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De François à François sous le regard de saint François d'Assises,

la stratégie de François Hollande pour 2017 ?

Support Wikipedia La visite de François Hollande au pape François, demandée par lui montre le début d'une stratégie tendant à construire son argumentation pour la campagne présidentielle de 2017. Quelle raison avait-il de rencontrer le pape, il est viscéralement laïc et dirige la politique de la France comme il l'entend. Qu'avait-il à attendre d'autre que l'écoute de ce pape qui passe pour le plus ouvert de ses prédécesseurs, sur le pardon aux prêtres qui ont péchés ainsi que sur les homos reconnaissant qu'il peut y avoir des Humains différents des autres. Ce n'était pas non plus pour s'entendre recevoir des reproches sur le mariage pour tous, sur l'interruption volontaire de grossesse, ces avancées faisaient parties de son programme de campagne présidentielle, et puis, elles sont majoritairement souhaitées par les Français. Mais, il était important d'entendre le pape sur des sujets de société dans la discorde d'une partie des catholiques avec la politique actuelle, afin de construire une stratégie d'attaque contre l'opposition, sa gauche et la gauche de la gauche qui sont déjà enveloppées, n'auront pas d'autre choix que de voter pour lui ou s'abstenir en 2017, provoquant alors le retour de Nicolas Sarkozy.

Il n'est pas non plus un président qui se laisse influencer par les cathos du 02 février qui montrent de plus en plus leur intolérance à toute évolution de liberté, même si, dans un souci d'apaisement, en leur faisant croire qu'ils ont gagnés, il remit à plus tard la réforme sur la famille concernant la GPA et la PMA qui, d'ailleurs, n'étaient dans projet du gouvernement. C'est ce qui s'appelle se faire squeezer en beauté. Cette reculade, comme d'aucuns le prétendent, et en fait une manœuvre habile tendant à prendre par revers cette droite sectaire puisque la réforme, sur le fond, sera initiée par les députés socialistes.

Cette poussée d'ultras qui devient si omniprésente, sectaire et étouffante, joue contre elle même, dans une France profondément laïque. La manifestation qui s'est produite le dimanche 26 janvier amalgamant cathos, fascistes, partisans de Dieudonné, ou 250 personnes, dont certaines cagoulées, lancèrent des bouteilles, des pétards, des barres de fer, des fumigènes furent mise en garde à vue montre, tout simplement, que ces extrêmes de la société ne désarment pas.

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Voir «Mon livre l'élection présidentielle», la vente à l'unité est permise à partir du 13 février.

Ce n'est donc pas cela qui le motiva pour rencontrer le pape. Cette rencontre était profondément murie. Le but connaître ce qu'il pense de l'avenir de la société, une donnée majeure à prendre en compte pour 2017.

Le pape, à son insu, fut donc un court instant son conseillé.

Le but finalement prendre au jeu les cathos principaux pourvoyeurs de l'UMP et du FN, comme il prit au jeu la droite avec son pacte de responsabilité, en manipulant les oppositions.

Si l'on regarde bien sa stratégie, elle ressemble beaucoup à son maître François Mitterrand. Qu'a-t-il fait pendant sa campagne présidentielle, avec son discours du Bourget, prendre les voix de gauche, tout comme Mitterrand prit celles des communistes. François Hollande n'est pas moins de gauche que François Mitterrand, tous deux sont des sociaux démocrates. Le virage du pacte de responsabilité pris en ce début d'année ressemble au virage pris par Mitterrand, pour la rigueur, après la dévaluation du Franc. La France était, en ce début d'année sous la décision de l'agence Moody's d'un abaissement de sa cote en Aa2, ce qui ne fut pas fait, le pacte de responsabilité est venu juste à temps. Il y a donc une ressemblance avec les années Mitterrand.

Comme François Mitterrand le fit en 1988, que fait François Hollande par une politique plus au centre, plus large, plus nationale, quant-il martèle le mot «France» dans sa conférence de presse. Il sait très bien que dans le marasme actuel ou les Français ne croient plus en rien, il faut redonner la fierté d'être Français. Petit à petit, il introduit dans leur esprit la fibre nationale dans l'appartenance à la Nation française.

Son discours de Tulle fut le plus ouvert à la France. De tous ceux de ce début de quinquennat ce discours ne fut que pour la France, «il n'y a qu'une France», et non «des France qui devraient s'opposer les unes aux autres». Une France qui a «une histoire», «qui doit avoir un destin», une France «qui doit être capable de vivre ensemble en luttant contre tous les racismes et les extrémismes». Il sait très bien que c'est ce qu'incarnait le général de Gaulle une France fière d'elle-même.

Lors de son voyage en Turquie, il montra le souci d'être politiquement ouvert soldant l'attitude de Sarkozy puisqu'il voudrait consulter les Français par référendum sur son adhésion à l'Union européenne une autre façon de montrer sa différence. C'est extrêmement bien joué, il n'est pas mis en cause, mais de plus, il sait très bien qu'une large majorité des Français est contre, et les consulter, permet de refuser l'intégration de la Turquie sans s'engager. Les trucs ne pourront plus en vouloir à la France ce qui permet de nouveaux des marchés pour nos entreprises. Sarkozy avait tout détruit. Pendant ce temps la politique intérieure de la France passe au second plan. Une belle façon de squeezer l'opposition.

Ce virage social libéral, dont les médias le qualifie, est ce qu'il en attendait, être reconnu plus large que social démocrate, alors qu'il n'est que pragmatique. Le fait d'être rejeté par la gauche de la gauche, bien qu'il dise que je suis des vôtres, le pousse vers la droite consensuelle qui ne demande que cela devant un UMP de plus en plus droitier. N'est-ce pas ce que reprochent Alain Juppé et François Baroin à cette direction trop à droite impulsée par Jean-François Copé qui prend la même orientation que Nicolas Sarkozy. François Hollande ne peut réussir que s'il divise la droite, et la guerre fratricide qui mine l'UMP depuis sa victoire joue pour lui, malgré une unité de façade des ténors de l'UMP.

L'avantage qu'eut François Mitterrand fut la cohabitation avec Jacques Chirac lors de son premier mandat. Elle lui permit de se détacher de la gouvernance intérieure de la France et de s'ouvrir à droite.

François Hollande ne dispose pas des mêmes cartes, il lui faut donc, sur les trois ans qu'ils lui restent, lâcher la corde par un allègement des impôts pour la plupart des Français. Sa réélection est à ce prix quitte à ne pas réussir la promesse du déficit des 3 % par rapport au PIB, mais qu'importe ce n'est pas la Commission de Bruxelles qui vote, mais les Français. Il a d'ailleurs déjà entrouvert l'objectif puisque son quinquennat se voulait dur en début de mandat pour récompenser en fin de mandat.

Si ce pacte de responsabilité prend une bonne direction et que le chômage régresse de son fait, ce sera un point pour se remettre selle pour 2017. Bien sûr il y a beaucoup de si, mais la politique qui n'est pas une science exacte marche avec des objectifs et dans la situation actuelle, François Hollande ne peut avoir d'autre objectif que la réduction du chômage.

Les dernières données du 27 janvier sur le chômage ne sont pas encourageantes, il a bien baissé en 2013 pour les jeunes de moins de 25 ans depuis avril 2013, mais il a plus que doublé pour les plus de 50 ans et se sont ces chiffres qui plombent tout le reste.

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Les entreprises ont liquidé les séniors. Sa boite à outils ne fonctionne pas pour ces personnes, et je crains que même le pacte de responsabilité ne puisse faire mieux, tant cette catégorie de salariés est l'exutoire des entreprises.

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