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La politique de François Hollande est-elle de gauche ?

Oui, si l'on se réfère à la motion A «Le renouveau socialiste» de Jean-Christophe Cambadélis.

S'agit-il seulement d'un renouveau socialiste comme le présente la motion A pour coller à la politique menée ou s'agit-il vraiment d'un virage vers plus de souplesse, plus de pragmatisme quand on veut réduire rapidement le chômage, c'est à dire tout mettre en œuvre pour accréditer l'engagement de François Hollande d'inverser sa courbe. Donc, que faire d'autre que d'aller dans le sens patronal qui tient actuellement le manche ! On assiste alors a une envolée de mesures, CICE, Pacte de responsabilités, loi Macron, un plan pour les TPE et PME avec 4.000 euros en deux fois pour l'embauche d'un premier salarié avec des CDD renouvelables deux fois, une réforme des plafonds d'indemnisations prud'homales en cas de licenciements abusifs, et cerise sur le gâteau une modification des seuils pour faire plaisir au patronat, du jamais vu, une vraie avancée libérale qui claque la porte à une avancée de gauche. C'est dur d'être de gauche et de satisfaire un patronat revanchard qui pousse à la démagogie !

La politique de l'exécutif est donc de droite, non puisque que la droite lorsqu'elle était en charge pendant 10 années n'a jamais fait autant pour libérer les entreprises des contraintes sociales ! C'est la gauche réformatrice qui, déjà sous François Mitterrand, changea la société française. Bien sûr les conditions ne sont pas les mêmes mais l'esprit politique est le même. Bien sûr, aussi, cela n'a rien à voir avec la politique que la gauche attendait du discours du Bourget de François Hollande, c'est donc bien un virage que Cambadélis qualifia de renouveau pour le faire accepter des congressistes. En fait, le terme renouveau n'est pas celui qui convient le mieux, c'est plutôt le terme de «conséquence» à l'envolée du chômage due au changement d'obédience politique qui permit aux entreprises de dégraisser à tout va ce qu'elles ne firent pas sous la gestion précédente, allez chercher l'erreur ! Le dégraissage des séniors et le nombre d'entreprise en dépôt de bilan en sont la preuve flagrante.

La conséquence socialiste n'implique pas l'abandon d'une politique plus à gauche que celle appliquée, nuance, elle s'impose par l'obligation du chômage.

François Hollande a toujours déclaré qu'il y aurait deux phases, celle du redressement des comptes et celle de la redistribution. En outre, tous les socialistes savent bien que François Hollande est un européen convaincu et qu'il est plutôt à droite de la mouvance de gauche socialiste qui recueillit 60 % au Congrès de Poitiers le week-end de début juin. Les socialistes, qui ne pouvaient déshabiller François Hollande ne pouvaient faire autrement. Il s'agissait d'une question d'existence entre le président et son parti. De plus, ils savaient bien qu'il ne pouvait faire marche arrière et que les motions opposées ne feraient pas plus de 40 % de sorte que la situation était sauvée. La motion B des frondeurs socialistes qui recueillit moins de 30 %, fit dire que le parti est coupé en deux, mais chez les socialistes c'est toujours la motion arrivée en tête qui l'emporte, c'est démocratique, ce n'est pas comme à l'UMP ! Le parti socialiste n'est pas, pour autant, coupé en deux.

En fait, il y a une énorme tromperie dans cette affaire dont la cause est l'imprécision politique exprimée par François Hollande quand il clama que son pire ennemi était la finance. Ce qui est vrai, la finance spéculative c'est à dire celle qui, d'un coup de clic, fait basculer des milliards. Mais pas l'argent des banques qui est utile pour faire marcher la machine économique laissée à l'abandon pendant de trop nombreuses années malgré l'argent que les entreprises reçurent de la droite !

Dire ensuite que la politique menée est de droite, qu'elle va dans le mur, que François Hollande est le meilleur agent du FN, et que si vous ajoutez la charge d'Arnaud Montebourg au JDD de dimanche 7 juin, et le nouveau mouvement citoyen que le député PS Pouria Amirshahi veut créer, vous obtenez tout ce que le jus de la gauche frondiste a de plus mauvais.

Nous allons analyser ce mouvement brwonien des socialistes, mais deux tendances se dégagent, celle de la gauche réformatrice de l'autre plus à gauche trop idéaliste pour se réformer. Elle reste cantonnée dans l'argumentation du soit-disant mensonge de François Hollande sans vouloir admettre qu'elle s'est trompée ayant pris ses désirs pour des réalités. Dans un tel contexte un boulevard pour la droite, pas mieux lotie par ses divisions, sans programme autre que celui des 100 milliards d'économie, bonjour les dégâts, et celui de taper fort contre le président. Un bonus aussi pour le FN.

Le parti coupé en deux, non, coupé en quatre avec mes motions C et D qu'il ne faut pas oublier même si elle n'obtinrent que peu de voix. Les frondeurs ne sont pas opposés à tout ce que l'exécutif fait, ils n'ont pas une position tranchée qui mettrait leur majorité parlementaire en péril, ils crient mais votent les propositions de loi et quand ils s'abstiennent ou votent contre, comme pour la loi Macron, il reste le 49-3 ! La majorité parlementaire peut continuer à gouverner.

Reste la charge d'Arnaud Montebourg et du nouveau mouvement citoyen du député Pouria Amirshahi. Ce que l'on ne peut admettre c'est ce coup de poignard dans le dos aux congressistes porté par Arnaud Montebourg. Pourquoi faire en marge du Congrès cette charge contre l'exécutif même si elle n'était pas essentiellement orientée contre lui ! Ne pouvait-t-il pas s'adresser à ceux qui étaient présents au Congrès ? Il avait tellement honte de parler devant eux ? C'est vrai que l'on peut s'interroger pour délivrer au JDD son hypocrisie d'autant plus qu'il s'associe avec un banquier Mathieu Pigasse, qui, selon le Canard «n'avait pas de mots assez durs contre la démagogie ou encore le rejet de l'Europe et le populisme des grecs». Comment un ancien ministre du redressement productif et de surcroit ministre de l'économie, après avoir vanté la valeur de son travail puisse dénigrer autant ce que fait l'exécutif ? Mais ce que fait l'exécutif c'est avec la bénédiction du président qu'il soutenait !

«Le pavé dans la mare contre l'austérité qui fait le lit du FN et prépare le désastre contre le conformisme politique qui mène dans le mur !».

Voila ce que ces deux hébétés de gauche pensent de l'exécutif ! Comment est-il possible que l'on donne à de tels hébétés la possibilité de parler d'austérité alors que ce n'est que de la rigueur et encore. De nombreux salariés ont été augmentés même s'il n'y a pas d'augmentation générale. La mauvaise conscience de ces hommes fait qu'il confondent la France à la Grèce et à l'Espagne. S'il y a des hommes qui font le lit de la droite et du FN ce sont bien eux qui critiquent ce qu'ils ont soutenus et qui ne souhaitent qu'une chose, la faillite du quinquennat de François Hollande !

Quant à l'autre rigolo qui veut fonder son mouvement citoyen faut-il qu'il en ait l'envergure, se prendrait-il pour Jean-Pierre Chevènement ?

Alors François Hollande de gauche certainement plus à gauche qu'à droite même si pour réduire le chômage il est contraint de composer avec le patronat ! Mais c'est en 2017 qu'ils vont avoir un cas de conscience, il faudra bien qu'ils choisissent. Soit faire battre François Hollande ou le soutenir. C'est là que les athéniens s'atteignirent !

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