ludwig Förster découvre l'armada alliée au large de son point fortifié Wn 62, secteur Omaha Beach.

    A 01h10, 36 parachutistes Français, réunis au sein de 4 équipes, sautent au-dessus de la Bretagne, en forêt de Duault et près de Plumelec. Mise en alerte de toutes les troupes allemandes aux ordres du 84ème corps allemands, de l'Orne à Saint-Malo.

    A 01h 11 La 716ème division d'infanterie Allemande prévient Le général Marcks du 84ème corps d'armée situé à Saint-Lô de la présence d'unités aéroportées ennemies dans le Cotentin.

    A 01 h 21 Les éclaireurs de la 82nd Airborne Division sautent sur la Normandie au-dessus du Cotentin pour tenter de baliser 3 zones d'atterrissage pour le reste de la division (Drop Zones N, O et T).

    A 01h30 Le caporal Emile Bouétard, membre du 4ème Bataillon Français Parachutistes est abattu au Moulin de Plumelec, en Bretagne.Le général Dollman ordonne la mise en alerte générale de la VIIème armée allemande. Les sirènes de la batterie de la Pointe du Hoc sont mises en action pour signaler l'apparition de bombardiers alliés.

    A 01h45 Le général Marcks du 84ème corps d'Armée reçoit des nouvelles informations concernant les parachutistes ennemis, repérés entre Sainte-Marie-du-Mont et Sainte-Mère-Eglise.

    A 01h50 A Paris, près du Bois de Boulogne, le chef des opérations du Groupe Naval Ouest, l'amiral Hoffman, a convoqué les différents États-major face à l'accumulation des rapports alarmants. Il envoi le message suivant en Allemagne, «Signalez au quartier général du Führer que c'est l'invasion».

    A 01h55 Décollage en Angleterre des bombardiers de la 8ème US Air Force. 1 198 appareils sont déployés au total.

    A 02h 00 Le maréchal von Rundstedt est mis au courant des mises en alerte suite à la découverte de parachutistes, notamment signalés par la 352ème division.

    A 02h15 La 352ème division d'infanterie allemande signale la fin d'alerte pour l'ensemble de ses unités.

    A 0h29 Les navires de la Force U sont arrivés au large de Utah Beach et jettent l'ancre à 24 kilomètres du rivage.

    A 02h30 De sérieux combats s'engagent dans la localité de Ranville entre les troupes aéroportées britanniques du 6th Airborne et les soldats allemands du 716ème d'infanterie et de la 21ème Panzerdivision.Les émetteurs fixes "Bag Pipe" et "Chatter" d'Angleterre entrent en action et brouillent les communications de la Kriegsmarine et de la Luftwaffe (Armée de l'Air allemande).

    C'est le début de ce grand jour qui ne devait finir qu'entre le 19 et le 21 août ouvrant la voie à la libération de Paris le 25 août.

    Quelques images.

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    Le débarquement le 06 juin 1944

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    Débarquement des troupes et matériels par échouage des bateaux sur les plages normandes et la place Falaise le 16 août 1944.

    La guerre des haies.

    La guerre des haies commence à proprement parler aux premières heures du 6 juin 1944, les parachutistes américains et anglo-canadiens ainsi que les troupes débarquées sont immédiatement confrontés à cette végétation. Les planeurs alliés, chargés d'hommes et de matériel (munitions, petits véhicules, armes lourdes) heurtent les haies de la même manière qu'une voiture lancée à pleine vitesse heurte un mur, les pertes sont inquiétantes, les dégâts matériels le sont également.

    Dans la journée du 6 juin 1944, les batteries mobiles d'artillerie allemandes utilisent les haies pour accomplir leur mission tout en se camouflant des vues de l'aviation ennemie qui pourrait soit les détruire, soit définir leur position et guider les tirs de l'artillerie embarquée sur les bâtiments de guerre dans la baie de Seine. C'est notamment le cas de la batterie allemande installée à Brécourt près de Sainte-Marie-du-Mont (Utah Beach). La fin de la guerre des plages laisse directement la place à la guerre des haies. Ce sont les Américains qui ont été majoritairement confrontés à ce type de combat, car dans la région de Caen (où les Anglo-Canadiens ont progressé) le terrain est essentiellement composé de vastes plaines, propices aux combats de blindés.

    A L'ouest, en revanche, le Cotentin est très largement compartimenté en petits vergers ou champs cultivés bordés de haies (remarquons également qu'à l'époque, la culture du maïs n'a pas l'importance qu'on lui donne aujourd'hui en Normandie). C'est ce que les géographes appellent véritablement le bocage normand. Les soldats anglo-canadiens ont cependant également rencontré ce type de végétation, mais de manière moins récurrente que pour les Américains.

    L'objectif des Américains étant de couper le Cotentin en deux afin d'empêcher les Allemands de ravitailler et de renforcer Cherbourg et son fameux port en eau profonde, le 5e corps du général Collins fonce littéralement à travers le bocage pour rallier la côte ouest de la presqu'île. La progression, volontairement accélérée, sera à l'origine de bien des pertes parmi les troupes américaines souvent prises à partie par des tireurs isolés ou des positions d'artillerie Allemandes. Des carrefours ou des ponts sont franchis à toute vitesse et lorsque l'effet de surprise ne fonctionne pas, les Allemands mettent un coup d'arrêt aux forces débarquées en utilisant au mieux les haies.

    L'aviation a joué un rôle central pendant toute la durée de la campagne de Normandie. Non seulement elle permettait d'assurer la couverture des troupes au sol, mais elle permettait également de déloger les troupes ennemies de leurs caches ou encore d'assurer la préparation d'offensives par le biais de vastes bombardements, le plus souvent concentrés dans l'espace et dans le temps. L'exemple le plus frappant est l'opération Cobra, qui a vu la réalisation d'un intense bombardement visant à ouvrir des passages entre les lignes allemandes pour percer le front en direction de la Bretagne. Le 25 juillet 1944, les Américains appliquent la stratégie du carpet bombing, le tapis de bombes. 1500 bombardiers de type B-17 et B-25 larguent près de 3300 tonnes de bombes entre Montreuil et Hebecrevon au nord-ouest de Saint-Lô. Mais du fait des mauvaises conditions atmosphériques et de la proximité des forces américaines, plusieurs dizaines de soldats US sont tués lors des bombardements, on dénombre 111 morts et près de 500 blessés.

    Les Alliés doivent faire preuve d'ingéniosité pour mener à bien leurs actions tout en étant un minimum contraint par le terrain. Pour ce faire, ils renforcent les moyens transmissions reliant le combattant et l'appui artillerie ou encore mettent au point des équipements adaptés au bocage normand, comme par exemple le Sherman Rhinocéros, doté de lames qui lui permettent de franchir plus facilement les haies. Cette invention a permis l'emploi des chars pendant la progression à travers les différents compartiments de terrain, ce qui était difficilement réalisable sans risquer la perte prématurée de ces engins (les embuscades permettant aux allemands d'attaquer au plus près et donc très efficacement les blindés alliés).

    Conclusion.

    Cette étude de la guerre des haies en Normandie a montré la particularité du combat dans le bocage et l'ascendant tactique de la défense sur l'attaque. La puissance militaire alliée est venue à bout de son adversaire mais au prix de pertes élevées et d'un retard important par rapport aux prévisions. Ces combats ont montré l'importance des armes d'appui (artillerie terrestre et embarquée, aviation) qui ont su généralement dégager les troupes d'assaut de situations bien délicates. Les Allemands ont joué la carte de l'usure par la prolongation du conflit, ne pouvant pas résister à la machine de guerre alliée, leurs actions ont retardé l'avancée des troupes américaines, britanniques ou encore canadiennes, sans l'arrêter pour autant. Toutefois, les stratèges allemands n'ont pas tiré profit de cette action retardatrice en Normandie. En effet, Hitler attendait la victoire décisive qui pouvait rejeter les Alliés à la mer, alors que ses généraux conseillaient un repli tactique derrière la Seine. Cette absence de lucidité et cette perte de temps a profité aux Alliés qui ont pu s'engouffrer en France et avancer à grands pas vers la libération totale de l'Europe.

    Marc Laurenceau

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