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Du sept au onze janvier des journées qui marqueront le cours de l’histoire.

Plus rien ne sera comme avant et l'on dira «j'y étais» à la marche du 11 ou près de 4 millions de personnes se retrouvèrent dans la rue. Un immense espoir est né d'en écrire une nouvelle plus fraternelle, plus unitaire, plus laïque, plus républicaine, sous l'autorité du président François Hollande.

Répondant à l'appel d'unité du président, au delà des clivages politiques, des Français, invités à la marche du 11 janvier, ont fait bloc. Ils ont montré au monde que la France sera toujours le pays de la liberté. C'est la liberté qui fut atteinte plus que le journal dont nombreux sont ceux qui le condamne pour ses provocations religieuses. «Je suis Charlie» apparaît plus un slogan de liberté qu'un slogan à la gloire de Charlie Hebdo.

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Il fallut cette barbarie pour que chaque citoyen se sente investi de son devoir pour la combattre afin qu'elle ne le prive de sa liberté d'expression composante de notre laïcité. Mais il faut le constater, avec regrets d'ailleurs, que les gens de nos banlieues ne se sont pas sentis investis par cette expression. Les femmes en burqa et autres voiles sont restées chez elles.

L'hebdomadaire satirique et provocateur du mercredi Charlie Hebdo savait depuis longtemps qu'il était sous la menace des islamistes radicaux. Mais c'est au nom de la liberté d'expression qu'il continua à dessiner et caricaturer les religions, la politique et bien d'autres choses. Attaqué, meurtri au fond de lui-même, il est devenu le symbole mondial de cette liberté. Les slogans, je suis Charlie, nous sommes Charlie, nous sommes tous des Charlie, on n'a pas peur, ont fait le tour du monde. Charlie Hebdo était loin d'être un hebdomadaire lu parmi les Français. Ses ventes ne couvraient pas ses frais, beaucoup n'aimaient pas ses provocations et il avait depuis longtemps des difficultés financières, mais il vivait.

On à voulu le tuer et ces barbares ont perdu. Il est repartit encore plus fort et cette épreuve le durcira. Ils ne pourront plus jamais nous atteindre, nous avons montré que nos valeurs ne tolèrent aucun compromis possible. Mais c'est aussi une bonne leçon à Zemmour, Houellebecq et à tous ceux qui n'ont cessé de ne voir en la France qu'un pays en décadence causant sa perte à cause de son trop plein immigrés musulmans qui ne s'intègrent pas. Tout comme Philippe Tesson qui clame que les musulmans amènent la merde par manquement à la laïcité. Dans cet amalgame il accuse tous ceux qui justement se révoltent d'être comparés à ces assassins. Pour eux ce n'est pas leur religion qui est fraternelle, mais une radicalisation islamique criminelle. Et bien, ils ont vu que la France était généreuse, fraternelle, et qu'il ne fallait pas toucher à ses valeurs.

B6-p7tmCcAEkYIn.jpg largeCes dessins et caricatures reflets de cette liberté n'étaient pas plus contre le prophète Mahomet que contre le Christ. Ils avaient l'avantage, dans une franche rigolade, de délivrer le message que la réflexion induisait. Cette dérision bien française n'est que le reflet de notre culture qui, dans son fond, est respectueuse de toutes les religions. C'est notre laïcité qui nous permet de nous dégager des contraintes laissant à chacun le droit de la pratiquer à sa guise. N'avons-nous pas des églises, des synagogues, des mosquées ? Le vivre ensemble dans une société multiculturelle ne peut s'exercer qu'avec cette condition, ce que ces islamistes barbares ne comprennent pas. Mais pas qu'eux, de nombreuses familles musulmanes n'admettent pas que l'on traite ainsi leur prophète. De nombreux jeunes très affutés de la politique diffusée sur les médias ne comprennent pas et ne voulurent faire la minute de silence par respect à nos valeurs, à nos morts. Leur inculture historique de notre laïcité est grave. La lumière ne les éclaire pas parce que, leur famille, bien souvent ignorante des valeurs qu'elle porte conduit à cette ignorance. Mais aussi les difficultés d'existence font que leur priorité est tout d'abord de vivre. Mais, il est impératif que les familles distinguent ce qui fait notre valeur, la séparation des religions des pouvoirs exécutif et administratif, de ce qui fait le quotidien. Un jeune qui reçoit chez lui une culture musulmane va prier dans une mosquée tandis qu' à l'école il reçoit une culture laïque. Il ne comprend plus et ne sait pas ou il en est. Ce fait explique que de nombreux immigrés ne veulent s'intégrer. Il faudrait donc former avant tout les parents qui désirent rester en France. Mais aussi faire que l'enseignement en matières porteuses français, mathématique, soit aussi porté sur l'histoire et la philosophie. L'instruction civique n'est pas assez enseignée, pas assez comprise, mais aussi tous ces jeunes qui errent sans travail des nos banlieues disent que la République ne fait rien pour eux. Nous avons donc notre part de responsabilité. Mais aussi et il ne faut pas négliger l'importance du conflit israélo-palestinien qui, par son injustice envers les gazaouis, fait que les juifs sont les victimes désignées de ces terroristes. Les jeunes ne comprennent pas que d'un coté on laisse détruire une ville et y faire des centaines de morts femmes et enfants pour quelques roquettes tirées pour leur liberté à vivre. Benyamin Nétanyaou s'est invité à la marche alors qu'il s'oppose à la création d'un État palestinien. Il n'a pas d'autre politique que celle de l'esclavagisme des palestiniens.

L'affaire Dieudonné cause également un problème d'équité aux yeux de nombreux jeunes. Certes ses propos sont provocateurs mais les caricatures de Mahomet aussi. On glorifie ces journalistes caricaturistes au nom de la liberté, mais l'impertinence de Dieudonnée est coupable. D'humoriste raciste antisémite, il est devenu un banni. Loin de moi de le soutenir, mais il faut comprendre ces jeunes qui eux ne comprennent pas qu'il y ait deux poids deux mesures. Si nous n'assurons pas une pédagogie adaptée et un combat sans faille sur la sécurité, la France ira mal. Les consignes de Christiane Taubira aux procureurs sont sévères, voir ci dessous.

Circulaire infractions commises à la suite des attentats

Mais est-ce qu'elles changeront le comportement des musulmans à s'intégrer, surement pas. Elles éviteront des actions publiques répressives mais dans le fond couvera le mal de la non intégration.

Charlie Hebdo transfuge de Hara-kiri était protégé et changeait souvent de lieu d'exploitation. En 2012 Charb disait dans une interview au Monde,

«Je n'ai pas l'impression d'égorger quelqu'un avec un feutre. Je ne mets pas de vies en danger. Quand les activistes ont besoin d'un prétexte pour justifier leur violence, ils le trouvent toujours» et puis «Je n'ai pas de gosses, pas de femme, pas de voiture, pas de crédit. C'est peut-être un peu pompeux ce que je vais dire, mais je préfère mourir debout que vivre à genoux».

Il n'a pas vu que des caricatures religieuses étaient aussi des poignards pour près de deux milliards de musulmans. Même le Maroc, l'Algérie pays non islamiques radicaux des plus civilisés s'élèvent contre ces caricatures. Des centaines de palestiniens ont manifesté vendredi après la prière sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est contre la nouvelle caricature de Mahomet publiée par le journal Charlie Hebdo. Pour eux l'islam est une religion de paix et Mahomet sera toujours leur guide. Le Coran n'a rien de laïc et pour ces fanatiques islamistes il fallait venger leur prophète. C'est tout simple à comprendre sans que nous puissions l'approuver. Il faut respecter les musulmans si l'on veut qu'ils s'intègrent. Nous sommes confronté à un affrontement culturel inter religieux et laïque qui mettra des décennies pour s'estomper.

Alors on ne peut s'étonner que les frères Kouachi Chérif et Saïd mandatés par l’État islamique des montagnes du Yemen commettent ces crimes. La journée du sept janvier fit 12 morts et onze blessés dont quatre graves lors de l'attaque du siège de Charlie Hebdo. Les auteurs de cette sanglante attaque furent rapidement identifiés par une carte d'identité laissée dans leur voiture. Au départ ils étaient trois cagoulés, le plus jeune Mohamed Hamyd s'est rendu au commissariat de Charleville Mézières lors de leur cavale. Il apparait qu'ils connaissaient bien l'agencement de l'immeuble hébergeant Charlie Hebdo, puisqu'ils se dirigèrent de suite dans la salle ou se tenait une réunion des responsables et dessinateurs. Le premier abattu dans les locaux fut le brigadier Franck Brinsolaro chargé de la sécurité du dessinateur Charb. Dans la salle de réunion furent abattus aux cris de Allahu Akbar les dessinateurs Charb, Wolinski, Cabu, Tignous, Honoré et l'économiste Bernard Maris. Mais aussi Michel Renaud journaliste et fondateur du festival les rendez-vous du carnet de voyage, ainsi qu'Elsa Cayat, une psychanaliste qui tenait une rubrique bimensuelle dans le journal et le correcteur Mustapha Ourrad. Mais aussi l'agent de maintenance Frédéric Boisseau victime oubliée par les médias. Le gardien de la paix, Ahmed Merabet, fut tué sur le boulevard Richard-Lenoir par l'un des deux criminels, au cours de leur fuite. Leur cavale se termina le 9 janvier dans le joli village de Dammartin-en-Goêle ou Lilian Lepère ouvrier graphiste prisonnier des frères Kouachi se comporta en héros. Il est resté huit heures et demie sans bouger, caché dans un meuble étroit sous un évier. Bien qu'il pouvait à peine bouger il réussit à prendre son portable dans sa poche en faisant le moindre bruit possible. Malgré ces difficultés, il réussit à envoyer des «sms» à plusieurs de ses proches qui lui répondirent qu'ils étaient en direct avec la police. Il pu ainsi donner un maximum de renseignements aux hommes du GIGN, qui le libérèrent quatre heures après.

Le 8 janvier à Montrouge Amedy Coulibaly tue dans la rue une jeune policière municipale Clarissa Jean-Philippe d'origine martiniquaise. Clarissa Jean-Philippe était stagiaire. Reçue au concours d’agent de police municipale quelques mois auparavant, elle avait quitté la Martinique pour venir se former à l’école de Pantin. Elle réglait la circulation à quelques mètres du lieu d'un banal accrochage lorsqu'elle fut tuée par un tir dans son dos.

Le 9 janvier tout se passe au Cours de Vincennes ou sont une dizaine d'otages sous la menace de Coulibaly, le tueur de Montrouge, retranchés dans l'Hyper Cacher. Amedy Coulibaly se revendiquait de l’État islamique, qui l'aurait financé, disait-il. Puis il précisa que son action était synchronisée avec celle des frères Kouachi. À eux, Charlie Hebdo, à moi les policiers. Quatre heures durant il résista en évoquant quatre morts. C'est par un appel mal raccroché que la police put entendre tout ce qui se passait dans l'Hyper. C'est au moment de sa prière que la police donna l'assaut. Amedy Colibaly fut atteint d'une soixantaine de balles. Sept personnes, dont trois policiers, furent également blessées et certains se trouvaient vendredi en fin de journée en état d'urgence absolue.

Cette prise d'otages vit la naissance d'un jeune héros un malien Lassana Bathily 24 ans qui aida plusieurs otages à se cacher dans le magasin. Sur France 2, il donna son récit. Travaillant depuis quatre ans dans l'Hyper cacher, il entendit des coups de feu et aperçut des clients descendre l'escalier. Il leur proposa alors de s'échapper. «Il y a un monte-charge, si vous voulez sortir il y a une issue de secours, explique-t-il aux clients. Si vous restez là, vous pouvez aller dans les chambres froides, mais restez calmes». Gardant son sans froid, il coupa l'alimentation électrique pour que les otages ne soient pas frigorifiés, avant de s'échapper et de retrouver les policiers. Appréhendé il est menotté puis libéré. Cela lui permit de donner des informations essentielles aux forces de police en dessinant les lieux sur une feuille de papier.

François Hollande qui l'appela pour le féliciter apprit sa situation. Arrivé en France en mars 2006, avant d'obtenir une carte de séjour en 2011. Son rêve est de décrocher la nationalité française, car «la France est un beau pays où tu peux vite t'intégrer, où on te soigne même si tu n'as rien», comme il l'explique aujourd'hui. Le président de la République lui fit une promesse, «je m'en occupe». Malgré cela Lassana Bathily reste triste, «j'ai perdu un ami, il était très jeune». Et quand on lui demande s'il a l'impression d'être un héros, il botte en touche. «Peut-être, je ne sais pas. Je suis Lassana, j'ai sauvé des gens. Je ne vais pas prendre la grosse tête». Il sera naturalisé mardi 20 janvier. Une pétition demandant qu'on lui attribue la nationalité Française que j'ai signée receuilli 300.000 signatures. Le malheur des uns a fait au moins le bonheur d'un jeune français.

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