Avertir le modérateur

Manuel Valls, les frondeurs et le Medef, une mise au point nécessaire.

fut faite lors de la demande de confiance dans son discours de politique générale.

635643-valls2

Nous avons le courage de réformer mais,

Réformer ce n'est pas réduire le SMIC.

Réformer ce n'est pas supprimer le CDI.

Réformer ce n'est pas diminuer les salaires dans la fonction publique.

Réformer ce n'est pas casser notre modèle social

Réformer c'est affirmer les priorités en refusant l'austérité.

Support Wikipedia J'ai écouté son discours de près de 45 minutes, un discours sincère, enflammé, sanguin, celui d'un espagnol d'origine, tout comme son premier discours lors de son investiture il y a 5 mois. Après la caresse au patronat dans le «je vous aime», Valls caresse sa gauche, nécessité oblige. Politique incompréhensible pour de nombreux Français qui ne cessent de dire que la politique de l'exécutif n'est pas lisible. Paradoxe d'autant plus troublant que nombreux sont ceux qui condamnent la bi-polarisation de la vie politique, et quand un exécutif se place entre droite et gauche, ils le rejette.

Valls était-il partisan du maintien des 35 heures, qui furent d'ailleurs bien endommagées par Nicolas Sarkozy, nous y reviendront, nous ne le saurons pas. Une chose saute aux yeux c'est la provocation du Medef la veille de la question de confiance, aurait-il voulu faire capoter la majorité avec cette bombe ? Il ne s'y serait pas pris autrement ! Mais Valls pouvait-il aller dans le sens du Medef, non ! Actuellement l'Assemblée nationale serait dissoute. Alors le Medef a joué au «con», car il est question de les assouplir ces 35 heures par des accords syndicaux d'entreprise, la question est donc, les syndicats auront-ils confiance dans un patronat qui ne cesse de faire de la surenchère provocatrice ?

Ce fut le même Valls direct volontaire martelant ses mots pour montrer sa détermination, son engagement d'aller jusqu'au bout sans dévier des objectifs qui furent fixés par le président. Il rappela la situation internationale, la menace djihadiste et ses crimes envers les populations qu'ils contrôlent. Montrant aussi l'engagement de la France dans ce combat contre ces hommes en noir qui furent rejoints par 930 français, tuant, décapitant des journalistes et des humanitaires, réduisant les femmes à l'esclavage et j'en passe dans leurs atrocités, et cela avec les armes du régime de Kadhafi, un reste de la gouvernance héroïque de Sarkozy.

Maîtrisant parfaitement la politique intérieure montrant ses difficultés économiques, l'exaspération des Français sur le chômage, une conséquence de dix années de droite que l'on ne peut juguler en à peine plus de deux années. Ceux qui pensent cela possible n 'ont aucune idée de l'état de notre l'industrie. Montrant la voie de son engagement, reprenant l'essentiel de ce qui fut fait depuis le début du quinquennat de Français Hollande, il exprima sa fermeté à mener à bien le redressement des entreprises mais sans sacrifier notre modèle social si cher aux Français. Franchement pouvait-il détruire ce qu'ils ont mis des décennies à construire, alors que 10 années de droite ne l'ont pas fait ?

Cela fut dans le silence des frondeurs obstinés dans leur erreur, l'attitude de Cécile Dufflot ne montra aucune ambiguïté sur ce point quoi qu'il dise, mais aussi des niaiseries de l'opposition qui ne sut montrer qu'une indifférence prétentieuse se disant, cause toujours, tes jours sont comptés nous reprendrons le pouvoir. Mais j'ai vu Patrick Balkany plusieurs fois condamné ricaner, quel exemple de valeur morale dans ce parti ! Quelle confiance peut-on accorder à cette droite qui, de plus, nous a montré dans l'affaire Bymalion son incapacité à gérer son propre parti.

Une France partagée entre d'un coté ceux qui applaudissent fiers de ce qui fut fait et de ce qui peut être fait, et de l'autre des députés de droite figés dans un mépris, malgré un exécutif qui se bat contre le sectarisme d'une gauche qui rejette tout en bloc, préférant qu'elle ne soit plus qu'un souvenir nostalgique du bon vieux temps. Rien pour cette droite ne compte malgré le pacte de responsabilité qui prévoit une aide aux entreprises de 40 milliards sur trois années pour leur compétitivité, mais pas pour augmenter les dividendes et les hautes rémunérations, tout le contraire de ce qu'elle fit. Pendant les cinq années de Sarkozy, elle n'eut qu'un but gouverner sans trop de vagues dans l'optique d'un autre mandat ne s'attaquant pas aux réformes de peur qu'elle soit rejetée, préparant ainsi sa réélection. Sachant qu'ensuite, elle pourra matraquer les Français par une politique des plus austère, dans la forme de celle de François Fillon qui clame 100 milliards de réduction des dépenses et la suppression des 35 heures qu'il ne fit pas, mais qu'il ferait s'il revenait, bonjour les dégâts. Mais François Hollande est arrivé et récolta le désastre. La dynamique du chômage que laissa Sarkozy, les entreprises qui firent faillite comme une série de boutons qui sautent les uns après les autres. Le cas emblématique de Peugeot que l'exécutif dut sauver du gouffre et j'en passe, montrent l'état de la France à son départ. Il n'est donc pas possible dans une Europe à croissance quasi nulle que les entreprises aient des commandes leur permettant d'embaucher. Ce ne sont pas les freins des seuils d'entreprise qui augmenteraient les charges si elles embauchaient ni le fait qu'elles ne pourraient licencier, ne l'ont-elles pas fait depuis plusieurs années et dernièrement en virant un max de séniors ? Gattaz et ses acolytes ne savent que faire pour que la France ne s'en sorte pas à l'image de ceux qui partent dans des paradis fiscaux !

Ce fut un catalogue qu'il était bon de rappeler à ceux qui ne cessent de critiquer l'action engagée par le président de la République. Pour les frondeurs, ce n'est pas de l'austérité qu'il clama rappelant la création d'emplois dans l'éducation nationale, dans la police et la gendarmerie, le maintien des effectifs dans les hôpitaux, l'augmentation du RSA, la réduction des impôts pour les catégories inférieures, le maintien des salaires dans la fonction publique mais des augmentations au cas par cas, la création d'emplois d'avenir et la garantie jeune, le maintien de la retraite à 60 ans pour les retraités qui eurent une activité pénible et pas de réduction retraites des fonctionnaires. Et mon dieu, il y en eut des critiques que ce soit des frondeurs qui firent leur cinéma à la Rochelle se repliant sur eux mêmes en s'accrochant à leurs dogme, allant aussi à la fête de l'Huma montrer leur convergence politique avec l'autre gauche, mais ne proposant pas de solution pour dynamiser notre production nationale. Mais aussi de l'opposition réclamant haut et fort la démission du président et celle de l'Assemblée, comme si les socialistes allaient lui donner la France pour faire ce qu'elle fit, c'est à dire rien d'autre que d'augmenter le plafond de l'ISF, de défiscaliser les heures supplémentaires, de réduire la portée des 35 heures mais pas les supprimer et de trouver normal que les fortunés partent dans les paradis fiscaux au lieu qu'ils investissent. Mais ce ne fut pas que l'opposition politique, ce fut aussi les médias, dont les commentateurs ceux que l'on interroge à C dans l'air, c'est à dire toujours les mêmes à droite, montrant ainsi la valeur démocratique de cette émission politique. Il est extrêmement choquant quand l'on les écoute lorsqu'ils prêchent la réduction des dépenses en tordant le coup à notre système social. Ils savent bien que cela ne peut que conduire à augmenter la misère sachant qu'eux mêmes, protégés, ne seraient pas affectés. C'est vrai que nous n'atteindrons pas les 3% de déficit annoncés, mais c'est aussi vrai que Valls a prévu une réduction des dépenses de 50 milliards d'économie sur trois ans dont 21 en 2015. Cette politique toute en douceur permet d'éviter une réaction violente par des manifestations qui conduiraient à un chaos politique et de préserver notre système social, qui pour le Medef à vécu.

Ce que l'on constate parmi ces commentateurs et les politiques de l'opposition c'est l'accent mis sur la majorité relative qu'ils clament, dans une mauvaise foi évidente, mettant l'accent sur les 31 frondeurs socialistes, 20 de plus que lors de son investiture qui ont fait chuter la majorité de 306 voix en avril à 269 lors de cette question de confiance pour une majorité absolue à 244 voix. Ce n'est pas mon avis, la majorité obtenue est supérieure à celle du 8 avril. La majorité absolue de l'Assemblée étant de 289 voix, on peut donc calculer que le 8 avril la marge en voies était de 17 voix et que le 16 septembre elle est de 25 voix. En d'autres termes, la majorité socialiste à la question de confiance du gouvernement 2 est supérieure à celle du gouvernement 1 de Manuel Valls, CQFD.

UA-23415062-1

Les commentaires sont fermés.

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu