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Hollande a déjà gagné son pari,

la courbe du chômage ne peut que s'inverser, c'est inéluctable !

La raison veut que quelque soit la situation économique le chômage ne peut que se réduire lorsqu'il atteint son maximum. Le problème pour François Hollande c'est le temps qu'il mettra pour se réduire avant qu'il l'atteigne ! Sa promesse insensée de lier sa candidature en 2017 à la réduction crédible et durable du chômage impliquait de faire redémarrer l'industrie par une politique d'aide aux entreprises et de traiter l'action sociale du chômage par les emplois aidés. Il lui fallait dans les trois premières années de son mandat orienter la conjoncture économique française par le CICE et le pacte de responsabilité dont la finalité consiste à donner de 2015 à 2017, 20 milliards d'aides et de baisses de charges, qui s'ajoutent aux 20 milliards du CICE, sur la réduction du coût du travail pour favoriser la création d'emplois. Au total c'est pas moins de 40 milliards de 2015 à 2017 pour les entreprises.

 

Mais aussi pour les ménages aux revenus modestes une réduction d'impôt pour 4,2 millions pour l'année 2014 avec une revalorisation des prestations sociales, minimum vieillesse et prime pour les retraités qui touchent moins de 1.200 €/mois. Si l'on ajoute à cela la loi Macron qui déverrouille les blocages syndicaux, plus de travail le dimanche, concurrence qui fait baisser les prix dans les transports par autocars, 22.000 postes pourraient être créés, plafonnement du seuil des pénalités prudhommales, ...ouvrant ainsi le marché du travail dans une optique libérale, on voit bien que cette politique va dans le bon sens pour l'emploi. Elle ne peut que conduire à augmenter le pouvoir d'achat des ménages et à retourner la politique de blocage des embauches par une confiance plus affirmée des entreprises même si, encore, les embauches restent le point faible de l'application du pacte de responsabilité.

Il faut donc s'attendre au cours de l'année 2016 à une amélioration de l'emploi. Il est pas inimaginable qu'elle ne puisse se produire. La croissance économique européenne est portée par des vents favorables, prix du pétrole maintenus à des niveaux relativement bas, croissance mondiale soutenue, et poursuite de la dépréciation de l'euro. En conséquence, l'UE et la zone euro devraient avoir leur PIB progresser de 1,8 % et 1,5 % en 2015, soit un gain de 0,1 et 0,2 point en pourcentage. Pour 2016 la Commission européenne prévoit une croissance de 2,1 % et 1,9 % pour la zone euro. Au début de l'année 2015 le PIB intérieur brut Français a cru de 0,6 % et le pouvoir d'achat des ménages a augmenté, les marges des entreprises se sont redressées. Les constructeurs automobiles français retrouvent le sourire, PSA a renoué avec les bénéfices au premier trimestre de 2015 après trois années de pertes. Renault a publié le 30 juillet que son chiffre d'affaire a bondi de 12 % à 22 milliards d'euros et ses profits de 83 % à 1,469 milliard, et la part du groupe à 1,396 milliards d'euros. Les perspectives du marché européen pour l'année 2015 sont d'au moins 5 % alors que sur le plan mondial elles sont de l'ordre de 1 %, voir ici.

Les indicateurs conjoncturels donnés par l'INSEE sont prometteurs.

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On voit que depuis le second trimestre de 2014 la croissance du PIB intérieur brut se maintien. L'indice de la consommation est à 0,6 % en début d'année, par contre l'investissement reste pauvre, - 0,1 % au 4ème trimestre 2014. Quant au solde commercial ce n'est pas encore positif malgré la baisse du coût du pétrole.

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La consommation est quasiment stable, le rapport M/M-1 donne + 0,4 % et le glissement annuel M/M-12 est de plus 1,4 %.

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L'emploi salarié subit une contraction de - 0,1 % T/T-4, mais reste constant à T/T-1.

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L'indice des prix à la consommation se contracte de - 0,1%, M/M-1 d'un mois sur l'autre pour un glissement annuel de + 0,3 %, M/M-12.

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La valeur France au premier trimestre est de 10 ,3 % et pour T/T-1 la contraction est de - 0,1. On voit que depuis 2008 au moment du choc de la banque d'investissement Lehman Brothers, la pente du chômage s'est adoucie pour faire à partir de 2013 des soubresauts, ils sont le signe d'une stabilisation.

Ces éléments conjoncturels s'avèrent prometteurs compte tenu des prévisions économiques de la Commission européenne et de l'amorce du redressement de l'industrie automobile qu'ils ne prennent pas en compte puisqu'ils portent sur le premier trimestre. Ils font dire que François Hollande maîtrise la situation. Mais ce qui est aussi important, c'est que son argumentation lie son engagement politique à la réussite de sa politique en matière d'emploi, mais de plus, il squeeze tous ceux qui dans son parti voudraient une primaire pour désigner leur candidat en 2017. Il se tient ainsi en dehors de la ligne politique de son parti qui se trouve de fait verrouillé. De plus, sa politique extérieure bien qu'elle ne conditionne pas son argumentation pour 2017, n'en n'est pas moins un facteur important.

Il faut bien avoir présent à l'esprit la logistique politique du président qui veut que les premières années on réforme, en appliquant des mesures impopulaires pour redresser l'économie et en fin de mandat, c'est une politique plus à gauche. C'est en fait cette dernière phase de redistribution que retiendront les Français.

Il lui reste quelques chantiers à mettre sur les rails en particulier la réforme fiscale conditionnée par le prélèvement à la source. Les Français auront donc l'alternative soit de le renommer pour qu'il continue son travail soit de le condamner.

Le derniers chiffre de l'emploi, + 1.300 par rapport au mois précédent, montre une stabilisation à la suite d'une révision du mode de calcul des demandeurs classés en catégorie A, afin de bien prendre en compte ceux qui sont en formation, en service civique ou en contrats aidés. Selon Pôle emploi,

«Ce n’est pas un changement de modalité de calcul. On continue à mesurer le nombre de demandeurs d’emploi sur les listes de Pôle emploi de la même manière».

Il n'est pas question de se réjouir de cette quasi stagnation, il faut attendre qu'elle se confirme jusqu'à la fin de 2015. 2016 devrait donc être l'année de la baisse continue du chômage.

Pour l'opposition c'est bien sûr une magouille, comme si le gouvernement avait intérêt à magouiller les données du Pôle emploi ! Il sait très bien que toute baisse du chômage sera jugée magouillée, mais seuls resteront les faits ressentis par les bénéficiaires. Mais en face de cette réalité les oppositions de droite comme de gauche seront squeezées.

Le problème pour François Hollande sera le premier tour. Il n'est qu'en troisième position loin derrière le FN et l'UMP. Les divisions à gauche si elles se concrétises seront son enterrement. Les derniers sondages le démontre. Les écologistes et les partis de gauche avec les communistes n'attendent que 2017 pour lui faire payer sa politique contraire à celle qu'ils avaient interprétée à son discours du Bourget en 2012. Son sort est donc entre leurs mains, à moins que les divisions à droite soient telles qu'elles provoquent une fracture de son électorat. Sarkozy n'imprime plus. Cela dépendra aussi des centristes, voudront-ils présenter un candidat qui prendrait des voies au centre droit ? Tout est possible.

Une chose reste certaine, François Hollande continue son chemin et rien ne l'en empêchera d'avancer, c'est là que ceux qui ont crachés sur lui n'auront qu'à manger leur tablier s'il est réélu ou à subir un gouvernement très à droite !

 

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