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Grèce

Vers un Grexit ?

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Le coach et son élève document Le Monde.fr

 

Alexis Tsipras acculé à la fois par son refus de tout accord au plan proposé par ses créanciers et par la situation catastrophique dans laquelle se trouve son pays, banques fermées, délivrance de billets plafonnée à 60 €, accès aux marchés extérieurs et transactions internationales interrompus, un pays sans plus aucune relation commerciale extérieure. Un pays vendu à la découpe à des particuliers et à des puissances étrangères, la moitié du port du Pirée aux russes, des grecs qui n'en peuvent plus de l'austérité qu'ils subissent depuis 5 années, retraites des fonctionnaires réduites de 40 %, baisse des salaires, presque plus de médicaments en pharmacie, etc...bref un pays sans argent au bord de la banqueroute dans une ambiance conflictuelle avec la zone euro et le FMI qui sont prêts à couper les vivres et à l'exclure considérant avoir déjà trop donné sans que la Grèce ait fait les réformes nécessaires pour avoir leur confiance.

À cela vient s'ajouter le non remboursement au FMI de 1,5 milliards d'euros que le gouvernement grec devait s'acquitter à la fin juin. Avec une dette qui avoisine 312 milliards d'euros, 177 % du PIB grec, dette qui ne cesse d'augmenter, il est évident que l'Allemagne au gouvernement conservateur, mais le plus contributeur, se refuse à prolonger encore cette situation qui ne fait que diverger. La Grèce, par son gouvernement irresponsable rêvant je ne sais de quels miracles s'est trouvée dans la situation la plus pire que l'on puisse imaginer en Europe. Et ce Varoufakis économiste conseiller de Goirgos Papandréou devenu ministre des finances du gouvernement Tsipras prônant une politique marxiste libertaire qui se moquait de Christine Lagarde patronne du FMI qui finançait la Grèce. Avec cet énergumène pas étonnant que l'Allemagne et les créanciers se braquèrent.

Comment peut-on croire quand on n'a plus d'argent et que l'on ne paye pas ses dettes que les créanciers seraient prêts à l'effacement de leur prêts et à redonner du cash pour que les grecs puissent vivres ? Il s'agit bien de cela ! Seuls des illuminés de gauche pouvaient espérer une crédibilité à leurs arguments qui ne sont pas sans être pertinents et exacts. La Grèce ne pourra jamais rembourser sa dette et prolonger le calvaire de ce peuple est une hérésie d'autant plus que la politique de la Troïka n'est pas sans reproches. C'est à cause d'elle que les grecs sont dans cette situation, mais pas seulement. Les gouvernements grecs successifs sont aussi responsables d'avoir maquillé sur l'état économique du pays pour intégrer la zone euro, mais aussi de ne pas avoir fait les réformes nécessaires en matière financière et économique. Quand on aide pourquoi faire des efforts puisque l'argent rentre !

À cela est venu s'ajouter la démagogie d'Alexis Tsipras avec le référendum du 5 juillet, un référendum dont l'issue ne pouvait faire aucun doute. Demander à son peuple de créditer une austérité aussi pire que celle qu'il a subie c'est se moquer de ses créanciers et de ses partenaires. L'issue ne pouvait être qu'un non massif ! Il n'y a que les illuminés à la Mélenchon qui donnent à cette farce de démocratie politique une portée courageuse. Et à quoi a-t-on assisté ? À un revirement à 180 ° en moins d'une semaine, Tsipras appelait ses électeurs à résister à la peur et au chantage en martelant que le peuple grec est souverain ! Gros mensonge, on ne peut être souverain lorsque l'on dépend des autres !

En fait l’État grec n'est pas financièrement structuré pour résister aux contraintes économiques, trop de laisser aller dans la récolte de l'impôt ajouté aux largesses sociales en matière de retraite, alors que pour certains des pays de la zone euro la retraite est à 67 ans ! Cela forme un tout qui détruit la confiance de sorte que la Grèce n'étant déjà plus maître de son destin ne peut rien espérer si elle fait pas des efforts encore plus importants que ceux qui lui furent proposés !

Alors on a entendu les VIP médiatiques qui se sont succédés sur nos antennes pour délivrer leur savoir. Et la bien sûr un grand nombre de droite n'ont cessé de marteler le Grexit sans une fois considérer que les grecs risquent de mourir de faim. Pas un seul ne montra de compassion. Et puis le Grexit risque de couter encore plus cher à la zone euro par le fait que l'on ne peut laisser un peuple qui fut le berceau de notre civilisation dans une situation aussi précaire, l'Europe ne signifierait plus rien !

De plus, géopolitiquement des puissances étrangères à l'Europe se porteraient à son secours ce qui serait catastrophique. Là dessus on a entendu l'économiste de gauche Thomas Piketty clamer que l'Allemagne n'a pas remboursé plusieurs fois ses dettes de guerre. C'est vrai, mais les nations étaient d'accord d'effacer ces dettes ce qui n'est pas le cas pour la Grèce. Comment un professeur aussi compétent puisse mélanger des situations aussi différentes ? Sa valeur est entachée de dogme politique. Et puis l'Allemagne comme d'autres puissances dont la France qui ont vu une partie de leur dette effacée n'ont pas demandé d'argent !

Alors, dans ce marasme économique Alexis Tsipas ne pouvait faire autre chose que de jeter l'éponge après l'ultimatum que les créanciers lui ont adressé. Voulant rester dans la zone euro qui, il faut bien le reconnaître, malgré le lobbying de la gauche socialiste frontiste, du parti de gauche et l'extrême gauche française et espagnole Podémos clamant le rejet de l'austérité, et pour l'extrême droite le retrait de la zone euro, refusaient les arguments des autres membres de la zone euro et des créanciers sous le prétexte que l'argent servit plutôt aux banques qu'au peuple grec, ce qui est exact.

Alors, Alexis Tsipras mangea son chapeau en proposant un plan de réformes aussi dures que celles qui lui furent proposées, mais qu'il avait refusé. En fait ce brave homme dont les pensées sont charitables n'eut pas le courage de regarder la situation de son pays et de ce fait l'entraina au bord du précipice. Ce manque de lucidité montre que l'on ne peut lui faire confiance et que l'on peut s'attendre à tout ! Comment peut-il maintenant redresser son pays qui ne vend plus rien ? Comment peut-il vivre sur des recettes pour éviter que ce ne soit l'argent des autres qui le fasse ? Autant d'incertitudes et de questions sans réponse !

Le plan qu'il vient de proposer à ses créanciers est un texte de 13 pages intitulé actions prioritaires et engagements que l'on peut lire en anglais ci dessous.

Ce plan élaboré sous le regard de François Hollande pour éviter le Grexit est une requête d'aide de 53, 5 milliards d'euros sur 3 ans assorti d'un train conséquent de réformes répondant aux exigences des créanciers BCE, Union européenne, FMI. Il fallait le guidage de François Hollande pour qu'Alexis Tsipras se mette dans les clous, puisqu'il veut que la Grèce reste dans la zone euro. L'idée n'était pas de lui tenir le stylo mais lui inspirer telle réforme plutôt que telle autre comme l'écrit Libération. Ce plan, aussi austère que celui rejeté comprend une réforme de la TVA qui serait portée 23 % notamment dans la restauration, (elle est actuellement de 13 %). Un taux réduit de 13 % serait maintenu pour les produits de base, l'électricité et les hôtels et à 6 % pour les médicaments, les livres et places de théâtre. À cela s'ajoute la suppression des avantages fiscaux pour les Îles, soit la réduction de la TVA appliquée depuis plusieurs années comme le souhaitait les créanciers en commençant par les plus riches. L'âge de départ à la retraite fixé à 67 ans ou 62 ans avec 40 années de cotisation sera relevé graduellement d'ici à 2022. À cela s'ajoute une série de mesures pour lutter contre l'évasion fiscale et la collecte des impôts. De plus, Alexis Tsipras demande 35 milliards pour relancer la croissance, mais aussi un engagement des financiers de discuter dès le mois d'octobre de l'allègement de la dette. Ces propositions furent remises deux heures avant l'expiration de l'ultimatum fixé par les créanciers.

Ce plan fut soumis au parlement grec le samedi 11 en début de matinée qui l'approuva avec une large majorité par 251 voix sur 300. Les deux derniers obstacles sont la réunion des ministres des finances de l'euro zone puis dimanche 12 juillet celle des chefs d'État et de gouvernement qui devraient se prononcer sur cette requête. Les créanciers avaient déjà samedi rendu un avis favorable chiffrant les besoins de la Grèce à 74 milliards d'euros. Mais à la réunion de l'euro zone du samedi 11 juillet les choses ne vont pas comme souhaité puisque l'hypothèse d'un Grexit temporaire est avancée. Le ministre allemand des finances Wolfgang Schäuble estime que les dernières propositions grecques ne vont pas assez loin.

Le sort de la Grèce se joue donc dimanche 12juillet et si le Grexit est évité les grecs pourront remercier François Hollande qui, tant auprès d'Angela Merkel que des autres dirigeants, ne cessa de clamer que la Grèce doit rester dans la zone euro tout comme manuel Valls devant l'Assemblée nationale et Michel Sapin à Bruxelles.

Une chose apparaît évidente Alexis Tsipras ne doit plus faire de faute et appliquer son plan à la lettre, mais aussi retrouver rapidement du cash pour ne pas compter seulement sur l'aide qu'il recevra et qui lui permettra au départ de payer les échéances !

 

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