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Mélenchon

et le rêve d'une gauche intermédiaire s'est envolé.

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Jean-Luc Mélenchon, Clémentine Autain et Alexis Tsipras, le 21 mai 2012 à l'Assemblée nationale. Document Slate.fr REUTERS/Gonzalo Fuentes

Tout d'abord était-ce possible, il ne suffit pas de rêver pour que ce le soit, faut-il encore que la société politique française et ses institutions le permettent. L'image politique des français montre qu'elle est très conservatrice et de plus, les responsables politiques de tous bords tiennent à conserver leur chapelle. Pour réussir son OPA à la gauche des socialistes il lui fallait s'introduire entre eux et les communistes, c'est à dire attirer les très à gauche socialistes et les électeurs des partis, écologistes, NPA, Lutte ouvrière et la Ligue trotskiste. Un patchwork de politiques divisés, hétérogènes et sans vraie ligne politique crédible. Une folie que seul le rêve peut faire ! Ces politiques, dont la politique est très contestataire, ont montré, ces dernières années, qu'ils sont ingouvernables et, de ce fait, ne pouvaient se mettre à la disposition de Mélenchon tenant à conserver leur ligne politique et leur influence, leurs chefs veulent être le calife. Ce n'est pas parce que Mélenchon a des qualités de tribun et une audience, qu'ils en sont impressionnés ! La politique ils connaissent et puis causes toujours, on verra après, nous on est bien chez-nous !

De plus, ce qu'il a fait aux socialistes ne lui donne pas une bonne image. Mélenchon est au parti socialiste depuis 1977 et il y fit une carrière ayant été sénateur et ministre jusqu'en 2008 ou il les quitta pour former son parti, sans trop convaincre. Une prétention que l'on voit maintenant hors de sa portée politique ! Même avec les communistes dont il a une entente, de larges divergences apparaissent sur la logistique politique. Comment cet homme intelligent a-t-il pu imaginer, un seul instant, que cette OPA à gauche des socialistes lui était possible ?

Les institutions sont-t-elles qu'elles conduisent à une bipolarisation de la politique ce qui conduit finalement, lors d'une élection présidentielle, à la confrontation politique des deux partis arrivés au second tour. Pour cela, il faut des fondations solides ce qu'il ne pouvait avoir avec un parti qui aurait été fait de déçus de tous bords et incapables de se rassembler. La gauche, à gauche des socialistes est trop idéaliste, politiquement volatile s'abstenant de voter ou votant FN ce qui revient à donner du cash à la droite qu'elle combat, invraisemblable ! On voit d'ailleurs qu'elle n'existe même plus dans le Vaucluse à la réélection municipale du 31 mai ! Elle préfère critiquer que d'être engagée dans une gouvernance responsable avec les socialistes. Gouverner est courageux, difficile, c'est prendre des coups, c'est faire une politique qui oblige à prendre des décisions parfois contraires à ses engagements.

Le changement d'obédience politique au niveau de l’État implique de supporter ce qui fut fait et cela ne se fait pas par une arrange à la Mélenchon mais avec des lois, ce qui implique du temps et une majorité législative forte, homogène et fidèle, le temps législatif n'est que de cinq ans ! Impossible à gauche, les diverses expériences l'ont montré. Nous sommes dans une économie mondialisée, intégrée dans une Europe par des traités que nous avons proposés et signés, de sorte que nous sommes liés par nos engagements. On ne peut exister seul !

Une politique à la Syriza, dont rêve Mélenchon, voulant effacer la dette n'a aucune chance en France nos conditions sociales sont un paravent à toute austérité. Ce n'est pas parce qu'un parti politique sur un programme populiste obtient une majorité que les créanciers vont accepter d'effacer leurs créances ! Qui peut raisonnablement croire à ce baratin, à cette politique ? En outre, nous sommes loin de supporter ce que les grecs ont subis, un chômage de plus de 28 % et un revenu moyen diminué de 40 % ! C'est à ce mois de juin que vont se préciser les décisions de l’État grec avec ses créanciers s'il ne peut assurer les quatre échéances de remboursement au FMI pour un total de 1,6 milliard d'euros !

L'autre rêve est celui des indignés du parti Podemos qui s'est imposé comme une troisième voie anti libérale rassemblant des déçus socialistes et remportant aux élections locales la ville de Barcelone et étant en possibilité de prendre Madrid au parti P.P avec l'alliance des socialistes. Un parti politique né il y a à peine quatre années fondé par une poignée d’universitaires décidés à ne pas laisser aux grands médias conservateurs et néolibéraux le monopole du débat public. Seulement, comme en Grèce, les espagnols supportent une austérité allant jusqu'à réduire des pensions des Agents de l’État de plus de 20 % avec un chômage à 40 % de jeunes avec une baisse de 17 % du pouvoir d'achat.

La France n'est pas la Grèce ni l'Espagne !

Gouverner, c'est aussi faire face à une forte opposition, et pour cela il faut être solide, un gouvernement à gauche des socialistes exploserait. Donc, comment Mélenchon pourrait-t-il former un parti à gauche des socialistes ayant la capacité d'être au second tour d'une élection présidentielle sans eux ? Ce n'est pas non plus en critiquant la politique gouvernementale de François Hollande qu'il peut les attirer à sa politique, même si les frondeurs sont, parfois, proches de lui. Il faut quand même se rappeler que si les socialistes et les gauches sont au parlement c'est bien grâce à François Hollande, même si Communistes et Front de gauche ont appelé à voter pour lui. Le problème se résumait à l'élection de Sarkozy ou à celle de François Hollande, et ils ont choisi le moins mauvais. Ne pas assurer son vote parce que la politique menée n'est pas celle qu'il souhaitaient est une trahison à leurs engagements d'autant plus grave qu'ils connaissaient la politique que François Hollande allait appliquer s'il était élu. C'est là que l'on voit que la gauche ne peut pas gouverner durablement.

L'élection de Cambadélis à 70 % comme premier secrétaire tue toutes possibilités de rapprochement avec les frondeurs, malgré ses appels du pied. Sa tentative vers les écologistes s'est terminée par un clash avec Cécile Duflot la plus à gauche d'entre eux. Le dernier espoir de développer son parti s'est envolé. Même les socialistes qui ont quittés le parti par déception ne se sont pas tournés vers le Front de gauche. De même, ceux qui, aux dernières élections se sont abstenus de vote faisant perdre des communes à la gauche et des départements ne se sont pas inscrits au Front de gauche. La dessus, de nombreux électeurs de gauche se sont tournés vers le FN écœurés de la division des partis de gauche ce qui ne les rends plus crédibles. En fait, il contribue à favoriser l'effondrement de la gauche dans son ensemble dans un contexte ou des migrants d'Afrique et du Moyen-Orient envahissent l'Europe ce qui conduit à une poussée nationaliste de tous les partis d'Europe vers l'extrême droite.

Pierre Laurent à la matinale de France 2 du lundi 1er tint une argumentation conservatrice catastrophique contre le gouvernement. Ce politique se complait dans un langage qui n'a pas évolué depuis la libération !

Au lieu de se rendre compte que la gauche dans son ensemble doit évoluer vers moins de dogmatisme, plus de libéralisme les ouvriers n'existant presque plus remplacés par des machines, ces politiques récitent toujours la même litanie. Ce qui compte c'est le pragmatisme industriel, celui qui donne du travail donc des emplois. Les aides au patronat CICE, Pacte de responsabilité tant critiquées commencent à donner une croissance d'autant que la situation des ménages s'améliore, même si le chômage reste encore élevé. Les suppressions d'impôts pour les plus faibles revenus produiront aussi leurs effets.

On peut comprendre le désarroi des mélenchonistes de Mediapart, leur repère, à critiquer tout ce qui ne leur convient pas, mais finalement il nourrissent un microcosme sans ouverture nationale. Cette gauche active, intelligente ferait mieux d'ouvrir les yeux, Mélenchon fut un rêve, à moins qu'elle préfère regarder, au coin du feu, ce qui va se passer en 2017 !

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