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Alexis Tsipras sur les pas de François Hollande,

vers la responsabilité d'un chef d'État.

Que n'a-t-on pas entendu et lu depuis l'acceptation par Tsipras des réformes qu'il avait refusées et qui, aux dires de certains sont devenues proprement effrayantes, ne pouvant conduire qu'à creuser encore plus la faillite de la Grèce. Dans ce contexte ou chacun y va de son commentaire Tsipras a tenu bon allant jusqu'à se séparer de l'aile la plus radicale de son parti pour former un nouveau gouvernement. Cinq ministres n'ont pas voté le plan de réformes accepté par Tsipras, voir ici.

 

Pour bon nombre de personnes de gauche Tsipras a capitulé, voire trahi ses compagnons qui l'avaient soutenu lors du référendum lui donnant ainsi plus de poids face à la Troïka. Le problème est qu'ils ont sous estimé la détermination des créanciers, de l'Allemagne, de la Finlande qui souhaitaient un Grexit de cinq années. Ils ont trop écouté les Mélenchon et autres illuminés qui croyaient que la valeur démocratique nationale supplantait tout. Ils ont cru que cette valeur au niveau d'un pays pouvait faire pencher la balance en leur faveur, alors que cette gauche radicale rejette l'Europe telle qu'elle est construite. Des enfants de cœur de croire que demander de l'argent pouvait se faire sans caution ! Cette caution s'est accrue au fur et à mesure des hostilités des grecs envers l'Allemagne, sous influence de Tsipras ce qui, il faut le reconnaître ne pouvait qu'envenimer le climat entre lui et les allemands !

C'est donc un front de l'Europe du Nord contre la gauche du Sud qui s'est constitué sous l'influence du ministre allemand des finances Wolfgang Schäuble. Que pouvait faire Alexis Tsipras devant ce front ? Il voulait que la Grèce reste dans la zone euro, et avec cette condition, il ne pouvait que plier en asseyant de sauver ce qui encore pouvait l'être.

Avec l'appui de François Hollande les angles se sont arrondis et Merkel qui ne voulait finalement pas que la Grèce sorte de l'Europe soutint la proposition que le fond de 50 milliards soit en Grèce et non ailleurs. Ce fond fut une condition émise par Wolfgang Schäuble dont la gestion serait faite par l'administration européenne, c'est à dire une mise sous tutelle de ses actifs. Ces actifs seraient obtenus par la privatisation des biens de la Grèce dont le port du Pirée qui est déjà en partie aux mains des russes. Le plafond de 50 milliards paraît donc une gageure eu égard aux privatisations effectuées qui n'ont rapporté que 7 milliards d'euros !

Ce qui est inadmissible est de contraindre ainsi la Grèce, membre de la zone euro, à ce qu'elle ne soit plus la Grèce si tous ses biens sont vendus sous gestion privée. Cette zone euro ne montre que la dure réalité du commerce dont le chacun pour soi domine sa politique.

On voit ainsi la grande erreur d'Alexis Tsipras d'avoir écouté ces fous de gauche radicale européenne croyant au père noël. On voit ainsi que cette zone euro est malade de son intransigeance par ce chantage qui ne peut laisser qu'un goût amère et profiter au Front national.

De plus, ce que souhaitait Alexis Tsipras était une réduction de la dette d'autant que tout le monde sait qu'elle ne peut que conduire à la faillite, atteignant le double du PIB, donc encore plus importante que celle que la Grèce vient de subir.

Le FMI par la voie de Christine Lagarde publia un rapport le 14 juillet, voir ici . Il mit en cause la pertinence d'un troisième plan d'aide à la Grèce sans une réduction de sa dette. Selon ce rapport,

«le besoin de financement jusqu'à fin 2018 est estimé à 85 milliards d'euros et la dette devrait culminer à près de 200% du PIB dans les deux prochaines années, sous réserve d'un accord rapide sur le programme. La dette de la Grèce ne peut devenir viable qu'au travers des mesures d'allègement de la dette qui vont bien au-delà de ce que l'Europe a accepté d'envisager jusque-là».

On sait que les allemands sont opposés à la réduction de la dette préférant la solution d'allongement de la période de remboursement, mais il faudrait pour cela que la Grèce dégage de ses contraintes un bénéfice qui lui fasse espérer une possibilité de remboursement. Je ne crois pas que ce puisse être possible avec la dureté de ce troisième plan. En d'autres termes, je dis que les allemands par ce biais de la durée d'allongement n'espèrent qu'une chose c'est que la Grèce montre qu'elle ne peut rembourser sa dette, et de ce fait, n'aura d'autre solution que de quitter la zone euro avec toutes les conséquences d'avoir perdu une partie de son patrimoine et celle d'un retour à la drachme ou une autre monnaie. Rappelons que la drachme valait le 28 février 2002 date de son dernier cours légal, 2,93 / 1000 d'euro !

Les économistes s'accordent à dire que la sortie de la Grèce verrait une drachme de 40 à 70 % par rapport à l'euro. Les prix de la nourriture et de la pharmacie s'envoleraient ce qui, avec un pétrole beaucoup plus coûteux, mènerait la Grèce au fond du trou. Selon Wolfgang Schäuble la dévaluation monétaire conduirait, avec la baisse des salaires, à regonfler les PME, PMI par des produits à l'exportation plus concurrentiels ! Ce Monsieur fait ainsi l'impasse sur les conditions de vie des grecs ! En contre partie, une drachme à 40 % de l'euro favoriserait considérablement le tourisme, à condition que la misère des grecs ne soit pas un frein.

Pour bien marquer que l'intransigeance allemande, je citerais DSK et l'Italien Romano Prodi qui fut président de la commission européenne de 1999 à 2004.

DSK à ses amis allemands écrit sur le Monde.fr

«mais les conditions de cet accord, quant à elles sont proprement effrayantes pour qui croit en l'avenir de l'Europe. Ce qui s'est passé pendant le week-end dernier est pour moi fondamentalement néfaste et presque mortifère ».

Félicitant au préalable la bonne tenue de François Hollande ainsi que celle de Merkel qui a bavé sur ceux qui ne voulaient aucun accord. Mais il y voit aussi une vengeance des créanciers qu'il accuse de vouloir une victoire idéologique sur un gouvernement d'extrême gauche au prix d'une fragmentation de l'Union.

Romano Prodi sur le Monde.fr,

«les conditions ont été acceptées elles sont donc acceptables. Mais elles ont été imposées de la pire manière qui soit. On a transformé un petit problème en un énorme problème. La confiance qui doit être à la base des relations entre les pays européens a été anéantie. Nous avons évité le pire, mais nous avons créé le mal. Tout le monde sait que la Grèce ne pourra pas rembourser sa dette...».

Dans le fatras de commentaires de portée populaire il y eut ceux qui allaient jusqu'à clamer qu'on lui avait un pistolet sur la tempe et d'autres qui clamaient que c'est Hollande qui empêcha qu'ils appuient sur la gâchette, en fait aucun n'a dit ou écrit que lorsqu'une banque prête de l'argent c'est toujours avec une caution. Et je voudrais bien que les rôles soient renversés c'est à dire que ceux qui crient contre les créanciers soient les créanciers pour connaître ce qu'ils feraient après avoir déjà prêté, en pure perte, plusieurs dizaines de milliards ?

Bien sûr Tsipras n'avait pas le choix et il n'avait pas de plan B à proposer. Il a donc choisit l'humiliation plutôt que la faillite de son pays, c'est tout à son honneur. Mais que de fautes a-t-il commises en écoutant ces nuls de gauche radicale avec Mélenchon à leur tête. En fait, Tsipras à fait du Hollande lors de son virage obligé à droite devant l'intransigeance allemande de mutualiser les dettes, préservant ainsi les taux d'intérêt. Il a préféré les foudres du Front de gauche et des autres nuls plutôt que d'engager la France dans une spirale encore plus austère. Maintenant, Mélenchon ne sait plus comment se comporter. S'il soutient Tsipras, il accrédite la politique de François Hollande par son virage vers la droite, et s'il le ne soutient pas il se désavoue dans son engagement, en d'autres termes il est squeezé par celui là même dont il vantait les mérites de gauche ! Mais cet homme n'en est pas à un paradoxe près, préférant voter Marine Le Pen pour assouvir sa haine à François Hollande !

 

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