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Municipales second tour, la solution Valls,

pour ne pas dissoudre l'Assemblée nationale.

Manuel Valls, la dernière chance du président pour faire le pacte de responsabilité et le nouveau de solidarité ?

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Manuel Valls à l'Assemblée nationale répondant à Claude Goasguen.

Support Wikipedia Quand on subit un tel revers, pour ne pas dire une blessure, on ne cherche pas à remanier comme un vague espoir de sauver son quinquennat, mais qui ne l'est pas. La politique sanctionnée par les ouvriers qui se sentent abandonnés et les classes moyennes étranglées, n'est que celle du président. Elle fut appliquée à la lettre par Jean-Marc Ayrault qui lui était fidèle. Fidèle au point d'être le fusible d'une politique de gauche, habituel, dit-on, mais injuste. Il aurait vidé son cœur à qui vous pensez selon le Canard enchaîné, page 2. La politique de la boite à outils, qui devait inverser la courbe du chômage n'a pas suffit. Elle reste une mesure de gauche qui sera donc complétée par le pacte de responsabilité une autre manière de réduire le chômage par celle des charges des entreprises. C'est deux mesures, une gauche et une de droite.

Ce ne sont pas les couacs, les discordes entre ministres, le mensonge de Christiane Taubira qui n'en était pas un, la sécurité qui est impossible à juguler dans un état de crise, les annonces non tenues du président sur le chômage qui décrédibilisent la confiance, parce que tout le monde sait bien que ce gouvernement, inhomogène, novice, lourd, après 10 années de droite, que la situation récoltée était catastrophique. Le président prétend l'avoir connue, pour ne pas être accusé d'ignorance, ce qui ne change rien au fait. En 2013, 263 fermetures de site industriels furent annoncés presque autant qu'en 2012 ! Connaissait-il cela ?

Ce sont les impôts et le chômage qui ont fait ce désastre socialiste qui frise une abstention moyenne de 37, 5 % sur les deux tours. Mais aussi l'incapacité des gouvernements précédents à porter une crédibilité, ce qui provoque un rejet des politiques des deux partis majoritaires, même si la droite reste soudée quelques soient les affaires. A droite, les affaires furent mobilisatrices.

La gauche ouvrière s'est tuée, jamais une droite n'est revenue aussi forte après avoir été battue il y a 21 mois. Le socialisme municipal, fonctionnaires ouvriers, sa racine volatilisée, l'édifice s'écroule.

Se sanctionner par un non vote, alors que la droite ne fit rien pendant dix années, c'est voter contre soi. Quelle baffe à vous retourner la tête. En charge, la droite appliquerait une politique encore plus austère, il suffisait d'écouter François Fillon au journal de 20 heures sur la 2. La sanction socialiste, remit la droite prétentieuse en ligne, alors pourquoi voter, puisque rien ne change ?

On sait bien qu'en 21 mois, aucun gouvernement ne peut réparer la faillite de notre industrie, son incompétitivité est catastrophique, notre commerce extérieur est au fond du fond. L'abstention importante du second tour de 38,5 % confirma celle du premier à 35, 87 %, elle peut être analysée de la façon suivante.

Tout d'abord au niveau local, de nombreuses municipalités de gauche, ont augmenté leurs impôts pour compenser les réductions des donations aux collectivités territoriales, mises en place par le gouvernement précédent. Ils sont devenus plus lourds que ceux sur leur revenu. Les communes de gauche, surtout communistes, au lieu de faire des économies ont conservé leur charge de personnel et se sont endettées. Le gel du barème de l'impôt sur le revenu par la précédente majorité fit que les tranches inférieures payèrent des impôts pour la première fois, puisqu' ils furent prélevés l'année suivante. Les socialistes eurent à subir le mécontentement de ses salariés. À cela, si vous ajoutez la suppression des heures supplémentaires défiscalisées vous avez un ensemble qui fit la sanction des classes moyennes et ouvrières. Un Front national démagogique en embuscade, anti européen et vous avez tous les ingrédients d'un tsunami.

L'éclosion du FN qui était, déjà latente, à l'élection présidentielle trouva un terrain favorable. 12 villes furent emportées par lui, Béziers, Beaucaire, le 7ème secteur de Marseille, Fréjus, Le Luc, Cogolin, Camaret-sur-Aigues, Le Pontet, Henin-Beamont, Hayange, Villers-Cotterets, Nantes-la-Jolie, auxquels il faut compter 1.525 conseillers municipaux. L'électorat populaire, la base de l'électorat socialiste et communiste fut son pourvoyeur. Une situation impossible à retourner en moins d'une décennie de gestion municipale, c'est cuit.

Nous avons vu, lors du débat de l'opposition-majorité sur France 2 pendant que les résultats s'affichaient sous les yeux des invités qu'il y avait incompatibilité de vues entre les écologiques et les socialistes. C'était criant ! Comment peut-on continuer à gouverner avec Cécile Dufflot qui montra une telle indifférence ? Cela choqua la droite, qui se voulait modeste et en fit la remarque.

Que devait faire le président d'autre que de dissoudre l'Assemblée nationale pour sortir par le haut de ce désastre ? Toute autre solution ne peut que l'affaiblir devant ses partenaires. Choisir Manuel Valls comme premier ministre ultime possibilité parce qu'il est la personnalité de gauche la plus appréciée des Français, mais surtout à droite, est un pari risqué.

Dans un tel désastre, 155 villes passent de gauche à droite, on laisse aux vainqueurs la gestion du pays et puis on attend pour voir. Que ce ne soit pas réjouissant, c'est évident, mais c'est démocratique et honorifique. Faire accepter, à ceux qui se sont abstenus, une réduction de 50 milliards des dépenses pour financer un pacte de responsabilité mais aussi de solidarité, ils ne peuvent y souscrire, ils ont déjà payés.

Que le président ait tout fait pour réussir, on peut le contester, mais ce sont les Français qui jugent et pas moi. François Hollande un rêveur, je commence à le croire, remanier avec des antagonismes si marqués tient du poker, même si Pascal Canfin, Cecile Dufflot ont confirmés qu'ils «n'entendaient pas participer» au nouveau gouvernement dirigé par Manuel Valls, leur avenir politique est en jeu dirent-ils.

Manuel Valls ne peut ne pas avoir des Verts à son gouvernement, compte tenu de leurs résultats nationaux, mais il devra se passer d'eux même après leur avoir proposé l'écologie, le logement et le transport. Le bureau politique des Verts refusa cette offre «malgré les propositions faites par Manuel Valls, conditions en l'état ne sont pas réunies pour une participation». C'est l'orientation du président sur le pacte de responsabilité qu'ils ne veulent plus cautionner, alors qu'avant le désastre, ils étaient au gouvernement. Le pacte n'a plus de vers !

Les choses sont claires, Cécile Dufflot pourra aisément soutenir les glandeurs qui ont saccagé la ville de Nantes dans la manifestation contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Ils seront dans l'opposition et soutiendront les projets pour lesquels l'écologie sera au rendez-vous et s'opposeront dans le cas contraire.

À cela, il faut de tenir compte des sensibilités socialistes qui ne sont pas toutes cohérentes et de la parité hommes femmes, pas aisé. Il y aura des couacs et autres désagréments, même si le gouvernement est resserré autour d'un chef à poigne, de combat dit-on, mais qui manque de diplomatie. C'est un gros risque. Si Manuel Valls se grille, le président se grille aussi.

François Hollande ne veut changer de politique, son allocution télévisée du 31 mars l'a montré, il est tenu à des engagements, il n'a donc aucune chance de retourner l'opinion, même s'il venait à réussir l'inversion de la courbe du chômage. D'autres élections vont avoir lieu, les européennes le 25 mai, les régionales et départementales en 2015, autant de défaites qui s'ajouteront avant la présidentielle de 2017. Il lui faudra tenir !

Faire une dissolution de l'Assemblée nationale, lui aurait permit de mettre la droite aux affaires, de la laisser avec son caca de l'écotaxe et d'attendre la réaction des bonnets rouges. De Gaulle l'aurait fait !

Les socialistes n'ont plus d'électorat de base, c'est une perte d'au moins 20 % d'électeurs. Des villes de la Seine-Saint-Denis à gauche depuis des décennies sont passées à droite. Plusieurs bastions communistes comme Bobigny, 49, 3 % d'abstention passa à l'UDI avec 53,41 % des voix après 94 années de gestion communiste. À Saint-Ouen 44, 79 % d'abstention autre bastion communiste vira à droite, c'est le candidat divers droites qui l'emporta avec 53,17 % des voix, devant la maire sortante, Jacqueline Rouillon. Au Blanc-Mesnil 43, 41 % d'abstention Didier Mignot communiste fut battu par l'UMP Thierry Meignen, élu avec 50,76 % des voix après 83 ans de communisme. Le Blanc -Mesnil est le fief de Maire-Goerges Buffet ancienne secrétaire général de parti communiste. À Bagnolet 49, 93 % d'abstention c'est le socialiste Tony Di Martino, 35,56 % des voix qui l'emporta, à l'issue d'une quadrangulaire, devançant Laurent Jamet communiste après une gestion communiste depuis 1928. Mais c'est à Villejuif, ville de Georges Marchais, qu'est la plus douloureuse défaite communiste depuis 1925, 45, 23 % d'abstention tomba à Franck Le Bohellec, UMP, avec 48,70 % des suffrages, face à Claudine Cordillot, maire depuis 1999. Dans ces forteresses communistes, les habitants votaient de moins en moins découragés de constater cette dictature démocratique. À Montreuil bastion communiste c'est la liste contre nature entre le Front de gauche Patrice Bessac, EELV et le PS qui l'emporta avec 37, 06 % devançant Jean-Pierre Brard divers gauches avec une abstention 46,98 %.

A Aulnays-sous-Bois, la ville socialiste passa à droite avec 60, 7 % contre 39, 3 % avec une abstention de 43,43 %. À Limoges bastion socialiste depuis 1912 passa à droite pour 45, 07 % des voix avec une abstention 35, 79 %. À Roubaix ville socialiste de 94.186 habitants passa à droite avec 34,84 % des voix contre 33,18 % avec une abstention de 56,59 %. C'est bien la base socialiste et communiste qui fit monter le FN et la droite !

Au niveau national, l'abstention au second tour atteint 38,5 % pour 36, 34 % au premier tour. Le non vote est bien une sanction dont il faut analyser l'importance. Bien que ce sont des élections municipales, la dimension nationale fut largement présente dans les grandes villes, Marseille, Lyon, Toulouse, mais aussi à Lille, Strasbourg, Montpellier, moins à Paris par suite d'un scrutin d'arrondissements.

La presse européenne est septique quant à la nomination de Manuel Valls. En Allemagne, la Süddeutsche Zeitung, centre gauche, estime que «les effets de ce remaniement feront long feu». «Les problèmes demeurent, le président doit trouver une stratégie pour ranimer l'économie, redresser les finances, soulager les citoyens et empêcher une fronde au sein de son parti», explique-t-il.

Au Royaume-Uni, Le Times, «Hollande en difficultés nomme un dur au poste de premier ministre».

En Italie, le quotidien des milieux économiques, Il Sole 24 Ore, présente Manuel Valls comme «le socialiste qui fait un carton chez les électeurs de droite». Appelé à «sauver la gauche française», durant ces deux dernières années, il s'est fait une réputation de dur, «il ne plaît pas à l'extrême gauche, qui a souvent demandé sa tête». La Stampa, le quotidien de Turin, estime qu'il s'agit là «d'un choix hasardeux, que d'aucuns qualifient déjà de «cohabitation» entre le président et son premier ministre, tant les deux hommes semblent différents et incompatibles», tirés du Monde.fr.

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