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  • Après la joie des maires UMP aux départementales,

    leur grogne devant la baisse des dotations territoriales.

    Tous heureux d'avoir bouté les maires socialistes hors de leur commune, sans avoir le moindre programme politique autre que celui de dénigrer leur gestion, par l'argument de l'impôt et des effectifs, les voici confrontés à la réduction des dotations territoriales qui grèvent les communes du financement de l'État. Vous pensez bien que je me suis tapé sur le ventre parce que je me rappelais que, lorsque que la droite était en charge ces maires de gauche en avait plein la bouche contre la baisse des dotations territoriales imposées par le gouvernement de droite de l'époque. Mais aussi, et bien plus encore, je me rappelais que le cher Alain Juppé avait dans son programme gouvernemental envisagé, s'il était élu président, une réduction drastiques des dépenses de 150 milliards d'€ sur plusieurs années. Mais pas que lui, François Fillon n'avait que cet argument à la bouche, s'arrêtant à 100 milliards d'€. J'écris n'avait car je ne sais plus quel est actuellement son programme ! Quant au fanfaron on ne sait exactement, mais compte tenu de sa dynamique, de sa prétention, il est évident qu'il poursuivra, s'il revenait président de la République, la réduction des effectifs commencée lors de son mandat et d'une manière plus drastique. En d'autres termes, tout ceci pour monter l'hypocrisie de droite qui ne veut être la victime des baisses de dotation lorsqu'elle parvient à être majoritairement élue maire, mais qui critique les maires de gauche d'avoir augmenté les impôts locaux à la suite de la baisse des dotations territoriales lorsqu'elle était en charge de l'État, et qui de plus, prévoie des réductions drastiques des dépenses si elle venait à nouveau à gouverner. Comment faire confiance à des hommes pratiquant cette politique ? Voici la réponse que leur a faite Manuel Valls à l'Assemblée nationale le 16 avril 2015.

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    Manuel Valls le mercredi 15 avril est monté au front pour dénoncer la démagogie et la schizophrénie de la droite, document Le Monde, François Guillot/AFP.

    Et Manuel Valls d'ajouter à la hausse des impôts locaux envisagée par ces maires pour compenser la baisse de la dotation de l'État, «mais la hausse des impôts n'est ni générale ni massive contrairement à ce que j'entends, les élus sont libres de choisir leur gestion.....et surtout qu'ils se justifient devant leurs électeurs et respectent leurs engagements». Une manière de leur dire puisque vous avez critiqué les maires socialistes d'avoir augmentés les impôts et bien, ne les augmentez pas !

    En quelques jours cette grogne envahissait les plateaux télé et l'apothéose fut à canal + ou tous présents sur deux rangées, ces maires, le verbe haut, dénonçaient sans vergogne la baisse de la dotation locale.

    À Toulouse, par exemple, le nouveau maire UMP Jean-Luc Moudenc a décidé une hausse de 15 % de la taxe d'habitation et de la taxe foncière pour une augmentation des recettes fiscales de 30 millions sur un budget global de 650 millions alors que la baisse des dotations n'est que de 12 millions d'€. À Bordeaux, Alain Juppé a augmenté la recette fiscale de 5 %. À Montauban, Brigitte Barèges, UMP a décidé une hausse de 3% sur la taxe d'habitation et sur la taxe foncière sur le bâti. À Marseille, Jean-Claude Gaudin a augmenté de 4,9 % les taxes d'habitation et foncières, soit 139 euros par foyer fiscal. À Tours, Serge Babary, UMP a augmenté les impôts locaux de 4,2 %. À Nice, Christian Estrozy a choisi d'augmenter la taxe d'habitation de 10% à 15%, soit une hausse sur la fiscalité entre 2 % et 5 %. À Hyères, Jean-Pierre Giran, UMP a augmenté les impôts locaux de 4,3 %, Source, Le Monde.fr .

    Comment se fait-il que ces nouveaux élus ne savaient pas que les critères de déficit au sens de Maatrischt s'appliquaient à présent à l'ensemble des administrations publiques, État, organismes divers d'administrations centrales ODAC, administrations publiques locales et administration de sécurité sociale ASSO. Les administrations publiques locales APUL, définies par la comptabilité nationale comprennent non seulement les collectivités territoriales et leurs groupements, mais aussi les syndicats intercommunaux et divers organismes publics locaux voir ici. Les transferts de l'État aux collectivités territoriales après trois années de gel ont baissés en 2014 de 1,5 milliards d'€, effort nécessaire au redressement des comptes publics conformément au pacte de confiance et de responsabilité conclu entre l’État et les collectivités locales le 16 juillet 2013. C'est ce qui fit qu'en 2014 certains les maires socialistes ont augmentés les impôts. Cet effort est reconduit en 2015 avec une baisse de 1,5 milliards d'€. La baisse des dotations de l'État va se poursuivre jusqu'en 2017 pour 11 milliards sur trois ans, soit 3,7 milliards par an. Ce qui signifie qu'en 2015 il resterait 2,2 milliards, puis 3,7 en 2016 et 3,7 en 2017 ! À moins que ce soit un échelonnement différent ?

    Or, François Baroin président de l'Association des Maires de France, AMF, le 2 décembre 2014 abordait l'avenir de la réforme territoriale et prévoyait déjà les nombreux défis qui attendaient les maires qu'il s'agisse des nouveaux élus ou des anciens. Il indiquait que le volume, l'ampleur et le calendrier de la baisse des dotations constituaient une marche inatteignable. Tout cela aura des conséquences sur les services publics, la commande publique l'investissement et l'emploi voir ici l'article.

    Il faut savoir que l'évolution des finances des APUL est en déficit régulier depuis dix années, déficit dû à un accroissement des dépenses supérieur aux recettes. Le graphique ci-dessous montre l'évolution en point de PIB de la dépense des APUL depuis 1983.

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    La dépense des APUL a cru plus vite que la richesse nationale. On voit que l' État n'a cessé de se décharger sur les collectivités territoriales. L'augmentation de 8,7 points de PIB à 11,9 points de 1983 à 2012 correspond à une augmentation moyenne de 3,2 points de PIB en 30 ans correspondant en volume à + 2,9 % par an contre 1,8 % pour le PIB. L'impact de la décentralisation a conduit à + 1,44 point de PIB. Source INSEE, et Direction du Budget.

    L'augmentation des dépenses des APUL du fait de la décharge de l'État s'est manifestée par l'accroissement des dépenses de fonctionnement et de personnel. Depuis 1980, les dépenses de fonctionnement ont été multipliées par trois en volume alors que l'investissement ne s'est accru que de 65 %. Le graphique ci-dessous montre bien l'accroissement quasi constant des dépenses d'investissement.

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    Elles sont dues à l'évolution du nombre d'agents territoriaux. Les dépenses de personnel représentent près de 57 % des dépenses de fonctionnement des APUL en 2012. Ainsi, les effectifs locaux ont augmenté de façon conséquente, hors transferts de compétences l’évolution est + 283 000 personnes entre 2002 et 2011, soit + 28.000 personnes par an.

    Il est donc très facile d'accuser l'augmentation des effectifs des communes quand la charge qui s'abat sur elles augmente et cela est d'autant plus dommageable qu'elles sont au contact direct de leurs habitants. Mais cela ne signifie pas qu'il n'y ait pas d'abus et qu'il convient de supprimer les doublons et les inutiles. La solution consiste en une mutualisation des charges entre plusieurs communes qui, si elle est conduite correctement devrait réduire les dépenses de fonctionnement.

  • Italie, les bateaux de la mort, et l'Europe qui ne fait rien !

    C'est au cours d'une prière que la rixe a éclaté entre chrétiens et musulmans

    Une chaine humaine sauva ces naufragés.

    Neuf réfugiés morts dans le canal de Sicile après la bagarre religieuse contre quinze musulmans qui furent arrêtés dont un mineur de 17 ans, la rixe aurait dégénérée en plus de victimes si les secours n'étaient arrivés à temps, «il Fatto Quotidiano». Un drame de la misère révoltant, mais plus encore par les conditions matérielles de ces pauvres migrants. À la misère de leur situation ils y ont ajouté une misère plus noire par ce crime au moment ou leur embarcation, un canot pneumatique, un peu dégonflé, était en difficultés et risquait de prendre l'eau. Ils étaient partis d'une plage de Tripoli le dimanche 16 avril à 105 sur cette embarcation de fortune. La haine de l'autre fut le prétexte pour alléger l'embarcation, et le fait qu'ils n'étaient pas du même Dieu, les musulmans majoritaires jetèrent à la mer neuf ghanéens et trois nigériens venant du Mali, du Sénégal, et de la Guinée ! Ce ne fut que par la résistance des autres qui, s’agrippant entre-eux formèrent un front humain qui ne permit pas, à leurs agresseurs pendant près d'une heure, d'être jetés en mer.

    On retrouve dans ce drame le problème du moment, le massacre des chrétiens par les djihadistes de l'État islamique. Mais plus encore, la déstabilisation de l'Afrique par la chute de Kadhafi en octobre 2011 lors de la guerre que nous avons menée contre lui. Mais aussi, celle de l'Irak et de la région par la chute de Saddam Hussein lors de la guerre du golfe en 2006 engagée par George W Bush. Bush, Sarkozy, mêmes responsables des conflits actuels !

    Ils étaient proches de la fin de leur voyage vers un espoir de vie meilleure et ne reçurent qu'une horrible mort. Le canal de Sicile qui divise la mer Méditerranée en deux est plus au Nord de l'Île de Lampedusa qui est la plus grande Île des Îles Pelagie et la plus proche de la ville de Tripoli. Cela signifierait que ces migrants avaient dérivés plus à l'Ouest de l'Île de Lampedusa puisqu'ils étaient dans le canal de Sicile.

    Au delà du fait que diverses sources journalistiques évoquent 12 migrants jetés en mer alors que «il Fatto Quiotidiano» n'évoque que neuf morts, signifierait que trois migrants furent sauvés par les gardes cotes italiens. Le problème de ces vagues migratoires par mer des cotes africaines et moyennes orientales, pose d'énormes difficultés depuis plusieurs années à l'Italie qui par la proximité de ses cotes, a enregistré plus de 10.000 migrants pendant les trois premiers mois de l'année 2015. Ce chiffre serait en diminution par rapport à celui de 2014 selon l'Organisation internationale pour les migrations. L'Italie aurait secouru environ 2.000 migrants pendant le premier week-end d'avril dans le canal de Sicile ce qui porte à 12.000 le nombre d'arrivées sur ses cotes le 10 avril depuis le début de l'année.

    Ce drame humain qui se joue aux portes de l'Union européenne et dont seule l'Italie fait face pose avant tout sa contribution, et l'on ne peut constater que le silence assourdissant, voire coupable de non assistance à l'un des premiers pays fondateur de l'Europe des 28. C'est scandaleux. Cette Union européenne n'alloue pour l'opération Triton, Frontexte plus, qui remplaça Mare Nostrum crée par l'Italie et jugée trop chère, que 2,9 millions d'euros par mois. 19 pays y participent dont deux par mois à tour de rôle, avec 2 gros navires, 4 bateaux de patrouille 2 avions et un hélicoptère.

    Finalement, une bricole devant l'ampleur du problème puisque c'est l'Italie qui malgré ce dispositif est amenée à intervenir. Bien sûr, les pays de l'Europe du Sud ne sont pas majoritaires dans cette Union européenne et comme les pays du Nord ne sont pas affectés, c'est toujours trop cher.

    Le mot immigré, et en plus noir, conduit au rejet de toute intervention et d'accueil dès lors que l'on n'en est pas affecté. Et ce ne sont pas les partis de droite et de droite nationaliste qui sont majoritaires dans l'Union européenne et dont la politique consiste justement au rejet de tous ces immigrés vers leur pays, qui vont s'engager vers une aide à l'Italie. Cette politique du bandeau sur les yeux et des «Boules Quies» sur les oreilles afin de tout ignorer alors que d'autres doivent faire face à un flux migratoire de plus en plus important n'est autre qu'une tragédie dont cette Union européenne est coupable et cours à sa perte.

    L'autre question est aussi l'abus de ces trafiquants de chaire humaine, qui cherchant à s'évader des conflits libyen, somalien, ghanéen, érythréen, syrien, nigérien, sont des proies faciles pour ces trafiquants, qui, profitants des secours humanitaires 24 heures sur 24 par les italiens avec leur opération Mare Nostram dans le canal de Sicile se disent, les italiens seront présents pour les sauver ! Depuis le début de l'année 2014 plus de 100.000 migrants sont arrivés par voie maritime en Italie.

    L'opération Triton moins ambitieuse n'a donc rien changé. Ces trafiquants que le président Hollande qualifia de terroristes lors de son interview à Canal + le 19 avril lorsqu'il eut connaissance qu'un autre drame venait de se jouer au large des cotes libyennes dans la nuit du 18 au 19 avril, à 120 milles nautiques de l'Île de Lampedusa. Un chalutier avec 700 personnes avec des enfants à bord avait chaviré, entrainant leur mort. Une vingtaine de cadavres auraient été trouvés avec un peu plus de rescapés qui auraient été sauvés par les marines italienne et maltaise. La pire des catastrophes humanitaires de ces dernières années selon François Hollande.

    Le problème n'a donc guère de solution autre que celle de soutenir l'Italie. François Hollande plaide avec Matteo Renzi pour des mesures audacieuses et urgentes qui devraient conduire à un sommet des chefs d'État. Il propose une réunion avec le président de l'Union européenne Jean-Claude Juncker, et le président du Conseil de l'UE, Donald Tusk, «il Corriere Della Sera».

    Matteo Renzi, «quello che chiediamo è di non essere lasciati soli, non tanto nell’emergenza in mare, perché è naturale che in queste situazioni il mare sia una brutta bestia. La nostra è una questione politica, di dignità dell’uomo, è di bloccare questo traffico di essere umani».

    «Ce que nous demandons est de ne pas être laissés seuls, par parce que l'urgence du sauvetage en mer est naturelle et que cette situation est une affreuse bête. Notre question est une question politique de dignité de l'homme et de bloquer le trafic d'être humains».

    Federica Mogherini, haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et de la politique de sécurité, «tout ce qui est arrivé est inaceptable». C'est le moment pour l'Union européenne d'affronter les tragédies sans délai «Il est temps pour l'UE de se attaquer à ces tragédies sans délai». Elle ajouta que le partage des responsabilités entre les 28 n'a que trop longtemps été laissé aux pays du Sud. Mogherini a également annoncé que le lundi 20, elle mettra cette question sur l'ordre du jour des conseils des ministres des affaires étrangères de l'UE.

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